Catégorie : Mon cahier de troisième

  • Élémental

    Élémental

    La Guilde des Enchanteurs fait appel à votre savoir pour donner corps à une créature « élémental1 » contemporaine.

    Inspiré par les principes de l’alchimie2 et votre grimoire : le papyrus mentus, vous réaliserez une statuette de l’élémental par un jeu de correspondances analogiques, plastiques, sémantiques ou poétiques de son principe actif (élément qui le constitue).

    #nymphis #sylphis #pygmaeis #salamandris
    1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Élémentaire_(esprit)
    2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Alchimie

    Questions

    En quoi les matériaux jouent-ils un rôle dans la représentation ? Dans quelle mesure font-ils sens ? La matière s’efface-t-elle derrière le motif qu’elle incarne ? Le sujet de l’œuvre peut-il être la matière elle-même ? Quel dialogue l’artiste instaure-t-il entre la matière et le sujet ou le motif représenté ?

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • saisir qu’une œuvre d’art ne peut se réduire à sa reproduction qui annulerait l’ensemble des caractéristiques physiques et plastiques
    • comprendre que la matérialité d’une œuvre détermine sa perception et que les qualités physiques et symboliques des matériaux sont porteuses de sens
    • comprendre qu’un matériau peut faire œuvre à lui seul en se passant de toute référence iconographique que l’idée peut être exposée pour ce qu’elle est
    • percevoir qu’un lien signifiant peut émerger à partir du dialogue instauré par l’artiste entre des matériaux qui semblent de prime abord ne rien avoir en commun
    Rostislav UZUNOV – pexels.com

    Références artistiques possibles

    • Ludwig MIES VAN DER ROHE, Pavillon allemand de Barcelone, construit pour l’exposition universelle de Barcelone en 1929, détruit et reconstruit ensuite à l’identique, marbre, travertin, onyx rouge, inox, la structure est constituée de huit poteaux en acier à section cruciforme. Barcelone, Espagne
    • Jean FAUTRIER, Série Tête d’otage, 1943-1945, huile sur papier marouflé sur toile. La période de l’après-guerre est propice à de nouveaux courants picturaux et plusieurs artistes comme Jean Dubuffet et Jean Fautrier rejettent les valeurs culturelles établies. Dans leurs créations, ils utilisent toutes sortes de matériaux inhabituels comme le sable, le gravier, le goudron, l’asphalte, etc. Ils conçoivent l’art comme un processus créatif dont le spectateur doit pouvoir revivre l’élaboration grâce aux traces laissées par l’artiste : grattage, incisions, empreintes,… mais également ressentir une émotion face à la puissance du geste et du traitement de la matière.
    • Jean DUBUFFET, Le Danseur, juin 1954, éponge, filasse, brique, 57,5 × 15,5 × 13 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Niki De SAINT PHALLE, La Mariée ou Eva Maria, 1963, grillage, plâtre, dentelle, jouets divers, 222 × 200 × 100 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Lawrence WEINER, A 36″ x 36″ removal to the lathing or support wall of plaster or wallboard from a wall, 1968, texte et matériaux référencés, dimensions variables, MoMA, NY
    • Robert MORRIS, Wall Hanging, 1969-1970, pièce de feutre suspendu au mur, 250 × 372 × 30 cm
    • CÉSAR, Expansion No 14, 1970, coulée de polyuréthane expansé, stratifié et laqué, 100 × 270 × 220 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Giuseppe PENONE, Soffio 6 (Souffle 6), 1978, terre cuite, 158 × 75 × 79 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Wolfgang LAIB, Pollen de noisetier, 1986, pollen de noisetier tamisé au sol, 230 × 260 cm, CAPC, Bordeaux
    • Jana STERBAK, Flesh Dress for an Albino Anorectic (Robe de chair pour albinos anorexique), 1987, MNAM, Paris
    • Tim NOBLE et Sue WEBSTER, Dirty White Trash (with Gulls), 1998, 6 mois de déchets, mouettes empaillées, projecteur, dimensions variables
    • Vik MUNIZ, Série Pictures of Garbage (Images d’ordures), 2008-2011, photographies. L’artiste recrée des œuvres d’art historiques avec des matériaux inhabituels (aliments, objets, déchets…), puis les photographie.
    • Bernard PRAS, La Vague (d’après l’œuvre d’Hokusaï), 2008, anamorphose réalisée à partir de divers objets, photographie
    • Antoni TÀPIES, Cos lligat, 2010, technique mixte et collage sur bois, 170 × 200 cm

    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la ressemblance : le rapport au réel et la valeur expressive de l’écart en art
    • la création, la matérialité, le statut, la signification des images : leurs propriétés plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques ; les différences d’intention entre expression artistique et communication visuelle, entre œuvre et image d’œuvre

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • la transformation de la matière : les relations entre matières, outils, gestes ; le pouvoir de représentation ou de signification de la réalité physique globale de l’œuvre
    • les qualités physiques des matériaux : les matériaux et leur potentiel de signification dans une intention artistique, leur nature et leurs caractéristiques, les notions de fini et non fini
    • l’objet comme matériau en art : la transformation, les détournements des objets dans une intention artistique

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


  • À vos aiguilles !

    À vos aiguilles !

    À la fin du XIXe siècle, les travaux d’aiguille s’extraient de la sphère domestique et émergent peu à peu dans le monde de l’art : au sein du mouvement Arts and Crafts, puis dans des avant-gardes européennes. Principalement utilisés par des artistes femmes, ils vont nourrir de nombreux travaux plastiques.
    Son usage dans l’art s’impose à partir des années 1970, en écho aux mouvements féministes. Détournant les usages des travaux d’aiguille, des artistes réalisent des œuvres soulevant une réflexion sur la condition des femmes et les rôles qui leur sont traditionnellement assignés.

    À vos aiguilles ! Piquez, percez, rayez, cousez, brodez, tricotez…

    #aiguille

    Malgré la caricature toujours actuelle du genre suggéré sous l’appellation de travaux d’aiguille, votre réalisation révélera un engagement artistique fort.

    Questions

    En quoi le choix et l’utilisation de l’outil déterminent-il la manière de créer ? Dans quelle mesure le geste et l’outil peuvent-ils être expressifs ?

    Références artistiques possibles

    • Johannes VERMEER, La Dentellière, peinture à l’huile, 24 × 21 cm, 1669-1670, Musée du Louvre, Paris
    • Milvia MAGLIONE, Dédicacé à L., 1973, objets cousus sur toile de lin brodée à la soie et peinte au pochoir par endroit, 239 × 155 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Annette MESSAGER, Ma collection de proverbes, 1974. Ma collection de proverbes consiste en une anthologie d’idées reçues sur la femme, brodées à la main par l’artiste sur des pièces de coton blanc.
    • Isa MELSHEIMER, Hyperboloïde, 2007, installation, fil à coudre, clous, dimensions variables. L’installation s’articule autour d’une forme hyperboloïde. Cette forme générée par la rotation de lignes parallèles autour d’un axe se déploie dans l’espace, créant un nouvel espace et suggérant une barrière légère et fragile.
    • Ilaria MARGUTTI, Mend faces V, 2008-2009, broderie sur coton, 50 × 50 cm
    • Muriel BAUMGARTNER, Corset rouge n°1 (série Mes Broderies), 2009, dessin et broderie sur papier, 33 × 33 cm. « Mon travail est à la fois biologique et autobiographique. Il s’agit d’une transcription graphique d’une expérience de corps, de mon propre corps. »
    • Julien SALAUD, Constellation du Faon, 2012, trophée de chevrette, clous, perles de rocaille, fil de coton, 60 × 25 × 35 cm.
    • Eliza BENNETT, A Woman’s Work Is Never Done, 2012/ 2014, série photographique. « Comme support d’un canevas, je brode la couche supérieure de la peau de ma propre main à l’aide de fil pour créer l’apparence d’une main incroyablement usée. En utilisant la technique de la broderie traditionnellement employée pour représenter la féminité et l’appliquer à l’expression de son contraire, j’espérais remettre en question la notion préconçue selon laquelle le travail des femmes est léger et facile. »
    • Rebecca HARRIS, Untilted (body modification), 2013, dimensions variables, cercle à broder, tissu imprimé et fil
    • Hinke SCHREUDERS, Works on paper #36, 2014, broderie sur papier marouflé sur toile de lin, 26 × 18 × 5,5 cm
    • Ghada AMER, Ma lune noire-RFGA, 2016, acrylique et broderie sur toile, 127,0 × 106,7 × 5,1 cm
    • Claire MORGAN, Murmurations, 2016, installation, polythène, nylon, plomb, acrylique, 500 × 1650 × 660 cm, Claire Morgan (claire-morgan.co.uk)
    • Sylvie SELIG, Abortion #1., 2018, feutre, broderie et poupée sur lin brut, 81 × 103 cm
    • Sylvie SELIG, Blindfold fall, 2018, feutre et broderie sur lin, 162,5 × 91,5 cm

    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la création, la matérialité, le statut, la signification des images : leurs propriétés plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • la transformation de la matière : les relations entre matières, outils, gestes
    • les qualités physiques des matériaux : les matériaux et leur potentiel de signification dans une intention artistique, leur nature et leurs caractéristiques, les notions de fini et non fini

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : le rapport d’échelle, l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Aiguilles et fils, photographie de Dan Cristian Pădureț, unsplash.com

  • Mon corps et rien d’autre… ou presque

    Mon corps et rien d’autre… ou presque

    Proposez une création centrée sur votre corps : votre corps sera le matériau de la production, tout en intégrant l’espace ou le contexte comme partie prenante de la réalisation.

    #corps #performance #event #body-art

    Questions

    Pourquoi l’auteur fait-il de son corps un médium artistique ? Comment l’artiste pourrait-il l’utiliser ? Dans quelles limites le corps de l’artiste doit-il être actif dans une production plastique ?

    Références possibles

    • GILBERT & GEORGE, The singing sculpture, 1970, performance, galerie Sonnabend à New-York, USA
      Les artistes debout, généralement sur une table, entonnent en playback une chanson populaire connue durant la Seconde Guerre mondiale. Leur visage est peint. Un gant et une canne constituent les accessoires qu’ils s’échangent à la fin de la chanson. Cette œuvre définira les bases de leur vie comme sculpture vivante. Elle permet aux élèves de comprendre l’un des principes de la performance : être dans le même espace, à un instant donné, pour être témoin de l’œuvre en train de se faire. Le corps de l’artiste devient un langage artistique, les limites entre l’art et la vie disparaissent
    • Dennis OPPENHEIM, Parallel stress, mai 1970, deux performances, sur une jetée de béton et sur le sol d’un dépotoir abandonné, Long Island, New York
    • ORLAN, Action ORLAN-CORPS – Le Baiser de l’artiste, performance, 1977

    • Liu BOLIN, Hiding in New York (série), série de photographies, 2011
    • Erwin WURM, One Minute Sculptures, performances, série de photographies, 1997 – 1998
      Erwin Wurm s’est d’abord fait connaître, dans les années 1990, pour son utilisation du vêtement, présenté de façon isolée ou en association avec le corps, selon des configurations inédites et absurdes. Étiré, porté à contresens, superposé à l’excès, il offre autant de nouvelles propositions d’enveloppes pour le corps et suggère d’improbables morphologies. Dans les « One Minute Sculptures », des objets pris dans un environnement immédiat et des modèles faisant preuve d’une certaine « docilité » sont associés sans hiérarchie les uns aux autres ou à des éléments architecturaux (murs, sol…), en intérieur ou en extérieur, pour former autant de sculptures provisoires, reposant sur un équilibre précaire
    • Willi DORNER, Bodies in Urban Space, performances, série de photographies depuis 2004
      S’immiscer dans un interstice, embrasser une colonne, s’imbriquer dans un banc, faire corps avec une porte : Willi Dorner (chorégraphe autrichien) invente de surprenantes sculptures humaines qui transforment la ville en un terrain de jeu.

    Questionnement(s)

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la relation du corps à la production artistique : l’implication du corps de l’auteur ; la lisibilité du processus de production et de son déploiement dans le temps et dans l’espace : traces, performance, théâtralisation, événements, œuvres éphémères, captations, etc.
    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public ; l’exploration des présentations des productions plastiques et des œuvres,
    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : le point de vue de l’auteur et du spectateur dans ses relations à l’espace, au temps de l’œuvre, à l’inscription de son corps dans la relation à l’œuvre ou dans l’œuvre achevée.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photographie de Dennis OPPENHEIM, 1970

  • Au pied de la lettre

    Au pied de la lettre

    La lettre a pour particularité de n’avoir aucune signification, de même elle n’est pas un son qui fait sens. Graphie sans lien avec le visuel ou l’expérience, au contraire des idéogrammes, elle n’existe que comme élément d’une chaîne. La lettre est liée à l’écriture et non au langage.

    Réalisez une écriture utilisant la lettre comme pur élément visuel et amenant le spectateur à comprendre la signification de votre réalisation sans nécessairement lire le mot écrit.

    #typo #signe #langage

    Questions

    Comment le mot peut-il construire du sens autre que textuel ? Dans quelle mesure l’utilisation de la lettre peut-elle ne pas être une écriture ? En quoi l’œuvre peut-elle induire une implication du spectateur ? Et dans ce cas, en quoi l’implication ou la participation du spectateur modifie-t-elle son statut ?

    Jan MANČUŠKA, Notion in Progress, 2010, bois, peinture, métal, parquet, caisson lumineux, projection,
    dimensions variables
    Tania MOURAUD, Wysiwyg (What you see is what you get), 1989-2007, peinture murale

    Références artistiques possibles

    • Kurt SCHWITTERS, Merzzeichnüng 54. Fallende Werte, 1920, aquarelle, gouache, encre, mine graphite, papiers et tissu collés sur papier, 30 × 22,5 cm
    • Raoul HAUSMANN, ABCD, 1923-1924, encre de Chine, reproduction de photographie et imprimés découpés, collés sur papier, 40,4 × 28,2 cm
    • René MAGRITTE, La Trahison des images, 1928–1929 , huile sur toile, 59 × 65 cm, ou Querelle des universaux, 1928, huile sur toile, 53,5x × 72,5 cm
    • BEN (Ben VAUTIER), Le magasin de Ben, 1958 – 1973, matériaux divers, 402 × 446 × 596 cm, centre Pompidou, Paris
    • Isidore ISOU, Signes fauves, 1961, huile sur toile, 46 × 8 cm
    • Andy WARHOL, Brillo Box, 1964, boîtes de contre-plaqué avec sérigraphie et acrylique, 43.2 × 43.2 × 35.6 cm chacune
    • Joseph KOSUTH, One and Three Chairs, 1965, installation, photographies, chaise
    • Joseph KOSUTH, Five Words in White Neon, 1965 , néon, 150 cm
    • Robert INDIANA, LOVE, 3,66 × 3,66 × 1,83 m, 1970, acier Corten
    • Richard BAQUIÉ, LE TEMPS DE RIEN, 1986, plaques d’impression, structure métallique
    • Tania MOURAUD, Wysiwyg (What you see is what you get), 1989-2007, peinture murale
    • Jesús Rafael SOTO, Pénétrables BBL Bleu, 1999, installation, métal, PVC, 400 × 450 × 600 cm
    • ROUSSE Georges, Irréel, Genève, 2003. Le mot semble barrer l’espace avec des lettres rouge de taille identique. Par l’illusion, l’artiste parvient à créer un second espace. L’artiste avoue que sa propre œuvre n’est pas réelle. L’artiste joue sur le paradoxe de l’illusion qu’incarne l’anamorphose.
    • Christian ROBERT-TISSOT, VOID, 2005, polystyrène, acrylique, câbles, moteurs, 100 × 580 cm, MAMCO, Genève
    • Jean DAVIOT, Vherbe, 2008, intervention éphémère dans l’herbe
    • Jan MANČUŠKA, Notion in Progress, 2010, bois, peinture, métal, parquet, caisson lumineux, projection, dimensions variables
    • Jenny HOLZER, I WOKE UP NAKED, 2019, installation, panneau à LED avec diodes bleues, verts et rouges, 358,1 × 14 × 14 cm
    • Barbara KRUGER, Thinking of You. I Mean Me. I Mean You, 2022-2023, MoMA, NY


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation : l’autonomie de l’œuvre vis-à-vis du monde visible ; art abstrait, informel, concret, etc.
    • la création, la matérialité, le statut, la signification des images : l’appréhension et la compréhension de la diversité des images ; leurs propriétés plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques ; les différences d’intention entre expression artistique et communication visuelle, entre œuvre et image d’œuvre.

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • les représentations et statuts de l’objet en art : la place de l’objet non artistique dans l’art ; l’œuvre comme objet matériel, objet d’art, objet d’étude.

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la relation du corps à la production artistique : l’implication du corps de l’auteur
    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : le point de vue de l’auteur et du spectateur dans ses relations à l’espace, au temps de l’œuvre, à l’inscription de son corps dans la relation à l’œuvre ou dans l’œuvre achevée

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Joseph KOSUTH, Five Words in White Neon, 1965 , néon, 150 cm

  • Point et ligne sur plan

    Point et ligne sur plan

    En 1926, le peintre Vassily KANDINSKY fait paraître un petit ouvrage intitulé Point et ligne sur plan. Il y présente sa théorie des formes enseignée au Bauhaus. Son propos : poser les règles internes, dégager la grammaire picturale qui régit l’acte de peindre. La création pour Kandinsky ne suit pas des critères aléatoires, mais apparaît comme un jeu formel libre, au sein de règles strictes.

    Proposez pour votre peinture une organisation non aléatoire des éléments géométriques qui la composeront, à savoir le « point» et la « ligne2 ». 

    #abstraction

    Point, ligne, plan pour Vassily KANDINSKY

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassily_Kandinsky

    1. Le « point » est dans la pratique une petite tache de couleur déposée par l’artiste sur la toile. Le point qu’utilise le peintre n’est donc pas un point géométrique, il n’est pas une abstraction mathématique, il possède une certaine extension, une forme et une couleur.
    2. La « ligne » est le produit d’une force, elle est un point sur lequel une force vivante s’est exercée dans une certaine direction, la force exercée sur le crayon ou sur le pinceau par la main de l’artiste.
    3. Le « plan originel » est en général rectangulaire ou carré, il est donc composé de lignes horizontales et verticales, qui le délimitent et qui le définissent comme un être autonome, qui va servir de support à la peinture en lui communiquant sa tonalité affective.

    Questions

    Comment peut-on organiser la surface dessinée, peinte d’une œuvre non figurative ? Dans quelle mesure l’œuvre peut-elle être une auto-citation de sa propre référence ? En quoi les potentialités plastiques et artistiques des constituants de l’œuvre peuvent-elles ne pas faire image ?

    Références artistiques possibles

    • Robert DELAUNAY, Disque simultané, 1913, huile sur toile, D : 134 cm, Basel, Collection Esther Grether
    • Alexander RODCHENKO, Composition au compas, 1915, crayon et encre sur papier, 43 × 26,2 cm, Mead Art Museum at Amherst College
    • Piet MONDRIANComposition en rouge, jaune, bleu et noir, 1921, huile sur toile, 59.5 × 59.5 cm, musée d’Art de La Haye- Pays-Bas
    • Vassily KANDINSKY, Composition VIII, 1923, huile sur toile, 140 × 201 cm, New York, Solomon R. Guggenheim Museum
    • Laszlo MOHOLY-NAGY, ZII, 1925, huile sur toile, 95,4 × 75,1 cm, New York, MoMA.
    • Richard Paul LOHSE, 6 rangées de couleurs verticales systématiques, 1972, huile sur toile, Musée de Grenoble. L’organisation de la grille répond aux contraintes d’un carré latin de 6 lignes et colonnes (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Carré_latin).
    • BMPT est le nom d’un groupe de quatre artistes : Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni, créé en décembre 1966, et dissous en décembre 1967.
      Dans ses peintures, le groupe BMPT marque le refus de communiquer le moindre message et s’abstient de toute émotion. Il revendique une répétition de motifs choisis :
      • Daniel BUREN : sur des toiles de store à bandes verticales alternées, blanches et colorées, d’une largeur de 8,7 cm et de 2,50 × 2,50 m, Buren recouvre de blanc les deux bandes extrêmes de la toile.
      • Olivier MOSSET : sur des toiles blanches de 2,50 × 2,50 m, Mosset peint, au centre, un cercle noir (diamètre intérieur : 4,5 cm, diamètre extérieur : 7,8 cm).
      • Michel ARMENTIER : sur des toiles blanches de 2,50 × 2,50 m, Parmentier peint à la bombe des bandes horizontales, alternées gris et blanc, le blanc (en réserve) étant obtenu par le pliage horizontal de la toile avant qu’elle ne soit peinte.
      • Niele TORONI : sur des toiles blanches de 2,50x × 2,50 m, Toroni applique des traces de pinceau No 50 à intervalles réguliers de 30 cm sur toute la surface.
    • Frank STELLA, Mas o Menos, 1964, poudre métallique dans émulsion acrylique sur toile, 300 × 418 cm
      Mas o Menos fait partie des Shaped Canevas (toiles mises en forme) réalisées par Frank Stella à partir du début des années 60.
      Ces œuvres se caractérisent par l’originalité de la forme de leurs châssis qui détermine l’orientation des motifs de l’espace pictural, des bandes colorées qui scandent la surface : l’espace intérieur obéit aux limites extérieures, il est comme déduit du cadre.
    • Sol LEWITT, Wall Drawing #2. Drawing Series II (A) (24 drawings), 1968 : Organisé au sein d’une grille, le Wall Drawing #2. Drawing Series II (A) (24 drawings) présente l’une des quatre sections d’un système fini de combinaisons. Vingt-quatre ensembles de seize carrés proposent ainsi, sur le mode du miroir (Mirror), les différentes permutations possibles de ligne droite positionnée dans les quatre directions géométriques fondamentales (verticale, horizontale, diagonale à 45 degrés de gauche à droite, et diagonale à 45 degrés de droite à gauche).
      Ce système est explicité par un diagramme inscrit au mur, à côté de l’œuvre.
      La technique utilisée est le crayon à mine, appliquée directement sur le mur (traité comme une page vierge) ; les mines sont taillées de manière spécifique et assemblées en faisceaux de trois pour tracer plusieurs lignes à la fois à intervalle régulier. Les dessins muraux de LeWitt reflètent tout à la fois l’extraordinaire cohérence de ses explorations systématiques (séries et combinaisons rigoureuses d’éléments géométriques) et l’étonnante diversité de sa pratique, aussi bien dans l’évolution des formes que des matériaux utilisés.
      Les dessins conçus pour être effectués par d’autres que l’artiste sont fondés sur :
      – un vocabulaire de départ restreint, avec des formes géométriques élémentaires, ligne droite ou non droite, ligne brisée, grille, carré, cercle, arc, etc.
      – une évolution du vocabulaire vers des formes plus irrégulières et complexes telles les courbes, les boucles et une évolution du traitement avec l’emploi du crayon à mine, du pastel gras, de l’encre de Chine, de la peinture acrylique ou encore du graphite.
      (source : fiche pédagogique du Centre Pompidou-Metz : Sol LEWITT Dessins muraux de 1968 à 2007)
    • Ernest T., Peinture nulle n°70, 1989-2009, acrylique sur toile montée sur châssis déformée, 61 × 61 × 10 cm

    Sol LEWITT, Drawing Series IV (A) with India ink washes (24 Drawings), March 1984, India ink wash

    Installation de l’exposition Sol LeWitt: A Wall Drawing Retrospective | MASS, Stockholm
    http://massmoca.org/sol-lewitt/


    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • l’autonomie du geste graphique, pictural, sculptural : ses incidences sur la représentation, sur l’unicité de l’œuvre, son lien aux notions d’original, de copie, de multiple et de série,
    • les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations : la différence entre images à caractère artistique et images scientifiques ou documentaires, l’image dessinée, peinte, photographiée, filmée, la transformation d’images existantes dans une visée poétique ou artistique,

    Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace :

    • l’hétérogénéité et la cohérence plastiques : les questions de choix et de relations formelles entre constituants plastiques divers, la qualité des effets plastiques induits ; le sens produit par des techniques mixtes dans les pratiques bidimensionnelles et dans les fabrications en trois dimensions,
    • l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets : création d’objets, intervention sur des objets, leur transformation ou manipulation à des fins narratives, symboliques ou poétiques ; la prise en compte des statuts de l’objet (artistique, symbolique, utilitaire, de communication) ; la relation entre forme et fonction,

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Détail de Composition VIII, Vassily KANDINSKY, juillet 1923, huile sur toile, 140 × 201 cm, Solomon R. Guggenheim Museum, New York

  • Éloge

    Éloge

    Éloge : paroles ou écrit à la louange de quelqu’un, de quelque chose, d’effectuer un jugement favorable à son endroit.

    Réalisez le portrait hommage au pochoir d’une femme illustre et proposez-en une présentation singulière qui donne du sens à l’éloge.

    #EPI #éloge #hommage

    Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI)

    Au cours d’ateliers transdisciplinaires, vous devrez concevoir puis créer l’exposition Mur de femmes. Vous serez conduits à :

    • identifier les artistes et les œuvres artistiques patrimoniales liés à un territoire, une période ou une société.
    • appréhender le parcours de ces artistes et mettre en relation la réalité des différentes cultures, leurs dimensions imaginaires et leur interprétation, dans le cadre du parcours d’éducation artistique et culturelle.
    • s’éprouver dans une démarche de création la dimension sensible de la pratique et la compréhension des œuvres et des langages artistiques et numériques.

    Les thèmes transdisciplinaires retenus sont :

    • la femme et la citoyenneté
    • le droit au vote (1944 pour la France)
    • l’égalité dans le travail
    • la parité en politique (2000)
    • l’égalité des chances, des droits
    • le corps de la femme (disposer de son corps)

    Objectifs

    Les objectifs de la séquence sont d’amener les élèves à :

    • expérimenter la technique du pochoir, être sensible à une pratique du street-art
    • concevoir un projet, faire preuve d’autonomie et d’initiative
    • s’interroger sur le dispositif de présentation dans l’espace urbain.

    Méthodologie pour réaliser le pochoir

    Exemple à partir d’un visuel de Guerrilla Girls
    1. Tout d’abord, recherchez le portrait photographique de la personnalité choisie dans votre moteur de recherche préféré. Le choix d’une image avec un fond neutre et uni est préférable.
    2. Après avoir ouvert la photographie dans le logiciel de retouche d’images, détourez le portrait, c’est-à-dire supprimez les parties secondaires de l’image afin de ne conserver que le portrait.
    3. Pour obtenir un résultat au plus proche du pochoir, ajustez le seuil de l’image. Dans GIMP, cliquez au-dessus de l’image : Couleurs > Seuil, dans Photoshop déroulez le menu Image et cliquez : Réglages > Seuil. Déplacez le curseur pour obtenir le résultat le plus convaincant avant de valider.
    4. Reproduisez (agrandissez si besoin) l’image sur le support cartonné prévu pour le pochoir. Améliorez le rendu, simplifiez-le.
    5. Découpez et détachez les formes noires à l’aide d’un petit cutter.
    Petit rappel : les parties noires de l’image sont les parties qui vont être coupées. Il est donc important de s’assurer qu’il n’y ait pas de parties blanches enfermées par le noir qui lors de la découpe se désolidariserait du support. Si c’est le cas, vous devez créer des languettes pour maintenir la partie susceptible de se décrocher.

    Christian GUÉMY aka C215

    C215, street artiste spécialiste du pochoir, s’exprime dans les rues du monde entier.

    À Paris, sur des boîtes aux lettres ou des armoires électriques, il repeint inlassablement les portraits régulièrement dégradés de Simone Veil ou d’Ahmed Merabet, le policier tué lors des attentats de Charlie Hebdo. Le lien entre tous ces portraits, ce sont les valeurs qu’ils portent, souligne-t-il.

    À Vitry, il peint les portraits d’invisibles, les déshérités, les pauvres, les sans-abri. Avec ses cartons découpés et sa peinture en spray, il intervient sur les murs des favelas de Rio, se rend au Rwanda pour honorer les justes et les rescapés du génocide, en Haïti pour alerter sur la guerre civile, en Ukraine pour témoigner de la violence des bombardements russes. 

    Dès le début, le projet de l’artiste va au-delà de sa propre personne : C215 est aussi le nom d’une association qui organise des expositions d’art urbain et publie des ouvrages témoignant de la vitalité de ce mouvement : graffs, pochoirs, tags mais aussi hip-hop, danse, slam, rap, vidéo… L’art urbain recouvre un foisonnement de formes et d’initiatives, dont les plus intéressantes témoignent d’un véritable engagement sociétal, précise-t-il.

    Réalisation de 2 boîtes aux lettres « Hommage à Simone Veil », C215, 2019, Nice

    Références artistiques possibles

    • Vénus de Willendorf, vers 24 000-22 000 av. J.-C., statuette en calcaire oolithique de 11 cm de haut – https://fr.wikipedia.org/wiki/Vénus_de_Willendorf
    • Vénus de Milo, vers 150-130 av. J.-C., statue en marbre de 202 cm,
    • J. Howard MILLER, We Can Do It!, 1942, affiche créée pour Westinghouse Electric Company en 1942 utilisant Rosie la riveteuse (Rosie the Riveter) : icône de la culture populaire américaine, symbolisant les six millions de femmes qui travaillèrent dans l’industrie de l’armement.
    • Eugène DELACROIX, La Liberté guidant le peuple, 1830, huile sur toile, 260 × 325 cm
    • Martial RAYSSE, Peinture à haute tension (portrait d’Elaine Sturtevant), 1965, huile et peinture fluorescente, construction-collage, 162,5 × 97,5 cm
    • Justyna KOEKE, Highheels Skulpturen, 2017, sculptures vivantes et performances, photographie
    • MISS TIC, L’homme est un loup pour l’homme et un relou pour la femme, 69 rue Buffon, Paris 5e, pochoir à la bombe
    • VHILS, Cesária Évora, 2019, Mindelo, Cap-Vert, île de São Vicente
    • GUERRILLA GIRLS, Reinventing the ‘F’ Word – https://www.guerrillagirls.com
    • JR, 4 décembre 2022, performance à New York, face au siège des Nations Unies, en hommage aux femmes iraniennes

    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la ressemblance : le rapport au réel et la valeur expressive de l’écart en art
    • le dispositif de représentation : l’espace en trois dimensions (différence entre structure, construction et installation), l’intervention sur le lieu, l’installation
    • la création, la matérialité, le statut, la signification des images : l’appréhension et la compréhension de la diversité des images ; leurs propriétés plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques ; les différences d’intention entre expression artistique et communication visuelle, entre œuvre et image d’œuvre

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : le rapport d’échelle, l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public ; l’exploration des présentations des productions plastiques et des œuvres

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Combinatoire

    Combinatoire

    Constituez une collection d’objets colorés (ou fragments d’objets) puis proposez-en une installation dont l’enjeu sera d’interroger la matérialité et la qualité de la couleur des matériaux dont les fragments sont faits.

    #couleur #matérialité #qualité #dispositif

    Vocabulaire spécifique

    • Combiner : mettre deux choses ensemble.
    • Collection : réunion d’objets ayant un intérêt esthétique, scientifique, historique, ou une valeur provenant de leur rareté.
    • Installation : œuvre d’art contemporain dont les éléments, de caractère plastique ou conceptuel, sont organisés dans un espace donné.
    • Typologie : démarche méthodique consistant à définir ou étudier un ensemble de types, afin de faciliter l’analyse, la classification et l’étude de réalités complexes.

    Questions

    Comment concevoir la mise en scène d’une collection où la couleur des objets en serait l’enjeu ? Dans quelle mesure votre réalisation plastique interroge-t-elle la couleur et sa matérialisation ? En quoi la perception de la couleur d’un matériau évolue-t-elle en modifiant sa quantité et sa qualité ? En quoi votre réalisation fait-elle sens pour le spectateur ?

    Méthodologie

    1. Travaillez en groupe de 2 ou 3. Mutualisez les fragments colorés.
    2. Juxtaposez, superposez-les (…) pour observer les effets produits. Faites plusieurs essais jusqu’à obtenir une organisation probante.
    3. Choisissez votre dispositif de présentation (: manière de présenter le travail artistique, d’associer plusieurs éléments entre eux).
    4. Photographiez votre installation.
    5. Intégrez vos prises de vue dans un diaporama. Expliquez ce qui fait sens dans votre réalisation.
    Tony CRAGG, Blue Horn, 1982

    Références artistiques possibles

    • Richard Paul LOHSE, 6 rangées de couleurs verticales systématiques, 1972, huile sur toile, Musée de Grenoble. L’organisation de la grille répond aux contraintes d’un carré latin de 6 lignes et colonnes (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Carré_latin).
    • Yves KLEIN, Relief Éponge rose sans titre (RE 36), 1960, pigment pur et résine synthétique, éponges naturelles et graviers sur panneau, 125 x 100,4 x 11,5 cm
    • ARMAN, Quand le vin est tiré, 1963, capsules, 163 cm x 123 cm
    • Sol LEWITT, Drawing Series III/2314/A & B, 1969, crayon et encre sur papier, 30,6 x 61,1 cm, MoMA, NY
    • Tony CRAGG, Blue Horn – Axt, 1982, installation comprenant 40 objets peints, 175 x 360 x 470 cm
    • Allan Mc COLLUM, Over Ten Thousand Individual Works, 1987-1989. 10 000 objets produits en série, mais tous uniques à partir de moules d’objets ménagers en caoutchouc combinés, acrylique sur hydrocal (mélange de plâtre et ciment).
    • Daniel FIRMAN, Simply red, sculpture, 2009, plâtre, vêtements objets. 230 x 140 x 120 cm
    • Dan Tobin SMITH, The First Law Of Kipple, 2014, installation immersive comprenant des milliers d’objets colorés sur 200 m2 à l’occasion du London Design Festival
    • Damien HIRST, Persil, 2015, métal, plastique, résine, LED, paquets de lessive, 214 x 128,5 x 65 cm
    • Carson Davis BROWN, #Mass, 2017, installation in situ, divers objets collectés sur place dans la grande surface (en bandeau)
    • Emmanuelle MOUREAUX, 100 colors no.36 « hitobito iroiro » for UNIQLO, 2021. L’installation est composée de 9 000 silhouettes de femmes dans 100 nuances de couleurs différentes, régulièrement alignées en grilles tridimensionnelles, remplissant une vitrine de UNIQLO GINZA store à Tokyo. Emmanuelle Moureaux (vimeo.com)

    Questionnement(s)

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux – la matérialité et la qualité de la couleur.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Corps, vidéo et performance

    Corps, vidéo et performance

    La performance offre un mode d’expression artistique de l’art contemporain, une pratique critique, où l’action réalisée en public par l’artiste constitue l’œuvre.

    S’y croisent de nombreux domaines artistiques : la danse et la chorégraphie, la musique et les pratiques sonores, le langage du geste construit par toutes les possibilités du corps, les dispositifs ouverts d’installations participatives ou immersifs, plaçant au cœur de l’œuvre l’expérience du spectateur.

    Selon les historiens, la performance puise ses racines dans les rituels ancestraux. Plus officiellement, elle s’est construite avec les œuvres du musicien John CAGE, les manifestes des futuristes Italiens et les représentations des dadaïstes (début du 20e siècle), ainsi que les œuvres immatérielles du mouvement Gutaï (Japon), la poésie sonore, les happenings d’Allan KAPROV et les femmes-pinceaux d’Yves KLEIN (fin 1950-début 1960) et les sculptures vivantes de Piero MANZONI (1960-1961).

    Demande

    Réalisez la captation vidéo d’une performance n’excédant pas 55 secondes. Cette dernière répondra à une mise en scène précise interrogeant le geste artistique.

    #vidéo #performance

    Objectifs

    Les objectifs de la séquence sont d’amener les élèves à :

    • comprendre les enjeux et mettre en œuvre les principes élémentaires de la performance
    • expérimenter la vidéo en posant la question du geste artistique, du point de vue de ce qui le motive, de son processus et de sa résultante

    Séance #1

    Échauffement

    1. Choisissez une locution imagée (idiomatique) utilisant de préférence un terme appartenant au champ lexical des arts plastiques (: sortir du cadre, brosser le tableau, mettre en abyme, prendre la pose…)
    2. Définissez-en le sens littéral
    3. Proposez une mise en images (: croquis) du sens défini
    4. Adaptez le projet dessiné à une forme vidéographique d’un unique plan séquence.
    5. Réalisez le storyboard, prévoir la mise en scène, les accessoires, etc.
    6. Expérimentez l’espace, répéter le jeu d’acteur du performeur
    7. Captez la performance

    Séance #2 et #3

    Réalisation de la captation de la performance interrogeant le geste artistique

    1. Choisissez, analysez et définissez votre geste artistique du point de vue sémantique, social, culturel, iconique, symbolique (carte mentale ou brainstorming)
    2. Réalisez des croquis qui vous serviront de support à la mise en scène
    3. Listez le matériel et les accessoires nécessaires à la réalisation de votre performance
    4. Répétez, améliorez votre jeu d’acteur du ou des performeurs
    5. Le jour J, organisez-vous pour la captation de la performance et ne vous précipitez pas.
    6. Prenez soin à la qualité de l’image (cadrage, mise au point, lumière, etc.) et faites attention aux éléments parasites (bruit, bougé, changement de luminosité, etc.)

    Références artistiques possibles

    • Vito ACCONCI, 3 Adaptation Studies (Blindfolded catching, Hand and Mouth, Soap and Eyes), 1970, films en super-8, noir et blanc, 3 min chacun, Coll. MACBA, Barcelone. Dans Three Adaptation Studies, Vito ACCONCI résiste physiquement à trois situations simples, mais inconfortables. Dans le premier film, l’artiste, les yeux bandés, tente d’esquiver une série de balles qui lui sont lancées. Dans le second, il essaie de garder les yeux grands ouverts alors que son visage est recouvert de savon. Et dans le troisième, il essaie d’insérer tout son poing dans sa bouche. Par ces actions impliquant une certaine adversité, il impose aux spectateurs la réaction des sens et du corps.
    • Peter CAMPUS, Three Transitions, 1973, vidéo, 4 min 53, Coll. MoMA. Lien vers Trois transitions – MoMA
    • Mona HATOUM, Performance Still, 1985, 1995, performance, photographie, tirage argentique à la gélatine sur papier, monté sur aluminium, 76 x 113 cm (détail en bandeau), Coll. Tate, Londres. L’artiste s’est fait connaître au début des années 1980 pour une série de performances et de vidéos qui utilisaient son propre corps comme lieu pour explorer la fragilité et la force de la condition humaine sous la contrainte. Performance Still enregistre l’une des trois performances de rue que Mona Hatoum a réalisées à Brixton pour l’exposition Roadworks organisée en 1985. La performance consistait en l’artiste marchant pieds nus dans les rues de Brixton pendant près d’une heure, avec des bottes Doc Marten attachées à ses chevilles par leurs lacets.
    • Pipilotti RIST, I’m not The Girl Who Misses Much, 1986, vidéo, 5 min. Cette vidéo pose les bases des recherches formelles de l’artiste : la combinaison de la musique et de l’image, la manipulation de la bande, l’utilisation des défauts de la vidéo, le montage serré, la dérision… Pour cette vidéo, l’artiste en plan serré et flou s’agite plus rapidement que la normale et chante d’une manière obsessionnelle, jusqu’à l’épuisement, les paroles de la chanson des Beatles Happiness Is a Warm Gun, écrite par John Lennon. Comme dans toutes les œuvres vidéo qui vont suivre, l’artiste ignore toute construction narrative au profit d’un travail plastique de l’image et de recherches sonores plus ou moins dissonantes.
    • Bruce NAUMAN, Anthro/socio, 1992, installation vidéo. Sur trois surfaces de projection et six moniteurs, la tête d’un homme est montrée dans différentes prises. Tout en tournant continuellement autour de son propre axe, dans une variété de tonalités, elle chante « Feed me, eat me, anthropology », « Help me, hurt me, sociology » et « Feed me, help me, eat me, hurt me ».
    • Bill VIOLA, The Greeting, 1995, installation vidéo inspirée de la Visitation du peintre maniériste Jacopo da PONTORMO, 10 min (temps réel dilaté 45 s)
    • Stephanie SMITH/ Edward STEWART, Mouth to Mouth, 1995, vidéo, Coll. Tate, Londres. Mouth to Mouth est une courte vidéo en noir et blanc illustrant une action répétée mise en scène par les artistes, Stephanie Smith et Edward Stewart. La vidéo de deux minutes et demie est bouclée et affichée sur un petit moniteur. La vidéo montre un homme, Edward Stewart, portant une chemise et un pantalon et allongé dans une baignoire sous l’eau. Alors qu’il relâche bruyamment son souffle et que des bulles remontent à la surface de l’eau, une femme, Stephanie Smith, se penche sur lui dans le cadre de la caméra et lui insuffle l’air de ses propres poumons. Elle se retire; il reste immobile en retenant son souffle…

    Questionnement(s)

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production – les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • L’œuvre d’un combat

    L’œuvre d’un combat

    Dans quelle mesure l’Art du 20e siècle témoigne-t-il des combats des femmes ? Qu’est-ce qu’une œuvre féministe ?

    Au cours d’ateliers transdisciplinaires, vous concevrez puis créerez l’exposition « Mur de femmes ».

    Thèmes transdisciplinaires retenus :

    • la femme et la citoyenneté
    • le droit au vote (1944 pour la France)
    • l’égalité dans le travail
    • la parité en politique (2000)
    • l’égalité des chances, des droits
    • le corps de la femme (disposer de son corps)

    Objectifs

    – Identifier les artistes et les œuvres artistiques patrimoniales liés à un territoire, une
    période ou une société.

    – Appréhender le parcours de ces artistes et mettre en relation
    la réalité des différentes cultures, leurs dimensions imaginaires et leur interprétation,
    dans le cadre du parcours d’éducation artistique et culturelle.

    – S’éprouver dans une démarche de création afin d’associer la dimension sensible de la
    pratique à la compréhension des œuvres et des langages artistiques et numériques.

    Références culturelles et artistiques possibles

    Femme au 20e siècle

    • Frida KAHLO, The Frame, 1938, huile sur aluminium, 28,5 x 20,7 cm, Centre Pompidou, Paris. L’œuvre est constituée en deux parties : l’autoportrait peint sur une fine plaque d’aluminium ; le fixé sous verre, peinture sous verre de production artisanale réalisée dans le village de Juquila au Mexique. Le fixé sous verre désigne la plaque de verre peinte et sert à encadrer le portrait, donnant ainsi le titre à l’œuvre
    • J. Howard MILLER, We Can Do It!, 1942, affiche créée pour Westinghouse Electric Company en 1942 utilisant Rosie la riveteuse (Rosie the Riveter) : icône de la culture populaire américaine, symbolisant les six millions de femmes qui travaillèrent dans l’industrie de l’armement.
    • Martha ROSLER, Semiotic of the Kitchen, 1975, vidéo, 6’09. « Je voulais dire alors que les signes imposés aux femmes étaient extrêmement réducteurs. La femme est impliquée dans un système de réduction extrême par rapport à ce qu’elle est en tant qu’être… »
    • Margaret ATWOOD, La Servante écarlate (The Handmaid’s Tale), 1985, roman féministe de science-fiction dystopique
    • Marjane SATRAPI, Persepolis, 2000-2003, bande dessinée autobiographique en 4 volumes. L’autrice y retrace les étapes marquantes qui ont rythmé sa vie, de son enfance à Téhéran pendant la révolution islamique à son entrée difficile dans la vie adulte en Europe.
    • Niki De SAINT PHALLE, La Mariée ou Eva Maria, 1963, grillage, plâtre, dentelle, jouets divers, 222 x 200 x 100 cm, Centre Pompidou, Paris
    • ORLAN, Le baiser de l’artiste, 1977, performance au Grand Palais (week-end de la FIAC)
    • GUERRILLA GIRLS, Do Women Have To Be Naked To Get Into the Met. Museum? 1989, sérigraphie sur papier, 28 x 71 cm, guerrillagirls.com (en bandeau)
    • Shadi GHADIRIAN, Like everyday, 2001-2002, série de photographies. Like everyday explore les attentes formulées des femmes mariées dans les sociétés traditionnelles, les condamnant à une vie de ménage, de repassage et de cuisine. Dans cette série la photographe n’utilise pas le tchador noir que l’on voit dans les images de l’Iran, mais plutôt les tchadors aux riches motifs, colorés, féminins et doux que les femmes portent traditionnellement à l’intérieur de leurs maisons pour recevoir des invités. Shadi Ghadirian superpose à ses sujets sans visage qui portent ces tchadors d’intérieur un équipement domestique : un fer à repasser, un balai, une bouilloire, une tasse de thé, des pots et des casseroles, des gants pour la vaisselle ou d’autres accessoires. Avec cette série, elle a commencé à être ouvertement critiquée par certains établissements publics iraniens, qui ont trouvé le travail trop critique. Plutôt que de confronter directement ses critiques, une fois de plus, elle a utilisé la réalité et l’humour en montrant les restrictions, y compris la censure. Cf. S Ghadarian
    • Randa MAROUFI, Les Intruses, 2018-2019, photographies et vidéo (6 min)

    Le sexe féminin

    • Gustave COURBET, L’Origine du monde, 1866, huile sur toile, 46,3 x 55,4 cm, Musée d’Orsay
    • Georgia O’KEEFFE, Red, Yellow and Black Streak (Stries rouge, jaune et noir), 1924, huile sur toile appartenant à la série de paysages du lac George, 101,3 x 81,3 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Marcel DUCHAMP, Feuille de vigne femelle (Female Fig Leaf), 1950-1951, plâtre peint en vert, 8,5 x 13 x 11,5 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Valie EXPORT, Aktionhose: Genitalpanik, 1969, photographie d’un happening réalisé dans un cinéma munichois en 1968, tirage offset sur papier, 69,8 x 49, 8 cm, photographie de Peter Hassmann, Centre Pompidou, Paris
    • Casey JENKINS, Casting Off My Womb (‘Vaginal knitting‘), octobre 2013, performance de 28 jours
    • Megumi IGARASHI (aka Rokudenashiko), Vagina Kayak, 2014, kayak conçu à partir d’un scan 3D. Son travail, insolite et non dénué d’humour, vise à casser le tabou de la représentation du sexe féminin.

    Les Intruses de Randa MAROUFI

    Des femmes occupent le temps d’une mise en scène l’espace public. Elles empruntent les mêmes gestes, les mêmes postures que ceux des hommes dans pareils lieux : elles jouent aux cartes, regardent un match de foot dans l’indifférence de l’écoulement du temps. Elles occupent les terrasses, se mettent en vitrines dans l’étrangeté d’un espace public d’exclusion, celle de genre.

    Site de l’artiste : https://www.randamaroufi.com/
    Fiche de Randa Maroufi

    Manifesto of fragility, 16e Biennale de Lyon
    Usines Fagor, Lyon (France)
    14.09.22 > 31.12.22

    Randa MAROUFI, Barbès, photographie couleur, 150×80 cm

    Questionnement(s)

    • La représentation ; images, réalité et fiction : l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son auto référenciation – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine