Willem VAN HAECHT (1593-1637), Apelle peignant Campaspe, vers 1630, huile sur panneau
Domenico REMPS, Cabinet de curiosités, 1690, huile sur toile
Sous quelles formes présente-t-on les collections ? Quelle est la spécificité de leurs mises en scène (présentation) ?
Après avoir choisi un objet, proposer sous la forme de croquis la présentation de la collection de ce dernier qui vous semble adéquate. Expliquer. Réaliser une maquette miniature de la collection. N’oublier pas légende, définition, date, n°, photographie, croquis, vitrine, inventaire…
Artistes et œuvres cités lors de la présentation orale du sujet :
Marcel DUCHAMP (Rrose Sélavy) Boîte-en-valise, 1935-1941, valise en cuir contenant des répliques miniatures, des photographies, et des reproductions en couleur de travaux réalisés par Duchamp, et un « original » (Large Glass, collotype sur Celluloïd), (69 items) en général 40,6 x 38,1 x 10,2 cm. The Museum of Modern Art, NY
Joseph CORNELL, Soap Bubble Set, 1936, boîte en bois vitrée et technique mixte, 40×36,2×13,9 cm
ARMAN, Home sweet home II, 1960, accumulation de masques à gaz dans une boîte fermée par un plexiglas, 130 x 150 x 25 cm
ARMAN (1928-2005), La vie à pleine dents, 1960, résine, métal, bois, accumulation de dentiers dans une boîte vitrée, 18 x 35x 6 cm
Bernd et Hilla BECHER, Winding Towers n°IV, 1975, photographies
Allan McCOLLUM, Plaster Surrogates, 1982-1984. installation
Christian BOLTANSKI, Les Habits de François C, 1972, 24 photographies
Reserve Detective Series, 1987, étagères en bois, boîtes en carton et photographies et collages encadrés, dimensions variable
Joan FONTCUBERTA, Projects 12 : Fauna, 1988, vue de l’installation
Damien HIRST, The Complete Medicine Cabinets, 1988-1997, installation
Jac LEIRNER, Names (Museums), 1989-1992, sac plastique, mousse polyester et tissu, 292 x 294 cm
Annette MESSAGER, Mes Vœux, 1988, 263 épreuves photographiques en noir et blanc suspendues
Andreas GURSKY, 99 Cent, 1999, photographie, 206,5 x 337 x 5,8 cm
Damien HIRST, The Void, 2000. verre, acier inoxydable, acier, aluminium, nickel, bismuth et résine, plâtre coloré et pilules peintes avec transferts à sec (ci-dessous)
Ben VAUTIER, Bizart Baz’art, réalisé pour l’exposition « Shopping : a Century of Art and Consumer Culture » du Schirn Kunsthalle de Francfort et de la Tate Modern de Liverpool, 2002.
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs. Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
En bandeau : vue de l’exposition Matrice au SHED, 2019. photographie de Marc Domage
Garde-robe : 1. Petite pièce ou armoire où l’on range les vêtements ; penderie. 2. Ensemble des vêtements d’une personne.
L’image que vous vous faites d’une garde-robe devient élément de votre production plastique (artistique). Proposez le projet* de votre création (: ce que vous avez l’intention de faire) sous la forme d’une maquette n’excédant pas plus de 30 cm dans sa plus grande dimension.
Les étapes de votre projet sont :
Identifier, sous la forme d’une carte mental, différents aspects des problèmes induits par la proposition : garde-robe..
Revoir et renseigner les démarches artistiques évoquées en classe, collecter des exemples, identifier les artistes et leurs œuvres.
Trouver et nommer l’idée qui ressort de vos investigations.
Concevoir la forme qui l’incarnera.
Références artistiques possibles :
Michel AUBRY, Gilets pare-balles, 1993, les sculptures en cire colorée reprennent des formes de patrons originaux de gilets provenant de divers pays en conflit.
Erwin WURM, Sculpture pull-overs, 1989-2002 (: il étire pulls, pantalons et autres vêtements qui deviennent sculptures).
Olga BOLDYREFF, Tricotins, 2002, dessins de fil (: silhouettes de chapeau, chaussures, gilet…).
Gilles TOUYARD, Série Enflures – portant de 4 vêtements, 1993.
Natacha LESUEUR – photographies faisant référence aux modèles de la mode et de l’industrie des produits de luxe ou aux catalogues de prêt-à-porter.
Louise BOURGEOIS, Untitled, 1996, tissu, os, caoutchouc et acier. Ce travail emploie un certain nombre de vêtements féminins – qui ont été récupérés dans la maison d’enfance de Louise Bourgeois – accrochés dans une grande salle par des os à un portique. C’est une méditation sur la mortalité. Les fragments de tissu représentent la figure humaine, l’extérieur, ce que nous mettons dessus ; les os sont ce qui est dessous. Dossier pédagogique du Centre Pompidou dédié à Louise Bourgeois.
Christian BOLTANSKI, Personnes, installation pour Monumenta 2010, Grand Palais, Paris (vue de l’installation en bandeau).
Louise BOURGEOIS, Untitled, 1996
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : l’objet comme matériau en art.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs. Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
France/ All Blacks à Eden Park, Auckland, en Nouvelle-Zélande, le 9 juin 2018
L’objectif du photographe a figé les joueurs au moment même où les défenseurs All Blacks bloque l’ailier du XV de France. Cet instantané garde cependant quelque chose de l’énergie qui emporte le jeu…
Action !
Pour répondre à cette injonction, vous mettrez en œuvre dans votre réalisation (bi-dimensionnelle) les opérations plastiques et les moyens qui vous paraissent les mieux adaptés pour rendre visible toute l’énergie des rugbymen.
L’évaluation portera sur la lecture de la re-présentation du mouvement (analytique et/ ou synthétique) et sur les notions mises en oeuvre à la traduction de celui-ci : épaisseur, transparence, disparition, effacement, bavure, rapidité, lenteur, violence, légèreté, pesanteur, calme …
Références possibles :
Edgard DEGAS, Danseuses, 1899
Le travail photographique de Eadweard MUYBRIDGE et Étienne-Jules MAREY,
Marcel DUCHAMP, Nu descendant un escalier, N°2, 1912,
Elliot ELISOFON, Marcel Duchamp descendant un escalier,
Arturo BRAGAGLIA, L’Éventail, 1928,
Jasper JOHNS, Plongeur, 1963,
Édouard LEVÉ, Sans titre, série Rugby, 2003, photographies (en bandeau)
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Éloge : paroles ou écrit à la louange de quelqu’un, de quelque chose. Mollesse : état, caractère de quelque chose, de quelqu’un qui est mou.
En utilisant un matériau inhabituel, vous produirez un travail plastique tridimensionnel : sculpture ou installation, faisant l’éloge de la mollesse, c’est-à-dire, témoignant du remplacement des matériaux traditionnellement durs (: bois, fer, pierre, etc.) par d’autres plus lâches, malléables, inconsistants (: textile, corde, caoutchouc, film plastique, etc.).
Lors de la verbalisation, les élèves seront amenés à s’interroger sur le dispositif de présentation, sur l’installation de leurs travaux.
Claes OLDENBURG, Typewriter, 1963, toile, kapok, bois et ficelle
CÉSAR, Expansion, 1968, polyuréthane
Robert MORRIS, Wall Hanging, 1969-1970, feutre lacéré, 250 x 372 x 30 cm (reproduit ci-dessus)
Eva HESSE, Contingent, 1969, fibre de verre et latex sur gaze, 350 x 630 x 109 cm
Robert SMITHSON, Glue Pour, 1970
Glue Pour de Robert Smithson, 1970 Contingent d’Eva Hesse, 1969
Questionnement(s) :
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière – les qualités physiques des matériaux.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Réalisez une production plastique qui donne sens à la proposition : faites votre « je/ jeu ».
Effectuez préalablement une recherche Internet sur le genre de l’autoportrait ; n’oubliez pas de les accompagner de croquis.
Life is so complex, Martial Raysse, 1966, plexiglas coloré opaque ou transparent découpé et moulé sur contreplaqué, 150,2×250 cm, Musée de Grenoble.
Évaluation
prise en compte du caractère ludique du projet (faites votre je/ jeu) ;
capacité orale à expliquer sa réalisation ;
capacité à élaborer une réponse complexe (existence de plusieurs niveaux de lecture).
Questionnement(s) : La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Guillaume-Benjamin Duchenne de Boulogne et son patient, Analyse électro-physiologique de l’expression des passions des arts plastiques
Repères sur l’art contemporain
Les évolutions technologiques et créatives, le miroir, la photographie (et son principe de reproduction), la vidéo.
Références artistiques possibles
Autoportrait aux gants (représentation distincte de soi, fin XVe), Albrecht DÜRER, peinture sur bois, 1498
L’Homme qui bâille, Franz Xaver MESSERSCHMIDT, buste en bronze, 1771-1781
Stimulation électrique, Guillaume DUCHENNE DE BOULOGNE, photographies, 1854
Autoportrait dans le camp (détail), Felix NUSSBAUM, huile sur toile, 1940
Life is so complex, Martial RAYSSE, plexiglas coloré, 1966
Big self-portrait, Chuck CLOSE, acrylique sur toile, 273×212 cm, 1967-1968
Self-Portrait, Andy WARHOL, acrylique and sérigraphie sur toile, 1966
The Singing Sculpture, GILBERT & GEORGE, performance, 1971
Dix portraits de Christian Boltanski, Christian BOLTANSKI, photographies, 1972
Hommage à Freud, Jean-Michel JOURNIAC, photographies, 1972
Saynètes comiques, La tache d’encre, Christian BOLTANSKI, montage de 5 épreuves et textes à l’encre blanche sur carton noir, 1974
Untitled Film Still, Cindy SHERMAN, photographie, 1978
Autoportrait en travesti, Andy WARHOL, polaroid, 1981
Second composite (Jane Fonda, Jacqueline Bisset, Diane Keaton, Brook Shields and Meryl Streep), Nancy BURSON, photographie, 1982
Self-Portrait, Andy WARHOL, polaroid, 1986
Les réveils, Pierrick SORRIN, vidéo, 1988
La folie à deux, méta-portrait, LAWICK et MÜLLER, photographies, 1992
Monster, Gordon DOUGLAS, diptyque photographique, 1997
Vanité, Gilbert GARCIN, photographie, 1998
Self-hybridation, ORLAN, 1999
Autoportrait de l’artiste, Mask II, Ron MUECK, technique mixte, 77,2×118,1×85,1 cm, 2001
L’ombre de moi-même, Philippe RAMETTE, installation, 2007
Autoportraits 1965/ 1 – ∞, Roman OPALKA, photographies, 1965-2011
Voir aussi la culture du selfie (: autoportrait photographique réalisé avec un appareil photographique numérique, un téléphone mobile puis téléversé sur les réseaux sociaux).
Lavatory Self-Portraits in the Flemish Style, Nina Katchadourian, photographies, 2010
Nina Katchadourian, en mars 2010, lors d’un vol long-courrier, a l’idée de se coiffer de papier hygiénique et de s’enfermer dans les toilettes de l’avion pour se prendre en photo. Le résultat : des autoportraits au style proche des peintures flamandes du XVe siècle. Depuis, Nina Katchadourian a multiplié les autoportraits : http://www.ninakatchadourian.com
Portrait, autoportrait, autobiographie et identité à travers l’art vidéo
imagespassages propose dans le cadre de son action d’éducation à l’image et aux nouveaux médias une initiation à l’art vidéo en classe par la présentation de monobandes d’artistes issues de son centre ressources sur le portrait, l’autoportrait, l’autobiographie et l’identité.
Aujourd’hui, de nombreux artistes continuent de perpétuer la tradition du portrait et de l’autoportrait à travers le médium vidéo, utilisant l’autofiction, l’autodérision ou la narration autobiographique, comme autant d’outils affichés d’une profonde quête identitaire. L’autofiction vidéo leur sert bien souvent à exhiber des fantasmes, des histoires personnelles ou des tragédies, tout en se parant d’un masque romanesque emprunté à la littérature.
Objectif cette intervention
Favoriser l’esprit critique : prise de conscience des différents systèmes médiatiques (monobandes, exposition avec découverte d’une installation), la capacité à distinguer réalité et représentation de cette réalité.
Analyser et décrypter une image :
Développer l’imaginaire et la sensibilité : montrer aux élèves différentes œuvres ou s’expriment des discours différents (contemplatif, narratif, descriptif)
Repères sur l’art contemporain dans l’histoire.
Introduction du portrait dans l’histoire de l’art classique
Le portrait et ses différents médiums : peinture, dessin, sculpture.
L’évolution du portrait : le portrait religieux qui représente le divin donc le non visible, les portraits royaux, les portraits bourgeois.
Les liens avec l’autobiographie et son développement au XIXe siècle en relation avec les sciences humaines.
Les évolutions technologiques et créatives, la photographie et son principe de reproduction, la vidéo.
Le portrait questionne l’identité et interroge le concept de la représentation.
En quête de soi
Les avant-gardes ont œuvré à l’édification d’un monde nouveau et ont relégué au second plan le sujet : le motif autant que l’individu. Dans l’après-guerre, temps des failles et de la désillusion, on tente de reconstruire le monde autour de l’homme, celui qui s’exprime comme celui qu’on représente. On constate un retour dans les œuvres à des formes qui révèlent un rapport au monde individualisé.
Photographie et psychanalyse transforment radicalement les enjeux du portrait, interrogent la fonction d’identité et exhibant les conflits internes qui tiraillent l’individu et menacent son intégrité.
Autoportrait
Apparu à la fin du Moyen-Âge, ce genre obéit pour l’artiste à des motivations diverses : pallier l’absence d’autre modèle, se présenter dans une position sociale, sonder le mystère de son être.
Dans le prolongement de cette tradition, Picasso multiplie les représentations du peintre au travail face à son modèle, mêlant souvent l’autoportrait professionnel à l’intimité de la relation amoureuse.
Francis Bacon tente de saisir la matière mouvante de son propre visage.
Beckmann avec ses 80 autoportraits réalisés entre 1899 et 1950 se situe dans la filiation de Rembrandt : la vision qui se dégage de l’ensemble est celle d’une existence frappée de discontinuité, d’un individu aux prises avec les aléas de l’histoire et avec ses propres troubles.
En 1948-49 Warhol se dessine avec un doigt dans le nez, corrigeant ironiquement ce visage qu’il n’a pas choisi. » Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n’avez qu’à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà. Il n’y a rien dessous. « .
ORLAN et sa pratique artistique : transformation de son corps, prothèses (lien avec la performance et le corps de l’artiste).
Double « je »
S’inventer un double et s’observer peut fournir un moyen d’assumer les multiples facettes de sa personnalité.
Chez Ernst dans un cycle de collage au début des années 30, il représente la figure de Loplop alias Hornebom alias Max Ernst. Par ce jeu d’identification, les frontières du sujet s’estompent.
Le dédoublement, l’artifice seul permet encore le portrait par une mise à distance. L’artiste est dans son œuvre, sans toutefois y être totalement.
Les artistes Gilbert & Georges cultivent également l’ambiguïté avec leurs ressemblances vestimentaires et physiques et multiplient les effets de permutation dans leurs compositions photographies fondées sur la répétition et la symétrie.
Jeux de genres et jeux de rôles
Duchamp s’invente un double féminin Rrose Sélavy et affuble La Joconde de moustaches.
Pierre Molinier dans la mouvance surréaliste poursuit avec ses photographies une identité morcelée : il s’y compose un personnage androgyne.
Dans ce travail sur soi passant par la métamorphose du corps : dès lors ce n’est plus tant l’identité qui est questionnée (quoique le visage soit recouvert de peinture comme chez Bruce Nauman) mais l’existence physique.
L’œuvre de Cindy Sherman prise dans son ensemble se présente comme une vaste galerie de personnage et de rôle qu’elle-même campe au prix de déguisements qui la rendent plus ou moins méconnaissable. Caméléon, elle arpente les scènes de la peinture ancienne, les films hollywoodiens, suggérant des bribes de narration laissées en suspens. Ce goût du travestissement ramène aux déguisements de l’enfance n’en est pas moins inquiétant par la scission de la personnalité qu’il suggère.
Bruce Nauman quand il se filme en train de faire des grimaces, se moque autant de lui même que de la croyance dans le pouvoir de transformation de l’art.
Les vidéos de Pierrick Sorrin le montrent dans des situations inconfortables voir grotesques et dénigrent la figure de l’artiste.
Mythologies personnelles et enquêtes de soi
Le nouveau roman est un nouveau type de narration où l’auteur ancre son récit dans le quotidien et se consacre à traduire une réalité psychologique que le personnage classique est devenu incapable de contenir.
Des artistes s’approchent de cette conception du récit, comme on le voit dans les biographies fictives construites de Boltanski ou d’Annette messager. Ils travaillent sur des données personnelles si communes que chacun peut y reconnaître une part de lui-même (enfance, image sociale de la femme).
Valérie Mréjen réalise des films, elle fait des portraits en demandant à des personnes de raconter leurs histoires qui font écho à la sienne (en lien avec ses origines).
Auto-fictions
Sophie Calle et son œuvre plus évidemment autobiographique fonctionnent sur des transferts d’intimité (Douleur exquise, No sex last night).
La photographe Nan Goldin rassemble depuis 1969 les pièces d’une autobiographie photographique : ses images documentent crûment sa vie intime et celle de son entourage.
Joel Bartoloméo enregistre en vidéo ses relations avec sa famille et son quotidien.
La distance entre l’art et le réel s’amenuise jusqu’à disparaître (relation également avec la littérature française actuelle : Angot)
Liens également avec les vidéos faites par des amateurs en ligne (Dailymotion, YouTube).
Le portrait et la réalité
Le réalisme du portrait interroge ce qui nous nous détermine ? Notre physique, notre nom, l’endroit où nous sommes nés, là où l’on vit ?
Les sérials portraits de Sigrid Coggins (artiste vidéaste d’Annecy).
Écart entre ce que nous croyons être, ce que nous voulons être, ce qu’autrui perçoit de nous : histoire de voir et d’être vu.
Le portrait dans notre société
Photographie d’identité nécessaire sur nos papiers pour nous « reconnaître ».
Le portrait robot.
L’identité personnelle et collective : aujourd’hui nous vivons dans un système de surveillance : vidéosurveillance avec les caméras dans les espaces publics, le fichage avec les téléphones portables et cartes bancaires.
Relation au voyeurisme et son retentissement dans les médias (la télé-réalité).
(Voir également les vidéos de Jans Peters, Carine Doerflinger qui met en scène son corps, les photographies de Valérie Belin, Florence Lambert, Euxyseme, Anne Katrin Dolven…)
Source imagespassage
* Détail de Do it Yourself (Violin) signé et daté au dos Andy WARHOL / 62′
crayon graphite et crayons de couleur sur papier, 76,2 x 101,6 cm, 1962.
Réalisez un selfie à l’aide de la tablette mise à votre disposition. Définissez ce qu’est un selfie, un autoportrait, évoquez ses différentes visées :
– Qu’est-ce qu’un selfie ?
– Que dire de cette quête d’identité ?
– Le portrait photographique est-il une simple représentation fidèle des traits d’un visage ?
– Je ne suis pas ce que les contraintes sociales et culturelles veulent faire de moi. Ça, ce n’est pas moi ! Corrigez cette image photographique.
Il existe actuellement chez un certain nombre de photographes une tendance à déconduire le portrait canonique. C’est ainsi qu’on s’efforce de dé-visager le visage, que ce soit par le flou, par l’agrandissement démesuré du détail, par la lacération de la surface sensible, etc. ; ou alors on se défait du visage comme tel, non pas dans une visée formaliste (par exemple afin de faire ressortir la plasticité du corps), mais pour mettre en avant la corporéité comme chair aux dépens de l’expressivité humaine ; le corps lui-même et souvent morcelé. Mais il ne s’agit là que d’une des tendances du portrait photographique actuel, et non pas d’une évolution qui témoignerait d’une mutation définitive ».
Remarque :
L’utilisation de l’intelligence artificielle est de plus en plus commune et nombreuses sont les sociétés digitales à intégrer cette technologie. Le site ThisPersonDoesnotExist.com, proposait sur sa page d’accueil à chaque visite un nouveau visage. Une utilisation banale peut-on penser, mais il faut savoir que chaque visage présenté n’existe pas.
Procédés envisageables :
recadrer, coloriser, retoucher, multiplier, changer de point de vue, surimpressionner, maculer, recouvrir, empâter, occulter, ombrer, simplifier, caricaturer, réticuler, postériser, accentuer…
Références possibles :
– Marcel DUCHAMP, Rrose Sélavy, 1921
– Michel JOURNIAC, Piège pour un travesti, Arletty, 1972
– Cindy SHERMAN, Untitled Film Still, 1975
– Arnulf RAINER, Van Gogh als Blinder, 1977-80
– Urs LÜTHI, Tableaux récents, 1977
– Duane MICHALS, Dr Heisenberg’s Magic Mirror of Uncertainty, 1998
– ORLAN, Self-Hybridations, 1998 (Art charnel selon ORLAN)
Verbalisation :
– L’image de soi est-elle changée ?
– Perçoit-on mieux votre personnalité ?
– Le ou les procédés utilisés enrichissent-ils votre démarche ?
Jean-Claude d’Yves Trémorin, photographie, 1986
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
En utilisant le portrait photographique proposé en référence, vous produirez un travail plastique témoignant d’une transformation allant du « photographique au pictural ». Attention, la couleur est obligatoire.
Publicity Still of Elizabeth Taylor, 1957, Collection of The Andy Warhol Museum
Verbalisation à partir d’une lecture des qualités et des notions plastiques présentes dans le document (: pose, cadrage, frontalité, grain, noir et blanc, etc.), afin de définir les écarts entre le photographique et le pictural.
Yan PEI-MING, Crâne, 2003, huile sur toile, 150×150 cm.
Bien que chinois, Yan Pei-Ming s’inscrit dans une grande tradition picturale occidentale. Puissants et massifs ses portraits tracés à larges coups de brosse témoignent d’une maîtrise du geste exceptionnelle.
Arnulf RAINER, Untitled (Death Mask), 1978, pastel à l’huile sur photographie en noir et blanc, 60,9 x 50,5 cm.
Arnulf RAINER, Spuk und Speib, peinture à l’huile et gouache sur photographie en noir et blanc, 59,8 x 49,5 cm (détail dans le bandeau).
Arnulf RAINER présente des photographies dans lesquelles il retravaille les portraits. Travaillant essentiellement sur le corps au travers du médium photographique, Arnulf Rainer opère scarifications, retouches, ajouts sur ces photographies retravaillées. Souvent proche d’un rituel religieux et morbide, ses interventions sont souvent violemment expressives.
Gérard FROMANGER, Bouge (de la série Questions), 1976, huile sur toile, 162 x 130 cm.
Jacques MONORY, Meurtre no10/2, 1968, peinture acrylique sur toile, 160 x 400 cm, Centre Pompidou, Paris.
John BALDESSARI, The Studio, 1987, peinture vinylique sur photographie noir et blanc, 122 x 160 cm.
Andy WARHOL, Silver Liz, diptyque, 1965, 101,6 x 203,2 cm, peinture synthétique émaillée et encre sérigraphique sur toile
.
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
« Je deviens un super-héros1 ou un super-méchant » Rendez visibles les pouvoirs de votre personnage en pleine action. _ Pour cela, vous vous photographierez costumé en super-héros (super-méchant) dans une mise en scène adaptée, puis vous retoucherez l’image numérique pour rendre visible le super pouvoir de votre personnage.
Contraintes : costume, mise en scène, photographie numérique, logiciel de retouche d’image numérique (utilisation obligatoire des calques).
Objectifs : codes de la narration, iconographie du héros, cadrage, point de vue, effets numériques…
Références possibles : Second Life, World of Warcraft, le cosplay2, Ready Player One, Pierre Huyghe, Jean-Luc Vilmouth, Mariko Mori, Gilles Barbier.
Termes abordés lors de la verbalisation : fiction, monde irréel, virtuel, comics, manga.
Proposition de séquence Créations numériques, Chambéry, académie de Grenoble, 2008
1 Le terme super-héros désigne un type de héros fictif extraordinaire, que l’on retrouve principalement dans les bandes dessinées américaines (comics). Un super-héros possède au moins deux des trois caractéristiques suivantes :
Il a des capacités extraordinaires (force physique surhumaine, rapidité hors du commun…) communément appelées super-pouvoirs.
Il possède une double identité : celle d’une personne normale et celle, secrète, de super-héros.
Quand il effectue des actes héroïques, il porte un costume distinctif, qu’il abandonne momentanément quand il reprend ses activités d’individu ordinaire.
2 Cosplay : mot-valise composé des mots anglais « costume » et « play », le cosplay est un loisir qui consiste à jouer le rôle de personnages de manga, de comics, de bande dessinée, d’animation japonaise, de dessin animé, de séries, de films, de jeux vidéo en imitant leur costume, leurs cheveux, leur maquillage et leurs accessoires.
Très courante au Japon, cette pratique n’est pas rare aux États-Unis ou en Europe lors des conventions et autres festivals de mangas ou de science-fiction. Cette pratique est née aux États-Unis, créée par les fans de Star Trek puis de Star Wars qui se costumaient en personnages pour la sortie des films, mais a connu une très grande expansion au Japon, pays qui organise désormais un événement international, le World Cosplay Summit, à l’initiative de la chaîne Aichi Television Broadcasting.
#artiste, #comic, #manga, #super-héros
Pierre HUYGHE Pierre Huyghe explore les structures narratives dans la culture populaire, mettant l’accent sur la relation ambiguë entre la réalité et la représentation, entre la mémoire et l’histoire. En 1999 il acheta les droits d’un personnage manga, du nom de Ann Lee, et la mit à disposition dans le cadre d’un projet de longue haleine, No Ghost Just a Shell (en collaboration avec Philippe Parreno), où des artistes pouvaient l’adopter. Dans Two Minutes out of Time et One Million Kingdoms Huyghe lui donna vie lui-même.
Stan LEE (28 déc. 1922, 12 nov. 2018) Stan Lee est un scénariste, éditeur américain, directeur émérite de Marvel Comics, et mémorialiste qui avec plusieurs autres artistes et co-créateurs, principalement Jack Kirby et Steve Dito, introduisit des personnages complexes et réalistes par le caractère dans les comics de super-héros, à l’intérieur d’un univers partagé. Il créa ou co-créa Daredevil, le Dr Strange, Hulk, Iron-Man, les Quatre Fantastiques, Spider-Man, les X-Men parmi d’autres personnages et conduisit l’expansion de Marvel Comics d’une petite maison d’édition vers une corporation multimédia.
Mark NEWPORT
né en 1964, vit et travaille actuellement à Mesa et enseigne à Tempe à l’Arizona State University School of Art.
Pendant des siècles, le tricot a été associé au féminin. L’artiste Mark Newport, perçoit le tricot et même du point de vue interne aux arts textiles d’une tout autre manière. Pour lui, il est symbole pour comprendre la masculinité et la force brutale – et les improbables moyens par lesquels ils sont en mesure de créer le symbole de la garde-robe super héros. Grâce à des méthodes traditionnellement associées à l’identité culturelle de la femme, Newport montre, pour la première fois dans une exposition personnelle (Super Heroics, 2005, https://asuartmuseum.asu.edu/), ses propres idées sur l’identité masculine dans la société américaine.
*L’Hospice, Gilles BARBIER, installation, 2002
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique. Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Concevez, modélisez puis imprimez en 3D une unité d’habitation* pour insectes.
Installez-la (greffez-la) dans le lieu retenu.
Il y a deux préalables à la construction :
Le choix du lieu et du support sur lequel l’ensemble sera greffé. Ce peut être, dans le collège, la rampe d’un escalier, la grille de la cour, le tronc d’un arbre, un angle de couloir, etc.
La taille des « occupants », qui sera l’unité de mesure pour la hauteur des orifices et la dimension des volumes intérieurs.
S’ajoute à ces deux incontournables à déterminer la fonction de cette construction greffée : se protéger, s’abriter ? Se dissimuler tout en gardant un point de vue sur l’espace environnant ? Accueillir quelques occupants, une colonie, un essaim ? Conserver un bien précieux ? Avoir une autre fonction ?
Le développement de votre projet sera facilité par la réalisation obligatoire de croquis ou de photomontages, ces derniers permettront, en effet, d’entrer dans le monde de la fiction quant aux lieux, aux supports et aux matériaux utilisés sans aucune contrainte informatique.
Vous serez questionné sur l’intégration de l’unité d’habitation dans son espace réel, les rapports d’échelle, les écarts entre le projet et sa réalisation en situation.
Références possibles :
Tadashi KAWAMATA, Tree Huts at Place Vendôme, 2013, installation in situ, bois, dimensions variables, FIAC Hors les murs.
Adepte des métamorphoses urbaines douces, éphémères, l’artiste modifie les espaces sur lesquels il intervient, en créant des excroissances, comme des nacelles nichées en hauteur, des ponts suspendus, des observatoires. La cabane (nommée Hut ou Tree Hut), qu’il convoque dans de nombreux projets à travers le monde, fait partie intégrante de son langage plastique.
Antti LOVAG, Palais Bulle (Espace Cardin),Théoule-sur-Mer, 1988-1992, façade est, dessin, encre sur calque.
« Je ne me considère pas comme architecte, je veux être habitologue. […] Cela exige l’analyse de ce qui constitue la vie quotidienne dans toute sa complexité. […] La conception en 3D sur ordinateur et l’exécution des formes par de nouvelles machines-outils donnent maintenant toutes les libertés nécessaires. » Extraits de propos d’Antti Lovag recueillis pour le magazine américain Nest n°20, mars 2003 et publiés dans la revue Habitat #23.
Hubert DUPRAT, Larve de trichoptère avec son étui, 1980-2000, vue d’exposition, or, perles, turquoises, 2,5 cm.
Hôtels à insectes, Jardins des Grands-Moulins – Abbé-Pierre, Paris XIIIe.
Bernard FÉRAILLE, Cabane-œuf ou Le Nid du Marsupilami, Cotignac.
Les constructions du Jardinier brun (Amblyornis inornata), de la Fourmi tisserande (Oecophylla smaragdina), du Spinifex termite (Nasutitermes triodiae), du Tisserin Baya (Ploceus philippinus), du corail…
*Unité d’habitation : L’unité d’habitation est le nom donné à un principe moderne de bâtiments d’habitation développé par Le Corbusier. L’unité d’habitation est conçue sur le principe du Modulor, système de mesures lié à la morphologie humaine basé sur le nombre d’or et la suite de Fibonacci.
_ Rosa De Jong vit et travaille à Amsterdam. En parallèle de son travail en illustration et communication, elle a développé un projet, baptisé « Micro Matter ». Ces miniatures sont réalisées à partir de carton et de matières naturelles comme des cailloux, de l’écorce, de la mousse… Ces mini installations ont une poésie et une légèreté qui nous plongent dans un univers féérique et contemplatif.
Questionnement(s) :
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine