Catégorie : Artistes [K-O]

  • Allan Kaprow

    Allan Kaprow

    (1927, Atlantic City, New Jersey – 2006, Encinitas, Californie)
    Artiste américain, connu pour ses happenings. Après avoir étudié l’histoire de l’art avec Meyer Schapiro, il travaille avec Cage (1956-1958) et réalise de nombreux assemblages d’objets et de matériaux trouvés, des environnements, et surtout des happenings. Durant ces « événements », à partir d’un scénario sommaire, un petit groupe d’intervenants présente, dans un environnement d’objets récupérés, une sorte d’ »action-collage », un ensemble d’actions simples, indépendantes, souvent simultanées, qui laisse au hasard, à l’improvisation et à la participation du public une large place. Les happenings de Kaprow se constituent ainsi dans la continuité de l’Action Painting, mais en renouant avec un certain esprit dadaïste.


    Yard, 1961, 40 tonnes de pneus, NY

  • Anish Kapoor

    Anish Kapoor

    (1954, Bombay)
    Sculpteur britannique d’origine indienne. Il fait ses études à Londres et ne redécouvre l’Inde qu’en 1979. Ses premières sculptures, formes biomorphiques recouvertes de couleurs crues, dont la base est cernée de poudre pigmentée, font référence à la mythologie hindoue. Mais ce qui l’y intéresse est avant tout -au plus loin de l’exotisme- l’ensemble d’oppositions (entre les couleurs, l’intérieur et l’extérieur, le visible et le caché) qui s’y trouvent en jeu. Les tensions ainsi produites sont pour Kapoor le thème constant de la création, que ses œuvres actualisent différemment.

    http://anishkapoor.com

    Anish Kapoor, Monumenta 2011
    Leviathan, Monumenta 2011, Paris

  • André Kertész

    André Kertész

    (1894, Budapest – 1985, New York)
    Photographe d’origine hongroise. Il commence dès sa jeunesse son œuvre immense (près de 100000 clichés) par des reportages sur une réalité dont il excelle déjà à souligner les aspects étranges ou incongrus. En 1925, il arrive à Paris où il se révèle un prodigieux photographe de la ville – ce qu’il confirmera après guerre à New York – et travaille pour différentes publications : c’est précisément une commande du magazine le Sourire qui l’amène à réaliser en 1932 la série des 120 Distorsions, avec laquelle il crée, grâce à des miroirs déformants, des versions inédites du très classique nu féminin. Loin de sous-entendre ironie ou agressivité, ces images apparaissent comme une exaltation des métamorphoses inconnues du corps – et c’est à juste titre que la critique les qualifie de surréalistes, bien que Kertesz n’ait jamais appartenu au mouvement, ne côtoyant épisodiquement que Man Ray. Précédant les Reclining Nudes de Moore, les Distorsions peuvent être mises en parallèle avec les anamorphoses de Dalí­, aussi bien qu’avec certaines toiles de Dominguez ou de Seligmann.

    André Kertesz
  • Roman Opalka

    Roman Opalka

    (1931, Hocquincourt – 2011, Chieti)
    Peintre d’origine polonaise. Son père était mineur dans le nord de la France. Il part en Pologne avec sa famille en 1935. Déporté en Allemagne en 1940, il retourne après la guerre faire ses études artistiques à Lodz et à Varsovie. Dès ses premiers travaux, la préoccupation d’une stricte organisation formelle, fondée sur une structuration horizontale, s’affirme dans des toiles qui frôlent la monochromie. Mais c’est de 1965 qu’il date le début de son œuvre véritable : il décide de radicaliser sa démarche en couvrant toutes les toiles qu’il lui sera possible d’exécuter (chacune constituant un « Détail ») de la suite infinie des nombres, inscrits en lignes blanches sur fond noir. Désormais, l’œuvre se confond totalement avec l’écoulement du temps vécu, chaque nouveau Détail prenant la suite du précédent. À partir de 1972, le fond s’éclaircit de toile en toile, l’utopie d’Opalka consistant à prévoir qu’il mourra au moment où son écriture se confondra avec la blancheur du support. La rigueur du dispositif joint à chaque toile une photographie du visage du peintre, vieillissant progressivement, et un enregistrement de sa voix énumérant ce qu’il peint. Il s’agit ainsi d’élaborer l’équivalent le plus adéquat du « flux » de la durée (Opalka se réfère volontiers à Bergson), et l’apparente simplicité de ce travail – qui abonde cependant en effets visuels locaux en fonction de l’épuisement progressif de la peinture dont est chargé le pinceau – est l’envers d’une ambition proprement métaphysique.

    Roman Opalka
  • Tadashi Kawamata

    Tadashi Kawamata

    (1953, Hokkaido)
    Artiste japonais. Il étudie la peinture à l’École des Beaux-Arts de Tokyo, mais la délaisse rapidement. Depuis 1979, il métamorphose les chantiers de construction ou de démolition en les entourant de planches serrées les unes contre les autres, comme des échafaudages impraticables. Utilisant toujours des matériaux trouvés sur place, il peut également installer des sortes de cabanes dans les galeries et lieux traditionnels d’exposition. Ces constructions éphémères altèrent l’espace préexistant et instaurent un dialogue entre travail artistique et travail productif. L’influence de Kawamata sur l’art japonais des années quatre-vingt est notable, par ce qu’elle propose comme réflexion sur la dialectique du construit et du non-construit. En 1982, il participe à la Biennale de Venise. Il réalise ensuite de nombreuses interventions en Europe et aux États-Unis, et figure à la Documenta de 1987.

    Vues de l'installation sur la façade du Centre Beaubourg, 2010
    Vue de l’installation sur la façade du Centre Beaubourg, 2010

    Kawamata sculpte l’architecture, l’espace urbain, l’environnement avec des matériaux pauvres et de récupération : bois de charpente, cartons, vieux journaux, cagettes usagées deviennent autant de modules de base pour former des volumes étonnants en dialogue avec les lieux investis. L’artiste modifie les espaces sur lesquels il intervient, en créant des excroissances comme des nacelles nichées en hauteur, des passerelles suspendues, des observatoires, qui perturbent l’ordre établi et questionnent notre regard sur notre environnement.
    À partir de sa réflexion sur l’architecture du Centre Pompidou, de son implantation dans le tissu urbain, de sa mémoire intime, l’artiste japonais investit plusieurs lieux du Centre. Comme tous ses projets, celui-ci est un « work in progress » dans lequel il convie étudiants, équipe technique du Centre, parents et enfants.

  • Meret Oppenheim

    Meret Oppenheim

    (1913, Berlin – 1985, Bâle)
    À dix-sept ans, elle réalise un dessin – collage affirmant l’égalité entre X et un lapin rouge. En 1932, elle entre, grâce à Giacometti et Arp, en contact avec les surréalistes parisiens, et c’est quatre ans plus tard qu’elle élabore son célèbre Déjeuner en fourrure (Museum of Modern Art, New York). À la même époque, elle est un modèle fréquent de Man Ray. Vivant ultérieurement en Suisse, elle mène une carrière de peintre et de sculpteur dont l’œuvre, indifférente au « style » apparent, témoigne d’un sens rare du jeu et de la liberté, tant dans ses autres objets (Ma gouvernante, Moderna Museet, Stockholm) que dans ses toiles « abstraites » ou ses sculptures publiques. En 1960, lors de l’exposition « ÉROS », elle organise un « festin sur le corps de la femme nue », resté célèbre.

    Object, 1936
    Object (Le Déjeuner en fourrure), 1936, Museum of Modern Art

  • Gordon Matta-Clark

    Gordon Matta-Clark

    (1943-1978, New York)
    Sculpteur américain. Encore étudiant à la Cornell University, il participe en 1968 à la première exposition du Land Art à Ithaca, mais il pratique aussi la performance et s’intéresse dès 1973 aux graffitis. C’est à partir de ses réflexions sur l’architecture et la sculpture qu’il entreprend une œuvre prenant l’immeuble bâti comme support et matériau. Intervenant sur des bâtiments en instance de démolition, il les sculpte par des percées et des découpes, révélant la complexité des espaces internes et la structure des éléments. Son répertoire formel est nécessairement proche du post-minimalisme, mais l’adaptation progressive du projet au cours de la réalisation interdit la programmation stricte de son travail, destiné à ne subsister que sous l’aspect de photographies ou de films.

    Gordon Matta-Clark, Splitting
    Splitting 9 (from the Series 44), photographie noir et blanc, 1977

  • Richard Long

    Richard Long

    (1945, Bristol)
    Sculpteur britannique. Il est généralement rattaché au Land Art. De 1962 à 1966, il fait ses études à Bristol et à Londres, mais réalise dès 1964 sa première œuvre à ciel ouvert (A Snowball Track) et, en 1965, A sculpture in Bristol, simple trou creusé dans le sol. La dimension temporelle de son travail est plus manifeste dans A Line Made by Walking en 1967 (une ligne matérialisée dans l’herbe à la suite d’une marche constituée de plusieurs allers-retours).

    À partir de 1967, il voyage beaucoup : au cours de ses randonnées, qui suivent des itinéraires bien définis, il dispose à ciel ouvert les pierres, bâtons, bois flottés propre à un site en leur donnant des formes géométriques simples (cercles, spirales, zigzags). Ces travaux, souvent éphéméres et réalisés dans des lieux éloignés, inaccessibles au public, appellent la photographie comme mode complémentaire de présentation. En plus des clichés interviennent cartes et récits des randonnées – et des livres (Twelve Works, 1981, Mud Hand Prints, 1984). Mais Richard Long recrée aussi en galerie et dans les musées des évocations de ses trouvailles, avec l’ardoise, la pierre, le bois ou la boue qu’il prélève durant ses parcours. Outre ses expositions personnelles, il participe aux manifestations où s’affirme l’intérêt théorique de l’art conceptuel (Quand les attitudes deviennent forme, 1969) et d’une sculpture ne se définissant plus par ses seuls produits (Documenta de Cassel, 1972, Biennale de Uenise, 1976). Il fait du Land Art une démarche populaire et accessible, qui suscite un sentiment de nostalgie poétique, ou une aspiration de l’homme contemporain à la solitude dans la nature.

    http://www.richardlong.org/

    A line and tracks in Bolivia, Richard Long, 1981
    A line and tracks in Bolivia, Richard Long, 1981

  • Kohei Nawa

    Kohei Nawa

    (1975, Osaka, Japon)
    Jeune artiste japonais, Kohei Nawa joue avec la perception du monde. Il invente des objets imprégnés d’une poésie étrange.

    PixCell, 2009

    En couvrant l’objet avec de perles en verre, l’existence même de l’objet est remplacée par une coquille de lumière. Kohei Nawa montre par cet acte une nouvelle vision du sujet qu’il nomme PixCell, c’est-à-dire, image cellulaire.
    Les animaux empaillés trouvés sur Internet, recherchés sur des sites d’enchères, ont été choisis d’après leurs photos pixelisées et quand il les a reçus, il a trouvé une grande différence entre la photo et l’objet de par son toucher et son odeur. De là, le fait de vouloir les transformer en PixCell.

    PixCell Elk#4, 2009