« Au cours des années précédentes, le souci pédagogique de se centrer sur l’élève par des situations ouvertes, au sein desquelles il effectue des choix, est de nature à permettre de passer des choix à l’initiative. »
La proposition intitulée « Empreintes lumineuses » vous invite à réaliser un travail de projet. Ce dernier, sous la forme d’une affiche ou fiche-projet, doit impérativement contenir les éléments suivants :
Titre de la réalisation et note d’intention.
Illustration du projet : croquis, schémas annotés ou photomontages.
Échantillons.
Plan de travail, afin de formaliser le suivi du projet, mais tout en laissant la possibilité de faire le point.
Texte de quelques lignes soulignant les points importants de votre projet et argumentant le choix de l’œuvre pouvant être mise en relation avec le travail en cours.
Présentation pertinente de la réalisation en situation (: accrochage, installation…).
Questionnements :
La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2Les méthodes et outils pour apprendre – D3La formation de la personne et du citoyen – D4Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Considérée comme la première image fixée, le Point de vue pris d’une fenêtre du Gras (1826) de Nicéphore Niepce est obtenue en négatif sur un papier enduit de chlorure d’argent. Fort intrigant, le cliché incite plusieurs scientifiques – Louis-Jacques-Mandé Daguerre, William Henry Fox Talbot… – à s’engager dans la voie de l’expérimentation.
Concevez une œuvre bi ou tridimensionnelle où vous mettrez en évidence l’empreinte lumineuse des choses ou des êtres.
En quoi la lumière peut-elle faire image ? En quoi la lumière peut-elle faire sens dans une œuvre ?
Références possibles :
L’allégorie de la caverne de PLATON (Livre VII de La République).
Ivan le Terrible, Sergueï EISENSTEIN, 1944.
Masque de mort, 1978, d’Arnulf RAINER.
Théâtre d’ombres, 1984, et Autel Chases, 1987, de Christian BOLTANSKI.
Envisagez :
– les différents dispositifs utilisés pour cerner, dessiner, fixer (manuellement) l’ombre du sujet projetée sur l’écran / support ( cf : le physionotrace de Gilles-Louis Chrétien XVIIIème siècle),
– les dispositifs optiques pour capter des images : le miroir, la camera obscura, la camera lucida,
– le support photosensible.
Les Ombres de Christian Boltanski, 1984, figurines en carton, papier, laiton, fil de fer, projecteurs et ventilateur.
Graffeur New Yorkais né en 1973, Ellis Gallagher utilise les objets urbains et plus précisément leurs ombres portées pour réaliser ses œuvres. Un vélo, une boîte à lettres, une benne à ordures…
Le Modulateur-Espace-Lumière de Moholy-Nagy (ci-dessous) symbolise l’aboutissement de ses diverses expérimentations artistiques des années 1920. Cette œuvre, formée de pièces de métal, de plastique et de bois, est constituée d’une variété de surfaces mates et lustrées. Un plan circulaire est divisé en trois sections égales, détenant chacune différents mécanismes, servant à élever des disques, faire tourner une spirale en verre et déplacer des drapeaux de métal. L’ensemble effectue une rotation toutes les quarante secondes et un ensemble de 116 lampes colorées de couleurs primaires et de rouge, bleu, vert et blanc est projeté sur la surface. Cette sculpture donne forme et mouvement à la lumière projetée sur les différentes surfaces.
Silhouette : contour(s) vague de qqn, de qqch sur un fond.
Dessiner les contours de l’ombre d’un modèle, cf : le physionotrace de Gilles-Louis Chrétien (XVIIIe siècle). La technique ne permet pas de remplir l’intérieur : la ligne extérieure créée par contiguïté physique correspond au contour réel, alors que les lignes intérieures, quand elles sont dessinées, ne sont qu’interprétation de la réalité.
Repères possibles
1. Une histoire d’ombres
Les différents dispositifs utilisés pour cerner, dessiner, fixer (manuellement) l’ombre du sujet projetée sur l’écran / support.
Les dispositifs optiques pour capter des images : le miroir, la camera obscura, la camera lucida.
Le support photosensible.
2. Le photogramme : la photographie sans appareil
L’exposition par contact.
La révélation et la fixation de l’empreinte lumineuse. Cf. W.H. Fox Talbot, Man Ray, Moholy-Nagy…
3. La chambre noire
Le sténopé,
L’expérimentation de la prise de vue
Principe de la camera obscura (chambre noire)
Questionnements : La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation. L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) : Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) : Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
L’édition 2018 du Festival de création artistique numérique eCRAN vous invite à créer une production artistique répondant à l’incitation « DISSONANCE ».
Votre réalisation donnera à voir des effets de tension, de déséquilibre, d’hétérogénéité, d’étrangeté, d’antinomie, etc.
Dissonance : n.f. La dissonance est étymologiquement « le fait de ne pas sonner avec », et se définit donc en fonction de la consonance : elle est la non-consonance. […] La dissonance a, très tôt et en particulier sous la Renaissance et dans la musique baroque, été utilisée à des fins expressives de tension. […] L’habitude, la répétition, sont des facteurs puissants d’accoutumance et la dissonance, considérée comme insupportable à certaines époques et par certains auditeurs, peut être finalement recherchée pour elle-même. Vocabulaire d’esthétique d’Étienne Souriau
Nécessairement audiovisuelle, votre réalisation pourra se composer de silences, de bruits, de voix, de musiques libres de droits, d’images figuratives, non figuratives, fixes ou animées et résultera d’un montage d’images, d’images et de sons, dont la rencontre sera « dissonante ».
Précédemment, votre équipe a été amenée à réaliser un projet d’un « environnement immersif » sous la forme d’une maquette.
Aujourd’hui, un jury d’expert se réunit pour l’évaluer, mais avant vous avez à préparer votre pitch de manière à ce qu’il soit rapide (3 minutes) et efficace.
Vous devez présenter à cette occasion :
votre concept, idée ou thématique,
les grandes lignes de votre projet : l’expliquer et raconter comment vous envisager sa réalisation.
Ici l‘esthétique de la présentation, le vocabulaire choisi ou encore les images sélectionnées sont autant d’éléments décisifs.
Vous êtes libres d’utiliser d’autres ressorts pour faire votre pitch autour de votre maquette, saynète théâtrale, vidéo, affiche, Votre seule contrainte est de bien préciser tous les points de votre projet.
De plus en plus, il vous sera demandé de présenter vos projets, vos exposés devant la classe. Le logiciel de présentation (PowerPoint, Keynote, Google Slides), le vidéo projecteur et l’ordinateur deviennent alors vos meilleurs amis. Pourtant, faire une présentation orale ne s’improvise pas, et c’est souvent en pratiquant ou en répétant que l’on s’améliore véritablement. Pour vous éviter ce long et parfois douloureux apprentissage, suivez quelques conseils :
Répétez en condition réelle.
Définissez 2 ou 3 messages maximum à faire passer dans toute la présentation.
Servez-vous du diaporama pour illustrer votre discours et pas l’inverse.
Écrivez le moins possible, synthétisez votre propos en quelques mots clés.
Minutez votre intervention pour ne pas faire trop court ou trop long.
Créez un contact visuel avec votre auditoire.
Personnalisez vos présentations selon vos interlocuteurs et le contexte.
Utilisez la gestuelle et l’expression de votre visage. Ne restez pas figer dans un coin. Faites vivre votre présentation !
Respirez. Modulez votre voix.
Restez neutre si vous n’avez pas la parole
Terminez par une séance de questions-réponses.
Évitez les problèmes stressants de dernière minute : version du fichier, adaptateur, etc.
Comment les grands leaders inspirent l’action – « Start with why », Simon SINEK.
À l’occasion de cette conférence TED, Simon Sinek propose un modèle simple et puissant pour le leadership inspirant. Tout commence avec un cercle d’or et la question centrale « Why? ». Ses exemples comprennent Apple, Martin Luther King, les frères Wright… https://www.ted.com/talks/simon_sinek_how_great_leaders_inspire_action?language=fr
– Je ne suis pas ce que les contraintes sociales et culturelles veulent faire de moi.
À une époque où la pratique du selfie est devenue un véritable phénomène de société (caractéristique de l’ère hyper connectée du numérique), l’objectif de cette séquence sera de s’interroger sur la tradition et les usages de l’autoportrait.
Entre l’autoexhibition extravertie et l’autofiguration intime, vous proposerez un autoportrait questionnant les modalités de l’autoreprésentation.
Selfie : autoportrait photographique (narcissique) pris dans un contexte social, festif ou touristique avec un smartphone.
Au milieu des années 2010, des essais explorent la nature de ce phénomène socio-culturel, d’un point de vue sociologique, esthétique, philosophique, psychologue et moral, et mettent en lumière la manifestation d’une stratégie communicationnelle qui vise à compenser la perte du réel dans une société contemporaine où l’écran est miroir du monde. L’essayiste Jean-Paul Brighelli souligne la différence entre l’autoportrait en peinture et le selfie : « la peinture suppose un travail, une réinterprétation — elle fait œuvre — », permise par une éducation du regard et de la main. Brighelli oppose le selfie, expression narcissique d’un « culte hédoniste de l’instant présent » à l’autoportrait peint, expression d’un travail sur soi-même et de l’insertion dans une culture artistique. […] À l’inverse, l’historien André Gunthert rappelle que l’utilisation de daguerréotypes, à l’époque, a été qualifiée également de pratique narcissique. Il rappelle aussi que les selfies réalisés sont souvent collectifs, loin de l’autoportrait, et incorporent couramment de l’humour et de la dérision. La vraie nouveauté pour lui, c’est que ces images ne sont pas classées dans un album ou accrochées au mur, mais communiquées par réseau. C’est une forme d’expression sociale, un « embrayeur de conversation ». (source Wikipédia)
Selfie pris par un macaque ayant volé l’appareil-photo du photographe animalier David Slater, 2011
Références artistiques possibles :
REMBRANDT, Autoportrait, 1652, huile sur toile, 112 x 81,5 cm, Vienne, Kunsthitorisches Museum
REMBRANDT, Autoportrait, 1658, huile sur toile, 133,7 x 103,8 cm, New York, Frick Collection
REMBRANDT, Autoportrait, 1669, huile sur toile, 63,5 x 57,8 cm, La Haye, Mauritshuis
Gustave COURBET, L’Homme blessé, 1844-1854, 82 cm x 98 cm, Musée d’Orsay, Paris
Vincent VAN GOGH, Autoportrait à l’oreille coupée, 1889, huile sur toile, 51 cm x 45 cm, Kunsthaus, Zurich
Frida KAHLO, Autoportrait aux cheveux coupés, 1940, huile sur toile, 40 x 28 cm, New York, The Museum of Modern Art
Norman ROCKWELL, Triple autoportrait, 1960, huile sur toile, 113,5 x 87,5 cm, Musée Norman Rockwell, Stockbridge
Francis BACON, Selfportrait (Autoportrait), 1971, huile sur toile, 35,5 x 30,5 cm, Centre Pompidou, Paris
Arnulf RAINER, Angst (portrait de l’artiste), 1971, peinture à l’huile sur photographie, 120 x 88 cm
René MAGRITTE, La Reproduction interdite, 1937, huile sur toile, 81 x 65 cm, Musée Boijmans Van Beuningen, Hollande
Questionnements :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Au préalable les élèves sont invités à apporter un selfie maison.
Présentez (analysez) quelques selfies.
Quels sont les codes récurrents ? Quels éléments caractéristiques retrouve-t-on ?
Questions :
En quoi un selfie n’est-il pas un autoportrait ? Dans quelle mesure un autoportrait peut-il être fictionnel ? Une photographie montre-t-elle toujours le réel, la réalité ?
Quel écart existe-t-il entre la photographie et la réalité ? Une photographie peut-elle être fictionnelle ?
Réalisez une photographie qui donne sens au terme : « selfiction ».
Préalablement, analysez le terme « selfiction » sous la forme d’une carte heuristique et effectuez des recherches sur l’autoportrait. Concevez votre projet sans oublier de l’accompagner de croquis.
Objectifs d’apprentissage :
Questionner la réalité de l’image.
Aborder les codes/ conventions/ normes, la nature, fonctions/ finalités (publication) d’une image.
George HARRISON, Fisheye self-portrait in India, septembre 1966
Références possibles :
Le CARAVAGE, Narcisse, vers 1597-1599, huile sur toile, 110 x 92 cm, galerie nationale d’art ancien, Rome
Hippolyte BAYARD, Autoportrait en noyé, octobre 1840, premier autoportrait exploité comme une fiction
Christian BOLTANSKI, Dix portraits de Christian Boltanski, photographies, 1972
Cindy SHERMAN, Untitled Film Still, photographies, 1978
Gordon DOUGLAS, Monster, diptyque photographique, 1997
Philippe RAMETTE, L’ombre de moi-même, installation, 2006
Nina KATCHADOURIAN, Lavatory Self-Portraits in the Flemish Style, photographies, 2010
Roman OPALKA, Autoportraits 1965/ 1 – ∞, photographies, 1965-2011
Aki HOSHIDE, Space selfie, 5 septembre 2012
Barack OBAMA & David CAMERON, Selfie à la cérémonie d’hommage à Nelson MANDELA, 11 décembre 2013
Olivia MUUS, Selfie museum, série photographique contemporaine, 2014
Mots clés :
cadrage, limite(s), autoportrait, mise en scène, fiction, point de vue, profondeur de champ/champ/hors champ, code/convention/norme/cliché/stéréotype, égo-portrait.
(Sujet proposé sur le site académique de Grenoble par Chantal Ferrand et Romuald Masset)
Introduction du portrait dans l’histoire de l’art classique
Le portrait et ses différents médiums : peinture, dessin, sculpture.
L’évolution du portrait : le portrait religieux qui représente le divin donc le non visible, les portraits royaux, les portraits bourgeois…
Les liens avec l’autobiographie et son développement au XIXe siècle en relation avec les sciences humaines.
Les évolutions technologiques et créatives, la photographie et son principe de reproduction, la vidéo.
Le portrait questionne l’identité et interroge le concept de la représentation.
En quête de soi
Les avant-gardes ont œuvré à l’édification d’un monde nouveau et ont relégué au second plan le sujet : le motif autant que l’individu. Dans l’après-guerre, temps des failles et de la désillusion, on tente de reconstruire le monde autour de l’homme, celui qui s’exprime comme celui qu’on représente. On constate un retour dans les œuvres à des formes qui révèlent un rapport au monde individualisé.
Photographie et psychanalyse transforment radicalement les enjeux du portrait, interrogent la fonction d’identité et exhibant les conflits internes qui tiraillent l’individu et menacent son intégrité.
Autoportrait
Apparu à la fin du Moyen Âge, ce genre obéit pour l’artiste à des motivations diverses : pallier l’absence d’autre modèle, se présenter dans une position sociale, sonder le mystère de son être.
Dans le prolongement de cette tradition, Picasso multiplie les représentations du peintre au travail face à son modèle, mêlant souvent l’autoportrait professionnel à l’intimité de la relation amoureuse.
Francis Bacon tente de saisir la matière mouvante de son propre visage.
Beckmann avec ses 80 autoportraits réalisés entre 1899 et 1950 se situe dans la filiation de Rembrandt : la vision qui se dégage de l’ensemble est celle d’une existence frappée de discontinuité, d’un individu aux prises avec les aléas de l’histoire et avec ses propres troubles.
En 1948-49 Warhol se dessine avec un doigt dans le nez, corrigeant ironiquement ce visage qu’il n’a pas choisi. » Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n’avez qu’à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà. Il n’y a rien dessous. « .
Orlan et sa pratique artistique : transformation de son corps, prothèses (lien avec la performance et le corps de l’artiste).
Double » je «
S’inventer un double et s’observer peut fournir un moyen d’assumer les multiples facettes de sa personnalité.
Chez Ernst dans un cycle de collage au début des années 30, il représente la figure de Loplop alias Hornebom alias Max Ernst. Par ce jeu d’identification, les frontières du sujet s’estompent.
Le dédoublement, l’artifice seul permet encore le portrait par une mise à distance. L’artiste est dans son œuvre, sans toutefois y être totalement.
Les artistes Gilbert & George cultivent également l’ambiguïté avec leurs ressemblances vestimentaires et physiques et multiplient les effets de permutation dans leurs compositions photographies fondées sur la répétition et la symétrie.
Jeux de genres et jeux de rôles
Duchamp s’invente un double féminin Rrose Sélavy et affuble La Joconde de moustaches.
Pierre Molinier dans la mouvance surréaliste poursuit avec ses photographies une identité morcelée : il s’y compose un personnage androgyne.
Dans ce travail sur soi passant par la métamorphose du corps : dès lors ce n’est plus tant l’identité qui est questionnée (quoique le visage soit recouvert de peinture comme chez Bruce Nauman) mais l’existence physique.
L’œuvre de Cindy Sherman prise dans son ensemble se présente comme une vaste galerie de personnage et de rôle qu’elle-même campe au prix de déguisements qui la rendent plus ou moins méconnaissable. Caméléon, elle arpente les scènes de la peinture ancienne, les films hollywoodiens, suggérant des bribes de narration laissées en suspens. Ce goût du travestissement ramène aux déguisements de l’enfance n’en est pas moins inquiétant par la scission de la personnalité qu’il suggère.
Bruce Nauman quand il se filme en train de faire des grimaces, se moque autant de lui même que de la croyance dans le pouvoir de transformation de l’art.
Les vidéos de Pierrick Sorrin le montrent dans des situations inconfortables voir grotesques et dénigrent la figure de l’artiste.
Mythologies personnelles et enquêtes de soi
Le nouveau roman est un nouveau type de narration où l’auteur ancre son récit dans le quotidien et se consacre à traduire une réalité psychologique que le personnage classique est devenu incapable de contenir.
Des artistes s’approchent de cette conception du récit, comme on le voit dans les biographies fictives construites de Boltanski ou d’Annette messager. Ils travaillent sur des données personnelles si communes que chacun peut y reconnaître une part de lui-même (enfance, image sociale de la femme…).
Valérie Mréjen réalise des films, elle fait des portraits en demandant à des personnes de raconter leurs histoires qui font écho à la sienne (en lien avec ses origines).
Auto-fictions
Sophie Calle et son œuvre plus évidemment autobiographique fonctionnent sur des transferts d’intimité (Douleur exquise, No sex last night…).
La photographe Nan Goldin rassemble depuis 1969 les pièces d’une autobiographie photographique : ses images documentent crûment sa vie intime et celle de son entourage.
Joel Bartoloméo enregistre en vidéo ses relations avec sa famille et son quotidien.
La distance entre l’art et le réel s’amenuise jusqu’à disparaître (relation également avec la littérature française actuelle : Angot…)
Liens également avec les vidéos faites par des amateurs en ligne sur internet (dailymotion, youtube…).
Le portrait et la réalité
Le réalisme du portrait interroge ce qui nous nous détermine ? Notre physique, notre nom, l’endroit où nous sommes nés, là où l’on vit ?
Écart entre ce que nous croyons être, ce que nous voulons être, ce qu’autrui perçoit de nous : histoire de voir et d’être vu.
Le portrait dans notre société
Photographie d’identité nécessaire sur nos papiers pour nous » reconnaître « .
Le portrait robot.
L’identité personnelle et collective : aujourd’hui nous vivons dans un système de surveillance : vidéosurveillance avec les caméras dans les espaces publics, le fichage avec les téléphones portables et cartes bancaires.
Relation au voyeurisme et son retentissement dans les médias (la télé-réalité).
Questionnements :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation – la narration visuelle.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Alors que les termes performance et art de la performance sont largement utilisés dans les années 1970, l’histoire de la performance remonte aux productions futuristes et aux cabarets dada du début du siècle dernier.
Tout au long du XXe siècle, la performance fut souvent considérée comme une façon non traditionnelle de faire de l’art. Le caractère vivant, le mouvement physique et l’impertinence des performances offrent alors aux artistes des alternatives à la permanence statique de la peinture et de la sculpture.
Au cours de la période d’après-guerre, l’art de la performance se rapprocha de l’art conceptuel, en raison de sa nature souvent immatérielle.
Aujourd’hui accepté, le terme peut être également utilisé pour décrire des œuvres d’art filmées, vidéo, photographiques et d’installation par lesquelles les actions des artistes, des artistes ou du public sont transmises.
Enfin, la performance est comprise comme un moyen de s’attaquer directement à la réalité sociale, aux spécificités de l’espace et à la politique d’identité. En 2016, le théoricien Jonah Westerman a souligné que « la performance n’est pas (et n’a jamais été) un moyen, n’est pas quelque chose qu’une œuvre d’art peut être, mais plutôt une série de questions et de préoccupations sur la façon dont l’art se rapporte aux personnes et au monde social dans son ensemble ».
What is Performance Art, Marina Abramović, MoMA, vidéo 1’55
Glossaire (source Wikipédia) :
Body Art : ensemble de pratiques et de dispositifs qui placent le langage du corps au centre d’un travail artistique. Dans certains cas, l’artiste fait de son corps une œuvre d’art à part entière. Les concepts entre autres de performance, d’installation, de contextualisation nourrissent ces créations qui transforment profondément l’art contemporain à partir des années 1950.
Event : œuvre qui se caractérise par le fait que c’est le spectateur qui la constitue. L’artiste ou le groupe d’artistes dispose et utilise dans un lieu des objets, des peintures, mais aussi des sons, des films que le spectateur va s’approprier pour créer lui-même une œuvre.
Happening : performance (au sens anglais du mot : « représentation »), un événement ou une situation qui peuvent être considérés comme un art. Utilisé pour la première fois dans la langue française en 19641, ce substantif est emprunté à l’anglais (participe présent du verbe to happen : arriver, se produire). Une traduction possible serait une « intervention artistique ». Le happening se distingue de la performance par son caractère spontané et le fait qu’il exige la participation active du public, public qui n’est plus considéré tel quel, mais considéré comme intervenant.
Performance : action réalisée par l’artiste ou d’autres participants en direct ou enregistrée, spontanée ou scénariste.
De la définition du terme environnement, Kaprow reprend le sens littéral « ce qui entoure », et précise que « les choses qui le composent ne sont pas nécessairement organisées avec soin, pour établir une cohérence extérieure. Elles sont plutôt arrangées pour produire une interaction entre la personne qui est entourée et les choses qui l’entourent. » En rendant les éléments dynamiques par l’action du visiteur, l’environnement se présente comme une œuvre non figée, ouverte aux variations. Dans Yard, « les visiteurs étaient encouragés à marcher sur les pneus et à les jeter à leur guise. »
Références artistiques :
Hugo BALL, Allan KAPROW, John CAGE, Yves KLEIN, Joseph BEUYS, Dennis OPPENHEIM, Marina ABRAMOVIĆ, Gina PANE, Chris BURDEN, GILBERT & GEORGE, Hannah WILKE, Yoko ONO, Matthew BARNEY, Maurizio CATTELAN, Vanessa BEECROFT
Vous associerez à l’objet que vous avez choisi et apporté un mot, car ce mot nous donne à voir l’objet autrement, car ce mot change tout.
Comment le mot peut-il donner une nouvelle perception à un objet ? Comment construire du sens à partir d’éléments hétérogènes notamment textuels ?
Marcel DUCHAMP, En prévision du bras cassé, pelle à neige, 1915
Marcel DUCHAMP, Readymade aidé (À bruit secret), ficelle, cuivre, boulons, 12,9x13x11,4 cm, The Philadelphia Museum of Art, 1916.
Le texte gravé dont certaines lettres ont été remplacées par des points est un mélange de français et d’anglais élaboré avec Walter Arensberg et difficile à déchiffrer. Censé révéler le secret, il l’amplifie.
Sur une face : P.G .ECIDES DEBARRASSE. LE. D.SERT. F.URNIS.ENT .AS HOW.V.R COR.ESPONDS ;
sur l’autre face : .IR. CAR.E LONGSEA F.NE, HEA., .OSQUE .TE.U S.ARP BAR.AIN
René MAGRITTE, La trahison des images, huile sur toile, 59×65 cm, 1928–1929
Joseph KOSUTH, One and three chairs, chaise en bois, photographie de la chaise et agrandissement photographique de la définition du mot « chaise » dans le dictionnaire, 118x271x44 cm, 1965
Extrait du catalogue Collection art contemporain – La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, sous la direction de Sophie Duplaix, Paris, Centre Pompidou, 2007
En 1958, Benjamin Vautier crée à Nice son magasin au 32, rue Tondutti de l’Escarène. Proche des idées de Marcel Duchamp, Ben part du postulat que « tout est art ». Armé d’une patente de brocanteur, il vend et achète disques d’occasion, appareils photo et autres objets. Il présente par la suite dans le petit espace de la mezzanine des artistes tels que Robert Filliou ou La Monte Young. Le magasin, appelé le « Laboratoire 32 », puis la « Galerie Ben doute de tout », devient alors le Centre d’art total, un lieu de publications, de rencontres et de discussions, notamment avec des artistes de l’école de Nice, qui se forme à cette époque. S’y retrouvent par exemple des protagonistes du Nouveau Réalisme, du Non-Art ou de Supports/ Surfaces – Ben soulignant l’importance historico-esthétique du lieu. Ben participe aux activités du mouvement Fluxus, qui rassemble depuis le début des années 1960 des artistes dont l’aspiration commune est de renforcer le lien entre l’art et la vie. Partageant les mêmes préoccupations, Ben contribue à faire connaître ces artistes en France. Il intègre lui-même le quotidien à ses propositions artistiques, tout en se souvenant des readymades de Duchamp. Dans son échoppe, il juxtapose de multiples éléments qui transforment l’espace en une sculpture en perpétuelle évolution : il l’appelle « N’importe quoi ». Le Magasin de Ben , après son démontage en 1972, est acquis par le MNAM et réaménagé progressivement par l’artiste pour lui donner une vie propre dans ce nouveau contexte.
Ben VAUTIER, Le magasin de Ben, 1958-1973, matériaux divers, 350x500x350 cm
→ Compétences attendues en fin de cycle 4 en lien avec les domaines du socle commun de connaissances, de compétences et de culture (cliquez pour agrandir)