Catégorie : Mon cahier de troisième

  • En suspens, équilibre improbable

    En suspens, équilibre improbable

    Proposez une photographie numérique de votre travail tridimensionnel répondant à la proposition incitative suivante : en suspens, équilibre improbable. Les termes utilisés par Daniel Firman expliquant sa démarche devront être pris en compte.

    Références artistiques :
    Würsa, 2008, Attitudes, 2007, Suspension, 2006, Daniel Firman
    Equilibres series, David Weiss & Peter Fischli, 1984

    « Au cours du mouvement pulmonaire, il existe un court instant de pause entre expiration et inspiration, moment particulier où le flux respiratoire ralentit à l’extrême avant de reprendre à nouveau. Les oeuvres de Daniel Firman semblent se nicher dans cette qualité de durée, non pas au sein d’un temps aboli, mais plutôt suspendu. Si l’artiste met en jeu la sculpture, ce qu’il donne à voir n’est pas figé, rendu inerte par l’immobilité, mais révèle plutôt des mouvements en mode pause. » http://www.danielfirman.com/

    Würsa (18000 km de la terre), Daniel Firman, résine polyester, mousse polyuréthane, bois, acier et peau, 2008

    Un impossible équilibre. À 18 000 km de la terre, l’éléphant Würsa pourrait tenir en équilibre sur sa trompe.
    C’est à partir de savants calculs scientifiques que Daniel Firman est arrivé à ce constat, et surtout à la réalisation de cette oeuvre extraordinaire qui met à mal toutes nos certitudes sur la gravitation des corps.
    En pénétrant dans un grand espace blanc et vide, le visiteur se trouve face à cette créature de taille réelle, dont l’équilibre précaire semble le mettre en danger à qui osera s’approcher de Würsa ?
    Cette hypothèse se pose par le seul intermédiaire de la sculpture, une sculpture hyperréaliste empruntant aux talents d’un taxidermiste et qui nous propose de basculer entre un phénomène scientifique prouvé et la mise en perspective réelle et physique du monde.
    Würsa, au nom évocateur de Spoutnik russe et de conquête de l’espace, est figé dans sa position comme si l’une de ses acrobaties avait été mise sur pause ; cette vision permettant à l’artiste de proposer une expérience physique et psychologique inédite et spectaculaire.

    En savoir plus
    Daniel Firman est l’une des figures importantes de la scène artistique française.
    Participant régulièrement à de nombreuses expositions tant personnelles que collectives, en France aussi bien qu’à l’étranger, il a su en plus d’une décennie déployer un langage formel unique, s’intéressant tout particulièrement à la question des corps et de leur équilibre. Explorant sans cesse le territoire de la sculpture, Daniel Firman met en scène des personnages anonymes et des éléments du quotidien dans des situations à l’équilibre précaire. La société de consommation est évoquée à travers des empilements hétéroclites sur des personnages qui n’ont pour identité que leurs prénoms et dont le visage est systématiquement caché. Oeuvres souvent spectaculaires, ses sculptures se sont allégées avec le temps, parallèlement à son intérêt croissant pour la danse et la gestuelle. Les corps apparaissent dans ses oeuvres en équilibre précaire, proches de la chute, mais n’y succombant jamais.
    « Le corps se trouve au coeur du travail de Daniel Firman. […] Une filiation forte apparaît avec des pratiques issues des années 1960 et 1970, utilisant le corps non plus comme sujet, mais comme médium. » (Marion Guilmot)

    Voir également le travail des suisses Peter Fischli et David Weiss.

    Die Magd (la Servante), Peter Fischli et David Weiss, photographie, 1984-1985

  • Nancy Burson

    Nancy Burson

    Second Beauty Composite, Nancy Burson, 1982

    First Beauty Composite est la fusion de jolies femmes des années 1950 : Bette Davis, Audrey Hepburn, Grace Kelly, Sophia Loren et Marilyn Monroe. Second Beauty Composite est la fusion de Jane Fonda, Jacqueline Bisset, Diane Keaton, Brooke Shields et Meryl Streep. Ces portraits composites vidéographiques saisissent et condensent les différences entre l’idéal de beauté des années 1950 et 1980.

    Depuis plus de 30 ans, Nancy Burson interroge de diverses manières (informatique et photographique) cette forme mouvante qu’est notre visage, figure livrée aux ravages du temps et de la maladie, mais aussi aux dictats et autres normes de la beauté et leur médiatisation.

  • Guernica

    Guernica

    En arrivant en classe, la reproduction de Guernica (Pablo Picasso, 1937) est projetée et une feuille A4 est distribuée.
    Faites un croquis (env. 10 minutes) de ce qui vous semble essentiel dans le tableau de Picasso. Le temps très court vous oblige à faire des choix.
    Recomposer (peinture, collage) sur un support de forme très différente de l’œuvre de Picasso, grand format obligatoire – n’utiliser que les éléments des croquis réalisés.
    En changeant la forme du support, quelles implications sur l’organisation des figures ?

    PS : Pablo Picasso réalisa ce tableau à la demande du gouvernement républicain espagnol pour le pavillon de l’Espagne à l’Exposition Internationale de Paris de 1937. Conservé ensuite au Musée d’Art Moderne de New-York, le tableau ne gagnera Madrid qu’en 1981, une fois la démocratie rétablie en Espagne. Ainsi l’avait souhaité Picasso. L’oeuvre est actuellement exposée au Centro de Arte Reina Sofia à Madrid.

  • ABCD

    ABCD


    ABCD de Raoul Hausmann, 1923-1924,
    Encre de Chine, reproduction de photographie et imprimés découpés, collés sur papier, 40,40 x 28,20 cm,
    Centre Pompidou-Musée National d’Art Moderne, Paris.

    Réalisé vers 1923, ABCD est le dernier photomontage dadaïste d’Hausmann ( : procédé fondé sur la déconstruction et la recomposition des différentes sources de l’image).
    Plus encore que dans tous ses autres photomontages, l’image est ici disloquée et sa perception constamment entravée par des ruptures de plans suggérant des sens contradictoires. Le motif central, son autoportrait photographique, tient comme serrées entre les dents les quatre lettres ABCD.
    Autour de l’autoportrait, des papiers découpés dans des manuels médicaux, des éléments typographiques à chaque fois différents, des billets de banque tchèques, des allusions à une action Merz (cf : Kurt Schwitters), s’organisent selon plusieurs axes de composition. Mais de cette image, malgré le mot voce (voix en italien), aucun sens cohérent de lecture ne se dégage. Ce qui est à voir et ce qui est à lire ont la même importance dans ce photomontage où les notions de fond et de profondeur s’abolissent. Chaque motif se jouant à la surface de l’œuvre, dans l’immédiateté de l’ici et maintenant. Manifeste de l’esthétique du non-art, cri lancé en même temps à l’œil et à l’oreille du spectateur, ce montage où rien ne semble tenir en place proclame contre tout académisme l’insondable mouvement de la vie.