Catégorie : Mon cahier de quatrième

  • Quel son !

    Quel son !

    Rendez visible le son.
    Usez des rapports entre la forme et la couleur, de la valeur expressive des formes et des couleurs et de leurs combinaisons.

    Fantasia de Walt Disney, 1940
    Toccata et Fugue en ré mineur, orchestrée par Leopold Stokowski

    Fantasia est le troisième long-métrage d’animation des studios Disney, sorti à la fin de l’année 1940.
    Ce film est une expérimentation sans dialogue dont le but est d’illustrer ou d’accompagner avec l’animation des thèmes de la musique classique. Huit extraits musicaux, joués pour la plupart par l’orchestre de Philadelphie sous la direction de Leopold Stokowski, composent les sept séquences de ce dessin animé. C’est aussi pour de nombreux auteurs et critiques une œuvre d’art d’un genre nouveau, un pont entre les arts et une nouvelle forme de présenter l’art (un nouveau média).

  • Christian Robert-Tissot

    Christian Robert-Tissot


    Stress, Christian Robert-Tissot, 2004, 80×490 cm, plexiglas, aluminium, néons, Genève

    Christian Robert-Tissot peint des mots : sur toile, sur bois, parfois sur les murs mêmes du lieu d’exposition, parfois encore il les installe, lettre par lettre, dans l’espace ou sur les façades. Parce qu’ils sont ainsi mis dans le contexte de l’art, le sens de ces mots ou de ces expressions s’étend, se démultiplie, crée des ponts entre la trivialité du réel et l’interrogation culturelle, politique ou métaphysique. Parce qu’ils sont peints, que la typographie, la composition, la couleur en nuancent les champs sémantiques, le sens de ces mots ou de ces expressions s’incarne dans une réalité matérielle plastique.

    http://www.chrt.ch/, le site de Christian Robert-Tissot

  • Stop-motion

    Stop-motion

    Après avoir essayé de présenter une idée de mouvement sur une surface plane et fixe, par ce projet, il vous est demandé de donner un mouvement réel à un sujet de votre choix (objet ou personne). Le résultat final de votre travail sera une vidéo réalisée en suivant la technique du Stop Motion (: animation image par image). La durée de votre animation ne doit pas dépasser 30 secondes.
    Propositions incitatives possibles si vous n’avez pas d’idée : sans fin, enrouler, dérouler, envelopper, développer, cause/ effet.
    – 1ère séance : présentation du matériel et du procédé, essai collectif, quelques volontaires proposent une animation. Formation des groupes, réalisation d’un projet sur papier qui montre les étapes principales des prises de vues. Prise de vues par groupe.
    – 2ème séance : dernières prises de vue. Montage et verbalisation.

    Incroyable Stop Motion (Big Yellow)
    Production : Blink. Agency : CHI.

    Le renouveau du stop-motion est en marche, Extrait de Tracks – ARTE, 2015

  • Analyse filmique

    Analyse filmique

    Scène de la douche dans Psychose

    Psychose (Psycho), 1960, thriller de 1H49, réalisé par Alfred Hitchcock
    La séquence commence après trois quarts d’heure de film et dure moins de cinq minutes.
    Dès l’entrée du personnage dans la salle de bains, le spectateur peut découvrir la cuvette dans laquelle l’héroïne jette un papier déchiré avant d’actionner la chasse d’eau. Cette vue de la cuvette et de l’eau qui tourbillonne lance l’engrenage que le personnage de Marion Crane ne peut encore deviner et amène la première occurrence de la figure du cercle qui scandera la séquence, tel un leitmotiv.
    La scène de la douche possède pour bornes, de l’entrée de Marion sous la douche à sa mort, la marque de ce motif. Le premier plan est une contre-plongée sur l’eau qui quitte le pommeau, telle une pluie battante (Hitchcock utilise à ce moment une courte focale) et le dernier est un gros plan sur son oeil ouvert et inerte (avec un travelling optique arrière et un mouvement de rotation) à travers lequel on voit se refléter la bonde de la douche. La figure répétée du cercle se propage donc comme un écho dans cette scène qui substitue la mort de Marion Crane à celui d’un martyr.
    L’habitacle de la cabine compose lui-même un cercle qui enferme Marion Crane dans un catafalque (le rideau de la douche jouerait à cet égard le rôle d’un linceul) mais également le spectateur. L’impossibilité pour ce dernier de voir le visage de la personne qui poignarde Marion.
    Cet espace est frappé par des lignes obliques : le jet de l’eau sur le corps de Marion qui se purifie de sa tentation (elle a décidé à ce moment de rendre l’argent dérobé à son bureau) et les coups de couteau lancés dans sa direction par la main meurtrière.
    À travers les points de vue utilisés, le spectateur occupe tout d’abord la place du témoin et de voyeur : la scène débute par un point de vision sur Marion Crane entrant sous la douche. Possédant une avance sur le personnage (le spectateur entraperçoit une ombre derrière le rideau, l’imminent danger étant souligné par un travelling optique avant), il devient tour à tour victime (point de vue de l’héroïne : peur et incompréhension devant sa possible mort après 45 minutes de film) et bourreau (point de vue du meurtrier ; désir inconscient du spectateur du meurtre) et bascule donc rapidement dans la paranoïa. À l’image de Norman Bates, le spectateur s’avère être double.
    Même si le montage nous donne l’impression d’une scène tournée en temps réel, il n’en est rien, sept jours furent d’ailleurs nécessaires pour le tournage. La continuité est faite par le son (bruit de l’eau quittant le pommeau), deux plans successifs (Marion a encore les cheveux secs et au plan suivant ils sont trempés) nous suggèrent pourtant l’usage d’une légère ellipse ou faux raccord. Comme il fragmente le corps de Marion, Hitchcock découpe le temps, l’accélérant à sa guise. Toute la dramaturgie est de plus soutenue par la musique de Bernard Hermann qui intègre au plus haut sommet de la tension les cris, quasi musicaux, de Janet Leigh.
    La scène s’avère être un véritable exercice de montage. Marion Crane n’est pas concrètement tuée (on ne voit jamais la lame du couteau entrer dans son corps), c’est l’esprit du spectateur qui l’assassine. Après le glissement du corps de Marion qui agonise lentement (le spectateur doit en avoir pour son désir malsain ; notons une nouvelle fois l’oblique dessinée par le bras et la main de l’héroïne), l’instant de sa mort est symbolisé par la chute du rideau et son bruit caractéristique et guère éloigné d’une guillotine qui s’abat sur un condamné à mort.
    Enfin, cette séquence est en grande partie sculptée et structurée par le jeu de la lumière. Le corps de Marion Crane est exhibé sous la douche comme il le serait dans une cage (voir le dessin des carrelages de la douche) ou un tribunal. Sa mauvaise conscience s’incarne à travers l’ombre qui la roue de coups de couteau, l’empêchant de quitter la douche et lui rappelant à chaque instant le vol qu’elle a commis.