Représentez, en rapprochant, juxtaposant ou superposant des papiers gouachés et déchirés, un objet qui déchiquette, hache, lacère, coupe, découpe… Fixez votre composition.
#papiers gouachés
Lors de cette réalisation, vous vous interrogerez sur comment la couleur dessine la forme. Comment peut-elle suggérer autre chose que ce qu’elle est ? De quelle façon les couleurs interagissent-elles entre elles ? Dans quelle mesure la couleur engendre-t-elle des sensations qui lui sont propres ? En quoi vos choix rendent-ils compte d’une expression artistique ?
Henri MATISSE, Le Cirque(Jazz), 1947
Références artistiques
« La couleur est forme et sujet » »
Robert DELAUNAY
Hans ARP (1886-1966), Sans titre, 1915, collage, carton, papier et tissu collés sur carton, 28,5 × 23 cm, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
Henri MATISSE (1869-1954), Icare(Jazz), 1946, papiers gouachés, découpés et collés sur papier marouflé, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
Henri MATISSE, Nu bleu II, 1952, papiers gouachés découpés et collés sur papier blanc marouflé sur toile, 116,2 × 88,9 cm, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
Henri MATISSE, La tristesse du roi, 1952, papiers gouachés et découpés marouflés sur toile, 292 × 386 cm, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
Jean-Luc VILMOUTH, Cut out, 2, 1980, installation, fils métal blanc, câbles électriques gainés de plastique coloré, pince, dimensions variables, Collection FRAC, Pays de la Loire.
Annette MESSAGER, Les chimères(paire de ciseaux), 1982, installation, dimensions variables.
Damián ORTEGA, Controller of the Universe, 2007, installation, divers outils tranchants, env. 285 × 406 × 455 cm.
Beili LIU, The Mending Project / 补缮工程, 2011, installation et performance, 1500 paires de ciseaux en acier, tissu, fil, aiguille, table, chaise, dimensions variables, Women and Their Work Gallery, Austin Texas.
Beili LIU, The Mending Project, 2011, installation et performance
Questionnement(s) :
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance.
La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :
Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :
Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Peignez une gouache (ou une aquarelle) dans laquelle vous chercherez par l’utilisation de la couleur à donner un état d’âme au personnage principal de votre réalisation.
Les objectifs de la séance seront de s’interroger sur la perception des effets de la couleur et de comprendre que couleur et émotion peuvent être étroitement liées et savoir faire des choix chromatiques pertinents pour exprimer un ressenti ou une sensation en expérimentant le potentiel sensoriel, expressif, métaphorique, symbolique de la couleur. – Comment interagissent les couleurs ? – Comment les variations entre quantité et qualité de la couleur transforment-elles notre ressenti ?
Références artistiques possibles
Edvard MUNCH, Two Women on the Shore (Deux femmes sur le rivage), gravure sur bois, 45,5 x 51,5 cm, 1898 (deux versions ci-dessous)
Paul SÉRUSIER, Le talisman, l’Aven au Bois d’Amour, 1888, huile sur bois, 21 x 27 cm, Musée d’Orsay
Vincent VAN GOGH, Autoportrait, septembre 1889, huile sur toile, 65 x 54 cm, Musée d’Orsay, Paris
Maurice DE VLAMINCK, La cuisine (Intérieur), 1904, huile sur toile, 55 x 46 cm, Centre Pompidou
Pablo PICASSO, La Celestina, 1904, huile sur toile, 81 x 60 cm, Musée Picasso, Paris. Pablo Picasso représente sur cette toile une vieille femme qui se tient seule, isolée sur un fond bleu uni et la tête recouverte d’un voile noir. Seules quelques touches de rose tentent de raviver les joues blafardes de la vieille femme. Son regard attire l’attention du spectateur, d’une part parce qu’elle a un œil aveugle, ce qui est une représentation exceptionnelle dans l’œuvre de Picasso qui accorde une grande place à cet organe, et d’autre part parce que ce regard se détourne de celui du spectateur, donnant l’impression de se perdre dans l’infini. Cette toile est une œuvre majeure de la période bleue : ici, Picasso traduit sa rencontre avec la réalité sociale, le désenchantement d’une génération. Le bleu caractéristique de cette période témoigne de mélancolie et de souffrance, et représente la couleur de la misère sociale. Cependant, si la rencontre avec les réalités sociales traverse ses œuvres, l’essentiel du travail de Picasso à cette époque tient en de nouvelles expérimentations, à de nouveaux genres d’expressions plastiques. Source Wikipédia
Henri MATISSE, La joie de vivre, 1906, huile sur toile, 174 x 238,1 cm, Fondation Barnes, Philadelphie. Cette toile montre une première rupture entre Matisse et les Fauves et préfigure, 20 ans avant leur systématisation, l’utilisation des gouaches découpées en simplifiant l’évocation des silhouettes, la construction géométrique de l’espace et les grands aplats de couleur qui délimitent la composition et allient légèreté et puissance. Source Wikipédia
André DERAIN, Trois personnages assis dans l’herbe, 1906, huile sur toile, 55 x 98 cm, MAM, Paris
André DERAIN, L’Estaque, Route tournante, 1906, huile sur toile, 129,5 x 195 cm. Museum of Fine Arts, Houston
Robert DELAUNAY, Joie de vivre, 1930, huile sur toile, 200 x 228 cm, MAM, Paris
Eugène LEROY, Autoportrait, 1960. huile sur toile, 74 x 54 cm
James TURRELL, Heavy Water , 1991, installation, Confort Moderne, Poitiers
Daniel FIRMAN,Simply Red, 2009, plâtre, vêtements et objets
L’expressionnisme est la projection d’une subjectivité qui tend à déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle. Les représentations sont souvent fondées sur des visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité pour atteindre la plus grande intensité expressive. Celles-ci sont le reflet de la vision pessimiste que les expressionnistes ont de leur époque, hantée par la menace de la Première Guerre mondiale. Les œuvres expressionnistes mettent souvent en scène des symboles, influencées par la psychanalyse naissante et les recherches du symbolisme.
Au début du 20e siècle, ce mouvement profondément ancré dans l’Europe du Nord (en particulier l’Allemagne) est une réaction à l’impressionnisme français. Alors que l’impressionnisme est encore à décrire la réalité physique, l’expressionnisme allemand, lui, ne s’attache plus à cette réalité et la soumet aux états d’âme de l’artiste. L’expressionnisme rompt aussi avec l’impressionnisme à travers une forme très agressive : des couleurs violentes, des lignes acérées. Il s’inscrit alors dans la continuité du fauvisme qui commence à s’épuiser. Pour autant, l’expressionnisme n’est pas vraiment un mouvement ou une école, mais davantage une réaction contre l’académisme et la société. Les artistes expressionnistes resteront souvent isolés. Le Cri, du peintre Edvard MUNCH, ou La Guerre, d’Otto DIX sont des tableaux représentatifs du genre expressionniste en peinture.
Le Fauvisme est venu du fait que nous nous placions tout à fait loin des couleurs d’imitation et qu’avec des couleurs pures nous obtenions des réactions plus fortes. »
Henri Matisse, Écrits et propos sur l’Art
Régulièrement accrochés dans les premières salles du Musée national, les artistes fauves annoncent par la couleur la modernité et les bouleversements artistiques du début du 20e siècle. En donnant aux chocs émotifs, selon le mot d’Henri Matisse, une palette franche et pure, le fauvisme prête à la couleur la tonalité d’une émotion et d’une sensation. Il se caractérise par l’audace et la nouveauté de ses recherches chromatiques. Les peintres ont recours à de larges aplats de couleurs violentes, pures et vives, et revendiquent un art fondé sur l’instinct. Ils séparent la couleur de sa référence à l’objet, afin d’accentuer l’expression, et réagissent de manière provocatrice contre les sensations visuelles et la douceur de l’impressionnisme : ce courant est à rattacher à celui de l’expressionnisme.
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance.
La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :
Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
À propos des contrastes de couleur
Enseignant de la couleur et de la forme, Johannes ITTEN a créé des variantes du cercle chromatique déjà bien établi en peinture, suivant la tradition des artistes et des teinturiers, et les pratiques d’ateliers expliquées par écrit à partir du 18e siècle, développées au 19e siècle avec les ouvrages de Johann Wolfgang von GOETHE et de Michel-Eugène CHEVREUL, puis au 20e siècle avec Charles BLANC.
Le triangle des trois teintes fondamentales, un jaune, un bleu profond et un rouge, se développant par mélange en un cercle est la forme fondamentale de Johannes Itten pour enseigner l’usage de la couleur et permettre son utilisation dans un but esthétique et fonctionnel. Il ne vise pas à une science de la couleur, mais à la formation d’un nouvel artisanat industriel possédant une maîtrise de la couleur. Le cercle chromatique est plus qu’une simple convention de travail. C’est une disposition graphique élaborée pour structurer la perception des couleurs, comme les nombres structurent la perception des quantités.
Source Wikipédia
3 contrastes à mémoriser
Le contraste clair-obscur : Il s’applique à l’utilisation des différentes couleurs claires et valeurs de tons. Toutes les couleurs peuvent être éclaircies par le blanc et obscurcies par le noir. Pour commencer, il faut fabriquer des échelles de tons, pour chaque couleur qui correspond à l’échelle clair-obscur.
Le contraste chaud-froid : On obtient le plus grand effet avec les couleurs rouge-orangé et vert-bleu. Toutes les autres couleurs apparaissent froides ou chaudes selon qu’elles sont en contraste avec des tons chauds ou froids.
Le contraste des complémentaires : Dans son cercle chromatique, les couleurs complémentaires s’opposent. Lorsqu’on mélange des couleurs complémentaires, il en résulte un noir-gris neutre. Les couleurs complémentaires, placées les unes à côté des autres, parviennent à leur plus grande luminosité et, mélangées, se détruisent pour donner un noir-gris.
Analyses sur la couleur à partir d’études, de cours et de l’Art de la couleur, Johannes Itten (1961).
* En bandeau détail des Pierreuses au bar, Pablo PICASSO, début 1902, huile sur toile, 80 x 91,5 cm, Hiroshima Museum of Art
Élaborez, avec les matériaux et les techniques qui vous paraissent les plus appropriés, une réalisation dans laquelle cette expression va prendre tout son sens. Vous ne devez utiliser que la couleur choisie !
Références artistiques possibles :
Yves KLEIN, IKB 3,Monochrome bleu sans titre, 1960, pigment pur et résine synthétique sur toile marouflée sur bois, 199 x 153 cm
Louise NEVELSON, Shadow and reflection I, 1966, bois peint noir, 273,5 x 430 x 65 cm
Pierre SOULAGES, Peinture 202 x 453 cm, 29 juin 1979, 1979, diptyque, huile sur toile, 202 x 453 cm
Tony CRAGG, Blue Horn – Axt, 1982, installation comprenant 40 objets peints, 175 x 360 x 470 cm
Daniel FIRMAN, Simply red, sculpture, 2009, plâtre, vêtements objets. 230 x 140 x 120 cm
Pierre SOULAGES, Peinture 202 x 453 cm, 29 juin 1979, 1979
Questionnements : La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la narration visuelle. La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) : Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) : Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) : Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
L’influence mutuelle des couleurs est tout à fait essentielle pour le coloriste, et les teintes les plus belles, les plus fixes, les plus immatérielles s’obtiennent sans qu’elles soient matériellement exprimées. […] Il ne suffit pas de mettre les couleurs, si belles soient-elles les unes après les autres, il faut encore que ces couleurs réagissent les unes avec les autres, sinon, c’est la catastrophe.
Henri Matisse, 1905 #fauvisme
Réalisez un travail à la gouache où les couleurs sont choisies pour « réagir les unes avec les autres » afin de créer un effet maximal entre-elles allant jusqu’à piquer les yeux.
À propos des contrastes
Johannes ITTEN, professeur au Bauhaus définit sept effets de contrastes différents :
Le contraste de la couleur en soi : Il a lieu lorsque les couleurs pures sont utilisées dans une composition de couleurs. Le blanc et le noir peuvent intensifier l’effet vivace.
Le contraste clair-obscur : Il s’applique à l’utilisation des différentes couleurs claires et valeurs de tons. Toutes les couleurs peuvent être éclaircies par le blanc et obscurcies par le noir. Pour commencer, il faut fabriquer des échelles de tons, pour chaque couleur qui correspond à l’échelle clair-obscur.
Le contraste chaud-froid : On obtient le plus grand effet avec les couleurs rouge-orangé et vert-bleu. Toutes les autres couleurs apparaissent froides ou chaudes selon qu’elles sont en contraste avec des tons chauds ou froids.
Le contraste des complémentaires : Dans son cercle chromatique, les couleurs complémentaires s’opposent. Lorsqu’on mélange des couleurs complémentaires, il en résulte un noir-gris neutre. Les couleurs complémentaires, placées les unes à côté des autres, parviennent à leur plus grande luminosité et, mélangées, se détruisent pour donner un noir-gris.
Le contraste simultané : Son effet repose sur la loi des complémentaires, selon laquelle chaque couleur pure attire physiologiquement la couleur opposée. Si cette couleur n’existe pas, l’oeil crée simultanément la couleur complémentaire. Un vert intense transformera un gris neutre situé à côté de lui en un gris rougeâtre, le même gris neutre situé à côté d’un rouge intense apparaîtra gris-verdâtre.
Le contraste de qualité : Il consiste en une opposition de couleurs brillantes et mates. On les rend opaques avec du noir, du blanc, du gris ou des couleurs complémentaires.
Le contraste de quantité : Il repose sur l’opposition de différentes grandes surfaces de couleur.
Source : Analyses sur la couleur à partir d’études, de cours et de l’Art de la couleur, Johannes Itten (1961).
Méthodologie
Comment créer une sensation grâce à la couleur ? Comment telle couleur interagit-elle avec telle autre ? Vos réponses se trouvent dans l’expérimentation : – préparez plusieurs papiers gouachés de couleurs et de tailles différentes ; – juxtaposez ou superposez les morceaux deux à deux, jugez de l’effet produit et notez-le dans votre bloc-notes. Vos conclusions et les références proposées, vous aideront à réaliser votre gouache.
Références artistiques
Paul SÉRUSIER, Le talisman, l’Aven au Bois d’Amour, 1888, peinture à l’huile, 27 x 21,5 cm, Musée d’Orsay
Vincent VAN GOGH, Le Café de nuit, 1888, huile sur toile, 72 x 92 cm. Le tableau représente l’intérieur du Café de la Gare, sur la place Lamartine d’Arles (quartier de la Cavalerie). La scène, comme l’indique le titre du tableau, se passe la nuit, précisément à minuit et quart d’après l’heure affichée sur l’horloge du fond de la salle. Dans cette grande pièce haute de plafond caractéristique des cafés provençaux du 19e siècle, et éclairés par des lampes à gaz, figurent au centre un billard français et, tout autour, des tables et les chaises. Le tableau est organisé en larges bandes colorées rouges, vertes et jaunes, structures auxquelles se rajoute un cercle composé des tables et des chaises centré sur le billard central. Ce billard, éclairé verticalement, projette une ombre imposante au milieu de la salle. Chose étrange, il s’agit de la seule ombre représentée. Cette œuvre illustre les recherches chromatiques du peintre avec l’emploi de couleurs complémentaires, en particulier ici, le rouge et le vert.
Paul SIGNAC, Portrait de Félix Fénéon, Opus 217, 1890, huile sur métal, 74 x 93 cm; MoMA, NY
Maurice DE VLAMINCK, La cuisine (Intérieur), 1904, huile sur toile, 55 x46 cm, MNAM, Paris
Henri MATISSE, LaRaie verte, 1905, huile sur toile, 40,5 x 32,5 cm
Henri MATISSE, La joie de vivre, 1906, huile sur toile, 174 x 238,1 cm
André DERAIN, Trois personnages assis dans l’herbe, 1906, huile sur toile, 38 x 55 cm, MNAM, Paris
André DERAIN, L’Estaque, Route tournante, 1906, 129,5 x 195 cm
Frantisek KUPKA, La Gamme jaune, 1907, peinture à l’huile sur toile, 79 x 79 cm. Le titre du tableau renvoie à la théorie de la couleur d’Eugène Chevreul et, précisément, à la planche « gamme chromatique orangé jaune » de son ouvrage : Des couleurs et de leurs applications aux arts industriels, à l’aide des cercles chromatiques (1864). Soucieux de créer des peintures « synchromes », fondées sur une base scientifique garante d’effets psychologiques, le peintre choisit ici une gamme chaude et saturée de teintes dominantes, presque monochromes, rehaussée par les teintes froides de bleu et de vert qui ponctuent le visage, pour traduire, comme il l’explique dans son livre, La Création dans les arts plastiques (1923), une atmosphère et des états d’âme d’ordre symboliste.
Ernst Ludwig KIRCHNER, Maisons à Dresde, 1909, huile sur toile, 56 x 90 cm
Vassily KANDINSKY, Composition V, 1913, peinture à l’huile, 200 x 300 cm
Robert DELAUNAY, Joie de vivre, 1930, huile sur toile, 200 x 228 cm, MNAM, Paris
Friedensreich HUNDERTWASSER, Le Grand Chemin, 1955, 162 x 160 cm. Le peintre a utilisé dans ses peintures des couleurs complémentaires pour donner une plus grande luminosité à ses images. Dans Le Grand Chemin dominent les couleurs rouge, bleu et vert qui forment une spirale. Pour Hundertwasser, cette forme symbolise la loi de la nature ; le chemin entre la naissance et la mort.
Josef ALBERS, Study for Homage to the Square: Closing, acrylique sur toile, 40,2 x 40,2 cm, Solomon R. Guggenheim Museum, New York
Josef ALBERS, Interaction of Color, publication, 1963
Victor VASARELY, Majus, 1967-1968, acrylique sur toile, 200 x 200 cm
Questionnement(s) :
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance.
La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :
Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Vous chercherez à exprimer par la couleur un sentiment ou une sensation en utilisant des formes, des effets de matière et de transparence et en travaillant la totalité de la surface du format raisin.
Remarques : Dans cet exercice, vous devez traiter une globalité pour donner du sens et non des détails. N’utilisez pas de représentations figuratives, allégoriques ou symboliques (: signes figuratifs représentants une idée).
Références possibles :
Auguste RENOIR, Les Parapluies, 1886, peinture à l’huile, 180 x 115 cm
Edvard MUNCH, Le Cri, 1893, tempera su carton, 91 x 73,5 cm
Edvard MUNCH, Two Women on the Shore (Deux femmes sur le rivage), 1898, gravure sur bois, 45,5 x 51,5 cm
Wassily KANDINSKY, Sans titre, 1910, crayon, encre de Chine, aquarelle sur papier, 49,6 X 64,8 cm, Coll. MNAM/CCI Centre-Pompidou. Œuvre analysée lors de la verbalisation, afin de proposer une autre approche de l’abstraction.
Yves KLEIN, IKB 3, Monochrome bleu sans titre, 1960, pigment pur et résine synthétique sur toile marouflée sur bois, 199 x 153 cm
Andy WARHOL, Do it Yourself (Seascape), 1963, peinture sur toile, mine de plomb, papiers collés, 1,38 x 1,83 cm (détail en bandeau)
Tony CRAGG, New Stones – Newton’s Tones, installation de fragments d’objets en matière plastique, 1978
Questionnement(s) :
La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : la réalité concrète d’une production ou d’une œuvre – les qualités physiques des matériaux – les effets du geste et de l’instrument – la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :
Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Après avoir observé attentivement l’endroit choisi par le professeur, vous interviendrez sur la modélisation 3D proposée de ce lieu afin de le donner à voir, à le ressentir différemment.
Pour se faire, il vous faudra au préalable : Relevez les caractéristiques intrinsèques du lieu : les matériaux utilisés, les formes, les dimensions, l’organisation des éléments construits, les couleurs, la lumière … Réalisez croquis ou photographies numériques des points de vue les plus significatifs du lieu. Notez et analysez le comportement qu’induit la configuration du lieu sur les élèves présents et notez (déduisez) les fonctions de celui-ci.
Attention, vous travaillerez sur une modélisation 3D. Consultez des tutoriels si besoin. Vous expliquerez votre intention devant un jury.
En quoi votre réalisation sollicite-t-elle les sens du spectateur ? En quoi votre installation favorise-t-elle l’expression d’un concept ? Quelle différence faites-vous entre une installation qui interroge l’architecture et une modélisation 3D d’architecture ? Comment les outils numériques interpellent-ils les spectateurs ? Dans quel but ?
Café HR GIGER, Gruyère, Suisse
Installation
L’installation trouve sa singularité, semble-t-il, dans l’idée d’agencement, de diverses techniques ou différentes manières de faire, d’un environnement muséal ou extérieur.
En effet nous pouvons remarquer, dans les pratiques d’artistes des années 1970-80, le décloisonnement entre les disciplines artistiques et leur cohabitation dans une même production et du même coup dans un même lieu.
Ainsi, chez un artiste comme Joseph BEUYS, il sera caractéristique de retrouver diverses formes de productions : dessins, films d’actions, objets, ensembles de sculptures…
Dans une pièce qu’il a installée à la galerie Durand-Dessert en janvier 1992, intitulée : Dernier espace avec introspecteur (1964-82) apparaissent différents matériaux associés, ainsi que diverses pratiques : deux volumes angulaires en cire d’abeille moulée dans du plâtre, entre ceux-ci, une chaise à graisse réplique de Fettstuhl, réalisée en 1964 ; au bout de cet espace, un trépied sur lequel est fixée une relique de l’accident, juste derrière le rétroviseur, fixée au mur de la galerie, une photo de rétroviseur. Dans l’utilisation et dans l’agencement de la pièce, les matériaux forment un tout, une nature propre à la pièce, nature enfermée dans l’espace d’une galerie dont il s’agit de célébrer le nouvel espace. Il s’agit bien ici d’une installation qui mêle diverses manières de faire pour engendrer un ensemble cohérent.
Tout comme dans Dernier espace avec introspecteur, le Mastaba de Jean-Pierre RAYNAUD reflète l’état d’esprit d’un créateur puisqu’il définit ce lieu ni comme une maison, ni comme un atelier mais comme un espace pour voir ses propres œuvres. Parmi ces œuvres, une centaine de bassines d’hôpitaux sont rangées soigneusement sur le sol et contiennent des morceaux de son ancienne maison. « Je suis très attaché à cette maison et je continue à vivre avec elle […] j’ai vécu vingt-trois ans dans une maison qui était tout en carrelage, dans laquelle il n’y avait pas d’œuvre, justement parce que l’œuvre était la maison. Il fallait lui laisser son espace […]. » La maison et le Mastaba apparaissent donc comme des installations : la présentation actuelle de la maison démolie, morcelée dans des bassines, confirme ici le sens donné à l’installation.
Dans ces exemples, l’œuvre unique en tant qu’objet est transformée par son espace de présentation : non seulement c’est le lieu qui définit l’œuvre mais elle ne peut exister sans celui-ci.
Environnement
Variante de l’installation. Les « environnement » que les artistes développent étendent le concept d’architecture au-delà du construit pour envisager un espace qui s’expérimente physiquement et psychiquement. Les dispositifs immersifs que certains mettent au point pour modifier les perceptions des individus confinent à l’immatérialité et à une redéfinition des liens qui unissent espace et corps, art et architecture.
Références possibles
Gordon MATTA-CLARK, Conical intersect, 1975-1978, Paris, 27-29 rue Beaubourg, Paris
Ilya KABAKOV, The Man Who Flew into Space from His Apartment, 1981-1988
KAWAMATA Tadashi (né en 1953), Apartment Project, Tetra House N-3 W-26, 1983
Daniel BUREN, Points de Vue ou Le Corridorscope, mai-juin 1983, travail in situ à l’intérieur du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, peinture blanche, tableaux provenant des réserves du musée, miroir, tubes en acier, tissu, son(août-septembre), Sapporo (Japon)
Yayoi KUSAMA, Dots Obsession, Infinity Mirrored Room , 1998, installation. peinture, miroirs, ballons, adhésifs, hélium,280 x 600 x 600 cm, Les Abattoirs, Toulouse
Claude LÉVÊQUE, Le Grand Sommeil, MAC/VAL, 2006
Thomas HIRSCHHORN), Too Too-Much Much, 2010, Deurle (Belgique), Dhondt-Dhaenens Museum.
Anish KAPOOR, Léviathan, 2011, Grand Palais, Paris
Barbara KRUGER, Belief+Doubt arrives, 2012, Hirshhorn Museum, Washington, USA
rAndom international, The rain room , 2012, Lacma (Los Angeles County Museum of Art)
James TURRELL, Roden Crater, près de Flagstaff (Arizona), 1974-2014
Olafur ELIASSON, Riverbed, 2014, installation in situ, envahissant l’aile sud du Louisiana Museum of Modern Art,
Ann Veronica JANSSENS, yellowbluepink, 2015, Wellcome Collection, London, UK
Joseph BEUYS, Dernier espace avec introspecteur, 1964-1982Chiharu SHIOTA, Me Somewhere Else, 2018, laine rouge, corde et matière plastique, Blain|Southern, London, UK
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre – les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
France/ All Blacks à Eden Park, Auckland, en Nouvelle-Zélande, le 9 juin 2018
L’objectif du photographe a figé les joueurs au moment même où les défenseurs All Blacks bloque l’ailier du XV de France. Cet instantané garde cependant quelque chose de l’énergie qui emporte le jeu…
Action !
Pour répondre à cette injonction, vous mettrez en œuvre dans votre réalisation (bi-dimensionnelle) les opérations plastiques et les moyens qui vous paraissent les mieux adaptés pour rendre visible toute l’énergie des rugbymen.
L’évaluation portera sur la lecture de la re-présentation du mouvement (analytique et/ ou synthétique) et sur les notions mises en oeuvre à la traduction de celui-ci : épaisseur, transparence, disparition, effacement, bavure, rapidité, lenteur, violence, légèreté, pesanteur, calme …
Références possibles :
Edgard DEGAS, Danseuses, 1899
Le travail photographique de Eadweard MUYBRIDGE et Étienne-Jules MAREY,
Marcel DUCHAMP, Nu descendant un escalier, N°2, 1912,
Elliot ELISOFON, Marcel Duchamp descendant un escalier,
Arturo BRAGAGLIA, L’Éventail, 1928,
Jasper JOHNS, Plongeur, 1963,
Édouard LEVÉ, Sans titre, série Rugby, 2003, photographies (en bandeau)
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
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« Le fauvisme est venu du fait que nous nous placions tout à fait loin des couleurs d’imitation et qu’avec des couleurs pures nous obtenions des réactions plus fortes. »
« La couleur surtout et peut-être plus encore que le dessin est une libération. » Henri Matisse, Écrits et propos sur l’Art.
Régulièrement accrochés dans les premières salles du Musée national, les artistes fauves annoncent par la couleur la modernité et les bouleversements artistiques du début du XXe siècle.
En donnant aux chocs émotifs, selon le mot d’Henri Matisse, une palette franche et pure, le fauvisme prête à la couleur la tonalité d’une émotion et d’une sensation. Il se caractérise par l’audace et la nouveauté de ses recherches chromatiques. Les peintres ont recours à de larges aplats de couleurs violentes, pures et vives, et revendiquent un art fondé sur l’instinct. Ils séparent la couleur de sa référence à l’objet, afin d’accentuer l’expression, et réagissent de manière provocatrice contre les sensations visuelles et la douceur de l’impressionnisme : ce courant est à rattacher à celui de l’expressionnisme.
Comment interagissent les couleurs ?
Réalisez une peinture qui provoquera chez le spectateur — en raison du choix des couleurs et de leur agencement — un effet visuel des plus forts.
Références artistiques possibles : Le talisman, Paul SÉRUSIER, 1888 La cuisine, 1904, Maurice DE VLAMINCK, 1904 La joie de vivre, Henri MATISSE, 1906 Trois personnages assis dans l’herbe, André DERAIN, 1906 L’Estaque, Route tournante, André DERAIN, 1906 Joie de vivre, Robert DELAUNAY, 1930 Interaction of Color, Josef ALBERS, publication, 1963
Le joie de vivre, Henri MATISSE, 1906, huile sur toile, 176,5 x 240,7 cm.
* Le port de pêche – Collioure (détail), André DERAIN, 1905, huile sur toile, 81,5 x 100 cm.
Questionnements :
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance. La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent. Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) : Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
« Pour chacune des quatre saisons, il faut trouver […] les couleurs qui, par rapport à l’ensemble, appartiennent sans hésiter à l’expression de la saison considérée. » Johannes Itten
Johannes Itten (1888-1967), peintre et enseignant suisse
Il commence à dessiner et à peindre à l’âge de seize ans et suit les cours de l’École des Beaux-Arts de Genève, tout en poursuivant des études scientifiques. En 1910 il découvre à Paris le cubisme, Picasso et Cézanne, et en 1911 à Munich le groupe du Blaue Reiter. Il termine sa formation à Stuttgart chez Adolf Hölzel de 1913 à 1916. Il fonde alors une école d’art et participe au Sturm à Berlin.
De 1919 à 1923, il enseigne au Bauhaus. Il prit dès son arrivée une influence majeure sur l’enseignement de cette institution. Il dirigea les enseignements ayant trait à la forme. Il fut contesté tant par les élèves, dont Josef Albers, que par Walter Gropius et la direction, en raison de ses méthodes d’enseignement empreintes de sectarisme.
Après un séjour en Suisse, il fonde en 1926 une nouvelle école à Berlin, puis dirige une école professionnelle à Krefeld. En 1938, il émigre à Amsterdam, puis retourne à Zurich où il dirige la Kunstgewerbeschule (école des arts appliqués), qu’il quitte en 1954 pour se consacrer entièrement à la peinture et à l’écriture de ses ouvrages théoriques, dont le plus célèbre est L’art de la couleur, publié en 1967.
« Les théories sur la couleur de Kandinsky, Klee, Itten, Albers, et par ailleurs Robert et Sonia Delaunay, ne peuvent être séparées de leur œuvre picturale, didactique et artisanale. »
— Manlio Brusatin (source Wikipédia)
Vocabulaire :
Dégradé (n. m.) : Modification progressive d’une couleur ou d’une valeur. Un dégradé peut être continu ou discontinu (en suivant des bandes par exemple).
Harmonie (n. f.) : En décoration et dans le langage courant, on parle d’harmonie lorsque des teintes créent une combinaison agréable à l’œil. En règle générale, ces couleurs comportent une couleur de base commune. Un tel jugement repose essentiellement sur des valeurs subjectives. Mais harmonie signifie surtout « équilibre » et « symétrie des forces », de cette remarque pourrait naître un questionnement – peut-être plus objectif – que certains professeurs du Bauhaus ont relayé.
Luminosité (n. f.) : Degré d’éclat d’une couleur, d’une surface colorée.
Monochrome (adj. ou n. m.) : D’une seule couleur unie (contraire de polychrome). Klein a peint les premiers tableaux monochromes connus, dont I’IKB (International Klein Blue).
Nuance (n. f.) : La nuance d’une couleur résulte du mélange de cette couleur avec une faible quantité de ses voisines du cercle chromatique.
Teinte (n. f.) : Synonyme de couleur, la teinte est la qualité qui distingue une couleur d’une autre.
Ton (n. m.) : Le ton d’une couleur est le mélange de cette couleur avec du noir ou du blanc. On obtient ainsi des tons plus ou moins foncés ou plus ou moins clairs.
Valeur (n. f.) : La valeur, c’est le degré de clair ou d’obscur, de lumière ou d’ombre (variant entre le blanc et le noir), abstraction faite des couleurs.
Références artistiques possibles : La Pie, Claude MONNET, 1868-1869, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris La méridienne ou La sieste (d’après Millet), Vincent VAN GOGH, décembre 1889 – janvier 1890, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris Einst dem Grau der Nacht enttäuscht, Paul KLEE, 1918, aquarelle, Centre Paul Klee, Berne
Questionnement :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) : Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine