Catégorie : Mon cahier de troisième

  • Le premier tableau abstrait – 1910

    Le premier tableau abstrait – 1910


    Sans titre, Vassily Kandinsky, feutre, encre et gouache sur papier, 64,8×49,6 cm, 1910-1913, Musée national d’Art moderne, Paris

    « J’aperçus soudain au mur un tableau d’une extraordinaire beauté, brillant d’un rayon intérieur. Je restai interdit, puis m’approchai de ce tableau rébus, où je ne voyais que des formes et des couleurs, et dont la teneur me restait incompréhensible. Je trouvai vite la clé du rébus : c’était un tableau de moi qui avait été accroché au mur, à l’envers […]. Je sus alors expressément que les objets nuiraient à ma peinture. »
    Regards sur le passé et autres textes, Vassily Kandinsky, 1912-1922

  • Le XXème en images (I)

    Le XXème en images (I)

    La fin du XIXe a vu naître la remise en question de la représentation traditionnelle de l’espace. Le tableau n’est plus une fenêtre ouverte sur le monde…


    Mont Sainte Victoire (1902-1904), Paul Cézanne (1839-1906)

    Die Brücke (1905) puis Der Blaue Reiter (1911) annoncent la volonté de l’artiste de traduire ses pulsions et d’exprimer toutes ses revendications (violence, peur, critique…).


    Marcella (1909-1910), Ernst Ludwig Kirchner (1880-1938)

    D’autres mouvements artistiques remettent en cause des codes picturaux, les notions de couleur, de forme et d’espace – virulence des couleurs et l’aspect d’exécution spontanée du Fauvisme.


    La nuit étoilée (1889), Vincent Van Gogh (1853-1890)


    Portrait à la raie verte, (1905), Henri Matisse (1864-1954)


    Le Cabinet du docteur Caligari (1919), Robert Wiene (1873-1938)

    Influencés par Cézanne et la simplification du primitivisme, Georges Braque et Pablo Picasso s’efforcent de recomposer l’espace à l’intérieur du plan du tableau parfaitement homogène, de donner une simultanéité de points de vue correspondant au décodage des perceptions visuelles – naissance du Cubisme


    Les demoiselles d’Avignon (1907), Pablo Picasso (1881-1973)


    Compotier et cartes (1913), Georges Braque (1882-1963)

    Le Futurisme peint un monde neuf, un monde de vitesse de machines – dynamisme pictural.


    Dynamisme d’un chien tenu en laisse (1912), Giacomo Balla (1871-1968)


    Nu descendant un escalier (1912), Marcel Duchamp (1887-1968)


    Formes uniques de la continuité dans l’espace (1913), Umberto Boccioni (1882-1916)

    Dada, iconoclaste, marque l’avant-guerre par son ironie dévastatrice et son désir de faire table rase.


    L’œil cacodylate (1921), Francis Picabia (1879-1953)


    ABCD (1923), Raoul Haussmann (1886-1971)


    Roue de bicyclette (1913/1964), Marcel Duchamp (1887-1968)

    André Breton définira ce mouvement dans le manifeste de 1924 d’automatisme psychique pur, par lequel on se propose d’exprimer le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale – le Surréalisme.


    Le vaticinateur (1915), Giorgio De Chirico (1888-1978)


    Ceci n’est pas une pipe (1928-1929), René Magritte (1898-1967)


    Boule suspendue (1930-1931), Alberto Giacometti (1901-1966)


    Invention du labyrinthe (1942),  André Masson (1896-1987)

    L’Abstraction ne cherche plus à imiter la nature mais s’exprime par des moyens qui lui sont propres : forme, couleur, volume, ligne, rythme, organisation de surface – refus de la représentation figurative.


    Avec l’arc noir (1912), Vassily Kandinsky (1866-1944)


    Croix noire sur fond blanc (1915), Casimir Malevitch (1878-1935)


    Ancient sound (1925), Paul Klee (1879-1940)


    Composition with Red, Yellow and Blue (1928), Piet Mondrian (1872-1944)


    Cloud Flowers (1932), Hans Arp (1886-1966)

  • Ce n’est pas un cube

    Ce n’est pas un cube

    1/ Réalisez un portrait unique regroupant différents points de vue (2 ou 3) pour chaque élément du visage.
    Remarques autour des productions :

    – fragmentation du volume du visage,
    – multiplication des angles de vue dans le même espace de représentation,
    – dissolution des limites du fond et de la forme.

