Catégorie : Mouvements artistiques

  • Art Informel

    Art Informel

    France, 1945-1960

    Ce terme caractérise la quasi-totalité des pratiques picturales de l’après-guerre en Europe (à l’exclusion des abstractions construites, héritières de Mondrian et de De Stijl) qui fait pendant à l’expressionnisme américain. Liberté du geste, goût pour la tache, l’accident, refus du dessin et de la maitrise, improvisation, en sont les traits marquants. Terme qui caractérise aussi toute forme plastique, même isolée, qui répond à ces mêmes caractéristiques.

    Jean Degottex, Hans Hartung, Georges Mathieu, Henri Michaux, Michel Tapié, Jean Paul Riopelle, Wols.
    *La juive (détail), Jean Fautrier, 1943

  • Art Minimal

    Art Minimal

    États-Unis, 1960

    Dans la première moitié des années 60, des sculpteurs et quelques peintres choisissent de façon radicale de rejeter tout art fondé sur l’illusionnisme de l’image et de la forme. Avec des partis pris et sur des supports très différents, ils proposent une oeuvre réclamant une attention toute particulière au spectateur, à sa présence, à sa relation de place et d’échelle entretenue avec elle. Ils produisent des formes géométriques, inexpressives, épurées (dites structures primaires), articulées entre elles de manière sérielle. Leurs oeuvres sont généralement monochromes et se constituent de produits manufacturés (néons, briques, poutrelles métalliques…).

    Carl André, John Baldessari, Dan Flavin, Donald Judd, Robert Morris, Robert Ryman, Frank Stella.
    *Open Geometric Structures, Sol LeWitt, 1979

  • Bauhaus

    Bauhaus

    Weimar, Dessau puis Berlin, 1919-1933

    Le Bauhaus naît de la fusion de l’École supérieure des Beaux-Arts et de l’École des Arts appliqués du Grand-Duché de Weimar. Walter Gropius, directeur de cette institution, la baptise Bauhaus (maison de la construction) et publie un projet pédagogique où il affirme qu’il existe une synthèse des arts au sein de l’architecture. L’enseignement s’organise autour d’ateliers où artistes et artisans occupent les fonctions de maîtres.
    Au Bauhaus, l’enseignement s’organise autour d’ateliers où artistes et artisans occupent les fonctions d’enseignants. Reposant sur un refus de l’art pour l’art, le Bauhaus préfère une esthétique industrielle alliant le beau à l’utile. Son style concorde avec ces principes : il est simple, fonctionnel, élégant.
    Le corps enseignant s’enrichit de personnalités prestigieuses qui élaborent des théories au sein de leurs ateliers respectifs. Le Bauhaus devient un laboratoire à plus d’un titre. On y travaille sur des formes et des matériaux adaptés aux temps modernes en vue d’une production industrielle.
    Après le déménagement à Dessau en 1925, le Bauhaus subit de nombreux remaniements à la demande des élèves. La photographie et la psychologie y font leur entrée, l’imprimerie remplace la lithographie, Herhert Bayer ouvre un atelier de publicité, Hannes Meyer enseigne l’architecture. Les liens se resserrent avec les industriels.
    En 1931 les nazis obtiennent la majorité à Dessau. Le Bauhaus émigre à Berlin. Puis victime des tracasseries de la Gestapo, il ferme ses portes.

    Josef Albers, Herbert Bayer, Marcel Breuer, Walter Gropius, Johannes Itten, Vassily Kandinsky, Paul Klee, Hannes Meyer, Ludwig Mies Van Der Rohe, Laszlo Moholy-Nagy.

  • Bad Painting

    Bad Painting

    États-Unis, 1978

    Mauvaise peinture… Le terme générique de « Bad painting », titre de l’expo des peintures Neil Jenney (New Museum, N.Y., 1978), désigne un style de peinture des années 80 réagissant contre le politically correct du Minimalisme et du Conceptualisme, contre l’idée d’une mort annoncée de la peinture. Les artistes pratiquent une peinture figurative, volontiers baroque, effectuent des empâtements généreux, des surcharges de couleur, des dissonances colorées, ne respectent aucune des règles classiques, compositions décentrées, utilisent des matériaux divers…

    Robert Longo, Malcom Morley, David Salla, Julian Schnabel.
    *Sans titre – Head (détail), Jean-Michel Basquais, 1981

  • Der Blaue Reiter

    Der Blaue Reiter

    Munich, 1911-1914

    Der Blaue Reiter : nom trouvé par Franz Marc et Vassily Kandinsky pour servir de titre à un recueil de textes sur l’art moderne. L’Almanach paru à Munich en mai 1912 fait appel à plusieurs collaborateurs, artistes et musiciens. Der Blaue Reiter désigne également l’exposition-manifeste, organisée par eux à partir du 8 décembre 1911 à la galerie Thannhauser, à l’issue de leur démission de la « Neue Künstlervereinigung », et ralliant d’autres dissidents dont Macke, Münter, Campendonk et David Burljuk. L’originalité du livre et de l’exposition repose sur leur grande ouverture à toutes les formes d’art. Une deuxième exposition est organisée en février 1912 chez Goltz, réunissant 315 oeuvres graphiques d’artistes allemands, russes et français, parmi lesquels le groupe Die Brücke, Klee, Braque, Picasso et Derain. Ces événements sont déterminants pour la percée de l’art moderne en Allemagne. Le projet d’un second volume de L’Almanach ne se réalisera pas. La guerre met fin aux activités de l’équipe de rédaction qui ne s’est jamais constituée en groupe organisé.

    Heinrich Campendonk, Lyonel Feininger, Alexeï von Jawlensky, Vassily Kandinsky, Paul Klee, August Macke, Franz Marc, Gabriele Münter.

  • B.M.P.T.

    B.M.P.T.

    France, 1966-67

    Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni. Quatre expositions Manifestation 1, 2, 3 et 4 de janvier à décembre 1967. Ces peintres revendiquent un principe de neutralité : l’oeuvre est réduite à sa simple matérialité, de répétition du motif choisi (bandes, cercles, empreintes de pinceaux) : sorte de degré zéro de la peinture, de refus du sujet et de la figure. Ils visent à remettre en cause l’illusionnisme de la peinture, sa fonction de communication et à provoquer une réflexion sur les références à l’histoire de l’art occidental.

    Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni.

    BMPT (Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni), manifestation no. 3, Musée des Arts Décoratifs, Paris, 1967

  • Body Art

    Body Art

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    Le Body Art se définit comme une multitude de pratiques utilisant le corps comme matériel, comme support, comme moyen et le plus souvent la photographie comme média. Les artistes expriment au moyen d’actions, de performances, le corps occulté, opprimé ou rejeté ; le sexe, le plaisir, la souffrance, la mort… et toutes les notions périphériques à celle du corps socialisé y prennent une importance toute particulière.

    Vito Acconci, Chris Burden, Michel Journiac, Urs Lüthi, Dennis Oppenheim, Gina Pane.
    * Happening d’Otto Muehl à Trieste, 1978

  • Die Brücke

    Die Brücke

    Dresde et Berlin, 1905-1913

    Communauté d’artistes fondée à Dresde le 7 juin 1905 par quatre jeunes étudiants en architecture : Kirchner, Heckel, Schmidt-Rottluff et Bleyl. Pechstein se joint à eux en 1906. La même année, Nolde, qui vient d’exposer à la galerie Arnold, est invité à travailler avec eux quelques mois. Contre le conservatisme de la Sécession, le choix du terme même de Brücke (pont) est significatif : « parce que c’était un mot à double sens, et qui ne désignerait pas un programme précis, mais conduirait dans un certain sens d’une rive à l’autre » (Heckel), en l’occurrence celle de la modernité. Le travail communautaire quotidien de ces autodidactes en peinture contribue largement à la formation d’un style collectif particulièrement représentatif de l’expressionnisme allemand. Agressifs et anti-bourgeois, ils rejettent toutes les écoles et les études. Enfreignant les lois de la représentation, ils rendent leurs sujets au moyen d’une touche rapide, spontanée et d’un dessin simplifié, abandonnant peu à peu les empâtements pour une écriture plus fluide, aux formes anguleuses et aux couleurs pures et dissonantes. Le nu, symbole de l’état paradisiaque initial, est leur motif préféré. Leurs deux premières expositions (1906-1907) n’attirent guère l’attention. Pour diffuser leurs idées et leur art, ils publient désormais annuellement un porte-folio de gravures sur bois. La galerie Arnold leur consacre enfin une grande exposition en 1910. Chacun déménage alors à Berlin et adopte un style plus personnel. Le groupe accepte un nouveau et dernier membre, Otto Mueller. La vie artistique plus intense de Berlin porte ses fruits. Tous collaborent assez rapidement au Sturm et la célèbre galerie d’art moderne Gurlitt leur consacre en 1912 une exposition qui les place à l’avant-scène, suivie d’une exposition à Hambourg. La même année, le groupe participe à la deuxième exposition du Blaue Reiter à Munich. Mais n’ayant plus de style commun, leur cohésion s’effrite peu à peu et lorsqu’en 1913 le groupe refuse le texte de Kirchner Chronik der Brücke qui en fait l’historique, la dissolution est inévitable.

    Fritz Bleyl, Erich Heckel, Ernst Ludwig Kirchner, Otto Mueller, Emil Nolde, Max Pechstein, Karl Schmidt-Rottluff.

  • Cercle & Carré

    Cercle & Carré

    Paris, 1929-1938

    Association fondée en 1929 par le peintre et critique d’art Seuphor et l’artiste peintre uruguayen Torrès-Garcia, le groupe Cercle et Carré se manifeste dans la revue du même nom (trois numéros parus), contenant des manifestes de Mondrian, et par l’exposition d’avril 1930, à la Galerie 23, rassemblant autour de Kandinsky maîtres et épigones de l’abstraction géométrique et du constructivisme. Le groupe à peine constitué, Van Doesburg fait scission pour fonder le groupe art concret avec Hélion. Seuphor malade, le groupe cesse son activité en 1931. Le mouvement Cercle et Carré aura été le premier parti de l’abstraction, alors éclatée face aux figurations triomphantes. Il se prolongera dans l’association Abstraction-Création, elle-même à l’origine du Salon des réalités nouvelles d’après guerre.

    Joaquim Torrès-Garcia.
    * Cercle et Carre logo designs (détail), Pierre Daura, 1929-1930