Étiquette : Monstre

  • À la Frankenstein

    À la Frankenstein

    Après que le roman de Mary SHELLEY (Frankenstein ou le Prométhée moderne, 1818) eut été adapté dans le film de 1931, le monstre est devenu dans l’imagination collective plus connu sous les traits de Boris Karloff (maquillé par Jack Pierce), avec son front très épais, ses boulons dans le cou, ses points de suture et sa peau verdâtre.

    Pourtant le monstre de Frankenstein de Boris KARLOFF diffère particulièrement de son homologue littéraire :

    • il est amené à la vie par la foudre : ce n’est jamais précisé dans le roman, bien que le docteur Frankenstein remette en question ses connaissances scientifiques en voyant la foudre frapper un arbre et éveille le monstre en réunissant les « instruments de vie pour en communiquer une étincelle à la chose inanimée » (le terme « étincelle » pouvant être pris au figuré)
    • il est constitué de morceaux de cadavres déterrés au cimetière, qui tiennent en place par de gros points de suture : dans la version écrite, il prend des « os dans les charniers », pénètre dans « l’humidité infecte des tombeaux ou [torturait] des animaux vivants pour donner la vie à de l’argile inerte ». La créature n’est donc à l’origine pas composée uniquement de morceaux de cadavres
    • il a des électrodes sur le cou (jamais décrites par Mary Shelley)
    • il possède une intelligence amoindrie et un vocabulaire très réduit (alors qu’à l’origine, il est doté d’une très grande intelligence et est capable de parler de manière sophistiquée).

    Proposez votre interprétation de la créature (le monstre) à partir de pièces de vieilles peluches et de poupées (et éventuellement de matériaux et objets recyclables).

    #créature #monstre #assemblage #cohérence

    Objectifs

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • expérimenter divers modes d’assemblage
    • interroger les relations entre les parties et le tout
    • explorer l’hétérogénéité des formes et des matériaux, afin d’aboutir à la cohérence de l’ensemble.

    Questions

    En quoi le rapprochement de matériaux hétérogènes parvient-il à atteindre une telle cohérence, qu’il fait oublier leur destination première ? Par quels moyens plastiques, l’artiste met-il en place un dispositif qui détourne les objets de leur fonction première ?
    Comment dépasser la signification des parties pour comprendre le tout, l’unité créée ? Dans quelle limite est-il possible de donner une portée artistique à des éléments de rebuts ?

    Niki de St PHALLE, Monstre de Soisy, 1966, assemblage

    Références artistiques possible

    • Niki de St PHALLE, Monstre de Soisy, 1966, assemblage, papier journal, peinture, matières textiles, animal naturalisé et objets divers sur structure métallique et bois, 180×163×253 cm, centre Pompidou, Paris
    • Pablo PICASSO, Guenon, 1951, assemblage, bronze, 53×33×53 cm
    • Annette MESSAGER, Articulés/ désarticulés, 2002, installation
    • Thomas GRÜNFELD, Misfit (Cow), 1997, taxidermie, 152×190×90 cm
    • Anne ESPERET, Organismes 2e génération, 2003, photographies en couleur
    • Tony CRAGG, Canoe, 1982, objets et fragments d’objets en plastique, 50×515×102 cm, Centre Pompidou, Paris

    Anne ESPERET est une artiste qui s’intéresse aux enjeux, aux limites de la biotechnologie. Cette science contemporaine pleine de promesses se heurte à l’éthique, se confronte à la philosophie, touche aux préjugés et aux tabous. Elle nous offre dans son catalogue en ligne un bestiaire d’Organismes Deuxième Génération, assemblage de restes d’êtres vivants afin de leur insuffler une nouvelle vie.


    Références au programme du cycle 3


    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • la ressemblance : découverte, prise de conscience et appropriation de la valeur expressive de l’écart dans la représentation,

    Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace :

    • l’hétérogénéité et la cohérence plastiques : les questions de choix et de relations formelles entre constituants plastiques divers, la qualité des effets plastiques induits ; le sens produit par des techniques mixtes dans les pratiques bidimensionnelles et dans les fabrications en trois dimensions,

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    – Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.1 – Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité

    • 3.2 – Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.2 – Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
  • Mon pire cauchemar sort du mur

    Mon pire cauchemar sort du mur

    Imaginez la scène suivante : une créature monstrueuse apparaît en passant à travers le mur.

    1. Dessinez la scène, puis la créature sous différents angles.
    2. Utilisez ces croquis pour réaliser une maquette ressemblante en papier et carton de 30 cm dans sa plus grande dimension.
    3. Mettez la maquette en situation ; c’est-à-dire proposez une mise en scène dans un accrochage particulier, une installation, ou même, un environnement. Aidez-vous des questions suivantes : comment sollicitez-vous les sens du spectateur ? Comment la réalisation s’intègre-t-elle dans le lieu ? Comment celle-ci met-elle en œuvre un dispositif pour raconter l’apparition du monstre ?
    H.R. GIGER, vue de l’exposition au Lieu unique à Nantes, 2017

    Questions

    En quoi une production artistique peut-elle interagir avec son espace d’exposition ? Avec les spectateurs ? Dans quelle mesure une installation implique-t-elle le spectateur dans une expérience sensible ?

    Références artistiques possibles

    • Johann Heinrich FÜSSLI, Le Cauchemar, 1781, 102 x 127 cm, peinture à l’huile
    • El LISSITZKY, Proun-Raum, 1923, 3,2 x 3,6 x 3,6 m, installation
      El Lissitzky est le pionnier de la création d’espace pour exposer des tableaux. Pendant la Grande exposition de Berlin en 1923, il crée l’espace proun, une salle qui traduit en trois dimensions le concept spatial des prouns. Cet espace présentait un ensemble de formes géométriques abstraites avec lesquelles les visiteurs devaient participer activement. El Lissitzky renouvelait les expositions traditionnelles d’œuvres d’art en mélangeant des expériences visuelles, spatiales et temporelles et en inventant une série rythmique de formes et de couleurs liées entre elles dans l’espace réel d’une salle. Source Wikipédia
    • Vladimir TATLINE, Contre-relief d’angle, 1914, assemblage, fer, zinc, aluminium, Musée de St. Petersburg
      Les reliefs picturaux et contre-reliefs d’angle réalisés avant la révolution d’Octobre constituent la contribution la plus importante de Tatline et la plus radicale à l’art moderne. Les contre-reliefs de Tatline entendent rompre totalement avec toutes les pratiques artistiques. « Les trois dimensions sont trop à l’étroit sur la surface de la toile. »,  avec les contre-reliefs, il invalidait les lois de la peinture et créait ainsi en quelque sorte un nouveau genre artistique, une nouvelle approche du matériau mis en œuvre.
    • Maurizio CATTELAN, Sans titre, 2001. mannequin en cire, cheveux naturels, 150 x 60 x 40 cm
    • Alain SÉCHAS, Les Somnambules, 2002, Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, Paris
    • H.R. GIGER, Necronom (Alien III), 2005, polyester et métal
    • Antony GORMLEY, Lost Horizon I, 2008, installation, White Cube, Mason’s Yard, London, England
    • Xavier VEILHAN, Sophie, 2008, polystyrène, structure métal, résine polyester, peinture époxy jaune, 495 x 151 x 110 cm
    • Xavier VEILHAN, Le buste de Le Corbusier, 2013, résine polyester, mousse PU, polystyrène, inox ; 1836 x 662 x 395 cm
    • Maurizio CATTELAN, Sans titre, 2013, cheval naturalisé, 300 x 170 x 80 cm
    Vladimir TATLINE, Contre-relief d’angle, 1914, fer, zinc, aluminium, Musée de St. Petersburg
    Xavier VEILHAN, Sophie, 2008, sculpture en situation au restaurant « Le Germain » à Paris

    Références au programme du cycle 4


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • le dispositif de représentation : l’espace en trois dimensions (différence entre structure, construction et installation), l’intervention sur le lieu, l’installation.

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • les représentations et statuts de l’objet en art : la place de l’objet non artistique dans l’art.

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : le rapport d’échelle, l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public ; l’exploration des présentations des productions plastiques et des œuvres.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • 1.6 – Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.1 – Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité

    • 3.2 – Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.1 – Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.

    Gargouille (du latin garg-, gorge, et de l’ancien français goule, gueule) : Elle constitue, dans le domaine de l’architecture, une partie saillante d’une gouttière destinée à faire écouler les eaux de pluie à une certaine distance des murs.
    Ce type d’ouvrage sculpté, généralement en pierre, est souvent orné d’une figure animale ou humaine typique de l’art grotesque roman puis surtout gothique.
    Par métonymie, elles désignent toute figure sculptée évacuant de l’eau et représentant le plus souvent un animal monstrueux.
    Source Wikipédia

    Bas-Relief : Ouvrage de sculpture adhérant à un fond, dont il se détache avec une faible saillie. La particularité des bas-reliefs est de ne présenter le sujet représenté que faiblement détaché du fond. Il y reste habituellement engagé à mi-corps.
    On parle de haut-relief si une plus grande partie se détache du fond.

    DIY – Do It Yourself
    L’appelation DIY désigne à la fois :

    • des activités visant à créer ou réparer des objets de la vie courante, technologiques, ou artistiques, généralement de façon artisanale ;
    • un mouvement culturel, notamment musical.

    Dans la culture punk, l’éthique DIY est liée à la vision punk anti-consumériste, c’est un rejet de la nécessité d’acheter des objets ou utiliser des systèmes ou procédés existants.
    Qu’est-ce qui s’apparente à la philosophie du faites-le vous-même ?
    – Toute activité, où l’on n’est plus spectateur ou consommateur.
    – Participer, et échanger ses connaissances, sa culture, son information, débattre et décider par exemple sur une encyclopédie libre.
    – Toute activité créatrice « artisanale » (non industrielle).
    – Tout recyclage, consumériste, technologique ou culturel.
    – Auto-édition de livres, magazines, bandes dessinées et de remplacement.
    – Groupes ou artistes solos libérant leur musique (musique libre) ou la finançant sans les maisons de disques.
    – La culture de la cassette et de la copie privée ou plus (dans la culture punk).
    – Création artisanale comme le tricot, la couture, des bijoux faits à la main, céramiques, etc.
    – En informatique, les logiciels libres.
    – En comédie, le détournement situationniste ou tout simplement toute parodie.
    – L’auto-régulation, l’auto-organisation, la démocratie directe.


    Techniques à envisager pour la réalisation de votre monstre :

    Papercraft de T-Rex

    Le Papercraft ou le Paper-Toy sont des maquettes réalistes en papier issu de l’art japonais de l’origami et plus généralement des méthodes de pliage du papier.

    Trophée décoratif par découpe sur bois
    Trophée décoratif en papier mâché

    Le papier mâché est un matériau composite constitué de bandelettes de papier ou de pâte à papier, parfois renforcés de textiles, liés avec un médium tel que la colle vinylique, l’ amidon, ou colle à papier peint. Une fois la colle séchée, l’objet ainsi formé durcit et garde la forme.
    Le papier mâché est traditionnellement utilisé pour réaliser des grosses têtes et figures géantes de carnaval.


    Eric TESTROETE, Papercraft Self Portrait, , 2009
    source : testroete.com

    La tête a été modelée dans 3ds Max à partir de photos. La dernière modélisation comptait 370 triangles. Elle a été conçue de manière à ce quelle puisse tenir sur la tête posée sur mes épaules et maintenue par une veste.

    Pepakura a été utilisé pour décomposer le modèle en sections imprimables. L’utilisation de Pepakura présente l’avantage de garantir que tous vos UV (: la cartographie UV est un processus de modélisation 3d consistant à projeter une image 2d sur la surface d’un modèle 3d) ont la même échelle les uns par rapport aux autres (extrêmement important lorsque vous imprimez et pliez) et permet de calculer la taille du modèle plié.

    Les morceaux au fur et à mesure qu’ils sortent de l’imprimante sont coupés et pliés puis assemblés pour créer la tête

  • Apprenti Frankenstein

    Apprenti Frankenstein

    La créature de Frankenstein est un personnage du roman Frankenstein ou le Prométhée moderne publié en 1818 par la romancière britannique Mary Shelley. Ce roman a connu un succès immédiat et a inspiré de multiples adaptations cinématographiques.

    L’adaptation cinématographique de 1931 produite par Universal, où le monstre est interprété par Boris Karloff, marque considérablement l’imaginaire collectif, au point d’être couramment associée au personnage, qu’il s’agisse de son physique ou de ses traits de personnalité. Pourtant la créature de Frankenstein joué par Boris Karloff diffère particulièrement de son homologue littéraire.

    Voir la page Wikipédia : Monstre de Frankenstein (wikipedia.org)

    Imaginez et réalisez un buste1 ou un médaillon2 de cette créature par assemblage d’objets usés, abandonnés ou mis au rebut.

    #assemblage #cohérence #hétérogénéité

    Vous assemblerez, combinerez, emboiterez… ces objets. Vous pourrez utiliser toutes sortes d’objets (recyclables) offrant des qualités plastiques et permettant de créer aisément des liens plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques entre les différents éléments. L’image de la créature de l’apprenti Frankenstein devra être reconnaissable.

    1. Buste : sculpture représentant la tête, le cou et des parties variables des épaules et de la poitrine
    2. Médaillon : petit bas-relief3 arrondi
    3. Bas-relief : sculpture adhérant à un fond dont elle se détache avec une faible saillie

    Qu’est-ce qu’un assemblage ?

    L’assemblage est un mode de création à part entière né au début du 20ème siècle. C’est une technique (et son résultat) consistant à rassembler et fixer entre eux différents éléments (: objets manufacturés, fragments d’objets, éléments naturels).

    Pablo PICASSO réalise ses premiers assemblages avec sa série des Guitares en 1912 ; tandis qu’à la même période Marcel DUCHAMP invente le ready-made avec Roue de bicyclette, 1913. Puis les artistes du mouvement Dada créent des assemblages à partir de 1914, avec Jean ARP et ses Reliefs  : Der Hirsch, 1914 ou Trousse d’un Da, 1920-21, constituée de bois flottés récupérés et en 1919 Marcel JANCO avec ses masques du Cabaret Voltaire ou Kurt SCHWITTERS. Le russe Vladimir TATLINE, créé également des reliefs picturaux et contre-reliefs dès 1914 et Jean POUGNY des Compositions en 1915. Source Wikipédia

    Questions

    Dans quelle mesure l’assemblage d’objets crée-t-il du sens ? Comment percevez-vous l’hétérogénéité des formes et des matières ? Comment définissez-vous la cohérence entre les différents éléments ?

    Niki DE SAINT PHALLE, T-Rex (Study for King Kong), 1963,
    assemblage, peinture, plâtre, objets divers sur bois, 198 x 122 x 25 cm

    Références artistiques possibles

    • Raoul HAUSMANN, L’esprit de notre temps – Tête mécanique, 1919, assemblage, 32,5 x 21 x 20 cm, Musée national d’Art moderne, Paris.
    • Pablo PICASSO, La Guenon et son petit, 1951, céramique, deux petites autos, métal et plâtre, 56 x 34 x 71 cm, Musée Picasso, Paris.
    • Robert RAUSCHENBERG, Monogram, 1955-1959, assemblage, 106,6 x 160,6 x 163,8 cm. Monogram est un des plus célèbres Combines sur lequel Rauschenberg reviendra à plusieurs reprises avant d’arriver à la version définitive. Association incongrue, sur une sorte de tableau abstrait posé horizontalement, d’une chèvre angora au museau peint, ceinte d’un pneu d’automobile, et de différents collages allant d’une balle de tennis à différents papiers imprimés.
    • Niki DE SAINT PHALLE, Tyrannosaurus Rex, 1963
    • Hubert DUPRAT, Sept tubes de Trichoptères, 1980-1997, or, perles, pierres précieuses et semi-précieuses, largeur : 2 cm, diamètre : 0,5 cm, Frac Lorraine.
    • Bill WOODROW, Crow and carrion, 1981, deux parapluies, 75 x 120 x 120 cm.
    • PANAMARENKO, Blauwe Archaeopterix, 1991, dimensions variables.
    • Thomas GRÛNFELD, Misfits – Girafe, autruche, cheval, 2000, assemblage, travail de taxidermie, 210 x 130 x 180 cm.
    • PANAMARENKO, Raven’s Variable Matrix, 2000, 200 x 300 cm.
    • Nicolás LABADIA, Insectario/ Bestiario, depuis 2007, 6 figures de 2 x 3 x 3 cm, série d’assemblages. Le travail de l’artiste consiste à construire des sculptures de petite taille avec des objets inutilisés qui ont été spécifiquement collectés pour représenter des êtres hybrides, des insectes et des bêtes.
    • Vik MUNIZ, Pictures of Garbage Series, Brésil, 2008-2010, photographies.
    • Bernard PRAS, Vénus, 2014, photographie.
    • Freya JOBBINS, Eurydice, 2014, assemblage, fragments de poupées en matière plastique, 50 x 20 x 35 cm.

    Questionnement(s)

    • Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’hétérogénéité et la cohérence plastiques – l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photographie promotionnelle colorisé du film Son of Frankenstein, (1939) avec Basil Rathbone, Boris Karloff et Bela Lugosi.

  • Licorne

    Licorne

    Mattheus PLATEARIUS, Livre des simples médecines XVe siècle BNF, Manuscrits français

    La licorne, parfois nommée unicorne, est une créature légendaire à corne unique. Son origine, controversée, résulte de multiples influences, en particulier de descriptions d’animaux tels que le rhinocéros et l’antilope, issues de récits d’explorateurs.
    La licorne occidentale se distingue de ses consœurs asiatiques par son apparence, son symbolisme et son histoire. Sous l’influence du Physiologus, les bestiaires occidentaux et leurs miniatures la décrivent comme un animal sylvestre hardi et très féroce, symbole de pureté et de grâce, s’approchant volontiers de jeunes filles vierges.
    Son aspect symbolique, très riche, l’associe à la dualité de l’être humain, la recherche spirituelle, l’expérience du divin, la femme vierge, l’amour et la protection.
    La représentation physique de la licorne occidentale se fixe entre le cheval et la chèvre blanche à la fin du Moyen Âge. Elle se voit dotée d’un corps équin, d’une barbiche de bouc, de sabots fendus, et surtout d’une longue corne au milieu du front, droite, spiralée et pointue, qui constitue sa principale caractéristique, comme dans la série de tapisseries La Dame à la licorne .
    La licorne devient l’animal imaginaire le plus important de l’Occident chrétien depuis le Moyen Âge jusqu’à la fin de la Renaissance. Depuis la fin du XIXe siècle, elle figure parmi les créatures typiques des récits de Fantasy et de féerie, grâce à des œuvres comme De l’autre côté du miroir de Lewis CARROLL, La Dernière Licorne de Peter S. BEAGLE, Legend de Ridley Scott, ou encore Unico d’Osamu TEZUKA. Son imagerie moderne s’éloigne de l’héritage médiéval, pour devenir celle d’un grand cheval blanc « magique », avec une corne unique au milieu du front. 

    Enjeux de la séance

    • Découvrir et comprendre le rapport à l’animal au travers d’œuvres d’artistes.
    • Réfléchir sur la conception de l’animalité.
    • Affirmer des choix formels et expressifs pour développer leur créativité.
    • Croiser les sciences, le numérique, l’histoire, la littérature, la poésie et les arts plastiques.
    • Cultiver une attitude de curiosité pour les productions artistiques primitives ou contemporaines, locales ou internationales.

    Pour cette séance, vous réaliserez une représentation minutieuse d’un monstre* ou d’un hybride**.
    En vous appuyant sur les références artistiques proposées, votre travail graphique, pictural, photo-numérique ou sculptural vous amènera à vous interroger sur la construction du corps de la bête et plus particulièrement sur le caractère hybride de celui-ci.

    * Le monstre est un animal présentant des anomalies graves : un cheval à huit pattes
    ou un canard à trois becs. Si l’étymologie du mot « monstre » vient du latin monstrum, dérivé de monere qui signifie « faire penser, attirer l’attention sur », monstrum reste un terme du vocabulaire religieux désignant un prodige avertissant de la volonté des dieux, un signe à déchiffrer. Le monstre est donc un signe divin, une chose incroyable. Ce n’est qu’au xiie siècle que le mot désignera des êtres mythologiques ou légendaires. Il est également appliqué,
    à la même période, aux hommes qui possèdent un physique effrayant, un homme, par exemple, défiguré par la peste.
    ** L’hybride vient du latin classique ibrida signifiant « bâtard, de sang mêlé » et, spécialement, « produit du sanglier et de la truie ». C’est un être composite procédant de la réunion de plusieurs éléments caractéristiques d’espèces différentes comme la serre, la licorne, le dragon, le basilic. Le martichore, par exemple, que Pline situe en Éthiopie, ressemble à un lion rouge
    à queue de scorpion. Il est très cruel. Son nom en persan signifie « mangeur d’homme ».
    Source dossier pédagogique Les animaux fabuleux de la BnF
    Hybride : adj. constitué de deux ou plusieurs éléments qui ne se trouvent pas normalement ensemble.

    Références artistiques

    • La Dame à la Licorne,  1484 -1538, composition de six tapisseries, Musée national du Moyen-Âge, Musée de Cluny, Paris, https://youtu.be/WQh2QYt7i8A
    • Bernhard DE BREYDENBACH, Pèlerinage en Terre sainte et au Saint-Sépulcre, 1486, gravure sur bois, impression sur peau de vélin
    • Jérôme BOSCH, Le Jardin des Délices, 1503-1504, triptyque, peinture à l’huile, Musée du Prado, Madrid, https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jardin_des_délices
    • Jérôme BOSCH, La Tentation de Saint Antoine, 1506, trityque, Musée National de Lisbonne
    Conrad GESSNER, Historia Animalium, 1558
    • Conrad GESSNER, Bestiaire Historia Animalium, 1558, Bayerische Staatsbibliothek München :
      – Satyrus marinus (satyre de mer)
      – Cetus britannicus (baleine britanique)
      – Leo Marinus (lion de mer)

      Hormis les anecdotes sur les cétacés réels mais peu connus, Gessner présente tout un éventail d’observations de monstres et établit une connexion entre sirènes classiques, fées aquatiques et sirènes prémodernes. L’approche encyclopédique de Gessner montre que sa discussion s’insère dans les discussions savantes du milieu du XVIe siècle ; elle nous fait mieux connaître les pensées de plusieurs de ses contemporains sur les cétacés, la position des monstres dans la classification des espèces et l’existence des monstres marins.
    • Conrad GESSNER, Monocerote, Historia animalium I : de quadrupedibus, 1551, gravure sur bois (en bandeau)
    • Paolo CALIARI, dit VÉRONÈSE, Persée délivrant Andromède, 1568, huile sur toile, 260 x 211 cm
    • Domenico ZAMPIERI, Jeune fille vierge et licorne, 1604-1605, détail d’une fresque au Palais Farnèse à Rome
    • Antoine DIEU, Pan et Syrinx, huile sur toile 32,5 x 43,5 cm
    • Redmer HOEKSTRA, Portefolio 2012, redmerhoekstra.nl
    • Claude et François-Xavier LALANNE, L’Homme à la tête de chou, 1970, sculpture en bronze
    • CÉSAR, Centaure, 1983, statue-assemblage en bronze, Place Michel-Debré, Paris
    Joan FONCUBERTA, Alopex Stultus, 1985-1989
    • Joan FONTCUBERTA, Fauna, 1985-89, photographies
      Dans cette série, l’artiste prétend montrer des animaux chimériques qu’il aurait découverts, empaillés, en Écosse, à partir des recherches d’un scientifique mystérieusement disparu. Dans son bestiaire apparaissent : des serpents à pattes, des singes ailés, des oiseaux à carapace et même un monstre du Loch Ness. Il a lui-même fabriqué ces monstres, constitués de parties réelles d’animaux empaillés. Pour rendre cette œuvre plus réaliste, Fontcuberta a créé de faux documents prouvant l’existence de ces animaux.
      Ex. Alopex Stultus : photo du bipède poilu à tête de tortue, pouvant se camoufler verticalement comme un arbuste
    • Rona PONDICK, Animal/ Human Hybrids, 1998-2013,
    • https://www.ronapondick.com/animal-human-hybrids
    • Thomas GRÜNFELD, Misfit, 2000, taxidermie
      Collages improbables d’animaux empaillés de différentes espèces, les Misfits matérialisent des chimères semblant tout droit sorties d’un rêve. Le spectateur découvre ces animaux hybrides présentés derrière des vitrines qui ne sont pas sans rappeler les cabinets des curiosités du 18ème siècle.
    Thomas GRÜNFELD, Misfit, 2000

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : l’objet comme matériau en art – les représentations et statuts de l’objet en art – le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Créature imaginaire

    Créature imaginaire

    Réalisez une carte de type anthropométrique* d’une créature imaginaire.
    Donnez un nom à la créature, représentez-la dans tous ses détails, mais aussi dans son habitat et lors de ses activités.

    * L’anthropométrie est la technique qui concerne la mesure des particularités dimensionnelles d’un homme. Elle est particulièrement utilisée en ergonomie.

    La verbalisation permettra de se questionner sur la ressemblance et la vraisemblance, la citation et de s’interroge sur les significations, les symboliques auxquelles l’image se réfère, ses relations avec les mythologies (cf. « l’image et son référent » et « les images dans la culture artistique », programmes de l’enseignement des arts plastiques, août 2008).

    Kaijū est un terme japonais pour désigner des créatures étranges, particulièrement des monstres géants des films japonais appelés kaijū eiga. La notion japonaise de monstre est différente de celle des Occidentaux, un kaijū est plutôt vu comme une force de la nature devant laquelle l’homme est impuissant et non pas une force du mal.