Étiquette : Texture

  • Combine Paintings

    Combine Paintings

    (…) Sédimentations plastiques, nappages figuratifs, épaisseurs symboliques et matérielles, compositions feuilletées, où toute représentation apparente en cache toujours une ou plusieurs autres.
    À propos des Combine Paintings de Robert Rauschenberg

    Représentez une scène de la vie quotidienne en utilisant des matériaux, des objets avant de travailler les parties picturales et graphiques.

    #combine paintings #sédimentation plastique #nappage figuratif

    Méthodologie

    1. Au préalable, analysez la scène retenue. Décrivez (listez) par écrit les sensations, les sentiments que fait naître cette scène…
    2. Préparez un support en assemblant des éléments sélectionnés pour leur signification et leur pertinence au regard de votre ressenti.
    3. Utilisez le support créé pour représenter la scène de vie en privilégiant une approche moins habituelle du travail pictural et graphique.
    4. Aidez-vous des références artistiques proposées, notamment les œuvres de Robert RAUSCHENBERG, Sigmar POLKE ou Shinrō OHTAKE.

    Texture : disposition des fils (d’une chose tissée), disposition (des éléments d’une matière), arrangement de la matière.
    Matière : ce dont une œuvre d’art est faite ; ce quoi l’activité de l’artiste donne forme.

    Sigmar POLKE, Alice in Wonderland (Alice au pays des Merveilles), 1971, technique mixte sur toile imprimée, 300 × 290 cm

    Objectifs pédagogiques

    Les objectifs de la séquence sont d’amener les élèves à :

    • comprendre et découvrir les spécificités plastiques des matériaux à travers la manipulation, l’exploration, l’observation
    • prendre conscience des propriétés et de la diversité des matières et des supports
    • comprendre et utiliser des effets visuels obtenus par la mise en œuvre des interactions entre les matériaux
    • saisir le rôle de la matérialité dans les significations que produisent une œuvre.

    Questions

    En quoi la matérialité d’une œuvre influe-t-elle sur sa réception ? Dans quelle mesure le matériau peut-il faire sens dans la représentation ? En quoi les matériaux constitutifs d’une œuvre tiennent-ils une place centrale dans la pérennité de celle-ci ?

    Références artistiques possibles

    • Robert RAUSCHENBERG, Monogram, 1955-59, huile, papier imprimé, reproductions imprimées, métal, bois, talon en caoutchouc et balle de tennis sur toile, avec huile sur chèvre angora et pneu sur socle en bois monté sur quatre roulettes, 106,6 × 160,6 × 163,8 cm
    • Yves KLEIN, Relief Éponge rose sans titre (RE44), 1960, pigment pur et résine synthétique, éponges naturelles et cailloux sur panneau, 65 × 32 × 7,5 cm, Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes
    • Shiraga KAZUO, Tenkansei Nyuunryu, huile sur toile, 1962, Collection du Musée préfectoral d’Art de Hyōgo
    • Christian JACCARD, Anonyme calciné, Figure 19ème, 1980, combustion sur toile, 61 × 50 cm. L’opération de brûler est caractéristique du travail de Christian Jaccard. Ici, il utilise des tableaux anonymes des 17, 18, 19 et 20e siècles, qu’il enflamme avec des mèches. Ces portraits, peintures d’histoire religieuse ou mythologique, dévernies et marouflées, sont soumises à une combustion lente qui dégrade les pigments colorés.
    • Sigmar POLKE, Jeux d’enfants, 1988, peinture acrylique et encre d’imprimerie sur tissu synthétique, 225 × 300 cm
    • Shinro OHTAKE, Scrapbook #65, 2005 – 2010, livre d’artiste, techniques mixtes, 28,9 kg, 895 pages, 54 × 47 × 80 cm
    • Vic MUNIZ, Marat assassiné, 2008, détritus divers, photographie 231,2 × 180,4 cm. L’un des aspects de l’art de Vik Muniz est de transformer n’importe quel matériau en médium. Il utilise la photographie pour immortaliser les images qu’il crée à partir d’une diversité incalculable de médias : terre, sucre, excrément, ketchup, fil de fer, fil de lin, corde, sang artificiel, jetons de couleurs, pâte à modeler, etc. https://youtu.be/3GQEylmIsB4
    Vik MUNIZ, Medusa Marinara, 1997, Cibachrome, 73,7 × 73,7 cm
    Medusa, after Caravaggio (Pictures of Junk), 2009, Digital C-Print, 126 x 101,6 cm
    • Pip & Pop, The journey in a dream, 2015, installation, Shinsegae Gallery Busan, Korea
    • Sylvie SELIG, Blindfold fall, 2018, feutre et broderie sur lin, 162,5 × 91,5 cm
    • Adel ABDESSEMED, vue de l’installation Shams, 2018, au Mac Lyon
    • Sylvie SELIG, The Waste Land, 2019, feutre et broderie sur gaze de lin, 62,5 × 86,5 cm
    • Ana Teresa BARBOZA, Paraíso, 2019, photographies numériques sur papier de coton, tissu en fil de coton, laine de mouton et d’alpaga, 122 × 92 cm – https://www.anateresabarboza.com

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive

    J’ai du mal à m’engager dans une réflexion artistique personnelle et à établir des liens avec ma propre pratique.

    Je commence à explorer des questions artistiques, mais ai des difficultés à les approfondir de manière réflexive.

    +-

    Je m’approprie des questions artistiques en les reliant à ma pratique et en développant une réflexion personnelle.

    +

    Je fais preuve d’une réflexion approfondie et originale sur mon travail artistique, en m’appropriant des questions artistiques complexes.

    ++

    2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique

    J’ai du mal à faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité et d’engagement dans la conduite de mon projet.

    Je fais preuve d’autonomie, d’initiative et d’engagement dans la conduite de mon projet artistique, mais ai besoin de plus de maturité et d’esprit critique.

    +-

    Je fais preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite de mon projet artistique.

    +

    Je dirige de manière autonome et responsable mon projet artistique, en faisant preuve d’un esprit critique avancé et d’un engagement soutenu.

    ++

    3.2 – Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées

    J’ai des difficultés à établir des liens entre mon travail artistique et les œuvres ou démarches artistiques observées en classe.

    Je commence à percevoir certains liens entre mon travail artistique et les œuvres ou démarches artistiques observées en classe, mais ceux-ci restent évidents ou imprécis.

    +-

    J’établis des liens pertinents entre mon travail et les œuvres ou démarches artistiques observées en classe.

    +

    J’établis des liens complexes et nuancés entre mon travail, les œuvres et les démarches artistiques observées en classe, démontrant une compréhension approfondie.

    ++


    Références au programme du cycle 4


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • le dispositif de représentation : l’espace en deux dimensions (littéral et suggéré), la différence entre organisation et composition

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • la transformation de la matière : les relations entre matières, outils, gestes ; la réalité concrète d’une œuvre ou d’une production plastique ; le pouvoir de représentation ou de signification de la réalité physique globale de l’œuvre
    • les qualités physiques des matériaux : les matériaux et leur potentiel de signification dans une intention artistique, leur nature et leurs caractéristiques, les notions de fini et non fini ; l’agencement de matériaux et de matières de caractéristiques diverses (plastiques, techniques, sémantiques, symboliques)

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • 1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    – Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    – S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité

    • 3.1 – Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
    • 3.2 – Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.4 – Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
    • 4.5 – Prendre part au débat suscité par le fait artistique.

    *Détail de Suspensión 3 d’Ana Teresa BARBOZA, broderie sur tissu et tricoté sur fil, 60 x 50 cm, 2013

  • Attention, peinture à toucher

    Attention, peinture à toucher

    En expérimentant les matériaux mis à votre disposition et ceux que vous avez apportés, proposez une « peinture à toucher ».

    #toucher

    Questions

    En quoi la peinture peut-elle faire intervenir d’autres sens que la vue ?
    En quoi la touche, la trace, l’empreinte sont-elles source d’expression pour l’artiste ?

    Références artistiques possibles

    • Jean FAUTRIER, L’écorché – Le Grand Otage de la série Les Otages, 1944, huile sur papier marouflé sur toile, 80 x 115 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Antoni TÀPIES, Gray Relief on Black, 1959, peinture latex avec poussière de marbre sur toile, 194,6×170 cm
    • Lucio FONTANA, Spatial Concept: Expectations, 1960, toile lacérée, 100,3 x 80,3 cm
    • Kazuo SHIRAGA, Inoshishi-gari 1 (Wild Boar Hunting 1), 1963, fourrure, pâte et huile sur panneau, Museum of Contemporary Art, Tokyo
    • Jannis KOUNELLIS, Senza titolo (Sans titre), 1969, 254 x 12 x 37 cm, série de 10 pesons en acier suspendus les uns aux autres et chargés de café moulu
    • Paul REBEYROLLE, Paysage I et II, 1978, technique mixte sur toile, 530 x 350 cm
    • Julian SCHNABEL, Spain, 1986, peinture à l’huile, plats et Bondo sur bois, 333 x 580 x 23 cm, Musée Guggenheim, Bilbao
    • Dorothée SELZ, sculpture éphémère comestible, 1989, denrées sucrées et salées piquées sur support
    • Miquel BARCELÓ et Josef NADJ, Paso Doble, performance, 2006, Avignon

    Questionnement(s)

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • la transformation de la matière : les relations entre matières, outils, gestes ; la réalité concrète d’une œuvre ou d’une production plastique ; le pouvoir de représentation ou de signification de la réalité physique globale de l’œuvre
    • les qualités physiques des matériaux : les matériaux et leur potentiel de signification dans une intention artistique, leur nature et leurs caractéristiques, les notions de fini et non fini ; l’agencement de matériaux et de matières de caractéristiques diverses (plastiques, techniques, sémantiques, symboliques)

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la relation du corps à la production artistique : les effets du geste et de l’instrument, les qualités plastiques et les effets visuels obtenus ; la lisibilité du processus de production et de son déploiement dans le temps et dans l’espace : traces, performance, théâtralisation, événements, œuvres éphémères, captations, etc.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Au Bic

    Au Bic

    Dessinez sur un grand format (A3+, format raisin) au stylo à bille la barbe de Compère Gredin et tout ce que l’on peut y trouver. Vous n’utiliserez pas votre crayon de papier.

    #geste #ecriture #bic #ressemblance

    Le dessin englobe une grande pluralité de pratiques. L’usage du stylo à bille aura ici, ainsi que le format et le geste, une incidence sur votre production. C’est pourquoi dans un premier temps, vous devrez expérimenter les variations possibles avec cet outil unique.

    Questions

    Qu’est-ce que cela change de dessiner au stylo à bille ? Est-ce l’outil que vous auriez choisi représenter la barbe de ce personnage et pour travailler sur ce support ? En quoi l’écart entre le référent et sa représentation peut-il
    être source de valeur expressive ?

    Temps de réalisation : de 60 à 80 minutes

    Une barbe dégoûtante

    « Tout le monde le sait, un visage sans barbe, comme le vôtre ou le mien, se salit si on ne le lave pas régulièrement. La chose n’a rien d’étonnant. Mais pour un barbu, le problème est différent. Tout reste collé à ses poils, surtout la nourriture. La sauce, par exemple. Vous et moi, nous pouvons nous débarbouiller la figure avec un gant de toilette et avoir vite l’air plus ou moins présentable. Impossible pour les barbus. Nous pouvons aussi, avec un peu d’attention, manger sans nous faire des moustaches. Impossible pour les barbus. Observez bien un barbu manger, et vous verrez que, même s’il ouvre grand la bouche, il lui est difficile d’avaler du ragoût, de la glace ou de la crème au chocolat sans en laisser des traces sur sa barbe. Compère Gredin, lui, ne prenait même pas la peine d’ouvrir grand la bouche quand il mangeait. Et comme il ne se lavait jamais, les restes de ses repas se collaient à sa barbe. Soyons justes, il s’agissait de petits restes, car, en mangeant, il s’essuyait la barbe du revers de la manche ou du plat de la main. Mais si l’on y regardait de plus près (ce qui n’avait rien d’agréable !) on découvrait de petites taches d’œufs brouillés, d’épinards, de ketchup, de poisson, de hachis de foie de volaille. Bref, de toutes les choses dégoûtantes que Compère Gredin aimait ingurgiter. Si l’on s’approchait encore plus près (attention ! attention ! mesdames et messieurs, bouchez-vous le nez !) et si l’on examinait bien sa moustache en bataille, on apercevait des rogatons plus consistants qui avaient échappé au revers de sa manche depuis des mois et des mois : du fromage vert grouillant de vers, un vieux cornflake moisi et même la queue visqueuse d’une sardine à l’huile. Avec cette barbe dégoûtante, Compère Gredin n’était jamais mort de faim. Il lui suffisait d’explorer sa jungle poilue d’un coup de langue pour trouver de quoi grignoter çà et là un morceau de choix. Vous voyez que Compère Gredin était un vieux bonhomme sale et malodorant. Mais ce que vous allez découvrir bientôt, c’est qu’il était aussi affreusement méchant. »
    Extrait de Les deux gredins de Roald DAHL, Éd. Folio junior

    Références artistiques

    • Alighiero BOETTI, Vice Versa, 1980, stylo à bille sur papier, 70 x 100 cm
    • Robert MORRIS, The Miyuki Bridge (Firestorm Series), 1982, encre, fusain et graphite sur papier, 224 x 193,5 cm
    • Jan FABRE, Les années de l’heure bleue, 1977-1992, exposition à Saint-Étienne 2012, détail d’un Bic Art en bandeau
    • Thomas MÜLLER, Sans titre, 2013, 160 x 115 cm
    • Il LEE, MBL 1302, 2013, stylo à bille sur papier, 84,5 x 63,5 cm
    • Karl BEAUDELERE, KXB7, Entité jaune, 2015, stylo-bille sur papier, 29,5 x 21 cm, collection de l’Art Brut, Lausanne
    • The KID, As water reflects the face, so one life respects the hear, 2015, stylo Bic sur papier, 182 x 182 cm
    • Emil FERRIS, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, 2018, roman graphique, Éd. Monsieur Toussaint Louverture, Fauve d’or – Prix du Meilleur album 2019, Festival d’Angoulême
    • Exposition La Collection d’art contemporain BIC® au CENTQUATRE-PARIS-2018
      https://youtu.be/JDbcp1LqbSU

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Valoriser la matière

    Valoriser la matière

    Dans l’histoire de la sculpture contemporaine, une volonté de contester le caractère solide et durable des réalisations apparaît à la fin des années 1960, à l’initiative de Robert MORRIS. Dans un texte publié en 1968 qu’il intitule Anti Form, l’artiste fait part au public d’un changement d’orientation de son travail en proposant une sculpture littéralement souple, parfois à la limite du périssable. 

    Toujours dans cet article, il remarque que la sculpture a toujours été pratiquée sans s’interroger sur le rôle de la matière dans la détermination de la forme finale. Robert Morris critique l’approche occidentale qui, selon lui, a toujours soumis la matière à un ordre qui lui est extérieur, sans jamais la laisser s’organiser elle-même. En somme, le travail de la matière est invariablement conçu comme moulage, ou comme élaboration d’une forme plaquée de l’extérieur.

    Robert Morris propose, au contraire, de valoriser la matière, de la montrer pour ce qu’elle est, de profiter de ses imperfections, et même de suivre sa tendance à la transformation, à la dégradation et à l’autodestruction. Son travail, en montrant la matière à un moment donnée de sa chute, réalise l’ambition paradoxale de pérenniser l’éphémère.

    Il crée ainsi des sculptures molles, inspirées de celles de Claes OLDENBURG, qui influencent à leur tour d’autres artistes comme Eva HESSE, Bruce NAUMAN, Barry FLANAGAN ou encore SARKIS. Chacun d’eux développe alors à sa manière un aspect de l’Antiforme

    Aujourd’hui encore, cette réflexion sur la matière trouve des échos dans des œuvres contemporaines comme celles d’Ernesto NETO, notamment We stopped just here at the time, 2002, une œuvre en tissu et épices, entièrement gouvernée par le poids, la texture et le parfum de la matière utilisée.

    Source : Dossier pédagogique du Centre Pompidou, Paris

    En utilisant un matériau souple, vous réaliserez une sculpture ou une installation révélant la qualité de la matière dont elle est faite (: textile, corde, caoutchouc, film plastique, etc.), c’est-à-dire, de la montrer pour ce qu’elle est, et même de profiter de ses imperfections.

    #informe #antiforme

    Objectifs d’apprentissage

    • Explorer la matérialité et sa dimension sensorielle ; sensibiliser les élèves à la dimension sensorielle d’une œuvre ;
    • réfléchir aux différents modalités de présentation, d’accrochage ;
    • distinguer les types d’expression artistique avec leurs particularités matérielles et formelles, leurs rapports à l’espace.

    En quoi la matière peut-elle faire intervenir d’autre sens que la vue ? En quoi le système d’accrochage de l’œuvre influence-t-il la perception de celle-ci ? Comment l’œuvre peut-elle interagir avec l’espace et le spectateur ?

    Références artistiques possibles

    • Barry FLANAGAN, Casb 1’67, 1967. Sac tronconique rempli de sable et érigé sur une base circulaire, toile et fil de coton, sable, bois, hauteur : 260 cm, diamètre : 52 cm.
    • CÉSAR, Expansion no14, 1970, coulée de polyuréthane expansé, stratifié et laqué, 100 x 270 x 220 cm. En 1965, l’artiste découvre la mousse de polyuréthane qui, travaillée et versée librement, s’étend et gonfle dans des proportions étonnantes. Les premières expansions, réalisées en public à l’occasion de happenings, sont découpées en morceaux, distribués à l’assistance. En 1970, César recherche un procédé qui permette de pérenniser les expansions alors que la fragilité du matériau s’y prête mal. Il recouvre la mousse de polyuréthane successivement d’une couche de résine de polyester, de laine de verre et de laque acrylique. La surface, poncée et vernie, lisse et nacrée, à l’image de l’ Expansion no14 , semble vouloir préserver quelque chose de la fragilité initiale de la matière.
    • Robert MORRIS, Wall Hanging, 1969-1970 (Tenture), de la série Felt Piece Feutre découpé, 250 x 372 x 30 cm.
    • Eva HESSE, Contingent, 1969, fibre de verre et latex sur gaze, 350 x 630 x 109 cm.
    • Eva HESSE, Seven Poles, 1970. L’œuvre, réalisée entre le début du mois de mars et la mi-mai, a été présentée pour la première fois à New York au Owens-Corning Fiber Glass Center le 14 mai 1970
    • 7 éléments suspendus au plafond et dont la base repose sur le sol : résine, fibre de verre, fils d’aluminium, polyéthylène, 272 x 240 cm, hauteur de chaque élément : de 188 cm à 282 cm, circonférence de chaque élément : de 25,5 cm à 45,5 cm, l’espace au sol occupé par l’installation est variable.
    • SARKIS, I love my Lulu, 1984, bandes magnétiques, métal, bois, peinture, projecteurs, 199 x 70 x 60 cm.
    • Ernesto NETO, We stopped just here at the time, 2002, installation, lycra, clou de girofle, curcuma, poivre, 450 x 600 x 800 cm (dimension minimale de l’installation). We Stopped Just Here At The Time est ainsi constituée d’une toile accrochée au plafond, en tissu souple et transparent, dont certaines parties, remplies d’épices aux couleurs chaudes, pendent comme des grappes. Si les diverses épices (clou de girofle, cumin, poivre et curcuma…) emplissent et structurent les formes de cette sculpture, elles lui confèrent aussi sa dimension d’installation multi-sensorielle. Ces formes voluptueuses, les couleurs vives et les parfums diffusés, sollicitent le regard et l’odorat. Elles invitent le visiteur à dépasser la hiérarchie de la perception qui place conventionnellement le regard au premier plan.
    • Tadashi KAWAMATA, The Nest, 2019, installation in situ. Bois de charpente, cartons, vieux journaux, cagettes usagées deviennent autant de modules de base pour former des volumes en dialogue avec les lieux investis. L’artiste japonais modifie les espaces sur lesquels il intervient en créant des excroissances qui perturbent et déstabilisent l’ordre établi par l’architecture de la ville moderne.

    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière – les qualités physiques des matériaux.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Yasuaki ONISHI, The Reverse of Volume FC, 2015, installation in situ, colle chaude noire et bâche plastique, FRAC Centre, Orléans

  • Noir sur noir

    Noir sur noir

    Vous mettrez en évidence, dans une production personnelle, les qualités plastiques des matériaux et de la couleur noirs. Pour cela, vous utiliserez les supports et matériaux apportés (ou trouvés dans la réserve) dans un assemblage ou un collage ou un dispositif qui reste à créer.

    Lors des verbalisations, les élèves ont précisé qu’ils avaient dû faire attention :

    • à la lumière,
    • à la matité et à la brillance,
    • à l’opacité et à la transparence des matériaux.

    Monochrome : qui ne comporte qu’une seule couleur. Le monochrome fait partie de ces pratiques qui ont remis en cause les manières traditionnelles d’envisager la création. Vide de représentation et de forme, il est riche de toutes les intentions.
    Malevitch le conçoit comme un passage vers l’infini, Rodtchenko peint une surface matérielle et vide, Newman et Rothko en font un grand champ coloré pour s’ouvrir à une expérience intérieure. Pour Ad Reinhardt, il est l’ultime peinture et pour Ryman ce qui lui permet de mesurer les effets de chaque matériau et support…
    (source Centre Pompidou)

    En quoi le choix de la matière influe-t-il le ressenti de la couleur ?

    Références artistiques possibles :

    • Kasimir MALEVITCH, Carré noir, 1923-1930, huile sur plâtre, 36,7×36,7×9,2 cm
    • Ad REINHARDT, Ultimate Painting n° 6, 1960, huile sur toile, 153×153 cm
    • Yves KLEIN, IKB 3, monochrome bleu sans titre, 1960, pigment pur et résine synthétique sur toile marouflée sur bois, 199×153 cm
    • Bernar VENET, Tas de charbon, 1963, sculpture sans dimensions spécifiques
    • Mark ROTHKO, Untitled (Black, Red over Black on Red), 1964, huile sur toile, 205×193 cm
    • Pierre SOULAGES, Peinture 202×453 cm 29 juin 1979, diptyque, huile sur toile
    • Robert RYMAN, Chapter, 1981, huile sur toile de lin, 4 attaches métalliques, 223,5×213,5 cm
    • Allan McCollum, Plaster Surrogates, 1985, 20 éléments en céramique à froid sur plâtre, 51,2×40,9×4,5cm


    Louise NEVELSON, Shadow & Reflection I, 1966, bois noir, 274x433x65 cm


    *Photographie mise en avant de Elijah O’Donnell – pexels.com