
Interior View of Heliker/Lahotan House, Walker Evans
Walpole, Maine, 1962
Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of Art


Interior View of Heliker/Lahotan House, Walker Evans
Walpole, Maine, 1962
Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of Art

« Les photographies restent naturellement des reproductions, cependant ce n’est plus la réalité qui est représentée mais les images que nous connaissons de cette réalité. » Thomas Ruff

Photo Opportunities #New York, Corinne Vionnet, 2005-2013
« Nous voyageons, nous regardons un monument, nous prenons une photo. Tout en cadrant les sites touristiques dans notre viseur, nous créons des souvenirs photographiques, partie intégrante de notre expérience en tant que touriste. En recherchant par mots clés de monuments célèbres sur des sites web de partage d’images, l’artiste franco-suisse Corinne Vionnet a glané des milliers de clichés touristiques pour sa série Photo Opportunities. Tissant ces nombreuses perspectives et expériences photographiques, elle a construit ses propres interprétations impressionnistes : des structures légères qui flottent doucement dans la brume imaginaire d’un ciel bleu. » Corinne Vionnet


Proposez une mise en scène héroïque fictionnelle — ayant un caractère narratif, sous la forme d’une maquette utilisant photographie(s) de vous-même et petits objets de diverses natures. Dans un second temps, vous photographierez votre réalisation : une attention toute particulière sera portée au cadrage, à la mise au point et à l’éclairage de l’objet.
Termes utilisés lors de la verbalisation :
autofiction : (néologisme de Serge Doubrovsky, source Wikipédia) récit fondé, comme l’autobiographie, sur le principe des trois identités (l’auteur est aussi le narrateur et le personnage principal), qui se réclame cependant de la fiction ;
fiction : invention, création qui doit davantage à l’imagination qu’à la réalité ;
scène narrative : figuration d’une histoire ou d’un événement ;
narration : suite de faits articulés dans le temps entre un début et une fin, récit ;
simulacre : apparence sensible qui se donne pour une réalité ;
point de vue ; cadrage ; plans ; composition ; vraisemblance et ressemblance.
Références artistiques possibles :
Louis XIV en costume de sacre, Hyacinthe Rigaud, huile sur toile, 277×194 cm, 1701
Raising the Flag on Iwo Jima, Joe Rosenthal, photographie, 23 février 1945
Singing Sculpture, Gilbert et George, photographie, 1969
Saynètes comiques : je suis content, c’est mon anniversaire, Christian Boltanski, photographie rehaussée au pastel, 98×68 cm, 1974
Untitled #153, Cindy Sherman, photographie, 1985
Story Art (avec fantôme des Beaux-Arts), Jean Le Gac, dessin et projecteur de cinéma, 250×340 cm, 1986
Photo Under Water, William Wegman, photographie, 1971 (www.williamwegman.com)
Chorégraphie d’aujourd’hui, Pierrick Sorin, installation vidéo et aquarium, 2001 (www.pierricksorin.com)
La perplexité de Sisyphe, Gilbert Garcin, photographie, 2002 (www.gilbert-garcin.com/)
« Débris rescapés du Meccano de son fils, bouts de ficelles et petits cailloux, armé de colle de ciseaux et de son appareil photo, Gilbert Garcin bricole de minuscules maquettes, pour lesquelles il bidouille des éclairages « pour faire vrai » et photographie ainsi, jour après jour, les différents actes de son petit théâtre intérieur. Jouant avec ses autoportraits, et clonant sans complexe sa silhouette de « Monsieur Tout-le-Monde » il se met ensuite en scène dans des situations les plus surréalistes ; le voici donc tour à tour Sisyphe poussant son énorme pierre, ou pauvre hère derrière une pendule à Courir après le temps, L’égoïste jouant à saute-mouton avec lui même à perte de vue, ou Le Paon faisant la roue avec sa propre effigie. »
Extrait de Le petit théâtre de M Garcin, un article d’Armelle Canitrot, dans Pour voir n°4, sept 2000

Le danger des images, Gilbert Garcin, 2009


Chapelle de la Visitation – Espace d’art contemporain
Georges Rousse, anamorphose(s), du 28 juinau 6 octobre 2013
Photographies prises le soir du vernissage (jeudi 27 juin 2013)

Philippe Piguet, commissaire de l’exposition, devant l’œuvre.

Patricia Favre-Victoire, Georges Rousse et Jean Denais relisant son discours.
Première de la saison 2013-2014, l’exposition consacrée à Georges Rousse s’inscrit dans le cadre de l’une des quatre thématiques – à savoir ici : Pièce unique — sur lesquelles s’appuie la programmation de la Chapelle de la Visitation de Thonon-les-Bains.
Chapelle de la Visitation – espace d’art contemporain
25, rue des Granges
74200 Thonon-les-Bains
Service Culture : 04 50 70 69 49


« En plein jour et en quelques secondes, comme l’écriture invisible de notre enfance, les premiers contours d’une forme d’image apparaissent, puis, comme par magie, se modifient. Les couleurs se révèlent, au premier abord pâles, puis de plus en plus intenses, jusqu’à ce que, après quelques instants, mon ami sidéré tienne dans sa main un portrait en couleur de lui-même. »
L’invention du film couleur instantané Polaroid est en effet magique, mais la conception de l’appareil SX-70 est tout aussi surprenante. Connu pour son design élégant, le SX-70 est assez compact pour tenir dans une poche quand il est replié. Conçu par Henry Dreyfuss en 1972, le SX-70 a aidé la Société Polaroid à atteindre un plus large public en créant un appareil plus accessible, plus facile à utiliser et moins coûteux, mais logeant tout de même le mécanisme compliqué requis pour traiter le nouveau film de Polaroid.
Le SX-70 de Dreyfuss est fabriqué entre 1972 et 1981, la dernière aventure du creuset de la photographie instantanée de Polaroid. C’est le premier (et dernier) appareil instantané reflex mono-objectif, sa conception pliable posa à Dreyfuss des problèmes complexes concernant la gestion du chemin optique. Parmi les innovations, une batterie pour alimenter le moteur d’entraînement et le flash incorporé fut intégrée dans le bloc du film. Une attention toute particulière est accordée à la qualité de la construction et à la finition dans la mesure où le SX-70 vise les marchés professionnels et semi-professionnels.

Roses, Gestural Swipes, Les Krims, Polaroid, 1974
Pour Fictocryptokrimsographs, publié en 1975, Les Krims (Leslie Robert Krims) utilisa un Polaroid SX-70 appareil photo pour prendre une série de 40 clichés. Le SX-70 a été choisi, pour sa facilité de transport et pour la possibilité de travailler le gel du polaroid pas encore sec, visqueux, un peu comme de la peinture lors du développement de la photo. Cette série est constituée de diverses images bizarres et pleines d’humour, qui correspondent souvent à des jeux de mots ou à des parodies de la mode.

Celia, Los Angeles, 10 avril 1982, David Hockney, composite Polaroid, 1982
Au début des années 1980, Hockney commença à produire des collages photographiques de polaroids et d’impressions couleur, qu’il a appelés « joiners ». Du fait de l’utilisation de plusieurs polaroids ou photographies d’un seul et même sujet, Hockney a dû organisé une mosaïque, une image composite. Parce que les clichés sont pris sous des angles différents et à des moments légèrement différents, le résultat est un travail qui a une affinité avec le Cubisme.
La découverte des « joiners » s’est faite accidentellement. David Hockney a remarqué dans les années soixante que les photographes utilisaient très souvent des appareils photographiques avec des objectifs grand-angles. Il n’aimait pas les photographies obtenues car elles avaient l’air un peu déformées. Alors qu’il travaillait sur une peinture à Los Angeles, il prit quelques polaroids de la salle et colla l’ensemble. En regardant la composition finale, il réalisa qu’il venait de créer un récit, comme si le spectateur a traversé la pièce. Il a alors commencé à travailler davantage avec la photographie et a cessé de peindre pendant un certain temps pour poursuivre exclusivement cette nouvelle technique.