Réalisez sous la forme d’un Flip Book une « plongée » dans la couleur. Un flip book est une réunion d’images assemblées destinée à être feuilletée pour donner une impression de mouvement et créer une séquence animée à partir d’un simple petit livre et sans l’aide d’une machine.
Le flip book se présente comme un petit carnet que l’on tient d’une main et que l’on effeuille de l’autre avec le pouce soit de l’avant vers l’arrière soit de l’arrière vers l’avant. Les images qu’il contient donnent l’illusion d’être ainsi animés plus ou moins rapidement selon la vitesse à laquelle on le manipule. Longtemps qualifié de cinématographe de poche, il fait le lien entre le livre, la succession de dessins qui préfigure le dessin animé, et l’image animée qui donnera naissance au cinéma.
Objectifs
La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :
expérimenter le traitement de l’image animée par la pratique du flip book
mieux comprendre le phénomène de la persistance rétinienne (principe mécanique du cinéma)
mettre en œuvre les principes élémentaires de l’animation image par image.
Questions
Comment mettre en mouvement une image fixe ? Comment animer des images fixes de manière fluide ? Comment passer d’une image fixe à une image animée ?
la narration visuelle : mouvement et temporalité suggérés ou réels, dispositif séquentiel et dimension temporelle, durée, vitesse, rythme, montage, découpage, ellipse…
la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique : les incidences du numérique sur la création des images fixes et animées, sur les pratiques plastiques en deux et en trois dimensions.
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer
1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)
– Mettre en œuvre un projet artistique
2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité
3.2 – Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art
4.2 – Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
Les saisons… sont ce qu’une symphonie devrait être : quatre mouvements parfaits en harmonie intime les uns avec les autres.
Arthur RUBINSTEIN (1887-1982)
À chaque saison, la nature éblouit de couleurs ses paysages laissant paraître toute leur splendeur. Sous la forme d’une frise colorée abstraite, d’un ruban de couleurs, vous donnerez à voir aux spectateurs votre ressenti chromatique du passage des quatre saisons.
Sans titre, étudiant anonyme au BAUHAUS, Art de la Couleur, 1985, Éd. Dessain et TolraJohannes ITTEN, planche quatre saisons, Art de la Couleur, 1985, Éd. Dessain et Tolra
Objectifs
La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :
remarquer que les images peuvent se libérer de la volonté figurative
comprendre que les couleurs engendrent des sensations qui leur sont propres : représentative, expressive, symbolique, sensorielle
saisir que les couleurs varient en fonction de leur contexte, de leur qualité, de leur quantité.
Questions
En quoi une image est-elle artistique ? Dans quelle mesure les couleurs peuvent-elles devenir le sujet de l’œuvre ? En quoi les couleurs sont-elles liées à leur contexte et leur qualité et matérialité ?
Références artistiques possible
Pieter BRUEGHEL l’Ancien, Les Moissonneurs, 1565, huile sur panneau de bois, Metropolitan Museum of Art, New York
Giuseppe ARCIMBOLDO, Les quatre saisons, 1572, série de tableaux, 76 × 64 cm
Guglielmo CIARDI, Été, 1879, Museo d’Arte Moderna, Ca’ Pesaro, Venise
Berthe MORISOT, Jour d’été ou Le Lac du bois de Boulogne, 1879, huile sur toile, National Gallery, Londres
Vincent Van GOGH, Champ de blé derrière l’hospice Saint-Paul avec un faucheur (La Moisson), 1889, huile sur toile, Museum Folkwang, Essen
Claude MONET, Les meules, fin de l’été, 1891, huile sur toile, musée d’Orsay
Claude MONET, Les Nymphéas, 1914-1926, ensemble mural, Musée de l’Orangerie, Paris. Le peintre a peint ces compositions pour qu’elles soient suspendues en cercle, comme si une journée ou les quatre saisons s’écoulaient devant les yeux du spectateur.
Nicolas DE STAËL, Paysage Ménerbes(Vaucluse, France), 1953, huile sur toile, 14 × 22 cm
Nicolas DE STAËL, Paysage Agrigente(Sicile, Italie), 1954, huile sur toile, 73 × 82 cm
Aurélie NEMOURS, Fête, Festival violet, 1955, huile sur toile, 100 × 73 cm
Johannes ITTEN, Composition orange et vert-bleu, 1957, aquarelle sur papier, 27 × 37 cm
Olivier DEBRÉ, Composition 2, 1982, lithographie originale sur papier Arches, 14 × 50 cm
Gerhard RICHTER, 4900 Farben, 2007, peinture laquée sur Dibond – 196 panneaux comprenant chacun 25 carrés d’une couleur, 680 × 680 cm
1- Claude MONET, La Pie, 1868-1869, 89 × 130 cm – 2- Vincent VAN GOGH, La Pêche au printemps au pont de Clichy, 1887, 50,5 × 60 cm 3- Paul DERAIN, Collioure, le port de pêche, 1905, 81,5 × 100 cm – 4- Gustave COURBET, Le Vieux chêne à Ornans, 1841, 39,9 × 60,9 cm
Niveaux de maîtrise
Compétences
Maîtrises
1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent
J’ai du mal à faire des choix pertinents pour créer des effets artistiques.
–
Je commence à explorer différents gestes, outils et matériaux, mais le résultat est souvent imprévisible.
+-
Je fais les bons choix et parviens à créer les effets artistiques prévus dans mon projet.
+
Je fais preuve d’une réelle maîtrise dans le choix, l’organisation et l’utilisation de gestes, d’outils et de matériaux pour créer des effets artistiques variés et convaincants.
++
2.4 – Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur
Je ne tiens pas compte des contraintes pratiques et des attentes du spectateur dans mon projet artistique.
–
Je commence à prendre en compte certaines contraintes, mais cela reste partiel.
+-
J’adapte avec succès mon projet en fonction des contraintes de réalisation et des besoins du spectateur.
+
Je prévois, adapte et résous les contraintes de réalisation tout en tenant compte des attentes du spectateur, ce qui conduit à la réussite de mon projet artistique.
++
4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée
Je rencontre des difficultés à décrire les œuvres d’art de manière précise et à exprimer une compréhension personnelle argumentée.
–
Je commence à décrire les œuvres d’art avec plus de détails, mais mon analyse reste superficielle.
+-
Je décris avec précision les œuvres d’art en exprimant ma compréhension personnelle et en fournissant des arguments convaincants.
+
Je réalise des descriptions d’œuvres d’art approfondies, perspicaces et originales, avec une compréhension personnelle solide et étayée par des références artistiques.
++
Références au programme du cycle 3
Questionnement(s)
La représentation plastique et les dispositifs de présentation :
la ressemblance : découverte, prise de conscience et appropriation de la valeur expressive de l’écart dans la représentation.
La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre :
la matérialité et la qualité de la couleur : la découverte des relations entre sensation colorée et qualités physiques de la matière colorée (pigments, substances, liants, siccatifs, etc.), des effets induits par les usages (jus, glacis, empâtement, couverture, aplat, plage, giclure, etc.), les supports, les mélanges avec d’autres médiums ; la compréhension des dimensions sensorielles de la couleur, notamment les interrelations entre quantité (formats, surfaces, étendue, environnement) et qualité (teintes, intensité, nuances, lumière, etc.).
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer
1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)
– Mettre en œuvre un projet artistique
2.4 – Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité
3.2 – Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art
4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.
Tableau peint composé de deux panneaux pouvant ou non se rabattre.
#diptyque #polyptyque
Réalisez deux représentations en couleur des objets posés devant vous :
l’une d’elle sera éteinte (terne, sans émotion, sans intensité),
l’autre éclatante (vive, voyante, lumineuse).
Le travail à la gouache est à privilégier.
Vocabulaire
Une nature morte est un genre artistique, principalement pictural (: relatif à la peinture artistique) qui représente des éléments inanimés (aliments, gibiers, fruits, fleurs, objets divers) organisés d’une certaine manière dans le cadre défini par l’artiste, souvent dans une intention symbolique.
Nuance : légère différence de la couleur. Ton : couleur considérée du point de vue de son intensité lumineuse et de son degré de saturation ou par rapport à l’impression qu’elle produit. Valeur : degré de clarté d’un ton par rapport à un autre ton. Contraste : effet produit par la juxtaposition de deux couleurs qui s’opposent ; opposition entre deux ou plusieurs choses, mise en évidence et soulignée par leur rapprochement, leur mise en relation. Dégradé : modification progressive d’une couleur, d’un éclairage. Camaïeu : qui n’utilise que les diverses nuances d’une même couleur. Monochrome : qui comporte une seule couleur. Polychrome : qui a plusieurs couleurs.
Objectifs pédagogiques
La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :
redécouvrir l’expressivité de la couleur,
rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes,
exprimer avec plus justesse ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.
Questions
En quoi la couleur est-elle expressive ? Dans quelle mesure la matérialité change-t-elle la perception des œuvres d’art ? Comment les couleurs sont-elles liées à leur contexte et leur qualité et matérialité ? En quoi les couleurs peuvent-elles devenir le sujet de l’œuvre ?
Références artistiques possibles
Édouard MANET, Nature morte au melon et aux pêches, 1866, huile sur toile, 69 x 92 cm, National Gallery of Art, Washington DC, USA
Edvard MUNCH, Two Women on the Shore, 1898, estampe
Ernst Ludwig KIRCHNER, Maisons à Dresde, 1909, huile sur toile, 56 x 90 cm
Vincent VAN GOGH, Le Café de nuit, 1888, huile sur toile, 72 x 92 cm
Georges SEURAT, Un dimanche après-midi à l’île la Grande-Jatte, 1884, huile sur toile, 207 x 308 cm
Paul SIGNAC, Portrait de Félix Fénéon, 1890, huile sur métal, 74 x 93 cm
Pablo PICASSO, La Tragédie, 1903, huile sur panneau, 1045 x 69 cm
Robert DELAUNAY, Drame politique, 1914, huile et collage sur carton, 87 x 67 cm
Henri MATISSE, Les Bêtes de la mer, 1950, papiers collés, 295 x 154 cm
Andy WARHOL, Double Self Portrait, 1967, sérigraphie sur toile, 193 x 193 cm (x2) (en bandeau)
Edvard MUNCH, Two Women on the Shore, 1898, bois gravé, MoMA, NYPaul SIGNAC, Portrait de Félix Fénéon, 1890, huile sur métal, 74 x 93 cm, MoMA, NY
À propos des contrastes
Johannes Itten, professeur au Bauhaus définit sept effets de contrastes différents :
1. Le contraste de la couleur en soi : Il a lieu lorsque les couleurs pures sont utilisées dans une composition de couleurs. Le blanc et le noir peuvent intensifier l’effet vivace.
2. Le contraste clair-obscur : Il s’applique à l’utilisation des différentes couleurs claires et valeurs de tons. Toutes les couleurs peuvent être éclaircies par le blanc et obscurcies par le noir. Pour commencer, il faut fabriquer des échelles de tons, pour chaque couleur qui correspond à l’échelle clair-obscur.
3. Le contraste chaud-froid : On obtient le plus grand effet avec les couleurs rouge-orangé et vert-bleu. Toutes les autres couleurs apparaissent froides ou chaudes selon qu’elles sont en contraste avec des tons chauds ou froids.
4. Le contraste des complémentaires : Dans son cercle chromatique, les couleurs complémentaires s’opposent. Lorsqu’on mélange des couleurs complémentaires, il en résulte un noir-gris neutre. Les couleurs complémentaires, placées les unes à côté des autres, parviennent à leur plus grande luminosité et, mélangées, se détruisent pour donner un noir-gris.
5. Le contraste simultané : Son effet repose sur la loi des complémentaires, selon laquelle chaque couleur pure attire physiologiquement la couleur opposée. Si cette couleur n’existe pas, l’oeil crée simultanément la couleur complémentaire. Un vert intense transformera un gris neutre situé à côté de lui en un gris rougeâtre, le même gris neutre situé à côté d’un rouge intense apparaîtra gris verdâtre.
6. Le contraste de qualité : Il consiste en une opposition de couleurs brillantes et mates. On les rend opaques avec du noir, du blanc, du gris ou des couleurs complémentaires.
7. Le contraste de quantité : Il repose sur l’opposition de différentes grandes surfaces de couleur.
Analyses sur la couleur à partir d’études, de cours et de l’Art de la couleur, Johannes Itten (1961).
Niveaux de maîtrise
Compétences
Maîtrises
1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent
J’ai du mal à faire des choix pertinents pour créer des effets artistiques.
–
Je commence à explorer différents gestes, outils et matériaux, mais le résultat est souvent imprévisible.
+-
Je fais les bons choix et parviens à créer les effets artistiques prévus dans mon projet.
+
Je fais preuve d’une réelle maîtrise dans le choix, l’organisation et l’utilisation de gestes, d’outils et de matériaux pour créer des effets artistiques variés et convaincants.
++
1.3 – Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes
Je reproduis simplement des clichés sans apporter de touche personnelle.
–
Je commence à explorer une expression personnelle, mais elle reste limitée et peu évidente.
+-
Je parviens à m’éloigner des stéréotypes et à exprimer des idées personnelles à travers mon travail.
+
J’ai une expression artistique convaincante et personnelle, évitant complètement les stéréotypes.
++
3.3 – Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art
Je ne formule pas clairement l’expression de mes émotions en lien avec mes propres réalisations ou celles des autres.
–
Je commence à exprimer mes émotions, mais ma formulation manque de précision et de justesse.
+-
Je formule avec justesse l’expression de mes émotions en me référant à mes réalisations plastiques, celles de mes pairs et des œuvres d’art rencontrées.
+
J’exprime avec précision et profondeur mes émotions, en m’appuyant de manière pertinente sur mes réalisations plastiques, celles de mes pairs et des œuvres d’art rencontrées.
++
4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée
Je rencontre des difficultés à décrire les œuvres d’art de manière précise et à exprimer une compréhension personnelle argumentée.
–
Je commence à décrire les œuvres d’art avec plus de détails, mais mon analyse reste superficielle.
+-
Je décris avec précision les œuvres d’art en exprimant ma compréhension personnelle et en fournissant des arguments convaincants.
+
Je réalise des descriptions d’œuvres d’art approfondies, perspicaces et originales, avec une compréhension personnelle solide et étayée par des références artistiques.
++
Références au programme du cycle 3
Questionnement(s)
La représentation plastique et les dispositifs de présentation :
la ressemblance : découverte, prise de conscience et appropriation de la valeur expressive de l’écart dans la représentation.
La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre :
la matérialité et la qualité de la couleur : la compréhension des dimensions sensorielles de la couleur, notamment les interrelations entre quantité (formats, surfaces, étendue, environnement) et qualité (teintes, intensité, nuances, lumière, etc.).
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer
1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
1.3 – Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité
3.3 – Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art
4.2 – Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.
*Image mise en avant : Double Self Portrait (1967) d’Andy WARHOL, sérigraphie sur toile, 193 × 193 cm
En prenant en compte la totalité de l’espace du support proposé, peignez les impressions* visuelles et colorées perçues à la vue de ce bouquet présenté devant vous.
*Sensation, sentiment produit par une cause extérieure.
Questions abordées
Dans quelle mesure l’écart entre le référent et sa représentation peut-il être source d’expression ou de valeur expressive ? À quel point une représentation peut-elle s’affranchir du monde visible ? En quoi le choix et l’utilisation de l’outil déterminent-ils la manière de peindre ? En quoi le geste peut-il être expressif ?
Objectifs pédagogiques
Les objectifs de cette séquence sont d’amener les élèves à :
comprendre le rôle de la matière dans une œuvre et qu’il peut exister un dialogue pertinent entre la matière et le motif représenté
découvrir que la matérialité d’une œuvre influe sur sa réception par le spectateur
comprendre que les choix plastiques d’une œuvre expriment les intentions de l’artiste
comprendre que la reproduction photographique de l’œuvre annule sa matérialité.
Références artistiques possibles
Edward BURNE-JONES, L’amour conduisant le pèlerin, 1896, huile sur toile, 304 × 157 cm, Tate Britain, Londres
Gustav KLIMT, Jardin Cottage avec tournesols, vers 1907, huile sur toile, 110 × 110 cm
Studio Walt DISNEY, Prince sabrant les fourrés entourant le château de la Belle au bois dormant, 1959, film d’animation, décor dessiné par Eyvind EARLE
Andy WARHOL, Untitled from Flowers, 1970, sérigraphie, 91,8 × 91,6 cm, MoMA, NY
Gina PANE, Azione Sentimentale, performance réalisée à la galerie Diagramma à Milan en 1973
Georges MATHIEU, Rêves desséchés, 1990, huile sur toile, 146 × 114 cm, Centre Pompidou, Paris
Miguel CHEVALIER, Fractal flowers, 2009, installation interactive en réalité virtuelle
Anselm KIEFER, Daphne, 2016, verre, métal, tissu, plomb, branches et feuilles séchées, 240 × 150 × 91 cm
Jean-Marie APPRIOU, Roncier, 2019, installation, fonte d’aluminium, Biennale de Lyon 2019, Usine Fagor
Jan ROPP, Ronce, 2022, installation faite de branches de ronces, reliées des bandes de plâtre et occupant l’ensemble de la Maison Salvan, centre d’art contemporain de Labège, Toulouse
Takashi MURAKAMI, MurakamiZombie, vue de l’exposition (21 janv. – 12 mars 2023) au Busan Museum of Art, Corée du sud
Questionnement(s)
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière.
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Composantes théoriques
– Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Du 21/01 au 11/03/2023 à la Chapelle de la Visitation, Thonon-les-Bains
En ce début d’année, la Chapelle met en lumière le travail singulier de Claire CHESNIER.
Depuis presque dix ans, l’artiste se tient à un même protocole de création : elle gorge d’eau un papier aquarelle grand format puis y dépose l’encre abondante puis guide à l’aide de brosses les variations de celle-ci. Diluée, la couleur se densifie voile après voile. Tout le travail de l’artiste réside dans sa manière d’élaborer les tonalités, leurs dégradés, et de moduler leur irradiation jusqu’à livrer au regard ces espaces sensibles.
« Je prends la surface dans son entier à chaque fois. Je travaille à la manière de glacis, mais à l’encre, donc chaque pan de transparence qui se pose rejoue la peinture dans son entier. » – Claire Chesnier
Chapelle de la Visitation – Espace d’art contemporain 25, rue des granges 74200 Thonon-les-Bains Ouverture : le mardi, mercredi, vendredi et samedi de 14H30 À 18H
Dans le champ artistique, la couleur apparaît comme un moyen de retranscrire les nuances, de créer les contrastes et les modelés des objets réels. Avec la naissance de l’art moderne, la couleur s’affranchit de ce rôle mimétique pour devenir une fin en soi. C’est ce que l’on appelle l’autonomie de la couleur : sa capacité à se suffire à elle-même sans avoir à se référer à autre chose.
Votre intention sera de créer une expérience contemplative immergeant le spectateur dans la (matière) couleur de par ses aspects sensoriels, ses rapports à la perception, à l’espace.
#aspect sensoriel #expressivité #rapport à la perception
Dans quelle mesure la qualité et la quantité de la couleur influent-elles la perception de cette couleur ? En quoi la couleur et sa matérialité confèrent-elles une valeur expressive à l’œuvre ?
Monochrome
Qu’est-ce qu’un monochrome ? « Monochrome » : d’une seule couleur. Le terme fut longtemps dans l’histoire de l’art un adjectif qualifiant un camaïeu ou une grisaille. Au 20e siècle, il devient un substantif puis un genre au même titre que le paysage ou le ready-made.
Claude MONET, La Série des Cathédrales de Rouen , 30 tableaux réalisés de 1892 à 1894 représentant principalement des vues du portail occidental de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, peintes à des angles de vues et des moments de la journée différents
Kasimir MALEVITCH, Carré noir, 1923 – 1930, huile sur plâtre, 36,7 x 36,7 x 9,2 cm, Centre Pompidou, Paris
Morris LOUIS, Blue Veil, 1958, acrylique sur toile, 233 x 396 cm
Yves KLEIN, IKB 3 – Monochrome bleu, 1960, pigment pur et résine synthétique sur toile marouflée sur bois, 199 x 153 cm, Centre Pompidou, Paris
Mark ROTHKO, Untitled (Black, Red over Black on Red), 1964, huile sur toile, 205 x 193 cm, Pompidou Paris
Claude RUTAULT, Toiles à l’unité, 1973/Légendes, 1985, 1973 – 1985, installation, peinture acrylique sur toile, Centre Pompidou, Paris
Ellsworth KELLY, Three Panels: Orange, Dark Gray, Green, 1986, huile sur panneau, 294,6 x 1047,7 cm, MoMA, NY
Anish KAPOOR, Descent into limbo, 1992, installation
Pierre SOULAGE et Jean-Dominique FLEURY, les vitraux de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques, 1994
Olivier DEBRÉ réalisant le rideau de l’Opéra de Shangai, Chine, novembre 1998, photographié de Marc Deville
Pierre SOULAGE, Peinture 300×235 cm, 9 juillet 2000, huile sur toile
Olafur ELIASSON, The Project Weather, 2003, installation à la Tate Modern de Londres
Ann Veronica JANSSENS, Rose, 2007, installation, projecteurs, machine à brouillard
Craig COSTELLO, Untitled (Toulouse), 2016, acrylique sur mur, dimensions variables.
Questionnement(s) :
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
*Claude RUTAULT, d/m 263. toile recto-verso avec un châssis de Gottfried Honegger, 2014, acrylique sur toile, 150 x 150 cm
Constituez une collection d’objets colorés (ou fragments d’objets) puis proposez-en une installation dont l’enjeu sera d’interroger la matérialité et la qualité de la couleur des matériaux dont les fragments sont faits.
#couleur #matérialité #qualité #dispositif
Vocabulaire spécifique
Combiner : mettre deux choses ensemble.
Collection : réunion d’objets ayant un intérêt esthétique, scientifique, historique, ou une valeur provenant de leur rareté.
Installation : œuvre d’art contemporain dont les éléments, de caractère plastique ou conceptuel, sont organisés dans un espace donné.
Typologie : démarche méthodique consistant à définir ou étudier un ensemble de types, afin de faciliter l’analyse, la classification et l’étude de réalités complexes.
Questions
Comment concevoir la mise en scène d’une collection où la couleur des objets en serait l’enjeu ? Dans quelle mesure votre réalisation plastique interroge-t-elle la couleur et sa matérialisation ? En quoi la perception de la couleur d’un matériau évolue-t-elle en modifiant sa quantité et sa qualité ? En quoi votre réalisation fait-elle sens pour le spectateur ?
Méthodologie
Travaillez en groupe de 2 ou 3. Mutualisez les fragments colorés.
Juxtaposez, superposez-les (…) pour observer les effets produits. Faites plusieurs essais jusqu’à obtenir une organisation probante.
Choisissez votre dispositif de présentation (: manière de présenter le travail artistique, d’associer plusieurs éléments entre eux).
Photographiez votre installation.
Intégrez vos prises de vue dans un diaporama. Expliquez ce qui fait sens dans votre réalisation.
Tony CRAGG, Blue Horn, 1982
Références artistiques possibles
Richard Paul LOHSE, 6 rangées de couleurs verticales systématiques, 1972, huile sur toile, Musée de Grenoble. L’organisation de la grille répond aux contraintes d’un carré latin de 6 lignes et colonnes (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Carré_latin).
Yves KLEIN, Relief Éponge rose sans titre (RE 36), 1960, pigment pur et résine synthétique, éponges naturelles et graviers sur panneau, 125 x 100,4 x 11,5 cm
ARMAN, Quand le vin est tiré, 1963, capsules, 163 cm x 123 cm
Sol LEWITT, Drawing Series III/2314/A & B, 1969, crayon et encre sur papier, 30,6 x 61,1 cm, MoMA, NY
Tony CRAGG, Blue Horn – Axt, 1982, installation comprenant 40 objets peints, 175 x 360 x 470 cm
Allan Mc COLLUM, Over Ten Thousand Individual Works, 1987-1989. 10 000 objets produits en série, mais tous uniques à partir de moules d’objets ménagers en caoutchouc combinés, acrylique sur hydrocal (mélange de plâtre et ciment).
Daniel FIRMAN, Simply red, sculpture, 2009, plâtre, vêtements objets. 230 x 140 x 120 cm
Dan Tobin SMITH, The First Law Of Kipple, 2014, installation immersive comprenant des milliers d’objets colorés sur 200 m2 à l’occasion du London Design Festival
Damien HIRST, Persil, 2015, métal, plastique, résine, LED, paquets de lessive, 214 x 128,5 x 65 cm
Carson Davis BROWN, #Mass, 2017, installation in situ, divers objets collectés sur place dans la grande surface (en bandeau)
Emmanuelle MOUREAUX, 100 colors no.36 « hitobito iroiro » for UNIQLO, 2021. L’installation est composée de 9 000 silhouettes de femmes dans 100 nuances de couleurs différentes, régulièrement alignées en grilles tridimensionnelles, remplissant une vitrine de UNIQLO GINZA store à Tokyo. Emmanuelle Moureaux (vimeo.com)
Questionnement(s)
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux – la matérialité et la qualité de la couleur.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
« J’ai choisi cette couleur et je le montre bien ! »
#monochrome #contraste #dispositif #présentation
Réalisez un dispositif* plastique porteur de sens qui fera clairement comprendre la couleur que vous avez sélectionnée.
*Ensemble des moyens mis en œuvre dans un but particulier.
Questions
Comment pouvons-nous créer du sens en mettant en regard et en espace une couleur ? De quelle manière pouvez-vous prendre en compte le spectateur dans l’effet recherché ? Dans quelle mesure la sensation colorée, les qualités physiques de la matière colorée, les effets induits par les usages influent-ils la perception du spectateur ?
Philippe RAMETTE, Objet à voir le monde en détail, 2007, photographie couleur, 150 x 120 cm
Références artistiques possibles
Pablo PICASSO, La Tragédie, 1903, huile sur panneau, 105 x 69 cm
Kasimir MALEVITCH, Carré blanc sur fond blanc, 1918, huile sur toile, 79,4 x 79,4 cm
Josef ALBERS, Affectionate (Homage to the Square), 1954, huile sur Isorel, 81 x 81 cm, Centre Pompidou, Paris
Yves KLEIN, IKB 79, 1959, acrylique sur panneau, 139,7 x 119,7 x 3,2 cm, Tate Modern, Londres
Dan FLAVIN, Greens crossing greens (to Piet Mondrian who lacked green), 1966, installation, tubes fluorescents verts, Solomon R. Guggenheim Museum, NY
Tony CRAGG, Blue Horn (Axt), 1982, installation d’une quarantaine d’objets peints, dimensions variables : 175 x 360 x 470 cm
Anish KAPOOR, Mother as Mountain, 1985, bois, gesso et pigment, 140 x 275 x 105 cm
Pierre SOULAGES, Peinture, 1985, huile sur toile, 324 x 362 cm, Centre Pompidou, Paris
Daniel BUREN, Le temps d’une œuvre, installation, Biennale de Lyon, 2005
Ann Veronica JANSSENS, Rose, 2007, 7 projecteurs de lumière, brume artificielle, dimensions variables : 360-400 cm
Philippe RAMETTE, Objet à voir le monde en détail, 2007, photographie couleur, 150 x 120 cm
Ann Veronica JANSSENS, Rose, 2007, installation, projecteurs, machine à brouillard, dimensions variables, MNAM, Paris
Olafur ELIASSON, Colour Activity House, 2010, installation à Kanazawa, Japon
James TURRELL, Breathing Light, 2013, installation, LED, dimensions variables, Los Angeles County Museum of Art
Wolfgang LAIB, Pollen de pin, installation in situ, 120 x 130 cm, Buchmann Galerie, Basel 2018
Ann Veronica JANSSENS, Rose, 2007, installation
Questionnement(s)
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la mise en regard et en espace – la prise en compte du spectateur, de l’effet recherché.
La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)
Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)
Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
À propos des contrastes colorés
Johannes Itten, professeur au Bauhaus, définit 7 effets de contrastes différents :
Le contraste de la couleur en soi : il a lieu lorsque les couleurs pures sont utilisées dans une composition de couleurs. Le blanc et le noir peuvent intensifier l’effet vivace.
Le contraste clair-obscur : il s’applique à l’utilisation des différentes couleurs claires et valeurs de tons. Toutes les couleurs peuvent être éclaircies par le blanc et obscurcies par le noir. Pour commencer, il faut fabriquer des échelles de tons, pour chaque couleur qui correspond à l’échelle clair-obscur.
Le contraste chaud-froid : on obtient le plus grand effet avec les couleurs rouge-orangé et vert-bleu. Toutes les autres couleurs apparaissent froides ou chaudes selon qu’elles sont en contraste avec des tons chauds ou froids.
Le contraste des complémentaires : dans son cercle chromatique, les couleurs complémentaires s’opposent. Lorsqu’on mélange des couleurs complémentaires, il en résulte un noir-gris neutre. Les couleurs complémentaires, placées les unes à côté des autres, parviennent à leur plus grande luminosité et, mélangées, se détruisent pour donner un noir-gris.
Le contraste simultané : son effet repose sur la loi des complémentaires, selon laquelle chaque couleur pure attire physiologiquement la couleur opposée. Si cette couleur n’existe pas, l’œil crée simultanément la couleur complémentaire. Un vert intense transformera un gris neutre situé à côté de lui en un gris rougeâtre, le même gris neutre situé à côté d’un rouge intense apparaîtra gris verdâtre.
Le contraste de qualité : il consiste en une opposition de couleurs brillantes et mates. On les rend opaques avec du noir, du blanc, du gris ou des couleurs complémentaires.
Le contraste de quantité : il repose sur l’opposition de différentes grandes surfaces de couleur.
Le Déluge désigne une très ancienne inondation catastrophique causée par des pluies diluviennes (pluies très abondantes) et continues durant sept ou quarante jours, selon les versions. Surtout connu par le récit de l’Arche de Noé, ce mythe est présent dans de nombreuses cultures.
Tout au long des siècles, la pluralité des mythes du Déluge et des théories catastrophistes qui en découlent a en effet « eu la particularité d’avoir donné à repenser continuellement l’histoire de l’humanité ».
Proposez une réalisation bidimensionnelle porteuse de sens construisant une réflexion sur l’association des termes Déluge et couleur dans la proposition incitative : Déluge de couleurs.
#figuration/ abstraction #all over
Méthodologie
Sous la forme d’une carte mentale, représentez visuellement le cheminement associatif de votre pensée montrant les liens que vous faites entre le mythe et les couleurs.
Au regard de ce premier travail, interrogez-vous sur la fonction de la couleur, sur sa matérialité, son étendue sur le support… Dans quelle mesure l’utilisation de couleurs engendre-t-elle des sensations qui lui sont propres ? Produit-elle du sens ? Comment montrer l’impact de l’utilisation des couleurs sur un espace en modifiant leur quantité, leur qualité et leur proximité ?
Après avoir mis en lumière les liens qui existent entre les différents termes de la proposition et les informations qui leur sont associées, choisissez une idée potentielle de réalisation.
Dessinez-la sous la forme d’un croquis en couleur.
Après le temps de verbalisation en classe entière, réalisez votre projet.
Attention, adaptez vos outils et vos gestes aux contraintes de votre travail.
Objectifs
Les objectifs de cette séquence sont d’amener les élèves à savoir :
exprimer une intention et produire du sens par des choix chromatiques pertinents
donner corps à la couleur en interrogeant ses qualités : d’absorption, de réflexion, de transparence, en sachant que certaines couleurs produisent des jeux optiques, des rapports de contrastes qui influencent la perception d’un espace
que la couleur peut être un langage plastique autonome en expérimentant son potentiel sensoriel, expressif, métaphorique, symbolique à des fins artistiques
distinguer les différentes matérialisations de la couleur (lumières, matières) et apprendre à en produire – peindre, utiliser des objets et/ou des matériaux colorés, projeter de la lumière colorée, etc. – en exploitant les effets produits pour modifier la perception d’un espace
Léon François COMERRE, Le Déluge, 1911
Références artistiques possibles
Léonard DE VINCI, Un Déluge, 1518, craie noire, plume et encre, lavis sur papier, 20 x 16 cm, Royal Collection trust, Londres
Sheila HICKS, Lianes de Beauvais, 2011-2012, installation, lin, coton perlé, laine, soie et nylon, dimensions variables : 430 x 400 cm version haute (lianes suspendues), 380 x 350 cm version basse (lianes reposant au sol), Centre Pompidou, Paris
Ian DAVENPORT, Spring (Bluebonnet), 2018, acrylique sur aluminium (six panneaux avec une section de plancher), 330 x 600 x 100 cm, Paul Kasmin Gallery, NY
Matteo MAURO, Deluge, 2021, gravure numérique sur aluminium, 166,7 x 125 cm
Questionnement(s)
La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine