Étiquette : Dessin

  • Machine à dessiner

    Machine à dessiner

    Créez une machine ou tout autre mécanisme qui sont par la suite mis en marche et qui, avec un certain degré d’autonomie, entraînent la création d’un dessin issu de ce procédé.
    Cette proposition insiste également sur le fait que vous créez le processus de l’œuvre graphique, les règles dans le cadre desquelles les dessins générés se réalisent de manière indépendante et relativement autonome donnant tout le caractère imprévu du rendu.
    Mettez en images votre procédé : 20 secondes de vidéo.

    #machine #process
    Jean TINGUELY, Cyclograveur, 1960, ferraille soudée, éléments de vélo (quatre roues, selle), courroies, tôle, 
    tambour et cymbale, livre à l’avant, petite voiture d’enfant rouillée attachée à l’arrière, 225 x 410 x 110 cm.
    Le Cyclograveur produit des dessins abstraits lors de son utilisation.

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • s’interroger sur la place de la machine dans la création artistique
    • intégrer au service d’une pratique plastique la technologie, le numérique
    • entretenir une relation critique et autonome avec l’évolution des technologies contemporaines et notamment avec l’IA.

    Questions

    Dans quelle mesure votre procédé est-il capable de créer des dessins différents, nouveaux et non pas de simples copies ? Fait-il sens ?
    Comment les artistes peuvent-ils aborder les effets de la virtualité, de l’intelligence artificielle ou de la dépendance technologique dans leurs créations ?

    Objets d’inspiration

    Le pantographe est un instrument de dessin, formé de tiges articulées, qui permet de reproduire un motif à l’échelle exacte, agrandie ou réduite, en utilisant les propriétés de l’homothétie pour conserver les proportions entre le dessin original et la copie.

    Le spirographe est un instrument de dessin permettant de tracer des figures géométriques, des courbes mathématiques connues sous le nom d’hypotrochoïdes. Le mot est également utilisé dans des logiciels qui montrent des courbes semblables.

    Le pendule de sable est un objet de décoration créant par ses oscillations des motifs géométriques spécifiques et évoluant en permanence.

    L’automate est un dispositif reproduisant en autonomie une séquence d’actions prédéterminées sans l’intervention humaine et en utilisant uniquement des technologies mécaniques.

    Références artistiques

    • Jacques VAUCANSON, Le flûteur automate, env. 1733, statue en bois et carton (bras), 178 cm de haut, automate pouvant jouer plusieurs morceaux en soufflant naturellement dans sa flûte.
    • Jean ARP, Collage avec des carrés disposés selon les lois du hasard, 1916, collage, 48,5 x 34,6 cm, MoMA, NY
      https://www.moma.org/learn/moma_learning/jean-hans-arp-untitled-collage-with-squares-arranged-according-to-the-laws-of-chance-1916-17/
      « Dans son atelier du Zeltweg, Arp avait longuement travaillé sur un des- sin. Insatisfait, il finit par déchirer la feuille, en laissant les lambeaux s’éparpiller par terre. Lorsque, après quelque temps, son regard se posa par hasard sur les morceaux gisant au sol, il fut surpris par leur disposition qui traduisait ce qu’il avait vainement essayé d’exprimer auparavant. Combien significatif, combien expressif était cet étalement. Ce qu’il n’avait pas réussi plus tôt, malgré tous ses efforts, le hasard, le mouvement de la main et celui des morceaux de papier flottants s’en étaient chargés. En effet, l’expression y était. Il considéra cette provocation du hasard comme une providence et se mit à coller soigneusement les morceaux dans l’ordre dicté par le hasard « .
    • Marcel DUCHAMP, Rotative plaques verre, 1920/1979, 5 plaques de plexiglas peintes, bois et bras métalliques, axe métallique entraîné par un moteur électrique, 135 x 170 x 123 cm
    • Théo VAN DOESBURG, Dessin arithmétique 4, 1930, Rijksmuseum, Amsterdam
    • Alexander CALDER, Sans titre, 1931, fil, bois, moteur. Structure en fil de fer et formes géométriques noires mises en mouvement par un mécanisme intégré et entraîné par un petit moteur.
      http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-calder/ENS-calder.html
    • Charlie CHAPLIN, Modern Times (Les Temps Modernes), 1936, film 35 mm, noir et blanc, muet, 87 min. La vie d’un ouvrier d’usine sur une chaîne de production. https://youtu.be/QK7DCW2m5pc
    • François MORELLET, Répartition aléatoire de triangles suivant les chiffres pairs et impairs d’un annuaire téléphonique, 1958, triptyque, huile sur contre-plaqué, chaque panneau : 80 x 80 cm, Musée de Grenoble. Les œuvres de François Morellet sont exécutées d’après un système : chaque choix est défini par un principe établi par avance. Il veut par là donner l’impression de contrôler la création artistique tout en laissant une part de hasard, ce qui donne un tableau imprévisible. Il utilise des formes simples, un petit nombre de couleurs en aplats, et des compositions élémentaires (juxtaposition, superposition, hasard, interférence, fragmentation).
    Méta-Matic en fonctionnement
    • Jean TINGUELY, Méta-matic n° 1, 1959, métal, papier, crayon feutre, moteur, 96 x 85 x 44 cm. Les machines à dessiner Méta-Matics sont des « méta-mécaniques formées d’une roue motrice reliée par des courroies à une ou plusieurs roues qui tournent et entraînent un arbre excentré transmettant à une tige un mouvement irrégulier. L’utilisateur fixe à l’extrémité de cette tige un morceau de craie, un crayon, un stylo à bille ou encore un feutre, qui couvre de traits et de griffonnages le papier posé sur le support prévu à cet effet. Quelques instants plus tard apparaît un dessin dont les motifs se répètent à l’infini. Par ses machines à dessiner, Tinguely veut prouver qu’une œuvre d’art, loin d’être une création définie, achevée, peut engendrer sa propre vie et produire elle-même de l’art. De ce fait, les dessins variant selon la manipulation, il n’y a pas deux dessins identiques – d’où l’importance de la pression du traceur sur le papier, de la fluidité de l’agent colorant ou de la qualité du papier. La machine, le constructeur et l’utilisateur participent à parts égales à l’œuvre, à la fois sculpture, happening et dessin.
    • Jean TINGUELY, Méta-matic n° 10, 1959, trépied en fer, roues en bois, cadre en tôle moulée, bandes en caoutchouc, tiges en métal, le tout peint en noir, moteur électrique, 104 x 129 x 55 cm, Musée Tinguely, Bâle, Suisse (photographie en bandeau)
    • Sol LEWITT, Wall Drawing #2 Drawing Series II (A) (24 drawings) Dessin mural No2 Série de dessins II (A) (24 dessins), crayon à mine noire, première réalisation : Tony Day, Guy Dill, Jim Ganzer, Michael Maglich, Jerry Kamitaki ,Sol LeWitt, Ace Gallery, Los Angeles, novembre 1968. Organisé au sein d’une grille, le Wall Drawing #2. Drawing Series II (A) (24 drawings) présente l’une des quatre sections d’un système fini de combinaisons. Vingt-quatre ensembles de seize carrés proposent ainsi, sur le mode du miroir (Mirror), les différentes permutations possibles de ligne droite positionnée dans les quatre directions géométriques fondamentales (verticale, horizontale, diagonale à 45 degrés de gauche à droite, et diagonale à 45 degrés de droite à gauche). Ce système est explicité par un diagramme inscrit au mur, à côté de l’œuvre. L’artiste était soucieux de donner les clefs de lecture de ses œuvres au public. La technique utilisée est le crayon à mine, appliquée directement sur le mur (traité comme une page vierge) ; les mines sont taillées de manière spécifique et assemblées en faisceaux de trois pour tracer plusieurs lignes à la fois à intervalle régulier.
    • Sol LEWITT, Variations Of Incomplete Open Cubes, 1974-1982. L’œuvre est générée par l’application d’une unique règle. Dans ce cas, LeWitt a systématiquement exploré les 122 façons de « not making a cube, all the ways of the cube not being complete », selon l’artiste. https://www.metmuseum.org/art/collection/search/691091
    • Rebecca HORN, Les Amants, 1991, liquide rouge, liquide noir, bras mécanique, moteur, dimensions variables
    • Olafur ELIASSON, The endless study in three dimensions, 2005, bois, métal, miroir, papier, stylo à bille, tampon. Cette machine à dessiner requiert la participation du spectateur qui repart avec un dessin géométrique spatial de type spirographe.
      https://olafureliasson.net/tag/TEL3158/drawing-machines
    Damien HIRST, Making Beautiful Drawings, 1994, installation

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.6 – Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création

    Je n’exploite ni les informations ni la documentation iconique, pour soutenir mon projet.

    Je commence à recourir aux informations et à la documentation, notamment iconique, mais ai besoin de plus de pratique pour les intégrer de manière cohérente dans mon projet artistique.

    +-

    J’exploite les informations et la documentation, en particulier iconique, pour nourrir et enrichir mon projet de création.

    +

    J’utilise avec attention les informations et la documentation, notamment iconique, en les intégrant de manière perspicace et créative dans mon projet artistique.

    ++

    2.1 – Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifsJ’ai du mal à concevoir, réaliser et à mener à bien mon projet.

    Je conçois et réalise en partie mon projet artistique, et rencontre des difficultés dans sa présentation.

    +-

    Je conçois, réalise et présente de manière fiable mon projet artistique en le menant à son terme.

    +

    Je conçois, réalise et présente mon projet artistique abouti, en le mettant en valeur avec maîtrise et assurance.

    ++

    2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique

    J’ai du mal à faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité et d’engagement dans la conduite de mon projet.

    Je fais preuve d’autonomie, d’initiative et d’engagement dans la conduite de mon projet artistique, mais ai besoin de plus de maturité et d’esprit critique.

    +-

    Je fais preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite de mon projet artistique.

    +

    Je dirige de manière autonome et responsable mon projet artistique, en faisant preuve d’un esprit critique avancé et d’un engagement soutenu.

    ++


    Références au programme du cycle 4


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la création, la matérialité, le statut, la signification des images : l’appréhension et la compréhension de la diversité des images ; leurs propriétés plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques ; les différences d’intention entre expression artistique et communication visuelle, entre œuvre et image d’œuvre.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • 1.4 – Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.1 – Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • 2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
  • Au Bic

    Au Bic

    Dessinez sur un grand format (A3+, format raisin) au stylo à bille la barbe de Compère Gredin et tout ce que l’on peut y trouver. Vous n’utiliserez pas votre crayon de papier.

    #geste #ecriture #bic #ressemblance

    Le dessin englobe une grande pluralité de pratiques. L’usage du stylo à bille aura ici, ainsi que le format et le geste, une incidence sur votre production. C’est pourquoi dans un premier temps, vous devrez expérimenter les variations possibles avec cet outil unique.

    Questions

    Qu’est-ce que cela change de dessiner au stylo à bille ? Est-ce l’outil que vous auriez choisi représenter la barbe de ce personnage et pour travailler sur ce support ? En quoi l’écart entre le référent et sa représentation peut-il
    être source de valeur expressive ?

    Temps de réalisation : de 60 à 80 minutes

    Une barbe dégoûtante

    « Tout le monde le sait, un visage sans barbe, comme le vôtre ou le mien, se salit si on ne le lave pas régulièrement. La chose n’a rien d’étonnant. Mais pour un barbu, le problème est différent. Tout reste collé à ses poils, surtout la nourriture. La sauce, par exemple. Vous et moi, nous pouvons nous débarbouiller la figure avec un gant de toilette et avoir vite l’air plus ou moins présentable. Impossible pour les barbus. Nous pouvons aussi, avec un peu d’attention, manger sans nous faire des moustaches. Impossible pour les barbus. Observez bien un barbu manger, et vous verrez que, même s’il ouvre grand la bouche, il lui est difficile d’avaler du ragoût, de la glace ou de la crème au chocolat sans en laisser des traces sur sa barbe. Compère Gredin, lui, ne prenait même pas la peine d’ouvrir grand la bouche quand il mangeait. Et comme il ne se lavait jamais, les restes de ses repas se collaient à sa barbe. Soyons justes, il s’agissait de petits restes, car, en mangeant, il s’essuyait la barbe du revers de la manche ou du plat de la main. Mais si l’on y regardait de plus près (ce qui n’avait rien d’agréable !) on découvrait de petites taches d’œufs brouillés, d’épinards, de ketchup, de poisson, de hachis de foie de volaille. Bref, de toutes les choses dégoûtantes que Compère Gredin aimait ingurgiter. Si l’on s’approchait encore plus près (attention ! attention ! mesdames et messieurs, bouchez-vous le nez !) et si l’on examinait bien sa moustache en bataille, on apercevait des rogatons plus consistants qui avaient échappé au revers de sa manche depuis des mois et des mois : du fromage vert grouillant de vers, un vieux cornflake moisi et même la queue visqueuse d’une sardine à l’huile. Avec cette barbe dégoûtante, Compère Gredin n’était jamais mort de faim. Il lui suffisait d’explorer sa jungle poilue d’un coup de langue pour trouver de quoi grignoter çà et là un morceau de choix. Vous voyez que Compère Gredin était un vieux bonhomme sale et malodorant. Mais ce que vous allez découvrir bientôt, c’est qu’il était aussi affreusement méchant. »
    Extrait de Les deux gredins de Roald DAHL, Éd. Folio junior

    Références artistiques

    • Alighiero BOETTI, Vice Versa, 1980, stylo à bille sur papier, 70 x 100 cm
    • Robert MORRIS, The Miyuki Bridge (Firestorm Series), 1982, encre, fusain et graphite sur papier, 224 x 193,5 cm
    • Jan FABRE, Les années de l’heure bleue, 1977-1992, exposition à Saint-Étienne 2012, détail d’un Bic Art en bandeau
    • Thomas MÜLLER, Sans titre, 2013, 160 x 115 cm
    • Il LEE, MBL 1302, 2013, stylo à bille sur papier, 84,5 x 63,5 cm
    • Karl BEAUDELERE, KXB7, Entité jaune, 2015, stylo-bille sur papier, 29,5 x 21 cm, collection de l’Art Brut, Lausanne
    • The KID, As water reflects the face, so one life respects the hear, 2015, stylo Bic sur papier, 182 x 182 cm
    • Emil FERRIS, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, 2018, roman graphique, Éd. Monsieur Toussaint Louverture, Fauve d’or – Prix du Meilleur album 2019, Festival d’Angoulême
    • Exposition La Collection d’art contemporain BIC® au CENTQUATRE-PARIS-2018
      https://youtu.be/JDbcp1LqbSU

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Au cœur de la forêt

    Au cœur de la forêt

    Traduisez par le dessin à l’encre de Chine ce que nous voyons et ressentons lorsque nous sommes au cœur de la forêt.

    #encre #lavis #ressenti #ressemblance

    Objectifs

    Les objectifs de la séquence sont d’amener les élèves à :

    • exploiter les possibilités offertes par l’outil et le médium ; explorer les propriétés matérielles et plastiques du dessin.
    • s’adapter au grand format (geste, posture).
    • identifier les relations entre l’image et son référent originel ; comprendre que l’écart avec la réalité est porteur de sens.

    Sur votre bloc-notes, vous réaliserez quelques essais et croquis préparatoires avant de travailler sur le support donné (format raisin) puis vous noterez vos observations concernant le dessin, les exploitations de l’encre et des effets de noirs obtenus pour rendre la forêt inquiétante.

    Questions

    Dans quelle mesure la ressemblance est-elle une question de création ? En quoi le choix d’un instrument peut-il avoir un impact sur une représentation ? Comment les qualités du médium peuvent-elles interroger la ressemblance de la représentation ?

    Références possibles

    • John CONSTABLE, 1801, huile sur toile, 92 x 72cm, Art Gallery of Ontario. Le peintre s’attache à illustrer avec renfort de détails les arbres et les fougères du sous-bois. L’intrusion en bas à gauche d’un paysan et de son âne renvoit aux modèles hollandais du 17e siècle
    • Gustave DORÉ, En marchant il avait laissé tomber le long du chemin les petits cailloux blancs qu’il avait dans ses poches, dessin de Gustave Doré, gravure sur bois de François Pierdon, 24,2 x 19,7 cm, éditée en 1862 – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10322203w?rk=85837;2
    • Piet MONDRIAN, Arbre argenté, 1911, huile sur toile, 78,50 x 107,5 cm, Musée municipal de La Haye, Pays-Bas
    • Jean COCTEAU, La Belle et la Bête, 1946, film, 96 min
    • Anselm KIEFER, Mann im Wald (Homme dans la forêt), 1971, acrylique sur toile de coton, 174 x 189 cm, Collection particulière, San Francisco
    • Andy GOLDSWORTHY, Snow ball in Trees, 1980, Robert Hall Wood, Yorkshire, photographie Cibachrome, 40,5 x 51 cm
    • Giuseppe PENONE, Le vert du bois, 1987, frottage au fusain, peinture sur toile, branche d’arbre
    • Éric POITEVIN, Sans titre, 1995, photographie argentique, 177,5 x 222 cm, Musée de Valence
    • Xavier VEILHAN, La Forêt, 1998, tissu synthétique, installation de dimensions variables, Genève, Collection MAMCO. À la lumière des néons, du feutre synthétique gris-brun recouvre irrégulièrement sols et murs et simule, autour de pièces de bois, d’immenses troncs d’arbres sur une surface de 200 m2 au travers desquels le visiteur est amené à circuler
    • Samuel ROUSSEAU, L’Arbre et son ombre, 2012, installation vidéo projetant des ombres portées sur un arbre réel et un écran et retraçant le cycle complet de la vie de l’arbre au fil des saisons, Clermont-Ferrand, Galerie Claire Gastaud
    • Henrique OLIVEIRA, Baitagogo, 2013, exposition, Paris, Palais de Tokyo. L’artiste propose une installation hybride, entre urbanisme et nature, architecture et organique, en bois de Tapumes, bois utilisé au Brésil pour les palissades des chantiers. Ce nœud de bois qui s’adapte et semble naître du bâtiment même, crée un environnement fantastique et déstabilisant évoquant métaphoriquement la construction des favelas et l’agrandissement tentaculaire de la ville de Sao Paolo.
    Éric POITEVIN, Sans titre, 1995, photographie

    Questionnements

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Quel bel arbre !

    Quel bel arbre !

    Après avoir réalisé en extérieur plusieurs croquis d’arbres et participé aux échanges sur les notions d’écart et de ressemblance, représentez un « bel arbre ».

    #dessin #ressemblance #écart

    Questions

    En quoi la représentation à l’identique du réel est-elle une impasse ? Quelle valeur donner à l’écart entre la représentation et son référent ? Dans quelle mesure l’écart entre le référent et sa représentation peut-il être une source d’expression ?

    Objectifs

    Les objectifs de cette séquence sont d’amener les élèves à :

    • s’emparer du réel pour s’exprimer de manière personnelle et singulière
    • prendre conscience de la valeur expressive de l’écart dans la représentation

    Références artistiques possibles

    • Lucas CRANACH l’Ancien, Adam et Ève, 1526, huile sur érable, 117 × 80 cm
    • Vincent Van GOGH, Les Oliviers, 1889, série de peintures
    • Gustav KLIMT, L’Arbre de Vie, Frise Stoclet, 1909, 9 cartons, 102 × 195 cm, Musée des arts appliqués
    • Paul RANSON, La Clairière, 1895, huile sur toile, 60 × 80 cm
    • Piet MONDRIAN, L’arbre argenté, 1911, huile sur toile, 78,50 × 107,5 cm, Musée municipal de La Haye, Pays-Bas
    • Jean DUBUFFET, Arbre biplan, 1969, époxy peint sur polyuréthane, 470 × 510 × 440 cm
    • Choï JEONG-HWA, Flower Tree, 2003, sculpture de 3 m de haut
    • Pierre MALPHETTES, Un Arbre en bois sous un soleil électrique, 2005-2007, bois, acier, tapis, lampe, 300 × 600 × 700 cm
    • Henrique OLIVEIRO, Baitogogo, 2013-2016, sculpture, Palais de Tokyo, Paris

    Questionnement(s)

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance – les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    * Bryan Nash GILL, Woodcuts, 2012, empreinte

  • Carto graphie(s)

    Carto graphie(s)

    – Voilà une chose que nous avons apprise de votre pays, dit Mein Herr, faire des cartes. Mais nous en avons poussé l’art beaucoup plus loin que vous. À votre avis, quelle serait la plus grande échelle de carte utile ?
    – Je dirais un centimètre pour un kilomètre.
    – Seulement un centimètre ! s’exclama Mein Herr. Nous avons très vite atteint dix mètres pour un kilomètre. Puis nous avons tenté cent mètres pour un kilomètre. Puis vint l’idée grandiose ! Nous avons réellement fabriqué une carte du pays, à l’échelle d’un kilomètre pour un kilomètre !
    – Vous vous en êtes beaucoup servie ? demandai-je.
    – Elle n’a jamais été déroulée, dit Mein Herr ; les fermiers ont protesté : ils ont dit que ça couvrirait tout le pays et que ça cacherait le soleil ! Aussi utilisons-nous le pays lui-même comme sa propre carte, et je vous assure que ça marche aussi bien.

    Lewis CARROLL, Sylvie et Bruno, 1893, texte traduit de l’anglais par Fanny Deleuze, Édition du Seuil, 1972

    En vous emparant des logiques et des codes de la cartographie, vous créerez une composition à dimension cartographique ayant des fins expressives. Comprenez que votre réalisation explore les potentialités de la carte qu’elle soit réelle ou imaginaire. Il est donc utile de solliciter un temps sur les codes et légendes et d’effectuer une mise en projet préalable. La question du support est également prédominante, lequel peut être transformé, érodé avant ou après toute intervention.

    Les objectifs de la séquence seront d’amener les élèves à :

    • comprendre, sélectionner et s’emparer des codes de la cartographie pour inventer des mondes,
    • solliciter des effets plastiques à des fins d’évocation / justifier ses choix, présenter son travail en incluant un registre fictionnel.

    Cartographie

    Le principe majeur de la cartographie est la représentation de données sur un support réduit représentant un espace généralement tenu pour réel. L’objectif de la carte, c’est une représentation concise et efficace reposant sur un code légendé pour rendre compte de la réalité d’une zone géographique.

    Rosana RICALDE, Lisbonne, 2008, 2008, papier, colle, 157 × 187 cm

    Références artistiques possibles

    Thomas MORE, Île d’Utopia, XVIème siècle, gravure. Le mot utopie est formé à partir du grec ou-topos, qui signifie en aucun lieu ou bien lieu du bonheur (du grec eu : bien, heureusement et topos : lieu, endroit).

    Nicolas POUSSIN, L’Été, XVIIème siècle, huile sur toile, 118 x 160 cm, Collection du Louvre, Paris.

    Piet MONDRIAN, New York Boogie Woogie, 1943, huile sur toile, 127 x127 cm, MoMA (détail en bandeau). Malgré l’abstraction radicale de ses tableaux, Mondrian a toujours gardé un intérêt très vif pour les structures urbaines et pour la musique et la danse modernes. Les rectangles asymétriques de Broadway Boogie-Woogie correspondent à la mélodie syncopée du boogie-woogie, les petites lignes brisées faisant écho aux cascades d’accords brisés de la base rythmique, mais on peut évidemment ajouter que le plan en damier de New York trouve aussi un écho chez un artiste pour qui le motif de la grille a toujours revêtu une grande importance.

    Jasper JOHNS, Map, encaustique, huile et collage sur toile, 1961, MoMA.

    Mel BOCHNER, Measurement room, à partir de 1969, ruban adhésif noir et lettrage sur mur, dimensions variables.

    Alighero e BOETTI, Mappa, tissage, série initiée en 1971.

    CHRISTO et JEANNE-CLAUDE, Running Fence, Sonoma and Marin Counties, California, 1972-1976, installation, long rideau en toile de nylon blanc déroulé sur plus de 40 kilomètres au nord de San Francisco,

    Pierre ALECHINSKY, Arrondissement, 1983, encre de Chine sur vélin (plan du 10ème arrondissement de Paris), 20,9 x 27 cm, Cabinet d’art graphique, Centre Pompidou, Paris.

    Jochem HEINDRICKS, Eye Drawings, 1983, encre sur papier. Un dispositif technique permet enregistrer les mouvements de l’œil lorsqu’il regarde les objets, pour les numériser puis pour les imprimer.

    Hamish FULTON, Dauphiné Mountain, Skyline, Vercors, France, 1995, crayon et encre sur papier, 71 x 78 cm, Musée de Valence.

    Thomas HIRSCHHORN and Marcus STEINWEG, The Map of Friendship between Art and Philosophy, 2007, carton, papier, feuille de plastique, scotch transparent, feutre, impressions, stylo à bille, 240 x 400 cm.

    Mona ATOUM, 3-D Cities, 2008-2009

    Mona ATOUM, 3-D Cities, 2008-2009, découpes sur cartes imprimées. Cette installation est un triptyque de cartes des villes de Beyrouth, Bagdad et Kaboul, posées à plat sur des tables. Des cercles ont été délicatement découpés à la surface de ces cartes pour former des zones concaves ou convexes, évoquant des dômes ou des cratères. Ces structures en relief rendent ainsi visibles les séquelles de la guerre et l’empreinte qu’elle a laissé dans la mémoire des habitants. Elles rappellent aussi comment ces 3 ville subissent depuis plusieurs années un cycle permanent de destruction et de reconstruction, à la fois de manière positive et négative.

    Jonathan MONK, The World in Jeans and T-shirts, 2008-09, 116,5 x 202,5 cm.

    Claude CLOSKY, Mont-Sainte Victoire, 2011, dispositif utilisant Google View.

    Rosana RICALDE, Planta do Rio de Janeiro – From the series Invisible Cities, 2011, découpes, 80 x 100 cm.

    Céline BOYER, Madeleine, 42 ans, série Empreintes, 2013, photographie sur Dibond, 100 x 150 cm
    (Les premières Empreintes en bandeau – celineboyer.com).

    Exploration abstraite des villes du monde par le graphiste Jazzberry Blue – jazzberryblue.com

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation – la narration visuelle.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Expériences d’espaces

    Expériences d’espaces

    L’œuvre d’Anaïs LELIÈVRE trouve son origine de toutes les « expériences d’espaces » qu’elle vit d’une résidence d’artiste à l’autre.

    Caractériser sa démarche artistique revient à s’interroger sur la place de notre corps de spectateur dans l’espace et à prendre conscience des changements d’états de la nature. Le dessin et l’installation constituent les deux supports fondamentaux de son travail à découvrir jusqu’au 25 septembre 2021 à La Chapelle de la Visitation, Thonon-les-Bains.

    Entrée libre du mardi au dimanche de 15h à 18h30 (sauf jeudi) et jusqu’à 20h tous les vendredis soirs des Nocturnes chablaisiennes.

    La Chapelle – Espace d’art contemporain
    Pôle culturel de la Visitation
    25 rue des Granges (entrée principale de la Chapelle)
    74200 Thonon-les-Bains
    Commissaire d’exposition : Philippe Piguet
    Informations : 04 50 70 69 49

    Anaïs LELIÈVRE, Stratum, 2021, installation immersive, impression numérique du dessin de schiste argileux
    Chapelle de la Visitation – Thonon-les-Bains
  • De fil en fil

    De fil en fil

    Filer, étirer, tisser, entrelacer, mêler, nouer… De fil en fil, votre réalisation se révèle.

    #tissage #installation

    Votre choix du fil pour votre réalisation ne doit pas être anodin, car il témoigne d’une démarche, d’un processus : de la fibre au fil, du tressage au tissage naissent des outils, des savoir-faire, des formes, des architectures, des cultures, des réseaux… jusqu’à l’époque contemporaine où la fibre de l’Internet nous connecte au monde.

    Debbie SMYTH, Stag Head, 2014, 52,5 x 52,5 cm
    La série Shaded Works s’inspire de formes et de silhouettes et de scénarios banals souvent évoqués à partir de souvenirs de l’enfance de l’artiste. Le contour est tracé, puis progressivement l’espace négatif est rempli et ombragé avec des masses de fil, capturant le mouvement et laissant la forme positive ressortir avec un effet légèrement éthérée.
    Chiharu SHIOTA, Labyrinth Of Memory, 2012, installation, robes blanches, laines noires, La Sucrière, Lyon

    Références artistiques

    L’utilisation du fil textile réapparaît dans les démarches artistiques actuelles. D’ailleurs, en 2017 la Biennale de Venise et la Documenta remarquent cet engouement pour les médiums tressés, tissés ou noués.

    • Kitagawa UTAMARO, Le Tissage, XVIIIe siècle, estampe, Musée Guimet, Paris.
    • Johannes VERMEER, La Dentelière, peinture à l’huile, 24 x 21 cm, 1669-1670, Musée du Louvre, Paris.
    • ÉTIENNE-MARTIN (1913-1995), Le Manteau, 1962, tissus, passementeries, cordes, cuir, métal, enveloppe en toile de bâche et cuir, 160 x 200 x 30 cm.
    • Eva HESSE, Contingent, 1969, fibre de verre et latex sur gaze, 350 x 630 x 109 cm
    • Isa MELSHEIMER, Hyperboloïde, 2007, installation, fil à coudre, clous, dimensions variables. L’installation s’articule autour d’une forme hyperboloïde. Cette forme générée par la rotation de lignes parallèles autour d’un axe se déploie dans l’espace, créant un nouvel espace et suggérant une barrière légère et fragile.
    • Muriel BAUMGARTNER, Corset rouge n°1 (série Mes Broderies), 2009, dessin et broderie sur papier, 33 x 33 cm. « Mon travail est à la fois biologique et autobiographique. Il s’agit d’une transcription graphique d’une expérience de corps, de mon propre corps. »
    • Akio HAMATANI, W-Orbit, 2010, installation, diamètre : environ 400 cm, Maison de la culture du Japon, Paris
    • Julien SALAUD, Constellation du Faon, 2012, trophée de chevrette, clous, perles de rocaille, fil de coton, 60 x 25 x 35 cm.
    • Sten LEX, Rue de Bretagne, pochoir lacéré, 2012, street-art
    • Eliza BENNETT,  A Woman’s Work Is Never Done, 2012/ 2014, série photographique. « Comme support d’un canevas, je brode la couche supérieure de la peau de ma propre main à l’aide de fil pour créer l’apparence d’une main incroyablement usée. En utilisant la technique de la broderie traditionnellement employée pour représenter la féminité et l’appliquer à l’expression de son contraire, j’espérais remettre en question la notion préconçue selon laquelle le travail des femmes est léger et facile. »
    • Pae WHITE, Too much night, again, 2013, installation, fil, clous, dimensions variables
    • Debbie SMYTH, It’s a Small World, 2013, installation, fil noir, clous, dimensions variables.
    • Hinke SCHREUDERS, Works on paper #36, 2014, broderie sur papier marouflé sur toile de lin, 26 x 18 x 5,5 cm
    • Julien SALAUD, Fleuve Céleste, 2015, installation dans les Caves de la Maison Ackerman, plus de 65 000 clous et de 45 km de fil de coton tendu, dans une cave de 60 mètres de long sur 6 à 7 mètres de hauteur et de largeur, le tout à 25 mètres sous terre, projet issu de la résidence artistique « Ackerman + Fontevraud la Scène ». https://youtu.be/-M8tRME-eTY
    • Chiharu SHIOTA, Infinity, 2015, installation, fil noir, ampoules électriques, dimensions variables.
      « Les fils sont tissés l’un dans l’autre. Ils s’enchevêtrent, ils se déchirent, ils se dénouent, ils sont comme un miroir des sentiments. »
      L’artiste japonaise tisse de vastes environnements en fils de laine noirs qui emprisonnent des objets évocateurs — instruments de musique, robes de poupées, chaussures, lits. Ces objets, flottants, libérés de leur utilité première, nous renvoient à des visions poétiques et émouvantes. Ils convoquent des souvenirs, soulignent des absences. Le réseau graphique qui connecte les éléments évoque la puissance des liens interpersonnels, l’inévitable dépendance du sujet à ses racines. CHIHARU SHIOTA (chiharu-shiota.com)
    • Claire MORGAN, Murmurations, 2016, installation, polythène, nylon, plomb, acrylique, 500 x 1650 x 660 cm, Claire Morgan (claire-morgan.co.uk)

    Les Moires

    Dans la mythologie grecque, les Moires sont les divinités maîtresses de la destinée humaine. Ces trois sœurs filandières* président respectivement à la naissance, au déroulement de la vie puis à la mort.
    _ Clotho, signifiant « filer » en grec, paraît être la moins vieille. Elle fabrique et tient le fil des destinées humaines. Elle est souvent représentée vêtue d’une longue robe de diverses couleurs, portant une couronne formée de sept étoiles et tenant une quenouille qui descend du ciel vers la terre. La couleur qui domine dans ses draperies est le bleu.
    _ Lachésis, nom qui en grec signifie « sort » ou « action de tirer au sort », est celle qui déroule le fil et qui le met sur le fuseau. Ses vêtements sont quelquefois parsemés d’étoiles et autour elle un grand nombre de fuseaux sont dispersés. Ses draperies sont de couleur rose.
    _ Atropos, c’est-à-dire « inévitable » en grec, coupe impitoyablement le fil qui mesure la durée de la vie de chaque mortel. La plus âgée des trois sœurs est représentée proche de plusieurs pelotons de fil plus ou moins garnis, suivant la longueur ou la brièveté de la vie mortelle qu’ils mesurent.
     
    * filandière : femme qui file manuellement

    Pénélope

    Dans la mythologie grecque, Pénélope est l’épouse fidèle d’Ulysse dont elle a un fils, Télémaque. Pendant vingt années, elle tint tête aux prétendants qui affirmaient qu’Ulysse était mort. Pour gagner du temps face à l’insistance de ces nombreux courtisans, elle promit de choisir l’un d’entre eux quand elle aura achevé de tisser le linceul de son beau-père Laërte. Afin que la besogne perdure, elle défaisait la nuit ce qu’elle avait tissé le jour. Ce stratagème fut dénoncé par une de ses servantes. Elle était sur le point d’épouser l’un d’eux lorsque Ulysse déguisé revint enfin.

    • Pénélope à son métier et Télémaque, Skyphos à figures rouges, 440-435 av. J.-C., Chiusi, Italie (le skyphos est un vase à boire haut de 15 à 20 cm, généralement sans pieds).
    • John William WATERHOUSE, Pénélope et les prétendants, huile sur toile, 130×188 cm, 1912, Aberdeen Art Gallery and Museums, United Kingdom.

    Fil d’Arianne

    Dans la mythologie grecque, Ariane est la fille du roi de Crète Minos et de Pasiphaé et la demi-sœur du Minotaure.
    Séduite par Thésée venu tuer le monstre, elle aida celui-ci à s’échapper du Labyrinthe. C’est en effet le secours qu’elle apporta à Thésée qui permit à ce dernier d’obtenir la victoire sur le Minotaure : contre la promesse de l’épouser, elle lui fournit un fil qu’il dévida derrière lui afin de retrouver son chemin.


    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    * Chiharu SHIOTA, Counting Memories, installation : bureaux et chaises en bois, papier, laine noire, Silesian Museum, Katowice, Pologne.

  • \lə. tʁɛ. dɑ̃s\

    \lə. tʁɛ. dɑ̃s\

    La ligne danse sur la surface de la feuille !

    #dessin #geste #abstraction

    Questions

    Comment le trait peut-il exprimer une émotion, un sentiment ?
    Quel rapport le geste peut-il avoir avec l’abstraction ?
    Le geste graphique et l’écriture dans l’espace suscitent-ils une émotion ?

    Méthodologie

    Sur une feuille de grand format, tracez à votre gré une ligne dansante. Pour cela, utilisez plusieurs outils graphiques (pinceau, stylet, crayon) et de l’aquarelle (ou de l’encre). Recherchez dans le geste, dans le choix des couleurs et dans leur application à exprimer une émotion.
    Mais avant tout, faites des essais…
    Votre production terminée, vous rédigerez un court texte de présentation, dans lequel vous décrirez les caractéristiques du mouvement dessiné (ample, lent, rapide, rythmé….) ainsi que le lien entre le trait, la couleur et les émotions exprimées.

    Source InSitu, académie de Nantes

    Fabienne Verdier, Flux un film de Philippe Chancel, 2014

    Références artistiques

    • Wassily KANDINSKY, Aquarelle no14, aquarelle sur papier, 23,8 x 31,4 cm, 1913 (reproduction en bandeau)
    • Henri MICHAUX, Sans titre, aquarelle gouache et encre sur papier, 50 x 65 cm, 1951
    •  Kazuo SHIRAGA, Peinture au pied dans son atelier d’Amagasaki, 1956
    • Jean DEGOTTEX, Vide, huile sur toile, 130 x 195 cm, 1958
    • Jean TINGUELY, Metamatic 7, feutre sur papier, 1960
    • Joan MIRÓ, La danse de feu, lithographie, 38,1 x 55,88 cm, 1963
    • Alexander CALDER, Sans titre, lithographie, 52 x 72 cm, 1976
    • Janine ANTONI, Loving Care, performance, Londres, 1993
      In Loving Care, Antoni mopped the floor of the gallery with her hair soaked in Loving Care hair dye “Natural Black.” The artist’s actions conjured up the expressive marks of Abstract Expressionist painting, linking them to the chore of mopping. As she claimed the space, the audience was slowly backed out of the gallery.
    • Zao Wou-Ki, Sans titre, encre de chine sur papier, 97 x 180 cm, 2006
    • Fabienne VERDIER, Margarete, La pensée labyrinthique II, encre, pigments et vernis sur toile, 180 x 356 cm, 2011
    • Heather HANSEN, Live Performance at Ochi Gallery – The Value of a Line – group show. Dec. 31, 2013
    Janine ANTONI, Loving Care, performance, Londres, 1993

    Questionnements

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : l’autonomie du geste graphique, pictural, sculptural.

    Compétences

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

    • Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Une forêt inquiétante

    Une forêt inquiétante

    Arrivés à l’orée de la forêt, les randonneurs hésitèrent un instant avant de se glisser sous la couverture sombre des arbres. À cause de l’enchevêtrement des branches qui formait une voûte au-dessus de leurs têtes, le ciel disparut de leurs champs de vision. L’obscurité se fit de plus en plus présente, plus pesante. Les ronces et les branches rendaient leur marche difficile. Le chant des oiseaux s’éloigna, le bruit de la campagne se dissipa, puis le silence les enveloppa complètement. C’était comme s’ils étaient seuls au monde, perdus dans ce chaos végétal.

    Traduisez par le dessin au fusain ce que voient les randonneurs et l’impression inquiétante qui s’en dégage.

    Objectifs

    • Exploiter les possibilités offertes par le fusain ; explorer les propriétés matérielles et plastiques du dessin.
    • S’adapter au grand format (geste, posture).
    • Identifier les relations entre l’image et son référent originel ; comprendre que l’écart avec la réalité est porteur de sens.

    Sur votre bloc-notes, vous réaliserez quelques essais et croquis préparatoires avant de travailler sur le support donné (format raisin) puis vous noterez vos observations concernant le dessin, les exploitations du fusain et des effets de noirs obtenus pour rendre la forêt inquiétante.

    Gustave DORÉ (1832 – 1883), le Cimetière dans la forêt de Chactas et Atala, 1863, monographie imprimée, illustration de Gustave Doré et gravure de Antoine-Alphée Piaud (1813 – 1867)

    Références possibles

    • John CONSTABLE, Lisière d’un bois, 1801, huile sur toile, 92 x 72cm, Art Gallery of Ontario. Le peintre s’attache à illustrer avec renfort de détails les arbres et les fougères du sous-bois. L’intrusion en bas à gauche d’un paysan et de son âne renvoit aux modèles hollandais du 17e siècle.
    • Gustave DORÉ, En marchant il avait laissé tomber le long du chemin les petits cailloux blancs qu’il avait dans ses poches, dessin de Gustave Doré, gravure sur bois de François Pierdon, 24,2 x 19,7 cm, éditée en 1862 – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10322203w?rk=85837;2
    • Piet MONDRIAN, Arbre argenté, 1911, huile sur toile, 78,50 x 107,5 cm, Musée municipal de La Haye, Pays-Bas.
    • Jean COCTEAU, La Belle et la Bête, 1946, film, 96 min.
    • Anselm KIEFER, Mann im Wald (Homme dans la forêt), 1971, acrylique sur toile de coton, 174 x 189 cm, Collection particulière, San Francisco.
    • Andy GOLDSWORTHY, Snow ball in Trees, 1980, Robert Hall Wood, Yorkshire, photographie Cibachrome, 40,5 x 51 cm.  
    • Giuseppe PENONE,  Le vert du bois, 1987, frottage au fusain, peinture sur toile, branche d’arbre.
    • Xavier VEILHAN,  La Forêt, 1998, tissu synthétique, installation de dimensions variables, Genève, Collection MAMCO. À la lumière des néons, du feutre synthétique gris-brun recouvre irrégulièrement sols et murs et simule, autour de pièces de bois, d’immenses troncs d’arbres sur une surface de 200 m2 au travers desquels le visiteur est amené à circuler.
    • Nils UDO, Nid de lavande, 1998, Parc de Crestet, Vaison-la-Romaine, photographie couleur, 120 x 120 cm. L’œuvre s’inscrit dans le paysage, elle est photographiée mais également se visite. D’un diamètre impressionnant (15 mètres environ), le nid est composé d’un enchevêtrement de branches et de troncs noueux de chênes autour d’une cuvette circulaire en terre. Le fond est tapissé de plants serrés de lavande, interdisant d’y pénétrer au risque de les détruire. Le spectateur est donc contraint d’observer le nid de l’extérieur s’il veut préserver la nature comme le lui suggère l’artiste.
    • Giuseppe PENONE, L’Arbre aux voyelles, 1999 (installé en décembre 1999, inauguré en 2000),  bronze patiné (14 m) et arbres, Paris. Le moulage d’un chêne déraciné donne matière sculpturale au temps, conserve la mémoire du dernier état de l’arbre et crée un fossile pérenne et réaliste par ses formes, matériaux et couleurs, d’autant qu’il est placé au sein d’une végétation vivante. L’artiste intègre de plus dans son installation in situ, la plantation de cinq arbustes d’essences différentes en contact avec l’arbre moulé et en réponse aux cinq voyelles des racines de ce dernier. Ces arbres vivants vont croître avec le temps et varier avec les saisons, transformant lentement l’œuvre puis enserrant et masquant progressivement l’arbre en bronze.
    • Samuel ROUSSEAU, L’Arbre et son ombre, 2012, installation vidéo projetant des ombres portées sur un arbre réel et un écran et retraçant le cycle complet de la vie de l’arbre au fil des saisons, Clermont-Ferrand, Galerie Claire Gastaud.
    • Henrique OLIVEIRA, Baitagogo, 2013, exposition, Paris, Palais de Tokyo. L’artiste propose une installation hybride, entre urbanisme et nature, architecture et organique, en bois de Tapumes, bois utilisé au Brésil pour les palissades des chantiers. Ce nœud de bois qui s’adapte et semble naître du bâtiment même, crée un environnement fantastique et déstabilisant évoquant métaphoriquement la construction des favelas et l’agrandissement tentaculaire de la ville de Sao Paolo.
    Bois, Armoy-Thonon-les-Bains

    Questionnements

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

    Compétences

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine