Du 21/01 au 11/03/2023 à la Chapelle de la Visitation, Thonon-les-Bains
En ce début d’année, la Chapelle met en lumière le travail singulier de Claire CHESNIER.
Depuis presque dix ans, l’artiste se tient à un même protocole de création : elle gorge d’eau un papier aquarelle grand format puis y dépose l’encre abondante puis guide à l’aide de brosses les variations de celle-ci. Diluée, la couleur se densifie voile après voile. Tout le travail de l’artiste réside dans sa manière d’élaborer les tonalités, leurs dégradés, et de moduler leur irradiation jusqu’à livrer au regard ces espaces sensibles.
« Je prends la surface dans son entier à chaque fois. Je travaille à la manière de glacis, mais à l’encre, donc chaque pan de transparence qui se pose rejoue la peinture dans son entier. » – Claire Chesnier
Chapelle de la Visitation – Espace d’art contemporain 25, rue des granges 74200 Thonon-les-Bains Ouverture : le mardi, mercredi, vendredi et samedi de 14H30 À 18H
L’occupation d’un lieu, ça consiste non seulement à y être présent, visible, dominant, mais aussi à changer de manière plus ou moins perceptible l’essence même de ce lieu, à le modifier, à en détourner les ressources, à faire en sorte que les visiteurs n’y trouvent plus leurs marques, soient sans repères, désorientés.
On This de Krijn De KONING à la Galerie Serge Le Borgne du 09 septembre au 25 octobre 2008. L’espace de la galerie est déformé, détourné, des murs surgissent ici et là, le visiteur se tord pour passer des chicanes, se penche pour se glisser sous des linteaux, perd toute notion d’horizontalité, le regard passe d’un espace à un autre, flottant, puis s’échappe dans la cour, il suffoque parfois comme dans une prison, une occupation.
Proposez le projet d’un environnement ou d’une installation engageant le corps du spectateur dans un espace occupé jusqu’à lui faire perdre ses repères.
Au préalable, vous dessinerez les croquis d’observation et le plan du lieu envisagé pour ce travail. Un court texte de présentation accompagnera votre projet d’environnement ou d’installation réalisé sous la forme d’une maquette rendant bien compte de votre intervention artistique.
Problèmes abordés
En quoi la modification de l’échelle d’une œuvre peut-elle transformer son sens ? Dans quelle mesure une production artistique peut-elle interagir avec son espace d’exposition ?
Installation
Une installation est une œuvre tridimensionnelle, souvent créée pour un lieu spécifique et conçue pour modifier la perception de l’espace. Le terme « installation » apparu dans les années 1970 (cf. Allan Kaprow, Wolf Vostell, Gutaï, Fluxus) s’applique généralement à des œuvres créées pour des espaces intérieurs (galerie, musée) ; les œuvres en extérieur sont plus souvent désignées comme art public, land art ou intervention artistique.
« L’installation est passée d’une pratique spécifique du médium à une pratique spécifique du discours. », Hal Foster, théoricien de l’art (1998)
« L’installation est une autre étape dans l’évolution de la notion de la sculpture. Elle met en scène dans une aire donnée des éléments porteurs de divers types d’information. (…) Qu’elle joue ou non sur les qualités architecturales de son espace spécifique d’exposition (espace qui coïncide parfois avec son lieu de création), l’installation entretient avec ce lieu des rapports privilégiés. Rarement permanente, même si ses composantes le sont souvent, son parcours est fréquemment modifié en fonction du lieu. Elle joue sur la fonction de durée, de site et de contenu. » René Blouin, catalogue du centre d’art contemporain.
Yves KLEIN, Exposition du Vide, galerie Iris Clert, 1958
ARMAN, Le Plein, galerie Iris Clert, 1959
Rachel WHITEREAD, Ghost, 1990, plâtre sur ossature acier, 269 × 355,5 × 317,5 cm
Tadashi KAWAMATA, Les Chaises de traverse, 1997, 4000 chaises, Chapelle de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris
Jesús Rafael SOTO, Penetrable BBL Bleu, 1999, peinture sur aluminium, fils de PVC, 366,5 × 1400 × 470,5 cm
Ann Veronica JANSSENS, Blue, Red and Yellow, 2001, acier, bois, polycarbonate, films bleu, rouge et jaune, machine à fumée, 365.8 × 933,1 × 470,5 cm
Georges ROUSSE, Sargadelos 2001, anamorphose peinte in situ d’un damier multicolore, photographie
Tadashi KAWAMATA, Gandamaison, 2008, installation de 5000 cagettes en bois de légumes et de fruits, Versailles
Chiharu SHIOTA, His Chair, 2008, vieux cadres de fenêtre, chaise en bois, Musée d’Art moderne et contemporain de Trente et Rovereto, Italie
Chiharu SHIOTA, Letters of the Thanks, 2013, lettres de remerciement, fil de laine noire, Musée d’Art, de Kochi, Japon
Questionnement(s)
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :
la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : le rapport d’échelle, l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public ; l’architecture
l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : les rapports entre l’espace perçu, ressenti et l’espace représenté ou construit ; le point de vue de l’auteur et du spectateur dans ses relations à l’espace, au temps de l’œuvre, à l’inscription de son corps dans la relation à l’œuvre ou dans l’œuvre achevée
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Composantes théoriques
– Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
*Chiharu SHIOTA, Infinity, 2015, ampoules, fils de laine noire, vue de l’exposition à l’Espace Louis Vuitton, Paris – https://www.chiharu-shiota.com/
Dans le champ artistique, la couleur apparaît comme un moyen de retranscrire les nuances, de créer les contrastes et les modelés des objets réels. Avec la naissance de l’art moderne, la couleur s’affranchit de ce rôle mimétique pour devenir une fin en soi. C’est ce que l’on appelle l’autonomie de la couleur : sa capacité à se suffire à elle-même sans avoir à se référer à autre chose.
Votre intention sera de créer une expérience contemplative immergeant le spectateur dans la (matière) couleur de par ses aspects sensoriels, ses rapports à la perception, à l’espace.
#aspect sensoriel #expressivité #rapport à la perception
Dans quelle mesure la qualité et la quantité de la couleur influent-elles la perception de cette couleur ? En quoi la couleur et sa matérialité confèrent-elles une valeur expressive à l’œuvre ?
Monochrome
Qu’est-ce qu’un monochrome ? « Monochrome » : d’une seule couleur. Le terme fut longtemps dans l’histoire de l’art un adjectif qualifiant un camaïeu ou une grisaille. Au 20e siècle, il devient un substantif puis un genre au même titre que le paysage ou le ready-made.
Claude MONET, La Série des Cathédrales de Rouen , 30 tableaux réalisés de 1892 à 1894 représentant principalement des vues du portail occidental de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, peintes à des angles de vues et des moments de la journée différents
Kasimir MALEVITCH, Carré noir, 1923 – 1930, huile sur plâtre, 36,7 x 36,7 x 9,2 cm, Centre Pompidou, Paris
Morris LOUIS, Blue Veil, 1958, acrylique sur toile, 233 x 396 cm
Yves KLEIN, IKB 3 – Monochrome bleu, 1960, pigment pur et résine synthétique sur toile marouflée sur bois, 199 x 153 cm, Centre Pompidou, Paris
Mark ROTHKO, Untitled (Black, Red over Black on Red), 1964, huile sur toile, 205 x 193 cm, Pompidou Paris
Claude RUTAULT, Toiles à l’unité, 1973/Légendes, 1985, 1973 – 1985, installation, peinture acrylique sur toile, Centre Pompidou, Paris
Ellsworth KELLY, Three Panels: Orange, Dark Gray, Green, 1986, huile sur panneau, 294,6 x 1047,7 cm, MoMA, NY
Anish KAPOOR, Descent into limbo, 1992, installation
Pierre SOULAGE et Jean-Dominique FLEURY, les vitraux de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques, 1994
Olivier DEBRÉ réalisant le rideau de l’Opéra de Shangai, Chine, novembre 1998, photographié de Marc Deville
Pierre SOULAGE, Peinture 300×235 cm, 9 juillet 2000, huile sur toile
Olafur ELIASSON, The Project Weather, 2003, installation à la Tate Modern de Londres
Ann Veronica JANSSENS, Rose, 2007, installation, projecteurs, machine à brouillard
Craig COSTELLO, Untitled (Toulouse), 2016, acrylique sur mur, dimensions variables.
Questionnement(s) :
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
*Claude RUTAULT, d/m 263. toile recto-verso avec un châssis de Gottfried Honegger, 2014, acrylique sur toile, 150 x 150 cm
Il pleut… Il vente… Tout se brouille… C’est la tempête !
Réalisez le paysage de tempête décrit en ces termes en n’utilisant que le stylo à bille (encre bleue ou noire).
Le dessin englobe une grande pluralité de pratiques. L’usage du stylo à bille aura ici, ainsi que le format et le geste, une incidence sur votre production. C’est pourquoi dans un premier temps, vous devrez expérimenter les variations possibles avec cet outil unique.
Les termes météorologiques annoncés au fil du déroulement de la séance invitent les élèves à reprendre et accentuer régulièrement le travail du stylo sur leur support.
La tempête peut être envisagée comme un objet d’étude, riche d’enjeux culturels, plastiques, artistiques. Elle constitue également un temps et un espace particulier qui change notre regard sur la nature avec tout ce qui s’y rapporte qui nous entoure.
Objectifs
Les élèves seront amenés à partir de la contrainte de l’outil graphique :
d’expérimenter les qualités expressives du stylo à bille (un outil de l’écriture plus que du dessin)
de choisir, d’organiser, de composer la représentation à des fins d’expression
à travailler les questions liées à l’image à des fins narratives, symboliques, poétiques, sensibles, imaginaires…
Références artistiques possibles
HOKUSAÏ, Le coup de vent dans les rizières d’Ejiri dans la province de Suruga, vers 1829-1833, estampe no18 de la série Trente-six vues du mont Fuji
William TURNER, Tempête de neige en mer, 1842, huile sur toile, 91,4 x 121,9 cm, Tate Britain, Londres
Georges SEURAT, La Zone,Fillette dans la neige, 1883, crayon Conté sur papier, 31,5 x 4,2 cm
Claude MONET, Tempête sur les côtes de Belle-Île, 1886, huile sur toile, 65,4 x 81,5 cm, Musée d’Orsay, Paris
Alighiero BOETTI, Vice Versa, 1980, stylo à bille sur papier, 70 x 100 cm
Robert MORRIS, The Miyuki Bridge (Firestorm Series), 1982, encre, fusain et graphite sur papier, 224 x 193,5 cm
Thomas MÜLLER, Sans titre, 2013, 160 x 115 cm, collection particulière, El Paso
Il LEE, MBL 1302, 2013, stylo à bille sur papier, 84,5 x 63,5 cm
Karl BEAUDELERE, KXB7, Entité jaune, 2015, stylo-bille sur papier, 29,5 x 21 cm, collection de l’Art Brut, Lausanne
The KID, As water reflects the face, so one life respects the hear, 2015, stylo Bic sur papier, 182 x 182 cm
Emil FERRIS, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, 2018, roman graphique, Éd. Monsieur Toussaint Louverture, Fauve d’or – Prix du Meilleur album 2019, Festival d’Angoulême
Thomas MUELLER, Sans titre, 2021, stylo à bille sur Arches, 160 × 115 cm, collection particulière, Hambourg source : thomas-mueller-drawings.com
Questionnement(s)
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : l’autonomie du geste graphique, pictural, sculptural.
La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les effets du geste et de l’instrument – la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)
Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)
Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Espace mental ou réel, virtuel ou tridimensionnel, mais personnel. Sous la forme d’une maquette en papier, créez un lieu – expressif ou offrant une expérience sensorielle – qui vous ressemble !
#installation #environnement #lieu
En quoi votre réalisation révèle-t-elle ou favorise-t-elle l’expression de votre personnalité ? Dans quelle mesure l’expérience sensorielle du spectateur permet la compréhension de votre celle-ci ?
Références artistiques possibles
Gordon MATTA-CLARK, Conical intersect, 1975-1978, Paris, 27-29 rue Beaubourg, Paris
Ilya KABAKOV, The Man Who Flew into Space from His Apartment, 1981-1988
Tadashi KAWAMATA Tadashi (né en 1953), Apartment Project, Tetra House N-3 W-26, 1983
Daniel BUREN, Points de Vue ou Le Corridorscope, mai-juin 1983, travail in situ à l’intérieur du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, peinture blanche, tableaux provenant des réserves du musée, miroir, tubes en acier, tissu, son (août-septembre), Sapporo (Japon)
Yayoi KUSAMA, Dots Obsession, Infinity Mirrored Room , 1998, installation. peinture, miroirs, ballons, adhésifs, hélium, 280 x 600 x 600 cm, Les Abattoirs, Toulouse
Claude LÉVÊQUE, Le Grand Sommeil, MAC/VAL, 2006
Thomas HIRSCHHORN, Too Too-Much Much, 2010, Deurle (Belgique), Dhondt-Dhaenens Museum.
Anish KAPOOR, Léviathan, 2011, Grand Palais, Paris
Barbara KRUGER, Belief+Doubt arrives, 2012, Hirshhorn Museum, Washington, USA
rAndom international, The rain room , 2012, Lacma (Los Angeles County Museum of Art)
James TURRELL, Roden Crater, près de Flagstaff (Arizona), 1974-2014
Olafur ELIASSON, Riverbed, 2014, installation in situ, envahissant l’aile sud du Louisiana Museum of Modern Art
Ann Veronica JANSSENS, yellowbluepink, 2015, Wellcome Collection, London, UK
Chiharu SHIOTA, Me Somewhere Else, 2018, laine rouge, corde et matière plastique, Blain|Southern, London, UK
Installation
L’installation trouve sa singularité, semble-t-il, dans l’idée d’agencement, de diverses techniques ou différentes manières de faire, d’un environnement muséal ou extérieur.
En effet nous pouvons remarquer, dans les pratiques d’artistes des années 1970-80, le décloisonnement entre les disciplines artistiques et leur cohabitation dans une même production et du même coup dans un même lieu.
Ainsi, chez un artiste comme Joseph BEUYS, il sera caractéristique de retrouver diverses formes de productions : dessins, films d’action, objets, ensembles de sculptures…
Dans une pièce qu’il a installée à la galerie Durand-Dessert en janvier 1992, intitulée : Dernier espace avec introspecteur (1964-82) apparaissent différents matériaux associés, ainsi que diverses pratiques : deux volumes angulaires en cire d’abeille moulée dans du plâtre, entre ceux-ci, une chaise à graisse réplique de Fettstuhl, réalisée en 1964 ; au bout de cet espace, un trépied sur lequel est fixée une relique de l’accident, juste derrière le rétroviseur, fixée au mur de la galerie, une photo de rétroviseur. Dans l’utilisation et dans l’agencement de la pièce, les matériaux forment un tout, une nature propre à la pièce, nature enfermée dans l’espace d’une galerie dont il s’agit de célébrer le nouvel espace. Il s’agit bien ici d’une installation qui mêle diverses manières de faire pour engendrer un ensemble cohérent.
Tout comme dans Dernier espace avec introspecteur, le Mastaba de Jean-Pierre RAYNAUD reflète l’état d’esprit d’un créateur puisqu’il définit ce lieu ni comme une maison, ni comme un atelier mais comme un espace pour voir ses propres œuvres. Parmi ces œuvres, une centaine de bassines d’hôpitaux sont rangées soigneusement sur le sol et contiennent des morceaux de son ancienne maison. « Je suis très attaché à cette maison et je continue à vivre avec elle […] j’ai vécu vingt-trois ans dans une maison qui était tout en carrelage, dans laquelle il n’y avait pas d’œuvre, justement parce que l’œuvre était la maison. Il fallait lui laisser son espace […]. » La maison et le Mastaba apparaissent donc comme des installations : la présentation actuelle de la maison démolie, morcelée dans des bassines, confirme ici le sens donné à l’installation.
Dans ces exemples, l’œuvre unique en tant qu’objet est transformée par son espace de présentation : non seulement c’est le lieu qui définit l’œuvre mais elle ne peut exister sans celui-ci.
Environnement
Variante de l’installation. Les « environnements » que les artistes développent étendent le concept d’architecture au-delà du construit pour envisager un espace qui s’expérimente physiquement et psychiquement. Les dispositifs immersifs que certains mettent au point pour modifier les perceptions des individus confinent à l’immatérialité et à une redéfinition des liens qui unissent espace et corps, art et architecture.
Barbara KRUGER, ans titre, 1994-1995, installation, sérigraphie et collage, dimensions variables, Musée Ludwig, Cologne, Allemagne Chiharu SHIOTA, Dialogue from DNA, 2004, installation Chiharu SHIOTA, Labyrinth Of Memory, 2012, installation, robes blanches, laines noires, La Sucrière, Lyon Yayoi KUSAMA, With All My Love for Tulips, I Pray Forever, installation, vue de l’exposition à Singapore 2017 Yayoi KUSAMA, Infinity Room-Gleaming Lights of Soul, installation, vue de l’exposition à Singapore 2017
Questionnement(s)
La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
* SQUIDSOUP, Submergence, 2017, installation immersive, Scottsdale Museum of Modern Art, USA Submergence – squidsoup.org
L’œuvre d’Anaïs LELIÈVRE trouve son origine de toutes les « expériences d’espaces » qu’elle vit d’une résidence d’artiste à l’autre.
Caractériser sa démarche artistique revient à s’interroger sur la place de notre corps de spectateur dans l’espace et à prendre conscience des changements d’états de la nature. Le dessin et l’installation constituent les deux supports fondamentaux de son travail à découvrir jusqu’au 25 septembre 2021 à La Chapelle de la Visitation, Thonon-les-Bains.
Entrée libre du mardi au dimanche de 15h à 18h30 (sauf jeudi) et jusqu’à 20h tous les vendredis soirs des Nocturnes chablaisiennes.
La Chapelle – Espace d’art contemporain Pôle culturel de la Visitation 25 rue des Granges (entrée principale de la Chapelle) 74200 Thonon-les-Bains Commissaire d’exposition : Philippe Piguet Informations : 04 50 70 69 49
Anaïs LELIÈVRE, Stratum, 2021, installation immersive, impression numérique du dessin de schiste argileux Chapelle de la Visitation – Thonon-les-Bains
Filer, étirer, tisser, entrelacer, mêler, nouer… De fil en fil, votre réalisation se révèle.
#tissage #installation
Votre choix du fil pour votre réalisation ne doit pas être anodin, car il témoigne d’une démarche, d’un processus : de la fibre au fil, du tressage au tissage naissent des outils, des savoir-faire, des formes, des architectures, des cultures, des réseaux… jusqu’à l’époque contemporaine où la fibre de l’Internet nous connecte au monde.
Debbie SMYTH, Stag Head, 2014, 52,5 x 52,5 cm La série Shaded Works s’inspire de formes et de silhouettes et de scénarios banals souvent évoqués à partir de souvenirs de l’enfance de l’artiste. Le contour est tracé, puis progressivement l’espace négatif est rempli et ombragé avec des masses de fil, capturant le mouvement et laissant la forme positive ressortir avec un effet légèrement éthérée. Chiharu SHIOTA, Labyrinth Of Memory, 2012, installation, robes blanches, laines noires, La Sucrière, Lyon
Références artistiques
L’utilisation du fil textile réapparaît dans les démarches artistiques actuelles. D’ailleurs, en 2017 la Biennale de Venise et la Documenta remarquent cet engouement pour les médiums tressés, tissés ou noués.
Kitagawa UTAMARO, Le Tissage, XVIIIe siècle, estampe, Musée Guimet, Paris.
Johannes VERMEER, La Dentelière, peinture à l’huile, 24 x 21 cm, 1669-1670, Musée du Louvre, Paris.
ÉTIENNE-MARTIN (1913-1995), Le Manteau, 1962, tissus, passementeries, cordes, cuir, métal, enveloppe en toile de bâche et cuir, 160 x 200 x 30 cm.
Eva HESSE, Contingent, 1969, fibre de verre et latex sur gaze, 350 x 630 x 109 cm
Isa MELSHEIMER, Hyperboloïde, 2007, installation, fil à coudre, clous, dimensions variables. L’installation s’articule autour d’une forme hyperboloïde. Cette forme générée par la rotation de lignes parallèles autour d’un axe se déploie dans l’espace, créant un nouvel espace et suggérant une barrière légère et fragile.
Muriel BAUMGARTNER, Corset rouge n°1 (série Mes Broderies), 2009, dessin et broderie sur papier, 33 x 33 cm. « Mon travail est à la fois biologique et autobiographique. Il s’agit d’une transcription graphique d’une expérience de corps, de mon propre corps. »
Akio HAMATANI, W-Orbit, 2010, installation, diamètre : environ 400 cm, Maison de la culture du Japon, Paris
Julien SALAUD, Constellation du Faon, 2012, trophée de chevrette, clous, perles de rocaille, fil de coton, 60 x 25 x 35 cm.
Sten LEX, Rue de Bretagne, pochoir lacéré, 2012, street-art
Eliza BENNETT, A Woman’s Work Is Never Done, 2012/ 2014, série photographique. « Comme support d’un canevas, je brode la couche supérieure de la peau de ma propre main à l’aide de fil pour créer l’apparence d’une main incroyablement usée. En utilisant la technique de la broderie traditionnellement employée pour représenter la féminité et l’appliquer à l’expression de son contraire, j’espérais remettre en question la notion préconçue selon laquelle le travail des femmes est léger et facile. »
Pae WHITE, Too much night, again, 2013, installation, fil, clous, dimensions variables
Debbie SMYTH, It’s a Small World, 2013, installation, fil noir, clous, dimensions variables.
Hinke SCHREUDERS, Works on paper #36, 2014, broderie sur papier marouflé sur toile de lin, 26 x 18 x 5,5 cm
Julien SALAUD, Fleuve Céleste, 2015, installation dans les Caves de la Maison Ackerman, plus de 65 000 clous et de 45 km de fil de coton tendu, dans une cave de 60 mètres de long sur 6 à 7 mètres de hauteur et de largeur, le tout à 25 mètres sous terre, projet issu de la résidence artistique « Ackerman + Fontevraud la Scène ». https://youtu.be/-M8tRME-eTY
Chiharu SHIOTA, Infinity, 2015, installation, fil noir, ampoules électriques, dimensions variables. « Les fils sont tissés l’un dans l’autre. Ils s’enchevêtrent, ils se déchirent, ils se dénouent, ils sont comme un miroir des sentiments. » L’artiste japonaise tisse de vastes environnements en fils de laine noirs qui emprisonnent des objets évocateurs — instruments de musique, robes de poupées, chaussures, lits. Ces objets, flottants, libérés de leur utilité première, nous renvoient à des visions poétiques et émouvantes. Ils convoquent des souvenirs, soulignent des absences. Le réseau graphique qui connecte les éléments évoque la puissance des liens interpersonnels, l’inévitable dépendance du sujet à ses racines. CHIHARU SHIOTA (chiharu-shiota.com)
Claire MORGAN, Murmurations, 2016, installation, polythène, nylon, plomb, acrylique, 500 x 1650 x 660 cm, Claire Morgan (claire-morgan.co.uk)
Les Moires
Dans la mythologie grecque, les Moires sont les divinités maîtresses de la destinée humaine. Ces trois sœurs filandières* président respectivement à la naissance, au déroulement de la vie puis à la mort. _ Clotho, signifiant « filer » en grec, paraît être la moins vieille. Elle fabrique et tient le fil des destinées humaines. Elle est souvent représentée vêtue d’une longue robe de diverses couleurs, portant une couronne formée de sept étoiles et tenant une quenouille qui descend du ciel vers la terre. La couleur qui domine dans ses draperies est le bleu. _ Lachésis, nom qui en grec signifie « sort » ou « action de tirer au sort », est celle qui déroule le fil et qui le met sur le fuseau. Ses vêtements sont quelquefois parsemés d’étoiles et autour elle un grand nombre de fuseaux sont dispersés. Ses draperies sont de couleur rose. _ Atropos, c’est-à-dire « inévitable » en grec, coupe impitoyablement le fil qui mesure la durée de la vie de chaque mortel. La plus âgée des trois sœurs est représentée proche de plusieurs pelotons de fil plus ou moins garnis, suivant la longueur ou la brièveté de la vie mortelle qu’ils mesurent.
* filandière : femme qui file manuellement
Pénélope
Dans la mythologie grecque, Pénélope est l’épouse fidèle d’Ulysse dont elle a un fils, Télémaque. Pendant vingt années, elle tint tête aux prétendants qui affirmaient qu’Ulysse était mort. Pour gagner du temps face à l’insistance de ces nombreux courtisans, elle promit de choisir l’un d’entre eux quand elle aura achevé de tisser le linceul de son beau-père Laërte. Afin que la besogne perdure, elle défaisait la nuit ce qu’elle avait tissé le jour. Ce stratagème fut dénoncé par une de ses servantes. Elle était sur le point d’épouser l’un d’eux lorsque Ulysse déguisé revint enfin.
Pénélope à son métier et Télémaque, Skyphos à figures rouges, 440-435 av. J.-C., Chiusi, Italie (le skyphos est un vase à boire haut de 15 à 20 cm, généralement sans pieds).
John William WATERHOUSE, Pénélope et les prétendants, huile sur toile, 130×188 cm, 1912, Aberdeen Art Gallery and Museums, United Kingdom.
Fil d’Arianne
Dans la mythologie grecque, Ariane est la fille du roi de Crète Minos et de Pasiphaé et la demi-sœur du Minotaure. Séduite par Thésée venu tuer le monstre, elle aida celui-ci à s’échapper du Labyrinthe. C’est en effet le secours qu’elle apporta à Thésée qui permit à ce dernier d’obtenir la victoire sur le Minotaure : contre la promesse de l’épouser, elle lui fournit un fil qu’il dévida derrière lui afin de retrouver son chemin.
Questionnement(s) :
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
* Chiharu SHIOTA, Counting Memories, installation : bureaux et chaises en bois, papier, laine noire, Silesian Museum, Katowice, Pologne.
En 3 étapes, votre héros dessiné sort de sa feuille.
#bd #mise en scène #pop-up
Réalisez un travail narratif qui prendra en compte la possibilité évoquée en classe : un travail en pop-up*.
*Un livre pop-up est un livre, généralement destiné aux enfants, dont les pages contiennent des mécanismes développant en volume ou mettant en mouvement certains de leurs éléments.
Exemples de types d’animations dans un livre animé (source Wikipédia)
Une fenêtre ou trappe peut être soulevée pour dévoiler un élément caché par le décor (lapin derrière un buisson) ou un changement d’attitude d’un personnage (grenouille assise, grenouille qui saute).
Un pop-up est à l’origine un élément qui se déploie à l’ouverture de la page (décor qui se met en place, dragon qui déploie ses ailes). Ce mot est devenu plus général et peut aujourd’hui désigner toutes sortes d’animations.
Une tirette actionne le déplacement d’un sujet dans la page, l’ouverture d’une fenêtre, le remplacement d’un décor par un autre grâce à un système de lamelles ou d’un élément par un autre dans une découpe de la page.
Une roue insérée dans la page dépasse sur un côté et peut être tournée, faisant apparaître dans des découpes de la page des éléments variés, souvent coordonnés.
Un sujet peut être attaché au livre par un ruban et accomplir différentes actions à chaque page du livre.
Un trou peut accueillir le doigt du lecteur, éventuellement décoré d’un petit visage dessiné sur l’ongle, pour devenir un personnage de l’histoire.
Vocabulaire : bord, cadre, limite, relief/ volume (et leur spécificité), espace bidimensionnel, espace de la représentation, espace fictif, espace tridimensionnel, espace de la présentation, espace réel…
Références artistiques possibles
Pere BORRELL DEL CASO, Escapando de la crítica, trompe-l’œil, 1874
Martial RAYSSE, Soudain l’été dernier, assemblage : peinture acrylique sur toile et photographie, chapeau de paille, serviette éponge, 1963
Martial RAYSSE, À Propos de New York en Peinturama, assemblage : flocage sur toile et projection de film super 8, 1965 (détail en bandeau)
Frank STELLA, Giufà e La Statua Di Gesso, technique mixte sur toile, 1984
Giulio PAOLINI, Jamais vu, installation, 2005
Gilbert GARCIN, Flash Back, photographie, 2001
Questionnement(s)
La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
À partir d’une des 12 figures géométriques (cf. planche) utilisée dans un dispositif que vous aurez au préalable conçu, vous créerez un vaste espace bi ou tridimensionnel.
#module #pattern #dispositif
Méthodologie
Reproduisez plusieurs fois la figure choisie sur un support cartonné à l’échelle de votre choix puis découpez les formes tracées et assemblez-les afin de donner à voir au spectateur un espace démesuré. Tous les moyens choisis (pour leurs effets) et la manière dont vous présenter la réalisation concourent à la compréhension de votre production plastique. Temps estimé pour la réalisation : 60 min.
Questionnement
Comment construire un espace par répétition d’une unique forme ? Dans quelle mesure, la présentation change-t-elle la perception de l’œuvre ? Quelle est la place donnée au spectateur au sein du dispositif de présentation ?
Dispositif : manière dont estdisposé l’ensemble des éléments en vue d’un objectif précis. En art, le dispositif de présentation est l’ensemble des composantes de toutes natures (spatial, temporelle, matérielle, etc.) choisies dans le but de présenter l’œuvre au regard du spectateur.
Espace en deux dimensions ou bidimensionnel : Ici, on parle de l’espace littéral de la feuille de papier ou d’espace plan. C’est l’espace physique (réel) offert par le support brut. Cet espace limité possède des dimensions et une matérialité propres. Sur ce support, il est possible de donner l’illusion de la tridimensionnalité (espace suggéré) donc de représenter quelque chose en volume. L’espace suggéré est ainsi la profondeur représentée sur un support plan (papier, toile…) par différents moyens comme la perspective ou la succession des plans. Il peut également donner l’illusion que ces volumes (des corps ou des objets) se trouvent à différents endroits dans cet espace suggéré.
Espace en trois dimensions ou tridimensionnel : L’espace en trois dimensions est physiquement bien réel et les sculpteurs sont confrontés aux rapports de leurs œuvres avec cet espace. Il en est de même pour les architectes. Source Comment savoir si c’est de l’art ou pas ? Fabrice Wateau, Éd. Belin
Enjeu
Dans cette séance, vous allez donner à voir un espace vaste élaboré à partir d’une seule forme. L’objectif est d’exploiter des moyens plastiques, afin de créer la vaste étendue de cet espace bi ou tridimensionnel. Grâce aux références proposées, vous aborderez les notions d’espace littéral & d’espace suggéré.
Références artistiques
Josef ALBERS, Preface from the series Graphic Tectonic, 1942, lithographie, 48,2 x 59,9 cm
Frank STELLA, Mas o Menos (Plus ou moins, Running V Paintings), 1964, poudre métallique dans émulsion acrylique sur toile, 300 x 418 cm
Robert MORRIS, Untitled (L-Beams), 1965, à l’origine en contreplaqué, versions ultérieures en fibre de verre et en acier inoxydable, 243 x 243 60 cm
Claude VIALLAT, Sans titre, 1966, empreintes (formes en réserve ou reprises) sur toile métis libre, colorants et gélatine sur toile métis recto-verso, 214 x 257 cm. 1966 est l’année où Claude Viallat décide de travailler systématiquement avec une seule forme – sorte d’osselet – ne faisant référence ni à la géométrie ni à la réalité et qui devient dès lors sa marque.
François ROUAN, Éclatements, collage, blanc, noir et rose, 1967, papiers découpés et collés 110 x 79 cm
Niele TORONI, Empreintes de pinceau n°50 répétées à intervalles réguliers (30 cm), 1973, peinture glycérophtalique sur toile, 100 x 100 cm
Simon HANTAÏ, Tabula, 1980, huile et acrylique sur toile, 285,6 x 454,5 cm. Les Tabulas sont les dernières peintures réalisées par Hantaï, de 1973-74 à 1982. De très grand format, elles sont composées grâce à un pliage orthogonal fixé par un système de nouage. Une fois dépliées, elles présentent un réseaude carrés ou de rectangles d’une seule couleur, imprégnée de manière irrégulière, faisant vibrer la lumière sur la toile. http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Hantai/
Donald JUDD, Untitled, 1980, sculpture, acier inoxydable, aluminium anodisé rouge, 457,2 x 101,6 x 78,7 cm
Sol LEWITT, 1 2 3 4 5 (Vertical), 1981, métal peint, 87,6 x 29,5 x 29,5 cm. L’œuvre fait partie d’un ensemble d’œuvres fondées sur la disposition changeante de cubes modulaires qui s’assemblent pour former des structures géométriques.
Daniel BUREN, La Cabane éclatée deux fois, mars-décembre 1991, travail situé au Musée d’art moderne de Saint-Étienne
Yayoi KUSAMA, Dots Obsession – Infinity Mirrored Room, 1998, installation, peinture, miroirs, ballons, adhésifs, hélium 600 x 600 x 280 cm
Tadashi KAWAMATA, Gandamaison, 2008, installation de 5000 cagettes au Centre Maréchalerie d’art contemporain, Versailles
Willi DORNER, Bodies Urban Space, performance, Berlin, le 22 août 2009
Claire MORGAN,If you go down to the woods today, 2014, cerf (taxidermie), papillons, polyéthylène, nylon, plomb, acrylique, 300 x 300 x 250 cm
Tron: Legacy, réalisateur : Joseph KOSINSKI, producteur Walt Disney, 2010, film
Antony GORMLEY, Matrix II, 2014, sculpture, fer à béton en acier de 6 mm, 5 x 5 x 15 m. Constituée de seize volumes remplissant l’espace de la pièce et disposés autour d’un volume équivalent à la place occupée par deux corps debout côte à côte, la sculpture déstabilise tout à la fois par l’impression de fragilité de son maillage, la force de son gigantisme, la vibration qu’elle impose à l’œil et la confusion créée entre l’avant-plan et l’arrière-plan.
Antony GORMLEY, Matrix II, 2014
Questionnement(s) :
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine