Catégorie : Mon cahier de troisième

  • Cindy

    Cindy

    Réalisez une photographie ironique, drôle et grinçante dénonçant les stéréotypes culturels et sociaux auxquels sont soumises les femmes.
    À l’occasion de ce travail en équipe (5 élèves maxi), vous préparerez chaque étape de la prise de vue (décor, mise en scène, maquillage, etc.).

    Notions abordées : simulacre, stéréotype, cliché, image de la femme, sexisme, féminisme, misogynie, discrimination sexuelle.

    Untitled Film Still #3, Cindy Sherman, 1977
    Untitled, Cindy Sherman, 1977


    Like Everyday Series, Shadi Ghadirian, 2000-2001


    *Cindy SHERMAN, Untitled Film Still #84, 1978

  • Oral de l’histoire des arts à compter de la session 2012

    Oral de l’histoire des arts à compter de la session 2012

    Extrait de la dernière circulaire en date (circulaire n° 2011-189 du 3-11-2011)

    1 – Principes fondateurs de l’évaluation de l’histoire des arts
    L’évaluation de l’histoire des arts prend appui sur un travail à dimensions historique, artistique et culturelle défini et organisé par l’équipe pédagogique. Toutes les disciplines contribuent à l’acquisition des compétences et des connaissances du socle commun mises en œuvre dans l’enseignement de l’histoire des arts, dont notamment :
    – le développement de la capacité à analyser une œuvre d’art ;
    – la construction d’une culture personnelle ;
    – la maîtrise de l’expression orale ;
    – l’épanouissement de la curiosité et de la créativité artistiques des élèves ;
    – la découverte des métiers et des formations liés à ces pratiques artistiques et culturelles.
    L’oral d’histoire des arts exige de ce fait une préparation et un accompagnement de qualité auprès des élèves. Une grille indicative des attendus de cette évaluation est explicitée dans l’annexe à la présente circulaire. Par ailleurs cette épreuve est la seule de cette nature que comporte le diplôme national du brevet : elle suppose une maîtrise de l’expression orale qui doit être travaillée à tous les niveaux et dans tous les champs disciplinaires.
    Pour ces raisons, l’épreuve est affectée du coefficient 2. Son caractère obligatoire et son importance doivent être soulignés.

    2 – Calendrier
    À compter de la session 2013, un vote en conseil d’administration, au plus tard à la fin de l’année scolaire précédente, fixe, conformément à l’arrêté du 11 juillet 2008 précité, les modalités de l’organisation de l’enseignement de l’histoire des arts et de l’épreuve orale, après consultation du conseil pédagogique. Ces modalités sont présentées aux élèves et aux familles dès la rentrée scolaire. Pour la session 2012, cette information doit être diffusée, au plus tard, au début du deuxième trimestre de l’année scolaire en cours. Chaque établissement détermine le calendrier de passation de l’épreuve entre le 15 avril et le début des épreuves écrites du diplôme national du brevet, en s’efforçant de retenir la période faisant suite aux conseils de classe du troisième trimestre.
    L’épreuve orale peut être organisée sur des heures ordinairement dédiées aux cours dont les élèves de troisième sont alors dispensés.

    3 – Modalités de préparation à l’épreuve terminale d’histoire des arts
    L’enseignement de l’histoire des arts est en place à tous les niveaux du collège. Il donne lieu à une mention dans les bulletins scolaires trimestriels avec, le cas échéant, une note chiffrée. En classe de troisième, une telle évaluation reste totalement distincte de l’épreuve terminale d’histoire des arts.
    L’importance de l’épreuve justifie que les équipes d’enseignants, sous l’autorité du chef d’établissement, apportent le plus grand soin à la préparation des élèves. L’établissement définit les modalités de l’accompagnement attendu de la part du ou des enseignants chargés du suivi des candidats. L’enseignement d’histoire des arts est pris en charge dans le cadre des programmes de toutes les disciplines. À ce titre, tout enseignant peut accompagner des élèves dans la préparation de l’épreuve terminale.
    On se reportera utilement aux dispositions générales de l’organisation de l’enseignement de l’histoire des arts exposées dans l’arrêté du 11 juillet 2008 précité, notamment en ce qui concerne l’usage du « cahier personnel d’histoire des arts », que l’élève constitue au cours de sa scolarité et qui peut prendre une forme dématérialisée. En classe de troisième, l’élève qui le souhaite peut constituer un dossier sur les objets d’étude (œuvre, édifice ou monument, ensemble d’œuvres, problématique, etc.) qu’il choisit de présenter à l’oral. Ses caractéristiques (importance, présentation, format papier ou électronique, etc.) sont définies autant que de besoin par l’établissement, ainsi que les modalités selon lesquelles les professeurs encadreront son élaboration. Le cas échéant, les élèves sont autorisés à se présenter à l’épreuve terminale avec ce dossier comme support de leur exposé.

    4 – Définition de l’épreuve terminale d’histoire des arts
    Pour les candidats au diplôme national du brevet (DNB) scolarisés en collège et en lycée professionnelrnL’épreuve terminale d’histoire des arts est une épreuve d’examen qu’il convient d’organiser comme telle, sous l’autorité du chef d’établissement. Celui-ci établit pour chaque candidat une convocation individuelle à l’épreuve. Chaque candidat ou groupe de candidats se présente devant le jury avec une liste d’objets d’étude qu’il a choisis, associée le cas échéant au dossier évoqué ci-dessus. Cette liste, validée par le ou les professeurs qui encadrent la préparation, se compose de cinq objets d’étude reliés à plusieurs des thématiques transversales définies par l’arrêté du 11 juillet 2008. Au moins trois des six domaines artistiques définis par l’arrêté du 11 juillet 2008 doivent être représentés. Afin de valoriser la culture personnelle qu’ils se sont constituée tout au long de leur enseignement d’histoire des arts, les candidats peuvent choisir, sur les cinq objets d’étude, un ou deux qui portent sur les siècles antérieurs au XXème.
    Dans le cas d’élèves présentant un handicap, on veillera à adapter le choix des objets d’étude en fonction de leur situation de handicap. Un aménagement d’épreuve peut être envisagé, conformément aux textes en vigueur, sous la forme notamment d’une liste limitée à trois objets d’étude.
    La liste des objets d’étude est mise à la disposition du jury au moins cinq jours ouvrés avant la date de l’épreuve. Le dossier facultatif est remis dans les mêmes délais. Le jour de l’épreuve, le jury choisit, parmi la liste proposée par le candidat, l’objet d’étude sur lequel porte son exposé.
    Les candidats peuvent choisir de présenter l’épreuve individuellement ou en groupe, sans qu’un groupe puisse excéder trois candidats. Dans tous les cas, chaque candidat fait l’objet d’une évaluation et d’une notation individuelles.
    L’oral se déroule en deux temps : un exposé suivi d’un entretien avec le jury. Dans le cas d’une épreuve individuelle, l’oral prend la forme d’un exposé par le candidat d’environ cinq minutes suivi d’un entretien d’une dizaine de minutes avec le jury, la durée totale de l’épreuve ne pouvant dépasser quinze minutes. Si l’épreuve est collective, cinq minutes d’expression individuelle par candidat précèdent dix minutes d’entretien avec l’ensemble du groupe. L’entretien prendra appui sur l’exposé et la liste d’objets d’étude présentée par le candidat ; afin d’enrichir l’entretien, le jury peut toutefois faire réagir le candidat à une œuvre inconnue de lui, autant que possible reliée aux objets d’étude qu’il aura proposés.

    (source: , pour le ministre de l’Éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative et par délégation, le directeur général de l’enseignement scolaire, Jean-Michel Blanquer)

  • L’antilégende du siècle

    L’antilégende du siècle

    Erró (1932)
    Peintre islandais. Après ses études à Reykjavik et à Oslo, il voyage volontiers, mais, depuis 1958, il a Paris pour port d’attache. Son travail, qui met en symbiose collage et peinture, est révélé dans le cadre de la Figuration Narrative après une période marquée par Matta. Erró choisit et assemble des éléments iconiques trouvés dans la presse, la publicité, les comics, le cinéma, la propagande politique, l’histoire de l’art, et les manipule selon son bon plaisir et ses fantasmes pour former des compositions où l’humour le dispute à l’angoisse les tableaux sont autant à lire qu’à voir. Le chaos et les cauchemars de notre époque sont révélés avec d’inépuisables ressources imaginatives où le calembour joue avec les formes autant qu’avec les titres. Erró s’affirme avec constance comme un grand iconoclaste satirique obsédé par les personnages politiques, les vedettes culturelles et les faits de notre société : consommation dirigée, érotisme mercantile, révolutions, américanisation de l’existence, absence apparente d’un sens à l’histoire, etc. Il compose ainsi une sorte d’antilégende du siècle.


    Planescape, Erró, 1971


    Le Cri, Erró, 1967 (d’après le tableau d’Edvard Munch)

  • Ma vie est un pois perdu parmi des millions d’autres pois

    Ma vie est un pois perdu parmi des millions d’autres pois

    Yayoi Kusama (1929, Nagano, Japon)
    Artiste et écrivaine japonaise. Son travail est lié à l’obsession de la répétition et de l’accumulation qui la hante depuis son enfance où elle parlait le langage des fleurs et des animaux. Après ses études à l’École des arts appliqués de Kyoto, elle présente une exposition de 280 objets puis expose à l’association japonaise de psychiatrie. Dès 1955, elle correspond avec Georgia O’Keeffe, expose à Seattle en 1957 puis s’installe à New York. Elle ne produit alors que des œuvres monochromes « compulsives ». Vers 1959 ses travaux, faits d’immenses filets et de pois, attirent l’attention. Puis, vers 1961, elle se rapproche de l’Op Art et de l’art environnemental avec ses Soft sculptures sur le thème du sexe et de la nourriture. En 1964, elle crée des sculptures cinétiques, faites d’ampoules et de miroirs, puis expose à la Biennale de Venise en 1966. Parallèlement elle réalise une série de performances, des filins et des vidéos comme la Disparition des pois de Kusama (1967). Insatiable, elle touche à tous les genres en 1968, elle réalise trente happenings, produit et organise la vente de vêtements, la vente par correspondance de films, écrit dans les magazines pour sa promotion, le tout considéré comme ses propres modes d’expression. De retour au Japon en 1975, elle produit des collages fort éloignés de l’ampleur proliférante de ses œuvres antérieures et qui reflètent son obsession de la mort. Elle a publié des poèmes et des romans plus ou moins autobiographiques parmi lesquels Deuxième Tentative de suicide à Manhattan (1978), Christopher, maison de prostitution masculine (1983), l’Église de Saint-Marx en flammes (1985).


    Le Centre Pompidou présente la première rétrospective française consacrée à l’artiste japonaise Yayoi Kusama (née en 1929) : à travers un parcours chronologique composé de 150 œuvres réalisées entre 1949 et 2011, cette exposition rend hommage à une artiste inclassable qui a exercé une influence considérable sur la scène contemporaine (d’Andy Warhol à Mike Kelley et beaucoup d’autres) et captive encore l’intérêt de la jeune génération.
    Après une première étape au Musée National Reina Sofia de Madrid, cette rétrospective sera présentée à la Tate Modern à Londres et au Whitney Museum of American Art à New York. Chaque ville constitue un rendez-vous privilégié et spécifique puisque les présentations diffèrent d’un lieu à l’autre. Le Centre Pompidou met l’accent sur l’œuvre sculptée et les expériences de Kusama avec la couleur en présentant des monochromes colorés. L’exposition suit les grands moments de la vie de l’artiste et illustre le caractère protéiforme (peintures, sculptures, environnements, performances) d’une œuvre qu’elle qualifie elle-même d’« obsessionnelle ». Celle-ci est fortement arrimée à un souvenir d’enfance, une hallucination à partir de laquelle elle élaborera le motif récurrent du pois/point (dot).

    Yayoi Kusama – Centre Pompidou
    10 octobre 2011 – 9 janvier 2012
    GALERIE SUD, NIVEAU 1

  • Pour voir le monde autrement

    Pour voir le monde autrement

    Proposez un dispositif plastique mettant en œuvre différents matériaux et matériels (voire logiciels) afin de répondre à cette incitation : pour voir le monde autrement (Comment changer la façon dont nous pouvons voir ce qui nous entoure ?). Accompagnez votre production d’une image représentant l’effet envisagé (dessin, collage, photomontage).

    Notions abordées : espace représenté, naturel ou construit, dispositif, échelle, perception, perspective, dimension, vision…

    Dispositif (définition du Petit Larousse) : ensemble de pièces constituant un mécanisme, un appareil quelconque…
    Installation : l’installation est une mise en scène d’objets, souvent éphémère, dans un environnement muséal ou extérieur. Elle se caractérise par un décloisement entre les disciplines artistiques différentes (théâtre, musique, sculpture) et exige de la part des spectateurs une attitude active. Joseph Beuys est un des représentants les plus médiatiques de cette forme d’interventions, qui connait un succès énorme depuis le début des années 80.

    Références artistiques :
    Ann Veronika Janssens : La pratique artistique de Ann Veronica Janssens pourrait se définir comme une recherche basée sur l’expérience sensorielle de la réalité. Par divers types de dispositifs (installations, projections, environnements immersifs, interventions urbaines, sculptures), Ann Veronica Janssens invite le spectateur à franchir le seuil d’un espace sensitif nouveau, aux limites du vertige et de l’éblouissement. Dans un registre inspiré de processus cognitifs (perception, sensation, mémoire, représentation), ses oeuvres tendent vers un certain minimalisme, soulignant le caractère fugitif, éphémère ou fragile des propositions auxquelles elle nous convie. Spatialisation et diffusion de lumière, rayonnement de la couleur, impulsions stroboscopiques, brouillards artificiels, surfaces réfléchissantes ou diaphanes sont autant de moyens lui permettant de révéler l’instabilité de notre perception du temps et de l’espace. Les propriétés des matériaux (brillance, légèreté, transparence, fluidité) ou les phénomènes physiques (réflexion, réfraction, perspective, équilibre, ondes) sont ici questionnés avec rigueur dans leur capacité à faire vaciller la notion même de matérialité. (source Wikipédia)

    Philippe Ramette : Sculpteur avant tout, il crée des objets dont le propos n’est pas tant leur utilisation quotidienne que le processus de réflexion qu’ils engagent. Il produit des œuvres comme Point de vue (installation, 1989) où il s’agit d’ »imaginer ce qu’on pourrait voir ». Puis il décide de mettre en scène ses sculptures dans des photographies. Il crée des objets ou des situations improbables, pourtant il n’est en aucun cas question d’illustrer l’absurde, mais plutôt de construire de manière rationnelle une image irrationnelle. Ramette se met lui-même en scène dans son costume noir, il compose l’image d’un paysage dont il fera partie de façon extravagante, et visuellement étonnante ou renversante (au sens littéral). Il en produit les prises de vue en collaboration avec le photographe Marc Domage. Ces photographies ne subissent aucune retouche, aucun montage, car l’artiste cherche avant tout à garder le contact avec son travail de sculpteur. (source Wikipédia)

  • Pirouette, cacahuète

    Pirouette, cacahuète

    Il était un petit homme, pirouette, cacahuète.
    Il était un petit homme,
    qui avait une drôle de maison. (bis)
    Sa maison est en carton, pirouette, cacahuète.
    Sa maison est en carton,
    ses escaliers sont en papier. (bis)
    Le premier qui y montera, pirouette, cacahuète.
    Le premier qui y montera,
    se cassera le bout du nez. (bis)

    Pirouette, cacahuète : une des influences majeures de Michel Gondry, lire Les Inrockuptibles, n°813, du 29 juin au 5 juillet, p 66-67.

    PQ Ville : Michel Gondry réalisateur de cinéma et de vidéos, mais également musicien, et Sylvain Arnoux architecte, concepteur, mettent en scène spécialement pour les 10 ans du MIAM une partie du décor original du film La science des rêves. Pour ce film, où se mêlent prises de vues réelles et animations, Gondry invente ses propres outils de travail. Le décor a entièrement été conçu en boîtes de carton et films d’emballage plastique.

    Proposez dans l’esprit low-tech* du do it yourself** une visite vidéo de la drôle de maison de la comptine Pirouette, cacahuète.

    Références :
    Soyez sympas, rembobinez, Michel Gondry, 2008
    Le travail de Pierrick Sorin
    Les animations de Norman McLaren, Youri Norstein, Brastislav Pojar, Lotte Reiniger
    Merzbau, Kurt Schwitters (: De 1920 à 1923, dans sa maison de Hanovre, Schwitters entreprend de construire une vaste structure faite de volumes blancs en plâtre aux plans imbriqués les uns dans les autres, et traversés par des tiges et des poutrelles de section carrée, la Schwitters-Säule (colonne Schwitters), dans laquelle s’encastrent, dans des cavités, ses œuvres et celles de ses amis. La construction envahit peu à peu toutes les pièces et même tous les étages de la maison et l’artiste lui donne le nom de Merzbau (construction Merz). Détruite lors des bombardements d’Hanovre en 1943, cette œuvre unique a été reconstruite en 1990 au Sprengel Museum d’Hanovre puis en 1993, dans une version réduite, par Peter Bissegger à la demande de Harald Szeemann à l’occasion de la Biennale de Lyon.)

    * Low-tech : L’anglicisme Low-tech (Basse technique), par opposition à High-tech, est attribué à des techniques apparemment simples, économiques et populaires. Elles peuvent faire appel au recyclage de machines récemment tombées en désuétude.
    ** Do It Yourself (DIY) : une traduction littérale en français serait faites-le vous-même.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Do_it_yourself

  • Auto-célébration

    Auto-célébration

    Créez un espace ou une image pour paraître…
    « Dans votre chambre, c’est vous le chef ! Montrez-le dans une mise en scène bien à vous. »
    Pistes possibles : installation in situ, photomontage, maquette, modélisation 3D…

    Le portrait de Louis XIV, roi de France a été réalisé en 1701 par le peintre français Hyacinthe Rigaud pour répondre à une commande du monarque qui souhaitait contenter le désir de son petit-fils, Philippe V. Louis XIV le conserva et le fit accrocher à Versailles.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Portrait_de_Louis_XIV_(Rigaud)


    Louis XIV en costume de sacre, Hyacinthe Rigaud, 1701, huile sur toile, 277 cm x 194 cm
    Musée du Louvre, Paris

    Campagne publicitaire (extrait) pour des escalopes de poulet, sept 2010

  • Utilisez la photographie comme une arme !

    Utilisez la photographie comme une arme !


    Der Sinn von Genf (La Signification de Genève), John Heartfield, 1932

    John Heartfield (1891-1968)

    Acteur du très politique groupe dadaïste de Berlin avec George Grosz, John Heartfield s’illustre rapidement dans les photomontages qu’il inscrit dans la grande tradition satiriste. Témoin des crises successives qui secouent la République de Weimar jusqu’à l’arrivée du Nazisme, il dénonce, par le biais de la presse communiste (AIZ), les compromissions politiques et les coups de force qui amenèrent Hitler au pouvoir. Parallèlement, John Heartfield mène une véritable guerre de communication contre l’obscurantisme et la propagande nazie, désignant avec virulence les atteintes successives aux libertés et aux personnes. Ses positions lui valent d’être menacé, puis contraint à s’exiler pour Prague en 1933, comme de nombreux artistes et intellectuels. Il continue toutefois de livrer régulièrement ses photomontages. L’annexion de la Tchécoslovaquie en 1938 contraint Heartfield à un second exil vers Londres. Depuis son adhésion au Parti Communiste Allemand en 1919, Heartfield n’a cessé de servir la cause révolutionnaire, mettant l’ensemble de sa production artistique au service du combat politique sous le slogan : »Utilisez la photographie comme une arme ! ». Une arme qu’il dirige contre l’ordre nazi avec un talent qui le place aussi bien aux côtés des plus grands caricaturistes comme Daumier que parmi les pionniers des avant-gardes artistiques. Ses œuvres n’ont rien perdu de leur puissance évocatrice et beaucoup d’entre elles ont acquis une valeur de symbole universel de la lutte contre l’oppression.


    Der alte Wahlspruch im « neuen Reich » : Blut und Eisen (La vieille devise du « nouveau Reich » : Sang et fer), John Heartfield, 1934


    Wie im Mittelalter… so im Dritten Reich (Au Moyen Âge… comme dans le Troisième Reich), John Heartfield, 1934

    Le mot « dada », trouvé au hasard dans les pages d’un dictionnaire « ne signifie rien » mais exprime au mieux l’essence du mouvement. Néanmoins, avant la découverte du mot et la création à Zürich du célèbre Cabaret Voltaire, où eurent lieu les principaux événements dada, « l’esprit dada », comme le nomment les critiques, existait déjà à Paris et New York dans les activités de Marcel Duchamp, Francis Picabia, Man Ray ou du poète Jacques Vaché. S’attaquant au rationalisme et aux valeurs du 19e siècle, reflet d’une culture bourgeoise qui conduit au grand carnage de la Première Guerre mondiale, Tristan Tzara, dans son Manifeste Dada 1918, prône le principe de contradiction, le paradoxe, le non-sens, à l’enseigne du mouvement de la vie. Si Dada refuse la logique, ce n’est pas dans un simple cri de révolte qu’il s’exprime, mais par des œuvres d’art, même si elles se donnent comme anti-art. « L’artiste nouveau proteste : il ne peint plus/ reproduction symbolique et illusionniste/ mais crée directement en pierre, bois, fer, étain, des rocs des organismes locomotives pouvant être tournés de tous les côtés par le vent limpide de la sensation momentanée », affirme Tzara dans son Manifeste qui, assumant la contradiction, se dit « contre les manifestes ». Les dadaïstes libèrent l’art de la soumission à un sens préétabli, ils libèrent les matériaux, la langue et toutes les formes d’expression plastique et verbale.

  • Les Projections de Krzysztof Wodiczko

    Les Projections de Krzysztof Wodiczko


    Soldiers and Sailors Memorial Arch, Krzysztof Wodiczko, 1984-1985, New-York

    Krzysztof Wodiczko

    « We have to see the relationship between what is being said and how it’s being transmitted. For people to open up and come closer to those who are conveying difficult truths, it may be easier through a spectacular project. So there is a function of the spectacular here, an artifice that is more acceptable because of its aesthetic quality. »
    (Nous avons à voir la relation entre ce qui est dit et comment il est transmis. Pour les personnes s’ouvrir et se rapprocher de ceux qui trainent des vérités difficiles, c’est peut-être plus facile au travers un projet spectaculaire. Il y a donc une fonction du spectaculaire ici, un artifice qui est plus acceptable en raison de son esthétique de qualité.)

    Ces œuvres témoignent d’un engagement social profond. Il est reconnu pour être un activiste culturel. « Il intervient surtout dans l’espace public pour détourner, modifier et manipuler le message initial établi par les vainqueurs. De cette façon, il choque, dénonce et transforme l’opinion publique. » Il prône une création didactique et critique qui instruit le public. À travers ses projections publiques, véhicules et dispositifs technologiques, il s’intéresse aux droits humains, remet en question la classe dirigeante et tente de donner une voix aux marginaux et aux victimes d’abus.

    Krzysztof Wodiczko utilise la projection pour transformer les monuments et les édifices publics en métaphores axées sur des contradictions de la vie sociale et politique. Dans les années 1980, ses premières projections sont fixes. Elles mettent en évidence la lourde charge historique et politique de monuments symbolisant le pouvoir, la bureaucratie et le triomphe, détournant ainsi la fonction sociale de ces lieux établie par les autorités, qui les présentent comme des attractions culturelles, touristiques et historiques. Ainsi, il invite le public à prendre conscience des réalités qui se cachent derrière ces monuments symboliques. À partir des années 1990, il projette sur des structures urbaines symboliques des images vidéo plutôt que des images fixes. Il commence alors à solliciter la participation des communautés en relation avec les lieux de projections. Il met en parallèle l’aspect statique et monumental des bâtiments avec les témoignages des individus vivant dans l’ombre de ces monuments. (source Wikipédia)

    Projection onto The Hirshhorn Museum, Washington D.C, Krzysztof Wodiczko, 1988
    Projection onto The Hirshhorn Museum, 1988, Washington D.C


    À SAVOIR
    – Méthodologie d’analyse d’œuvre à l’usage des élèves –

    1/ Ce que je vois (et qui saute aux yeux) : Qu’est-ce qui est mis sous mon regard ?
    Une image en couleur sur papier ou projetée. L’ai-je déjà vue ? En reproduction ou de visu ? En ai-je vu une reproduction en noir et blanc ou en couleurs ? Celle-ci me paraît-elle fidèle à l’original ? Quelle est la nature de cette œuvre ? Peinture – sculpture – assemblage – installation – dessin – collage… œuvre composite ? Est-elle présentée en totalité ou partiellement ? Dans quel environnement ? Comporte-t-elle un cadre ? Quelles indications sont-elles fournies ? Légende : son format, son titre, sa datation, la technique ou le procédé utilisés…

    2/ Ce que je perçois : Comment est-ce fait ? Pourquoi ? Qu’est-ce que je comprends ?
    Est-ce une ébauche, une esquisse, une maquette, une œuvre achevée ? Sa matière et les matériaux qui la constituent sont-ils apparents ? Quels sont ses composants plastiques ? S’agit-il d’une composition, d’une organisation d’éléments homogènes ou non, d’une œuvre aléatoire, d’une œuvre éphémère ?
    – S’il s’agit d’une peinture :
    Quel est son degré d’iconicité ? L’œuvre « fait-elle » ou non image ? Quels en sont les rythmes principaux, quel est le rapport entre fond et forme en quantité et en qualité ? Perçoit-on les effets de transparence, de fluidité, d’épaisseur, de recouvrement, d’opacité, d’effacement ? Quels sont les choix chromatiques, la dominante, le registre de valeurs, la lumière (éclairage ou lumière suggérée), l’organisation de I’espace, les bordures, le traitement proprement dit (touche, aplats, modelé, modulations), la gestualité apparente ou non, le dessin (cernes ou sertis, ou absence de graphisme) ?
    – S’il s’agit d’une œuvre tridimensionnelle :
    La photographie se présente-t-elle sur un fond neutre ou non ? Rapport des vides et des pleins, texture… Y a-t-il un socle ? L’œuvre est-elle montrée dans un espace spécifique, in situ, intégrée à un monument ou I’ornant ? A-t-elle une fonction, in situ, dans son contexte muséal… ? Le titre de l’œuvre et la relation titre/sujet. Les effets produits sur le spectateur. Comment sont-ils obtenus ?

    3/ Ce que je sais : (connaissances culturelles et hypothèses)
    Dans quelle période historique s’inscrit l’œuvre ? Dans quels courants artistiques ? Dans quelle période de l’œuvre est-elle peinte, sculptée, gravée… par I’artiste ? À quoi renvoie-t-elle ? Les sources, les prolongements… Si l’œuvre est en relation étroite avec une thématique étudiée ? Quelle est la problématique générale de l’œuvre, celle plus spécifique à I’artiste ? Quelle interprétation raisonnée puis-je en faire ? Quels liens peut-on tisser avec des créations analogues, avec des modes de production différents, voire ceux d’une autre époque ?