Étiquette : HdA

  • Elizabeth II, dernière icône de la monarchie britannique

    Elizabeth II, dernière icône de la monarchie britannique

    Au cours de son règne de 70 ans, la reine Elizabeth II a inspiré plusieurs artistes au Royaume-Uni et ailleurs dans le monde.

    Lors du couronnement de la reine Elizabeth II en 1953, le photographe anglais Cecil BEATON a été choisi pour prendre les portraits officiels de la jeune femme de 25 ans.

    Portrait officiel de la Reine, photographie de Cecil BEATON, 1953

    La pochette de God Save The Queen des Sex Pistols en 1977, avec le visage de la Reine, les yeux et la bouche cachés sous le titre et le nom du groupe, est l’une des images les plus connues du mouvement punk…

    Visuel de Jamie REID pour la pochette du disque God Save The Queen, 1977

    Andy WARHOL, artiste américain emblématique du mouvement pop art, réalise plusieurs sérigraphies de la reine Elizabeth II en 1985.

    Queen Elizabeth II of the United Kingdom, sérigraphie d’Andy WARHOL, 1985

    Lucian FREUD, considéré comme l’un des peintres figuratifs les plus importants de son époque, a immortalisé la reine Elizabeth II de son pinceau en 2001.

    Lucian FREUD réalisant le portrait de la reine Elizabeth II en 2001

    En 2007, la photographe Annie LEIBOVITZ est devenue la première personne américaine à prendre un portrait officiel de la Reine

    Portrait de la Reine par Annie LEIBOVITZ, 2007

  • Rendre visible ce qui n’est plus

    Rendre visible ce qui n’est plus

    Comment rendre visible ce que l’image ne montre pas, ce qui n’est plus ?
    Comment l’image peut-elle mettre en évidence ce qui échappe au regard ?
    Si l’image est généralement associée au statut de preuve, pourquoi ne peut-elle pas tout représenter ?

    Pour saisir ces enjeux subtils, pour aborder à votre tour ces notions, la proposition « rendre visible ce qui n’est plus » vous invite à vous questionner sur votre rapport à la mémoire, au réel et au temps. Elle ouvre au dialogue entre le souvenir et le présent, source d’expressions poétiques, symboliques, métaphoriques, allégoriques ; elle met en regard la matérialité et la virtualité.

    Remarque :
    L’œuvre d’art est ce qui dévoile, ce qui convertit et transforme notre regard sur le monde en nous donnant à voir autrement que dans notre rapport au quotidien. Comme une sorte de révélation sur ce que nos yeux ne voient pas, ne veulent pas voir ou ne voient plus.

    Références possibles :
    La démarche photographique du Photo Album de Chino OTSUKA – http://chino.co.uk
    La série photographique The Time Elapsed Between Two Frames de Orly Zailer – http://orly-zailer.com/ (détail en bandeau)
    Réserve, Canada, Christian BOLTANSKI, Toronto, Ydessa Hendeles Art Foundation, 1988
    Tracing Shadows, Ellis GALLAGHER, New York, 2005
    L’Ombre (de moi-même), Philippe RAMETTE, 2007
    Photo Opportunities #New York, Corinne VIONNET, 2005-2013

    Monument : du latin monumentum, « ce qui fait souvenir ».



    En annexe, les documents vus en classe : fiche, carte heuristique et WTC en images.


    • Questionnements :
      La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive. Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
      Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Spectra de Ryoji Ikeda

    Spectra de Ryoji Ikeda

    La nuit du 4 au 5 août dernier, une tour de lumière brillait au-dessus de Londres pour marquer le centenaire du déclenchement de la Première Guerre Mondiale.
    Intitulée Spectra et conçue par l’artiste japonais Ryoji Ikeda, l’œuvre monumentale dominera l’horizon du crépuscule tous les soirs jusqu’au 11 août.
    L’événement fait partie de la série « Lights Out » faisant écho à une remarque faite par le secrétaire des Affaires étrangères Lord Grey quand la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne. « Les lampes s’éteignent dans toute l’Europe, » a-t-il dit, « nous ne les reverrons pas s’allumer de notre vie ».

    La pièce spectaculaire se compose de 49 projecteurs de forte puissance statiques installés à Victoria Tower Gardens, à côté de la Tamise, derrière la Chambre des Lords.
    Bien qu’elle soit visible de n’importe où à Londres, Spectra offre une expérience très différente à Victoria Tower Gardens, où une composition sonore d’ondes sinusoïdales pures est jouée en continu.

    « Spectra est une œuvre sculptée en son et en lumière, une sublime combinaison des mathématiques et de l’architecture. » James Lingwood et Michael Morris (Artangel-Event).


    Ryoji Ikeda est un artiste sonore et visuel japonais. Il est né en 1966 à Gifu et vit actuellement à Paris.
    Membre du groupe musical : Dumb Type

    Dumb Type est un collectif d’artistes multidisciplinaire fondé en 1984 à Kyoto par des étudiants de l’Université municipale des Arts de Kyoto. Il regroupe des comédiens, graphistes, vidéastes, architectes, danseurs, ingénieurs du son, musiciens, et expose ses œuvres en tous lieux, investissant l’espace par des installations complexes, pour critiquer avec un humour féroce la transformation de notre quotidien par la technologie, remettre en cause la toute-puissance des médias, ou questionner sur les frontières entre la vie et la mort.
    (source Wikipédia)

  • Pour une pratique artistique de l’HdA

    Pour une pratique artistique de l’HdA

    L’Histoire des arts invite les élèves à exercer un regard critique sur l’ensemble de leurs recherches et productions, à émettre des hypothèses, à établir des corrélations, à conceptualiser, à confronter des points de vue. Ici émerge une véritable pratique propre à l’HdA, que l’on associerait volontiers à toute pratique artistique.

    Aussi convient-il de tenter une exploration des différents aspects que pourrait revêtir cette pratique :

    • Appréhender l’œuvre : percevoir et interroger l’œuvre en sollicitant tous ses sens — appréhender tant les constituants plastiques (formes, grandeur, format, échelle, matérialité, couleurs…) que les significations sous-jacentes.
    • Interroger le statut des œuvres : les situer dans la chronologie temporelle, dans l’espace, de questionner leur contemporanéité et le discours qui les commente, de les confronter.
    • Présenter des œuvres : donner à voir les œuvres sélectionnées, les présenter dans des dossiers, les exposer, à les mettre en valeur… Les élèves doivent se sentir responsables et auteurs de leur présentation.
    • Réfléchir sur les enjeux professionnels.
    • Conceptualiser : commenter ses prises de position, justifier ses choix d’œuvres, donner sens à sa production, construire une démarche personnelle et la justifier.

    La pratique en Histoire des arts se conçoit alors dans une perpétuelle auto interrogation de son parcours intellectuel, de ses expériences plastiques, littéraires ou musicales, du sens et des prises de position adoptées au cours de son cheminement.

  • Exit Through the Kwik-E Mart

    Exit Through the Kwik-E Mart

    Canal+ a diffusé Exit Through the Kwik-E-Mart le 501ème épisode des Simpson (S23E15) invitant quatre superstars du street art américain Kenny Scharf, Ron English, Shepard Fairey et Robbie Conal.
    Dans Exit Through the Kwik-E-Mart (en référence, bien sûr, à Exit Through The Gift ShopFaites le Mur), Bart entame une carrière de street artist en réalisant des pochoirs et en collant des affiches du portrait de Homer/DOPE dans Springfield.
    La chute est inattendue et l’épisode fait écho au débat actuel : le street art en galerie est-il encore du street art ?

  • Can’t beat the feelin’

    Can’t beat the feelin’


    Napalm ou Can’t beat the feelin’, Banksy, 1994-2004

    À propos de Can’t beat the feelin’ de Banksy :
    Cette sérigraphie de 1994 de Banksy (réédition en 2004), travaillée par aplat fortement marqué par la technique du pochoir, représente trois personnages. Dans cette image essentiellement en noir et blanc, nous remarquons deux parties rehaussées en jaune (symbolisant certainement la richesse matérielle) : le personnage de Mickey Mouse et celui du clown Ronald Mc Donald’s. Tous deux encadrent une fillette nue ; ils paradent la tenant fermement par l’avant-bras. De par sa position centrale et l’absence de perspective dans cette image, cette fillette est le point central de la scène. Un œil avisé (aidé par la lecture du titre de la sérigraphie) reconnait immédiatement Kim Phuc, la petite Vietnamienne de la célèbre photographie de guerre de Nick Ut (prix Pulitzer du journalisme 1973).

    8 juin 1972, Trang Bang, Nick Ut

    Le photographe Nick Ut avait immortalisé un groupe d’enfants fuyant les explosions de napalm sur leur village Trang Bang, le 8 juin 1972 (publiée le 12 juin 1972). La fillette, Kim Phuc, court les bras grand ouverts, le visage tordu de douleur en raison de ses brûlures. Elle vient de se débarrasser de ses vêtements en feu et fuit son village dévasté par les bombes au napalm.

    Dans le cadre de l’oral de l’Histoire des arts au collège après l’analyse formelle de la sérigraphie, vous pourrez interroger le sens à donner :
    – au rapprochement entre les personnages déguisés de Mickey Mouse et de Ronald Mc Donald’s et le personnage réel et nu de Kim. La photographie d’archive, témoignage d’un passé douloureux, s’invite ici entre deux mascottes du divertissement, icônes incontournables de la société américaine ;
    – à la juxtaposition de la silhouette dénudée de Kim, clairement un symbole de vulnérabilité et de faiblesse et des deux personnages américains, symboles de pouvoir et de puissance ;
    – à l’ironie du sourire forcé et sinistre de Kim encadrée de ces mascottes héroïnes des parades habituellement sympathiques et amies des enfants ;
    – à la représentation de cette parade et de ses titres : Napalm : produit militaire incendiaire ; Can’t beat the feelin’ : slogan publicitaire de Coca-Cola en 1987 ;
    – à la violence de la situation : deux adultes tenant avec force une petite fille nue (Banksy fait certainement allusion au travail des enfants en Asie, thème repris dans le générique de l’épisode 3 de la saison 22 des Simpson auquel il a participé).

    Dans cette œuvre engagée, Banksy dénonce avec ironie l’impérialisme américain au travers des symboles de réussite du capitalisme – Walt Disney et Mc Donald’s, nous invitant à réfléchir sur l’impact culturel de la société américaine et la politique ultralibérale de leurs grandes multinationales dans le monde.

  • You are not yourself

    You are not yourself


    You Are Not Yourself, photo, collage, 182.9 x 121.9 cm,1982

    Cette œuvre de Barbara Kruger reflète l’état d’esprit de son travail. Il s’agit d’un collage : une image publicitaire que l’artiste a récupérée dans un magazine féminin pour la modifier. L’image, représentant un visage féminin est ainsi déchirée donne l’impression d’un reflet dans un miroir brisé. À cette image Barbara Kruger ajoute un message en lettre noire. YOU ARE not YOURSELF – le « not » étant mêlé à l’image, le reste du texte, lui, bien visible encadré de blanc, comme découpé d’une autre page de magazine, à la façon d’une lettre anonyme. Ainsi le langage et l’image collaborent pour mettre en scène et dénoncer les manipulations des médias et de la publicité. Barbara Kruger dénonce l’image que la publicité et la société nous renvoient de nous-mêmes et le désir qu’elle produit, qui font de nous des simulacres de nous-mêmes, et créer ainsi une perte de l’identité individuelle au profit d’une identité de masse source de mal-être.

  • Untitled Film Stills de Cindy Sherman

    Untitled Film Stills de Cindy Sherman

    « Bien que je n’aie jamais considéré mon œuvre comme féministe ou comme une déclaration politique, il est certain que tout ce qui s’y trouve a été dessiné à partir de mes observations en tant que femme dans cette culture. » Cindy Sherman

    Untitled Film Stills (Photographie de plateau sans titre), années 1977-1980
    Série d’environ 69 photos en noir et blanc qui reprend le genre des « stills » des films de série B des années cinquante. Chaque stills de Cindy Sherman est l’image d’une femme stéréotypée, dans un décor réel. Mais si les photos sont faciles à situer au premier regard, elles ont quelque chose d’inconfortable. C’est ce sentiment d’inquiétante familiarité qui est l’aspect le plus remarquable des stills. Pour le critique Els Barents, ce qui donne aux photos de Sherman une autre dimension que celle de simples stéréotypes, c’est qu’elle sait parfaitement ce qui se passe avec la femme qu’elle représente et qu’elle prend ses distances avec le personnage dans lequel elle s’est glissée. Elle se différencie autant du stéréotype de la star américaine comblée que son visage se différencie des innombrables représentations qu’elle en donne. Le visage de Cindy Sherman est une base neutre sur laquelle elle inscrit d’innombrables visages dans des myriades d’incarnations. Les stills alimentent de nombreuses théories. Pour l’historien d’art Richard Brillant, ils sont des autoportraits. Pour David Rimanelli, ils ne sont le portrait de personne puisque l’idée d’un sujet unitaire est en soi une fiction. Pour les féministes, les stills définissent le sexe féminin privé de son individualité par les conventions sociales. La femme Cindy Sherman ne peut se définir qu’à travers un répertoire de rôles indiquant les limites que la société impose aux femmes.
    (source Wikipédia)


    Untitled Film Still #84, Cindy Sherman, 1978
    photographie en noir et blanc, 30×40 inches (env. 75×100 cm), collection privée, New York.


    C’est avec une série d’autoportraits en noir et blanc, intitulés Untitled Film Stills, qui s’inspire directement des films de série B, que Cindy Sherman se met en scène en plagiant les photographies d’actrices de cinéma des années 50 et 60. Dans cette série de photographies, elle revêt différents costumes et joue sur les clichés de la femme blonde, évoluant entre la starlette pulpeuse et la femme d’intérieur consentante. C’est ainsi qu’elle scénarise des vies de poupées, vulnérables et grimaçantes en s’inspirant des médias et de la pop culture.

    Empruntés à la filmographie du néoréalisme italien, aux faits divers, à l’histoire de l’art, ou au quotidien, les personnages que joue tour à tour Cindy Sherman, le temps d’un cliché, habitent un univers dans lequel le désir, la peur, la mort, la perversion et la séduction occupent une place prépondérante. L’œuvre de Cindy Sherman intitulée Untitled Film Still #44 de 1979 se situe aux débuts de la carrière de l’artiste. À l’époque, les sujets de ses photographies, réalisées en noir et blanc, sont issus du registre stéréotypé de la féminité du cinéma des années 1950. L’artiste met en scène une actrice (elle-même) dont le vrai visage n’apparaît pas. Vue de loin, il est impossible de la reconnaître. Seule une impression d’attente se dégage de cette image presque anodine dans laquelle une femme fatale se tient debout sur un quai de gare. La précision avec laquelle la photographe a organisé cette scène laisse à penser à une photographie de plateau. Le titre même de la série, Film Stills (Images arrêtées), se réfère à ces photographies de reconstitution de certaines scènes d’un film que les acteurs rejouent pour le photographe à des fins documentaires ou publicitaires.


    « Au début de sa carrière, Cindy Sherman s’intéresse aux médias qui, selon elle, ont façonné l’image des femmes du vingtième siècle. Elle en retient les principaux archétypes qu’elle subvertit, en travaillant certains clichés propres au cinéma, à la télévision ou au monde des magazines. Parmi ses premières photographies en noir et blanc figure la série des Untitled Film Stills de 1977, dans laquelle elle incarne des protagonistes du cinéma des années 50 et des séries B de la télévision. Sherman s’approprie ces stéréotypes pour les critiquer et nous faire remettre en cause leur validité. Untitled Film Still #34 présente la femme tentatrice par excellence : allongée dans un lit aux draps froissés, dans une pose langoureuse, elle porte une chemise largement ouverte sur son décolleté. Un autre archétype présenté est celui de la femme fragile, en pleurs, de Untitled Film Still #27, dont le désarroi est intensifié par son visage baigné de larmes et par les traces noires du maquillage qui a coulé sur les joues. Dans un cas comme dans l’autre, tous les marqueurs sont là pour souligner le cliché que constitue chaque situation et le prendre à contre-pied. Ces femmes souvent idéalisées ne sont plus des modèles vers lesquels tendre, mais au contraire des personnages creux. Racoleuse, star de cinéma, ménagère, coquette, garçon manqué, Sherman crée un répertoire d’identités, d’une étonnante diversité, mais, alors même qu’elle les crée, elle semble les désavouer en forçant le trait de la représentation : si les photos de Sherman ne sont que des créations de toutes pièces, alors peut-être ne sommes-nous aussi que des produits entièrement fabriqués par les médias qui façonnent notre identité selon des codes et des modes préétablis. Littéralement prisonnières des clichés qu’elles incarnent, ces femmes sont condamnées à n’être que des objets de série.
    C’est Sherman elle-même qui incarne ces différentes femmes, se prêtant au jeu de la dissémination, pour représenter la notion même d’unité perdue. Abandonnées, fragiles, vulnérables, sans échappatoire, les femmes captives qu’elle met en scène se situent en position de subordination par rapport au regard, dont on peut supposer, au vu des poses choisies pour le retenir, qu’il est masculin. Le sujet de la photographie, qui devient l’objet du regard, semble dépourvu de tout pouvoir, sous l’emprise de l’autre. »
    Extrait de Représentation, simulacre et identité dans l’œuvre de Cindy Sherman de Laetitia Barrière