PIX est un service public en ligne dont l’objectif est d’évaluer et de certifier le niveau de maîtrise des connaissances et de compétences numériques de chacun tout au long de la vie.
Objectifs de la plateforme
accompagner l’élévation du niveau général de connaissances et de compétences numériques,
préparer la transformation digitale de l’ensemble de notre société et de notre économie.
Les modalités
PIX permet d’apprendre en se testant. Une part importante des épreuves sont conçues sous la forme de défis à relever au cours desquels l’élève développe ses compétences. Les modalités dépassent le cadre habituel des Q.C.M. et privilégient la mesure de compétences à partir d’activités réalisées dans leur environnement numérique réel.
En s’appuyant sur les résultats des épreuves, PIX offrira aussi des recommandations ciblées de formation.
En arts plastiques
Le parcours multi-compétences évaluant les composantes “numériques” du programme d’arts plastiques* contient 19 sujets. Il a une durée approximative de 40 min et est accessible à partir du lien communiqué dans l’ENT.
* Le programme introduit une approche plus spécifique des évolutions des arts plastiques à l’ère du numérique. Toutefois, les apprentissages ne se confondent pas au collège avec un enseignement isolé d’un art numérique. Les professeurs créent les conditions matérielles et didactiques d’un recours au numérique à travers des outils, des supports, des applications accessibles et des pratiques variées. Il s’agit de faire appréhender aux élèves le numérique comme technique, comme instrument, comme matériau qui se manipule et s’interroge dans une intention artistique, et donc non strictement dans des usages plus poussés des logiciels de traitement des images.
Compétences travaillées
Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Dans le cadre de l’EPI Smartphone, (r)évolution, vous présenterez un polyptyque numérique (inspiré par, et non calqué sur, les documents fournis) en vous appuyant sur la notion d’articulation plastique et vous mettrez en évidence les relations assurant la cohérence entre les différents écrans des smartphones nécessairement utilisés.
Définitions
Diptyque : tableau composé de deux panneaux pouvant ou non se rabattre.
Triptyque : ouvrage de trois panneaux mobiles fixés les uns aux autres et superposables.
Polyptyque : tableau formé par un ensemble de panneaux (peints ou sculptés) liés entre eux.
Retable : partie verticale qui porte des décors peints ou sculptés en arrière de la table d’autel d’un édifice religieux.
Écran : Étymologie. 1. a) Dernier quart du 13e siècle, escren – panneau servant à se garantir de l’ardeur d’un foyer ; b) 1538 – tout objet interposé qui dissimule ou protège ; 2. 1857 – châssis tendu de toile dont se servent les peintres pour voiler un excès de lumière ; 3. 1859, optique – tableau blanc sur lequel l’image d’un objet est projetée ; 4. 1895, emprunt au mot néerlandais scherm paravent.
Références
« La juxtaposition de deux fragments de film ressemble plus à leur produit qu’à leur somme. » _ Sergueï EISENSTEIN, Hors-cadre, postface au Cinéma japonais de Nikolaï Kaufman, février 1929 ; Le principe cinématographique et la peinture japonaise, 1930, Les Cahiers de l’Art
Matthias GRÜNEWALD, Le retable d’Issenheim, tempera et huile sur bois de tilleul, 1512 et 1516, Musée Unterlinden, Colmar
Le retable d’Issenheim, consacré à Saint Antoine, provient du couvent des Antonins à Issenheim, au sud de Colmar, où il ornait le maître-autel de l’église de la préceptorerie. Il est l’œuvre de deux grands maîtres allemands du gothique tardif : le peintre Matthias Grünewald, dont il constitue le chef-d’œuvre, pour les panneaux peints (1512-1516) et Nicolas de Haguenau pour la partie sculptée antérieure (autour de 1490).
Le retable est constitué d’un ensemble de plusieurs panneaux peints qui s’articulent autour d’une caisse centrale composée de sculptures.
Ce magnifique et monumental polyptyque se trouve aujourd’hui à Colmar, au musée Unterlinden dont il est la pièce maîtresse et qui lui doit sa renommée internationale. Il est exposé dans une ancienne église, aménagée pour le mettre particulièrement en valeur.
Le retable d’Issenheim comporte des scènes d’une intensité dramatique peu commune, et tout à fait exceptionnelle pour son époque. Le fantastique n’en est pas exclu — ce qui rapprocherait Grünewald de Jérôme BOSCH — ni un maniérisme qui font de cet artiste un génie isolé et presque inclassable.
James ROSENQUIST mit à profit dans son œuvre son savoir-faire de peintre publicitaire (: son sens de l’échelle, de la simplification et de l’impact propre aux images de grand format), profession qu’il exerça jusqu’au début des années 1960.
James ROSENQUIST, President Elect, 1960-1961, huile sur isorel, 228 x 366 cm, Centre Pompidou, Paris
Sa méthode, le montage de fragments figuratifs trouvés parmi l’environnement imprimé le plus quotidien, est largement intuitive et ne nécessite parfois même pas de mise au point préparatoire sur la toile. Il en va ainsi dans le cas de President Elect qu’il exécuta directement à partir du collage sommaire d’un détail d’affiche pour la campagne électorale de John F. Kennedy en 1960 et de deux réclames découpées dans Life, l’une datant de 1954 (pour un gâteau instantané), l’autre de 1949 (pour la nouvelle Chevrolet de cette année-là). De façon significative, Rosenquist transposa en couleur la photo en noir et blanc de Kennedy, et rendit en grisaille le gâteau originellement en couleur, comme si l’un et l’autre avaient échangé leur valeur. Hypothèse que confirment les propos désenchantés de l’intéressé : « Que mettre sur une publicité pour quelqu’un ? Allons donc pour son visage. Et sa promesse, c’était la moitié d’une Chevrolet et un morceau de gâteau rassis. »
Source : extrait du catalogue Collection art contemporain – La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris, Centre Pompidou, 2007
Three Figures in a Room
Titre trompeur que celui de ce triptyque, qui pourrait laisser entendre qu’il renvoie à la représentation de « trois personnages » dans une pièce, donnant ainsi à la scène une dimension narrative. Les trois personnages ne font qu’un. Il s’agit de George Dyer.
Francis BACON, Three Figures in a Room (Trois personnages dans une pièce), 1964, huile sur toile, 198 x 441 cm, Centre Pompidou, Paris
En 1953, avec Three Studies of the Human Head, le triptyque se voit assigner une nouvelle fonction de nature analytique : une mission d’« étude ». Ainsi, il permet la décomposition d’une image perçue selon des angles différents. Dès lors, les trente triptyques peints par Francis Bacon se divisent entre ceux qui restent fidèles à une forme de narration (Tritych Inspired by T. S. Eliot , 1967 ; Triptych in Memory of George Dyer, 1971) et ceux – parmi lesquels la plupart des triptyques de petit format – qui déploient l’image diffractée d’une figure (Three Studies for Portrait of Lucian Freud, 1965 ; Triptych – Studies for the Human Body, 1970). Ces « études » peuvent être vues comme une tentative de redonner poids et consistance à des figures que leur représentation tend à réduire à leur être pictural et pelliculaire.
Source : extrait du catalogue Collection art moderne – La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris, Centre Pompidou, 2007
Sculpture
Pascal KERN mêle les possibilités offertes par la peinture, au moyen d’une pratique photographique, dans l’élaboration d’une œuvre exclusivement orientée vers la problématique du volume et de sa représentation dans l’espace.
Pascal KERN, Sculpture, 1994, diptyque, tirages Cibachrome, encadrement bois
À l’aide d’images photographiques étonnamment frontales, sans arrière-plan, marquées par une saturation extrême, il interroge le champ sculptural autour de ses éléments constitutifs essentiels de plein et de creux, de profondeur et de planéité, de masse et de couleur. Il choisit des matrices ou des moules industriels récupérés ; il les photographie à la chambre, la prise de vue s’effectuant systématiquement à l’échelle 1/1. Le tirage ne faisant ensuite l’objet d’aucune intervention de l’artiste est encadré avec le matériau dont est constitué le sujet (bois si l’objet est en bois, bronze s’il est en bronze…), le cadre perdant alors sa fonction première pour devenir élément à part entière de l’œuvre.
La présentation sous la forme de polyptyque est paradoxalement mise au service d’une réflexion sur la sculpture. Pascal Kern perçoit le moule comme sculpture potentielle, à l’état de latence. Le plein du moule suggère le vide qu’occupera l’objet moulé ; son vide suggérant, à l’inverse, le plein de cet objet en devenir.
Par la permanence du retournement de la forme, par l’omniprésence de l’empreinte, du moule, du négatif et du positif, le photographe est un sculpteur, un sculpteur du sens plus que de la matière, qui met à profit la séduction des images et les divers héritages légués par l’histoire.
Source : dossier pédagogique Collection du FRAC Auvergne | CNAP | Musée d’Art et d’Archéologie d’Aurillac, 2016
Concatenation
Après l’Académie des Beaux-Arts, Donato SANSONE a fréquenté le Centre expérimental de la Cinématographie de Turin. Il a commencé par la vidéo, avec un intérêt particulier pour la logique de l’animation appliquée à la réalité, toujours entre animation et prise de vue réelle avec une tendance à lier son travail à la vidéo d’art.
Durant ses années à l’Animation School, il teste les différents potentiels de l’ordinateur afin d’effectuer de réelles manipulations en composition. Il n’avait jamais rien fait de tel avant.
Donato SANSONE, Concatenation – Super Slowmotion, animation, 1 min, 2020
Depuis, il a réalisé différents projets comme des clips musicaux, des courts métrages, des pubs, des performances… Notamment le très court-métrage Concatenation* en 2020 où il montre une impressionnante réaction en chaîne** où chaque seconde semble mener directement à la suivante. Le montage de cette vidéo expérimentale coud à la perfection les images apparemment déconnectées comme s’il s’agissait d’un seul plan. Pour rendre le collage « réaliste », l’artiste fait un choix judicieux de la juxtaposition des images et un travail remarquable du son qui donne une texture tactile toute particulière à ce que vous regardez.
* Concaténation : enchaînement des idées, des causes et des effets, des éléments d’une suite. ** Une machine de Rube Goldberg est une machine qui réalise une tâche simple d’une manière délibérément complexe à l’aide d’une réaction en chaine. Elle tire son nom du dessinateur américain Rube Goldberg.
La représentation ; images, réalité et fiction : la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Gali May LUCAS et Karoline HINZ, Absorbed by Light, 2019.
Installation réalisée pour le Amsterdam Light Festival.
Dessinez sous la forme d’une planche de BD le récit de votre personnage piégé dans une boucle temporelle*.
#boucle #timeloop #∞
Si la bande dessinée apparaît comme un art séquentiel et de l’ellipse (: ce qui se joue et est suggéré entre deux cases) elle est aussi celui de la construction, de la composition, autant narrative que visuelle. À ce titre, la planche peut être vue comme l’unité permettant de saisir les différents enjeux de l’œuvre.
Quel peut être le temps perçu dans une image ? Comment introduire dans la planche dessinée repensée une forme de temporalité ? D’une manière générale, les choix de composition que vous allez faire, mettent en jeu simultanément, la lisibilité du récit, les plans et représentation(s) de l’espace, le rythme et l’organisation plastique, la répartition du texte et de l’image. L’histoire de la bande dessinée montre une multitude de possibilités, de la norme du gaufrier, de l’image unique à de très nombreuses cases sur une même planche, jusqu’à l’explosion même de celle-ci.
Boucle temporelle
Une boucle temporelle (time loop en anglais) est une forme particulière de voyage dans le temps dans laquelle le futur est rattaché au passé, une certaine période du temps se répétant alors continuellement.
La Journée sans fin, film réalisé par Harold Ramis, avec Bill Murray et sorti en 1993 : après une nuit de sommeil, Phil Connors présentateur météo de la station de télévision fictive Pittsburgh WPBH-TV9, en se réveillant, découvre qu’il revit la journée du 2 février. La journée se déroule exactement comme la précédente sans que quiconque semble conscient de la boucle temporelle, sauf Phil qui se souvient parfaitement des événements qu’il a vécus la « veille ». Chaque matin, il continue de se réveiller à 6 heures le 2 février, le jour de la marmotte.
Looper, film de science-fiction américain écrit et réalisé par Rian Johnson, sorti en 2012. Dans un futur proche, la Mafia a mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Elle expédie ses victimes dans le passé, à notre époque, où des tueurs les éliminent. Un jour, l’un d’entre eux, Joe, découvre que la victime qu’il doit exécuter n’est autre que… lui-même, avec 20 ans de plus. La machine si bien huilée déraille…
All You Need Is Kill (オール ユー ニード イズ キル?) est une nouvelle japonaise de Hiroshi Sakurazaka illustré par Yoshitoshi Abe. Une adaptation en manga, dessinée par Takeshi Obata à partir du chara design de Yoshitoshi ABe et scénarisée par Ryōsuke Takeuchi (ST&RS), est prépubliée par l’éditeur Shūeisha dans son magazine Weekly Young Jump entre janvier et mai 2014. Une adaptation cinématographique, Edge of Tomorrow, réalisée par Doug Liman avec, dans les rôles principaux, Emily Blunt et Tom Cruise, est sortie en juin 2014 dans les salles françaises. La Terre est envahie par des extra-terrestres, les Mimics. Malgré tous les efforts déployés, tout semble perdu. Keiji Kiriya, nouvelle recrue dans l’armée de la Défense des États, participe à sa première bataille et est tué au cours de celle-ci. Mais voilà qu’à sa grande surprise, il se réveille le jour précédant la bataille et se retrouve coincé dans une boucle temporelle…
Dans la mythologie grecque : – Sisyphe, fils d’Éole et d’Énarété, fondateur mythique de Corinthe, est connu pour son châtiment, consistant à pousser une pierre au sommet d’une montagne, d’où elle finit toujours par retomber. – Les Danaïdes, filles du roi Danaos massacrent lors des noces leurs époux. Elles seront jugées puis précipîtées dans le Tatare (les Enfers), où elles sont condamnées à remplir éternellement un tonneau troué. – Tantale, fils de Zeus, est, suite à une punition de son père, condamné à supporter la faim et la soif pour l’éternité.
Ruban de Möbius, 1858, August Ferdinand MÖBIUS (mathématicien)
1877, Émile REYNAUD invente le Praxinoscope, un dispositif qui permet de voir une animation à travers un cylindre à facettes de miroirs, dans lesquelles se reflètent des images peintes. C’est le premier dispositif d’images en mouvement.
Little Nemo in Slumberland, 1905-1914, comic, scénario et dessin de Winsor McCAY
Valérian, agent spatio-temporel : 21 albums depuis 1967, scénario de Pierre CHRISTIN, dessin de Jean-Claude MÉZIÈRES
David HOCKNEY, Gregory Swimming Los Angeles March 31st 1982, polaroids
Un jour sans fin(Groundhog Day), 1993, film de Harold RAMIS
Cours, Lola, cours (Lola rennt), 1998, film de Tom TYKWER
All You Need Is Kill, 2004, manga, scénario de Hiroshi SAKURAZAKA et Ryōsuke TAKEUCHI, dessin de Yoshitoshi ABe et Takeshi OBATA
Edge of Tomorrow , 2014, film de Doug LIMAN
Infinity 8, 2016-2019, série albums et comics, scénario de Lewis TRONDHEIM, ZEP, Olivier VATINE, Fabien VEHLMANN, KRIS, Davy MOURIER, Emmanuel GUIBERT, BOULET, KILLOFER, dessin de Dominique BERTAIL, Olivier VATINE, Olivier BALEZ, Martin TRYSTRAM, Lorenzo De FELICI, Franck BIANCARELLI, BOULET, KILLOFER
Aiôn, 2019, bande dessinée de Ludovic RIO
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Alfred KORZYBSKI (fondateur de la sémantique générale)
Comment rendre compte plastiquement de son itinéraire, de son cheminement dans le territoire entre le domicile et le collège ? Votre réalisation en sera une possible réponse artistique.
Cartes routières, cartes abstraites, la carte est une saisie abstraite du réel, une reconstitution codifiée de l’espace, un espace conçu plus que vécu. Dès lors, par votre réalisation, vous vous interrogerez sur la possible confusion entre ses souvenirs personnels, la réalité et la mémoire collective ; si l’on demande à plusieurs personnes de dessiner un lieu identique qu’elles connaissent, leur réalisation en dira moins sur le lieu que sur elles-mêmes. Qu’est-ce qu’une carte ? Est-ce forcément quelque chose qui renvoie à un référent réel ? Est-ce la même notion en art qu’en géographie ?
De plus, votre réalisation abordera la question de la perception du temps de l’auteur, du spectateur. Comment figurer le temps ? Comment le temps, à travers votre réalisation, peut-il être ressenti, vécu par le spectateur ?
D’autre part, n’oubliez pas qu’Internet et les satellites ont modifié la vision du monde : espace et temps deviennent potentiellement des notions à interroger au regard des technologies.
Topos
Du grec τοπογραφία — topos : « lieu » et graphein : « dessiner ». Étymologiquement, la topographie consiste à représenter graphiquement un lieu.
– Voilà une chose que nous avons apprise de votre pays, dit Mein Herr, faire des cartes. Mais nous en avons poussé l’art beaucoup plus loin que vous. À votre avis, quelle serait la plus grande échelle de carte utile ? – Je dirais un centimètre pour un kilomètre. – Seulement un centimètre ! s’exclama Mein Herr. Nous avons très vite atteint dix mètres pour un kilomètre. Puis nous avons tenté cent mètres pour un kilomètre. Puis vint l’idée grandiose ! Nous avons réellement fabriqué une carte du pays, à l’échelle d’un kilomètre pour un kilomètre ! – Vous vous en êtes beaucoup servie ? demandai-je. – Elle n’a jamais été déroulée, dit Mein Herr ; les fermiers ont protesté : ils ont dit que ça couvrirait tout le pays et que ça cacherait le soleil ! Aussi utilisons-nous le pays lui-même comme sa propre carte, et je vous assure que ça marche aussi bien.
Lewis CARROLL, Sylvie et Bruno, 1893, texte traduit de l’anglais par Fanny Deleuze, Édition du Seuil, 1972
Marie-Pierre DUQUOC, chez l’un l’une l’autre_Schéma 4 : structure et développement, 64 x 45 cm, 01/2008
Références artistiques possibles
Piet MONDRIAN, New York Boogie Woogie, 1943, huile sur toile, 127 x127 cm, MoMA (détail en bandeau). Malgré l’abstraction radicale de ses tableaux, Mondrian a toujours gardé un intérêt très vif pour les structures urbaines et pour la musique et la danse modernes. Les rectangles asymétriques de Broadway Boogie-Woogie correspondent à la mélodie syncopée du boogie-woogie, les petites lignes brisées faisant écho aux cascades d’accords brisés de la base rythmique, mais on peut évidemment ajouter que le plan en damier de New York trouve aussi un écho chez un artiste pour qui le motif de la grille a toujours revêtu une grande importance.
Jasper JOHNS, Map, encaustique, huile et collage sur toile, 1961, MoMA
Mel BOCHNER, Measurement room, à partir de 1969, ruban adhésif noir et lettrage sur mur, dimensions variables
Alighero e BOETTI, Mappa, tissage, série initiée en 1971
Thomas HIRSCHHORN and Marcus STEINWEG, The Map of Friendship between Art and Philosophy, 2007, carton, papier, feuille de plastique, scotch transparent, feutre, impressions, stylo à bille, 240 x 400 cm
Marie-Pierre DUQUOC, Retour _ Passer par… (de la passeuse à la passante), 2008, gommettes, stylo à bille, correcteur, 128 x 90 cm. D’expériences vécues (une recherche d’emploi, un voyage dans un pays étranger), l’artiste cherche à en comprendre les enjeux et le fonctionnement en dressant des listes de mots qu’elle classe ou qu’elle range dans des tableaux, qu’elle relie par des flèches, rapprochant la cause à l’effet, le proche et le lointain, fonctionnant par analogies. Elle traduit graphiquement par des réseaux de fils nos relations avec le monde et les autres. Au bout de ces écheveaux de tracés, on peut trouver des mots rassurants comme peut l’être la toponymie d’une carte géographique (on ne connaît pas l’endroit, mais on connaît son nom). Utilisant toute la panoplie des pictogrammes et des graphiques intelligents, Marie-Pierre Duquoc empreinte à la réalité les outils de rationalisation du travail et des relations humaines. Pourtant, tout se mélange, les signes rivalisent d’hermétisme et le spectateur est finalement confronté à l’incompréhension d’un système dans lequel il lui reste encore la possibilité de se laisser aller à la l’errance. Source CNDP, dossier enseignant cARTographie, 2012-2013
Collectif H5, Logorama, animation récompensée à Cannes en 2009 et aux Oscars en 2010. Ce film recrée une ville entièrement peuplée de marques.
Didier BÉQUILLARD, Plans, 2012, crayon de couleurs
Alain BUBLEX, An American Landscape, 2018, projet, Spectateur assidu du célèbre film First Blood – le 1er opus de la série des Rambo – Alain Bublex y voit la mise en scène de deux héros qui symbolisent l’Amérique : Rambo lui-même et le paysage en arrière-plan. Afin de vérifier cette intuition, il décide de redessiner tous les plans du film en les vidant de l’action qui s’y déroule, pour ne conserver que les paysages, les mouvements de caméra, le montage. On découvre un film d’animation composé de travelings poétiques, mélancoliques et pictorialistes à l’esthétique définitivement bublexienne, rappelant de manière surprenante l’histoire de la peinture américaine.
Au début des années 70, Tony Buzan, un psychologue britannique, à la suite de ses recherches sur l’apprentissage et le cerveau humain, crée une méthode d’organisation des idées : le schéma heuristique, encore appelé mind map ou carte mentale. Cette carte est un graphique représentant des idées, des tâches, des mots clés, des concepts liés entre eux autour d’un sujet central. Il s’agit d’une représentation non linéaire permettant d’organiser ses idées de façon plus intuitive autour d’un thème d’étude.
La carte mentale permet de :
faire simultanément travailler l’imagination et la logique,
comprendre plus rapidement une situation, de clarifier un problème complexe,
établir des liens entre des idées,
capter promptement des informations par l’ajout de couleurs, de visuels,
mémoriser et de restituer l’information,
travailler en équipe à l’aide d’un support compris par tous.
La carte est en constante évolution. Sa structure peut à chaque instant être réaménagée et/ou enrichie de nouvelles idées qui viennent constamment à l’esprit.
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation – la narration visuelle.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
« L’art vise à imprimer en nous des sentiments plutôt qu’à les exprimer. »
Henri Bergson
Proposez un dessin en perspective d’un environnement* immersif, dans lequel le spectateur serait amené à vivre une expérience artistique (ex : ressentir un sentiment, une émotion, se questionner sur…). Votre réalisation graphique détaille autant que possible votre projet.
Les questions suivantes peuvent vous aider à orienter votre création : – En quoi l’immersion est-elle source d’une expérience esthétique singulière ? – En quoi l’action ou l’interaction du spectateur dans l’œuvre modifient-elles la réception de celle-ci et ainsi l’expérience ? – Quelles sont les différentes caractéristiques de votre environnement immersif ? – Quelle différence faites-vous entre un environnement, une installation et une sculpture ?
*Le terme environnement est utilisé depuis la fin des années 50 pour des œuvres en trois dimensions dans lesquelles le spectateur peut être invité à entrer. Transposition de l’espace scénique du tableau à celui de la réalité. Les artistes du Pop Art ont été les pionniers en la matière (Rauschenberg, Dine, Kienholz…). Mais le principal initiateur reste Edward Kienholz, qui reconstitue en faux » tableaux vivants » de façon outrée, les aspects sordides de la société américaine contemporaine. À partir des années 60-70 se développe ce type d’accroche avec les variations les plus larges possibles et le terme s’applique désormais à tout travail remplissant plus ou moins l’espace et conçu comme un tout, qu’il soit in situ ou non.
L’installation, quant à elle, parcourt l’art du 20e siècle. Elle témoigne au fil du siècle l’évolution de l’art en y intégrant les acquis que les successives avant-gardes apportèrent : décloisonnement des disciplines artistiques, assemblage de matériaux hétéroclites et para-artistiques, fuite des lieux institutionnels, participation active du spectateur, indétermination et nouvelle temporalité. Aujourd’hui l’installation – croisement de peinture, sculpture, architecture et audiovisuel – est le lieu de réflexion sur le cadre où l’art se manifeste, lieu des implications formelles symboliques et idéologiques que cet espace joue dans la réception de l’œuvre, interrogeant ainsi les codes qui conditionnent les relations entre art et spectateurs.
L’œuvre se présente dans le même espace que celui du spectateur, convié à une expérience non plus seulement visuelle mais de tous les sens.
Le principe de la perspective linéaire se développe au début du 15e siècle, dans le milieu intellectuel et artistique de Florence. Cette invention est attribuée aux Florentins Leon Battista Alberti, architecte, artiste et homme de lettres et Philippo Brunelleschi, architecte et sculpteur.
La perspective linéaire (également appelée perspective conique ou centrale ou albertienne) est la forme la plus générale de la projection des volumes sur une surface. Les techniques de dessin utilisées s’appuient sur les propriétés mathématiques de la projection centrale de l’espace sur un plan.
Pour sa construction, l’artiste effectue la construction à la règle et au compas ou calcule la position des lignes principales, et si nécessaire de chaque point de l’espace, connaissant le point d’observation du sujet, le point d’observation du tableau et les dimensions de celui-ci. Les droites reliant l’œil de l’observateur aux contours d’un objet forment un cône, qui doit être géométriquement semblable à celui qui relie l’œil du spectateur au contour de la représentation dans le tableau. L’image d’une droite du sujet est une droite.
Les principes issus de la Renaissance artistique supposent que le spectateur regarde le sujet à travers une fenêtre, ouverture verticale homologue au cadre du tableau, et que son œil est centré horizontalement. Cette convention permet de simplifier les constructions.
Les deux tutoriels présentés ci-après ont pour objectif de vous présenter des exemples et non des modèles.
Exemple de perspective centrale
Hans Vredeman de Vries est un peintre et un architecte dont la place essentielle dans la Renaissance flamande tient à l’usage systématique qu’il fit de la perspective linéaire, selon les techniques géométriques italiennes. Autres exemples de perspective centrale : 1 – 2
Piero Della FRANCESCA ou Luciano LAURANA ou Francesco Di GIORGIO ou Melozzo de FORLI, La Cité idéale, 1475-1490, tempera sur panneau, 67,7 x 239,4 cm, Galleria Nazionale delle Marche, Urbino. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cité_idéale_(Urbino)
Johan THURFJELL, Do you have the shine ? 2003, vidéo, 5’45 (captures d’écran dans le bandeau)
Veronica JANSSENS, Red, Blue & Yellow, 2001 La pratique artistique d’Ann Veronica JANSSENS pourrait se définir comme une recherche basée sur l’expérience sensorielle. Par divers types de dispositifs (installations, projections, environnements immersifs, interventions urbaines, sculptures), Ann Veronica Janssens invite le spectateur à franchir le seuil d’un espace sensitif nouveau. Spatialisation et diffusion de lumière, rayonnement de la couleur, impulsions stroboscopiques, brouillards artificiels, surfaces réfléchissantes ou diaphanes sont autant de moyens lui permettant de révéler l’instabilité de notre perception du temps et de l’espace. Les propriétés des matériaux (brillance, légèreté, transparence, fluidité) ou les phénomènes physiques (réflexion, réfraction, perspective, équilibre, ondes) sont ici questionnés avec rigueur dans leur capacité à faire vaciller la notion même de matérialité. Source Wikipédia
Yayoi KUSAMA, Dots Obsession, 1998 (ci-dessous)
Christa SOMMERER & Laurent MIGNONNEAU, Trans Plant, 1995
Char DAVIES, Osmose, 1995 Osmose is an immersive interactive virtual-reality environment installation with 3D computer graphics and interactive 3D sound, a head-mounted display and real-time motion tracking based on breathing and balance. Osmose is a space for exploring the perceptual interplay between self and world, i.e., a place for facilitating awareness of one’s own self as consciousness embodied in enveloping space.
Chiharu SHIOTA, During Sleep, 2002, Installation, Kunstmuseum Luzern, Suisse
Ernesto NETO, Celula Nave, 2004, Installation, Museum Boijmans Van Beuningen, Hollande
Anish KAPOOR, Leviathan, 2011, Monumenta, Paris. L’œuvre est une sculpture monumentale en PVC rouge gonflé, de 12 tonnes, d’une hauteur maximale de 35 m et d’un volume de 72 000 m3. La sculpture est composée de quatre espaces de forme sphérique ou ovoïde. Un seul de ces espaces est accessible au public, les trois autres sont seulement accessibles au regard. Les visiteurs pénètrent tout d’abord à l’intérieur de la sculpture, éclairée de l’extérieur. En en sortant, ils ont la possibilité de la découvrir de l’extérieur, dans la nef du Grand Palais. (source Wikipédia)
Do Ho SUH, Apt. A, Corridors and Staircases, 348 West 22nd Street, New York NY 10011, USA, 2011-2012, 2015, 974 x 168 x 1163 cm, Installation, 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa, Japon
Do Ho SUH, Apt. A, Corridors and Staircases, 348 West 22nd Street, New York NY 10011, USA, 2011-2012, 2015
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Dessinez une ville délirante en utilisant la perspective isométrique.
#isometric #pixelart
La perspective isométrique est une méthode de représentation en perspective dans laquelle les trois directions de l’espace sont représentées avec la même importance, d’où le terme (: le préfixe iso signifie égal).
Un certain nombre de jeux vidéo mettant en œuvre des personnages utilisent une vue objective en perspective isométrique (rapport 2:1) ; on parle souvent, dans ce domaine, de perspective ¾. D’un point de vue pratique, cela permet de déplacer les éléments graphiques (sprites) sans en changer la taille, ce qui était indispensable lorsque les ordinateurs étaient peu puissants, et présente toujours un grand intérêt pour les consoles de poche. Source Wikipédia
Références artistiques
Croquis et maquette 3D de la Maison d’artiste de Theo Van Doesburg
Piero Della FRANCESCA ou Luciano LAURANA ou Francesco Di GIORGIO ou Melozzo de FORLI, La Cité idéale, 1475-1490, tempera sur panneau, 67,7 x 239,4 cm, Galleria Nazionale delle Marche, Urbino. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cité_idéale_(Urbino)
La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.
Compétences
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
À partir d’une des 12 figures géométriques (cf. planche) utilisée dans un dispositif que vous aurez au préalable conçu, vous créerez un vaste espace bi ou tridimensionnel.
#module #pattern #dispositif
Méthodologie
Reproduisez plusieurs fois la figure choisie sur un support cartonné à l’échelle de votre choix puis découpez les formes tracées et assemblez-les afin de donner à voir au spectateur un espace démesuré. Tous les moyens choisis (pour leurs effets) et la manière dont vous présenter la réalisation concourent à la compréhension de votre production plastique. Temps estimé pour la réalisation : 60 min.
Questionnement
Comment construire un espace par répétition d’une unique forme ? Dans quelle mesure, la présentation change-t-elle la perception de l’œuvre ? Quelle est la place donnée au spectateur au sein du dispositif de présentation ?
Dispositif : manière dont estdisposé l’ensemble des éléments en vue d’un objectif précis. En art, le dispositif de présentation est l’ensemble des composantes de toutes natures (spatial, temporelle, matérielle, etc.) choisies dans le but de présenter l’œuvre au regard du spectateur.
Espace en deux dimensions ou bidimensionnel : Ici, on parle de l’espace littéral de la feuille de papier ou d’espace plan. C’est l’espace physique (réel) offert par le support brut. Cet espace limité possède des dimensions et une matérialité propres. Sur ce support, il est possible de donner l’illusion de la tridimensionnalité (espace suggéré) donc de représenter quelque chose en volume. L’espace suggéré est ainsi la profondeur représentée sur un support plan (papier, toile…) par différents moyens comme la perspective ou la succession des plans. Il peut également donner l’illusion que ces volumes (des corps ou des objets) se trouvent à différents endroits dans cet espace suggéré.
Espace en trois dimensions ou tridimensionnel : L’espace en trois dimensions est physiquement bien réel et les sculpteurs sont confrontés aux rapports de leurs œuvres avec cet espace. Il en est de même pour les architectes. Source Comment savoir si c’est de l’art ou pas ? Fabrice Wateau, Éd. Belin
Enjeu
Dans cette séance, vous allez donner à voir un espace vaste élaboré à partir d’une seule forme. L’objectif est d’exploiter des moyens plastiques, afin de créer la vaste étendue de cet espace bi ou tridimensionnel. Grâce aux références proposées, vous aborderez les notions d’espace littéral & d’espace suggéré.
Références artistiques
Josef ALBERS, Preface from the series Graphic Tectonic, 1942, lithographie, 48,2 x 59,9 cm
Frank STELLA, Mas o Menos (Plus ou moins, Running V Paintings), 1964, poudre métallique dans émulsion acrylique sur toile, 300 x 418 cm
Robert MORRIS, Untitled (L-Beams), 1965, à l’origine en contreplaqué, versions ultérieures en fibre de verre et en acier inoxydable, 243 x 243 60 cm
Claude VIALLAT, Sans titre, 1966, empreintes (formes en réserve ou reprises) sur toile métis libre, colorants et gélatine sur toile métis recto-verso, 214 x 257 cm. 1966 est l’année où Claude Viallat décide de travailler systématiquement avec une seule forme – sorte d’osselet – ne faisant référence ni à la géométrie ni à la réalité et qui devient dès lors sa marque.
François ROUAN, Éclatements, collage, blanc, noir et rose, 1967, papiers découpés et collés 110 x 79 cm
Niele TORONI, Empreintes de pinceau n°50 répétées à intervalles réguliers (30 cm), 1973, peinture glycérophtalique sur toile, 100 x 100 cm
Simon HANTAÏ, Tabula, 1980, huile et acrylique sur toile, 285,6 x 454,5 cm. Les Tabulas sont les dernières peintures réalisées par Hantaï, de 1973-74 à 1982. De très grand format, elles sont composées grâce à un pliage orthogonal fixé par un système de nouage. Une fois dépliées, elles présentent un réseaude carrés ou de rectangles d’une seule couleur, imprégnée de manière irrégulière, faisant vibrer la lumière sur la toile. http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Hantai/
Donald JUDD, Untitled, 1980, sculpture, acier inoxydable, aluminium anodisé rouge, 457,2 x 101,6 x 78,7 cm
Sol LEWITT, 1 2 3 4 5 (Vertical), 1981, métal peint, 87,6 x 29,5 x 29,5 cm. L’œuvre fait partie d’un ensemble d’œuvres fondées sur la disposition changeante de cubes modulaires qui s’assemblent pour former des structures géométriques.
Daniel BUREN, La Cabane éclatée deux fois, mars-décembre 1991, travail situé au Musée d’art moderne de Saint-Étienne
Yayoi KUSAMA, Dots Obsession – Infinity Mirrored Room, 1998, installation, peinture, miroirs, ballons, adhésifs, hélium 600 x 600 x 280 cm
Tadashi KAWAMATA, Gandamaison, 2008, installation de 5000 cagettes au Centre Maréchalerie d’art contemporain, Versailles
Willi DORNER, Bodies Urban Space, performance, Berlin, le 22 août 2009
Claire MORGAN,If you go down to the woods today, 2014, cerf (taxidermie), papillons, polyéthylène, nylon, plomb, acrylique, 300 x 300 x 250 cm
Tron: Legacy, réalisateur : Joseph KOSINSKI, producteur Walt Disney, 2010, film
Antony GORMLEY, Matrix II, 2014, sculpture, fer à béton en acier de 6 mm, 5 x 5 x 15 m. Constituée de seize volumes remplissant l’espace de la pièce et disposés autour d’un volume équivalent à la place occupée par deux corps debout côte à côte, la sculpture déstabilise tout à la fois par l’impression de fragilité de son maillage, la force de son gigantisme, la vibration qu’elle impose à l’œil et la confusion créée entre l’avant-plan et l’arrière-plan.
Antony GORMLEY, Matrix II, 2014
Questionnement(s) :
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
La Révolution industrielle puis le développement de la Société de consommation depuis les années 50 ont influencé de nombreux artistes par la multiplicité des objets produits, par leurs matériaux, par leur emballage, par leur publicité, le désir et le culte qu’ils suscitent, mais également par leur obsolescence, par leur surproduction et la raréfaction des matières premières, par les délocalisations industrielles qu’ils occasionnent, par leur problème de stockage en tant que déchets et de recyclage. Dès lors les artistes ont collecté, classé et présenté des objets du quotidien tels quels, ou parfois, modifiés ou détournés leur octroyant ainsi le statut d’œuvre d’art.
Constituez une collection de petits objets fabriqués ou récoltés par vos soins. Vous exposerez et photographierez cette collection. Mais faites attention : exposer, c’est choisir en fonction d’un propos. C’est prendre parti, construire un discours. Il convient de penser l’exposition en fonction de ce qu’elle est, à savoir une véritable création.
Cabinet de curiosités : lieu où étaient entreposés et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût pour l’hétéroclisme et l’inédit.
Collection : réunion d’objets ayant un intérêt esthétique, scientifique, historique, ou une valeur provenant de leur rareté.
Inventaire : dénombrement, comptage, liste.
Musée : établissement où l’on conserve et expose des objets dignes d’intérêt, notamment des œuvres d’art.
Objet : (du latin objectum, 1361), entité (chose) définie dans un espace à trois dimensions, soit naturelle, soit fabriquée par l’homme (un artefact ou un produit de fabrication industrielle), qui a une fonction précise, désignable par une étiquette verbale (un nom).
Pinacothèque : musée exposant des œuvres picturales (peintures).
Série : ensemble ou suite d’éléments de même nature ou possédant des points communs.
Typologie : démarche méthodique consistant à définir ou étudier un ensemble de types, afin de faciliter l’analyse, la classification et l’étude de réalités complexes.
Références artistiques possibles
Johann Georg HINZ, Le cabinet de curiosités, 1666, 115 x 93 cm, Kunsthalle, Hambourg, Allemagne
Domenico REMPS, Trompe-l’œil (Cabinet de curiosités), 1690, huile sur toile, 98,5 x 135 cm, Optificio delle Pietre Dure, Florence, Italie
Jacques DAGUERRE, Composition avec fossiles et coquillages, daguerréotype : (procédé photographique sur métal), 1837-1839
Alphonse BERTILLON, Tableau synoptique d’oreilles, service d’identification de la Préfecture de Police, photographies, 1880
Catalogue Manufrance (Manufacture française d’armes et cycles de Saint-Étienne), 1885-1985
Marcel DUCHAMP, La boîte-en-valise, 1936-1941/1968, boîte en carton recouverte de cuir rouge contenant des répliques miniatures d’œuvres, 69 photos, fac-similés ou reproductions de tableaux collées sur chemise noire, 40 x 37,5 x 8,2 cm, boîte déployée pour présentation : env. 102 x 90 x 39,5 cm
Ben VAUTIER, Le Magasin de Ben, 1958-1972, matériaux divers, 350 x 500 x 350 cm, Musée National d’Art Moderne, Paris – https://www.centrepompidou.fr/
ARMAN, Home Sweet Home, 1960, accumulation de masques à gaz dans une boîte sous plexiglas, 160 x 140 x 20 cm
Claes OLDENBURG, Pastry Case I, 1961-62, sculptures en plâtre peint, vaisselle en céramique, verre et métal, vitrine au cadre métallique et plaques de verre, 52,7 x 76,5 x 37,3 cm, MoMA, New-York https://www.moma.org/collection/works/81721
Christian BOLTANSKI, Vitrine de référence, 1971, boîte en bois peinte sous plexiglas, bois, plexiglas, photos, cheveux, tissus, papier, terre, fil de fer, 59,6 x 120 x 12,4 cm Christian Boltanski expose des objets personnels comme des reliques ou des éléments issus de fouilles archéologiques témoignant de civilisations perdues. Avec ces œuvres, il parodie notamment le Musée de l’Homme, lequel, dit-il, l’a beaucoup marqué : on y voit, dans des vitrines un peu poussiéreuses, des objets à l’origine sans vocation esthétique, des objets qui sont des documents plutôt que des œuvres, des objets auxquels le musée a retiré leur valeur d’usage.
Hilla et Bernd BECHER, Châteaux d’eau, 1970-1998, 15 photographies noir et blanc, tirages argentiques, 40 x 30 cm
Allan Mc COLLUM, Over Ten Thousand Individual Works, 1987-1989 10 000 objets produits en série mais tous uniques à partir de moules d’objets ménagers en caoutchouc combinés, acrylique sur hydrocal (mélange de plâtre et ciment).
Damien HIRST, Enemy, Medecine Cabinet, 1988-89, verre, bois mélaminé peint, ramin (bois tropical), plastique, aluminium, emballage pharmaceutique, 137,2 x 101,6 x 22,9 cm
Annettes MESSAGER, Mes vœux, 1989, installation murale en ovale de photographies noir et blanc, 263 épreuves gélatino-argentiques encadrées sous verre maintenu par un papier adhésif noir et suspendues au mur par de longues ficelles, 320 x 160 cm, Centre Pompidou, Paris Avec cette œuvre, composée de dizaines de photographies de détails de corps, Annette Messager met en scène une identité fragmentée, qui se décompose et se recompose comme les éclats d’un kaléidoscope. Bien qu’elle fasse référence au vocabulaire du minimalisme, par la forme simple dans laquelle s’inscrit cet ensemble comme par le choix du noir et blanc, l’image qui en résulte, comme suspendue par une multitude de longues ficelles apparentes, rappelle plutôt les ex-voto.
Tony CRAGG, Cumulus, 1998, récipients en verre sablé, sur étagères en verre soutenues par un noyau de briques, 265 x 120 x 120 cm, Tate Britain, Londres
Andreas GURSKY, 99 Cent Store (Magasin), 1999, photographie, épreuve chromogène, 206,5 x 337 x 5,8 cm L’intérieur d’un supermarché américain, dans lequel tout est proposé au prix unique de 99 ¢, est prétexte à restituer la profusion des petites surfaces colorées des produits bien alignés dans un parfait ordonnancement au chatoiement exceptionnel.
Thomas HIRSCHHORN, Outgrowth (Excroissance), 2005, bois, plastique, papier, ruban adhésif, Bulle Pack, 374 x 644 x 46 cm, MNAM, Paris 131 globes terrestres avec excroissances attirent l’attention sur des faits dramatiques d’actualité évoqués par quelques photos, posés sur 7 étagères murales avec coupures de presse.
Jean-Luc VILMOUTH, Masques 3, ustensiles de maison, Fiac 2007, Grand Palais, Paris
Jim GOLDEN, Collection de matériel photographique, (série Arranged Collections), 2012, photographie couleur de collection d’objets prêtés et classés, image en bandeau https://jimgoldenstudio.com
Questionnement(s) :
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les représentations et statuts de l’objet en art.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Peindre, dessiner, découper, coller, recomposer, rajouter, supprimer, mettre en scène, rejouer… Faites vôtre l’œuvre en référence ! Vous détournerez Narcisse du CARAVAGE de son sens premier (le mythe) vers une nouvelle signification plus personnelle.
LE CARAVAGE, Narcisse, 1598-1599, huile sur toile, 110 x 92 cm, Galerie nationale d’art ancien, Palais Barberini, Rome
« Un jour, après la chasse, le jeune homme veut se désaltérer à une source d’eau pure, et s’éprend de son propre reflet dans l’eau. Éperdument amoureux de l’être qu’il aperçoit, il tente désespérément de saisir sa propre image, incapable de s’arracher à sa propre contemplation. »
Ovide, Métamorphoses, livre III (légendes thébaines)
Narcisse est un jeune homme fou amoureux de son image reflétée dans l’eau, il ne survivra pas à cet amour… Dans cette interprétation picturale, Narcisse se contemple effectivement dans l’eau, à genoux, les bras ouverts marquant les bords droit et gauche du tableau, en une composition formant un cercle avec son reflet en double inversé et dont un genou marque le centre : son genou joue un rôle de pivot dans cette composition élaborée. Bien que le mythe de Narcisse soit très ancien, les habits du personnage correspondent plutôt à l’époque du peintre qu’à l’Antiquité. Caravage s’oppose ainsi à ses prédécesseurs en faisant de Narcisse un contemporain.
John William Waterhouse, Echo and Narcissus, 1903, huile sur toile, 109,2 cm x 189,2 cm
Appropriation vs détournement
L’appropriation, c’est le fait de rendre quelque chose propre à quelqu’un. « Propre », c’est-à-dire à soi, comme dans « propriété », mais aussi « approprié » comme convenable, c’est-à-dire adapté à soi. S’approprier quelque chose, c’est d’abord le prendre puis le faire sien en lui ménageant une place dans son monde, en ayant un usage, souvent exclusif, voire excluant, en le gardant, quelque part avec ou en soi. Opérer un détournement est une action encore plus volontaire, qui est souvent réprouvée car jugée illégitime : détournements d’avion, de fonds publics, de mineurs… Il n’y a guère que le détournement d’un cour d’eau ou de la circulation qui puissent paraître légitimes. Mais, quoi qu’il en soit, cette action « détourne du droit chemin », au propre comme au figuré, et dirige ce qui a été détourné dans un sens qui n’était pas prévu, ou souhaité, initialement. En art, les termes s’appliquent en général à la démarche d’artistes qui se sont appropriés des objets (ou des idées) et les ont détournés de leur fonctions. Soit pour leur donner une valeur artistique qu’ils n’avaient pas avant. Soit pour faire évoluer leur valeur artistique, par exemple quand un artiste s’appuie sur une œuvre antérieure pour élaborer son œuvre. Source Ludovia #12 – Célio Paillard, 2015
18 propositions inspirées de La Baigneuse de Valpinçon (de gauche à droite, de haut en bas)
Jean-Auguste-Dominique INGRES, La Baigneuse de Valpinçon, 1808, huile sur toile, 146 x 97 cm, Musée du Louvre, Paris
Jean-Auguste-Dominique INGRES, La petite baigneuse, huile sur toile, 1828, 35 x 27 cm, Musée du Louvre, Paris
Jean-Auguste-Dominique INGRES, Le bain turc, 1862, huile Toile marouflée sur bois, 108 x 108 cm, Musée du Louvre, Paris
Armand Cambon, Galel, 1864, huile sur toile, 189 x 105 cm, Musée Iingres Bourdelle, Montauban
Man RAY, Le Violon d’Ingres, 1924, photographie, Musée national d’Art moderne, Paris
Hans Peter FELDMANN, Untitled (Alte Meister), 1978, lithographie colorée à la main
Jean-Luc, GODARD, Passion, 1982, film français, 88 min
Joel-Peter WITKIN, La Femme qui fut un oiseau, 1990, photographie « Je fis la rencontre de celle qui devint la Femme qui fut oiseau à New York. Elle assistait à un congrès d’adorateurs du corps, dénommé : s’habiller pour le plaisir. Je me sentais déplacé dans cette réunion puisque je n’étais vêtu ni de vinyle ni de latex. Mais j’oubliai vite mon malaise en voyant cette créature décrocher le prix du concours tailles fines et corsets. Lorsqu’elle et moi échangeâmes nos cartes, je lui promis une photographie qui mettrait en évidence sa taille de quarante centimètres. Elle s’engagea à poser nue. En préparant la prise de vue, je réalisai que ce modèle à la taille si fine serait encore plus mystérieux vu de dos. La montrer sans cheveux la rendrait grotesque. Le Violon d’Ingres de Man Ray me guida. En notre époque postromantique, ces deux clés de fa que le surréaliste appliqua sur Kiki, son modèle, pourraient devenir deux blessures, traces des ailes de la liberté qu’on lui aurait arrachées. Man Ray montre Kiki coiffée d’un turban de sérail comme un être irréel. Mon modèle est une prison de chair. » JP WITKIN
Dany LERICHE, Ayaba, 1992, impression, diptyque, 186 x 133 and 186 x 30 cm
YVES-SAINT-LAURENT, affiche publicitaire, 1999
Valery KOSHLYAKOV, Baigneuse de Valpincon, 2004-08, plastique, carton et scotch d’emballage
Stéphane LALLEMAND, La Baigneuse, 2007, photographie,
Kristyna and Marek MILDE, Valpinçon Bather after Ingres, 2008, photographie
Miryan KLEIN, Le Violon d’Ingres II, photographie, bulle, résine, 2009
Jean-Luc MOERMAN, Sans titre (Epiphyte), 2011, encre sur papier, 130 x 100 cm
Elizabeth KLEINVELD, Ode to Ingres’ Valpincon Bather, 2012, photographie
MISS TIC, Femmes passives, femmes faciles elles ont bon dos, 2014, street-art, pochoir
@rosesparrow, Remake Violon d’Ingres, tatouage
Références artistiques
Man RAY, Le Violon d’Ingres (d’après La Baigneuse de Valpinçon d’INGRES), 1924, photographie, Musée national d’Art moderne, Paris La photographie nous montre Kiki de Montparnasse, alors la maîtresse de Man Ray, avec ses bras croisés si loin devant elle que son dos ressemble à la table d’un violon. Cette association est encore accentuée par les deux ouïes qui ont été rajoutées après coup à l’aide d’un pochoir. Cette photographie qui a été publiée en 1924 dans la revue Littérature était parmi les premières images qui ont apportées la preuve que le procédé photographique, apparemment lié pour toujours au réalisme, était suffisamment souple pour réaliser des images surréalistes. Source Centre Pompidou
Salvator DALÍ, Métamorphose de Narcisse, 1937, huile sur toile, 51,2 cm x 78,1 cm, Tate Modern, London
Joel-Peter WITKIN, Las Meninas(Self-Portrait after Velázquez), 1987, photographie, https://www.museoreinasofia.es/
PIERRE et GILLES, Sainte-Agathe, 1989, photographie peinte
Douglas GORDON, 24 Hour Psycho (à partir du film Psycho d’Alfred HITCHCOCK), 1993, installation vidéo, 24h
Douglas GORDON, Self Portrait as Kurt Cobain as Andy Warhol as Myra Hindley as Marilyn Monroe, 1996, photographie colorée à la main
Vik MUNIZ, Double Mona Lisa after Warhol (Peanut Butter + Jelly), 1999, cibachrome
Marcos LÓPEZ, Asado en Mendiolaza, Córdoba (d’après la Cène de Léonard DE VINCI), 2001, photographie
Julie HOLCOMBE, Self as Narcissus (d’après LE CARAVAGE) 2003, C-print, 114 x 110 cm
Julie HOLCOMBE, Babel Revisited (d’après La Tour de Babel de Brueghel l’Ancien, 1563), 2004, C-print, 110 x 114 cm
Idris KHAN, Every… Bernd and Hilla Becher Gable Side Houses, 2004, photographie
Vik MUNIZ, Narcissus, after Caravaggio, 2005, cibachrome Vik Muniz sonde la nature et les traditions de la création d’images en utilisant des matériaux improbables pour créer des images avant finalement d’être prise en photo. La série Pictures of Junk est construite sur des peintures de dieux ou héros de la mythologie classique des maîtres anciens. Sur cette photographie, inspirée du célèbre tableau du Caravage, le héros grec Narcisse regarde son reflet dans une mare d’eau, absorbé par sa propre beauté. L’image, assemblée sur le sol d’un hangar de la taille d’un terrain de basket à la périphérie de Rio de Janeiro, est composée de décombres industriels tels que des écrous, des boulons, des bouchons de bouteilles, des canettes de soda, des pneus jetés, des brouettes, des panneaux rouillés, une voiture portes et ferraille. Vik Muniz a dirigé ses assistants – des étudiants en art des quartiers pauvres à proximité – à partir d’une plate-forme à quarante pieds au-dessus du sol. Cette traduction fantaisiste d’une image vénérable en matériaux improbables est encore plus compliquée qu’il n’y paraît à première vue.
Corinne VIONNET, Photo Opportunities, à partir de 2005, photographies
Charle WHITE, David (Everything is American), 2005, photographie
Bernard PRAS, La Vague (d’après HOKUSAI), 2007, anamorphose photographique
Gérard RANCINAN, The Big Supper (d’après la Cène de Léonard DE VINCI), 2008, photographie
Bernard ARCE, Narcissus – Trapped in Carravaggio, 2011, vidéo
Marcos VILARIÑO, The Steerage after Alfred Stieglitz1907, photographie, figurines Lego
Richard UNGLIK, Le radeau de la Méduse (d’après Théodore GÉRICAULT, 1819), photographie de figurines Playmobil, exposition « L’Histoire en Playmobil », Espace Richaud, Versailles, 2019, détail en bandeau
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine