Catégorie : Mon cahier de sixième

  • Quatre saisons

    Quatre saisons

    Les saisons… sont ce qu’une symphonie devrait être : quatre mouvements parfaits en harmonie intime les uns avec les autres.

    Arthur RUBINSTEIN (1887-1982)

    À chaque saison, la nature éblouit de couleurs ses paysages laissant paraître toute leur splendeur. 
    Sous la forme d’une frise colorée abstraite, d’un ruban de couleurs, vous donnerez à voir aux spectateurs votre ressenti chromatique du passage des quatre saisons.

    Sans titre, étudiant anonyme au BAUHAUS, Art de la Couleur, 1985, Éd. Dessain et Tolra
    Johannes ITTEN, planche quatre saisons, Art de la Couleur, 1985, Éd. Dessain et Tolra

    Objectifs

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • remarquer que les images peuvent se libérer de la volonté figurative
    • comprendre que les couleurs engendrent des sensations qui leur sont propres : représentative, expressive, symbolique, sensorielle
    • saisir que les couleurs varient en fonction de leur contexte, de leur qualité, de leur quantité.

    Questions

    En quoi une image est-elle artistique ? Dans quelle mesure les couleurs peuvent-elles devenir le sujet de l’œuvre ?
    En quoi les couleurs sont-elles liées à leur contexte et leur qualité et matérialité ?

    Références artistiques possible

    • Pieter BRUEGHEL l’Ancien, Les Moissonneurs, 1565, huile sur panneau de bois, Metropolitan Museum of Art, New York
    • Giuseppe ARCIMBOLDO, Les quatre saisons, 1572, série de tableaux, 76 × 64 cm
    • Guglielmo CIARDI, Été, 1879, Museo d’Arte Moderna, Ca’ Pesaro, Venise
    • Berthe MORISOT, Jour d’été ou Le Lac du bois de Boulogne, 1879, huile sur toile, National Gallery, Londres 
    • Vincent Van GOGH, Champ de blé derrière l’hospice Saint-Paul avec un faucheur (La Moisson), 1889, huile sur toile, Museum Folkwang, Essen
    • Claude MONET, Les meules, fin de l’été, 1891, huile sur toile, musée d’Orsay 
    • Claude MONET, Les Nymphéas, 1914-1926, ensemble mural, Musée de l’Orangerie, Paris. Le peintre a peint ces compositions pour qu’elles soient suspendues en cercle, comme si une journée ou les quatre saisons s’écoulaient devant les yeux du spectateur.
    • Nicolas DE STAËL, Paysage Ménerbes (Vaucluse, France), 1953, huile sur toile, 14 × 22 cm
    • Nicolas DE STAËL, Paysage Agrigente (Sicile, Italie), 1954, huile sur toile, 73 × 82 cm
    • Aurélie NEMOURS, Fête, Festival violet, 1955, huile sur toile, 100 × 73 cm
    • Johannes ITTEN, Composition orange et vert-bleu, 1957, aquarelle sur papier, 27 × 37 cm
    • Olivier DEBRÉ, Composition 2, 1982, lithographie originale sur papier Arches, 14 × 50 cm
    • Gerhard RICHTER, 4900 Farben, 2007, peinture laquée sur Dibond – 196 panneaux comprenant chacun 25 carrés d’une couleur, 680 × 680 cm
    1- Claude MONET, La Pie, 1868-1869, 89 × 130 cm – 2- Vincent VAN GOGH, La Pêche au printemps au pont de Clichy, 1887, 50,5 × 60 cm
    3- Paul DERAIN, Collioure, le port de pêche, 1905, 81,5 × 100 cm – 4- Gustave COURBET, Le Vieux chêne à Ornans, 1841, 39,9 × 60,9 cm

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent

    J’ai du mal à faire des choix pertinents pour créer des effets artistiques.

    Je commence à explorer différents gestes, outils et matériaux, mais le résultat est souvent imprévisible.

    +-

    Je fais les bons choix et parviens à créer les effets artistiques prévus dans mon projet.

    +

    Je fais preuve d’une réelle maîtrise dans le choix, l’organisation et l’utilisation de gestes, d’outils et de matériaux pour créer des effets artistiques variés et convaincants.

    ++

    2.4 – Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur

    Je ne tiens pas compte des contraintes pratiques et des attentes du spectateur dans mon projet artistique.

    Je commence à prendre en compte certaines contraintes, mais cela reste partiel.

    +-

    J’adapte avec succès mon projet en fonction des contraintes de réalisation et des besoins du spectateur.

    +

    Je prévois, adapte et résous les contraintes de réalisation tout en tenant compte des attentes du spectateur, ce qui conduit à la réussite de mon projet artistique.

    ++

    4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée

    Je rencontre des difficultés à décrire les œuvres d’art de manière précise et à exprimer une compréhension personnelle argumentée.

    Je commence à décrire les œuvres d’art avec plus de détails, mais mon analyse reste superficielle.

    +-

    Je décris avec précision les œuvres d’art en exprimant ma compréhension personnelle et en fournissant des arguments convaincants.

    +

    Je réalise des descriptions d’œuvres d’art approfondies, perspicaces et originales, avec une compréhension personnelle solide et étayée par des références artistiques.

    ++


    Références au programme du cycle 3


    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • la ressemblance : découverte, prise de conscience et appropriation de la valeur expressive de l’écart dans la représentation.

    La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre :

    • la matérialité et la qualité de la couleur : la découverte des relations entre sensation colorée et qualités physiques de la matière colorée (pigments, substances, liants, siccatifs, etc.), des effets induits par les usages (jus, glacis, empâtement, couverture, aplat, plage, giclure, etc.), les supports, les mélanges avec d’autres médiums ; la compréhension des dimensions sensorielles de la couleur, notamment les interrelations entre quantité (formats, surfaces, étendue, environnement) et qualité (teintes, intensité, nuances, lumière, etc.).

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    – Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.4 – Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité

    • 3.2 – Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.
  • Down the Rabbit-Hole

    Down the Rabbit-Hole

    The rabbit-hole went straight on like a tunnel for some way, and then dipped suddenly down, so suddenly that Alice had not a moment to think about stopping herself before she found herself falling down a very deep well.

    Extrait du chapitre 1 – Au fond du terrier (Down the Rabbit-Hole) des Aventures d’Alice au pays des merveilles (Alice’s Adventures in Wonderland) de Lewis CARROLL
    Source The Project Gutenberg of Alice’s Adventures in Wonderland by Lewis Carroll)

    À la poursuite du Lapin dans le terrier, Alice plonge dans un puit étrange d’une grande profondeur.

    Proposez, en une planche de bande dessinée, la chute de l’héroïne.

    Portez une attention toute particulière à l’unité de lieu et à la continuation de l’action, en d’autres termes, votre mise en page révèlera l’ensemble du terrier de son ouverture à son fond et le découpage en vignettes la longue chute d’Alice. Cf. Alice au pays des merveilles – Page 3/23

    Objectifs

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • comprendre que la narration visuelle est déterminée par des codes et des techniques
    • penser les images dans leur une dimension narrative
    • saisir que les images ont une dimension artistique qui peut s’affranchir des règles.

    Questions

    En quoi les images peuvent-elles raconter une histoire ? Comment raconter une histoire en quelques images ?
    En quoi le temps peut-il être suggéré le mouvement ? Dans quelle mesure le mouvement est-il suggéré par la répétition ?

    Planches réalisées numériquement, atelier BD (5e et 4e)

    Références artistiques possibles

    • Jacob Peter GOWI, La chute d’Icare d’après Rubens, 1636, peinture sur toile, 195 x 180 cm.
    • Diving Horse (cheval plongeur), Eunice Winkless dives into a pool of water from a high tower on horseback on July 4, 1905 in Pueblo, Colorado.
    • Philippe HALSMAN, Jumps, photographies. « Starting in the early 1950s I asked every famous or important person I photographed to jump for me. I was motivated by a genuine curiosity.  After all, life has taught us to control and disguise our facial expressions, but it has not taught us to control our jumps.  I wanted to see famous people reveal in a jump their ambition or their lack of it, their self-importance or their insecurity, and many other traits. » –P.H.
    • Studio Walt DISNEY, Alice au pays des merveilles, 1951, dessin animé, 75 min.
    • Aaron SISKIND, Pleasures and terrors of levitation, photographies, 1952-1961.
    • Yves KLEIN, Saut dans le vide, octobre 1960, photographie.
    • Jan ŠVANKMAJER Alice, film d’animation, 1988, genre fantastique, 84 min.
    • Denis DARZACQ, La Chute, 2005-2006, photographies. La série La Chute met en scène les corps en apesanteur de danseurs de Breakdance, de Capoeira et de danse contemporaine. Très pures, évitant aussi bien la pose habituelle du genre que la description, ces photographies qui mettent en valeur la performance physique dans sa perfection, mais aussi dans ses déséquilibres, mêlent une incroyable énergie au sentiment de la possible perdition. De fait, ces corps en apesanteur, qui ne sont jamais accompagnés d’ombre portée, deviennent des révélateurs de l’espace urbain.
    • Tim BURTON, Alice au pays des merveilles, avec Mia Wasikowska et Johnny Depp, 2010, 109 min.
    Naughty Pete par Charles FORBELL, 1913

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent

    J’ai du mal à faire des choix pertinents pour créer des effets artistiques.

    Je commence à explorer différents gestes, outils et matériaux, mais le résultat est souvent imprévisible.

    +-

    Je fais les bons choix et parviens à créer les effets artistiques prévus dans mon projet.

    +

    Je fais preuve d’une réelle maîtrise dans le choix, l’organisation et l’utilisation de gestes, d’outils et de matériaux pour créer des effets artistiques variés et convaincants.

    ++

    2.4 – Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur

    Je ne tiens pas compte des contraintes pratiques et des attentes du spectateur dans mon projet artistique.

    Je commence à prendre en compte certaines contraintes, mais cela reste partiel.

    +-

    J’adapte avec succès mon projet en fonction des contraintes de réalisation et des besoins du spectateur.

    +

    Je prévois, adapte et résous les contraintes de réalisation tout en tenant compte des attentes du spectateur, ce qui conduit à la réussite de mon projet artistique.

    ++

    4.1 – Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques

    J’ai du mal à reconnaître les a priori et les stéréotypes culturels et artistiques présents dans mon travail et dans les œuvres étudiées.

    J’identifie certains a priori et stéréotypes, mais ai du mal à les dépasser dans ma pratique artistique.

    +-

    J’identifie de manière fiable les a priori et les stéréotypes culturels et artistiques, et fais des efforts pour les dépasser dans ma création artistique.

    +

    Je repère, analyse et dépasse de manière critique les a priori et les stéréotypes culturels et artistiques, en faisant preuve d’une démarche réflexive approfondie.

    ++


    Références au programme du cycle 3


    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • la ressemblance : découverte, prise de conscience et appropriation de la valeur expressive de l’écart dans la représentation,
    • les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations : la différence entre images à caractère artistique et images scientifiques ou documentaires, l’image dessinée, peinte, photographiée, filmée, la transformation d’images existantes dans une visée poétique ou artistique,
    • la narration visuelle : les compositions plastiques, en deux et en trois dimensions, à des fins de récit ou de témoignage, l’organisation des images fixes et animées pour raconter.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • 1.2 – Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    – Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.4 – Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.1 – Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.

    Gasoline Alley par Frank KING, août 1930
  • Expansion typographique

    Expansion typographique

    À partir de lettres récupérées, collectées, découpées, arrachées, photographiées, collées, dessinées, perforées, pliées, multipliées… organisez ou composez une « expansion ».

    #typo #lettre #composition #organisation

    Définitions

    • Expansion : développement en volume, en surface. Synonymes : accroissement, croissance, gonflement, dilatation, essor, propagation.
    • Typographie : 1/ ensemble des procédés de composition et d’agencement des textes avec des caractères en relief pour l’imprimerie ou pour tout autre support ; 2/ art et manière de concevoir et de se servir des caractères : choix de la police, choix de la fonte et de la mise en page, indépendamment de la technique de publication (impression, affichage sur écran, etc.).

    Références artistiques

    • Pablo PICASSO, La Bouteille de vieux marc, printemps 1913, fusain, gouache, papiers collés et épinglés sur papier, 63 x 49 cm.
    • Raoul HAUSMANN, Plakatgedicht (poème-affiche), 1918, tirage typographique sur papier vert, contrecollé sur papier, 32,5 x 47,5 cm.
    • Kurt SCHWITTERS, Merzzeichnüng 54. Fallende Werte, 1920, aquarelle, gouache, encre, mine graphite, papiers et tissu collés sur papier, 30 x 22,5 cm.
    • Raoul HAUSMANN, ABCD, 1923-1924, encre de Chine, reproduction de photographie et imprimés découpés, collés sur papier, 40,4 x 28,2 cm.
    • Affiche du film russe L’homme à la caméra (1929) de Dziga VERTOV.
    • Jacques VILLEGLÉ, Tapis Maillot, février 1959, affiches lacérées marouflées sur toile, 118 x 490 cm, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris.
    • CÉSAR (César BALDACCINI), Expansion no14, 1970, coulée de polyuréthane expansé, stratifié et laqué, 100 x 270 x 220 cm, Centre Pompidou, Paris.
    • Alighiero BOETTI, Seguire il filo del discorso, 1977, stylo à bille sur toile. Un alphabet, quelques virgules et des parties non hachurées de stylo à bille sont ordonnés sur 5 toiles accolées. Chaque virgule correspondant à une lettre de l’alphabet située sur la gauche, permettant le déchiffrement, lettre à lettre, d’une phrase. Source Wikipédia
    • Jenny HOLZER, Truisms, 1977-1979. Elle regroupe plus de 250 phrases qui nous font réfléchir sur la société occidentale. En 1982, l’arrivée des lumières LED sur les écrans publicitaires permet à Jenny Holzer de diffuser son message à une plus grande échelle. L’artiste expose ses phrases qui suscitent la réflexion auprès du public dans le quartier Times Square à New York.
    • Tony CRAGG, Blue Horn – Axt, 1982, installation de 40 objets peints en bleu, 175 x 360 x 470 cm.
    • Roman OPALKA, 1965/1 à l’infini, détail 3324388-3339185, peinture acrylique, 196 x 135 cm, Centre Pompidou, Paris.
    • Tania MOURAUD, WHAT YOU SEE IS WHAT YOU GET (WYSIWYG), 1989, hauteur minimum de la cimaise 330 cm, Centre Pompidou, Paris. L’artiste joue sur le graphisme des lettres pour perdre leur pouvoir de désigner des idées. L’écriture devient une calligraphie abstraite. Pourtant le slogan est fort « Ce que vous voyez est ce que vous obtenez ».
    • Ján MANČUŠKA, Oedipus, 2006, installation de mots dans l’espace, lettres en aluminium coupé au laser, câble en acier, dimensions variables.

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent

    J’ai du mal à faire des choix pertinents pour créer des effets artistiques.

    Je commence à explorer différents gestes, outils et matériaux, mais le résultat est souvent imprévisible.

    +-

    Je fais les bons choix et parviens à créer les effets artistiques prévus dans mon projet.

    +

    Je fais preuve d’une réelle maîtrise dans le choix, l’organisation et l’utilisation de gestes, d’outils et de matériaux pour créer des effets artistiques variés et convaincants.

    ++

    1.3 – Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes

    Je reproduis simplement des clichés sans apporter de touche personnelle.

    Je commence à explorer une expression personnelle, mais elle reste limitée et peu évidente.

    +-

    Je parviens à m’éloigner des stéréotypes et à exprimer des idées personnelles à travers mon travail.

    +

    J’ai une expression artistique convaincante et personnelle, évitant complètement les stéréotypes.

    ++

    2.4 – Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur

    Je ne tiens pas compte des contraintes pratiques et des attentes du spectateur dans mon projet artistique.

    Je commence à prendre en compte certaines contraintes, mais cela reste partiel.

    +-

    J’adapte avec succès mon projet en fonction des contraintes de réalisation et des besoins du spectateur.

    +

    Je prévois, adapte et résous les contraintes de réalisation tout en tenant compte des attentes du spectateur, ce qui conduit à la réussite de mon projet artistique.

    ++

    3.1 – Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe

    J’ai des difficultés à décrire mes productions artistiques et celles des autres avec précision et à utiliser un vocabulaire spécifique.

    Je commence à utiliser un vocabulaire spécifique pour décrire ma réalisation, mais ma description reste limitée et peu précise.

    +-

    Je décris de manière fiable mes productions plastiques, celles de mes pairs et des œuvres d’art étudiées en classe en utilisant un vocabulaire spécifique adapté.

    +

    J’utilise avec maîtrise le vocabulaire artistique spécifique, offrant des descriptions détaillées, nuancées et approfondies de mes réalisations plastiques, celles de mes pairs et les œuvres d’art proposées en classe.

    ++

    4.2 – Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain

    Je n’identifie pas les caractéristiques permettant de situer une œuvre d’art dans son contexte géographique, culturel ou historique.

    Je repère certaines caractéristiques permettant de situer une œuvre d’art, mais celles-ci restent peu précises.

    +-

    J’identifie avec assurance quelques caractéristiques plastiques, culturelles, sémantiques et symboliques situant une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique donné.

    +

    J’identifie de manière fiable les caractéristiques situant une œuvre d’art dans son contexte géographique, culturel et historique, en faisant preuve d’une analyse approfondie et d’une compréhension contextuelle avancée.

    ++

    Références au programme du cycle 3


    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • la ressemblance : découverte, prise de conscience et appropriation de la valeur expressive de l’écart dans la représentation,
    • les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations : la différence entre images à caractère artistique et images scientifiques ou documentaires, l’image dessinée, peinte, photographiée, filmée, la transformation d’images existantes dans une visée poétique ou artistique,

    Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace :

    • l’hétérogénéité et la cohérence plastiques : les questions de choix et de relations formelles entre constituants plastiques divers, la qualité des effets plastiques induits.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • 1.3 – Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    – Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.4 – Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité

    • 3.1 – Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.2 – Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.

    En bandeau : Jaume PLENSA, Twentynine Palms, 2007, pièces en acier inoxidable, dimensions variables, vue de l’installation à Umedalen Skulptur, Umeå, Sweden 2012.
    Source : https://jaumeplensa.com/


    The Object is More, 2008, 25,4 x 38,1 cm,
    Artwork by Greg Lamarche – http://www.greglamarche.com/
  • Diptyque de la couleur

    Diptyque de la couleur

    Tableau peint composé de deux panneaux pouvant ou non se rabattre.

    #diptyque #polyptyque

    Réalisez deux représentations en couleur des objets posés devant vous :

    • l’une d’elle sera éteinte (terne, sans émotion, sans intensité),
    • l’autre éclatante (vive, voyante, lumineuse).

    Le travail à la gouache est à privilégier.

    Vocabulaire

    Une nature morte est un genre artistique, principalement pictural (: relatif à la peinture artistique) qui représente des éléments inanimés (aliments, gibiers, fruits, fleurs, objets divers) organisés d’une certaine manière dans le cadre défini par l’artiste, souvent dans une intention symbolique.

    Nuance : légère différence de la couleur.
    Ton : couleur considérée du point de vue de son intensité lumineuse et de son degré de saturation ou par rapport à l’impression qu’elle produit.
    Valeur : degré de clarté d’un ton par rapport à un autre ton.
    Contraste : effet produit par la juxtaposition de deux couleurs qui s’opposent ; opposition entre deux ou plusieurs choses, mise en évidence et soulignée par leur rapprochement, leur mise en relation.
    Dégradé : modification progressive d’une couleur, d’un éclairage.
    Camaïeu : qui n’utilise que les diverses nuances d’une même couleur.
    Monochrome : qui comporte une seule couleur.
    Polychrome : qui a plusieurs couleurs.

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • redécouvrir l’expressivité de la couleur,
    • rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes,
    • exprimer avec plus justesse ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    Questions

    En quoi la couleur est-elle expressive ? Dans quelle mesure la matérialité change-t-elle la perception des œuvres d’art ? Comment les couleurs sont-elles liées à leur contexte et leur qualité et matérialité ? En quoi les couleurs peuvent-elles devenir le sujet de l’œuvre ?

    Références artistiques possibles

    • Édouard MANET, Nature morte au melon et aux pêches, 1866, huile sur toile, 69 x 92 cm, National Gallery of Art, Washington DC, USA
    • Edvard MUNCH, Two Women on the Shore, 1898, estampe
    • Ernst Ludwig KIRCHNER, Maisons à Dresde, 1909, huile sur toile, 56 x 90 cm
    • Vincent VAN GOGH, Le Café de nuit, 1888, huile sur toile, 72 x 92 cm
    • Georges SEURAT, Un dimanche après-midi à l’île la Grande-Jatte, 1884,
      huile sur toile, 207 x 308 cm
    • Paul SIGNAC, Portrait de Félix Fénéon, 1890, huile sur métal, 74 x 93 cm
    • Pablo PICASSO, La Tragédie, 1903, huile sur panneau, 1045 x 69 cm
    • Robert DELAUNAY, Drame politique, 1914, huile et collage sur carton, 87 x 67 cm
    • Henri MATISSE, Les Bêtes de la mer, 1950, papiers collés, 295 x 154 cm
    • Andy WARHOL, Double Self Portrait, 1967, sérigraphie sur toile, 193 x 193 cm (x2) (en bandeau)
    Edvard MUNCH, Two Women on the Shore, 1898, bois gravé, MoMA, NY
    Paul SIGNAC, Portrait de Félix Fénéon, 1890, huile sur métal, 74 x 93 cm, MoMA, NY

    À propos des contrastes

    Johannes Itten, professeur au Bauhaus définit sept effets de contrastes différents :

    1. Le contraste de la couleur en soi :
    Il a lieu lorsque les couleurs pures sont utilisées dans une composition de couleurs. Le blanc et le noir peuvent intensifier l’effet vivace.

    2. Le contraste clair-obscur :
    Il s’applique à l’utilisation des différentes couleurs claires et valeurs de tons. Toutes les couleurs peuvent être éclaircies par le blanc et obscurcies par le noir. Pour commencer, il faut fabriquer des échelles de tons, pour chaque couleur qui correspond à l’échelle clair-obscur.

    3. Le contraste chaud-froid :
    On obtient le plus grand effet avec les couleurs rouge-orangé et vert-bleu. Toutes les autres couleurs apparaissent froides ou chaudes selon qu’elles sont en contraste avec des tons chauds ou froids.

    4. Le contraste des complémentaires :
    Dans son cercle chromatique, les couleurs complémentaires s’opposent. Lorsqu’on mélange des couleurs complémentaires, il en résulte un noir-gris neutre. Les couleurs complémentaires, placées les unes à côté des autres, parviennent à leur plus grande luminosité et, mélangées, se détruisent pour donner un noir-gris.

    5. Le contraste simultané :
    Son effet repose sur la loi des complémentaires, selon laquelle chaque couleur pure attire physiologiquement la couleur opposée. Si cette couleur n’existe pas, l’oeil crée simultanément la couleur complémentaire. Un vert intense transformera un gris neutre situé à côté de lui en un gris rougeâtre, le même gris neutre situé à côté d’un rouge intense apparaîtra gris verdâtre.

    6. Le contraste de qualité :
    Il consiste en une opposition de couleurs brillantes et mates. On les rend opaques avec du noir, du blanc, du gris ou des couleurs complémentaires.

    7. Le contraste de quantité :
    Il repose sur l’opposition de différentes grandes surfaces de couleur.

    Analyses sur la couleur à partir d’études, de cours et de l’Art de la couleur, Johannes Itten (1961).


    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent

    J’ai du mal à faire des choix pertinents pour créer des effets artistiques.

    Je commence à explorer différents gestes, outils et matériaux, mais le résultat est souvent imprévisible.

    +-

    Je fais les bons choix et parviens à créer les effets artistiques prévus dans mon projet.

    +

    Je fais preuve d’une réelle maîtrise dans le choix, l’organisation et l’utilisation de gestes, d’outils et de matériaux pour créer des effets artistiques variés et convaincants.

    ++

    1.3 – Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes

    Je reproduis simplement des clichés sans apporter de touche personnelle.

    Je commence à explorer une expression personnelle, mais elle reste limitée et peu évidente.

    +-

    Je parviens à m’éloigner des stéréotypes et à exprimer des idées personnelles à travers mon travail.

    +

    J’ai une expression artistique convaincante et personnelle, évitant complètement les stéréotypes.

    ++

    3.3 – Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art

    Je ne formule pas clairement l’expression de mes émotions en lien avec mes propres réalisations ou celles des autres.

    Je commence à exprimer mes émotions, mais ma formulation manque de précision et de justesse.

    +-

    Je formule avec justesse l’expression de mes émotions en me référant à mes réalisations plastiques, celles de mes pairs et des œuvres d’art rencontrées.

    +

    J’exprime avec précision et profondeur mes émotions, en m’appuyant de manière pertinente sur mes réalisations plastiques, celles de mes pairs et des œuvres d’art rencontrées.

    ++

    4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée

    Je rencontre des difficultés à décrire les œuvres d’art de manière précise et à exprimer une compréhension personnelle argumentée.

    Je commence à décrire les œuvres d’art avec plus de détails, mais mon analyse reste superficielle.

    +-

    Je décris avec précision les œuvres d’art en exprimant ma compréhension personnelle et en fournissant des arguments convaincants.

    +

    Je réalise des descriptions d’œuvres d’art approfondies, perspicaces et originales, avec une compréhension personnelle solide et étayée par des références artistiques.

    ++

    Références au programme du cycle 3


    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • la ressemblance : découverte, prise de conscience et appropriation de la valeur expressive de l’écart dans la représentation.

    La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre :

    • la matérialité et la qualité de la couleur : la compréhension des dimensions sensorielles de la couleur, notamment les interrelations entre quantité (formats, surfaces, étendue, environnement) et qualité (teintes, intensité, nuances, lumière, etc.).

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • 1.3 – Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité

    • 3.3 – Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.2 – Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
    • 4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    *Image mise en avant : Double Self Portrait (1967) d’Andy WARHOL, sérigraphie sur toile, 193 × 193 cm

  • Ce que peint le peintre, c’est la peinture elle-même

    Ce que peint le peintre, c’est la peinture elle-même

    Parce que le geste pictural porte en lui l’acte de représentation du visible, il y a une relation avec cette notion de l’incarnation. La peinture met en chair, réincarne les choses déjà existantes peut-être, mais en incarne assurément de nouvelles. Cette relation matérielle, physique, qu’elle établit avec ses médiums : pigments, textures, liants, supports sont ce qui la relie avec elle-même son objet même, et non avec son sujet.

    « Ce que peint le peintre, c’est la peinture elle-même. » Hegel
    « Le sujet est un prétexte. Je crois que le sujet n’a jamais été une œuvre. » Jean-Pierre Raynaud

    Rendez palpable le pigment, l’eau et la lumière dans votre peinture en accentuant le geste.

    #pigment #eau #geste

    Questions

    En quoi le choix et l’utilisation de l’outil déterminent-ils la manière de peindre ? Dans quelle mesure le geste peut-il être expressif ? En quoi conditionne-t-il la création ? En quoi la nature du geste a-t-il des répercussions dans la production plastique ?

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • comprendre que le geste peut être la signification même d’une œuvre d’art
    • saisir que le geste engendre un ressenti représentatif, expressif, symbolique, sensoriel
    • découvrir que le geste peut suggérer autre chose que ce qu’il est et se libérer du référent réel
    • se rendre compte que les artistes font émerger des émotions par le biais de leurs gestes

    Références artistiques possibles

    • Jackson POLLOCK, One: Number 31, 1950, peinture à l’huile et peinture émaillée sur toile, 269,5 × 530,8 cm, MoMA, NY
    • Morris LOUIS, Russet, 1958, peinture polymère sur toile, 235,6 × 441,1 cm, MoMA, NY
    • Helen FRANKENTHALER, Mauve District, 1966, acrylique sur toile, 261,5 × 241,2 cm, MoMA, NY
    • Mark ROTHKO, Untitled, 1968, acrylique sur papier contrecollé sur bois, 45,4 × 60,8 cm, MoMA, NY
    • Claude VIALLAT, Sans titre (n°40), 1968, teintures d’éosine et bleu de méthylène sur toile, 280 × 194 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Sam GILLIAM, 10/27/69, 1969, acrylique sur toile, 355,6 × 469,9 × 40,6 cm, MoMA, NY
    • Simon HANTAÏ, Untitled [Suite « Blancs »], 1973, acrylique sur toile, 305,3 × 466,5 cm, MoMA, NY
    • Pierre SOULAGES, Peinture 324 × 362 cm, 1985, huile sur toile, Centre Pompidou, Paris
    • Craig COSTELLO (KRINK), Untitled (Roma), 2016, installation pour Outdoor Festival

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu

    Je choisis et mobilise avec difficultés des langages et moyens plastiques variés pour exprimer mon intention artistique. Je ne parviens pas à exploiter l’inattendu de manière créative.

    Je commence à explorer des langages et moyens plastiques variés, mais j’exploite sans analyse l’impact de mes choix artistiques et l’utilisation de l’inattendu.

    +-

    Je choisis et adapte à profit des langages et des moyens plastiques variés pour exprimer mon intention artistique et intègre l’inattendu de manière créative dans ma démarche.

    +

    Je fais preuve d’une bonne maîtrise dans le choix, la mobilisation et l’adaptation des langages artistiques variés, en créant des effets artistiques convaincants et en utilisant l’inattendu de manière novatrice.

    ++

    2.1 – Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifsJ’ai du mal à concevoir, réaliser et à mener à bien mon projet.

    Je conçois et réalise en partie mon projet artistique, et rencontre des difficultés dans sa présentation.

    +-

    Je conçois, réalise et présente de manière fiable mon projet artistique en le menant à son terme.

    +

    Je conçois, réalise et présente mon projet artistique abouti, en le mettant en valeur avec maîtrise et assurance.

    ++

    3.3 – Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires

    J’ai du mal à expliciter ma pratique artistique, à écouter et à accepter les avis divers et contradictoires des autres.

    Je m’ouvre aux échanges artistiques, mais ai besoin de plus de pratique pour expliquer clairement ma pratique et être réceptif aux opinions variées.

    +-

    J’explicite ma pratique individuelle ou collective, écoute et accepte les avis divers et contradictoires.

    +

    Je confirme une maîtrise à communiquer clairement sur ma pratique artistique, à écouter et à accepter de manière constructive les avis divers et contradictoires, favorisant ainsi une amélioration continue de mon travail.

    ++


    Références au programme du cycle 3


    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • l’autonomie du geste graphique, pictural, sculptural : ses incidences sur la représentation, sur l’unicité de l’œuvre, son lien aux notions d’original, de copie, de multiple et de série,

    Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace :

    • l’hétérogénéité et la cohérence plastiques : les questions de choix et de relations formelles entre constituants plastiques divers, la qualité des effets plastiques induit,

    La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre :

    • les effets du geste et de l’instrument : les qualités plastiques et les effets visuels obtenus par la mise en œuvre d’outils, de médiums et de supports variés ; par l’élargissement de la notion d’outil — la main, les brosses et pinceaux de caractéristiques et tailles diverses, les chiffons, les éponges, les outils inventés, etc. — ; par les dialogues entre les instruments et la matière — touche, trace, texture, facture, griffure, traînée, découpe, coulure, etc. — ; par l’amplitude ou la retenue du geste, sa maîtrise ou son imprévisibilité,

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • 1.3 – Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Composantes théoriques

    – Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.1 – Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité

    • 3.3 – Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.1 – Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.
    • 4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    *Photographie de Nicolas DeSarno – pexels.com

  • Faire trace

    Faire trace

    Pour la réalisation de 9 croquis rapides de l’objet proposé en modèle, utilisez successivement – en recherchant à obtenir des effets artistiques différents – le stylo, le pinceau fin et la brosse plate sur alternativement divers supports apportés, par exemples : feuille de papier, de carton, coupon de toile (coton, synthétique), plaque de mousse polyester, de bois, film plastique, galet, carreau de faïence…

    #expérimentation #trace

    Pensez le tracé comme une ligne sensible : sinueuse, ondoyante, heurtée, déliée… , le gribouillage rageur et spontané, la ligne réfléchie, appliquée, maîtrisée, épaisseur et intensité du trait possiblement rehaussé, appuyé, finesse de lignes délicates, prégnance de l’outil choisi, empreinte de l’outil, effacement du trait, respiration de la surface, persistance de tracés incrustés dans la chair du papier, menus accidents…

    Questions abordées

    En quoi les caractéristiques physiques du support et de l’outil influencent-elles le geste de l’artiste ? Dans quelle mesure le choix de l’instrument aura une incidence sur le résultat et le geste ? En quoi l’outil, le support et le geste conditionnent-ils la création ?

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • prendre en compte l’influence des outils et du geste dans la représentation en deux dimensions,
    • saisir les relations entre la matérialité du support, le geste, le médium, l’outil,
    • choisir les outils et à en comprendre le geste et en observer la trace.

    Références artistiques possibles

    • Bernard BUFFET, La Rochelle 30/100, 1954, pointe sèche sur vélin BFK de Rives, 56 × 77 cm, Lacourière et Frélaut Imprimeur, Paris
    • Zao WOU-KI, Sans titre, 1968, aquarelle sur papier, 75,5 × 56,5 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Roman OPALKA, Opalka 1965/1 à l’infini, détail 3666937-3669842, encre de Chine sur papier sous coffret de plexiglas, 33,9 × 24,8 × 2,6 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Philippe FAVIER , Sans titre, 1987, peinture sur verre dans une boîte de sardines, 12 × 9,5 × 3 cm, Galerie Yvon Lambert, Paris
    • Olivier DEBRÉ, Sans titre, 1990-1991, huile sur toile, 380 × 915 cm
    • Judith BRAUN, FINGERING #4, 2010, dessin au charbon avec les doigts sur un mur, 304 × 460 cm
    • The KID, As water reflects the face, so one life respects the hear, 2015, stylo Bic sur papier, 182 x 182 cm
    • Emil FERRIS, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, 2018, roman graphique, Éd. Monsieur Toussaint Louverture
    • Yan PEI-MING, Portrait de Gustave Courbet, 2019, huile sur toile, 120 × 150 cm. Le travail pictural du peintre se distingue avant tout par les très grands formats qu’il utilise, créant ainsi un rapport physique entre le spectateur et ses œuvres. Sa peinture est constituée de larges touches entrecroisées et superposées, exécutées dans un geste énergique, voire violent, dans une sorte de corps à corps entre le peintre et sa toile. De plus, sa production artistique est essentiellement monochrome : utilisant du blanc, du noir, d’innombrables nuances de gris et parfois aussi des couleurs. Il s’affirme comme peintre de l’ombre et de la lumière par excellence. Enfin, en raison de son parcours et des sources d’inspiration, sa peinture crée des ponts entre l’Orient et l’Occident, entre la tradition et la modernité.
    L’artiste Yan PEI-MING réalisant le portrait de Gustave Courbet à Ornans le 5 avril 2019 (Photo AFP/S.Bozon)

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent

    J’ai du mal à faire des choix pertinents pour créer des effets artistiques.

    Je commence à explorer différents gestes, outils et matériaux, mais le résultat est souvent imprévisible.

    +-

    Je fais les bons choix et parviens à créer les effets artistiques prévus dans mon projet.

    +

    Je fais preuve d’une réelle maîtrise dans le choix, l’organisation et l’utilisation de gestes, d’outils et de matériaux pour créer des effets artistiques variés et convaincants.

    ++

    2.1 – Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique

    Je ne parviens pas à identifier les outils et les compétences nécessaires pour réaliser mon projet artistique.

    Je commence à reconnaître certains outils et compétences nécessaires, mais fais encore des erreurs.

    +-

    J’identifie avec assurance les principaux outils et compétences requis pour mener à bien mon projet artistique.

    +

    Je distingue facilement les principaux outils et comprends les compétences essentielles pour réaliser mon projet artistique, en les adaptant de manière efficace aux caractéristiques spécifiques de celui-ci.

    ++

    3.2 – Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation

    J’ai du mal à expliquer les choix artistiques dans mon projet et le cheminement de ma réflexion.

    Je commence à fournir des explications pour justifier mes choix artistiques, mais celles-ci manquent de cohérence et de clarté.

    +-

    Je justifie clairement mes choix artistiques en expliquant le cheminement qui m’a conduit à la réalisation finale.

    +

    Je fournis des justifications convaincantes, approfondies et bien liées à mes choix artistiques, mettant en évidence une réflexion critique et un cheminement réfléchi.

    ++


    Références au programme du cycle 3


    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • l’autonomie du geste graphique, pictural, sculptural : ses incidences sur la représentation, sur l’unicité de l’œuvre, son lien aux notions d’original, de copie, de multiple et de série,

    Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace :

    • l’hétérogénéité et la cohérence plastiques : les questions de choix et de relations formelles entre constituants plastiques divers, la qualité des effets plastiques induits ; le sens produit par des techniques mixtes dans les pratiques bidimensionnelles et dans les fabrications en trois dimensions,

    La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre :

    • les effets du geste et de l’instrument : les qualités plastiques et les effets visuels obtenus par la mise en œuvre d’outils, de médiums et de supports variés ; par l’élargissement de la notion d’outil — la main, les brosses et pinceaux de caractéristiques et tailles diverses, les chiffons, les éponges, les outils inventés, etc. — ; par les dialogues entre les instruments et la matière — touche, trace, texture, facture, griffure, traînée, découpe, coulure, etc. — ; par l’amplitude ou la retenue du geste, sa maîtrise ou son imprévisibilité,

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    – Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.1 – Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité

    • 3.2 – Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art


    *Photographie de Ksenia Chernaya – pexels.com

  • Les musiciens de Brême

    Les musiciens de Brême

    Dans un village situé non loin de Brême, un meunier vit avec son âne. Ce dernier prenant de l’âge, son maître décide de le tuer pour récupérer sa peau. Mais l’âne pressent les ennuis et s’enfuit la nuit venue. Il décide de se rendre à Brême pour devenir musicien. En chemin, il rencontre un chien trop âgé pour la chasse et dont le maître veut se débarrasser. L’âne propose alors au chien d’aller avec lui à Brême pour s’engager dans l’orchestre municipal. Plus loin, l’âne et le chien rencontrent un chat et un coq dans la même situation qu’eux, et leur proposent de les suivre sur la route de Brême.

    Un soir, les quatre animaux découvrent une maison habitée par des voleurs. Bien décidés à prendre leur place, ils élaborent un plan pour se débarrasser des voleurs : l’âne se place devant la fenêtre de la maison, le chien monte sur l’âne, le chat sur le chien et le coq sur le chat ; quand ils sont ainsi installés, ils donnent de la voix tous ensemble, bondissent par la fenêtre et les voleurs, effrayés, s’enfuient. Après la disparition des voleurs, les quatre compagnons à pattes décident de s’installer dans la maison.

    Le chef des voleurs envoie plus tard un de ses hommes pour voir s’ils peuvent récupérer la maison. Peine perdue : les animaux, dans le noir, l’attaquent et le terrorisent.

    Les animaux finissent par s’installer définitivement dans la confortable maison et ne joueront pas à Brême.

    _ Les Musiciens de Brême des frères GRIMM, 1819, source : Wikipédia

    À partir de différentes photographies libres de droits d’animaux et triées selon les critères déterminés par votre projet, réalisez un photomontage numérique réaliste représentant la créature aperçue par les voleurs.

    #hybride #chimère #photomontage #collage #hétérogénéité

    Les élèves seront amenés à :

    • comprendre en quoi les interventions plastiques ouvrent des questions relatives à l’hétérogénéité et à la cohérence,
    • prendre conscience du sens produit par l’utilisation des techniques mixtes dans la pratique plastique,
    • verbaliser les concepts d’apparence, de vraisemblance, d’assemblage, d’hétérogénéité à partir de leurs productions plastiques.

    Questions abordées

    En quoi la technique utilisée, choisie, va-t-elle avoir une incidence sur la ressemblance ? Dans quelle mesure est-il possible donner une unité à des éléments variés, hétérogènes ? En quoi la production plastique constituée de différents éléments peut-elle faire unité ?

    Thomas GRÜNFELD, Âne-coq, 1996, taxidermie, corps d’âne avec tête de coq
    FRAC Occitanie , Toulouse

    Références artistiques possibles

    • Raoul HAUSMANN, Tatlin chez lui, 1920
    • Hannah HÖCH, La belle fille, 1920
    • John HEARTFIELD, Adolf, le surhomme, AIZ, 17 juillet 1932
    • Richard HAMILTON, Qu’est-ce qui peut bien rendre nos foyers d’aujourd’hui si différents, si sympathiques ? 1956
    • Pablo PICASSO, Tête de taureau, 1941, selle et guidon, cuir et métal, 33,5 × 43,5 × 19 cm, Musée national Picasso, Paris
    • Victor BRAUNER, Loup-table , 1939/ 1947, bois et éléments de renard naturalisé, 54 × 57 × 28,5 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Pablo PICASSO, La Guenon et son petit, 1951, sculpture en métal, hauteur : 56 cm, largeur : 34 cm, profondeur : 71 cm
    • Meret OPENHEIM, Object (Le Déjeuner en fourrure), 1936, assemblage, tasse, soucoupe et petite cuillère recouvertes de fourrure de gazelle, MoMA, NY
    • Salavator DALÍ, Le Téléphone aphrodisiaque (ou Le Téléphone homard), 1936, plastique et métal, 20,96 × 31,12 x× 16,5 cm, Minneapolis Institute of Art
    • Niki de SAINT-PHALLE, Khrouchtchev et Kennedy, 1962, bois, fil de métal, plâtre, objets, peinture acrylique, hauteur 202 cm
    • Niki de SAINT-PHALLE, La Femme éclatée, 1963, bois, fil de métal, plâtre, objets, peinture acrylique, 190 × 131 × 32 cm
    • Joan FONTCUBERTA, Fauna, Solenoglypha Polipodida, 1985, photomontage, tirage argentique
    • Bernard PRAS, Portrait de Louis XIV en pied, 2003, photographie
    • Thomas GRÜNFELD, Âne-coq (Misfit), 1996, taxidermie, corps d’âne avec tête de coq, 86 × 78 × 17 cm, Les Abattoirs, Musée-FRAC Occitanie, Toulouse
    • Maurizio CATTELAN, Love Lasts Forever, 1997, squelettes d’âne, chien, chat et coq, 210 × 120 × 60 cm
    • Patricia PICCININI, The young family, 2002, impression 3D, silicone, fibre de verre, cuir, cheveux humains et contreplaqué, 85,1 × 149,9 × 120 cm
    • Alessandro GALLO, Iguana, 2012, céramique, 61 × 20 × 13 cm

    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • la ressemblance : découverte, prise de conscience et appropriation de la valeur expressive de l’écart dans la représentation,
    • les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations : la différence entre images à caractère artistique et images scientifiques ou documentaires, l’image dessinée, peinte, photographiée, filmée, la transformation d’images existantes dans une visée poétique ou artistique,

    Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace :

    • l’hétérogénéité et la cohérence plastiques : les questions de choix et de relations formelles entre constituants plastiques divers, la qualité des effets plastiques induits ; le sens produit par des techniques mixtes dans les pratiques bidimensionnelles et dans les fabrications en trois dimensions,

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique.

    Composantes théoriques

    – Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.
    • Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Lieu unique

    Lieu unique

    La forme du lieu d’exposition d’art change, de même que nous constatons le rapprochement, l’attachement des œuvres à des lieux artistiques de natures bien diverses. D’ailleurs, ces nouveaux lieux renouvellent la manière de regarder et d’apprécier les œuvres d’art tout en modifiant l’expérience de la « visite ».

    Concevez, dessinez, réalisez un lieu unique pour réceptionner un objet artistique préalablement choisi. Remarquez que le lieu sera essentiel dans la compréhension de l’œuvre.

    #exposition #réception #scénographie #muséographie #installation

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • comprendre que le dispositif d’exposition donne lieu à un déploiement de l’œuvre dans l’espace et engendre un nouveau rapport au corps du spectateur,
    • saisir que la compréhension de l’œuvre peut s’établir à partir de différents points de vue,
    • voir que les caractéristiques du lieu (sens, forme) peuvent dialoguer avec l’œuvre qui y est
    • comprendre les intentions de l’artiste dans sa stratégie d’organisation d’une installation,
    • comprendre qu’un lieu peut agir en résonnance avec l‘artiste, l’œuvre, sa démarche et être source de création,
    • saisir que l’œuvre peut révéler le lieu et inversement (aspects historiques, sociologiques, sensibles).

    Questions abordées

    En quoi le lieu d’exposition d’une œuvre contemporaine participe-t-il à l’appréciation et au jugement que l’on s’en fait ? Quelle relation entretient l’œuvre avec son environnement d’exposition ? En quoi une production artistique peut-elle interagir avec son espace d’exposition ? Comment se construit la relation entre l’œuvre et l’espace qui l’accueille ?

    Vocabulaire

    • Cabinet de curiosités : pièce ou parfois meuble où sont entreposées et exposées des « choses rares, nouvelles, singulières ».
    • Dispositif de présentation : manière de présenter une œuvre artistique.
    • Mise en scène : présentation arrangée et organisée de différents éléments dans un espace donné : personnages, objets, costumes, accessoires, décors, mouvements, lumières pour créer un nouvel espace.
    • In situ : œuvre qui prend en compte le lieu où elle est installée.
    • Installation : mise en scène d’objets ou d’éléments constituant un environnement artistique.
    • White cube : type d’espace d’exposition (1970) qui a la forme d’une pièce aux murs blancs, généralement refermée sur elle-même.

    Méthodologie

    Avant de commencer à travailler par petits groupes (2 ou 3 élèves), posez-vous cette question essentielle :
    Qu’est-ce qui (quel processus*) peut changer le regard que l’on a habituellement sur un objet ?

    *Processus : suite continue d’opérations aboutissant à un résultat ; procédé

    1. La question de la présentation de l’objet est la plus souvent mise en avant. Celle-ci l’isole de son environnement par le biais d’un socle, d’un écrin. La présence d’un cartel près de l’objet attarde le regard du spectateur. Ces codes liés à l’univers des musées, galeries, accordent à l’objet un nouveau statut, plus précieux, et en changent immédiatement notre appréhension.
    2. Les sculptures mettant en scène des associations surréalistes attirent notre regard par leur étrangeté, on s’y attarde… Elles n’ont pas toujours de sens, mais elles ont suscité notre attention.
    3. Par définition, on accorde à un objet une fonction, mais que se passe-t-il si celle-ci est bousculée, supprimée, inversée ? Lorsque l’objet change de fonction, c’est son identité qui est touchée. Confronté à cette nouvelle fonction le spectateur est bousculé dans ses habitudes.

    Références artistiques possibles

    • Jean DUBUFFET, Le jardin d’hiver, 1968-1970, polyuréthane sur époxy, 480 × 960 × 550 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Robert SMITHSON, Spiral Jetty, 1970, boue, cristaux de sel, rochers, bois, eau, 457 × 4,5 m, Grand Lac Salé, Salt Lake City, Utah
    • David MACH, Aquarium, 1983, 924 bouteilles en verre, eau, colorant, 29 × 442 × 206 cm, lAC-FRAC Rhône Alpes
    • Christian BOLTANSKI, Théâtre d’ombres, 1984, installation, figurines en carton, papier, laiton, fil de fer, projecteur et ventilateur
    • Tony CRAGG, Palette, 1985, objets en plastiques déposés au mur, 186 × 178 cm. FRAC Bourgogne
    • Daniel BUREN, Les Deux Plateaux, 1986, marbre blanc et noir, plan d’eau, Cour d’honneur du Palais-Royal, Paris
    • Allan Mc COLLUM, Perfect vehicles, 1988, installation de 30 pots de 50 × 22 × 22 cm, acrylique sur plâtre. Musée de Grenoble
    • Jean-Pierre RAYNAUD, Container Zéro, 1988, carrelage blanc (joints noirs), acier peint, éclairage, 330 × 330 × 330 cm, surface au sol : 10 m2, Centre Pompidou, Paris
    • Daniel BUREN, Arguments topique, Dominant-Dominé, 1465 m2 à 11°28’42, mai 1991, travail in situ, capc Musée d’art contemporain de Bordeaux, Bordeaux
    • Barbara KRUGER, All violence is an illustration of a Pathetic Stereotype, 1991, installation, Mary Boone Gallery, NY
    • Claes OLDENBURG et Coosje VAN BRUGGEN, La bicyclette ensevelie, 1995, sculpture en acier
    • aluminium et plastique (roue : 2,8 × 16,3 × 3,2 m, guidon et sonnette : 7,2 × 6,2 × 4,7 m, selle : 3,5 × 7,2 × 4,1 m, pédale : 5,0 × 6,1 × 2,1 m). Parc de La villette, Paris
    • Jesús Rafael SOTO, Cube pénétrable, 1996, cadre aluminium laqué, tiges de résine, 450 × 500 × 400 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Cai GUO-QIANG, Inopportune: Stage One, 2004, neufs voitures et tubes lumineux multicolores, 487,7 × 182,9 cm, Seattle Art Museum
    • Claude LÉVÈQUE, Le Grand Sommeil, 2006, installation in situ de 1 350 m2, MAC/VAL, Vitry-sur-Seine
    • Anish KAPOOR, Cloud Gate, 2006, sculpture, acier inoxydable polie, 10 × 20 × 13 m, 99,8 tonnes, Millenium Park, Chicago, États-Unis
    • George ROUSSE, Vitry, 2007, épreuve pigmentaire, photographie, 115 × 146 cm
    • Tadashi KAWAMATA, Cathédrale de chaises, 2007, installation, exposition «L’Emprise du Lieu», Expérience Pommery # 4, Domaine Pommery, Reims
    • Carlos AMORALES, Carlos Amorales Remix, 2010-2011, installation, Palazzo delle Espozioni, Rome

    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • la mise en regard et en espace : ses modalités (présence ou absence du cadre, du socle, du piédestal, etc.), ses contextes (l’espace quotidien privé ou public, l’écran individuel ou collectif, la vitrine, le musée, etc.), l’exploration des présentations des productions plastiques et des œuvres (lieux : salle d’exposition, installation, in situ, l’intégration dans des espaces existants, etc.),
    • la prise en compte du spectateur, de l’effet recherché : découverte des modalités de présentation afin de permettre la réception d’une production plastique ou d’une œuvre (accrochage, mise en espace, mise en scène, frontalité, circulation, parcours, participation ou passivité du spectateur, etc.).

    Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace :

    • l’espace en trois dimensions : les interpénétrations entre l’espace de l’œuvre et l’espace du spectateur.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
    • Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique.

    Composantes théoriques

    – Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.
    • Identifier et assumer sa part de responsabilité dans un processus coopératif de création.
    • Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
    • Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.
    • Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Nuru-nuru versus giza-giza

    Nuru-nuru versus giza-giza

    Avec des matériaux mous et d’autres durs, réalisez une production en volume (re)présentant une lutte opposant ce qui est souple et flasque contre ce qui est rigide et solide.

    #matière #matériau #forme #plasticité

    Les onomatopées japonaises reproduisent non seulement des bruits, mais aussi des sensations tactiles. Par exemple :

    • buyo-buyo [prononcer bouyo-bouyo] : flasque
    • fuwa-fuwa [fouya-fouya] : léger, nuageux
    • fugna-fugna [fougna-fougna]: mou, sans tonus
    • giza-giza [guiza-guiza] : cranté, dentelé
    • nuru-nuru [noula-noula] : gluant, visqueux
    • tchiku-tchiku [tchikou-tchikou]: piquant (sur la peau)
    • tsuru-tsuru [tsoulou-tsoulou]: doux, lisse
    • zara-zara [zala-zala] : granuleux, râpeux…

    Objectifs pédagogiques

    Les objectifs de cette séquence sont d’amener les élèves à :

    • comprendre et à découvrir les spécificités plastiques des matériaux à travers la manipulation, l’exploration, l’observation
    • prendre conscience des propriétés et de la diversité des matières et des supports
    • comprendre et utilise des effets visuels obtenus par la mise en œuvre des interactions entre les matériaux
    • saisir le rôle de la matérialité dans les significations que produisent une œuvre.

    Questions abordées

    En quoi la matérialité d’une œuvre influe-t-elle sur sa réception ? Dans quelle mesure le matériau peut-il faire sens dans la représentation ?

    Anti Form

    Dans l’histoire de la sculpture contemporaine, une volonté de contester le caractère solide et durable des réalisations apparaît à la fin des années 60, à l’initiative de Robert MORRIS. Dans un article publié en 1968 qu’il intitule Anti Form, l’artiste s’oppose aux choix du Minimalisme et fait part au public d’un changement d’orientation de son travail en proposant une sculpture littéralement souple, parfois à la limite du périssable.

    Dès lors, le terme s’applique à certains types d’œuvres qui réagissent contre les formes classiques, les matériaux et les méthodes de création artistique traditionnelles. 

    L’Anti Form propose une sculpture molle, qui met l’accent sur les matériaux souples, qu’il laisse pendre. Robert MORRIS, avec ces Felt Pieces, utilise le feutre pour manifester sa volonté de laisser faire le matériau, mettant de côté toute intervention de la main de l’artiste. Ainsi, la forme n’est plus soumise à la volonté de l’artiste, mais se plie d’elle-même, afin de révéler les caractéristiques propres au matériau. L’Anti Form n’est pas synonyme d’absence de forme, mais une forme qui n’est plus imposée par l’artiste.

    Dans Le mou et ses formes, Maurice FRÉCHURET oppose l’art constructiviste et l’art « mou » aux formes incertaines. De plus, il avance que le hasard participe désormais à l’œuvre, et qu’il devient en quelque sorte sa matière première. Il distingue trois gestes de l’Anti Form : entasser, laisser pendre, nouer. Eva HESSE, avec l’utilisation des matériaux caractérisés par leur mollesse, comme la résine, le latex, etc., révèle des formes organiques, permises par le hasard du laisser pendre.

    Source : Wikipédia – https://fr.wikipedia.org/wiki/Antiform

    Références artistiques possible

    • Marcel DUCHAMP, Pliant de voyage, 1916, housse souple et brillante de machine à écrire Underwood
    • MAN RAY, L’Énigme d’Isidore Ducasse ou encore Objet inconnu enveloppé dans une étoffe, 1920, œuvre perdue, machine à coudre, laine et ficelle
    • Marcel DUCHAMP, Prière de toucher, 1947, sein en caoutchouc (latex) collé sur velours noir sur carton, 41,8 × 34,7 × 7,1 cm
    • Joseph BEUYS, Chaise de graisse, 1963-64, chaise en bois et graisse animale, 90 × 30 × 30 cm,  Darmstadt, Hessisches Landesmuseum.
    • Michelangelo PISTOLETTO, Vénus aux chiffons, 1967, représentation en plâtre d’une sculpture à l’antique, mica, tissus récupérés.
    • Barry FLANAGAN, Rack, 1967-1968, toile de jute, polystyrène, armature en métal, 307 × 175 × 76 cm, Waddington Galleries, Londres
    • Giovanni ANSELMO, Sans titre (Structure qui se mange), 1968, deux blocs de granit, fils de cuivre et laitue fraîche, 70 × 13 × 137 cm
    • Robert MORRIS, Wall Hanging, 1969-1970, tenture de la série Felt Piece, feutre découpé, 250 × 372 × 30 cm
    • Eva HESSE, Seven Poles, 1970. L’œuvre, réalisée entre le début du mois de mars et la mi-mai, a été présentée pour la première fois à New York au Owens-Corning Fiber Glass Center le 14 mai 1970. 7 éléments suspendus au plafond et dont la base repose sur le sol, . Résine, fibre de verre, fils d’aluminium, polyéthylène, 272 × 240 cm, hauteur de chaque élément : de 188 cm à 282 cm, circonférence de chaque élément : de 25,5 cm à 45,5 cm, l’espace au sol occupé par l’installation est variable.
    • Robert SMITHSON, Glue Pour, 1970, bidon de colle renversé, Vancouver, Holt-Smithson Foundation
    • Ernesto NETO, We stopped just here at the time, 2002, Lycra, clou de girofle, curcuma, poivre, 450 × 600 x 800 cm, Paris, MNAM
    • Annette MESSAGER, Le Repos des pensionnaires, 1971-72,  oiseaux naturalisés emmaillotés dans un tricot, sur tissu blanc, Metz, Centre Pompidou
    • Christian BOLTANSKI, Personnes, Monumenta au Grand Palais, janvier-février 2010,
      couloir de boîtes en fer blanc rouillées et numérotées, salle avec des rectangles de vêtements à plat, poteaux, fils électriques, néons blafards, haut-parleurs diffusant des battements de cœur, tas de vêtements de 15 m de hauteur, dominé par une grue grinçante qui prend et rejette les vêtements.
    • Chiharu SHIOTA, Labyrinth of Memory, 2012, installation in situ, La Sucrière, Lyon, 16 robes blanches reliées entre elles par de la laine noire.

    Questionnement(s)

    Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace :

    • l’hétérogénéité et la cohérence plastiques : les questions de choix et de relations formelles entre constituants plastiques divers, la qualité des effets plastiques induits ; le sens produit par des techniques mixtes dans les pratiques bidimensionnelles et dans les fabrications en trois dimensions,
    • l’espace en trois dimensions : découverte et expérimentation du travail en volume (modelage, assemblage, construction, installation, etc.).

    La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre :

    • la réalité concrète d’une production ou d’une œuvre : le rôle de la matérialité dans les effets sensibles que produit une œuvre,
    • les qualités physiques des matériaux : caractéristiques des matériaux (matériaux de récupération, matériaux non transformés, matériaux issus de transformations physiques ou chimiques, biomatériaux), incidences de leurs caractéristiques (porosité, rugosité, liquidité, malléabilité, etc.) sur la pratique plastique en deux dimensions (transparences, épaisseurs, mélanges homogènes et hétérogènes, collages, etc.) et en volume (stratifications, assemblages, empilements, tressages, emboîtements, adjonctions d’objets ou de fragments d’objets, etc.), sur l’invention de formes ou de techniques, sur la production de sens.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Composantes théoriques

    – Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

    • Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
    • Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *D’après une photographie d’Anni ROENKAE – pexels.com