    Ces différents points et l’introduction dans l’œuvre de détails figuratifs schématisés ou réels (lettres, collages) permettront une compréhension rapide du cubisme.

    2/ Proposez la maquette d’un environnement* où le regard du spectateur se heurtera à votre vison cubiste.

    Environnement : L’œuvre est conçue non pas comme un objet autonome et mobile, mais comme un ensemble aux dimensions souvent architecturales, qui propose d’immerger le spectateur dans une situation. Le fonctionnement du musée a ici un rôle clef : on construit volontiers des environnements dans ses salles, comme des décors, des tableaux en trois dimensions. Mais le principe peut aussi se retrouver dans un espace non spécifique.

    Assemblage : Équivalent tridimensionnel du collage. Désigne une œuvre constituée d’éléments initialement distincts souvent de natures différentes, rendus solidaires (objets ou fragments d’objets, naturels ou manufacturés, formes façonnées, etc.). Les artistes cubistes ou dadaïstes ont popularisé ce mode de création. D’autres en ont fait le principe même de leur mode de création (Schwitters, Robert Rauschenberg, Daniel Spoerri).

    Installation : Disposition de matériaux et d’éléments divers dans un espace. Œuvre ainsi obtenue.


    Extrait des Dossiers pédagogiques – Centre Pompidou

    Le Cubisme est sans doute le mouvement le plus décisif de l’histoire de l’art moderne. Héritant des recherches de Cézanne sur la création d’un espace pictural qui ne soit plus une simple imitation du réel, et des arts primitifs qui remettent en cause la tradition occidentale, le Cubisme bouleverse la notion de représentation dans l’art.

    Le Cubisme comprend plusieurs étapes. Les protagonistes du mouvement conduisent d’abord une recherche qui pose la question de l’unité de la toile et du traitement des volumes en deux dimensions – Cubisme analytique.
    Après avoir frôlé l’abstraction et l’hermétisme, les artistes réintroduisent des signes de lisibilité dans l’espace de la toile, des éléments issus du quotidien, des papiers et objets collés, orientant ainsi le Cubisme vers une réflexion esthétique sur les différents niveaux de référence au réel – Cubisme synthétique.

  • Otto Dix

    Otto Dix


    Les Joueurs de Skat, Otto Dix, huile sur toile et collage, 110×87 cm, 1929

    Dix Otto (1891, Gera-Untermhaus – 1969, Singen)
    Peintre, dessinateur et illustrateur allemand, l’un des principaux représentants de la Neue Sachlichkeit. D’abord apprenti peintre-décorateur, il fait ses études à l’École des arts appliqués de Dresde (1904-1914), et découvre Nietzsche. Après la guerre, où il est au front, il reprend ses études à Dresde jusqu’en 1922, et participe à la fondation de la Sécession de Dresde. Élève particulier de Heinrich Nauen à Düsseldorf, il part brièvement à Berlin, puis revient enseigner à Dresde. Il en est licencié en 1933 : on lui reproche de démoraliser l’armée et de dégrader la femme allemande, et il lui est interdit d’exposer. En 1936, il s’installe près du Bodensee en « émigration intérieure » et, dès l’année suivante, 260 de ses œuvres sont retirées des collections publiques allemandes. Ce n’est qu’en 1955 qu’il est à nouveau reconnu comme un artiste important. Ses premiers autoportraits (1912-1914), sous l’influence de Van Eyck et Cranach, témoignent d’une objectivité teintée de primitivisme. Pendant la guerre, il dessine inlassablement les événements du front et des tranchées, qui lui inspireront plus tard de très nombreuses gravures, d’une rare violence, pendant que sa peinture recourt à des tons crus et dissonants pour railler le culte du héros militaire (Der Schützengraben, 1920-1923, détruit) et mettre en évidence le déclin de toute valeur morale. Dans son vérisme acéré, Dix présente un panorama de la situation sociale pendant la république de Weimar (GroßStadt, 1927-1928, Galerie der Stadt, Stuttgart). Fasciné par la prostitution, la vie dans la rue, la laideur de son temps, son témoignage est amer, mais sans idéologie politique, et relève uniquement d’une expérience subjective, qui accueille la laideur au même titre que la beauté, parce que « c’était comme ça et pas autrement ». Vers 1925, à côté des « créatures sans éclat », il portraiture ses amis : les personnages ne sont jamais flattés, mais expriment leurs caractéristiques individuelles et typiques (Sylvia von Harden, 1926, MNAM, Paris). Après 1933, il se retire du milieu artistique, intégrant sa haine du nazisme dans quelques tableaux d’allégories religieuses. Il fuit le conflit en peignant principalement des paysages de sa région d’exil. À partir de 1943, il se tourne vers un néo-romantisme plus expressif, qui reste parfois hanté par les souvenirs de la peinture ancienne.

    Encyclopédie de l’art moderne et contemporain, Hazan, RMN et Videomuseum, 1995

  • HdA 2010

    HdA 2010

    Être capable de voir et de comprendre une œuvre à partir de sa reproduction (méthodologie d’analyse d’œuvre à l’usage des élèves proposée en stage à la Villa du Parc, Annemasse)

    1/ Ce que je vois (et qui saute aux yeux) : Qu’est-ce qui est mis sous mon regard ?
    Une image en couleur sur papier ou projetée. L’ai-je déjà vue ? En reproduction ou de visu ? En ai-je vu une reproduction en noir et blanc et/ou en couleurs ? Celle-ci me paraît-elle fidèle à l’original ? Quelle est la nature de cette œuvre ? Peinture – sculpture – assemblage – installation – dessin – collage… œuvre composite ? Est-elle présentée en totalité ou partiellement ? Dans quel environnement ? Comporte-t-elle un cadre ? Quelles indications sont-elles fournies ? Légende : son format, son titre, sa datation, la technique ou le procédé utilisés…

    2/ Ce que je perçois : Comment est-ce fait ? Pourquoi ? Qu’est-ce que je comprends ?
    Est-ce une ébauche, une esquisse, une maquette, une œuvre achevée ? Sa matière et les matériaux qui la constituent sont-ils apparents ? Quels sont ses composants plastiques ? S’agit-il d’une composition, d’une organisation d’éléments homogènes ou non, d’une œuvre aléatoire, d’une œuvre éphémère ?
    – S’il s’agit d’une peinture :
    Quel est son degré d’iconicité (l’œuvre « fait-elle » ou non image) ? Quels en sont les rythmes principaux, quel est le rapport fond/forme en quantité et en qualité ? Perçoit-on les effets de transparence, de fluidité, d’épaisseur, de recouvrement, d’opacité, d’effacement… Quels sont les choix chromatiques, la dominante, le registre de valeurs, la lumière (éclairage ou lumière suggérée), l’organisation de I’espace, les bordures, le traitement proprement dit (touche, aplats, modelé, modulations), la gestualité apparente ou non, le dessin (cernes ou sertis, ou absence de graphisme) ?
    – S’il s’agit d’une œuvre tridimensionnelle :
    La photographie se présente-t-elle sur un fond neutre ou non ? Rapport des vides et des pleins, texture… Y a-t-il un socle ? L’œuvre est-elle montrée dans un espace spécifique, in situ, intégrée à un monument ou I’ornant ? A-t-elle une fonction, in situ, dans son contexte muséal… ? Le titre de l’œuvre et la relation titre/sujet. Les effets produits sur le spectateur. Comment sont-ils obtenus ?

    3/ Ce que je sais : (connaissances culturelles et hypothèses)
    Dans quelle période historique s’inscrit l’œuvre ? Dans quels courant ou mouvement artistique ? Dans quelle période de l’œuvre de l’artiste, celle-ci est peinte, sculptée, gravée ? À quoi renvoie-t-elle ? Les sources, les prolongements… Si l’œuvre est en relation étroite avec une thématique étudiée ? Quelle est la problématique générale de l’œuvre, celle plus spécifique à I’artiste ? Quelle interprétation raisonnée puis-je en faire ? Quels liens peut-on tisser avec des créations analogues, avec des modes de production différents, voire ceux d’une autre époque ?

  • Ice House Detroit

    Ice House Detroit

    Ice House Detroit is an architectural installation and social change project currently taking place in Detroit. Photographer Gregory Holm and architect Matthew Radune will use one of 20 000 abandoned houses and freeze it in solid ice, referencing the contemporary urban conditions in the city and beyond.
    http://icehousedetroit.blogspot.com/
    http://www.flickr.com/groups/icehousedetroit/

    Qu’elle est la nature de ce projet ? Sur quel acte repose l’œuvre ? Que signifie ce travail ?
    Effectuez des recherches sur l’Internet.

    Réalisez un projet dans lequel vous utiliserez la maquette d’un bâtiment pour dénoncer, se révolter ou rêver… Vous devez dépasser l’usage quotidien de ce bâtiment.

  • Petits bouleversements mais effets garantis

    Petits bouleversements mais effets garantis

    Proposez un dispositif dans l’espace de la classe, afin de lui donner ____________ (à compléter).
    Ce bouleversement garantira un effet maximum.


    Les Chaises de traverse, Tadashi Kawamata, 1998

    L’artiste japonais Tadashi Kawamata a opéré dans cette installation ce qu’il appelle des accumulations de chaises. Kawamata prend toujours comme points de départ des sites urbains existants qu’il choisit avec soin et dont il étudie l’histoire en détail. Il les pare ensuite de labyrinthes et autres échafaudages pour créer une sorte de cancer architectural.


    Red, Blue & Yellow, Ann Veronica Janssens, 2001

    Ann Veronica Janssens place le spectateur dans un espace translucide vide, mais envahi de brouillard. Une pellicule colorée recouvre les parois extérieures de la pièce. Faisant référence à la tradition du Colour Field, l’artiste plonge le visiteur dans un non-site immersif dépourvu de limites visibles.


    Dots Obsession – New Century, Yayoi Kusama, installation, 2000

    Cette œuvre est emblématique de l’obsession pour le pois qu’habite cette artiste japonaise depuis plus d’une cinquantaine années maintenant. Le travail de Kusama est, selon ses propres termes, le reflet de son monde intérieur.

  • Faire du neuf avec du vieux

    Faire du neuf avec du vieux

    « Quiconque n’a pas commencé par imiter ne sera jamais original ». Théophile Gautier

    D’après La Grande Odalisque, Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1814 :


    La Grande Odalisque, dessin réalisé avec un Télécran®, Stéphane Lallemand, 1989-1992


    La Grande Odalisque, Stéphane Lallemand, photographie, 2007

    Les critiques se sont longtemps acharnés sur cette œuvre maîtresse d’Ingres. Elle avait des proportions qui laissaient supposer qu’elle avait des vertèbres en trop.
    Après le sourire de la Joconde, le dos de la Grande Odalisque. Les peintres ont décidément l’art de se jouer de la réalité pour créer d’improbables canons de beauté. Si le corps de cette femme de harem peinte en 1814 par Ingres fascine tant l’œil du spectateur, c’est qu’il est beaucoup trop long : la jeune femme a trois lombaires et deux vertèbres sacrées de trop.
    La position de la Grande Odalisque, son inclinaison, la rotation de son bassin, ne serait pas possible sans ces centimètres supplémentaires. L’un de ses bras a lui aussi été allongé. La volupté du corps contraste ainsi encore plus fortement avec l’expression du visage.

  • Position apparemment impossible

    Position apparemment impossible

    Réalisez un projet (croquis et texte) répondant au titre du billet – impliquant le corps et prenant en compte le lieu et l’espace comme éléments constitutifs de votre travail plastique.

    L’artiste berlinois, Johan Lorbeer est devenu célèbre grâce à ses performances Still-Life (photo ci-dessus), exécutées dans des espaces publics. Plusieurs de ces happenings* montrent Johan Lorbeer dans une position apparemment impossible.

    Büro, Johan Lorbeer, 1999

    Références : l’artiste Johan Lorbeer (https://www.johanlorbeer.com/), le photographe et performer chinois Li Wei, le photographe Denis Darzacq (https://www.denis-darzacq.com/)

    Happening : utilisé pour la première fois par la langue française en 1963, ce substantif est emprunté à l’anglais (participe du verbe to happen). Durant la fin des années 1950, un happening était une performance (représentation), un événement ou une situation qui pouvait être considéré comme un art. Une traduction possible en français serait une intervention artistique. Le happening se distingue de la simple performance par son caractère spontané et le fait qu’il exige la participation active du public. Ainsi, pour Allan Kaprow : « Structurellement et philosophiquement, c’est la même chose » mais « la performance est en réalité un évènement artistique, et il se produit devant un public » contrairement au happening qui lui n’a pas de public.


    *Love at the high place, Li Wei, 1er juillet 2004, Beijing