Catégorie : Mon cahier de quatrième

  • Portrait de groupe… Chaotique

    Portrait de groupe… Chaotique

    Le portrait de groupe est, dans la peinture, la photographie, une scène de genre représentant plusieurs personnes – une famille, un groupe d’amis, etc. –, incluant ou non l’artiste lui-même, en suivant pour chacune les règles du portrait individuel.

    1ère partie

    Découvrez ci-après sur Wikipédia des œuvres caractéristiques de ce genre :

    En quoi ces tableaux relèvent-ils du genre du portrait ? Quelle est la place du sujet photographié, ou, plutôt, comment apparaît-il, dans l’espace de l’image ?

    Composition

    « La composition est une opération de la peinture par laquelle, dans une œuvre, on réunit les différentes parties. » — Alberti, De pictura, 1435
    La composition est l’organisation des éléments visuels à l’intérieur des limites d’une image. Elle s’envisage comme pratique et réflexion au moment de la réalisation de l’image ou comme sujet de l’analyse d’une image existante.

    Les éléments visuels pris en considération pour composer l’image :

    • la forme du cadre et ses proportions ;
    • la ligne : le chemin visuel qui permet à l’œil de se déplacer dans le tableau ;
    • la direction : les itinéraires visuels ;
    • la forme : un espace géométrique ou organique ;
    • la couleur et le ton : avec leurs diverses valeurs et intensités,
    • les lumières et ombres ;
    • les dimensions et proportions des formes les unes avec les autres ;
    • la perspective : l’expression de la profondeur.

    ATTENTION !
    ORGANISER : combiner, disposer, arranger des éléments d’un ensemble dans l’espace. 
    COMPOSER : former un tout par assemblage ou combinaison de divers éléments ou parties.

    En respectant la définition et en tenant compte des exemples donnés, proposez la photographie d’un portrait de groupe.
    Pensez la composition de l’image, travaillez sur l’espace dans lequel les personnages sont mis en scène. Pour cela, réalisez quelques croquis préparatoires.
    Lors de la prise de vue, soyez attentif à votre cadrage, à la mise au point, à la profondeur de champ, à l’éclairage.

    2ème partie

    Le dictionnaire définit le chaos de la manière suivante : confusion ou néant des éléments de la matière qui précède la création du monde (chaos originel) ; grand désordre, confusion générale.

    Tout d’un coup, un événement extérieur à la scène produit un très grand désordre. C’est le chaos. Proposez dès lors une nouvelle photographie de votre portrait de groupe en tenant compte de cette circonstance.
    Présentez les deux clichés sous la forme d’un diptyque comme une réponse possible à « ordre/ désordre » ou « composition/ organisation ».

    En quoi l’image relève-t-elle encore du genre du portrait ? Comment organisez-vous les corps photographiés entre eux et dans un même cadre ? Cette photographie fait-elle partie du domaine artistique ? Ne présente-t-elle pas les conditions pour rentrer dans la catégorie des « ratages » ? En quoi le diptyque nous incite-t-il à ne pas la classer dans la catégorie des images ratées ?

    • Jérôme BOSCH, Le Portement de Croix, 1515-1516, huile sur bois, 76,7 x 83,5 cm
    • Giulio ROMANO, La salle des Géants, 1525-1536, plafond de la salle des Géants du Palais Te, Mantoue, Italie
    • Caspar-David FRIEDRICH, La Mer de Glace (Le Naufrage), 1824, huile sur toile, 97 x 127 cm
    • Eugène DELACROIX, La Mort de Sardanapale, 1827 huile sur toile, 392 x 496 cm, Musée du Louvre, Paris,
      https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/la-mort-de-sardanapale
    • Jeff WALL, The Destroyed Room, 1978, photographie cibachrome, 158,8 x 229 cm
      Dans Photographie Arte, documentaire vidéo de présentation de son travail, Jeff Wall explique le rapprochement de The Destroyed Room à La Mort de Sardanapale (1827) d’Eugène Delacroix.
    • Bernard FAUCON, Le Banquet, 1978, photographie
    • Jeff WALL, A sudden Gust of Wind (after Hokusai), 1993, photographie cibachrome, caisson lumineux, 229 x 377 cm
    • Annette MESSAGER, Articulés-désarticulés, 2001-2002, installation, pantins automatisés en tissu, cordes, poulies, moteurs, bois, câbles métalliques, ordinateur et logiciel informatique, 3 piques en bois, 6 colonnes en tissu, 20 lampes et 4 projecteurs, enclos avec piquets métalliques, 560 x 1500 x 1400 cm
    • Édouard LÉVÉ, Rugby, 2003, série photographique
    • Ryan SCHUDE, Photo Camp, 2009, photographie
    • Gérard RANCINAN, Le Festin des barbares, 2013, photographie de la série La trilogie des Modernes, tirage argentique sous Diasec® encadré d’un aluminium noir, 235 x 350 cm

    En appui sur des références artistiques, cette séquence vous a invité à engager une réflexion sur les représentations du corps dans l’art.
    Elle vous a permis de comprendre que, selon les actions plastiques engagées – performance, couleurs, rapport au réel, l’œuvre véhicule sens et message.
    Elle vous a amené à vous interroger sur l’identité ou le portrait en tant que tel et sur ce qu’il peut donner à voir au spectateur.


    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la narration visuelle – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Que d’eau !

    Que d’eau !

    À l’origine de cette proposition, l’exposition, Que d’eau ! en 1998 à l’espace d’art contemporain Faux Mouvement, à Metz
    « Les poissons rouges d’Alain FLEISCHERl font des ronds dans l’eau de la Mer de Chine, pendant que le flux et le reflux de la Vague d’Ange LECCIA emmènent le spectateur au bord de l’océan et que David BOENO l’invite à observer dans l’eau l’image de l’astre. Les nageurs de David MACH essaient de se mouvoir dans une piscine imaginaire et étriquée, alors que Roland FISCHER réalise ses portraits sur le fond bleu d’une piscine. Peter KNAPP photographie la Manche et la Méditerranée, Patrick TOSANI met en scène la pluie, Lisa MILROY peint la plage pendant que le personnage de Filip FRANCIS contemple la mer… »
    Faux Mouvement – http://www.faux-mouvement.com

    L’eau, sujet iconographique ou matériau constitutif d’installation, évoquée ou suggérée, peinte ou photographiée, l’eau sera le fil conducteur de votre travail plastique.

    Quels rapports l’Art entretient-elle avec cet élément ? Comment l’eau peut-elle être représentée ? Par quels moyens plastiques ?
    En appui sur des références artistiques, cette séance questionne la façon dont les matériaux, les couleurs ou les formes peuvent être utilisés pour matérialiser un élément presque immatériel.

    Attention inondation interdite ! 

    La pluie virgule de Patrick TOSANI appartiennent à la série Les Écritures de pluies. Réalisée en studio, en 1986, cette séquence de pluie artificielle se livre sous la forme d’une capture décontextualisée, isolée de tout repère spatio-temporel mais qui, selon les prises, est soulignée par de larges volumes en plexiglas transparents reproduisant des signes de ponctuation.

    Dans un premier temps, réalisez dans votre bloc-notes d’arts plastiques quelques croquis préparatoires de la réponse que vous envisagez. Faites également des essais. Commentez-les en pointant ce que vous avez obtenu et les qualités que vous avez produites.
    Ensuite parmi les références proposez ci-après, vous choisirez celle qui vous semble être la plus proche de votre projet et vous expliquerez le lien que vous faites entre votre production à venir et l’œuvre choisie.
    Produisez maintenant votre réalisation finale. N’oubliez pas de la documenter en prenant régulièrement des photographies à l’aide de votre smartphone, tablette ou appareil photo numérique.

    Références artistiques possibles :

    • Naissance de Vénus, fresque dans la maison de Vénus à la coquille, 3e-4e siècle, Pompéi
      Cette fresque de style pompéien est inspirée de celle peinte par APELLE dans l’île de Cos, dont il ne reste aujourd’hui que la description. La déesse est représentée sur une coquille, nue, les cheveux coiffées et portant de riches bijoux. Elle retient de ses mains la voile qui, gonflée par le vent, la fait avancer.
    • Sandro BOTTICELLI, La Naissance de Vénus, 1484-1485, tempera maigre, 172 x 278 cm
      https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Naissance_de_Vénus_(Botticelli)
    • BRUEGHEL L’ANCIEN, La Chute d’Icare, 1558, 73,5 x 112 cm
      https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chute_d’Icare
    • Caspar David FRIEDRICH, Le Moine au bord de la mer, 1808-1810, huile sur toile, 110 x 171,5 cm
    • HOKUSAI, La Grande Vague de Kanagawa, 1830-1831, estampe, 25,7 x 37, 9 cm
      https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_Vague_de_Kanagawa
    • William TURNER, The Slave Ship, 1840, huile sur toile, 90,8 x 122,6 cm
    • Auguste RENOIR, La Vague, 1879, huile sur toile, 64 x 99 cm
    • Claude MONET, Les Falaises d’Étretat, 1885, huile sur toile, 65 x 81,1 cm
    • Nils UDO, Maison d’eau I, 1982, installation in situ, troncs d’épicéa, branches de bouleaux, osiers, Mer du Nord, Allemagne
    • David MACH, Aquarium, 1983, 924 bouteilles en verre, colorant, eau déminéralisée, 29 x 442 x 206 cm
    • Patrick TOSANI, La pluie virgule, 1986, 120 x 160 cm, photographie cibachrome
    • Ange LECCIA, La Mer, 1991, vidéo muette (photo en bandeau)
    • Leandro ERLICH, Swimming Pool, 2001, installation, œuvre d’expérimentation
    • Bill VIOLA, Le Déluge, 2002, vidéo
      https://youtu.be/TTJy6NxvKx8
    • Hans HAACKE, Condensation Cube, 1965-2006, cube en plexiglass de 76 cm de côté
    • Bruce NAUMAN, Three Heads Foutain (Three Andrews), 2009, fontaine suspendue
    • Bill VIOLA, The Dreamers, 2013, installation de sept écrans vidéo
      https://cdn.reseau-canope.fr/archivage/valid/N-8566-12118.pdf

    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière – les qualités physiques des matériaux – la matérialité et la qualité de la couleur.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques individuels.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Détour

    Détour

    Rappel de la dernière proposition :
    1 mètre de fil de fer devient sculpture.
    Tirer des lignes et dessiner dans l’espace en utilisant de nouvelles méthodes…

    Détournez le projet précédent. Imaginez que le fil prenne vie sous vos yeux et devienne la sculpture.
    Dans ce cas que montreriez-vous ?
    L’iPad mis à votre disposition vous permettra ici de réaliser un stopmotion de la scène imaginée.

    L’oral avec les élèves s’articule autour des questions se rapportant au parcours, parfois au détour, ou au processus créatif plutôt qu’à la sculpture finale.
    Dans quelle mesure la réalisation devient-elle le seul objet d’exposition ?
    Comment mettre en valeur le processus ? Qu’en est-il de sa perception a posteriori  ?
    En quoi les actions peuvent-elles être définies comme une œuvre d’art réelle ?

    Références artistiques possible :

    • Alexander CALDER, Le Cirque, 1926-1931, spectacle
    • Alexander CALDER, The Brass Family, 1929 (en bandeau)
    • Hans NAMUTH, Jackson Pollock: II. Jackson Pollock Peaks, 1951, 10 min
    • Henri-Georges CLOUZOT, Le mystère Picasso, 1955-56, 78 min
    • Joseph BEUYS, I like America and America likes Me, performance du 21 au 25 mai 1974, galerie René Block, New York
    • Peter FISCHLI et David WEISS, Le cours des choses (Der Lauf der Dinge), 1988, 30 min

    Questionnement(s) :

    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre .

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

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    1 mètre de fil de fer devient sculpture.
    Tirer des lignes et dessiner dans l’espace en utilisant de nouvelles méthodes…

    Quelles différences notez-vous avec le dessin à plat ? Quels problèmes rencontrez-vous ? Comment adaptez-vous le système linéaire au volume ?

    Termes utilisés lors des échanges : ligne, linéament, fil, écriture, volume, déploiement, vide, transparence, immatérialité, lumière et ombre.

    Références artistiques possibles :

    • Naum GABO, Tête #2, 1916 (1964), acier, 176 x 1240 x 1243 cm, 192,2 kg
    • Julio GONZALES, Femme se coiffant, 1931, sculpture en métal, socle en pierre, 168,5 x 54 x 27 cm
    • Antoine PEVSNER, Construction dans l’espace, 1933, verre, métal, 90 x 95 x 75 cm
    • Alexander CALDER, Fish Bones (Arêtes de poisson), 1939, tôle, tiges et fils métalliques peints, 207,2 x 192 x 137,1 cm
    • David SMITH, Cubi X, 1963, acier inoxidable, 308,3 x 199,9 x 61 cm
    • Tomohiro INABA, Promesse des étoiles, 2011, acier, 180 x 150 x 100 cm (en bandeau)
    Alexander CALDER, Joséphine Baker, fil de fer, 134,5 x 25,5 x 23 cm, 1929

    Questionnement(s) :

    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Je le vois ! je ne le vois plus !

    Je le vois ! je ne le vois plus !

    À partir d’un dessin personnel ou d’une image numérique libre de droit que vous aurez préalablement choisie sur Internet, créer une animation dans GIMP mettant en évidence l’effet d’apparition, de disparition et de mouvement sous-entendu dans la proposition : je le vois, je ne le vois plus !

    Références techniques proposées à propos de l’animation :

    • Planche de zootrope : jouet optique inventé en 1834 se fondant sur la persistance rétinienne et l’effet phi, le zootrope permet de donner l’illusion de mouvement d’un personnage dessiné.
    • Folioscope (1860) ou flipbook : petit livret de dessins ou de photographies qui représentent une scène en mouvement (par exemple, un personnage ou un animal). Feuilleté rapidement, un folioscope procure à l’œil l’illusion que le sujet représenté est en mouvement
    • Praxinoscope (1876) : jouet optique donnant l’illusion du mouvement et fonctionnant sur le principe de la compensation optique.
    • Dessin animé (1892) : un film d’animation consistant à communiquer aux spectateurs l’illusion du mouvement de personnages ou d’objets en enregistrant image par image une suite de dessins représentant les différentes phases de ce mouvement.
    • Stopmotion (1897) : technique d’animation utilisée avec des objets réels. Différents types d’objets sont utilisés à cette fin : des figurines articulées, des maquettes articulées, du papier plié, de la pâte à modeler, etc.
    • Pixilation : technique d’animation en volume, où des acteurs réels (ou des objets) sont filmés image par image.
    • Rotoscopie (1915) : technique cinématographique qui consiste à relever image par image les contours d’une figure filmée en prise de vue réelle pour en transcrire la forme et les actions dans un film d’animation. Ce procédé permet de reproduire avec réalisme la dynamique des mouvements des sujets filmés.
    • .gif (1987) : format d’image numérique couramment utilisé sur le web.

    Depuis le milieu des années 1990, l’Internet est un espace actif d’expérimentations artistiques. L’art en ligne utilise ainsi le réseau comme support de diffusion, mais aussi et surtout comme espace de création et d’existence même de l’œuvre. D’un point de vue technique, cette forme de pratique artistique implique l’infrastructure, les langages de programmation et les protocoles de l’Internet.
    L’art GIF est l’une des nombreuses formes de l’art numérique. La technologie du GIF animé de plus en plus avancée au fil des ans, une nouvelle génération d’artistes s’est concentrée sur l’expérimentation de son potentiel de présentation de la créativité sur le World Wide Web . L’accès grandissant à Internet a permis une médiation rapide et virale des créations, via des plateformes sociales telles que Tumblr et Giphy et d’être reconnus comme une nouvelle forme d’art. Les galeries d’art contemporain et des institutions comme le Museum of the Moving Image (New York) ont popularisé ces nombreux jeunes artistes et certaines de leur réalisations GIF en les exposant dans leurs galeries.
    Remarque : Certaines œuvres sont exposées sous forme d’images physiques imprimées lenticulaires.
    Source Wikipédia

    Références artistiques possibles :

    • Les Ambassadeurs, Hans HOLBEIN, 1533, peinture, 207 x 209 cm
    • Horse in Motion, Eadweard MUYBRIDGE, 1887, photographies
    • Les Pantomimes lumineuses, Émile REYNAUD, 1892
    • Escamotage d’une dame au théâtre Robert-Houdin, George MÉLIÈS, 2 min
    • La Linea, Osvaldo CAVANDOLI, 1971, 2 min 30
    • Viandes amoureuses, Jan ŠVANKMAJER, 1989, 1 min
    • Stil life, Sam TAYLOR-WOOD, 2001, 4 min
    • Hiding in the City, Liu BOLIN, 2005, série photographique (détail en bandeau)
    • Les GIF de Michaël BORRAS a.k.a Systaime et bien d’autres…

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Objet(s)

    Objet(s)

    Lorsque Marcel DUCHAMP invente le concept du ready-made*, il remet fondamentalement en cause la nature même de l’œuvre d’art. Depuis nombre d’artistes jouent avec l’objet, se jouent de l’objet, le font entrer dans des espaces d’exposition, en détournent le sens, le mettent en décalage par rapport au réel, en dénoncent la finalité.

    *Un ready-made est un objet manufacturé qu’un artiste s’approprie tel quel, en le privant de sa fonction utilitaire. Il lui ajoute un titre, une date, éventuellement une inscription et opère sur lui une manipulation en général sommaire (retournement, suspension, fixation au sol ou au mur, etc.), avant de le présenter dans un lieu culturel où le statut d’œuvre d’art lui est alors conféré. Source Wikipédia

    1/ Installez le ou les objets que vous avez apportés et éventuellement retravaillés, afin qu’ils deviennent tout autre.
    2/ Objets manufacturés, usinés, utilitaires, objets détournés, récupérés, recyclés, décalés, insolites, précieux, cassés ; les objets usuels perdent ici leur caractère utile. Expliquez en quoi votre proposition fait perdre la fonction initiale de l’objet pour lui donner cette nouvelle dimension.

    Objet(s)
    Anicheval d’Amandine et Colone sans soif (et non sans faim) de Doriane

    Références artistiques possibles :

    • Marcel DUCHAMP, In Advance of the Broken Arm (En prévision du bras cassé), 1915-1964, pelle à neige, bois et fer galvanisé, 132 x 35 cm
    • Bill WOODROW, Hoover Breakdown, 1979, aspirateur et pièces détachées
    • Jean-Luc VILMOUTH, Marteau sans maître, 1980, marteau inséré dans le mur d’exposition
    • Jeff KOONS, New Shelton Wet/Dry Doubledecker, 1981, aspirateurs, plexiglass et tubes fluorescents, 245,4 x 71,1 x 71,1 cm
    • Tony CRAGG, Blue Horn, 1982, installation, objets trouvés bleus, 175 x 360 x 470 cm
    • John ARMLEDER, Furniture Sculpture 189, 1988, acrylique sur toile et batterie muette, 110 x 270 cm (toile), 91 x 86 x 66 cm (batterie) (œuvre en bandeau)
    • Daniel FIRMAN, Gathering, 2000, mannequin et divers objets en plastique
    • Bertrand LAVIER, La Bocca/Bosch, 2005, canapé sur congélateur, 85 x 212 x 87 cm (canapé), 86 x 157 x 70 cm (congélateur)
    Bertrand LAVIER, GIULIETTA, 1993, automobile accidentée sur socle, 166 x 420 x 142 cm

    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : l’objet comme matériau en art – les représentations et statuts de l’objet en art.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Métissage

    Métissage

    L’un des traits à remarquer dans l’art du XXe siècle, si l’on considère la diversité des productions, est un décloisonnement des catégories artistiques traditionnelles : peinture, sculpture, architecture… La création artistique depuis la modernité peut être assimilée à l’exploration d’un champ ouvert dans lequel des productions hybrides, ou radicalement nouvelles sont apparues. Inclassables dans les catégories anciennes elles ont nécessité une invention terminologique abondante : performance, body-art, land-art, art conceptuel, art minimal, installation… L’ouverture à toutes formes d’expressions, la reconnaissance de comportements artistiques les plus divers, ont brouillé les signes de repère stables et ce que l’on peut retenir pour notre propos, c’est en définitive l’abandon de la norme pour une culture métisse.

    Métissage : production culturelle résultant de l’influence mutuelle de civilisations en contact.
    Hybridation : appariement de deux éléments, croisement entre deux variétés, mélange.

    Liste élaborée par les élèves de notions proches et contraires à métissage :

    • Synonymes

    Agglomérat, alliance, amalgame, assemblage, assimilation, assortiment, brassage culturel, coalition, communion, composite, croisement, fonte, fusion, hétéroclite, hétérogène, hybride, incorporation, mariage, melting-pot, mise en commun, mixtion, mixture, mondialisation, panachage, pluralité, union, universalisation…
    Agglomérer, amalgamer, assembler, assimiler, brasser, brouiller, communier, composer, croiser, décloisonner, emmêler, entrelacer, entremêler, fusionner, greffer, immiscer, incorporer, lier, mélanger, mêler, mixer, panacher, tresser, unir…

    • Antonymes

    Cloisonnement, culture des différences, désagrégation, désunion, différenciation, discrimination, distinction, enclore, enfermer, eugénisme, ghetto, homogénéité, norme, original, pureté, racisme, rejet, ségrégation, séparation, un…
    Cloisonner, démêler, désagréger, désassembler, différencier, exclure, filtrer, fractionner, fragmenter, scinder, segmenter, spécifier…

    Proposez une réalisation bi ou tri dimensionnelle révélant l’hybridation, le métissage d’une culture traditionnelle et contemporaine. Expliquez votre démarche et réalisation en prenant appui sur les questions suivantes : En quoi votre création plastique témoigne-t-elle d’un métissage culturel et artistique ? Comment votre réalisation évoque-t-elle cette culture métisse ? Quels éléments témoignent ou révèlent ces emprunts ? Est-ce que l’usage du numérique est le gage d’une pratique hybridée ?

    Daniel LEE, Manimals, 2003, http://www.daniellee.com/projects/manimals

    Références artistiques possibles :

    • Jean TINGUELY, Méta-matics, 1950, machine à dessiner,
    • Vera MOLNAR, dessins assistés par ordinateur, années 1960
    • ORLAN, Série des Défiguration-refiguration, Self-hybridations précolombiennes, 1998, photographie couleur, 150 x 100 cm
    • Daniel LEE, Séries Manimals, 2003, photographies (Ektachrome) retouchées à l’aide du logiciel Adobe Photoshop.
    • Alain BUBLEX, Plug-in City, 2000 – Learn French Now! 2010, épreuve chromogène laminée diasec sur aluminium, 180 x 235 cm
    • ORLAN, Masques – Pekin Opera – Facing Designs, 2014, installation et RA (détail en bandeau)

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Installation

    Installation

    Après avoir observé attentivement l’endroit choisi par le professeur, vous interviendrez sur la modélisation 3D proposée de ce lieu afin de le donner à voir, à le ressentir différemment.

    Pour se faire, il vous faudra au préalable :
    Relevez les caractéristiques intrinsèques du lieu : les matériaux utilisés, les formes, les dimensions, l’organisation des éléments construits, les couleurs, la lumière …
    Réalisez croquis ou photographies numériques des points de vue les plus significatifs du lieu.
    Notez et analysez le comportement qu’induit la configuration du lieu sur les élèves présents et notez (déduisez) les fonctions de celui-ci.

    Attention, vous travaillerez sur une modélisation 3D. Consultez des tutoriels si besoin.
    Vous expliquerez votre intention devant un jury.

    En quoi votre réalisation sollicite-t-elle les sens du spectateur ? En quoi votre installation favorise-t-elle l’expression d’un concept ? Quelle différence faites-vous entre une installation qui interroge l’architecture et une modélisation 3D d’architecture ? Comment les outils numériques interpellent-ils les spectateurs ? Dans quel but ?

    Café HR GIGER, Gruyère, Suisse

    Installation

    L’installation trouve sa singularité, semble-t-il, dans l’idée d’agencement, de diverses techniques ou différentes manières de faire, d’un environnement muséal ou extérieur.

    En effet nous pouvons remarquer, dans les pratiques d’artistes des années 1970-80, le décloisonnement entre les disciplines artistiques et leur cohabitation dans une même production et du même coup dans un même lieu.

    Ainsi, chez un artiste comme Joseph BEUYS, il sera caractéristique de retrouver diverses formes de productions : dessins, films d’actions, objets, ensembles de sculptures…

    Dans une pièce qu’il a installée à la galerie Durand-Dessert en janvier 1992, intitulée : Dernier espace avec introspecteur (1964-82) apparaissent différents matériaux associés, ainsi que diverses pratiques : deux volumes angulaires en cire d’abeille moulée dans du plâtre, entre ceux-ci, une chaise à graisse réplique de Fettstuhl, réalisée en 1964 ; au bout de cet espace, un trépied sur lequel est fixée une relique de l’accident, juste derrière le rétroviseur, fixée au mur de la galerie, une photo de rétroviseur. Dans l’utilisation et dans l’agencement de la pièce, les matériaux forment un tout, une nature propre à la pièce, nature enfermée dans l’espace d’une galerie dont il s’agit de célébrer le nouvel espace. Il s’agit bien ici d’une installation qui mêle diverses manières de faire pour engendrer un ensemble cohérent.

    Tout comme dans Dernier espace avec introspecteur, le Mastaba de Jean-Pierre RAYNAUD reflète l’état d’esprit d’un créateur puisqu’il définit ce lieu ni comme une maison, ni comme un atelier mais comme un espace pour voir ses propres œuvres. Parmi ces œuvres, une centaine de bassines d’hôpitaux sont rangées soigneusement sur le sol et contiennent des morceaux de son ancienne maison. « Je suis très attaché à cette maison et je continue à vivre avec elle […] j’ai vécu vingt-trois ans dans une maison qui était tout en carrelage, dans laquelle il n’y avait pas d’œuvre, justement parce que l’œuvre était la maison. Il fallait lui laisser son espace […]. » La maison et le Mastaba apparaissent donc comme des installations : la présentation actuelle de la maison démolie, morcelée dans des bassines, confirme ici le sens donné à l’installation.

    Dans ces exemples, l’œuvre unique en tant qu’objet est transformée par son espace de présentation : non seulement c’est le lieu qui définit l’œuvre mais elle ne peut exister sans celui-ci.

    Environnement

    Variante de l’installation.
    Les « environnement » que les artistes développent étendent le concept d’architecture au-delà du construit pour envisager un espace qui s’expérimente physiquement et psychiquement. Les dispositifs immersifs que certains mettent au point pour modifier les perceptions des individus confinent à l’immatérialité et à une redéfinition des liens qui unissent espace et corps, art et architecture.

    Références possibles

    • Gordon MATTA-CLARK, Conical intersect, 1975-1978, Paris, 27-29 rue Beaubourg, Paris
    • Ilya KABAKOV, The Man Who Flew into Space from His Apartment, 1981-1988
    • KAWAMATA Tadashi (né en 1953), Apartment Project, Tetra House N-3 W-26, 1983
    • Daniel BUREN, Points de Vue ou Le Corridorscope, mai-juin 1983, travail in situ à l’intérieur du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, peinture blanche, tableaux provenant des réserves du musée, miroir, tubes en acier, tissu, son(août-septembre), Sapporo (Japon)
    • Yayoi KUSAMA, Dots Obsession, Infinity Mirrored Room , 1998, installation. peinture, miroirs, ballons, adhésifs, hélium,280 x 600 x 600 cm, Les Abattoirs, Toulouse
    • Claude LÉVÊQUE, Le Grand Sommeil, MAC/VAL, 2006
    • Thomas HIRSCHHORN), Too Too-Much Much, 2010, Deurle (Belgique), Dhondt-Dhaenens Museum.
    • Anish KAPOOR, Léviathan, 2011, Grand Palais, Paris
    • Barbara KRUGER, Belief+Doubt arrives, 2012, Hirshhorn Museum, Washington, USA
    • rAndom international, The rain room , 2012, Lacma (Los Angeles County Museum of Art)
    • James TURRELL, Roden Crater, près de Flagstaff (Arizona), 1974-2014
    • Olafur ELIASSON, Riverbed, 2014, installation in situ, envahissant l’aile sud du Louisiana Museum of Modern Art,
    • Ann Veronica JANSSENS, yellowbluepink, 2015, Wellcome Collection, London, UK
    Joseph BEUYS, Dernier espace avec introspecteur, 1964-1982
    Chiharu SHIOTA, Me Somewhere Else, 2018, laine rouge, corde et matière plastique, Blain|Southern, London, UK

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre – les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Frottage…

    Frottage…

    […] si tu regardes des murs souillés de beaucoup de taches, ou faits de pierres multicolores, avec l’idée d’imaginer quelque scène, tu y trouveras l’analogie de paysages au décor de montagnes, rivières, rochers, arbres, plaines, larges vallées et collines de toute sorte. Tu pourras y voir aussi des batailles et des figures aux gestes vifs et d’étranges visages et costumes et une infinité de choses, que tu pourras ramener à une forme nette et compléter.»
    _ Léonard DE VINCI, Traité de la peinture, textes traduits et commentés par André Chastel, Paris, Éd. Calmann-Lévy, 2003, p. 216.

    « Le 10 août 1925, une insupportable obsession visuelle me fit découvrir les moyens techniques qui m’ont permis une très large mise en pratique de cette leçon de Léonard (il vient de rappeler la phrase fameuse sur les moisissures du mur…). Partant d’un souvenir d’enfance au cours duquel un panneau de faux acajou, situé en face de mon lit, avait joué le rôle de provocateur optique d’une vision de demi-sommeil, et me trouvant, par un temps de pluie, dans une auberge au bord de la mer, je fus frappé par l’obsession qu’exerçait sur mon regard irrité le plancher, dont mille lavages avaient accentué les rainures. Je me décidai alors à interroger le symbolisme de cette obsession et, pour venir en aide à mes facultés méditatives et hallucinatoires, je tirai des planches une série de dessins, en posant sur elles, au hasard, des feuilles de papier que j’entrepris de frotter à la mine de plomb. Et regardant attentivement les dessins ainsi obtenus, les parties sombres et les autres de douce pénombre, je fus surpris de l’intensification subite de mes facultés visionnaires et de la succession hallucinante d’images contradictoires, se superposant les unes aux autres avec la persistance et la rapidité qui sont le propre des souvenirs amoureux. »
    _ Max ERNST, Au-delà de la peinture, 1936.

    Max ERNST, The Habit of Leaves (Les Moeurs des feuilles) from Natural History (Histoire naturelle), 1925

    « 1927, premiers tableaux de sable. Leur nécessité m’est apparue quand j’ai pris conscience de l’écart entre mes dessins et mes propres peintures à l’huile – écart entre la spontanéité, la rapidité fulgurante des premiers et la réflexion fatale dans les secondes. Je découvris tout à coup la solution, alors que j’étais au bord de la mer, contemplant la beauté du sable composé de myriades de nuances et d’infinies variations allant de la matité à l’étincellement. Sitôt rentré, je disposai sur le sol de ma chambre une toile non préparée et y jetai des flots de colle, puis je recouvris le tout avec du sable apporté de la plage. Je refaisais à ma manière le mur exemplaire de Léonard De Vinci, avec cette différence considérable que ce mur ne m’était pas donné, mais qu’il était le premier mouvement d’une intuition où j’allais bientôt trouver ce qui était mien (…). Toutefois, comme pour les dessins à l’encre, le surgissement figural était sollicité, et ce tableau hétérodoxe trouvait sa fin grâce à l’aide d’un trait de pinceau, d’une tache de couleur pure parfois. »
    _ André MASSON, extrait de conférence, mars 1961.

    À l’aide d’un crayon sur un papier fin, relevez l’empreinte d’une surface texturée laissant apparaître des taches et marques singulières, insolites et étonnantes. Réalisez un échantillonnage. Soyez attentif à l’inattendu. Dans un second temps, représentez un dessin figuratif en prenant appui sur le relevé (: paysage, bestiaire, etc.).

    • Frottage : procédé graphique et pictural inventé par Marx ERNST en 1925 qui consiste à prélever par frottement au crayon les reliefs d’une surface sur lesquels une feuille de papier a été posée.
    • Matière : aspect de surface appelé « effet de matière » ou texture.
    • Texture : aspect visuel (graphisme, motifs, traces, couleurs) et tactile (reliefs) de la matière.
    • Relief : épaisseur qui dépasse de la surface, sensible au toucher.
    • Geste : action et mouvement du corps et particulièrement des bras et des mains, action et mouvement employés à signifier quelque chose.

    En quoi la matière peut-elle questionner l’image ? En quoi les éléments graphiques peuvent-ils faire intervenir d’autre sens que la vue ?

    Références artistiques possibles :

    • Max ERNST. Les Moeurs des feuilles (The Habit of Leaves)  de Histoire Naturelle, 1926, portfolio de 34 collotypes après frottage.
    • Max ERNST, La forêt, 1927, peinture l’huile sur toile, 80,7 x 100 cm, Musée de Grenoble.
    • Jean FAUTRIER, Tête d’Otage, 1945, huile sur panneau, 35 x 27 cm/ 55,6 x 46,6 cm, Centre Pompidou, Paris.
    • Victor VASARELY, Heisenberg, 1938-1945, collage de photographies sur carton, 45 x 30,7 cm, Collection particulière, en dépôt à la Fondation Vasarely, Aix-en-Provence.
    • Jean DUBUFFET, Tête péninsule rouge, 1951, huile sur toile, 81 x 65 cm.
    • Jean DUBUFFET, Vache au nez subtil, 1954, huile sur toile, 89 x 116 cm.
    • Hans HARTUNG, Sans titre, 1956, encre sur papier, 27,5 x 21 cm.
    • Henri MICHAUX, Sans titre, 1960, encre de chine sur papier, 75 x 105 cm.
    • Yves KLEIN, Anthropométrie de l’époque bleue (ANT 82), 1960, pigment pur et résine synthétique sur papier monté sur toile, 155 x 281 cm.
    • Simon HANTAÏ, Étude, 1969, peinture à l’huile sur coton, Musée des Beaux-Arts d’Orléans.
    • Pierre SOULAGES, Peinture 181×244, 25 février 2009, triptyque, acrylique sur toile.
    • Gao XINGJIAN, La Montagne de l’âme, 2012, huile sur toile, 240 x 350 cm.
    • Fabienne VERDIER, Montagne Sainte-Victoire depuis le plateau de Bibémus, 2018, technique mixte, acrylique sur toile, 178 x 355 cm.

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière – les qualités physiques des matériaux.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

    En bandeau : la fameuse empreinte de Neil Armstrong laissée dans le sol sur la Lune le 20 juillet 1969, photo : NASA