Catégorie : Mon cahier de cinquième

  • Picto

    Picto

    Créez un pictogramme en tenant compte d’un lieu choisi proche de ou dans la salle de classe où il sera installé momentanément et photographié.
    Remarque : La création du pictogramme précède sa mise en scène dans l’espace. Par conséquent, pensez préalablement aux relations entre l’image, le lieu et le spectateur. Les pictogrammes ici créés n’agissent pas en tant que codes habituels de signalétique.

    #picto #signe

    Un pictogramme est une représentation graphique schématique, un dessin figuratif stylisé fonctionnant comme un signe d’une langue écrite et qui ne transcrit pas la langue orale. Généralement, il sert à la signalétique pour s’orienter dans l’espace réel ou communicatif comme l’Internet. Lorsque possible, il constitue une alternative à la signalisation bilingue, permettant de diminuer la quantité d’information inscrite sur un panneau.

    Musée du point de vue, Jean-Daniel Berclaz

    Références artistiques possibles :

    • Léonard DE VINCI, L’Homme de Vitruve, encre et lavis sur papier
    • Keith HARING, Radiant Baby (from Icon Series), 1990, sérigraphie, 53,3 x 63,5 cm, https://www.haring.com
    • ZEVS, Liquidated McDonald’s, 2006, projection de peinture jaune
    • Jean-Daniel BERCLAZ, Musée du point de vue, photographies et performances, 2007
    • Pictologies, 150 films en bref, Studio H57, Éd Prisma, octobre 2014
    • Älien, Ed HARRINGTON, septembre 2014, http://edharrington.tumblr.com
    • CLET, Evolution / Involution it is strange, but looking at the three…, 2019, sticker sur panneau de signalisation routière
    CLET, Evolution / Involution it is strange, but looking at the three…, 2019

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
  • Garder l’essentiel !

    Garder l’essentiel !

    Faites disparaître (enlevez, effacez, neutralisez, grisez…) l’intérieur des surfaces des différentes formes présentes sur la photographie Stonehenge de Martin PARR, afin de ne garder que l’essentiel. Bien entendu, l’image de départ doit toujours être reconnaissable.

    #vide #contour #forme

    En faisant disparaitre l’intérieur de certaines formes tout en conservant un certain niveau de ressemblance avec l’image de départ, l’objectif de cette proposition sera de s’interroger sur le rapport entre les formes et le vide (espace négatif).
    Dans quelle mesure les contours obtenus en évidant les formes interviennent-ils dans la lisibilité de l’image ? Quel est le rôle de ce qui apparait à travers les vides ?

    « Trente rayons forment le moyeu,
    Mais le vide entre eux réalise l’essence de la roue.
    De l’argile naissent les pots,
    Mais le vide en eux réalise l’essence du pot.
    Des murs avec des fénêtres et des portes forment la maison,
    Mais le vide en eux réalise l’essence de la maison.
    Fondamentalement :
    La matière renferme l’utilisation ;
    Ce qui n’est pas la matière renferme l’essence. »

    Lao-Tséu

    Martin PARR, Stonehenge, Wiltshire, GB, 1975, photographie de Beauty Spots, 1976

    Références artistiques possibles

    • Piet MONDRIAN, Composition en rouge, bleu et blanc II (Composition II ; Composition 2 avec rouge et bleu), 1937, huile sur toile, 75 x 60,5 cm, Centre Pompidou, Paris – Les recherches de Mondrian commencent dès le début de sa carrière et s’orientent vers une représentation basée sur l’épuration radicale du tableau. Toute trace de référence au naturel visible est progressivement évacuée au profit d’une vision de l’universel. Mondrian privilégie l’économie de moyens pour tenter d’exprimer l’essence du réel.
    • M. C. ESCHER, Day and Night, 1938, estampe sur bois, 67,7 x 39,1 cm – Les œuvres de M. C. Escher représentent des constructions impossibles, des pavages et des combinaisons de motifs qui se transforment graduellement en des formes totalement différentes, qui défient les modes habituels de représentation du spectateur.
    • Henri MATISSE, Nu bleu II, 1952, papiers gouachés, découpés et collés sur papier marouflé sur toile, 103,8 x 86 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Ellsworth KELLY, Leaves (Feuilles), 1964, lithographie sur papier (appartenant à la série Suite végétale composée de 28 lithographies), 90 x 63,4 cm – Ellsworth Kelly crée par son travail une simplification abstraite du tableau et une mise en volume de la peinture. Sa peinture ne prend alors toute sa dimension qu’avec l’espace qui l’entoure, elle n’existe donc plus en tant qu’objet mais comme motif sur le mur du musée. Plus précisément, il exploite la peinture comme élément architectural, comme si elle avait un poids et crée ainsi un ensemble de liens et de relations entre les formes et les couleurs qui forme un nouvel équilibre visuel caché.
    • René MAGRITTE, La Décalcomanie, 1966, huile sur toile, 81 x 100 cm.
    • Valerio ADAMI, Il gile di Lenine (Le gilet de Lénine), 1972, acrylique sur toile, 239 x 367 cm, Centre Pompidou, Paris – Le peintre développe un style pictural psychologique caractérisé par le dessin élaboré, que la couleur a pour fonction de détourner, modifier ou amplifier. Ses œuvres se singularisent par la saturation des surfaces coloriées où ne subsiste aucun blanc, aucune trace de doute ou d’inachèvement.
    Gérard FROMANGER, La France est-elle coupée en deux ? 1974
    • Gérard FROMANGER, diptyque composé de 2 toiles : La Mort de Caïus Gracchus, août 1975 et La Vie et la mort du peuple, avril-mai 1977 (série : Hommage à François Topino-Lebrun), 1977, huile sur toile, 200 x 300 cm (chaque panneau) – Gérard Fromanger occupe une place importante dans l’histoire de la figuration narrative. Ce mouvement naît en France à la fin des années 1960 dans un climat international tendu et il réunit jusqu’en 1972 des peintres aux pratiques variables, animés d’une volonté commune : rompre avec l’abstraction alors dominante, réinventer la peinture en utilisant les images de masse, rendre à l’œuvre une dimension politique. Ces deux tableaux, qui forment un diptyque, appartiennent à la série de cinq œuvres intitulée Hommage à Topino-Lebrun, en référence au peintre révolutionnaire guillotiné par Bonaparte.
    • Emmanuel CHIEZE, Espaces négatifs, série de photographies en noir et blanc révélant le vide présent dans les environnements urbains artificiels, juillet 2015, NY.

    Sources

    InSitu – Académie de Nantes
    Le dessin et la forme, Johannes ITTEN, Éd. Dessain et Tolra, mai 1983
    Théorie de la Gestalt – https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie_de_la_forme


    Questionnements

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.

    Compétences

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Gérard FROMANGER, Quel est le fond de votre pensée ? (de la série Annoncez la couleur ! ) 1973, détail.

  • Ceci n’est pas…

    Ceci n’est pas…

    Le mot prend la place de l’image, la bouscule ou vient la contredire. Ceci n’est pas... en hommage à René Magritte sera une réalisation photographique, picturale ou même sculpturale dans laquelle le spectateur retrouvera cette tension entre le mot et l’image.

    #mot

    Dans cette séance, vous concevrez (: carte mentale et croquis) puis réaliserez une production questionnant, non sans malice, le rapport entretenu entre le mot et l’image dans les arts plastiques. Pour cela, vous prendrez appui sur les références proposées ci-après.
    Temps estimés : 60 min.

    Questionnement

    Comment changer le statut du mot ? En quoi la lecture du mot change-t-elle la compréhension de votre image ? Comment intégrer le mot à une production d’arts plastiques sans pour autant réaliser une affiche ou une BD ? Devient-il dans ce cas un composant plastique, sémantique ou symbolique ?

    René MAGRITTE, La Trahison des images, 1928

    La Trahison des images (1928–1929), peinture à l’huile sur toile de 59 x 65 cm, est un des tableaux les plus célèbres de René MAGRITTE. Il représente une pipe, accompagnée de la légende suivante : « Ceci n’est pas une pipe. ». L’intention la plus évidente du peintre est de montrer que, même peinte de la manière la plus réaliste qui soit, une pipe représentée dans un tableau n’est pas une pipe. Elle ne reste qu’une image de pipe qu’on ne peut ni bourrer de tabac, ni fumer, comme on le ferait avec une vraie pipe.

    René Magritte a d’ailleurs développé ce discours du rapport entre l’objet, son identification et sa représentation dans plusieurs tableaux de 1928 à 1966, la série commençant avec La Clef des songes et s’achevant sur une mise en abyme de La Trahison des images : Les Deux Mystères.

    Plus précisément à cette époque dans la peinture, mais aussi dans la littérature des écrivains de science-fiction A. E. Van VOGT, Isaac ASIMOV et d’autres, les artistes vont introduire dans l’Art des théories humaines et de sociologie qui seront vulgarisées dans les années 1950-60. Cela fait référence à la sémantique générale (1934) dont la phrase la plus représentative est « une carte n’est pas le territoire qu’elle représente » introduite par Alfred KORZYBSKI.
    Source Wikipédia

    Références artistiques

    • Pablo PICASSO, La Bouteille de vieux marc, printemps 1913, fusain, gouache, papiers collés et épinglés sur papier, 63 x 49 cm. https://www.centrepompidou.fr/
    • Raoul HAUSMANN, ABCD, 1923-1924, encre de Chine, reproduction de photographie et imprimés découpés, collés sur papier, 40,40 x 28,20 cm, MNAM, Paris. https://www.centrepompidou.fr/
    • John HEARTFIELD, Nur keine Angst – Er ist Vegetarier (N’ayez pas peur – il est végétarien), mai 1936, photomontage politique
    • René MAGRITTE, La Clef des songes, 1939, huile sur toile, 81 x 60 cm. Le peintre représente ici l’une de ses grandes convictions : les objets et les mots sont étrangers les uns aux autres. Selon une démarche poétique emblématique du surréalisme, cette certitude favorise l’attribution de nouveaux noms aux choses. Source https://www.fondation-hermitage.ch/
    • Joseph KOSUTH, One and Three Chairs (Une et trois chaises), 1965, chaise en bois, photographie de la chaise et agrandissement photographique de la définition du mot « chaise », 118 x 271 x 44 cm. https://www.centrepompidou.fr/
    • Barbara KRUGER, You Are Not Yourself, 1982, photo, collage, 182.9 x 121.9 cm. Cette œuvre de Barbara Kruger reflète l’état d’esprit de son travail. Il s’agit d’un collage : une image publicitaire que l’artiste a récupérée dans un magazine féminin pour la modifier. L’image, représentant un visage féminin est ainsi déchirée donne l’impression d’un reflet dans un miroir brisé. À cette image Barbara Kruger ajoute un message en lettre noire. YOU ARE not YOURSELF – le « not » étant mêlé à l’image, le reste du texte, lui, bien visible encadré de blanc, comme découpé d’une autre page de magazine, à la façon d’une lettre anonyme. Ainsi le langage et l’image collaborent pour mettre en scène et dénoncer les manipulations des médias et de la publicité. Barbara Kruger dénonce l’image que la publicité et la société nous renvoient de nous-mêmes et le désir qu’elle produit, qui font de nous des simulacres de nous-mêmes, et créer ainsi une perte de l’identité individuelle au profit d’une identité de masse source de mal-être.
    • Christian ROBERT-TISSOT, ECRAN TOTAL, 1998, acrylique sur bois, métal, 311 x 730 x 11 cm
    • Shepard FAIREY, HOPE, 2008, affiche politique soutenant la campagne de Barack Obama
    Ben VAUTIER, Terrain vague, 1961

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Bookface

    Bookface

    Le bookface est l’art d’intégrer une couverture de livre dans votre portrait photographique : la couverture devenant la continuité du visage ou du corps.

    Le terme sleeveface désigne un phénomène internet qui consiste à être pris en photographie en posant avec une pochette de disque vinyle représentant des parties du corps, de façon à prolonger l’image de la pochette et ainsi créer une illusion.

    Intégrez la couverture d’un livre (ou d’un magazine ou d’une pochette de disque) dans un cadre particulier pour créer l’illusion de continuité entre l’image et votre visage. Une partie du visage ou du corps prolongent alors la photo du livre. Il s’agit de faire en sorte que ce soit le plus réaliste possible. Pour cela, soyez attentif* à aligner les lignes principales de son corps avec celles de l’image, trouvez un arrière-plan adéquat et tentez de respecter les proportions pour que l’effet fonctionne.

    #bookface #sleeveface

    *Autres points de vigilance :
    la lumière, l’angle de vue, le cadrage, la composition, la couleur, la netteté…

    @myaplibrary, @booksnmusic

    Références possibles

    • Martial RAYSSE, Soudain l’été dernier, 1963, 3 panneaux assemblage : photographie peinte à l’acrylique et objets, 100 x 225 cm
    • Markus RAETZ, OUI–NON, 2001, fonte de laiton, 19,5 x 72,5 x 19,3 cm
    • Ben HEINE, Pencil vs Camera, depuis 2010, série de photographies. Les œuvres Pencil Vs Camera représentent des dessins réalisés, photographiés et tenus par Ben Heine dans un endroit spécifique. Elles marient la photographie et le dessin et ajoutent à des scènes ordinaires de nouveaux éléments surréels, visionnaires ou romancés.
      https://benheine.com/fr/art/pencil-vs-camera/
    • Bernard PRAS, Vénus (#162), 2013, photographie sous diasec, 106 x 80 x 3 cm
    • Hombre McSTEEZ (@Hombre_McSteez), Napkin eater, oct 2019, GIF animé. Hombre Mc Steez utilise les feuilles de Rhodoïd pour faire entrer le virtuel (ses dessins) dans le réel. Il photographie ses dessins et crée un montage en stop motion afin de donner vie à ses personnages.
    • OCTOBER JONES (@OctoberJones), Where’s Wally?, juil 2014, photographie
    • OAKOAK, UFO Paris, fév 2020, street-art, http://www.oakoak.fr
    • Christoph NIEMANN, World Cup, Sunday Sketches, 2019, impression
    • Loïc APREDA (@apredart), My Home, avril 2020, illustration, peigne
    Benjamin HEINE, Pencil vs Camera for Art Official Concept, 2011

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Assemblage improbable

    Assemblage improbable

    Le dictionnaire abrégé du Surréalisme définit le cadavre exquis graphique comme un jeu de papier plié qui consiste à faire composer un dessin par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles ne puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes.

    Cadavre exquis : https://fr.wiktionary.org/wiki/cadavre_exquis

    Dessinez minutieusement, en l’observant, un objet usuel sur un papier libre (le dessin recouvre le format A4).
    Proposez à vos proches le même exercice. Vous pouvez également effectuer des échanges de dessins par email avec vos camarades.
    Déchirez ou découpez le support des esquisses obtenues en 3 ou 4 parties.
    Placez le côté crayonné des morceaux sur la table, puis, mélangez-les.
    Tirez au sort un quart des bouts de papier.
    Juxtaposez-les et assemblez-les, afin d’obtenir un ensemble de traits cohérent.
    Reproduisez à l’encre noire le résultat obtenu – l’assemblage improbable des fragments objets.

    #cadavreexquis #hasard

    Lors de cette séance, les élèves se questionnent :
    – sur des notions de dessin d’observation – donner à voir du volume, jouer sur les ombres, appréhender un support ;
    – sur la transformation des images existantes dans une visée poétique ou artistique.

    Le dessin d’observation consiste à reproduire de façon réaliste un sujet donné. Il n’est en aucun cas question d’interprétation ou d’imagination. Votre regard et votre main ne font qu’un dans cet exercice. Il est indispensable de poser un œil neuf sur l’objet d’étude avant de tracer les premiers traits en visualisant notamment sa forme dans l’espace, sa position, en remarquant ses proportions, sa matière, ses ombres et en ne s’attachant pas (dans un premier temps) aux détails.

    Références artistiques

    • Marcel DUCHAMP, Trois Stoppages-étalon, 1913/1964, fil, toile, cuir, verre, bois, métal, 28 x 129 x 23 cm
      Dans Trois Stoppages-étalon Duchamp répète trois fois l’expérience suivante: il laisse tomber horizontalement un fil de un mètre de longueur depuis un mètre de hauteur. Laissant ainsi celui ci se déformer au hasard de sa chute. Puis fixe les trois formes obtenues chacune avec du vernis sur une plaque de verre. Pour enfin reporter ces nouvelles lignes par découpe sur trois mètres ordinaires en bois et les ranger ensemble dans une boîte de croquet.
    • Jean ARP, Collage avec des carrés disposés selon les lois du hasard, 1916, collage, 48,5 x 34,6 cm, MoMA, NY
      https://www.moma.org/learn/moma_learning/jean-hans-arp-untitled-collage-with-squares-arranged-according-to-the-laws-of-chance-1916-17/
      « Dans son atelier du Zeltweg, Arp avait longuement travaillé sur un des- sin. Insatisfait, il finit par déchirer la feuille, en laissant les lambeaux s’éparpiller par terre. Lorsque, après quelque temps, son regard se posa par hasard sur les morceaux gisant au sol, il fut surpris par leur disposition qui traduisait ce qu’il avait vainement essayé d’exprimer auparavant. Combien significatif, combien expressif était cet étalement.Ce qu’il n’avait pas réussi plus tôt, malgré tous ses effort, le hasard, le mouvement de la main et celui des morceaux de papiers flottants s’en était chargés. En effet, l’expression y était. Il considéra cette provocation du hasard comme une providence et se mit à coller soigneusement les morceaux dans l’ordre dicté par le hasard « .
    • Man RAY, Cadeau, 1921, métal, fer à repasser avec quatorze punaises collées sur sa semelle, 17,5 x 10 x 14 cm
    • Simone KAHN, Max MORISE, André BRETON, Cadavre exquis, 19,6 x 15,2 cm , dessin aux crayons de couleur et crayon noir contrecollé sur carton
    • Meret OPENHEIM, Object (Le Déjeuner en fourrure), 1936, assemblage, tasse, soucoupe et petite cuillère recouvertes de fourrure de gazelle, MoMA, NY
    • Salavator DALÍ, Le Téléphone aphrodisiaque (ou Le Téléphone homard), 1936, plastique et métal, 20,96 x 31,12 x 16,5 cm, Minneapolis Institute of Art
    • André BRETON, Jacqueline LAMBA, Yves TANGUY, Cadavre exquis, 1938, collage de gravures et d’illustrations de magazine découpées sur papier, 31 x 42 cm, annotation au revers : Jacqueline Lamba 9 février 1938 Jeannette-André-Yves, reproduction en bandeau
      De la même façon que la première phrase surréaliste construite avec une succession de mots tirés au sort, Le cadavre exquis boira le vin nouveau, les collages ou dessins exécutés à plusieurs mains naissent de la combinaison aléatoire d’une suite d’interventions exécutées sans connaissance des interventions précédentes.
    Max ERNST, reproduction en noir pour l’édition illustrée
    À l’intérieur de la vue. 8 poèmes visibles de Paul ÉLUARD, 1947
    • Max ERNST, Arbres solitaires et arbres conjugaux, 1940, huile sur toile, 81,5 x 100,5 cm, Fondation Beyeler, Suisse
    • La décalcomanie est une technique de transfert qui consiste à reporter à plat sur une toile la couleur encore humide appliquée sur une plaque de verre ou une feuille de papier. Son retrait fait naître des dessins subtils, tracés, bulles et marbrures de couleur. L’artiste retravaille ensuite la structure superficielle complexe ainsi créée.
    • Jackson POLLOCK Number 1, 1949, 160 x 259,1 cm, MOCA, Los Angeles
    • L’artiste américain privilégie l’automatisme : les couleurs sont jetées, déversées, projetées sur la toile, où elles provoquent des coulures et des tâches aléatoires, de sorte que le tableau devient un champ d’action où s’exprime un processus dynamique.
    • Willem De KOONING, Grenier, 1949, huile, émail et transfert de papier journal sur toile, 157,2 x 205,7 cm
    • https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/482491
    • François MORELLET, Régif
    • François MORELLET, Répartition aléatoire de 40 000 carrés suivant les chiffres pairs et impairs d’un annuaire de téléphone, 50% bleu, 50% rouge, 1963, papier mural sérigraphié, ampoule électrique
      En demandant à ses proches de lui dicter les chiffres de l’annuaire, l’artiste coche ses cases selon la fin paire ou impaire du numéro de téléphone. Les cases cochées sont remplies d’une couleur, les cases vides d’une autre. Le principe est simple : partir d’une grille régulière de carrés et d’un choix arbitraire de deux couleurs. L’intention est de brouiller les repères visuels du visiteur. Pour François Morellet, l’intervention du hasard dans la réalisation de l’œuvre per- met d’invalider la croyance selon laquelle une composition réussie serait le fruit du métier, de l’intuition, voire du génie de l’artiste. Pour lui, c’est la contrainte à laquelle est soumis le hasard qui fait la composition. Par ailleurs, l’emploi de l’annuaire téléphonique souligne le fait que l’œuvre pro- duite est un pur objet de télécommunication : elle retransmet aux spectateurs la suite des actions dont elle est le résultat.
    • Jacques CARELMAN, Catalogue des objets introuvables, 1969
    • Simon HANTAÏ, Sans titre, 1973, acrylique sur toile
    • Gerhard RICHTER, 4900 Farben, 2007, peinture émaillée sur Alu-dibond, 680 x 680 cm
    • 4900 Farben (4900 Couleurs) se compose de 196 panneaux, comprenant chacun 25 cases colorées dont le choix chromatique et l’emplacement ont été déterminés de façon aléatoire par un programme informatique. 
    Jacques CARELMAN, Peigne à roulettes, Catalogue d’objets introuvables, 1969

    « Beau comme une rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. » Chants de Maldoror, Comte de Lautréamont, 1869


    Pour faire un poème dadaïste.
    Prenez un journal.
    Prenez des ciseaux. 
    Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
    Découpez l’article.
    Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.

    Agitez doucement.
    Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
    Copiez consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
    Le poème vous ressemblera.
    Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante,
    encore qu’incomprise du vulgaire. 

    Tristan TZARA, Pour faire un poème Dadaïste, 1920

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la narration visuelle – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    Maurizio Cattelan, Love saves life (Les animaux musiciens de Brême), 1995, taxidermie, 190 x 120 x 60 cm

    Les animaux musiciens de Brême, d’après le conte des frères Grimm

    C’était il y a bien longtemps…

    Un âne gris, vieux et pelé cherchait un peu d’herbe le long d’un sentier lorsqu’il entendit un jappement auprès de lui. Un chien le regardait à travers une barrière.

    – Qu’as-tu donc, mon pauvre ami ? demanda l’âne. Tu baisses la tête bien tristement !
    – N’ai-je pas raison ? répondit le chien. Je suis devenu vieux, mes pattes sont trop raides pour courir et je n’ai plus de crocs solides. Aussi mon maître a-t-il décidé, hier soir, de m’abattre d’un coup de fusil, car il ne veut pas nourrir une bouche inutile.
    – Ne suis-je pas à plaindre ?…
    – Bah ! dit l’âne. Que te sert de gémir ? Tel que tu me vois, marchant gaiement le long des routes, tu ne te douterais pas que j’ai eu un maître aussi ingrat que le tien !
    – Je n’étais plus assez fort pour porter les paniers au marché et ce méchant homme voulait se débarrasser de moi ; mais je ne l’ai pas attendu. J’ai pris la clef des champs et je vais droit devant moi, croquant les chardons du sentier.
    – Viens avec moi. À nous deux nous ferons peut-être de grandes choses.

    Le chien se glissa à travers la barrière et, tout boitillant, vint rejoindre l’âne.

    Ils marchèrent ainsi pendant plus d’une heure. Comme ils longeaient un petit mur, fleuri de capucines, ils entendirent un miaulement tellement angoissé, qu’ils s’arrêtèrent aussitôt. Ils virent, tapi au milieu des fleurs, un vieux chat maigre.

    – Qu’as-tu, l’ami ? s’exclama l’âne. Tu miaules bien tristement.
    – N’ai-je pas raison ? répondit le chat. Je suis devenu vieux, mes pattes sont trop raides pour courir, mes oreilles n’entendent plus…
    – Les souris, interrompit l’âne d’un air moqueur. Tu ne peux plus faire ton métier de chat et ton maître veut t’abattre d’un coup de fusil.
    – Non, c’est ma maîtresse qui veut me noyer, en m’attachant une pierre au cou, car elle ne veut pas nourrir…
    – une bouche inutile. Je connais cela, dit à son tour le chien.

    Le chat regarda les deux animaux d’un air méfiant.
    – Mais qui êtes-vous, et comment avez-vous deviné mon malheur ?
    – C’est qu’il a été le nôtre, répondit l’âne, d’un air sérieux, mais nous nous sommes enfuis et nous marchons librement sur la route.
    – Viens avec nous. À nous trois nous ferons peut-être de grandes choses !

    Le chat sauta auprès d’eux et ils partirent le long du sentier. Le chat racontait à ses nouveaux camarades ses plus belles chasses, lorsqu’un cocorico désespéré les arrêta tous les trois.

    Perché sur une vieille souche, un coq agitait péniblement ses ailes.
    L’âne lui jeta un coup d’œil.
    – Ou je me trompe fort ou voilà pour nous un autre compagnon. Il me paraît assez vieux et déplumé pour connaître lui aussi les misères de l’ingratitude.
    Les trois animaux s’avancèrent vers la souche.
    – Holà, coq, tu lances ton cri bien tristement, dit l’âne.
    – As-tu les pattes trop raides ? demanda le chien.
    – Ta force s’est-elle enfuie ? ajouta le chat.

    Le coq les fixa de son œil rond.
    – Je suis devenu vieux, dit-il, et, demain, on doit me couper le cou et me faire cuire dans un bouillon d’herbes. Il paraît que je serai encore bon. Mais je n’ai pas du tout envie d’avoir le cou tranché net !
    – Viens avec nous, dit l’âne. À nous quatre nous ferons peut-être de grandes choses.

    Et le coq vola vers eux. Voilà donc nos quatre animaux en route, heureux d’être libres et loin du danger.

    La nuit tomba. L’air frais qui passait au ras des branches fit frissonner les plumes du coq et rebroussa le poil de ses compagnons.
    – Si vous m’en croyez, dit l’âne, nous allons essayer de trouver un abri pour dormir. Le froid ne nous vaudrait rien. Le coq vola vers un chêne et regarda autour de lui. Il découvrit dans le lointain une lumière isolée.
    – Allons vers cette maison, décida l’âne.
    Ils repartirent donc, à la queue leu leu, l’âne en tête comme il se doit. Ils arrivèrent ainsi en vue de l’habitation d’où s’échappaient des chants et des rires.
    – Cachez-vous sous ces arbres, dit l’âne. Je vais voir ce que nous pouvons faire.

    Il se glissa vers une fenêtre et regarda longtemps. Enfin il revint vers ses compagnons qui s impatientaient un peu.
    – J’ai bien écouté, leur dit-il. Ce sont des voleurs qui festoient. Ils fêtent l’un de leurs exploits. J’ai pensé que nous pourrions les chasser et nous installer à leur place.
    – Comment faire ? dit le chien. Mes crocs ne sont plus solides.
    – J’ai une idée. Écoutez-moi…

    Et l’âne parla tout bas à ses amis qui s’approchèrent de la fenêtre.
    L’âne posa ses sabots sur l’appui, le chien sauta sur son dos, le chat sur le dos du chien et le coq se cramponna fortement au dos du chat.
    Ils comptèrent jusqu’à trois et… quel concert ! En même temps, l’âne se mit à braire, le chien à aboyer, le chat à miauler, le coq à coqueriquer.
    – Hi-han, ouap, ouap, miaou, cocorico !…

    C’était à fuir ! et c’est ce que firent les voleurs, en grand tumulte, tant ils furent effrayés par les cris étranges et par l’aspect épouvantable du monstre qui s’agitait derrière la fenêtre.
    Dès qu’ils furent partis, les quatre animaux sautèrent dans la salle, mangèrent et burent, puis se couchèrent, bien à leur aise.
    L’âne s’étendit sur un sommier, le chien trouva un tapis derrière la porte, le chat se fit une place tiède dans les cendres et le coq se percha sur le bras d’un fauteuil.

    Mais, un peu plus tard, l’un des voleurs, plus courageux, se glissa dans la salle où il faisait maintenant très sombre. Le voleur prit à tâtons une chandelle et s’approcha du feu pour l’allumer aux braises qui rougeoyaient encore.

    Le chat, réveillé en sursaut, lui laboura le visage d’un coup de griffe, le chien le mordit à la jambe, l’âne lui donna un coup de pied et le coq le piqua à la tête de son bec acéré.

    L’homme s’enfuit. Il courut, tout tremblant, retrouver ses compagnons.
    – Ah ! Quel malheur est le nôtre ! se lamenta-t-il, la maison est habitée par des sorcières féroces. L’une m’a arraché le visage à coups d’aiguille, la seconde m’a serré la jambe dans une pince aiguë, la troisième m’a donné un coup de marteau et la dernière m’a percé le crâne avec un clou pointu. Sauvons-nous !

    Les voleurs ne revinrent jamais à la maison basse et les quatre animaux s’y installèrent et y vécurent en paix le reste de leur vie.

  • Jeu d’échelle

    Jeu d’échelle

    Proposez en photographie une mise en scène créant un effet d’échelle particulier, une disproportion importante entre les éléments présents.
    Pour cela, utilisez un personnage découpé d’une photographie et placez-le judicieusement dans un décor réel ou fabriqué.
    Attention, placez le personnage de telle sorte que, photographié ainsi dans son espace, le cliché crée pour le spectateur du sens.

    #miniature #geant

    Trouvez des photographies de personnages à découper sur ces sites :
    _ https://skalgubbar.se
    _ http://www.nonscandinavia.com

    Comment mettez-vous en scène votre personnage dans l’espace en créant une situation étonnante, insolite par un effet d’échelle ? Comment celui-ci s’insère-t-il dans le décor ? Comment créez-vous une effet de disproportion ?

    Échelle : rapport entre les dimensions réelles d’un objet et celles de sa représentation, ce qui permet, par comparaison, d’évaluer un ordre de grandeur.

    Références artistiques

    • Les voyages de Gulliver, roman de Jonathan SWIFT, 1721
    • Alice au pays des merveilles, roman de Lewis CARROLL, 1865
    • L’Attaque de la femme de 50 pieds, film de Nathan JURAN, 1958
    • Le Voyage fantastique, de Richard FLEISCHER, 1966
    • L’homme qui rétrécit, film de Jack ARNOLD, 1957
    • Chérie, j’ai rétréci les gosses, film de Joe JOHNSTON, 1989
    • Downsizing, film d’Alexander PAYNE, 2018

    • Joseph CORNELL, Object (Abeilles), 1940, boîte
    • Charles SIMONDS, Dwellings et Dwellings Winter, 1972-1974, installation 
    • Duane MICHALS, Things are Queer (Les choses sont bizarres), 1973, photographies
    • Pierrick SORIN, Théâtre optique, 2001, mange-disque, vinyle, miroir, vidéo – personnage homme courant sur disque vinyle
    • Claes OLDENBURG et Coosje VAN BRUGGEN, La bicyclette ensevelie, 1990, sculpture monumentale, parc de la Villette, Paris 
    • Anne et Patrick POIRIER, Domus Aurea, 1999, maquette de 19 m de long par 7 m de large 
    • Ron MUECK, A Girl, 2006-2007, sculpture monumentale reproduisant un nouveau né dans ses plus minutieux détails grâce au silicone, à la résine polyester et à la peinture à l’huile, 1,10 x 5,01 x 13,45 m 
    • Ron Mueck, In Bed, 2005, technique mixte, 162 × 650 × 395 cm
      https://www.fondationcartier.com/
    • Gilbert GARCIN, Le Poids des nuages, 2000, Je me Souviens des Jours, 2004, Icare Contrecarré, 2012, photographies
      C’est à l’occasion d’un stage aux Rencontres d’Arles que Gilbert Garcin s’enthousiasme pour la technique du photomontage. Il s’en inspire alors pour élaborer, sur une simple table, des décors minimalistes dans lesquels il dispose des figurines cartonnées (: photographies minutieusement découpées). Tour à tour scénariste, metteur en scène et (avec la complicité de son épouse Monique) acteur de ce mini-théâtre, Gilbert Garcin invente un monde en noir et blanc où se côtoient l’humour, le pathétique et l’absurde.
    • SLINKACHU, The Little People Project, photographies, depuis 2006, https://slinkachu.com
    • Tomoaki SUZUKI, exposition au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, sculptures réalisées entre 1999-2014
      Tomoaki Suzuki réalise des portraits minutieusement détaillés de divers jeunes urbains à une échelle réduite au tiers de leur taille réelle. Saisissantes silhouettes hiératiques, ces sculptures évoquent les modes de vie et les styles vestimentaires contemporains tout en réactualisant les traditions millénaires orientales de la sculpture sur bois.
      https://vimeo.com/92146664
    • Tatsuya TANAKA, Miniature Life, exposition 2018 à Nagoya, Japon,
      https://www.instagram.com/tanaka_tatsuya/ (en bandeau)
    Gilbert GARCIN, Lorsque le vent viendra, 2007, Photographie

    Questionnement(s) :

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance – la narration visuelle – la mise en regard et en espace.
    • Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’hétérogénéité et la cohérence plastiques – l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.
    • Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • La Fenêtre

    La Fenêtre

    « Des losanges égaux étaient disposés à l’une des deux fenêtres. Elle regarda la campagne par les verres de couleur.
    À travers les bleus tout semblait triste. Une buée d’azur immobile répandue dans l’air allongeait la praire et reculait les collines. Le sommet des verdures était velouté par une poussière marron pâle inégalement floconnée, comme s’il fût tombé de la neige, et dans un champ bien loin, un feu d’herbes sèches que l’on brûlait semblait avoir des flammes d’esprit de vin.
    Puis par les carrés jaunes les feuilles des arbres étaient plus petites, le gazon plus clair et le paysage entier comme découpé dans du métal. Les nuages détachés figuraient des édredons de poudre d’or prêts à crever ; on eût dit l’atmosphère illuminée. C’était joyeux ; il faisait chaud dans cette grande couleur topaze, délayée d’azur.
    Elle mit son œil au carreau vert. Tout fut vert, le sable, l’eau, les fleurs, la terre elle-même se confondant avec les gazons. Les ombres étaient toutes noires, l’onde livide semblait figée sur ses bords.
    Mais elle resta plus longtemps devant la vitre rouge. Dans un reflet de pourpre étalé partout et qui dévorait tout de sa couleur, la verdure était presque grise, les tons rouges eux-mêmes disparaissaient. La rivière élargie coulait comme un fleuve rose, les plates-bandes de terre semblaient des mares de sang caillé, le ciel immense entassait des incendies. Elle eut peur.
    Elle détourna les yeux et par la fenêtre aux verres blancs, tout à coup le jour ordinaire reparut tout pâle et avec de petites nuées indécises de la couleur du ciel. »
    _Gustave FLAUBERT, brouillon de Madame Bovary (scène de la valse avec le vicomte)

    Indissociable des recherches sur la perspective* à la Renaissance, la fenêtre n’a cessé d’être revisitée selon le goût des siècles et des courants artistiques. Jusqu’à la modernité, les peintres utilisent son cadre pour guider le regard vers des paysages rêvés, des vues réalistes ou, à l’inverse, pour faire pénétrer la lumière au fond des intérieurs plus intimes. Plus tard, de nombreux artistes se servent de la fenêtre et de ses reflets pour brouiller la limite entre le dedans et le dehors. D’un simple élément de décor, la fenêtre devient peu à peu un sujet à part entière. Son ouverture, son cadre, sa lumière, ses carreaux parfois, permettent aux artistes plasticiens d’étudier des voies nouvelles, aboutissant pour certaines à la découverte d’un art abstrait et minimal.
    Aujourd’hui, l’écran omniprésent s’apparente à une fenêtre contemporaine, qui trouve sa métaphore la plus puissante dans Windows.

    *Pour Leon Battista Alberti, théoricien de la perspective, le tableau est comme une « fenêtre ouverte ». Le dessinateur, le peintre cherchent alors à représenter un monde tridimensionnel sur un plan bidimensionnel.

    Enjeu

    Révélez la limite, le seuil, l’entre-deux, le passage ou l’échappée créés par la fenêtre.

    La fenêtre comme construction du regard, comme cadre, comme limite, comme seuil de l’intime et du public…
    En quoi la représentation de la fenêtre crée-t-elle un autre espace ? Comment la présence figurée ou suggérée de la fenêtre construit-elle le regard du spectateur ? Comment la représentation peut-elle révéler l’entre deux espaces ?

    Dans un premier temps, dessinez votre intérieur : chambre, bureau, cuisine ou salon en recherchant le cadrage figurant ou suggérant la présence de la fenêtre.
    Interrogez-vous sur sa forme, sa fonction, sa symbolique en prenant appui, si vous le souhaitez, sur la carte mentale ci-dessous.

    Découvrez les œuvres d’art mises en référence ci-dessous.

    Puis, par le dessin, par peinture ou par toute autre technique qui vous semble adaptée, réalisez votre production finale révélant le « rôle » que vous attribuez à la fenêtre. Dans votre bloc-notes d’arts plastiques, commentez les différents états de votre travail en pointant ce que vous avez obtenu, les qualités que vous avez produites et les questions que vous vous êtes posées.

    Références artistiques

    • Jan VAN EYCK, Les Époux Arnolfini, 1434, peinture sur bois, 82 cm x 60 cm
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Époux_Arnolfini
    • Lorenzo DI CREDI, La Dame aux jasmins, 1485-1490
    • Albrecht DÜRER, L’Autoportrait aux gants (ou Autoportrait à vingt-six ans), 52 x41 cm, huile sur toile, 1498
    • REMBRANDT, Rembrandt gravant ou dessinant près d’une fenêtre, 1648, eau-forte, pointe sèche et burin. 16 x 13 cm
    • Samuel VAN HOOGSTRATEN, Boîte optique, 58 x 88 x 60,5 cm, 1650
      Cette boîte est le fruit de la manipulation magistrale d’une perspective centrale et de sa forme anamorphique… un vrai théâtre optique.
    • Johann VERMEER, Jeune femme à l’aiguière, 1662-1665
      Le sujet de la peinture est une femme préoccupée, tandis qu’elle exerce une activité quotidienne, un thème que Johannes Vermeer a fixé à plusieurs reprises sur la toile ; elle est dans le coin d’une pièce avec une main sur la fenêtre ouverte et l’autre sur la cruche. Le mouvement silencieux, l’expression du visage doux de la femme et de la sérénité du bleu de la jupe donnent à la composition un aspect de pureté et de paix intérieure. La cruche d’eau, symbole de purification, souligne l’association avec la pureté. Vermeer a utilisé l’invasion de la lumière de la fenêtre pour attirer l’attention sur la région située sous son bras. Source Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeune_femme_à_l’aiguière
    • Caspar David FRIEDRICH, Femme à la fenêtre, 1822, huile sur toile, 44 x 37 cm
    • Henri MATISSE, Fenêtre ouverte à Collioure, 1905, 55 x 46 cm
    • Pierre BONNARD, Jour d’hiver, 1905-1910, huile sur toile, 49 x 61,5 cm 
    • Marc CHAGALL, Paris vu par la fenêtre, 1913
    • Henri MATISSE, Nice, cahier noir, 1918, huile sur toile, 33 x 40,7 cm
    • Marcel DUCHAMP, Fresh Widow, 1920, réplique miniature (77 x 45 cm) d’une fenêtre « à la française », les huit carreaux sont recouverts de morceaux de cuir noir. La fenêtre est placée sur une tablette en bois sur laquelle on peut lire l’inscription : FRESH WIDOW COPYRIGHT ROSE SELAVY 1920
    • René MAGRITTE, Éloge de la dialectique, 1936, gouache sur papier, 38 x 32 cm
    • Edward HOPPER, Morning Sun, 1952, huile sur toile, 101.98 x 71.5 cm (détail en bandeau)
      À l’occasion d’une exposition dédiée au célèbre peintre Edward HOPPER à la Fondation Beyeler en Suisse près de Bâle, le cinéaste Wim WENDERS a, dans un court-métrage, rendu hommage à l’artiste, à ses tableaux et son esthétique singulière.
      https://youtu.be/wxRT_eXGYvg
    • Alfred HITCHCOCK, Fenêtre sur cour (Rear Window), 1954, film
      L.B. Jefferies, reporter photographe, immobilisé chez lui à cause d’une jambe dans le plâtre, passe son temps à observer de sa fenêtre les occupants de l’immeuble d’en face. À l’aide d’un téléobjectif, il remarque le comportement étrange de l’un d’eux… Une histoire de voyeurisme sur fond de psychanalyse.
      Montage alternatif du générique réalisé par Jeff DESOM :
      https://youtu.be/4vHRw9XiFMI
    • Daniel DEZEUZE, Châssis avec feuille de plastique tendue, 1967, bois, plastique transparent, 194,5 x 130 x 2 cm
    • Jacques MONORY, Meurtre n° 10/2 (Les Meurtres), 1968, huile sur toile et miroir brisé avec impacts de balles, 163 x 333,5 cm
    • Bernard PLOSSU, Marseille, 1975, photographie
    • Cindy SHERMAN, Untitled Film Still, #15, 1978, photographie
    • Ellsworth KELLY, Fenêtre ouverte, fenêtre brisée,
    • Alain FLEISCHER, Fenêtre sur cour – La salle de bains, 1990, photographie
    • Bill SPINHOVEN, Eye, 1993
      Les images d’un œil suivent le déplacement du spectateur (grâce à des caméras de surveillance). Ce que je vois, c’est qu’il me voit !
    • Markus RAETZ, Tag oder Narcht (Jour ou nuit), 1998

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Anatomie

    Anatomie

    _L’anatomie est l’étude scientifique, par la dissection ou d’autres méthodes, de la structure et de la forme des sujets organisés ainsi que des rapports entre leurs différents organes.
    Cadrer, agrandir, utiliser des opérations spécifiques aux arts plastiques et à partir du document proposé en référence, vous produirez un travail témoignant de l’anatomie de l’image.

    Figure anatomique, env. 1530

    Les termes suivants peuvent aider à votre réflexion : blow up*, texture, trame, trait, point, pixel, grain…

    Quelques œuvres d’Alain JACQUET argumenteront le propos lors des échanges.
    Mec Art, abréviation de l’anglais Mechanical Art, désigne un courant apparu en Europe dans les années soixante, consacré par l’expo à la galerie J, intitulée Hommage à Nicéphore Niepce. Il consiste en reportant ou sérigraphiant une image photographique existante sur un autre support, et cela à plusieurs reprises, à faire apparaître sa structure photographique : apparition du grain, effets de moirage par la superposition de trames… Le cliché agrandi et reporté donne à voir une image floue, des couleurs sans contour, des éléments figuratifs non reconnaissables (effet de blow up*).

    *Blow up : agrandissement photographique.
    Fait surtout référence aux premiers travaux de Joseph KOSUTH dont l’œuvre est classée en Investigations, la première (65-68) étant constituée de définitions du dictionnaire photographiées et agrandies. « Je voulais éliminer toute référence sensible à l’œuvre. Partant dans cette série de l’abstraction d’une chose concrète (l’eau, l’air), j’en vins à présenter des abstractions d’abstractions (signification, vide, universel, rien, temps). »

    Références artistiques possibles :

    • Andy WARHOL, Most Wanted Men No. 6, Thomas Francis C, 1964, sérigraphie, 121,92 x 198,12 cm
    • Alain JACQUET, Le déjeuner sur l’herbe, 1964, sérigraphie sur papier maroufflée sur toile formant un diptyque, 172,5 x 196 cm (172,5 x 98 cm chaque panneau)
    • Alain JACQUET, Portrait d’Homme bleu, rouge, jaune, 1964, sérigraphie sur toile montée sur châssis, 162 x 114 cm
    • Roy LICHTENSTEIN, Explosion, 1965, lithographie sur papier, 56,2 x 43,5 cm
    • Sigmar POLKE, Girlfriends (Freundinnen), 1965/66, huile sur toile, 100 x 104 cm
    • Sol LEWITT, Lines in Four Directions, 1976, rubber stamp print, 20,3 x 20,3 cm

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Corps (extérieur-intérieur)

    Corps (extérieur-intérieur)

    Proposez un appareillage corporel modifiant, voire inversant, la perception traditionnelle que nous entretenons avec l’extérieur et l’intérieur (organes, pensées) de notre propre corps.
    Votre projet (notes et croquis) et réalisation s’inspireront, à votre gré, de l’organique, du physique ou du psychique. 
    _ organique : propre ou relatif aux organes, 
    _ physique : aspect extérieur général de quelqu’un, 
    _ psychique : relatif à la pensée.

    Vous expliquerez votre réalisation, notamment en répondant aux questions suivantes.  Dans quelle mesure votre réalisation interroge-t-elle notre rapport au corps ? En quoi l’appareillage corporel créé révèle-t-il l’invisible de notre être ?

    Œuvres proposées en lien avec la proposition de réalisation : 

    • Robert Louis STEVENSON, L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (en anglais, Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde), roman publié en janvier 1886
    • Raoul HAUSMANN, L’esprit de notre temps, 1920, bois et matériaux divers, 32,5 x 21 x 20 cm
    • Rebecca HORN, Finger Gloves (Gants de doigts) ou Feather Fingers (Doigts de plumes), 1972
    • Rebecca HORN, Pencil Mask (Masque-crayons), 1972
    • Rebecca HORN, The Feathered Prison Fan (Prison de plumes), 1978
    • Joel-Peter WITKIN, Woman once a Bird, 1990, photographie
    • Nicole TRAN BA VANG, Collection Printemps/Été, 2001, photographies numériques
    • Cindy SHERMAN, Clowns, 2003-2004, photographies
    • Philippe RAMETTE, Objet à voir le monde en détail, 1990 – 2004, photographie numérique couleur, 150 x 120 cm
    • STELARC, Ear on Arm, 2007, implant chirurgical
    • Sascha NORDMEYER, Hyperlip, prothèse de communication, 2009, objet de design en matière plastique rouge (en bandeau)
    Michael BURTON et Michiko NITTA, AlgaCulture, 2012

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : l’objet comme matériau en art.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production artistique – les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine