Réalisez la maquette d’une installation qui devra interagir sur l’espace du spectateur, jusqu’à le « piéger ». Accentuez cet effet autant que possible.
#piège #enfermement
Questions
En quoi une production artistique peut-elle interagir avec le spectateur ? Dans quelle mesure le déplacement du spectateur peut-il faire partie du processus artistique ? En quoi une production artistique peut-elle impliquer le spectateur dans une expérience sensible ? En quoi l’expression de nos différents sens dans l’appréhension de l’espace perçu, ressenti d’une œuvre apporte-t-elle d’avantage que la seule image de cet espace ?
Objectifs
Les objectifs de la séquence sont d’amener les élèves à :
comprendre que le format d’une œuvre répond à des intentions précises de l’artiste afin de permettre au spectateur une expérience sensible de l’espace
saisir que le format impose un temps d’exploration et de lecture de l’œuvre
comprendre que le lieu choisi pour la présentation de l’œuvre peut avoir une incidence, un impact sur son format et sa réception et que certaines œuvres ne s’appréhendent que par la déambulation, l’exploration, la découverte et ne se réduisent pas uniquement à la vue.
Références artistiques possibles
Marcel DUCHAMP, Le Fil (Mile of String), 1942, installation dès le vernissage de l’Exposition First Papers of Surrealism, New-York, oct-nov 1942
CHRISTO et JEANNE-CLAUDE, Wall of Oil Barrels – The Iron Curtain, 1962, installation rue Visconti à Paris
Wolfgang LAIB, Le Passage, 1988, construction en bois avec cire d’abeille et deux ampoules électriques, dimensions intérieures : 333,6 × 86,6 × 572,1 cm, New-York, MoMA
Anish KAPOOR, Descent Into Limbo (Descente dans les Limbes), 1992, installation, Documenta 9 de Cassel
Richard SERRA, Snake, 1994-1997, plaque d’acier résistant aux intempéries, trois unités, chacune de 4 x 15,85 m pour un ensemble de 4 × 31,7 × 7,84 m, Musée Guggenheim, Bilbao
Peter KOGLER, Chaos, 1996, Wahnsinn, Kunsthalle Krems, sérigraphies sur papier
Ernesto NETO, We stopped just here at the time, 2002, Lycra, clou de girofle, curcuma, poivre, 450 × 600 × 800 cm
Ann Veronica JANSSENS, Hot Pink Turquoise, 2006, installation
Maja PETRIC, outSIDEin, 2006, New York City Subway
Thomas HIRSCHHORN, Too Too-Much Much, 2010, Deurle (Belgique), Dhondt-Dhaenens Museum.
Henrique OLIVEIRA, Bololô, 2011, bois contre-plaqué, 430 × 920 × 760 cm, Smithsonian National Museum of African Art, Washington DC
Chiharu SHIOTA, In Silence, 2012, piano brulé souvenir autobiographique, New York, GalerieLe Goff + Rosenthal
le dispositif de représentation : l’espace en trois dimensions (différence entre structure, construction et installation), l’intervention sur le lieu, l’installation
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :
la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : le rapport d’échelle, l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public
l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : les rapports entre l’espace perçu, ressenti et l’espace représenté ou construit ; le point de vue de l’auteur et du spectateur dans ses relations à l’espace, au temps de l’œuvre, à l’inscription de son corps dans la relation à l’œuvre ou dans l’œuvre achevée
les métissages entre arts plastiques et technologies numériques : les croisements entre arts plastiques et les sciences, les technologies, les environnements numériques.
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Composantes théoriques
– Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
L’occupation d’un lieu, ça consiste non seulement à y être présent, visible, dominant, mais aussi à changer de manière plus ou moins perceptible l’essence même de ce lieu, à le modifier, à en détourner les ressources, à faire en sorte que les visiteurs n’y trouvent plus leurs marques, soient sans repères, désorientés.
On This de Krijn De KONING à la Galerie Serge Le Borgne du 09 septembre au 25 octobre 2008. L’espace de la galerie est déformé, détourné, des murs surgissent ici et là, le visiteur se tord pour passer des chicanes, se penche pour se glisser sous des linteaux, perd toute notion d’horizontalité, le regard passe d’un espace à un autre, flottant, puis s’échappe dans la cour, il suffoque parfois comme dans une prison, une occupation.
Proposez le projet d’un environnement ou d’une installation engageant le corps du spectateur dans un espace occupé jusqu’à lui faire perdre ses repères.
Au préalable, vous dessinerez les croquis d’observation et le plan du lieu envisagé pour ce travail. Un court texte de présentation accompagnera votre projet d’environnement ou d’installation réalisé sous la forme d’une maquette rendant bien compte de votre intervention artistique.
Problèmes abordés
En quoi la modification de l’échelle d’une œuvre peut-elle transformer son sens ? Dans quelle mesure une production artistique peut-elle interagir avec son espace d’exposition ?
Installation
Une installation est une œuvre tridimensionnelle, souvent créée pour un lieu spécifique et conçue pour modifier la perception de l’espace. Le terme « installation » apparu dans les années 1970 (cf. Allan Kaprow, Wolf Vostell, Gutaï, Fluxus) s’applique généralement à des œuvres créées pour des espaces intérieurs (galerie, musée) ; les œuvres en extérieur sont plus souvent désignées comme art public, land art ou intervention artistique.
« L’installation est passée d’une pratique spécifique du médium à une pratique spécifique du discours. », Hal Foster, théoricien de l’art (1998)
« L’installation est une autre étape dans l’évolution de la notion de la sculpture. Elle met en scène dans une aire donnée des éléments porteurs de divers types d’information. (…) Qu’elle joue ou non sur les qualités architecturales de son espace spécifique d’exposition (espace qui coïncide parfois avec son lieu de création), l’installation entretient avec ce lieu des rapports privilégiés. Rarement permanente, même si ses composantes le sont souvent, son parcours est fréquemment modifié en fonction du lieu. Elle joue sur la fonction de durée, de site et de contenu. » René Blouin, catalogue du centre d’art contemporain.
Yves KLEIN, Exposition du Vide, galerie Iris Clert, 1958
ARMAN, Le Plein, galerie Iris Clert, 1959
Rachel WHITEREAD, Ghost, 1990, plâtre sur ossature acier, 269 × 355,5 × 317,5 cm
Tadashi KAWAMATA, Les Chaises de traverse, 1997, 4000 chaises, Chapelle de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris
Jesús Rafael SOTO, Penetrable BBL Bleu, 1999, peinture sur aluminium, fils de PVC, 366,5 × 1400 × 470,5 cm
Ann Veronica JANSSENS, Blue, Red and Yellow, 2001, acier, bois, polycarbonate, films bleu, rouge et jaune, machine à fumée, 365.8 × 933,1 × 470,5 cm
Georges ROUSSE, Sargadelos 2001, anamorphose peinte in situ d’un damier multicolore, photographie
Tadashi KAWAMATA, Gandamaison, 2008, installation de 5000 cagettes en bois de légumes et de fruits, Versailles
Chiharu SHIOTA, His Chair, 2008, vieux cadres de fenêtre, chaise en bois, Musée d’Art moderne et contemporain de Trente et Rovereto, Italie
Chiharu SHIOTA, Letters of the Thanks, 2013, lettres de remerciement, fil de laine noire, Musée d’Art, de Kochi, Japon
Questionnement(s)
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :
la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : le rapport d’échelle, l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public ; l’architecture
l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : les rapports entre l’espace perçu, ressenti et l’espace représenté ou construit ; le point de vue de l’auteur et du spectateur dans ses relations à l’espace, au temps de l’œuvre, à l’inscription de son corps dans la relation à l’œuvre ou dans l’œuvre achevée
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Composantes théoriques
– Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
*Chiharu SHIOTA, Infinity, 2015, ampoules, fils de laine noire, vue de l’exposition à l’Espace Louis Vuitton, Paris – https://www.chiharu-shiota.com/
Ça pousse… Ça pousse jusqu’à donner à voir une sensation de déséquilibre.
#équilibre #croissance #chaos #végétal
Votre réalisation nécessairement tri dimensionnelle proposera une interprétation plastique de la croissance et du déséquilibre. Vous utiliserez des feuilles de carton, des bandes de papier et tout autre matériau de récupération.
Équilibre : distribution égale des forces, des éléments, des masses ; répartition des lignes, des formes, des masses.
Déséquilibre : perte ou absence d’équilibre, d’une position stable.
Pousser : 1/ exercer une pression sur ; 2/ croître, se développer.
Questions abordées
En quoi l’œuvre en trois dimensions se présente-t-elle comme un espace sensoriel ? Dans quelle mesure l’évocation visuelle de la croissance et du déséquilibre intègre-t-elle une dimension temporelle ? Une dimension narrative ? En quoi la narration modifie-t-elle le dispositif de présentation ?
Objectifs pédagogiques
Les objectifs de la séquence sont d’amener les élèves à :
comprendre que l’espace de l’œuvre peut aussi être celui du spectateur,
prendre conscience que l’œuvre est aussi surfaces ou espaces pensés, composés, recouverts, assemblés…
explorer le volume, le plein et le vide ; explorer les possibilités d’assemblage,
comprendre les relations entre hauteur, volume, équilibre, déséquilibre et d’engager des choix en relation avec son projet.
Références artistiques possibles
Vladimir TATLINE, Maquette du Monument à la Troisième Internationale, 1919/ 1979, bois et métal, hauteur : 420 cm, diamètre : 300 cm, base : 80 cm, Centre Pompidou, Paris
Karl BLOSSFELDT, Cucurbita, 1928, photographie argentique, 25,9 × 20,3 cm, Getty Museum, Los Angeles
Alexander CALDER, Spider, 1939, tôle d’aluminium peinte, tige d’acier et fil d’acier, 203,5 × 224,5 × 92,6 cm, Calder Foundation, NY
Alberto GIACOMETTI, L’homme qui chavire, 1950, bronze peint, 59,1 × 26,5 × 27,5 cm, Coll. Fondation Louis Vuitton
Andy GOLDSWORTHY, Woven branch circular arch, Langholm, Dumfriesshire, UK, avril 1986, branches
Richard SERRA, Snake (Sugea), 1994–1997, acier, trois unités, composées chacune de deux sections coniques, dimensions variables (env. 4 × 31,7 × 7,84 m), Musée Guggenheim, NY
Peter FISCHLI et David WEISS, Natural Grace, from A Quiet Afternoon, 1985, photographie
Giuseppe PENONE, Sentier de Charme, 1986, bronze, charme, Coll. Fonds régional d’art contemporain de Bretagne
Philippe RAMETTE, Lévitation de chaise, 2007, sculpture en bronze, 170 × 150 × 150 cm
Daniel FIRMAN, Würsa (à 18 000 km de la Terre), 2008, sculpture – taxidermie d’éléphant, 570 × 250 × 140 cm
Franck GEHRY, Musée Guggenheim de Bilbao, 2010, architecture
Ai WEIWEI (né en 1957), Bang, 2013, 886 tabourets traditionnels ‘ »bang » (dynastie Qing) en bois, vue de l’installation, Biennale de Venise, 2013
Henrique OLIVEIRA, Transarquitetonica, 2014, installation, bois, briques, boue, bambou, PVC, contreplaqué, branches d’arbres et autres matériaux, 5 × 18 × 73 m, Musée d’Art Contemporain de São Paulo, Brésil
Emmanuel FOURCADE, alias Manu TOPIC, Equilibrium, film de 3 min de Patrick FOCH, 2017, pierres en équilibre/ stone balance – https://500px.com/p/manutopic
Questionnement(s)
La représentation plastique et les dispositifs de présentation :
la mise en regard et en espace : ses modalités, ses contextes, l’exploitation des présentations des productions plastiques et des œuvres.
Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace :
l’espace en trois dimensions : découvert et expérimentation du travail en volume ; les notions de forme fermée et forme ouverte, de contour et de limite, de vide et de plein, d’intérieur et d’extérieur, d’enveloppe et de structure, de passage et de transition ; les interpénétrations entre l’espace de l’œuvre et l’espace du spectateur.
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
Composantes théoriques
– Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)
Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)
Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Vue de l’exposition Baitogogo d’Henrique OLIVEIRA au Palais de Tokyo, Paris, 2013
Dans le champ artistique, la couleur apparaît comme un moyen de retranscrire les nuances, de créer les contrastes et les modelés des objets réels. Avec la naissance de l’art moderne, la couleur s’affranchit de ce rôle mimétique pour devenir une fin en soi. C’est ce que l’on appelle l’autonomie de la couleur : sa capacité à se suffire à elle-même sans avoir à se référer à autre chose.
Votre intention sera de créer une expérience contemplative immergeant le spectateur dans la (matière) couleur de par ses aspects sensoriels, ses rapports à la perception, à l’espace.
#aspect sensoriel #expressivité #rapport à la perception
Dans quelle mesure la qualité et la quantité de la couleur influent-elles la perception de cette couleur ? En quoi la couleur et sa matérialité confèrent-elles une valeur expressive à l’œuvre ?
Monochrome
Qu’est-ce qu’un monochrome ? « Monochrome » : d’une seule couleur. Le terme fut longtemps dans l’histoire de l’art un adjectif qualifiant un camaïeu ou une grisaille. Au 20e siècle, il devient un substantif puis un genre au même titre que le paysage ou le ready-made.
Claude MONET, La Série des Cathédrales de Rouen , 30 tableaux réalisés de 1892 à 1894 représentant principalement des vues du portail occidental de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, peintes à des angles de vues et des moments de la journée différents
Kasimir MALEVITCH, Carré noir, 1923 – 1930, huile sur plâtre, 36,7 x 36,7 x 9,2 cm, Centre Pompidou, Paris
Morris LOUIS, Blue Veil, 1958, acrylique sur toile, 233 x 396 cm
Yves KLEIN, IKB 3 – Monochrome bleu, 1960, pigment pur et résine synthétique sur toile marouflée sur bois, 199 x 153 cm, Centre Pompidou, Paris
Mark ROTHKO, Untitled (Black, Red over Black on Red), 1964, huile sur toile, 205 x 193 cm, Pompidou Paris
Claude RUTAULT, Toiles à l’unité, 1973/Légendes, 1985, 1973 – 1985, installation, peinture acrylique sur toile, Centre Pompidou, Paris
Ellsworth KELLY, Three Panels: Orange, Dark Gray, Green, 1986, huile sur panneau, 294,6 x 1047,7 cm, MoMA, NY
Anish KAPOOR, Descent into limbo, 1992, installation
Pierre SOULAGE et Jean-Dominique FLEURY, les vitraux de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques, 1994
Olivier DEBRÉ réalisant le rideau de l’Opéra de Shangai, Chine, novembre 1998, photographié de Marc Deville
Pierre SOULAGE, Peinture 300×235 cm, 9 juillet 2000, huile sur toile
Olafur ELIASSON, The Project Weather, 2003, installation à la Tate Modern de Londres
Ann Veronica JANSSENS, Rose, 2007, installation, projecteurs, machine à brouillard
Craig COSTELLO, Untitled (Toulouse), 2016, acrylique sur mur, dimensions variables.
Questionnement(s) :
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
*Claude RUTAULT, d/m 263. toile recto-verso avec un châssis de Gottfried Honegger, 2014, acrylique sur toile, 150 x 150 cm
Constituez une collection d’objets colorés (ou fragments d’objets) puis proposez-en une installation dont l’enjeu sera d’interroger la matérialité et la qualité de la couleur des matériaux dont les fragments sont faits.
#couleur #matérialité #qualité #dispositif
Vocabulaire spécifique
Combiner : mettre deux choses ensemble.
Collection : réunion d’objets ayant un intérêt esthétique, scientifique, historique, ou une valeur provenant de leur rareté.
Installation : œuvre d’art contemporain dont les éléments, de caractère plastique ou conceptuel, sont organisés dans un espace donné.
Typologie : démarche méthodique consistant à définir ou étudier un ensemble de types, afin de faciliter l’analyse, la classification et l’étude de réalités complexes.
Questions
Comment concevoir la mise en scène d’une collection où la couleur des objets en serait l’enjeu ? Dans quelle mesure votre réalisation plastique interroge-t-elle la couleur et sa matérialisation ? En quoi la perception de la couleur d’un matériau évolue-t-elle en modifiant sa quantité et sa qualité ? En quoi votre réalisation fait-elle sens pour le spectateur ?
Méthodologie
Travaillez en groupe de 2 ou 3. Mutualisez les fragments colorés.
Juxtaposez, superposez-les (…) pour observer les effets produits. Faites plusieurs essais jusqu’à obtenir une organisation probante.
Choisissez votre dispositif de présentation (: manière de présenter le travail artistique, d’associer plusieurs éléments entre eux).
Photographiez votre installation.
Intégrez vos prises de vue dans un diaporama. Expliquez ce qui fait sens dans votre réalisation.
Tony CRAGG, Blue Horn, 1982
Références artistiques possibles
Richard Paul LOHSE, 6 rangées de couleurs verticales systématiques, 1972, huile sur toile, Musée de Grenoble. L’organisation de la grille répond aux contraintes d’un carré latin de 6 lignes et colonnes (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Carré_latin).
Yves KLEIN, Relief Éponge rose sans titre (RE 36), 1960, pigment pur et résine synthétique, éponges naturelles et graviers sur panneau, 125 x 100,4 x 11,5 cm
ARMAN, Quand le vin est tiré, 1963, capsules, 163 cm x 123 cm
Sol LEWITT, Drawing Series III/2314/A & B, 1969, crayon et encre sur papier, 30,6 x 61,1 cm, MoMA, NY
Tony CRAGG, Blue Horn – Axt, 1982, installation comprenant 40 objets peints, 175 x 360 x 470 cm
Allan Mc COLLUM, Over Ten Thousand Individual Works, 1987-1989. 10 000 objets produits en série, mais tous uniques à partir de moules d’objets ménagers en caoutchouc combinés, acrylique sur hydrocal (mélange de plâtre et ciment).
Daniel FIRMAN, Simply red, sculpture, 2009, plâtre, vêtements objets. 230 x 140 x 120 cm
Dan Tobin SMITH, The First Law Of Kipple, 2014, installation immersive comprenant des milliers d’objets colorés sur 200 m2 à l’occasion du London Design Festival
Damien HIRST, Persil, 2015, métal, plastique, résine, LED, paquets de lessive, 214 x 128,5 x 65 cm
Carson Davis BROWN, #Mass, 2017, installation in situ, divers objets collectés sur place dans la grande surface (en bandeau)
Emmanuelle MOUREAUX, 100 colors no.36 « hitobito iroiro » for UNIQLO, 2021. L’installation est composée de 9 000 silhouettes de femmes dans 100 nuances de couleurs différentes, régulièrement alignées en grilles tridimensionnelles, remplissant une vitrine de UNIQLO GINZA store à Tokyo. Emmanuelle Moureaux (vimeo.com)
Questionnement(s)
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux – la matérialité et la qualité de la couleur.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
En quoi l’objet est-il décontextualisé lorsqu’il est intégré à une œuvre d’art ? Dans quelle mesure la présentation d’un objet peut-elle être porteuse de sens et créer une histoire pour le spectateur ? Comment construire la narration ?
Avant la réalisation de votre projet, n’oubliez pas d’analyser la portée symbolique de l’objet sous la forme d’une carte mentale ou d’un nuage de mots
Références artistiques possibles
Joseph CORNELL, Soap Bubble Set (Nécessaire à bulles de savon), 1948-1949, boîte et objets divers (pipe, verre, boule) sous plexiglas, 26 x 38 x 8 cm, Centre Pompidou, Paris
Erik DIETMAN, Scie malade, 1961, assemblage, scie, bande Velpeau, 5 x 51 x 12,5 cm, Centre Pompidou, Paris
Joseph KOSUTH, One and Three Chairs, 1965, bois et tirages photographiques, 118 x 271 x 44 cm, Centre Pompidou, Paris
Bertrand LAVIER, General Electric, 1985, réfrigérateur et peinture acrylique, 140 x 80 x 70 cm, MACM, Montréal
Peter FISCHLI et David WEISS, Die Gesltzlosen (Les hors-la-loi), 1985, photographie
Joan FONTCUBERTA, Fauna, 1985-89, installation, photographies, textes, cartographies, schémas, vitrines et vidéos
Sophie CALLE, Les poissons me fascinent, 1986, photographies, 108 x 120 cm, Centre Pompidou, Paris. « J’ai rencontré des gens qui sont nés aveugles. Qui n’ont jamais vu. Je leur ai demandé quelle est pour eux l’image de la beauté. »
Jean LE GAC, Story Art (avec fantôme des Beaux-Arts), 1986, toile polyester non tissée, peinture à la caséine, fusain, pastel sec et projecteur de cinéma avec sellette, 250 x 340 cm, Centre Pompidou, Paris
Patrick TOSANI, cuillère, 1988, cibachrome, 182 x 120 cm
Allan McCOLLUM, photographie de l’installation de l’exposition « Allegories of Modernism : Contemporary Drawing » au MoMA, NY, 1992
Gabriel OROZCO, Four Bicycles (There is Always One Direction), 1994, assemblage, 198,1 x 223,5 x 223,5 cm
Tony CRAGG, Cumulus, 1998, verre, 265 x 120 x 120 cm, Tate, Londres
Nancy FOUTS, Toothbrush, 2009, brosse à dents et prothèse dentaire, 20 x 29 cm
Pina DELVAUX, Normal, boîte-objet, 1987-2001
Questionnement(s)
La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Peter FISCHLI et David WEISS, Afternoons Nap, 1986, photographie
Faites une œuvre dont le cadre sera le sujet. Vos choix iconiques, plastiques ou symboliques seront induits par la représentation ou l’objet encadrés.
#cadre #limite #lien #emboîtement
Questionnement
Comment le dispositif de présentation peut-il être objet d’un questionnement artistique ? Comment le cadre peut-il transformer les conditions de réception d’une œuvre ? Où commence le cadre, où finit-il ? Quelles interactions avec l’œuvre présentée ?
Références artistiques possibles
Pere BORRELL DEL CASO, Escapando de la crítica, 1874, huile sur toile, Banco de Espana, Madrid
Robert DELAUNAY, Les Fenêtres simultanées sur la ville, 1912, huile sur toile et cadre, 40 x 46 cm, Kunsthalle, Hambourg
Pablo PICASSO, Nature morte à la chaise cannée, 1912, huile et toile cirée sur toile encadrée de corde, 29 x 37 cm, Musée national Picasso, Paris
Salvador DALÍ, Couple avec leur tête pleine de nuages, 1937, huile sur panneau de bois personnage masculin : 92,5 x 69,5 cm, personnage féminin : 82,5 x 62,5 cm, Museum Boijmans van Beuningen, Rotterdam
Pierre ALECHINSKY, Central Park, 1965, acrylique sur papier marouflé sur toile avec remarques marginales à l’encre de Chine, 162 x 193 cm
Louis CANE, Toile découpée, 1971, huile vaporisée et appliquée au pinceau sur toile, 240 x 189 x 98 cm, Centre Pompidou, Paris
Frank STELLA, Mas o Menos (Plus ou moins), 1964, poudre métallique dans émulsion acrylique sur toile, 300 x 418 cm
Claude RUTAULT, Toiles à l’unité, 1973 / légendes, 1985, 1973-1985, peinture acrylique sur toile, Centre Pompidou, Paris
Esther FERRER, Perfile (Profil), 1984, installation, Fondation Joan Miró, Barcelone
Annette MESSAGER, Mes Vœux, 1989, photographies, cadres suspendus, 320 x 160 cm, Centre Pompidou, Paris. Mes vœux, composés de dizaines de photographies de détails de corps, met en scène une identité fragmentée qui se décompose et se recompose comme les éclats d’un kaléidoscope. Le dispositif qui en résulte, les photographies étant suspendues par une multitude de longues ficelles apparentes, rappelle les ex-voto, ces images ou ces objets qui invoquent une guérison
Giulio PAOLINI, Mnemosine (Les Charmes de la Vie/8), 1981-1990, toile peinte, huit châssis, toile préparée, 315 x 450 x 240 cm
Allan Mc COLLUM , 60 Plaster Surrogates (No. 3), 1982-1990, 223.5 x 569 cm The Museum of Contemporary Art, Los Angeles
Gilbert GARCIN, Flash Back, photographie, 2001
KOLKOZ, La Chevauchée, 2008, moulures, encadrement, feuille d’or. 153 x 255 cm, Galerie Emmanuel Perrotin
Chiharu SHIOTA, A Room of Memory, 2009, installation, vielles fenêtres (cadre en bois), dimensions variables
Studio Babak GOLKAR, Untitled (Azadi Square) – Parergon, 2011, plaquage acrylique, bois, laque, 147 x 137 x 12,7 cm, Parergon / — Studio Babak Golkar
BANKSY, Love Is in the Bin, 2018, pochoir déchiqueté, cadre, 101 x 78 cm. Love is in the Bin est une intervention artistique de 2018 de Banksy chez Sotheby’s London, avec une autodestruction inattendue de son tableau de 2006 de Girl with Balloon immédiatement après sa vente aux enchères pour un montant record de 1 042 000 £ (en bandeau)
Questionnement(s)
La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : l’objet comme matériau en art.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Ex machina, expression latine signifiant « issu de la machine » et empruntée à l’expression « deus ex machina ».
Dans le langage courant, cette dernière expression s’applique à un événement improbable qui arrive par surprise et qui résout une situation bloquée jusque-là. On peut dire d’une personne qu’elle est le deus ex machina si elle vient arranger un problème au dernier moment.
Concevez une machine* fictive créatrice d’œuvres surprenantes pour le spectateur en raison de l’inattendu de sa production.
#détournement #dispositif #process #IA
Vous nourrissant de vos recherches préalables et de vos échanges entre élèves, représentez le projet que vous vous faites de la machine créatrice d’art sous la forme d’une planche de croquis.
Contrainte : les constituants caractéristiques de la machine (: mécanismes, engrenages, structure métallique, circuits électriques, etc.) seront apparents. L’esthétique steampunk pourrait vous inspirer.
*Machine : appareil ou ensemble d’appareils capable d’effectuer un certain travail ou de remplir une certaine fonction, soit sous la conduite d’un opérateur, soit d’une manière autonome. L’histoire de l’art abonde en machineries diverses : des statues animées de l’Antiquité grecque, machines de guerre et à voler de Léonard de Vinci, automates de Vaucanson.
Questionnement
Dans quelle mesure la machine est-elle capable de créer des œuvres différentes, nouvelles et non pas de simples copies ? La machine fait-elle sens ? L’art est produit, en principe, par les artistes, mais qu’arrive-t-il lorsque des machines se mettent à créer de l’art ? Les artistes deviennent-ils des ingénieurs ?
Steampunk, l’univers de la première révolution industrielle
À l’origine, le steampunk (futur à vapeur) est un genre littéraire dont Jules Verne, Albert Robida ou H. G. Wells fournissent les caractéristiques et l’esthétique de l’univers d’expression à travers leurs romans ou les adaptations cinématographiques qui en ont été faites : Vingt mille lieues sous les mers de Richard Fleischer (1954), L’Invention diabolique de Karel Zeman (1958) ou La Machine à explorer le temps de George Pal (1960).
L’univers des époques victorienne (1837-1901) et édouardienne (1901-1910) d’avant la Première Guerre mondiale reste l’un des décors favoris du genre.
Par extension sont assimilés au genre du steampunk les récits qui se déroulent soit dans le futur, soit dans un présent uchronique alternatif — où apparaissent des personnages historiques ayant réellement existé —, quand leur décor rappelle le design de l’environnement industriel du 19e siècle ou que la société qu’ils décrivent ressemble à celle de l’époque socialement très rigide et cloisonnée.
Design
Le steampunk recoupe fréquemment d’autres genres référentiels de la SF comme le voyage temporel, l’uchronie (décalage temporel et histoire alternative) et les univers parallèles. Cet aspect uchronique canonique a valu aux œuvres de SF steampunk les labels de « chroniques du futur antérieur » ou de « rétrofutur » chez les fans du genre. Une autre des principales différences entre le steampunk et la science-fiction réside dans la présence d’éléments anachroniques plus tardifs comme les ordinateurs ou les manipulations génétiques qui n’existaient évidemment pas à l’époque.
_Dieselpunk : rétrofuturisme dérivé du steampunk où la technologie de la révolution industrielle (charbon et vapeur) est remplacée par le moteur à combustion et s’approche d’une vision du monde de la fin des années 1930 jusqu’aux années 1950. Ex : The Rocketeer, comics de Dave Stevens ou Leviathan, romans de Scott Westerfeld. _ Atompunk : rétrofuturisme au style moderne du milieu du siècle, la révolution nucléaire et l’ère spatiale de Spoutnik. Ex : Fallout, jeux vidéo de Black Isle Studios puis Bethesda Softworks ou Les Indestructibles du Studio d’animation PIXAR. _ Cyberpunk : dystopie où la technologie a fusionné avec l’humain. Ex : Blade Runner, film de Riddley Scott ou Bienvenue à Gattaca, film d’Andrew Niccol.
Références artistiques possibles
Jacques VAUCANSON, Le flûteur automate, env. 1733, statue en bois et carton (bras), 178 cm de haut, automate pouvant jouer plusieurs morceaux en soufflant naturellement dans sa flûte.
Jean ARP, Collage avec des carrés disposés selon les lois du hasard, 1916, collage, 48,5 x 34,6 cm, MoMA, NY https://www.moma.org/learn/moma_learning/jean-hans-arp-untitled-collage-with-squares-arranged-according-to-the-laws-of-chance-1916-17/ « Dans son atelier du Zeltweg, Arp avait longuement travaillé sur un des- sin. Insatisfait, il finit par déchirer la feuille, en laissant les lambeaux s’éparpiller par terre. Lorsque, après quelque temps, son regard se posa par hasard sur les morceaux gisant au sol, il fut surpris par leur disposition qui traduisait ce qu’il avait vainement essayé d’exprimer auparavant. Combien significatif, combien expressif était cet étalement. Ce qu’il n’avait pas réussi plus tôt, malgré tous ses efforts, le hasard, le mouvement de la main et celui des morceaux de papiers flottants s’en étaient chargés. En effet, l’expression y était. Il considéra cette provocation du hasard comme une providence et se mit à coller soigneusement les morceaux dans l’ordre dicté par le hasard ».
Marcel DUCHAMP, Rotative plaques verre, 1920/1979, 5 plaques de plexiglas peintes, bois et bras métalliques, axe métallique entraîné par un moteur électrique, 135 x 170 x 123 cm
François MORELLET, Répartition aléatoire de triangles suivant les chiffres pairs et impairs d’un annuaire téléphonique, 1958, triptyque, huile sur contre-plaqué, chaque panneau : 80 x 80 cm, Musée de Grenoble. Les œuvres de François Morellet sont exécutées d’après un système : chaque choix est défini par un principe établi par avance. Il veut par là donner l’impression de contrôler la création artistique tout en laissant une part de hasard, ce qui donne un tableau imprévisible. Il utilise des formes simples, un petit nombre de couleurs en aplats, et des compositions élémentaires (juxtaposition, superposition, hasard, interférence, fragmentation).
Méta-Matic en fonctionnement
Jean TINGUELY, Méta-matic n° 1, 1959, métal, papier, crayon-feutre, moteur, 96 x 85 x 44 cm. Les machines à dessiner Méta-Matics sont des « méta-mécaniques formées d’une roue motrice reliée par des courroies à une ou plusieurs roues qui tournent et entraînent un arbre excentré transmettant à une tige un mouvement irrégulier. L’utilisateur fixe à l’extrémité de cette tige un morceau de craie, un crayon, un stylo à bille ou encore un feutre, qui couvre de traits et de griffonnages le papier posé sur le support prévu à cet effet. Quelques instants plus tard apparaît un dessin dont les motifs se répètent à l’infini. Par ses machines à dessiner, Tinguely veut prouver qu’une œuvre d’art, loin d’être une création définie, achevée, peut engendrer sa propre vie et produire elle-même de l’art. De ce fait, les dessins variant selon la manipulation, il n’y a pas deux dessins identiques – d’où l’importance de la pression du traceur sur le papier, de la fluidité de l’agent colorant ou de la qualité du papier. La machine, le constructeur et l’utilisateur participent à parts égales à l’œuvre, à la fois sculpture, happening et dessin.
Sol LEWITT, Variations Of Incomplete Open Cubes, 1974-1982. L’œuvre est générée par l’application d’une unique règle. Dans ce cas, LeWitt a systématiquement exploré les 122 façons de « not making a cube, all the ways of the cube not being complete », selon l’artiste. https://www.metmuseum.org/art/collection/search/691091
Rebecca HORN, Les Amants, 1991, liquide rouge, liquide noir, bras mécanique, moteur, dimensions variables
Wim DELVOYE, Cloaca, 2000, machine de 12 mètres de long, 2,8 mètres de large et 2 mètres de haut. Elle est composée de six cloches en verre, contenant différents sucs pancréatiques, bactéries et enzymes, acides, etc., le tout dans un milieu très humide. Les cloches sont reliées entre elles par une série de tubes, tuyaux et pompes. Contrôlée par ordinateurs, l’installation est maintenue à la température du corps humain (37,2 °C) et fait circuler les aliments, ingérés 2 fois par jour, pendant 27 heures, pour y produire finalement des excréments.
Olafur ELIASSON, The endless study in three dimensions, 2005, bois, métal, miroir, papier, stylo à bille, tampon. Cette machine à dessiner requiert la participation du spectateur qui repart avec un dessin géométrique spatial de type spirographe. https://olafureliasson.net/tag/TEL3158/drawing-machines
Patrick TRESSET, Human Study #2, La Grande Vanité au corbeau et au renard, 20187, installation, exposition Artistes et Robots au Grand-Palais, Paris
Questionnement(s)
La représentation ; images, réalité et fiction : la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Nous sommes dépositaires d’une histoire qui n’est pas la nôtre, qui est celle de nos ancêtres et que nous hébergeons sans le savoir.
#mémoire #histoire #récit
Questionnements
Comment devenir acteur d’une mémoire collective et citoyenne ? Comment l’artiste commémore*-t-il un événement ou un personnage pour perpétuer le souvenir d’une présence ? En quoi votre présentation favorise-t-elle l’expression d’un travail de mémoire ? La commémoration* induit-elle une organisation, une syntaxe, des codes ?
* Commémorer : célébrer la mémoire d’un événement ou d’une personne. * Commémoration : action de rappeler le souvenir d’une personne ou d’un événement.
À partir de photographies d’un aïeul
Chaque élève numérise les photographies choisies à l’aide d’un appareil photo numérique ou d’un scanner afin de préserver les originaux.
Méthodologie :
suite à la présentation du sujet, réalisation commune d’une carte mentale qui aidera les élèves à s’interroger sur la présentation des images
regroupement par équipe de deux ou trois ; écriture du projet de présentation
croquis des points de vue les plus significatifs du lieu de monstration ; liste des caractéristiques intrinsèques au lieu (: galerie de l’établissement, couloirs ou autres lieux)
en salle informatique, intervention sur les images numériques retenues : retouche, correction, modification…
optimisation pour l’impression (numérique ou sérigraphique ou autre) ou de la vidéo projection
préparation des accessoires et des matériaux utilisés pour le projet
mise en espace des images pour leur présentation au public : installation, accrochage, vidéo projection
Attention, les élèves n’ont à leur disposition que le matériel habituel.
Butadès de Sicyone
La fille du potier Butadès de Sicyone amoureuse d’un jeune homme qui partait pour un lointain voyage, renferma dans des lignes, l’ombre de son visage projeté sur une muraille par la lumière d’une lampe ; le père appliqua de l’argile sur ce trait et en fit un modèle qu’il mit au feu avec ses autres poteries. On rapporte que ce premier relief se conserva dans le Nymphaeum (monument consacré aux nymphes) jusqu’à la destruction de Corinthe par Mummius (soit env. 200 ans).
Ce mythe relaté par Pline l’Ancien (23-79) fut considéré au début du 18ème siècle comme l’origine de la peinture et de la sculpture.
Christian BOLTANSKI, Reliquaire, 1990
Références artistiques possibles
Ernest PIGNON-ERNEST, Rimbaud, 1978, 400 sérigraphies. Les sérigraphies, tirées à plusieurs exemplaires sont collées sur différents lieux, diverses surfaces à Charleville et Paris. Les photographies permettent de conserver la mémoire de l’évènement.
Hiromi TSUCHIDA, photographies faites en 1979 à partir des restes d’objets trouvés à Hiroshima ou conservés par les survivants et exposés au Mémorial d’Hiroshima – une robe déchirée, le verre d’une paire de lunettes, une boîte à repas carbonisée, une chevelure. Ici aussi, seuls les objets sont montrés, en noir et blanc, dans un cadrage serré, sur un fond neutre, comme des signes du désastre qui suffisent, sans effet spectaculaire, à montrer l’indicible.
Christian BOLTANSKI, Reliquaire, 1990, installation, photographies, cadres en acier, tissu, lampes et fils
Jochen GERZ, 2146 Pierres, Monument invisible contre le racisme, 1993. L’œuvre est constituée de plus de deux mille pavés, progressivement descellés sur la place du château de Sarrebrück – ancien siège de la Gestapo – gravés chacun du nom d’un cimetière juif profané entre 1933 et 1945, puis replacés, face contre terre.
Jochen GERZ, Monument vivant de Biron, 1996, monument aux ports, 360x316x316 cm. Sur l’ancien monument aux morts situé devant une halle en bois dans la commune française de Biron, dans le département de la Dordogne, l’artiste a disposé, de manière aléatoire et anonyme, des plaques sur lesquelles sont gravées les réponses des habitants à la question : « Qu’est ce qui serait assez important, selon vous, pour risquer votre vie ? ».
Arno GISINGER, Invent Arisiert, 2000, photographies d’une centaine d’objets confisqué à huit familles juives en 1938. Cette œuvre réalisée à la demande du Mobilier national autrichien (Hofmobiliendepot) s’inscrit pleinement dans la continuité de la réflexion de l’artiste sur la représentation visuelle de l’Histoire et de la mémoire.
Éric BAUDELAIRE, The Dreadful Details, 2006, photographie. Tout est faux ! Les photographies de presse sont reconstituées dans des studios d’Hollywood jusqu’aux détails les plus macabres.
Anselm KIEFER, Chevirat Hakelim (Le bris des vases), 2007, plomb, verre. Pour l’artiste « l’histoire est un matériel comme la couleur, la toile » il l’utilise comme un matériau plastique.
Sophie CALLE, Souvenirs de Berlin-Est, 2013, Éd. Actes sud, 79 pages. À Berlin, de nombreux symboles de l’ex-Allemagne de l’Est ont été effacés. Sophie Calle enquête dans la ville et remarque que ces symboles ont laissé des traces dans le paysage. Elle photographie alors leur absence et interroge les passants pour la description de leurs souvenirs. Son exposition met en parallèle les photographies et les témoignages. « J’ai remplacé les monuments manquants par le souvenir qu’ils ont laissé, » dit-elle.
Anne et Patrick POIRIER, Alep, 2015, tapis en laine, soie et fibre de bambou, 370×440 cm, Galerie Mitterrand, Paris.
Questionnement(s)
La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine