Étiquette : Installation

  • De fil en fil

    De fil en fil

    Filer, étirer, tisser, entrelacer, mêler, nouer… De fil en fil, votre réalisation se révèle.

    #tissage #installation

    Votre choix du fil pour votre réalisation ne doit pas être anodin, car il témoigne d’une démarche, d’un processus : de la fibre au fil, du tressage au tissage naissent des outils, des savoir-faire, des formes, des architectures, des cultures, des réseaux… jusqu’à l’époque contemporaine où la fibre de l’Internet nous connecte au monde.

    Debbie SMYTH, Stag Head, 2014, 52,5 x 52,5 cm
    La série Shaded Works s’inspire de formes et de silhouettes et de scénarios banals souvent évoqués à partir de souvenirs de l’enfance de l’artiste. Le contour est tracé, puis progressivement l’espace négatif est rempli et ombragé avec des masses de fil, capturant le mouvement et laissant la forme positive ressortir avec un effet légèrement éthérée.
    Chiharu SHIOTA, Labyrinth Of Memory, 2012, installation, robes blanches, laines noires, La Sucrière, Lyon

    Références artistiques

    L’utilisation du fil textile réapparaît dans les démarches artistiques actuelles. D’ailleurs, en 2017 la Biennale de Venise et la Documenta remarquent cet engouement pour les médiums tressés, tissés ou noués.

    • Kitagawa UTAMARO, Le Tissage, XVIIIe siècle, estampe, Musée Guimet, Paris.
    • Johannes VERMEER, La Dentelière, peinture à l’huile, 24 x 21 cm, 1669-1670, Musée du Louvre, Paris.
    • ÉTIENNE-MARTIN (1913-1995), Le Manteau, 1962, tissus, passementeries, cordes, cuir, métal, enveloppe en toile de bâche et cuir, 160 x 200 x 30 cm.
    • Eva HESSE, Contingent, 1969, fibre de verre et latex sur gaze, 350 x 630 x 109 cm
    • Isa MELSHEIMER, Hyperboloïde, 2007, installation, fil à coudre, clous, dimensions variables. L’installation s’articule autour d’une forme hyperboloïde. Cette forme générée par la rotation de lignes parallèles autour d’un axe se déploie dans l’espace, créant un nouvel espace et suggérant une barrière légère et fragile.
    • Muriel BAUMGARTNER, Corset rouge n°1 (série Mes Broderies), 2009, dessin et broderie sur papier, 33 x 33 cm. « Mon travail est à la fois biologique et autobiographique. Il s’agit d’une transcription graphique d’une expérience de corps, de mon propre corps. »
    • Akio HAMATANI, W-Orbit, 2010, installation, diamètre : environ 400 cm, Maison de la culture du Japon, Paris
    • Julien SALAUD, Constellation du Faon, 2012, trophée de chevrette, clous, perles de rocaille, fil de coton, 60 x 25 x 35 cm.
    • Sten LEX, Rue de Bretagne, pochoir lacéré, 2012, street-art
    • Eliza BENNETT,  A Woman’s Work Is Never Done, 2012/ 2014, série photographique. « Comme support d’un canevas, je brode la couche supérieure de la peau de ma propre main à l’aide de fil pour créer l’apparence d’une main incroyablement usée. En utilisant la technique de la broderie traditionnellement employée pour représenter la féminité et l’appliquer à l’expression de son contraire, j’espérais remettre en question la notion préconçue selon laquelle le travail des femmes est léger et facile. »
    • Pae WHITE, Too much night, again, 2013, installation, fil, clous, dimensions variables
    • Debbie SMYTH, It’s a Small World, 2013, installation, fil noir, clous, dimensions variables.
    • Hinke SCHREUDERS, Works on paper #36, 2014, broderie sur papier marouflé sur toile de lin, 26 x 18 x 5,5 cm
    • Julien SALAUD, Fleuve Céleste, 2015, installation dans les Caves de la Maison Ackerman, plus de 65 000 clous et de 45 km de fil de coton tendu, dans une cave de 60 mètres de long sur 6 à 7 mètres de hauteur et de largeur, le tout à 25 mètres sous terre, projet issu de la résidence artistique « Ackerman + Fontevraud la Scène ». https://youtu.be/-M8tRME-eTY
    • Chiharu SHIOTA, Infinity, 2015, installation, fil noir, ampoules électriques, dimensions variables.
      « Les fils sont tissés l’un dans l’autre. Ils s’enchevêtrent, ils se déchirent, ils se dénouent, ils sont comme un miroir des sentiments. »
      L’artiste japonaise tisse de vastes environnements en fils de laine noirs qui emprisonnent des objets évocateurs — instruments de musique, robes de poupées, chaussures, lits. Ces objets, flottants, libérés de leur utilité première, nous renvoient à des visions poétiques et émouvantes. Ils convoquent des souvenirs, soulignent des absences. Le réseau graphique qui connecte les éléments évoque la puissance des liens interpersonnels, l’inévitable dépendance du sujet à ses racines. CHIHARU SHIOTA (chiharu-shiota.com)
    • Claire MORGAN, Murmurations, 2016, installation, polythène, nylon, plomb, acrylique, 500 x 1650 x 660 cm, Claire Morgan (claire-morgan.co.uk)

    Les Moires

    Dans la mythologie grecque, les Moires sont les divinités maîtresses de la destinée humaine. Ces trois sœurs filandières* président respectivement à la naissance, au déroulement de la vie puis à la mort.
    _ Clotho, signifiant « filer » en grec, paraît être la moins vieille. Elle fabrique et tient le fil des destinées humaines. Elle est souvent représentée vêtue d’une longue robe de diverses couleurs, portant une couronne formée de sept étoiles et tenant une quenouille qui descend du ciel vers la terre. La couleur qui domine dans ses draperies est le bleu.
    _ Lachésis, nom qui en grec signifie « sort » ou « action de tirer au sort », est celle qui déroule le fil et qui le met sur le fuseau. Ses vêtements sont quelquefois parsemés d’étoiles et autour elle un grand nombre de fuseaux sont dispersés. Ses draperies sont de couleur rose.
    _ Atropos, c’est-à-dire « inévitable » en grec, coupe impitoyablement le fil qui mesure la durée de la vie de chaque mortel. La plus âgée des trois sœurs est représentée proche de plusieurs pelotons de fil plus ou moins garnis, suivant la longueur ou la brièveté de la vie mortelle qu’ils mesurent.
     
    * filandière : femme qui file manuellement

    Pénélope

    Dans la mythologie grecque, Pénélope est l’épouse fidèle d’Ulysse dont elle a un fils, Télémaque. Pendant vingt années, elle tint tête aux prétendants qui affirmaient qu’Ulysse était mort. Pour gagner du temps face à l’insistance de ces nombreux courtisans, elle promit de choisir l’un d’entre eux quand elle aura achevé de tisser le linceul de son beau-père Laërte. Afin que la besogne perdure, elle défaisait la nuit ce qu’elle avait tissé le jour. Ce stratagème fut dénoncé par une de ses servantes. Elle était sur le point d’épouser l’un d’eux lorsque Ulysse déguisé revint enfin.

    • Pénélope à son métier et Télémaque, Skyphos à figures rouges, 440-435 av. J.-C., Chiusi, Italie (le skyphos est un vase à boire haut de 15 à 20 cm, généralement sans pieds).
    • John William WATERHOUSE, Pénélope et les prétendants, huile sur toile, 130×188 cm, 1912, Aberdeen Art Gallery and Museums, United Kingdom.

    Fil d’Arianne

    Dans la mythologie grecque, Ariane est la fille du roi de Crète Minos et de Pasiphaé et la demi-sœur du Minotaure.
    Séduite par Thésée venu tuer le monstre, elle aida celui-ci à s’échapper du Labyrinthe. C’est en effet le secours qu’elle apporta à Thésée qui permit à ce dernier d’obtenir la victoire sur le Minotaure : contre la promesse de l’épouser, elle lui fournit un fil qu’il dévida derrière lui afin de retrouver son chemin.


    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    * Chiharu SHIOTA, Counting Memories, installation : bureaux et chaises en bois, papier, laine noire, Silesian Museum, Katowice, Pologne.

  • Dedans

    Dedans

    « L’art vise à imprimer en nous des sentiments plutôt qu’à les exprimer. »

    Henri Bergson

    Proposez un dessin en perspective d’un environnement* immersif, dans lequel le spectateur serait amené à vivre une expérience artistique (ex : ressentir un sentiment, une émotion, se questionner sur…). Votre réalisation graphique détaille autant que possible votre projet.

    Les questions suivantes peuvent vous aider à orienter votre création :
    – En quoi l’immersion est-elle source d’une expérience esthétique singulière ?
    – En quoi l’action ou l’interaction du spectateur dans l’œuvre modifient-elles la réception de celle-ci et ainsi l’expérience ?
    – Quelles sont les différentes caractéristiques de votre environnement immersif ?
    – Quelle différence faites-vous entre un environnement, une installation et une sculpture ?

    *Le terme environnement est utilisé depuis la fin des années 50 pour des œuvres en trois dimensions dans lesquelles le spectateur peut être invité à entrer. Transposition de l’espace scénique du tableau à celui de la réalité. Les artistes du Pop Art ont été les pionniers en la matière (Rauschenberg, Dine, Kienholz…). Mais le principal initiateur reste Edward Kienholz, qui reconstitue en faux » tableaux vivants » de façon outrée, les aspects sordides de la société américaine contemporaine. À partir des années 60-70 se développe ce type d’accroche avec les variations les plus larges possibles et le terme s’applique désormais à tout travail remplissant plus ou moins l’espace et conçu comme un tout, qu’il soit in situ ou non.

    L’installation, quant à elle, parcourt l’art du 20e siècle. Elle témoigne au fil du siècle l’évolution de l’art en y intégrant les acquis que les successives avant-gardes apportèrent : décloisonnement des disciplines artistiques, assemblage de matériaux hétéroclites et para-artistiques, fuite des lieux institutionnels, participation active du spectateur, indétermination et nouvelle temporalité. Aujourd’hui l’installation ­– croisement de peinture, sculpture, architecture et audiovisuel – est le lieu de réflexion sur le cadre où l’art se manifeste, lieu des implications formelles symboliques et idéologiques que cet espace joue dans la réception de l’œuvre, interrogeant ainsi les codes qui conditionnent les relations entre art et spectateurs.

    L’œuvre se présente dans le même espace que celui du spectateur, convié à une expérience non plus seulement visuelle mais de tous les sens.

    http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-oeuvre-espace/ENS-oeuvre-espace.htm

    Exemples pour dessiner en perspective

    Le principe de la perspective linéaire se développe au début du 15e siècle, dans le milieu intellectuel et artistique de Florence. Cette invention est attribuée aux Florentins Leon Battista Alberti, architecte, artiste et homme de lettres et Philippo Brunelleschi, architecte et sculpteur.

    La perspective linéaire (également appelée perspective conique ou centrale ou albertienne) est la forme la plus générale de la projection des volumes sur une surface. Les techniques de dessin utilisées s’appuient sur les propriétés mathématiques de la projection centrale de l’espace sur un plan.

    Pour sa construction, l’artiste effectue la construction à la règle et au compas ou calcule la position des lignes principales, et si nécessaire de chaque point de l’espace, connaissant le point d’observation du sujet, le point d’observation du tableau et les dimensions de celui-ci. Les droites reliant l’œil de l’observateur aux contours d’un objet forment un cône, qui doit être géométriquement semblable à celui qui relie l’œil du spectateur au contour de la représentation dans le tableau. L’image d’une droite du sujet est une droite.

    Les principes issus de la Renaissance artistique supposent que le spectateur regarde le sujet à travers une fenêtre, ouverture verticale homologue au cadre du tableau, et que son œil est centré horizontalement. Cette convention permet de simplifier les constructions.

    Source Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Perspective_linéaire

    Les deux tutoriels présentés ci-après ont pour objectif de vous présenter des exemples et non des modèles.

    Exemple de perspective centrale
    Hans Vredeman de Vries est un peintre et un architecte dont la place essentielle dans la Renaissance flamande tient à l’usage systématique qu’il fit de la perspective linéaire, selon les techniques géométriques italiennes.
    Autres exemples de perspective centrale : 12
    Exemple de perspective à deux points de fuite

    Références artistiques possibles

    • Johan THURFJELL, Do you have the shine ? 2003, vidéo, 5’45 (captures d’écran dans le bandeau)
    • Veronica JANSSENS, Red, Blue & Yellow, 2001
      La pratique artistique d’Ann Veronica JANSSENS pourrait se définir comme une recherche basée sur l’expérience sensorielle. Par divers types de dispositifs (installations, projections, environnements immersifs, interventions urbaines, sculptures), Ann Veronica Janssens invite le spectateur à franchir le seuil d’un espace sensitif nouveau. Spatialisation et diffusion de lumière, rayonnement de la couleur, impulsions stroboscopiques, brouillards artificiels, surfaces réfléchissantes ou diaphanes sont autant de moyens lui permettant de révéler l’instabilité de notre perception du temps et de l’espace. Les propriétés des matériaux (brillance, légèreté, transparence, fluidité) ou les phénomènes physiques (réflexion, réfraction, perspective, équilibre, ondes) sont ici questionnés avec rigueur dans leur capacité à faire vaciller la notion même de matérialité. Source Wikipédia
    • Yayoi KUSAMA, Dots Obsession, 1998 (ci-dessous)
    • Christa SOMMERER & Laurent MIGNONNEAU, Trans Plant, 1995
    • Char DAVIES, Osmose, 1995
      Osmose is an immersive interactive virtual-reality environment installation with 3D computer graphics and interactive 3D sound, a head-mounted display and real-time motion tracking based on breathing and balance. Osmose is a space for exploring the perceptual interplay between self and world, i.e., a place for facilitating awareness of one’s own self as consciousness embodied in enveloping space.
    • Chiharu SHIOTA, During Sleep, 2002, Installation, Kunstmuseum Luzern, Suisse
    • Olafur ELIASSON, The Weather Project, 2003, Installation, Turbine Hall, Tate Modern, Londres, Grande-Bretagne
    • Ernesto NETO, Celula Nave, 2004, Installation, Museum Boijmans Van Beuningen, Hollande
    • Anish KAPOOR, Leviathan, 2011, Monumenta, Paris. L’œuvre est une sculpture monumentale en PVC rouge gonflé, de 12 tonnes, d’une hauteur maximale de 35 m et d’un volume de 72 000 m3. La sculpture est composée de quatre espaces de forme sphérique ou ovoïde. Un seul de ces espaces est accessible au public, les trois autres sont seulement accessibles au regard. Les visiteurs pénètrent tout d’abord à l’intérieur de la sculpture, éclairée de l’extérieur. En en sortant, ils ont la possibilité de la découvrir de l’extérieur, dans la nef du Grand Palais. (source Wikipédia)
    • Do Ho SUH, Apt. A, Corridors and Staircases, 348 West 22nd Street, New York NY 10011, USA, 2011­-2012, 2015, 974 x 168 x 1163 cm, Installation, 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa, Japon
    Do Ho SUH, Apt. A, Corridors and Staircases, 348 West 22nd Street, New York NY 10011, USA, 2011­-2012, 2015

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Objet(s)

    Objet(s)

    Lorsque Marcel DUCHAMP invente le concept du ready-made*, il remet fondamentalement en cause la nature même de l’œuvre d’art. Depuis nombre d’artistes jouent avec l’objet, se jouent de l’objet, le font entrer dans des espaces d’exposition, en détournent le sens, le mettent en décalage par rapport au réel, en dénoncent la finalité.

    *Un ready-made est un objet manufacturé qu’un artiste s’approprie tel quel, en le privant de sa fonction utilitaire. Il lui ajoute un titre, une date, éventuellement une inscription et opère sur lui une manipulation en général sommaire (retournement, suspension, fixation au sol ou au mur, etc.), avant de le présenter dans un lieu culturel où le statut d’œuvre d’art lui est alors conféré. Source Wikipédia

    1/ Installez le ou les objets que vous avez apportés et éventuellement retravaillés, afin qu’ils deviennent tout autre.
    2/ Objets manufacturés, usinés, utilitaires, objets détournés, récupérés, recyclés, décalés, insolites, précieux, cassés ; les objets usuels perdent ici leur caractère utile. Expliquez en quoi votre proposition fait perdre la fonction initiale de l’objet pour lui donner cette nouvelle dimension.

    Objet(s)
    Anicheval d’Amandine et Colone sans soif (et non sans faim) de Doriane

    Références artistiques possibles :

    • Marcel DUCHAMP, In Advance of the Broken Arm (En prévision du bras cassé), 1915-1964, pelle à neige, bois et fer galvanisé, 132 x 35 cm
    • Bill WOODROW, Hoover Breakdown, 1979, aspirateur et pièces détachées
    • Jean-Luc VILMOUTH, Marteau sans maître, 1980, marteau inséré dans le mur d’exposition
    • Jeff KOONS, New Shelton Wet/Dry Doubledecker, 1981, aspirateurs, plexiglass et tubes fluorescents, 245,4 x 71,1 x 71,1 cm
    • Tony CRAGG, Blue Horn, 1982, installation, objets trouvés bleus, 175 x 360 x 470 cm
    • John ARMLEDER, Furniture Sculpture 189, 1988, acrylique sur toile et batterie muette, 110 x 270 cm (toile), 91 x 86 x 66 cm (batterie) (œuvre en bandeau)
    • Daniel FIRMAN, Gathering, 2000, mannequin et divers objets en plastique
    • Bertrand LAVIER, La Bocca/Bosch, 2005, canapé sur congélateur, 85 x 212 x 87 cm (canapé), 86 x 157 x 70 cm (congélateur)
    Bertrand LAVIER, GIULIETTA, 1993, automobile accidentée sur socle, 166 x 420 x 142 cm

    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : l’objet comme matériau en art – les représentations et statuts de l’objet en art.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Jouons !

    Jouons !

    Chloé RUCHON, Barbie-foot, 2009, fabrication Bonzini, mélaminé, hêtre naturel, acier peint, métal, plastique, liège, tissu.

    Dans quelle mesure le jeu peut-il influencer la création artistique ?

    S’emparer d’un jeu célèbre et revisiter-le pour l’utiliser comme un élément constitutif de votre réalisation plastique, proposant ainsi une réflexion sur les liens entre notre monde pratique et quotidien et le champ de l’art.
    Présenter oralement votre projet ou production en prenant appui sur vos recherches, croquis, photomontages numériques, analyser votre pratique, celle de vos pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5).

    Références artistiques possibles :

    • Wim DELVOYE, Saint Stephanus II, 1990, vitrail, acier et émail, 211 x 316 x 110 cm.
    • Marurizio CATTELAN, Stadium, 1991, baby-foot pour 22 joueurs, bois, métal et verre.
    • Chris BURDEN, Another World, 1992, métal, plastique, bois, verre et moteur électrique 110 volts avec transformateur, 220x 150 x 150 cm.
    • Claes OLDENBURG et Coosje VAN BRUGGEN, Shuttlecocks, 1992, aluminium et plastique renforcé ; émail polyuréthane, 5,5 m de haut x 4,6 m de diamètre.
    • Pierrick SORIN, Pierrick et Jean-Loup font du foot, 1994, vidéo.
    • Gabriel OROZCO, Ping Pond Table, 1998., tables de ping-pong modifiées, eau, matériaux divers.
    • Fabrice Hyber, P.O.F. n°65 – Ballon carré, 1998–2006, cuir cousu.
    • Pierre HUYGHE, Atari Light, 1999, installation du jeu Pong, plafond lumineux de 12×12 dalles, deux manettes.
    • Laurent PERBOS, Le plus long ballon du monde, 2003, ballon de football en cuir, 175 x 25 x 25 cm.
    • Carsten HÖLLER, Unilever Series, 2006, tobogans installés à la Tate Gallery de Londres.
    • Benedetto BUFALINO, Le stade de foot dans le ciel, 2010, photomontage.
    • Belu-Simion FAINARU, Ping-Pong, 2010, table de ping-pong, filet, deux raquettes, balle, carte Israël/Palestine.
    • François CURLET, GoGolf, 2014, œuvre collective, parcours de mini-golf.
    Wim DELVOYE, Saint Stephanus II, 1990, https://wimdelvoye.be/work/goals/

    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les représentations et statuts de l’objet en art.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production artistique – la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
      Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

    Claes OLDENBURG et Coosje VAN BRUGGEN, Shuttlecocks, 1992
  • Garde-robe

    Garde-robe

    Garde-robe : 
    1. Petite pièce ou armoire où l’on range les vêtements ; penderie. 
    2. Ensemble des vêtements d’une personne. 

    L’image que vous vous faites d’une garde-robe devient élément de votre production plastique (artistique). 
    Proposez le projet* de votre création (: ce que vous avez l’intention de faire) sous la forme d’une maquette n’excédant pas plus de 30 cm dans sa plus grande dimension. 

    Les étapes de votre projet sont :

    1. Identifier, sous la forme d’une carte mental, différents aspects des problèmes induits par la proposition : garde-robe..
    2. Revoir et renseigner les démarches artistiques évoquées en classe, collecter des exemples, identifier les artistes et leurs œuvres.
    3. Trouver et nommer l’idée qui ressort de vos investigations.
    4. Concevoir la forme qui l’incarnera.

    Références artistiques possibles : 

    • Michel AUBRY, Gilets pare-balles, 1993, les sculptures en cire colorée reprennent des formes de patrons originaux de gilets provenant de divers pays en conflit.  
    • Erwin WURM, Sculpture pull-overs, 1989-2002 (: il étire pulls, pantalons et autres vêtements qui deviennent sculptures).
    • Olga BOLDYREFF, Tricotins, 2002, dessins de fil (: silhouettes de chapeau, chaussures, gilet…).  
    • Gilles TOUYARD, Série Enflures – portant de 4 vêtements, 1993. 
    • Natacha LESUEUR – photographies faisant référence aux modèles de la mode et de l’industrie des produits de luxe ou aux catalogues de prêt-à-porter. 
    • Louise BOURGEOIS, Untitled, 1996, tissu, os, caoutchouc et acier. Ce travail emploie un certain nombre de vêtements féminins – qui ont été récupérés dans la maison d’enfance de Louise Bourgeois – accrochés dans une grande salle par des os à un portique. C’est une méditation sur la mortalité. Les fragments de tissu représentent la figure humaine, l’extérieur, ce que nous mettons dessus ; les os sont ce qui est dessous. Dossier pédagogique du Centre Pompidou dédié à Louise Bourgeois.
    • Christian BOLTANSKI, Personnes, installation pour Monumenta 2010, Grand Palais, Paris (vue de l’installation en bandeau).
    Louise BOURGEOIS, Untitled, 1996

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : l’objet comme matériau en art.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
      Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Rafael Lozano-Hemmer

    Rafael Lozano-Hemmer

    Rafael Lozano-Hemmer est né à Mexico en 1967.

    Artiste électronique, Rafael Lozano-Hemmer développe des installations interactives à l’intersection de l’architecture et de la performance. Son principal intérêt est de créer des plate-formes de participation du public en détournant des technologies numériques telles que la robotique, la surveillance informatisée ou les réseaux télématiques. 

    Ses installations interactives à grande échelle ont été commandées pour de grands événements tels que les Célébrations du Millénaire à Mexico (1999), Rotterdam Capitale culturelle de l’Europe (2001), le Sommet mondial des villes de l’ONU à Lyon (2003), l’Ouverture du Centre YCAM au Japon (2003), l’Élargissement de l’Union européenne à Dublin (2004), le Mémorial du massacre des étudiants de Tlatelolco à Mexico (2008), les Jeux olympiques d’Hiver de Vancouver (2010) et l’Exposition de pré-ouverture du Guggenheim à Abu Dhabi (2015).

    → Site de l’artiste : www.lozano-hemmer.com

    Photographie de Magnus Manske, Vectorial Elevation, English Bay, Vancouver, Canada, 2010

    Vectorial Elevation, 1999
    #web, #interactif, #participatif, #scénographie, #lumière
    Vectorial Elevation est un projet interactif conçu à l’origine pour célébrer l’arrivée de l’an 2000 sur la place Zócalo à Mexico. Le site Web www.alzado.net a permis aux utilisateurs d’Internet de concevoir des sculptures lumineuses pour le centre historique de la ville, à l’aide des 18 projecteurs positionnés autour de la place. Ces projecteurs, dont les faisceaux puissants pouvaient être vus dans un rayon de 15 kilomètres, étaient contrôlés par un programme de simulation 3D en ligne et visualisés par des caméras numériques. Une page Web personnalisée a été réalisée pour chaque participant avec des images de leur conception et des informations telles que leur nom, leur dédicace, leur lieu d’accès et leurs commentaires. Ces pages Web étaient totalement non censurées, permettant aux participants de laisser une grande variété de messages, notamment des poèmes d’amour, des paris sportifs, des slogans zapatistes et vingt-sept demandes en mariage. Au Mexique, le projet a attiré 800 000 participants de 89 pays au cours de ses deux semaines.
    Vectorial Elevation fait allusion à l’art d’instructions de Sol LEWITT ainsi qu’aux peintures téléphoniques de László MOHOLY-NAGY en 1922. Un autre précédent fut la télé-opération du projecteur Lindbergh à Los Angeles en 1928, activée lorsque le président COOLIDGE appuya sur une touche télégraphique de son bureau de la Maison-Blanche.

    Body Movies, 2001
    #représentation, #participatif, #ombres, #projection, #dispositif
    Body Movies transforme l’espace public à l’aide de projections interactives de 400 à 1 800 mètres carrés. Des milliers de portraits photographiques, précédemment pris dans les rues de la ville hôte, sont montrés à l’aide de projecteurs à commande robotique. Cependant, les portraits n’apparaissent que dans les ombres projetées des passants, dont les silhouettes peuvent mesurer entre deux et vingt-cinq mètres, en fonction de la distance avec les puissantes sources de lumière placées au sol. Un système de suivi par surveillance vidéo déclenche de nouveaux portraits lorsque tous ceux existants ont été révélés, invitant le public à occuper de nouveaux récits de représentation.
    La gravure de Samuel VAN HOOGSTRATEN La danse des ombres (Rotterdam, 1675) est la principale source d’inspiration de cette œuvre. Body Movies tente d’abuser des technologies du spectaculaire pour susciter un sentiment d’intimité et de complicité au lieu de provoquer distance, euphorie, catharsis, obéissance ou crainte.

    Amodal Suspension, 2003
    #réseau, #interactif, #participatif, #langage, #code
    Amodal Suspension est une installation interactive développée à l’occasion de l’ouverture du Centre Yamaguchi pour les Arts et les Médias (YCAM) au Japon. Les utilisateurs peuvent s’envoyer des messages de textes courts à l’aide d’un téléphone portable ou d’un navigateur Web. Cependant, plutôt que d’être envoyés directement sur le réseau de la téléphonie mobile, les messages sont codés comme des séquences uniques de flashes de vingt projecteurs commandés par robot, ce qui n’est pas sans rappeler les modèles qui composent le code Morse. Les messages rebondissent de projecteur en projecteur, transformant le ciel en un standard téléphonique géant. Un message peut être capturé avec un téléphone portable ou une interface Internet 3D. Il est alors retiré, affiché sur le téléphone portable ou sur l’interface en ligne et projeté sur la façade du musée.
    Cette œuvre s’inspire de la tradition japonaise « tanabata » selon laquelle de courts messages sont pendus au bambou. L’un des objectifs de la pièce était de faire un spectacle public en utilisant le média privé de la messagerie texte, en ralentissant la communication et en introduisant la possibilité d’interception.

    Photographie de James Ewing, Voice Tunnel, Summer Streets, Park Avenue Tunnel, NY, USA, 2013

    Voice Tunnel, 2013
    #architecture relationnelle, #participatif, #immersif, #lumière, #son, #code
    Voice Tunnel est une installation interactive à grande échelle conçue pour transformer le tunnel Park Avenue lors de la célébration annuelle « Summer Streets » à New York. Le tunnel passe de la 33e à la 40e rue et est ouvert aux piétons pour la première fois en près de 200 ans. La pièce se compose de 300 puissants projecteurs théâtraux qui produisent des colonnes de lumière le long des murs et du revêtement du tunnel. Tous les luminaires sont installés juste à côté des murs, à sept pieds les uns des autres, brillent au-delà de la courbure de l’arche, s’effacent progressivement le long de la surface incurvée interne du tunnel avant d’atteindre leur sommet.
    L’intensité de chaque lumière est automatiquement contrôlée par l’enregistrement vocal du spectateur qui parle dans un interphone spécial qui se trouve au milieu du tunnel. Le silence est interprété comme une intensité nulle et la parole module la luminosité de manière proportionnelle, créant ainsi un code de flashes semblable à un morse. Une fois l’enregistrement terminé, l’ordinateur le lit sous forme de boucle, à la fois dans les appareils d’éclairage les plus proches de l’interphone et sur un haut-parleur intégré.
    À mesure que de nouvelles personnes participent, les anciens enregistrements sont repoussés d’une position vers le bas du tableau. Ainsi, la mémoire de l’installation est toujours recyclée, avec les enregistrements les plus anciens sur le bord du tunnel et les plus récents au milieu. À tout moment, le tunnel est illuminé par la voix de 75 visiteurs. Une fois que 75 personnes ont participé après vous, votre propre enregistrement disparaît du tunnel, comme un memento mori.
    Les voix peuvent être entendues à travers un ensemble de 150 haut-parleurs placés le long du tunnel, en parfaite synchronicité avec les lumières clignotantes qui se trouvent à proximité. L’effet du projet n’est pas cacophonique, car chaque haut-parleur ne lit pas les 75 enregistrements. Il ne lit que les voix des lumières qui se trouvent à côté.

  • Éloge de la mollesse

    Éloge de la mollesse

    Éloge : paroles ou écrit à la louange de quelqu’un, de quelque chose.
    Mollesse : état, caractère de quelque chose, de quelqu’un qui est mou.

    En utilisant un matériau inhabituel, vous produirez un travail plastique tridimensionnel : sculpture ou installation, faisant l’éloge de la mollesse, c’est-à-dire, témoignant du remplacement des matériaux traditionnellement durs (: bois, fer, pierre, etc.) par d’autres plus lâches, malléables, inconsistants (: textile, corde, caoutchouc, film plastique, etc.).

    Lors de la verbalisation, les élèves seront amenés à s’interroger sur le dispositif de présentation, sur l’installation de leurs travaux.

    Références proposées en recherche :

    • ÉTIENE-MARTIN, Demeure V, 1962, tissu, cordages variés, cuir
    • Claes OLDENBURG, Typewriter, 1963, toile, kapok, bois et ficelle
    • CÉSAR, Expansion, 1968, polyuréthane
    • Robert MORRIS, Wall Hanging, 1969-1970, feutre lacéré, 250 x 372 x 30 cm (reproduit ci-dessus)
    • Eva HESSE, Contingent, 1969, fibre de verre et latex sur gaze, 350 x 630 x 109 cm
    • Robert SMITHSON, Glue Pour, 1970
    Glue Pour de Robert Smithson, 1970
    Contingent d’Eva Hesse, 1969

    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière – les qualités physiques des matériaux.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Série noire

    Série noire

    « Série noire », cette expression peut être comprise de plusieurs manières. 
    Vous mettrez en évidence dans votre réalisation et par des moyens plastiques adéquats, la lecture que vous en faites en évitant cependant d’en rester au niveau de l’illustration ou de l’anecdote. Pour cela, vous utiliserez les supports et matériaux apportés (ou trouvés dans la réserve) dans un assemblage ou un collage ou un dispositif qui reste à créer.

    Un soin tout particulier sera porté à la présentation (accrochage, installation…) de la production.

    Notions abordées :
    noir-lumière, noir-couleur, matité, brillance, contre-couleur, monochrome, dégradé, composite, série, art sériel, système.

    Références artistiques possibles :

    • Kasimir MALEVITCH, Carré noir, peinture, 1914
    • Louise NEVELSON, Shadow & Reflection I, bas-relief, 1966
    • Pierre SOULAGE, Peinture, 29 juin 1979 
    • Allan McCOLLUM, photographie de l’installation de l’exposition « Allegories of Modernism : Contemporary Drawing » au MoMA, NY, 1992 (détail en bandeau)
    • Gilles TOUYARD, Série enflures, le piano d’après Joseph Beuys, caoutchouc, 1993
    • Anish KAPOOR, Descent Into Limbo (Descente dans les Limbes), installation, 1992
    • Zhu HONG, La photographie dans l’art contemporain, crayon sur papier noir, dimensions variables, (199 pièces), 2009
      Cette œuvre en dessin est construite d’après le livre de Charlotte Cotton intitulé La photographie dans l’art contemporain (Thames & Hudson, 2004). Reproduire les images de ce livre, c’est une façon de « rendre hommage » à la matière photographique, une façon d’affirmer que l’ensemble de mon travail se fait « d’après photo ».
    • Mike NELSON, A7 (Route du Soleil), installation, pneus, 2015
    Allan McCollum, Collection of Forty Plaster Surrogates, 1982
    Vue de l’exposition – Zhu HONG,La photographie dans l’art contemporain
    2009, crayon sur papier noir, dimensions variables, (199 pièces)

    • Questionnement(s) :
      La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation.
      La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux – la matérialité et la qualité de la couleur.
      L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
      S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
      Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) : Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
      Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • S213

    S213

    Après avoir choisi un endroit singulier de la salle d’arts plastiques (S213), vous interviendrez sur le lieu même et le donnerez à voir différemment.

    Pour se faire, il vous faudra :

    1. Observer les caractéristiques intrinsèques du lieu :
      matériaux, formes, dimensions, organisation des éléments construits et/ou naturels, couleurs, incidence de la lumière (artificielle et naturelle), autres.
    2. Dessiner un plan et réalisez un croquis du point de vue le plus significatif.
    3. Intervenir sur le lieu choisi (sans le dégrader).
    4. Photographier la réalisation afin de documenter le travail

    In situ : en art contemporain, in situ désigne une méthode artistique qui dédie l’œuvre à son site d’accueil (c’est-à-dire qu’elle ne peut être transportée en un autre lieu). In situ qualifie également une œuvre qui tient compte du lieu où elle est installée.

    Dwelling, Charles Simonds, 1971
    Dwelling, Charles Simonds, 1971

    Dwelling, Charles Simonds, 1971
    L’artiste new-yorkais Charles Simonds a créé une civilisation fictive, des lutins, dont il a imaginé l’histoire, un système de croyances et un mode de vie. De ce petit peuple Charles Simonds ne nous laisse entrevoir que les vestiges architecturaux centrés « autour de croyance envers la nature, vers la terre ». Leurs bâtiments sont faits de minuscules briques d’argile et d’autres éléments naturels tels que brindilles, os et sable. Ces bâtiments ne sont pas finis ou ils sont en ruines, abandonnés, s’érodant lentement.

    Visualiseur d'images mentales, Pierrick Sorin, 2004

    Visualiseur d’images mentales, Pierrick Sorin, vidéo, théâtre optique, 2004

    Les théâtres optiques de Pierrick Sorin
    Depuis 1995, dans un dispositif de fabrication artisanale, l’artiste se met en scène sous forme d’hologramme virtuel faisant son apparition au milieu de décors miniatures et d’objets réels. « Le petit Sorin » se donne inlassablement en spectacle dans des saynètes ironiques et graves à la fois, en référence au cinéma muet.
    Ses théâtres optiques sont comparables aux boîtes d’optiques du XVIIIe siècle montrées dans les rues par des bonimenteurs. Des formes brèves basées sur les effets de répétition, les effets comiques, la reconnaissance de formes familières à travers l’imitation et la caricature ou le dédoublement et le travestissement. L’effet doit être instantané sur le spectateur.
    Le dispositif de trucage (: système de miroir, inspiré du professeur John Pepper) mis en place par Pierrick Sorin est pris dans une double fonction : produire de l’illusion et montrer ses principes de production. Offrir de l’enchantement et du désenchantement en faisant entrer le procédé mystificateur au cœur de la représentation.

    L'île dans l'île, Gabriel Orozco, photographie, 1993

    L’île dans l’île, Gabriel Orozco, photographie, 1993
    Comparaison visuelle entre le proche et le lointain qui place New York dans un jeu d’échelle architectural et social en redoublant l’image du World Trade Center par des planches de bois.

    En bandeau : Tadashi KAWAMATA, Cathédrale de chaises, 2007, installation in situ, chaises en bois, Reims, 2007.


    • Questionnement(s) :
      La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la mise en regard et en espace.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :
      Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
      Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine