Étiquette : Objet

  • Der Lauf Der Dinge

    Der Lauf Der Dinge

    Peter FISCHLI et David WEISS, Der Lauf der Dinge, 1987, 16 mm transféré en vidéo, 30 min

    Un sac-poubelle se met lentement en mouvement… le résultat : une réaction en chaîne absurde et excitante dans laquelle le feu, l’eau, la gravitation et la chimie vont déterminer le cours des événements.

    Peter Fischli et David Weiss créent individuellement un univers d’objets en les mettant en relation entre eux de différentes manières afin de les faire fonctionner ensemble. Ainsi un récit, ayant pour seul sujet les causes et les conséquences, naît ; les mécanismes et l’art, les improbabilités et la précision. L’approche des artistes se présente comme un jeu entre le pouvoir et l’impotence, entre un ordonnancement systématique et la reconnaissance de l’autonomie « des choses ».

    Dans Der Lauf Der Dinge, rien ne peut arriver trop tard ou trop tôt. Ce qui survient, n’arrive uniquement que s’il peut arriver. Des choix sont faits, en toute absence de psychologie, et pour ainsi dire sans début ni fin : le film décrivant ainsi un mouvement qui peut continuer à perdurer sans fin.


    Mon objet d’art est en mouvement : il bouge, tremble, sautille, gigotte, chute, se relève, avance, recule… À vous de concevoir cet objet d’art.

    #mouvement #causalité #conséquence #machine de Rube Goldberg #art cinétique

    Vous devrez inventer un mécanisme et un dispositif de présentation mettant en évidence son mouvement, puis réaliser une très courte vidéo présentant la chaîne d’actions (mobilité séquentielle). La revendication des défauts sera un indice de l’authenticité des conditions de tournage.

    Objectifs

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • faire une sculpture cinétique
    • réfléchir la notion de relation de cause à effet dans un dispositif
    • comprendre que l’utilisation d’objets dans un travail plastique n’a de visée artistique que si l’intention la conditionne
    • penser la présentation (: accrochage, installation) d’un objet d’art en mouvement
    • présenter une réalisation par un captation vidéo.

    Questions

    En quoi une production artistique peut-elle interagir avec son espace d’exposition ? Avec le spectateur ? Dans quelle mesure le mouvement de l’œuvre génère-t-il de nouvelles formes artistiques ? Comment exposer un objet d’art en mouvement ?

    Références artistiques possibles

    • Naum GABO (1890-1977), Kinetic Construction (Standing Wave) n°1, 1919-1920, métal, bois peint et mécanisme électrique (l’œuvre est constituée d’une tige d’acier à laquelle un moteur imprime un mouvement d’oscillation), 61,6×24,1×19 cm, Londres, Tate Gallery
    • Marcel DUCHAMP (1887-1968), Rotative plaques verre, 1920, série de cinq plaques de verre constituant un seul dessin circulaire fait de lignes blanches et noires,  moteur, support métallique
    • Làszlo MOHOLY-NAGY (1895-1946), Modulateur Espace-lumière, 1929, métaux divers, plastique et bois, 151×70×70 cm
    • Alexander CALDER (1898-1976), Sphere and Heavy Sphere, 1932-1933, fer, bois, cordes, tiges et objets divers, dimensions variables, New York, Calder Foundation
    • Charlie CHAPLIN (1889-1977), Les Temps modernes, 1936, comédie dramatique, 87 min
    • Jean TINGUELY (1925-1991), Machine à dessiner n°3, relief Méta-mécanique, 1955, tableau de bois peint en noir, disque métallique tournant, fil métallique et au verso, trois roues en bois, courroies en caoutchouc, deux moteurs électriques, 54,5×106×33 cm, Bâle, Musée Tinguely
    • Vassilakis TAKIS (1925), Électromagnétique n°6, 1967, 60×55 cm, acier et aimant
    • Alexander CALDER (1898-1976), Crinkly avec disque rouge, 1973, acier et aluminium, 8 m de haut, Schlossplatz, Stuttgart
    • Peter FISCHLI (1952) et David WEISS (1946-2012), Der Lauf der Dinge, 1987, 16 mm transféré en vidéo, 30 min
    • Theo JANSEN (1948), Evolution of the Strandbeest, depuis 1990, série d’œuvres se mouvant grâce à la force du vent
    • Arthur GANSON (1955), Machine with Wishbone, 1992, métal, courroie, os de poulet.

    Machine de Rube Goldberg

    Une machine de Rube Goldberg (ou plus simplement machine de Goldberg) est une machine qui réalise une tâche simple d’une manière délibérément complexe, le plus souvent à l’aide d’une réaction en chaîne. Elle tire son nom du dessinateur américain Rube Goldberg (1883-1970) et est proche des engins de William Heath Robinson. Ce genre de machines sont représentées dans un but comique et restent en général fictives. Source Wikipédia

    Rube Goldberg Machines (2012) – Tracks ARTE

    Références au programme du cycle 4


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la narration visuelle : mouvement et temporalité suggérés ou réels, dispositif séquentiel et dimension temporelle, durée, vitesse, rythme…
    • l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation : l’autonomie de l’œuvre vis-à-vis du monde visible.

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • l’objet comme matériau en art : la transformation, les détournements des objets dans une intention artistique
    • les représentations et statuts de l’objet en art : la place de l’objet non artistique dans l’art

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : l’exploration des présentations des productions plastiques et des œuvres
    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : l’espace et le temps comme matériaux de l’œuvre, la mobilisation des sens.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • 1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • 1.3 – Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.2 – Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • 2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité

    • 3.2 – Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.1 – Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
  • Du son !

    Du son !

    En prenant en compte l’incitation : « Du son ! », rendez sensible le caractère sonore de votre production plastique.

    #œuvre sonore #son #dispositif #environnement

    Œuvre sonore plastique

    Votre propos sera centré sur la réalisation plastique d’une œuvre sonore, c’est-à-dire :

    • soit une production dans laquelle la dimension sonore induit la dimension plastique (sonorité et plasticité sont intimement mêlées),
    • soit une production exclusivement sonore mais produite par conception plasticienne.

    Questions abordées

    En quoi les matériaux jouent-ils un rôle dans la (re)présentation ? Dans quelle mesure font-ils sens ? En quoi l’objet non artistique peut-il devenir le matériau principal de l’œuvre d’art ? À quel point le son peut-il changer la perception d’une œuvre ? En quoi le son peut-il redéfinir l’espace d’exposition ?

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • comprendre que les qualités physiques et symboliques des matériaux sont porteuses de sens
    • saisir que la matérialité d’une œuvre peut évoluer dans un but expressif
    • penser qu’une œuvre d’art peut être autre chose qu’un objet unique
    • comprendre que la force d’une œuvre peut résider dans le fait de ne pas tout montrer
    • voir qu’un lien peut émerger de l’association de matériaux hétérogènes.

    Références artistiques possibles

    • Marcel DUCHAMP, À bruit secret, 1916/ 1964, ready-made aidé : pelote de ficelle serrée entre 2 plaques de laiton noir jointes par 4 vis et contenant un objet, ficelle, laiton, vis, 12,7 × 15,2 × 15 cm
    • Studio Walt DISNEY, Fantasia, 1940. Le troisième long-métrage d’animation des studios Disney est une expérimentation dont le but est d’illustrer ou d’accompagner avec l’animation des thèmes de la musique classique.
    • Robert RAUSCHENBERG, Oracle, 1962-1965, environnement sonore – 5 éléments montés sur roulettes, tôle galvanisée, métal, verre, bois, eau et systèmes électromécaniques (batteries, postes récepteurs, poste émetteur et haut-parleurs), dimensions variables
    • Roy LICHTENSTEIN, Whaam!, 1963, diptyque, peinture acrylique et peinture à l’huile sur toile, 172 × 406 cm, Tate Modern, Londres
    • Vassilakis TAKIS, Musicale, 1977, haut-parleur, électro-aimant, corde de violon, archer, 250 × 100 cm. Deux grands panneaux blancs sont traversés chacun par une corde oblique ; une grosse aiguille de matelassier, accrochée à un fil nylon presque invisible, se balance. Selon les impulsions d’un électro-aimant fixé derrière les panneaux, l’aiguille s’approche ou s’éloigne de la corde de façon aléatoire ; par moments elle la touche et son tremblement génère une trille (: battement rapide et ininterrompu sur deux notes voisines)
    • Steina VASULKA et Woody VASULKA, Sound Size, 1974, l’œuvre donne à entendre des sons électroniques répétitifs qui génèrent, par un processeur à balayage, des géométries dans l’espace
    • Nam JUNE PAIK, My jubilee ist unverhemmet, 1977, marqué par l’influence de John CAGE, développe un vidéo-synthétiseur qui crée des images produites par le son
    • SARKIS, I love my Lulu, 1984, bandes magnétiques, métal, bois, peinture, projecteurs
    • Joseph BEUYS, Plight, 1985, 284 rouleaux de feutre, un piano à queue, un thermomètre médical, un tableau noir, 310 × 890 × 1813 cm, chaque rouleau : 145 × 160 × D. 30/40 cm
    • Shilpa GUPTA, Singing Cloud, 2008, objet sculptural construit avec 4000 microphones multicanaux, 457 × 61 × 152 cm, diffusant une boucle audio de 9 min 30 sec
    • Rebecca HORN, Cinéma vérité / Ombres de cœur pour Pessoa / Chant de lumière, 2015, acier, bassin, moteur, eau et projecteur, Centre Pompidou-Metz
    • Maya DUNIETZ, Thicket, 2016, 1 sculpture en fibre de verre, 11500 écouteurs, 83 répartiteurs sonores, 1 amplificateur modifié, 1 mac, 1 carte son, fichiers son. Cette œuvre, une chorégraphie sonore, est un enchevêtrement de milliers d’écouteurs, 11 500, composant une sorte de nuage ou buisson, comme l’indique le titre. L’installation amorce une réflexion sur les écouteurs en tant que médium, inversant l’usage habituel qui en est fait. Conçue pour une écoute individuelle dans un espace public, leur agrégation crée ici un paysage sonore collectif. Source Centre Pompidou

    Maya DUNIETZ – Sound Requires a Medium

    • Tarek ATOUI, The Ground, 2019. Tarek Atoui est un musicien spécialiste de l’électroacoustique. Il explore, en artiste plasticien, les vibrations de la matière et les sons qui en résultent. Avec The Ground, il emmène ainsi le spectateur au cœur de l’infinité des sons inscrits dans la matière. Ces sons sont créés par les contacts, les chocs, les frottements, dans les mouvements désordonnés de ses dispositifs.
    • Tanguy CLERC, Crinoïdophone, 2021, lambeaux de bandes magnétiques plongés dans l’eau d’un cylindre en verre lu aléatoirement par deux têtes de lecture, Exposition à l’École et Espace d’Art Contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge – http://www.tanguyclerc.com/

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu

    Je choisis et mobilise avec difficultés des langages et moyens plastiques variés pour exprimer mon intention artistique. Je ne parviens pas à exploiter l’inattendu de manière créative.

    Je commence à explorer des langages et moyens plastiques variés, mais j’exploite sans analyse l’impact de mes choix artistiques et l’utilisation de l’inattendu.

    +-

    Je choisis et adapte à profit des langages et des moyens plastiques variés pour exprimer mon intention artistique et intègre l’inattendu de manière créative dans ma démarche.

    +

    Je fais preuve d’une bonne maîtrise dans le choix, la mobilisation et l’adaptation des langages artistiques variés, en créant des effets artistiques convaincants et en utilisant l’inattendu de manière novatrice.

    ++

    1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive

    J’ai du mal à m’engager dans une réflexion artistique personnelle et à établir des liens avec ma propre pratique.

    Je commence à explorer des questions artistiques, mais ai des difficultés à les approfondir de manière réflexive.

    +-

    Je m’approprie des questions artistiques en les reliant à ma pratique et en développant une réflexion personnelle.

    +

    Je fais preuve d’une réflexion approfondie et originale sur mon travail artistique, en m’appropriant des questions artistiques complexes.

    ++

    3.4 – Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques

    Je ne porte aucun regard curieux et avisé sur mon environnement artistique et culturel. Je ne sais pas apprécier la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Je commence à développer un regard curieux et avisé sur mon environnement artistique et culturel, mais ai besoin d’être guidé dans l’appréciation de la diversité des images.

    +-

    Je porte un regard curieux et avisé sur mon environnement artistique et culturel, proche et lointain, en reconnaissant la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    +

    Je porte un regard curieux et avisé sur mon environnement artistique et culturel, proche et lointain, en saisissant avec acuité la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques, et en tirant des influences pertinentes pour mes créations artistiques.

    ++

    4.3 – Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre

    J’ai du mal à proposer une analyse et une interprétation cohérente d’une œuvre d’art.

    Je commence à formuler des analyses et des interprétations, mais celles-ci manquent de clarté et de précision.

    +-

    Je propose de manière fiable une analyse et une interprétation de l’œuvre d’art donnée, en fournissant des arguments probants pour soutenir mes propos.

    +

    Je propose une analyse approfondie et une interprétation de l’œuvre d’art donnée, en apportant des éclairages pertinents et convaincants. Je démontre une réelle compréhension de l’œuvre.

    ++


    Références au programme du cycle 4


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la ressemblance : les images artistiques et leur rapport à la fiction, notamment la différence entre ressemblance et vraisemblance
    • la création, la matérialité, le statut, la signification des images : leurs propriétés plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques ; les différences d’intention entre expression artistique et communication visuelle, entre œuvre et image d’œuvre
    • la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique : les relations entre intentions artistiques, médiums de la pratique plastique, codes et outils numériques.

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • la transformation de la matière : le pouvoir de représentation ou de signification de la réalité physique globale de l’œuvre
    • les qualités physiques des matériaux : les matériaux et leur potentiel de signification dans une intention artistique, leur nature et leurs caractéristiques, les notions de fini et non fini
    • l’objet comme matériau en art : la transformation, les détournements des objets dans une intention artistique
    • le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports) : les dialogues entre pratiques traditionnelles et numériques.

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • les métissages entre arts plastiques et technologies numériques : les évolutions repérables sur la notion d’œuvre et d’artiste, de créateur, de récepteurs ou de public ; les croisements entre arts plastiques et les sciences, les technologies, les environnements numériques.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • 1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.5 – Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité

    • 3.4 – Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.3 – Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
  • Transmutation

    Transmutation

    Changement d’une substance en une autre. 1. Transformation d’un élément atomique simple en un autre par modification de son noyau atomique. 2. Transformation totale de quelque chose en quelque chose d’autre.

    L’objet – que vous aurez préalablement choisi – transmute !
    Offrez-lui une seconde apparence, modifiez son statut, sa fonction en modifiant sa matière.

    #transmutation #alchimie #métamorphose #transformation #évolution #pierre philosophale

    Dans votre travail préparatoire, dessinez son évolution, sa transformation.

    Pour aller plus loin, une contrainte pourrait être de trouver une manière de présenter, de mettre en valeur les changements observés, les modifications…

    Objectifs pédagogiques

    Les objectifs de cette séquence sont d’amener les élèves à :

    • comprendre le rôle de la matière dans une œuvre d’art et celle-ci peut être l’œuvre d’art elle-même
    • saisir que la matière peut se substituer au référent
    • comprendre que la matérialité d’une œuvre influe sur sa réception par le spectateur
    • voir que la reproduction photographique de l’œuvre d’art annule sa matérialité par l’absence de ses caractéristiques physiques et plastiques.

    Questions abordées

    En quoi les matériaux, les outils, les gestes interviennent-ils dans la réalité concrète d’une production plastique ? Quelles peuvent être les incidences des matériaux dans la présence physique d’une œuvre ? En quoi la matérialité physique de l’œuvre se donne à voir comme un dispositif de représentation ? En quoi les objets du quotidien peuvent-ils devenir matériau d’une œuvre d’art ?

    Claes OLDENBURG, Ghost Drum Set, 1972, 10 éléments en toile, bourrés de billes de polystyrène, cousus et peints,
    80 x 183 x 183 cm, Centre Pompidou, Paris

    Avec Ghost Drum Set, en toile cousue puis peinte en blanc, Claes Oldenburg s’empare d’un objet typique de la culture pop-rock pour lui faire subir une transformation à la fois grotesque et spirituelle. Constituée d’une matière molle, la batterie devient absurde puisqu’elle perd l’un de ses attributs essentiels, la rigidité des caisses de résonance. Mais l’objet devient encore plus fragile et tend à s’effacer, à disparaître, par le biais de sa blancheur, qui évoque le cliché enfantin du fantôme.

    Meret OPPENHEIM, Object (Déjeuner en fourrure), 1936, Paris

    Imaginez boire dans cette tasse ! Pour réaliser cette sculpture, Meret Oppenheim a acheté une tasse de thé, une soucoupe et une cuillère dans un magasin et les a recouvertes de fourrure de gazelle. Ce faisant, elle a transformé ces objets du quotidien en art.

    Références artistiques possibles

    • Meret OPPENHEIM, Object (Déjeuner en fourrure), 1936, tasse, soucoupe et cuillère recouvertes de fourrure de gazelle, MoMA, NY
    • Meret OPPENHEIM, Ma gouvernante, 1936, plaque métallique, escarpins blancs, ficelle et papier, 14 × 33 × 21 cm, Coll. Moderna Museet, Stockholm
    • Claes OLDENBURG, Ghost Drum Set, 1972, 10 éléments en toile, bourrés de billes de polystyrène, cousus et peints, 80 × 183 × 183 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Tony CRAGG, Palette, 1985, installation d’objets colorés en matière plastique, 162 × 180 cm
    • Julian SCHNABEL, Spain, 1986, peinture à l’huile, plats et résine sur bois, 333 × 580 × 23 cm, Musée Guggenheim – Bilbao
    • Ervin WURM, One minute sculptures, 1998, performance
    • Wim DELVOYE, MARBLE FLOOR #102, 1999, photographie couleur, 125 × 100 cm
    • Vik MUNIZ, After Warhol: Double Mona Lisa (Peanut Butter and Jelly), 1999, photographie, MAC, Lima, Pérou
    • Jeff KOONS, Balloon Dog, 1994-2000, acier inoxydable, 307,3 × 363,2 × 114,3 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Margarita CABREARA, Vocho (jaune), 2004, voiture grandeur nature en pièces cousues de vinyle, rembourrage et fil, 152,4 × 182,9 × 396,2 cm, Anne et William J. Hokin Collection
    • Andréas DETTLOFF, installation de pneus sculptés aux motifs de tatouages marquisiens, exposition Objets du Fenua – Nouveaux regards, 2018, Musée des Arts et Métiers, Paris

    Questionnement(s)

    La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre :

    • la réalité concrète d’une production ou d’une œuvre : le rôle de la matérialité dans les effets sensibles que produit une œuvre,
    • les qualités physiques des matériaux : caractéristiques des matériaux (matériaux de récupération, matériaux non transformés, matériaux issus de transformations physiques ou chimiques, biomatériaux), incidences de leurs caractéristiques (porosité, rugosité, liquidité, malléabilité, etc.) sur la pratique plastique en deux dimensions (transparences, épaisseurs, mélanges homogènes et hétérogènes, collages, etc.) et en volume (stratifications, assemblages, empilements, tressages, emboîtements, adjonctions d’objets ou de fragments d’objets, etc.), sur l’invention de formes ou de techniques, sur la production de sens,

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Composantes théoriques

    – Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photographie de Ross FINDON – unsplash.com

  • Extension/ expansion corporelle

    Extension/ expansion corporelle

    Réalisez pour votre corps une extension/ expansion artistique qui obligera le spectateur à s’interroger sur les notions de limite et de dépassement.

    #prothèse #extension #expansion

    Vous présenterez votre réalisation sous la forme d’un défilé.

    Question

    Dans quelle mesure une production artistique peut-elle s’adresser au corps du spectateur ? Le corps de l’artiste peut-il devenir artistique ? Le corps de l’artiste peut-il faire œuvre ?

    Objectifs

    Les objectifs de la séquence sont d’amener les élèves à :

    • comprendre que le corps et la gestuelle de l’auteur sont des signifiants de l’œuvre
    • saisir que le corps de l’artiste peut être un matériau parmi d’autres
    • comprendre que l’espace de présentation est une partie intégrante de l’œuvre et que la place du spectateur devient décisive dans la perception de cette dernière

    Références artistiques possibles

    • Raoul HAUSMANN, L’esprit de notre temps – Tête mécanique, 1920, assemblage, bois et matériaux divers, 32,5 × 21 × 20 cm, MNAM, Paris
    • Piero MANZONI, Magic Base, 1961, bois, feutre et métal, 61 × 79,5 × 79,5 cm
    • Rebecca HORN, Finger Gloves, 1972 ; Pencil Mask, 1972 ; Mechanical Bodyfan, 1973–1974. Après avoir réalisé un ensemble de performances et d’objets en relation au corps, Rebecca Horn construit des machines animées. Son travail mêle allusions littéraires (à Joyce, Beckett ou Willy) et références métaphysiques ou cinématographiques, autobiographiques.
    • Jesús Rafael SOTO, Pénétrables BBL Bleu, 1999, installation, métal, PVC, 400 × 450 × 600 cm
    • Erwin WURM, The Artist who swallowed the world when it was still a disc, 2006, sculpture, résine synthétique, textile, 190 × 140 × 140 cm
    • STELARC, The Third Hand and Extended Arm, 1976-1981, prothèse robotique ; Extra Ear, 2007, implant
    • Michael BURTON et Michiko NITTA, Algaculture, 2010, projet de symbiose entre humain et algues
    • Sun YUAN et Peng YU, Can’t Help Myself, 2016, robot industriel, acier inoxydable et caoutchouc, éther de cellulose dans de l’eau colorée, grille d’éclairage avec capteurs de reconnaissance visuelle et paroi en polycarbonate avec cadre en aluminium, dimensions variables, Solomon R. Guggenheim Museum, NY
    • Heather HANSEN, DrawnInward, 2019, performance, Ochi Gallery Los Angeles

    Questionnement(s)

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • la transformation de la matière : la réalité concrète d’une œuvre ou d’une production plastique ; le pouvoir de représentation ou de signification de la réalité physique globale de l’œuvre
    • l’objet comme matériau en art : la transformation, les détournements des objets dans une intention artistique ; la sublimation, la citation, les effets de décontextualisation et de recontextualisation des objets dans une démarche artistique
    • les représentations et statuts de l’objet en art : la place de l’objet non artistique dans l’art.

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la relation du corps à la production artistique : l’implication du corps de l’auteur ; la lisibilité du processus de production et de son déploiement dans le temps et dans l’espace : traces, performance, théâtralisation, événements, œuvres éphémères, captations, etc.
    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : le rapport d’échelle, l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public ; l’exploration des présentations des productions plastiques et des œuvres
    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : les rapports entre l’espace perçu, ressenti et l’espace représenté ou construit .

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Vue de l’installation Can’t Help Myself de Sun YUAN et Peng YU, Musée Guggenheim, NY, 2016

  • Apprenti Frankenstein

    Apprenti Frankenstein

    La créature de Frankenstein est un personnage du roman Frankenstein ou le Prométhée moderne publié en 1818 par la romancière britannique Mary Shelley. Ce roman a connu un succès immédiat et a inspiré de multiples adaptations cinématographiques.

    L’adaptation cinématographique de 1931 produite par Universal, où le monstre est interprété par Boris Karloff, marque considérablement l’imaginaire collectif, au point d’être couramment associée au personnage, qu’il s’agisse de son physique ou de ses traits de personnalité. Pourtant la créature de Frankenstein joué par Boris Karloff diffère particulièrement de son homologue littéraire.

    Voir la page Wikipédia : Monstre de Frankenstein (wikipedia.org)

    Imaginez et réalisez un buste1 ou un médaillon2 de cette créature par assemblage d’objets usés, abandonnés ou mis au rebut.

    #assemblage #cohérence #hétérogénéité

    Vous assemblerez, combinerez, emboiterez… ces objets. Vous pourrez utiliser toutes sortes d’objets (recyclables) offrant des qualités plastiques et permettant de créer aisément des liens plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques entre les différents éléments. L’image de la créature de l’apprenti Frankenstein devra être reconnaissable.

    1. Buste : sculpture représentant la tête, le cou et des parties variables des épaules et de la poitrine
    2. Médaillon : petit bas-relief3 arrondi
    3. Bas-relief : sculpture adhérant à un fond dont elle se détache avec une faible saillie

    Qu’est-ce qu’un assemblage ?

    L’assemblage est un mode de création à part entière né au début du 20ème siècle. C’est une technique (et son résultat) consistant à rassembler et fixer entre eux différents éléments (: objets manufacturés, fragments d’objets, éléments naturels).

    Pablo PICASSO réalise ses premiers assemblages avec sa série des Guitares en 1912 ; tandis qu’à la même période Marcel DUCHAMP invente le ready-made avec Roue de bicyclette, 1913. Puis les artistes du mouvement Dada créent des assemblages à partir de 1914, avec Jean ARP et ses Reliefs  : Der Hirsch, 1914 ou Trousse d’un Da, 1920-21, constituée de bois flottés récupérés et en 1919 Marcel JANCO avec ses masques du Cabaret Voltaire ou Kurt SCHWITTERS. Le russe Vladimir TATLINE, créé également des reliefs picturaux et contre-reliefs dès 1914 et Jean POUGNY des Compositions en 1915. Source Wikipédia

    Questions

    Dans quelle mesure l’assemblage d’objets crée-t-il du sens ? Comment percevez-vous l’hétérogénéité des formes et des matières ? Comment définissez-vous la cohérence entre les différents éléments ?

    Niki DE SAINT PHALLE, T-Rex (Study for King Kong), 1963,
    assemblage, peinture, plâtre, objets divers sur bois, 198 x 122 x 25 cm

    Références artistiques possibles

    • Raoul HAUSMANN, L’esprit de notre temps – Tête mécanique, 1919, assemblage, 32,5 x 21 x 20 cm, Musée national d’Art moderne, Paris.
    • Pablo PICASSO, La Guenon et son petit, 1951, céramique, deux petites autos, métal et plâtre, 56 x 34 x 71 cm, Musée Picasso, Paris.
    • Robert RAUSCHENBERG, Monogram, 1955-1959, assemblage, 106,6 x 160,6 x 163,8 cm. Monogram est un des plus célèbres Combines sur lequel Rauschenberg reviendra à plusieurs reprises avant d’arriver à la version définitive. Association incongrue, sur une sorte de tableau abstrait posé horizontalement, d’une chèvre angora au museau peint, ceinte d’un pneu d’automobile, et de différents collages allant d’une balle de tennis à différents papiers imprimés.
    • Niki DE SAINT PHALLE, Tyrannosaurus Rex, 1963
    • Hubert DUPRAT, Sept tubes de Trichoptères, 1980-1997, or, perles, pierres précieuses et semi-précieuses, largeur : 2 cm, diamètre : 0,5 cm, Frac Lorraine.
    • Bill WOODROW, Crow and carrion, 1981, deux parapluies, 75 x 120 x 120 cm.
    • PANAMARENKO, Blauwe Archaeopterix, 1991, dimensions variables.
    • Thomas GRÛNFELD, Misfits – Girafe, autruche, cheval, 2000, assemblage, travail de taxidermie, 210 x 130 x 180 cm.
    • PANAMARENKO, Raven’s Variable Matrix, 2000, 200 x 300 cm.
    • Nicolás LABADIA, Insectario/ Bestiario, depuis 2007, 6 figures de 2 x 3 x 3 cm, série d’assemblages. Le travail de l’artiste consiste à construire des sculptures de petite taille avec des objets inutilisés qui ont été spécifiquement collectés pour représenter des êtres hybrides, des insectes et des bêtes.
    • Vik MUNIZ, Pictures of Garbage Series, Brésil, 2008-2010, photographies.
    • Bernard PRAS, Vénus, 2014, photographie.
    • Freya JOBBINS, Eurydice, 2014, assemblage, fragments de poupées en matière plastique, 50 x 20 x 35 cm.

    Questionnement(s)

    • Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’hétérogénéité et la cohérence plastiques – l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photographie promotionnelle colorisé du film Son of Frankenstein, (1939) avec Basil Rathbone, Boris Karloff et Bela Lugosi.

  • Drôle d’insecte

    Drôle d’insecte

    « Les objets eux-mêmes, leurs formes et leur texture me donnent souvent la clef de ma vision. […] Je trouve une selle et un guidon dans la rue et je pense « Tiens, un taureau ». Tout le monde regarde l’assemblage que j’ai exécuté et remarque « Tiens, un taureau ». Jusqu’au moment où un cycliste passe et se dit « Tiens, une selle ».

    Propos de Pablo PICASSO cités dans Vivre avec Picasso, Paris, Éd. 10/18, 2005

    Élaborez à partir de fragments ou de parties d’objet un assemblage représentant un « drôle d’insecte ».

    Qu’est-ce qu’un assemblage ?

    L’assemblage est un mode de création à part entière né au début du XXème siècle. C’est une technique (et son résultat) consistant à rassembler et fixer entre eux différents éléments (: objets manufacturés, fragments d’objets, éléments naturels).

    Pablo PICASSO réalise ses premiers assemblages avec sa série des Guitares en 1912 ; tandis qu’à la même période Marcel DUCHAMP invente le ready-made avec Roue de bicyclette, 1913. Puis les artistes du mouvement Dada créent des assemblages à partir de 1914, avec Jean ARP et ses Reliefs  : Der Hirsch, 1914 ou Trousse d’un Da, 1920-21, constituée de bois flottés récupérés et en 1919 Marcel JANCO avec ses masques du Cabaret Voltaire ou Kurt SCHWITTERS. Le russe Vladimir TATLINE, créé également des reliefs picturaux et contre-reliefs dès 1914 et Jean POUGNY des Compositions en 1915. Source Wikipédia

    Méthodologie

    Rassembler les éléments hétéroclites de l’assemblage dans l’idée d’obtenir une forme reconnaissable : un insecte peut parfois être difficile. C’est pourquoi dans certains cas, il sera préférable de construire au préalable une structure rigide, en bois ou fil de fer, qui charpentera la forme de votre Drôle d’insecte et que vous utiliserez pour fixer (clipser, emboîter, enchâsser, lier, coller) les objets et fragments.

    Nicolás LABADIA, Insecto, assemblage

    Références artistiques possibles

    • Raoul HAUSMANN, L’esprit de notre temps – Tête mécanique, 1919, assemblage, 32,5 x 21 x 20 cm, Musée national d’Art moderne, Paris.
    • Marcel DUCHAMP, Roue de bicyclette, 1913/ 1964, assemblage d’une roue de bicyclette sur un tabouret, métal, bois, 126,5 x 31,5 x 63,5 cm, Centre Pompidou, Paris.
    • Pablo PICASSO, Tête de taureau, 1924, selle en cuir et guidon métallique, Musée Picasso, Paris.
    • Pablo PICASSO, La Guenon et son petit, 1951, céramique, deux petites autos, métal et plâtre, 56 x 34 x 71 cm, Musée Picasso, Paris.
    • Robert RAUSCHENBERG, Monogram, 1955-1959, assemblage, 106,6 x 160,6 x 163,8 cm. Monogram est un des plus célèbres Combines sur lequel Rauschenberg reviendra à plusieurs reprises avant d’arriver à la version définitive. Association incongrue, sur une sorte de tableau abstrait posé horizontalement, d’une chèvre angora au museau peint, ceinte d’un pneu d’automobile, et de différents collages allant d’une balle de tennis à différents papiers imprimés.
    • Hubert DUPRAT, Sept tubes de Trichoptères, 1980-1997, or, perles, pierres précieuses et semi-précieuses, largeur : 2 cm, diamètre : 0,5 cm, Frac Lorraine.
    • Bill WOODROW, Crow and carrion, 1981, deux parapluies, 75 x 120 x 120 cm.
    • PANAMARENKO, Blauwe Archaeopterix, 1991, dimensions variables.
    • Thomas GRÛNFELD, Misfits – Girafe, autruche, cheval, 2000, assemblage, travail de taxidermie, 210 x 130 x 180 cm.
    • PANAMARENKO, Raven’s Variable Matrix, 2000, 200 x 300 cm.
    • Nicolás LABADIA, Insectario/ Bestiario. depuis 2007, 6 figures de 2 x 3 x 3 cm, série d’assemblages. Le travail de l’artiste consiste à construire des sculptures de petite taille avec des objets inutilisés qui ont été spécifiquement collectés pour représenter des êtres hybrides, des insectes et des bêtes.
    • Bernard PRAS, Vénus, 2014, photographie.
    • Freya JOBBINS, Eurydice, 2014, assemblage, fragments de poupées en matière plastique, 50 x 20 x 35 cm.

    Questionnement(s) :

    • Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’hétérogénéité et la cohérence plastiques – l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets.
    • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • 5 g par semaine

    5 g par semaine

    « On estime qu’une personne pourrait ingérer en moyenne 5 grammes de plastique par semaine. »

    De la nature aux humains : jusqu’où iront les plastiques ? WWF, juin 2019, Étude de The University of Newcastle (Australie)

    Imaginez que l’ingestion régulière de plastique soit à l’origine d’une nouvelle mutation du vivant pour des créatures mi-organiques mi-plastiques…
    Dessinez plusieurs des mutants de ce futur imaginaire puis réalisez-en un en volume. Pour cela, vous utiliserez des matériaux trouvés et des débris ou des objets en matière plastique que vous assemblerez : bois flotté, branche, plaque cartonnée, papier journal, fil de fer, clous, grillage à poule, brins de laine, ficelle, bouchons, capsules, petite bouteille plastique, débris d’objet en matière plastique, jouets en plastique, etc.

    L’objectif de votre réalisation sera de dénoncer, non pas sans humour et plasticité, l’effet néfaste des déchets en matière plastique.

    Niki DE SAINT PHALLE, Tyrannosaurus Rex, 1963

    Références artistiques possibles

    • Pablo PICASSO, La guenon et son petit, 1951, sculpture en bronze réalisée à partir d’un assemblage, 53 x 33 x 53 cm.
    • Niki DE SAINT PHALLE, Kennedy-Kroutchev, 1962, assemblage, objets divers, 200 x 120 x 20 cm, Collection Sprengel Museum, Hanovre, Allemagne.
    • Niki DE SAINT PHALLE, Tyrannosaurus Rex (Study for King Kong), 1963, assemblage, objets divers, plastique, plâtre et peinture sur panneau de bois, 198 x 122 x 25 cm.
    • Tony CRAGG Tony, Palette, 1985, divers objets en plastique bleu, jaune, rouge, disposés au mur.
    • Joan FONTCUBERTA, Fauna (secreta), 1985-1989, installation (photographies, textes, cartographies, schémas, vitrines et vidéos).
    • Tim NOBLE et Sue WEBSTER, Dirty White Trash with Gulls (Tas d’ordures avec mouettes), 1998. 
    • Thomas GRÜNFELD, Misfit (girafe, autruche, cheval), 2000, taxidermie, 210 x 130 x 180 cm.
    • Daniel FIRMAN, Color safe, 2003, plâtre, vêtements, divers objets, 280 x 220 x 180 cm.
    • Bernard PRAS, La Vague (d’après la vague d’Hokusaï), 2008, photographie.
    • Vik MUNIZ, Pictures of Garbage Series, Brésil, 2008-2010, photographies.
    Freya JOBBINS, Mask #1 Firewall Series, 2020, assemblage
    photographe : Freya Jobbins, modèle : Jacinta Jobbins
    https://www.freyajobbins.com/

    Questionnement(s) :

    • Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’hétérogénéité et la cohérence plastiques – l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Cendrillon à 18h

    Cendrillon à 18h

    La jeune demoiselle ne s’ennuyait point, et oublia ce que sa marraine lui avait recommandé ; de sorte qu’elle entendit sonner le premier coup de minuit, lorsqu’elle ne croyait pas qu’il fût encore onze heures : elle se leva et s’enfuit aussi légèrement qu’aurait fait une biche. Le prince la suivit, mais il ne put. Elle laissa tomber une de ses pantoufles de verre, que le prince ramassa bien soigneusement. Cendrillon arriva chez elle bien essoufflée, sans carrosse, sans laquais, et avec ses méchants habits, rien ne lui étant resté de toute sa magnificence qu’une de ses petites pantoufles, la pareille de celle qu’elle avait laissée tomber.

    Extrait de Cendrillon ou la petite pantoufle de verre de Charles PERRAULT, 1697

    Les chaussures, comme les vêtements renseignent sur la vie des gens qui les portent. Elles participent à la culture, aux mentalités, à l’histoire d’une société et reflètent le prestige de ceux qui les portent ou l’inverse la misère. Remarquons que la forme des chaussures varie à l’infini, notamment en fonction de la mode et que, très tôt, elles jouent un rôle important et signifiant dans l’art.

    Le 14 janvier 2021, le Premier ministre annonce à la télévision l’avancée du couvre-feu à 18h00 sur l’ensemble du territoire métropolitain. L’objectif du couvre-feu est de limiter les rassemblements où le virus circule durant lesquels les mesures barrières peuvent être moins bien appliquées.

    À nouveau pressée pour rentrer chez elle, Cendrillon perd une de ses chaussures spéciales « confinement », mais heureusement vous l’avez retrouvée ou presque…

    #design #chaussure #confinement

    Vous allez réaliser cette chaussure en tenant compte de son caractère spécial. Pour cela :

    1. Définissez par écrit ses caractéristiques en répondant aux questions suivantes :
      En quoi cette chaussure est spéciale ?
      Comment rappelle-t-elle le couvre-feu ou la COVID ou l’actualité épidémique ?
      Quelles autres contraintes implicites doit-elle donc prendre en compte ?
    2. Dessinez-la en couleur de trois-quarts, de profil et de haut.
    3. Réalisez un prototype à l’échelle. Pour ce faire, prenez comme modèle ou comme support une chaussure existante. La technique est libre.
    Gravure publiée dans les Contes de Charles Perrault avec des dessins par Gustave DORÉ.
    J. Hetzel (Paris), 1862

    Quelques célèbres chaussures

    • Les talaria, les sandales ailées du Dieu Hermès (mythologie grecque).
    • Les bottes de sept lieues de l’ogre dans le conte du Petit poucet, Les Contes de PERRAULT, 1697.
    • Les cuissardes du Chat botté, Les Contes de PERRAULT, 1697 et Shrek, 2001.
    • Les pantoufles de verre de Cendrillon, Les Contes de PERRAULT, 1697.
    • Les chaussons rouges du conte de Hans Christian ANDERSEN, 1845.
    • Les ballerines rouges à paillette de Dorothy dans le Magicien d’Oz, 1939.
    • Les GoGo Boots d’André Courrèges, 1964.
    • Les Nike Cortez rouges et blanches de Forest Gump, 1994.
    • Les Onitsuka Tiger Mexico 66 de la marque Asics, Game With Death, 1978 et Kill Bill, 2003.
    • Les Nike Air Mag Back to the Future modèle 2016, sneakers portées par Marty McFly dans Back to the Future Part II, 1989.
    René MAGRITTE, Le Modèle rouge, 1935

    Références artistiques possibles

    • Jean Honoré FRAGONARD, Les Hasards heureux de l’escarpolette, 1766-1767, peinture à l’huile, 81 cm x 64 cm, Wallace Collection, Londres
    • Yinka SHONIBARE, The Swing (after Fragonard), 2001, installation avec mannequin qui pousse plus en avant la confrontation entre identités culturelles, canons représentationnels et périodes historiques.
    • Vincent VAN GOGH, Vieux souliers, 1886, huile sur toile, 37,5 x 45 cm, Amsterdam, Musée Van Gogh.
    • René MAGRITTE, Le Modèle rouge, 1935, huile sur toile marouflée sur carton, 56 x 46 cm, Centre Pompidou, Paris. Le Modèle rouge est réalisé dans un style réaliste minutieux, perceptible dans le rendu du bois, des cailloux ou des veines des pieds. Pourtant, l’étrange paire de souliers-pieds renvoie à une réalité inventée, au rêve, voire au monstrueux. Le titre désoriente d’autant qu’il ne semble pas correspondre au tableau, Magritte questionnant tout au long de son œuvre l’interaction entre langage, image et réalité.
    • Andy WARHOL, Diamond Dust Shoes, 1980, sérigraphie, 102,2 x 151,8 cm, The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, New York.
    • Claude LÉVÊQUE, Valstar Barbie, 2003, installation, peinture rose, polystyrène, contreplaqué peint en rose, ampoules recouvertes d’un cache en plastique rose, taffetas blanc, ventilateurs, néons en verre, gélatine rose, projecteur de lumière, 1 CD son, escarpin : 200 x 357 x 100 cm, Centre Pompidou, Paris.
    • Tove JANSSON et Per EMANUELSSON, Chain Shoes, 2009, design.
    • Joana VASCONCELOS, Marilyn, 2011, casseroles et couvercles en acier inoxydable, 290 x 157 x 410 cm. Cet escarpin fait de marmites dénonce la condition des femmes dans leur rôle social où les apparences et ses fonctions sont soumises au regard des hommes: être belle et faire à manger.
    • Andreia CHAVES, Invisible Shoe, 2011, design.
    • Zoulikha BOUABDELLAH, Silence, 2008-2014, installation : 24 tapis de prière, 24 paires d’escarpins, 300 x 560 cm.
    • Chiharu SHIOTA, Over the Continents, 2014, installation, vielles chaussures, laine rouge, Arthur M. Sackler Gallery, Washington DC, USA – CHIHARU SHIOTA – chiharu-shiota.com.
    • Anja LUITHLE, Das Erbe (L’Héritage), 2014, bronze ciré, 80 cm.

    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les représentations et statuts de l’objet en art.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production artistique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    * Shin MURAYAMA, Shoe Face, 2008, en bandeau.
    Né à Niigata au Japon en 1977, l’artiste Shin MURAYAMA lance ses collections de vêtements au Japon, à Londres et à Hong Kong. En 2004, il commence à vendre ses créations dans une boutique située à Harajuku appelée Is Real Store, un nom inspiré de la galerie d’art fictive de Yoko ONO. Depuis lors, les créations de Shin sont largement exposées dans les grandes galeries et espaces d’art du monde entier, avec sa série de masques « Valhalla », un de ses projets les plus réussis. Les masques à collectionner et surréalistes sont une combinaison d’esthétique DIY et d’accessoires de théâtre, inspirés par la nature et le sombre avenir de notre planète, avec des titres ironiques comme Mangeur de chaussettes, Visage de chaussure et Nez de mandrill.

  • Ma collec

    Ma collec

    La Révolution industrielle puis le développement de la Société de consommation depuis les années 50 ont influencé de nombreux artistes par la multiplicité des objets produits, par leurs matériaux, par leur emballage, par leur publicité, le désir et le culte qu’ils suscitent, mais également par leur obsolescence, par leur surproduction et la raréfaction des matières premières, par les délocalisations industrielles qu’ils occasionnent, par leur problème de stockage en tant que déchets et de recyclage.
    Dès lors les artistes ont collecté, classé et présenté des objets du quotidien tels quels, ou parfois, modifiés ou détournés leur octroyant ainsi le statut d’œuvre d’art.

    Constituez une collection de petits objets fabriqués ou récoltés par vos soins. Vous exposerez et photographierez cette collection. Mais faites attention : exposer, c’est choisir en fonction d’un propos. C’est prendre parti, construire un discours. Il convient de penser l’exposition en fonction de ce qu’elle est, à savoir une véritable création.

    #exposition #presentation
    Source @thingsorganizedneatly https://www.instagram.com/thingsorganizedneatly/

    Vocabulaire

    • Cabinet de curiosités : lieu où étaient entreposés et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût pour l’hétéroclisme et l’inédit.
    • Collection : réunion d’objets ayant un intérêt esthétique, scientifique, historique, ou une valeur provenant de leur rareté.
    • Inventaire : dénombrement, comptage, liste.
    • Musée : établissement où l’on conserve et expose des objets dignes d’intérêt, notamment des œuvres d’art.
    • Objet : (du latin objectum, 1361), entité (chose) définie dans un espace à trois dimensions, soit naturelle, soit fabriquée par l’homme (un artefact ou un produit de fabrication industrielle), qui a une fonction précise, désignable par une étiquette verbale (un nom).
    • Pinacothèque : musée exposant des œuvres picturales (peintures).
    • Série : ensemble ou suite d’éléments de même nature ou possédant des points communs.
    • Typologie : démarche méthodique consistant à définir ou étudier un ensemble de types, afin de faciliter l’analyse, la classification et l’étude de réalités complexes.

    Références artistiques possibles

    • Johann Georg HINZ, Le cabinet de curiosités, 1666,  115 x 93 cm, Kunsthalle, Hambourg, Allemagne
    • Domenico REMPS, Trompe-l’œil (Cabinet de curiosités), 1690, huile sur toile, 98,5 x 135 cm, Optificio delle Pietre Dure, Florence, Italie
    • Jacques DAGUERRE, Composition avec fossiles et coquillages, daguerréotype : (procédé photographique sur métal), 1837-1839
    • Alphonse BERTILLON, Tableau synoptique d’oreilles, service d’identification de la Préfecture de Police, photographies, 1880
    • Catalogue Manufrance (Manufacture française d’armes et cycles de Saint-Étienne), 1885-1985
    • Eugène ATGET, Intérieur de M.B., collectionneur, rue de Vaugirard, photographie, 1910
      http://expositions.bnf.fr/atget/grand/760.htm
    • Marcel DUCHAMP, La boîte-en-valise, 1936-1941/1968, boîte en carton recouverte de cuir rouge contenant des répliques miniatures d’œuvres, 69 photos, fac-similés ou reproductions de tableaux collées sur chemise noire, 40 x 37,5 x 8,2 cm, boîte déployée pour présentation : env. 102 x 90 x 39,5 cm
    • Ben VAUTIER, Le Magasin de Ben, 1958-1972, matériaux divers, 350 x 500 x 350 cm, Musée National d’Art Moderne, Paris – https://www.centrepompidou.fr/
    • ARMAN, Home Sweet Home, 1960, accumulation de masques à gaz dans une boîte sous plexiglas, 160 x 140 x 20 cm
    • Claes OLDENBURG, Pastry Case I, 1961-62, sculptures en plâtre peint, vaisselle en céramique, verre et métal, vitrine au cadre métallique et plaques de verre, 52,7 x 76,5 x 37,3 cm, MoMA, New-York
      https://www.moma.org/collection/works/81721
    • Christian BOLTANSKI, Vitrine de référence, 1971, boîte en bois peinte sous plexiglas, bois, plexiglas, photos, cheveux, tissus, papier, terre, fil de fer, 59,6 x 120 x 12,4 cm
      Christian Boltanski expose des objets personnels comme des reliques ou des éléments issus de fouilles archéologiques témoignant de civilisations perdues. Avec ces œuvres, il parodie notamment le Musée de l’Homme, lequel, dit-il, l’a beaucoup marqué : on y voit, dans des vitrines un peu poussiéreuses, des objets à l’origine sans vocation esthétique, des objets qui sont des documents plutôt que des œuvres, des objets auxquels le musée a retiré leur valeur d’usage.
    • Hilla et Bernd BECHER, Châteaux d’eau, 1970-1998, 15 photographies noir et blanc, tirages argentiques, 40 x 30 cm
    • Allan Mc COLLUM, Over Ten Thousand Individual Works, 1987-1989
      10 000 objets produits en série mais tous uniques à partir de moules d’objets ménagers en caoutchouc combinés, acrylique sur hydrocal (mélange de plâtre et ciment).
    • Damien HIRST, Enemy, Medecine Cabinet, 1988-89, verre, bois mélaminé peint, ramin (bois tropical), plastique, aluminium, emballage pharmaceutique, 137,2 x 101,6 x 22,9 cm
    • Annettes MESSAGER, Mes vœux, 1989, installation murale en ovale de photographies noir et blanc, 263 épreuves gélatino-argentiques encadrées sous verre maintenu par un papier adhésif noir et suspendues au mur par de longues ficelles, 320 x 160 cm, Centre Pompidou, Paris
      Avec cette œuvre, composée de dizaines de photographies de détails de corps, Annette Messager met en scène une identité fragmentée, qui se décompose et se recompose comme les éclats d’un kaléidoscope. Bien qu’elle fasse référence au vocabulaire du minimalisme, par la forme simple dans laquelle s’inscrit cet ensemble comme par le choix du noir et blanc, l’image qui en résulte, comme suspendue par une multitude de longues ficelles apparentes, rappelle plutôt les ex-voto.
    • Tony CRAGG, Cumulus, 1998, récipients en verre sablé, sur étagères en verre soutenues par un noyau de briques, 265 x 120 x 120 cm, Tate Britain, Londres
    • Andreas GURSKY, 99 Cent Store (Magasin), 1999, photographie, épreuve chromogène, 206,5 x 337 x 5,8 cm
      L’intérieur d’un supermarché américain, dans lequel tout est proposé au prix unique de 99 ¢, est prétexte à restituer la profusion des petites surfaces colorées des produits bien alignés dans un parfait ordonnancement au chatoiement exceptionnel.
    • Thomas HIRSCHHORN, Outgrowth (Excroissance), 2005, bois, plastique, papier, ruban adhésif, Bulle Pack, 374 x 644 x 46 cm, MNAM, Paris
      131 globes terrestres avec excroissances attirent l’attention sur des faits dramatiques d’actualité évoqués par quelques photos, posés sur 7 étagères murales avec coupures de presse.
    • Jean-Luc VILMOUTH, Masques 3, ustensiles de maison, Fiac 2007, Grand Palais, Paris
    • Jim GOLDEN, Collection de matériel photographique, (série Arranged Collections), 2012, photographie couleur de collection d’objets prêtés et classés, image en bandeau
      https://jimgoldenstudio.com

    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les représentations et statuts de l’objet en art.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine