Catégorie : Mouvements artistiques

  • Hyperréalisme

    Hyperréalisme

    États-Unis, 1965-70

    Photorealism ou Superrealism, en français, hyperréalisme désigne un mouvement apparu aux États-Unis en 1965. Les artistes cherchent à reproduire la réalité du corps, des paysages, avec la même précision que la photographie…

    Chuck Close, John De Andrea, Richard Estes, Malcolm Morley.
    *Autoportrait (détail), Jean Olivier Hucleux, 1985

  • Internationale Situationniste

    Internationale Situationniste

    1957-72

    L’Internationnale Situationniste, dont les membres originels sont issus de CoBrA et de l’Internetionale Lettriste et du Comité Psychogéographique de Londres, dépasse très rapidement la notion d’art pour concentrer son action sur la théorie sociale et subversive. Les situationnistes cherchent à bouleverser l’esthétique et au-delà de l’esthétique tout comportement. Ils s’intéressent plus particulièrement à la politique, à la critique des moeurs et des rapports sociaux… leur cible étant la société capitaliste.

    Guy Debord.

  • Land Art

    Land Art

    1970

    Le Land Art propose une action à la fois monumentale, minimale et conceptuelle, du traitement artistique du paysage. Les artistes interviennent sur ou dans le paysage et le modifient de manière provisoire ou durable. Ils veulent établir une communication intime avec la nature, éloigner l’art des musées et des galeries. Ils s’inspirent des sites archéologiques et sacrés. Certains ajoutent à leurs oeuvres des éléments étrangers, d’autres se contentent d’utiliser les matériaux existants. La photo, la vidéo et le dessin sont employés pour témoigner, pour garder trace, des oeuvres réalisées.

    Christo, Walter De Maria, Michael Heizer, Richard Long, Robert Smithson.
    *Spiral Jetty, Robert Smithson, 1970, Grand Lac Salé, Salt Lake City, Utah

  • Mail Art

    Mail Art

    N.Y. Correspondence School of art, 1962

    Le Mail Art recouvre toutes les productions d’artistes qui utilisent la Poste depuis les Futuristes et les Avant-gardes (: pour l’essentiel collages et cartes postales) et qui incitent à une réflexion sur la communication. Ces envois postaux échangent des messages et des objets très divers : lettres, télégrammes, poèmes, collages, objets modifiés…

    *Carte postale de Plonk & Replonk

  • Mec’Art

    Mec’Art

    Europe, 1965

    Le Mec’art (: Mechanical Art) désigne un courant apparu en 1963 en Europe, consacré en 1965 par l’exposition « Hommage à Nicéphore Niepce » à la galerie J. Les oeuvres présentées utilisent les procédés photographiques de report de clichés sur supports variés (toile ou plaque émulsionnée, papier…) par l’intermédiaire de techniques mécaniques de reproduction. Ces clichés sont tirés de magazines, images publicitaires, images de reportage…

    *Le Déjeuner sur l’herbe (détail), Alain Jacquet, 1964

    Nicéphore Niepce (1765-1833) : inventeur de la photographie, 1816-1824

  • Merz

    Merz

    Europe, 1919

    Merz

    Mot inventé par Schwitters pour désigner sa création à partir de 1919. Comme dans sa pratique du collage, l’artiste s’est servi d’une partie du mot « Kommerz », dont il n’expliqua jamais le choix sinon en indiquant qu’il fut tout à fait arbitraire. Le courant artistique ainsi désigné n’est illustré que par un seul artiste : Schwitters lui-même. À l’instar des dadaïstes zurichois avec « Dada », Schwitters, avec cette syllabe sans aucune signification directe, refuse les dénominations stylistiques formalistes et se situe d’emblée dans un autre ordre d’idées – celui de la création intuitive moderne. Ce pas important dans sa création a lieu en 1919, moment où il commence à exposer des collages et des assemblages à Berlin. Le premier manifeste de la peinture Merz (Merzmalerei) paraît dans la livraison de juillet de la revue Der Sturm. La démarche de Schwitters prend un sens tout à fait particulier dans la perspective de l’épuisement des « ismes » dans l’art.
    Si le mot Merz n’a aucune signification directe, il a néanmoins pour une oreille allemande une résonance psychologique, une tonalité que l’on pourrait définir comme un mélange manipulation instinctive-association-synthèse, qui correspond parfaitement à la démarche de Schwitters. En 1924, répondant à Lissitzky et Arp qui voulaient obtenir de lui une définition pour leur livre les Ismes dans l’art, Schwitters lançait : « Merz : tout ce que l’artiste crache c’est de l’art ».

    Merzbau

    Merzbau

    À partir du début des années vingt, Schwitters commence à aménager dans sa propre maison de Hanovre un environnement dadaïste. Proche de l’atmosphère qui préside aux aménagements des salles de la Erste internationale Dada-Messe de Berlin, cet environnement va devenir une des oeuvres majeures de l’art du XXe siècle.
    Cette construction envahit peu à peu toute la maison de l’artiste. En partant du premier étage où est situé l’atelier, Schwitters annexe le deuxième en perçant le plafond et conduit des prolongements du Merzbau vers le sous-sol. À l’instar de ses assemblages, le Merzbau est composé d’éléments géométriques, et en même temps d’objets trouvés (morceaux de poupées, miroir brisé, souris vivante…). Schwitters appelle cette construction « Cathédrale de la misère érotique » : tout un programme pour l’approche des sources de sa création artistique. Dans cet environnement ont lieu les soirées dadaïstes que Schwitters organise régulièrement et où il récite ses poésies. Il demande parfois à ses amis dadaïstes (Hausmann, Hoech) d’y contribuer. Le Merzbau devient ainsi une oeuvre collective. Cette oeuvre en devenir que l’artiste fait évoluer en permanence est détruite au cours des bombardements de 1945. Réfugié en Norvège à la fin des années trente, Schwitters essaie de réaliser une deuxième construction Merz dans la grange de la maison qu’il habite dans les environs d’Oslo, mais cette construction, elle non plus, n’a pas survécu. À la fin de sa vie, l’artiste réalise une troisième construction Merz en Angleterre, dont les restes sont conservés aujourd’hui au musée de l’université de Newcastle upon Tyne. Schwitters attribue une importance tout à fait particulière à l’idée du Merzbau, oeuvre qui devait constituer la démonstration définitive et totale de l’art moderne en tant qu’image cosmique et manière de vie de l’homme moderne imaginée par l’artiste. Cette idée est partagée au cours des années vingt par plusieurs autres artistes. Citons pour exemple les environnements futuristes de la Casa d’Arte Bragaglia de Rome, le Prounenraum de Lissitzky (1923), ou le projet d’aménagement néo-plastique de l’appartement d’Ida Bienert à Dresde par Mondrian. Dans la perspective de son exposition « Der Hang zum Gesamtkunstwerk », Harald Szeemann entreprend en 1980 la reconstruction du Merzbau de Hanovre. L’oeuvre réalisée par Peter Bissegger d’après les directives de Szeemann est aujourd’hui conservée au Sprengel Museum de Hanovre.

    Kurt Schwitters.

  • Mono Ha

    Mono Ha

    Japon, 1969-70

    L’origine du mot est Mono : chose ou objet ; Ha : école ou groupe. Les artistes du groupe lors de leur première exposition en avril 1969 proposent de réapprendre « à voir le monde tel qu’il est, sans en faire l’objet d’un acte de représentation qui l’oppose à l’homme ». Mono Ha utilise l’objet naturel (non fabriqué donc non imitable) sans faire intervenir la fonction représentative selon les signes de l’homme. La réalité de la chose correspond à celle de la situation, il ne faut pas qu’elles soient dissociées. Mono Ha insiste sur la relation au monde et à l’environnement.

    Nobuo Sekine, Lee Ufan, Kishio Suga, Katsuro Yoshida, Katsuhiko Narita, Shingo Honda, Susumu Koshimizu.

    *Vue de l’exposition Pressentiment, Lee Ufan, 2017

  • Muralisme

    Muralisme

    Mexique, 1921-1940

    La Révolution qui, à partir de 1910, transforme l’infrastructure du Mexique est directement responsable du mouvement muraliste. Le ministre de l’Éducation José Vasconcelos lance la tendance par un vaste programme de peintures murales entre 1921 et les années quarante. Ces peintures décrivent la vie du peuple, le folklore et l’Histoire. Elles expriment les aspirations révolutionnaires du Mexique et glorifient le passé précolombien. La narration simplifiée et colorée se réfère à la tradition de la peinture murale précolombienne. Les peintres renforcent l’expression par l’inspiration de l’art occidental (classicisme, maniérisme italien, expressionnisme, futurisme). Après une phase expressionniste, José Clemente Orozzo participe en 1922 au mouvement dirigé par le syndicat des peintres. Ses grands décors emphatiques et expressifs sont influencés par le maniérisme et le baroque italiens. Diego Rivera réalise des panoramiques muraux dont le style s’inspire du Douanier Rousseau. En 1923, David Alfaro Siqueiros publie avec Rivera El Machete où il proclame les convictions esthétiques et politiques du mouvement.

    José Clemente Orozco, Diego Rivera, David Siqueiros.
    *La grande Tenochtitlan (détail), Diego Rivera, fresque, 1945

  • Narrative Art

    Narrative Art

    USA, Europe, 1973

    Deux expositions intitulées Story (73) et Narrative (74) à New York favorisent le développement d’un mouvement international Narrative Art reposant sur l’utilisation systématique de la photographie couplée avec un texte, séparé dans l’espace, mais lié par une relation mentale. Issu de l’Art Conceptuel, qui privilégie la réflexion sur le projet aux dépens de sa réalisation, mais en réaction contre un mode de pensée analytique et didactique, le Narrative Art choisit ses thèmes dans la vie quotidienne et dans l’environnement immédiat.

    John Baldessari, Christian Boltanski, Jean Le Gac, Peter Hutchinson, William Wegman, Robert Welch.
    *A Brief History of John Baldessari, John Baldessari, 2012, court métrage documentaire, 6 min