Proposez en photographie une mise en scène créant un effet d’échelle particulier, une disproportion importante entre les éléments présents. Pour cela, utilisez un personnage découpé d’une photographie et placez-le judicieusement dans un décor réel ou fabriqué. Attention, placez le personnage de telle sorte que, photographié ainsi dans son espace, le cliché crée pour le spectateur du sens.
Comment mettez-vous en scène votre personnage dans l’espace en créant une situation étonnante, insolite par un effet d’échelle ? Comment celui-ci s’insère-t-il dans le décor ? Comment créez-vous une effet de disproportion ?
Échelle : rapport entre les dimensions réelles d’un objet et celles de sa représentation, ce qui permet, par comparaison, d’évaluer un ordre de grandeur.
Références artistiques
Les voyages de Gulliver, roman de Jonathan SWIFT, 1721
Alice au pays des merveilles, roman de Lewis CARROLL, 1865
L’Attaque de la femme de 50 pieds, film de Nathan JURAN, 1958
Le Voyage fantastique, de Richard FLEISCHER, 1966
L’homme qui rétrécit, film de Jack ARNOLD, 1957
Chérie, j’ai rétréci les gosses, film de Joe JOHNSTON, 1989
Downsizing, film d’Alexander PAYNE, 2018
Joseph CORNELL, Object (Abeilles), 1940, boîte
Charles SIMONDS, Dwellings et Dwellings Winter, 1972-1974, installation
Duane MICHALS, Things are Queer (Les choses sont bizarres), 1973, photographies
Pierrick SORIN, Théâtre optique, 2001, mange-disque, vinyle, miroir, vidéo – personnage homme courant sur disque vinyle
Claes OLDENBURG et Coosje VAN BRUGGEN, La bicyclette ensevelie, 1990, sculpture monumentale, parc de la Villette, Paris
Anne et Patrick POIRIER, Domus Aurea, 1999, maquette de 19 m de long par 7 m de large
Ron MUECK, A Girl, 2006-2007, sculpture monumentale reproduisant un nouveau né dans ses plus minutieux détails grâce au silicone, à la résine polyester et à la peinture à l’huile, 1,10 x 5,01 x 13,45 m
Gilbert GARCIN, Le Poids des nuages, 2000, Je me Souviens des Jours, 2004, Icare Contrecarré, 2012, photographies C’est à l’occasion d’un stage aux Rencontres d’Arles que Gilbert Garcin s’enthousiasme pour la technique du photomontage. Il s’en inspire alors pour élaborer, sur une simple table, des décors minimalistes dans lesquels il dispose des figurines cartonnées (: photographies minutieusement découpées). Tour à tour scénariste, metteur en scène et (avec la complicité de son épouse Monique) acteur de ce mini-théâtre, Gilbert Garcin invente un monde en noir et blanc où se côtoient l’humour, le pathétique et l’absurde.
SLINKACHU, The Little People Project, photographies, depuis 2006, https://slinkachu.com
Tomoaki SUZUKI, exposition au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, sculptures réalisées entre 1999-2014 Tomoaki Suzuki réalise des portraits minutieusement détaillés de divers jeunes urbains à une échelle réduite au tiers de leur taille réelle. Saisissantes silhouettes hiératiques, ces sculptures évoquent les modes de vie et les styles vestimentaires contemporains tout en réactualisant les traditions millénaires orientales de la sculpture sur bois. https://vimeo.com/92146664
Gilbert GARCIN, Lorsque le vent viendra, 2007, Photographie
Questionnement(s) :
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance – la narration visuelle – la mise en regard et en espace.
Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’hétérogénéité et la cohérence plastiques – l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :
Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.
Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Peindre, dessiner, découper, coller, recomposer, rajouter, supprimer, mettre en scène, rejouer… Faites vôtre l’œuvre en référence ! Vous détournerez Narcisse du CARAVAGE de son sens premier (le mythe) vers une nouvelle signification plus personnelle.
LE CARAVAGE, Narcisse, 1598-1599, huile sur toile, 110 x 92 cm, Galerie nationale d’art ancien, Palais Barberini, Rome
« Un jour, après la chasse, le jeune homme veut se désaltérer à une source d’eau pure, et s’éprend de son propre reflet dans l’eau. Éperdument amoureux de l’être qu’il aperçoit, il tente désespérément de saisir sa propre image, incapable de s’arracher à sa propre contemplation. »
Ovide, Métamorphoses, livre III (légendes thébaines)
Narcisse est un jeune homme fou amoureux de son image reflétée dans l’eau, il ne survivra pas à cet amour… Dans cette interprétation picturale, Narcisse se contemple effectivement dans l’eau, à genoux, les bras ouverts marquant les bords droit et gauche du tableau, en une composition formant un cercle avec son reflet en double inversé et dont un genou marque le centre : son genou joue un rôle de pivot dans cette composition élaborée. Bien que le mythe de Narcisse soit très ancien, les habits du personnage correspondent plutôt à l’époque du peintre qu’à l’Antiquité. Caravage s’oppose ainsi à ses prédécesseurs en faisant de Narcisse un contemporain.
John William Waterhouse, Echo and Narcissus, 1903, huile sur toile, 109,2 cm x 189,2 cm
Appropriation vs détournement
L’appropriation, c’est le fait de rendre quelque chose propre à quelqu’un. « Propre », c’est-à-dire à soi, comme dans « propriété », mais aussi « approprié » comme convenable, c’est-à-dire adapté à soi. S’approprier quelque chose, c’est d’abord le prendre puis le faire sien en lui ménageant une place dans son monde, en ayant un usage, souvent exclusif, voire excluant, en le gardant, quelque part avec ou en soi. Opérer un détournement est une action encore plus volontaire, qui est souvent réprouvée car jugée illégitime : détournements d’avion, de fonds publics, de mineurs… Il n’y a guère que le détournement d’un cour d’eau ou de la circulation qui puissent paraître légitimes. Mais, quoi qu’il en soit, cette action « détourne du droit chemin », au propre comme au figuré, et dirige ce qui a été détourné dans un sens qui n’était pas prévu, ou souhaité, initialement. En art, les termes s’appliquent en général à la démarche d’artistes qui se sont appropriés des objets (ou des idées) et les ont détournés de leur fonctions. Soit pour leur donner une valeur artistique qu’ils n’avaient pas avant. Soit pour faire évoluer leur valeur artistique, par exemple quand un artiste s’appuie sur une œuvre antérieure pour élaborer son œuvre. Source Ludovia #12 – Célio Paillard, 2015
18 propositions inspirées de La Baigneuse de Valpinçon (de gauche à droite, de haut en bas)
Jean-Auguste-Dominique INGRES, La Baigneuse de Valpinçon, 1808, huile sur toile, 146 x 97 cm, Musée du Louvre, Paris
Jean-Auguste-Dominique INGRES, La petite baigneuse, huile sur toile, 1828, 35 x 27 cm, Musée du Louvre, Paris
Jean-Auguste-Dominique INGRES, Le bain turc, 1862, huile Toile marouflée sur bois, 108 x 108 cm, Musée du Louvre, Paris
Armand Cambon, Galel, 1864, huile sur toile, 189 x 105 cm, Musée Iingres Bourdelle, Montauban
Man RAY, Le Violon d’Ingres, 1924, photographie, Musée national d’Art moderne, Paris
Hans Peter FELDMANN, Untitled (Alte Meister), 1978, lithographie colorée à la main
Jean-Luc, GODARD, Passion, 1982, film français, 88 min
Joel-Peter WITKIN, La Femme qui fut un oiseau, 1990, photographie « Je fis la rencontre de celle qui devint la Femme qui fut oiseau à New York. Elle assistait à un congrès d’adorateurs du corps, dénommé : s’habiller pour le plaisir. Je me sentais déplacé dans cette réunion puisque je n’étais vêtu ni de vinyle ni de latex. Mais j’oubliai vite mon malaise en voyant cette créature décrocher le prix du concours tailles fines et corsets. Lorsqu’elle et moi échangeâmes nos cartes, je lui promis une photographie qui mettrait en évidence sa taille de quarante centimètres. Elle s’engagea à poser nue. En préparant la prise de vue, je réalisai que ce modèle à la taille si fine serait encore plus mystérieux vu de dos. La montrer sans cheveux la rendrait grotesque. Le Violon d’Ingres de Man Ray me guida. En notre époque postromantique, ces deux clés de fa que le surréaliste appliqua sur Kiki, son modèle, pourraient devenir deux blessures, traces des ailes de la liberté qu’on lui aurait arrachées. Man Ray montre Kiki coiffée d’un turban de sérail comme un être irréel. Mon modèle est une prison de chair. » JP WITKIN
Dany LERICHE, Ayaba, 1992, impression, diptyque, 186 x 133 and 186 x 30 cm
YVES-SAINT-LAURENT, affiche publicitaire, 1999
Valery KOSHLYAKOV, Baigneuse de Valpincon, 2004-08, plastique, carton et scotch d’emballage
Stéphane LALLEMAND, La Baigneuse, 2007, photographie,
Kristyna and Marek MILDE, Valpinçon Bather after Ingres, 2008, photographie
Miryan KLEIN, Le Violon d’Ingres II, photographie, bulle, résine, 2009
Jean-Luc MOERMAN, Sans titre (Epiphyte), 2011, encre sur papier, 130 x 100 cm
Elizabeth KLEINVELD, Ode to Ingres’ Valpincon Bather, 2012, photographie
MISS TIC, Femmes passives, femmes faciles elles ont bon dos, 2014, street-art, pochoir
@rosesparrow, Remake Violon d’Ingres, tatouage
Références artistiques
Man RAY, Le Violon d’Ingres (d’après La Baigneuse de Valpinçon d’INGRES), 1924, photographie, Musée national d’Art moderne, Paris La photographie nous montre Kiki de Montparnasse, alors la maîtresse de Man Ray, avec ses bras croisés si loin devant elle que son dos ressemble à la table d’un violon. Cette association est encore accentuée par les deux ouïes qui ont été rajoutées après coup à l’aide d’un pochoir. Cette photographie qui a été publiée en 1924 dans la revue Littérature était parmi les premières images qui ont apportées la preuve que le procédé photographique, apparemment lié pour toujours au réalisme, était suffisamment souple pour réaliser des images surréalistes. Source Centre Pompidou
Salvator DALÍ, Métamorphose de Narcisse, 1937, huile sur toile, 51,2 cm x 78,1 cm, Tate Modern, London
Joel-Peter WITKIN, Las Meninas(Self-Portrait after Velázquez), 1987, photographie, https://www.museoreinasofia.es/
PIERRE et GILLES, Sainte-Agathe, 1989, photographie peinte
Douglas GORDON, 24 Hour Psycho (à partir du film Psycho d’Alfred HITCHCOCK), 1993, installation vidéo, 24h
Douglas GORDON, Self Portrait as Kurt Cobain as Andy Warhol as Myra Hindley as Marilyn Monroe, 1996, photographie colorée à la main
Vik MUNIZ, Double Mona Lisa after Warhol (Peanut Butter + Jelly), 1999, cibachrome
Marcos LÓPEZ, Asado en Mendiolaza, Córdoba (d’après la Cène de Léonard DE VINCI), 2001, photographie
Julie HOLCOMBE, Self as Narcissus (d’après LE CARAVAGE) 2003, C-print, 114 x 110 cm
Julie HOLCOMBE, Babel Revisited (d’après La Tour de Babel de Brueghel l’Ancien, 1563), 2004, C-print, 110 x 114 cm
Idris KHAN, Every… Bernd and Hilla Becher Gable Side Houses, 2004, photographie
Vik MUNIZ, Narcissus, after Caravaggio, 2005, cibachrome Vik Muniz sonde la nature et les traditions de la création d’images en utilisant des matériaux improbables pour créer des images avant finalement d’être prise en photo. La série Pictures of Junk est construite sur des peintures de dieux ou héros de la mythologie classique des maîtres anciens. Sur cette photographie, inspirée du célèbre tableau du Caravage, le héros grec Narcisse regarde son reflet dans une mare d’eau, absorbé par sa propre beauté. L’image, assemblée sur le sol d’un hangar de la taille d’un terrain de basket à la périphérie de Rio de Janeiro, est composée de décombres industriels tels que des écrous, des boulons, des bouchons de bouteilles, des canettes de soda, des pneus jetés, des brouettes, des panneaux rouillés, une voiture portes et ferraille. Vik Muniz a dirigé ses assistants – des étudiants en art des quartiers pauvres à proximité – à partir d’une plate-forme à quarante pieds au-dessus du sol. Cette traduction fantaisiste d’une image vénérable en matériaux improbables est encore plus compliquée qu’il n’y paraît à première vue.
Corinne VIONNET, Photo Opportunities, à partir de 2005, photographies
Charle WHITE, David (Everything is American), 2005, photographie
Bernard PRAS, La Vague (d’après HOKUSAI), 2007, anamorphose photographique
Gérard RANCINAN, The Big Supper (d’après la Cène de Léonard DE VINCI), 2008, photographie
Bernard ARCE, Narcissus – Trapped in Carravaggio, 2011, vidéo
Marcos VILARIÑO, The Steerage after Alfred Stieglitz1907, photographie, figurines Lego
Richard UNGLIK, Le radeau de la Méduse (d’après Théodore GÉRICAULT, 1819), photographie de figurines Playmobil, exposition « L’Histoire en Playmobil », Espace Richaud, Versailles, 2019, détail en bandeau
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Remakes*, réappropriations, remix, répliques, samples ou réassorts… L’ampleur du champ lexical qui renvoie à ces pratiques multiples témoigne d’une mutation profonde du statut de l’œuvre d’art. La reprise et la popularisation du détournement** semblent devoir précipiter la disparition de la pièce unique – comme la domination des logiciels dans la création contemporaine (Photoshop ou After Effect) entérine la perte de l’aura de l’œuvre d’art. Dans les années passées, au lieu d’accumuler toujours plus de représentations d’une réalité sans cesse interrogée, l’artiste retravaille, combine et analyse les matériaux accumulés, voire reproduit les œuvres antérieures dans une attitude caractéristique d’un certain postmodernisme. *Remake : n.m. (mot anglais), nouvelle version d’un film, d’une œuvre littéraire, théâtrale, etc. Genre cinématographique, le remake apparaît, depuis les années 90, dans l’art contemporain, essentiellement dans la vidéo, témoignant ainsi de la place grandissante du cinéma dans les arts plastiques. **Détournement : démarche artistique, liée à l’art moderne et contemporain, qui consiste à réutiliser les images, objets et textes préexistants au profit d’une nouvelle œuvre.
Proposez une version photographique d’une peinture classique en vous mettant en scène rejouant l’action du tableau. Votre prestation suppose une étude préalable de l’œuvre, mais également l’écriture d’un court script, voire le dessin de quelques croquis pour une meilleure prise en compte de la prise de vue de l’action. La mise en scène et la photographie devront se faire à votre domicile lors du confinement.
En quoi refaire, rejouer, réinterpréter interrogent-ils notre relation au réel ? De quelle manière évoquer l’œuvre ? Comment mettez-vous en scène cette action ou performance ? Jusqu’à quel point utilisez-vous l’infographie (: retouche d’image sur ordinateur) pour accentuer l’idée retenue ?
Cindy SHERMAN, Untitled film stills (images de plateau sans titre), 1977-1980, photographies en noir et blanc
Joel-Peter WITKIN, Las Meninas, self-portrait, 1987, photographie en noir et blanc, 66 x 66 cm
Yasumasa MORIMURA, Mona Lisa in its origin, 1988, impression couleur d’un photomontage numérique, 290 x 200 cm, Galeria Luhring Augustine, New-York
Cindy SHERMAN, History Portraits, Untitled, 1989, photographie couleur, 136 x 102 cm, Metro Pictures, New-York
Douglas GORDON, 24 Hour Psycho, 1993, vidéo
Pierre JOSEPH, Little Democraty, 1997, 20 sérigraphies en quadrichromie (: 20 personnages vivants à réactiver : Plongeur ; Cow-boy ; Superman ; La Fée ; Moine ; Paintballer ; Policier ; Guerrier médiéval ; Lépreuse ; Convalescent ; Oogie ; Pilote auto ; Motard ; Catwoman ; Toréador ; Virginie ; Répliquante ; Sorcière & Voleurs de couleurs ; Cupidon ; Blanche-Neige)
Gérard RANCINAN, Raft of Illusions (Le Radeau des illusions), 2008, photographies de la série des Métamorphoses
Gérard RANCINAN, Freedom Unveiled (La Liberté dévoilée), 2008, photographies de la série des Métamorphoses
Gérard RANCINAN, Métamorphosis IV, Big Supper(La Cène), Los Angeles, septembre 2008, photo couleur, impression argentique montée sur plexiglas dans un cadre, 180 x 300cm https://vimeo.com/76121996
Gérard RANCINAN, Before the Birth of Venus, 2017, photographie de la série Jadis et Naguère, détail en bandeau
Gilles BARBIER, L’Hospice, 2002, installation
Robert WILSON, Portrait de Lady Gaga en Mademoiselle Rivière, 2013, vidéo-portrait (images animées aux mouvements imperceptibles) projeté au Louvre sur écran plasma, exposition « Le Louvre invite Robert Wilson – Living Rooms », novembre 2013 – février 2014, Musée du Louvre, Paris
PIERRE & GILLES, Le Désespéré, 2013, modèle Olivier Theyskens, photographie peinte à la main, 100 cm, Galerie Daniel Templon, Paris
Gérard RANCINAN, Hommage à Hopper, 2013, photographie de la série All look-alikes Edward Hopper, Nighthawks, 1942, huile sur toile, 84,1 x 152,4 cm, Art Institute of Chicago
Pablo MUÑOZ GOMEZ s’est inspiré de Summer Evening (1947) pour en tirer un court métrage de fiction : le couple immortalisé par Edward HOPPER panique alors que la lumière de la véranda est sur le point de s’éteindre.
À propos du re-enactment
Le re-enactment est un jeu de rôle grandeur nature, dans lequel les participants recréent une période historique donnée ou plus particulièrement un événement passé. Le re-enactment met en scène la plupart du temps des batailles et faits d’armes. La base historique est cependant interprétée par les re-enactors qui n’hésitent pas à inventer des saynètes plausibles et à broder autour de leurs connaissances. Nous ne sommes pas en présence de ce qui pourrait s’apparenter à un spectacle. Le phénomène tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, dans son acception moderne, débute avec les commémorations en 1960 du centenaire de la Guerre civile américaine (1860-1865) aux États-Unis. On pourrait cependant remonter les origines du re-enactment jusqu’au temps de l’Empire romain. Les Romains reconstituaient en effet des batailles navales fameuses dans le Colisée, appelées Naumachiae, en inondant celui-ci.
Questionnements : La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation. L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) : Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique. Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique. Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) : Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) : Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) : Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Le portrait de groupe est, dans la peinture, la photographie, une scène de genre représentant plusieurs personnes – une famille, un groupe d’amis, etc. –, incluant ou non l’artiste lui-même, en suivant pour chacune les règles du portrait individuel.
1ère partie
Découvrez ci-après sur Wikipédia des œuvres caractéristiques de ce genre :
Louis LE NAIN, La Visite à la grand-mère, 1640, huile sur toile, 58 x 73 cm, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg
REMBRANDT, La ronde de nuit, 1642, huile sur toile , 363 x 437 cm, Rijksmuseum, musée d’Amsterdam
En quoi ces tableaux relèvent-ils du genre du portrait ? Quelle est la place du sujet photographié, ou, plutôt, comment apparaît-il, dans l’espace de l’image ?
Composition
« La composition est une opération de la peinture par laquelle, dans une œuvre, on réunit les différentes parties. » — Alberti, De pictura, 1435 La composition est l’organisation des éléments visuels à l’intérieur des limites d’une image. Elle s’envisage comme pratique et réflexion au moment de la réalisation de l’image ou comme sujet de l’analyse d’une image existante.
Les éléments visuels pris en considération pour composer l’image :
la forme du cadre et ses proportions ;
la ligne : le chemin visuel qui permet à l’œil de se déplacer dans le tableau ;
la direction : les itinéraires visuels ;
la forme : un espace géométrique ou organique ;
la couleur et le ton : avec leurs diverses valeurs et intensités,
les lumières et ombres ;
les dimensions et proportions des formes les unes avec les autres ;
la perspective : l’expression de la profondeur.
ATTENTION ! ORGANISER : combiner, disposer, arranger des éléments d’un ensemble dans l’espace. COMPOSER : former un tout par assemblage ou combinaison de divers éléments ou parties.
En respectant la définition et en tenant compte des exemples donnés, proposez la photographie d’un portrait de groupe. Pensez la composition de l’image, travaillez sur l’espace dans lequel les personnages sont mis en scène. Pour cela, réalisez quelques croquis préparatoires. Lors de la prise de vue, soyez attentif à votre cadrage, à la mise au point, à la profondeur de champ, à l’éclairage.
2ème partie
Le dictionnaire définit le chaos de la manière suivante : confusion ou néant des éléments de la matière qui précède la création du monde (chaos originel) ; grand désordre, confusion générale.
Tout d’un coup, un événement extérieur à la scène produit un très grand désordre. C’est le chaos. Proposez dès lors une nouvelle photographie de votre portrait de groupe en tenant compte de cette circonstance. Présentez les deux clichés sous la forme d’un diptyque comme une réponse possible à « ordre/ désordre » ou « composition/ organisation ».
En quoi l’image relève-t-elle encore du genre du portrait ? Comment organisez-vous les corps photographiés entre eux et dans un même cadre ? Cette photographie fait-elle partie du domaine artistique ? Ne présente-t-elle pas les conditions pour rentrer dans la catégorie des « ratages » ? En quoi le diptyque nous incite-t-il à ne pas la classer dans la catégorie des images ratées ?
Jérôme BOSCH, Le Portement de Croix, 1515-1516, huile sur bois, 76,7 x 83,5 cm
Giulio ROMANO, La salle des Géants, 1525-1536, plafond de la salle des Géants du Palais Te, Mantoue, Italie
Caspar-David FRIEDRICH, La Mer de Glace(Le Naufrage), 1824, huile sur toile, 97 x 127 cm
Jeff WALL, The Destroyed Room, 1978, photographie cibachrome, 158,8 x 229 cm Dans Photographie Arte, documentaire vidéo de présentation de son travail, Jeff Wall explique le rapprochement de The Destroyed Room à La Mort de Sardanapale (1827) d’Eugène Delacroix.
Bernard FAUCON, Le Banquet, 1978, photographie
Jeff WALL, A sudden Gust of Wind (after Hokusai), 1993, photographie cibachrome, caisson lumineux, 229 x 377 cm
Annette MESSAGER, Articulés-désarticulés, 2001-2002, installation, pantins automatisés en tissu, cordes, poulies, moteurs, bois, câbles métalliques, ordinateur et logiciel informatique, 3 piques en bois, 6 colonnes en tissu, 20 lampes et 4 projecteurs, enclos avec piquets métalliques, 560 x 1500 x 1400 cm
Édouard LÉVÉ, Rugby, 2003, série photographique
Ryan SCHUDE, Photo Camp, 2009, photographie
Gérard RANCINAN, Le Festin des barbares, 2013, photographie de la série La trilogie des Modernes, tirage argentique sous Diasec® encadré d’un aluminium noir, 235 x 350 cm
En appui sur des références artistiques, cette séquence vous a invité à engager une réflexion sur les représentations du corps dans l’art. Elle vous a permis de comprendre que, selon les actions plastiques engagées – performance, couleurs, rapport au réel, l’œuvre véhicule sens et message. Elle vous a amené à vous interroger sur l’identité ou le portrait en tant que tel et sur ce qu’il peut donner à voir au spectateur.
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la narration visuelle – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
« Des losanges égaux étaient disposés à l’une des deux fenêtres. Elle regarda la campagne par les verres de couleur. À travers les bleus tout semblait triste. Une buée d’azur immobile répandue dans l’air allongeait la praire et reculait les collines. Le sommet des verdures était velouté par une poussière marron pâle inégalement floconnée, comme s’il fût tombé de la neige, et dans un champ bien loin, un feu d’herbes sèches que l’on brûlait semblait avoir des flammes d’esprit de vin. Puis par les carrés jaunes les feuilles des arbres étaient plus petites, le gazon plus clair et le paysage entier comme découpé dans du métal. Les nuages détachés figuraient des édredons de poudre d’or prêts à crever ; on eût dit l’atmosphère illuminée. C’était joyeux ; il faisait chaud dans cette grande couleur topaze, délayée d’azur. Elle mit son œil au carreau vert. Tout fut vert, le sable, l’eau, les fleurs, la terre elle-même se confondant avec les gazons. Les ombres étaient toutes noires, l’onde livide semblait figée sur ses bords. Mais elle resta plus longtemps devant la vitre rouge. Dans un reflet de pourpre étalé partout et qui dévorait tout de sa couleur, la verdure était presque grise, les tons rouges eux-mêmes disparaissaient. La rivière élargie coulait comme un fleuve rose, les plates-bandes de terre semblaient des mares de sang caillé, le ciel immense entassait des incendies. Elle eut peur. Elle détourna les yeux et par la fenêtre aux verres blancs, tout à coup le jour ordinaire reparut tout pâle et avec de petites nuées indécises de la couleur du ciel. » _Gustave FLAUBERT, brouillon de Madame Bovary (scène de la valse avec le vicomte)
Indissociable des recherches sur la perspective* à la Renaissance, la fenêtre n’a cessé d’être revisitée selon le goût des siècles et des courants artistiques. Jusqu’à la modernité, les peintres utilisent son cadre pour guider le regard vers des paysages rêvés, des vues réalistes ou, à l’inverse, pour faire pénétrer la lumière au fond des intérieurs plus intimes. Plus tard, de nombreux artistes se servent de la fenêtre et de ses reflets pour brouiller la limite entre le dedans et le dehors. D’un simple élément de décor, la fenêtre devient peu à peu un sujet à part entière. Son ouverture, son cadre, sa lumière, ses carreaux parfois, permettent aux artistes plasticiens d’étudier des voies nouvelles, aboutissant pour certaines à la découverte d’un art abstrait et minimal. Aujourd’hui, l’écran omniprésent s’apparente à une fenêtre contemporaine, qui trouve sa métaphore la plus puissante dans Windows.
*Pour Leon Battista Alberti, théoricien de la perspective, le tableau est comme une « fenêtre ouverte ». Le dessinateur, le peintre cherchent alors à représenter un monde tridimensionnel sur un plan bidimensionnel.
Enjeu
Révélez la limite, le seuil, l’entre-deux, le passage ou l’échappée créés par la fenêtre.
La fenêtre comme construction du regard, comme cadre, comme limite, comme seuil de l’intime et du public… En quoi la représentation de la fenêtre crée-t-elle un autre espace ? Comment la présence figurée ou suggérée de la fenêtre construit-elle le regard du spectateur ? Comment la représentation peut-elle révéler l’entre deux espaces ?
Dans un premier temps, dessinez votre intérieur : chambre, bureau, cuisine ou salon en recherchant le cadrage figurant ou suggérant la présence de la fenêtre. Interrogez-vous sur sa forme, sa fonction, sa symbolique en prenant appui, si vous le souhaitez, sur la carte mentale ci-dessous.
Découvrez les œuvres d’art mises en référence ci-dessous.
Puis, par le dessin, par peinture ou par toute autre technique qui vous semble adaptée, réalisez votre production finale révélant le « rôle » que vous attribuez à la fenêtre. Dans votre bloc-notes d’arts plastiques, commentez les différents états de votre travail en pointant ce que vous avez obtenu, les qualités que vous avez produites et les questions que vous vous êtes posées.
Albrecht DÜRER, L’Autoportrait aux gants (ou Autoportrait à vingt-six ans), 52 x41 cm, huile sur toile, 1498
REMBRANDT, Rembrandt gravant ou dessinant près d’une fenêtre, 1648, eau-forte, pointe sèche et burin. 16 x 13 cm
Samuel VAN HOOGSTRATEN, Boîte optique, 58 x 88 x 60,5 cm, 1650 Cette boîte est le fruit de la manipulation magistrale d’une perspective centrale et de sa forme anamorphique… un vrai théâtre optique.
Johann VERMEER, Jeune femme à l’aiguière, 1662-1665 Le sujet de la peinture est une femme préoccupée, tandis qu’elle exerce une activité quotidienne, un thème que Johannes Vermeer a fixé à plusieurs reprises sur la toile ; elle est dans le coin d’une pièce avec une main sur la fenêtre ouverte et l’autre sur la cruche. Le mouvement silencieux, l’expression du visage doux de la femme et de la sérénité du bleu de la jupe donnent à la composition un aspect de pureté et de paix intérieure. La cruche d’eau, symbole de purification, souligne l’association avec la pureté. Vermeer a utilisé l’invasion de la lumière de la fenêtre pour attirer l’attention sur la région située sous son bras. Source Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeune_femme_à_l’aiguière
Caspar David FRIEDRICH, Femme à la fenêtre, 1822, huile sur toile, 44 x 37 cm
Henri MATISSE, Fenêtre ouverte à Collioure, 1905, 55 x 46 cm
Pierre BONNARD, Jour d’hiver, 1905-1910, huile sur toile, 49 x 61,5 cm
Marc CHAGALL, Paris vu par la fenêtre, 1913
Henri MATISSE, Nice, cahier noir, 1918, huile sur toile, 33 x 40,7 cm
Marcel DUCHAMP, Fresh Widow, 1920, réplique miniature (77 x 45 cm) d’une fenêtre « à la française », les huit carreaux sont recouverts de morceaux de cuir noir. La fenêtre est placée sur une tablette en bois sur laquelle on peut lire l’inscription : FRESH WIDOW COPYRIGHT ROSE SELAVY 1920
René MAGRITTE, Éloge de la dialectique, 1936, gouache sur papier, 38 x 32 cm
Edward HOPPER, Morning Sun, 1952, huile sur toile, 101.98 x 71.5 cm (détail en bandeau) À l’occasion d’une exposition dédiée au célèbre peintre Edward HOPPER à la Fondation Beyeler en Suisse près de Bâle, le cinéaste Wim WENDERS a, dans un court-métrage, rendu hommage à l’artiste, à ses tableaux et son esthétique singulière. https://youtu.be/wxRT_eXGYvg
Alfred HITCHCOCK, Fenêtre sur cour (Rear Window), 1954, film L.B. Jefferies, reporter photographe, immobilisé chez lui à cause d’une jambe dans le plâtre, passe son temps à observer de sa fenêtre les occupants de l’immeuble d’en face. À l’aide d’un téléobjectif, il remarque le comportement étrange de l’un d’eux… Une histoire de voyeurisme sur fond de psychanalyse. Montage alternatif du générique réalisé par Jeff DESOM : https://youtu.be/4vHRw9XiFMI
Daniel DEZEUZE, Châssis avec feuille de plastique tendue, 1967, bois, plastique transparent, 194,5 x 130 x 2 cm
Jacques MONORY, Meurtre n° 10/2(Les Meurtres), 1968, huile sur toile et miroir brisé avec impacts de balles, 163 x 333,5 cm
Bernard PLOSSU, Marseille, 1975, photographie
Cindy SHERMAN, Untitled Film Still, #15, 1978, photographie
Ellsworth KELLY, Fenêtre ouverte, fenêtre brisée,
Alain FLEISCHER, Fenêtre sur cour – La salle de bains, 1990, photographie
Bill SPINHOVEN, Eye, 1993 Les images d’un œil suivent le déplacement du spectateur (grâce à des caméras de surveillance). Ce que je vois, c’est qu’il me voit !
Markus RAETZ, Tag oder Narcht (Jour ou nuit), 1998
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Mattheus PLATEARIUS, Livre des simples médecines XVe siècle BNF, Manuscrits français
La licorne, parfois nommée unicorne, est une créature légendaire à corne unique. Son origine, controversée, résulte de multiples influences, en particulier de descriptions d’animaux tels que le rhinocéros et l’antilope, issues de récits d’explorateurs. La licorne occidentale se distingue de ses consœurs asiatiques par son apparence, son symbolisme et son histoire. Sous l’influence du Physiologus, les bestiaires occidentaux et leurs miniatures la décrivent comme un animal sylvestre hardi et très féroce, symbole de pureté et de grâce, s’approchant volontiers de jeunes filles vierges. Son aspect symbolique, très riche, l’associe à la dualité de l’être humain, la recherche spirituelle, l’expérience du divin, la femme vierge, l’amour et la protection. La représentation physique de la licorne occidentale se fixe entre le cheval et la chèvre blanche à la fin du Moyen Âge. Elle se voit dotée d’un corps équin, d’une barbiche de bouc, de sabots fendus, et surtout d’une longue corne au milieu du front, droite, spiralée et pointue, qui constitue sa principale caractéristique, comme dans la série de tapisseries La Dame à la licorne . La licorne devient l’animal imaginaire le plus important de l’Occident chrétien depuis le Moyen Âge jusqu’à la fin de la Renaissance. Depuis la fin du XIXe siècle, elle figure parmi les créatures typiques des récits de Fantasy et de féerie, grâce à des œuvres comme De l’autre côté du miroir de Lewis CARROLL, La Dernière Licorne de Peter S. BEAGLE, Legend de Ridley Scott, ou encore Unico d’Osamu TEZUKA. Son imagerie moderne s’éloigne de l’héritage médiéval, pour devenir celle d’un grand cheval blanc « magique », avec une corne unique au milieu du front.
Enjeux de la séance
Découvrir et comprendre le rapport à l’animal au travers d’œuvres d’artistes.
Réfléchir sur la conception de l’animalité.
Affirmer des choix formels et expressifs pour développer leur créativité.
Croiser les sciences, le numérique, l’histoire, la littérature, la poésie et les arts plastiques.
Cultiver une attitude de curiosité pour les productions artistiques primitives ou contemporaines, locales ou internationales.
Pour cette séance, vous réaliserez une représentation minutieuse d’un monstre* ou d’un hybride**. En vous appuyant sur les références artistiques proposées, votre travail graphique, pictural, photo-numérique ou sculptural vous amènera à vous interroger sur la construction du corps de la bête et plus particulièrement sur le caractère hybride de celui-ci.
* Le monstre est un animal présentant des anomalies graves : un cheval à huit pattes ou un canard à trois becs. Si l’étymologie du mot « monstre » vient du latin monstrum, dérivé de monere qui signifie « faire penser, attirer l’attention sur », monstrum reste un terme du vocabulaire religieux désignant un prodige avertissant de la volonté des dieux, un signe à déchiffrer. Le monstre est donc un signe divin, une chose incroyable. Ce n’est qu’au xiie siècle que le mot désignera des êtres mythologiques ou légendaires. Il est également appliqué, à la même période, aux hommes qui possèdent un physique effrayant, un homme, par exemple, défiguré par la peste. ** L’hybride vient du latin classique ibrida signifiant « bâtard, de sang mêlé » et, spécialement, « produit du sanglier et de la truie ». C’est un être composite procédant de la réunion de plusieurs éléments caractéristiques d’espèces différentes comme la serre, la licorne, le dragon, le basilic. Le martichore, par exemple, que Pline situe en Éthiopie, ressemble à un lion rouge à queue de scorpion. Il est très cruel. Son nom en persan signifie « mangeur d’homme ». Source dossier pédagogique Les animaux fabuleux de la BnF Hybride : adj. constitué de deux ou plusieurs éléments qui ne se trouvent pas normalement ensemble.
Jérôme BOSCH, La Tentation de Saint Antoine, 1506, trityque, Musée National de Lisbonne
Conrad GESSNER, Historia Animalium, 1558
Conrad GESSNER, Bestiaire Historia Animalium, 1558, Bayerische Staatsbibliothek München : – Satyrus marinus (satyre de mer) – Cetus britannicus (baleine britanique) – Leo Marinus (lion de mer) Hormis les anecdotes sur les cétacés réels mais peu connus, Gessner présente tout un éventail d’observations de monstres et établit une connexion entre sirènes classiques, fées aquatiques et sirènes prémodernes. L’approche encyclopédique de Gessner montre que sa discussion s’insère dans les discussions savantes du milieu du XVIe siècle ; elle nous fait mieux connaître les pensées de plusieurs de ses contemporains sur les cétacés, la position des monstres dans la classification des espèces et l’existence des monstres marins.
Conrad GESSNER, Monocerote, Historia animalium I : de quadrupedibus, 1551, gravure sur bois (en bandeau)
Paolo CALIARI, dit VÉRONÈSE, Persée délivrant Andromède, 1568, huile sur toile, 260 x 211 cm
Domenico ZAMPIERI, Jeune fille vierge et licorne, 1604-1605, détail d’une fresque au Palais Farnèse à Rome
Antoine DIEU, Pan et Syrinx, huile sur toile 32,5 x 43,5 cm
Claude et François-Xavier LALANNE, L’Homme à la tête de chou, 1970, sculpture en bronze
CÉSAR, Centaure, 1983, statue-assemblage en bronze, Place Michel-Debré, Paris
Joan FONCUBERTA, Alopex Stultus, 1985-1989
Joan FONTCUBERTA, Fauna, 1985-89, photographies Dans cette série, l’artiste prétend montrer des animaux chimériques qu’il aurait découverts, empaillés, en Écosse, à partir des recherches d’un scientifique mystérieusement disparu. Dans son bestiaire apparaissent : des serpents à pattes, des singes ailés, des oiseaux à carapace et même un monstre du Loch Ness. Il a lui-même fabriqué ces monstres, constitués de parties réelles d’animaux empaillés. Pour rendre cette œuvre plus réaliste, Fontcuberta a créé de faux documents prouvant l’existence de ces animaux. Ex. Alopex Stultus : photo du bipède poilu à tête de tortue, pouvant se camoufler verticalement comme un arbuste
Thomas GRÜNFELD, Misfit, 2000, taxidermie Collages improbables d’animaux empaillés de différentes espèces, les Misfits matérialisent des chimères semblant tout droit sorties d’un rêve. Le spectateur découvre ces animaux hybrides présentés derrière des vitrines qui ne sont pas sans rappeler les cabinets des curiosités du 18ème siècle.
Thomas GRÜNFELD, Misfit, 2000
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : l’objet comme matériau en art – les représentations et statuts de l’objet en art – le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
À l’origine de cette proposition, l’exposition, Que d’eau ! en 1998 à l’espace d’art contemporain Faux Mouvement, à Metz « Les poissons rouges d’Alain FLEISCHERl font des ronds dans l’eau de la Mer de Chine, pendant que le flux et le reflux de la Vague d’Ange LECCIA emmènent le spectateur au bord de l’océan et que David BOENO l’invite à observer dans l’eau l’image de l’astre. Les nageurs de David MACH essaient de se mouvoir dans une piscine imaginaire et étriquée, alors que Roland FISCHER réalise ses portraits sur le fond bleu d’une piscine. Peter KNAPP photographie la Manche et la Méditerranée, Patrick TOSANI met en scène la pluie, Lisa MILROY peint la plage pendant que le personnage de Filip FRANCIS contemple la mer… » Faux Mouvement – http://www.faux-mouvement.com
L’eau, sujet iconographique ou matériau constitutif d’installation, évoquée ou suggérée, peinte ou photographiée, l’eau sera le fil conducteur de votre travail plastique.
Quels rapports l’Art entretient-elle avec cet élément ? Comment l’eau peut-elle être représentée ? Par quels moyens plastiques ? En appui sur des références artistiques, cette séance questionne la façon dont les matériaux, les couleurs ou les formes peuvent être utilisés pour matérialiser un élément presque immatériel.
Attention inondation interdite !
La pluie virgule de Patrick TOSANI appartiennent à la série Les Écritures de pluies. Réalisée en studio, en 1986, cette séquence de pluie artificielle se livre sous la forme d’une capture décontextualisée, isolée de tout repère spatio-temporel mais qui, selon les prises, est soulignée par de larges volumes en plexiglas transparents reproduisant des signes de ponctuation.
Dans un premier temps, réalisez dans votre bloc-notes d’arts plastiques quelques croquis préparatoires de la réponse que vous envisagez. Faites également des essais. Commentez-les en pointant ce que vous avez obtenu et les qualités que vous avez produites. Ensuite parmi les références proposez ci-après, vous choisirez celle qui vous semble être la plus proche de votre projet et vous expliquerez le lien que vous faites entre votre production à venir et l’œuvre choisie. Produisez maintenant votre réalisation finale. N’oubliez pas de la documenter en prenant régulièrement des photographies à l’aide de votre smartphone, tablette ou appareil photo numérique.
Références artistiques possibles :
Naissance de Vénus, fresque dans la maison de Vénus à la coquille, 3e-4e siècle, Pompéi Cette fresque de style pompéien est inspirée de celle peinte par APELLE dans l’île de Cos, dont il ne reste aujourd’hui que la description. La déesse est représentée sur une coquille, nue, les cheveux coiffées et portant de riches bijoux. Elle retient de ses mains la voile qui, gonflée par le vent, la fait avancer.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière – les qualités physiques des matériaux – la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques individuels.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
– La photographie est-elle une image pauvre ? No18 de la Recherche Photographique, Maison européenne de la photographie, printemps 1995 : Baudelaire lança cet anathème à l’encontre de la photographie : « être la servante des sciences et des arts, mais la très humble servante. » Et l’histoire pourrait bien avoir exaucé ses vœux. Peut-être la photographie n’est-elle guère parvenue à dépasser les domaines de l’action, du travail, de la communication, ou de la famille. La photographie serait-elle une image par essence pauvre : rétive à la création et à l’expression artistique, ou incapable de dépasser le strict ordre de l’utile ?
Enjeu
Quant à l’éventuelle pauvreté de la photographie, quelle image implique le modèle de richesse ? Quels subterfuges allez-vous devoir opérer, afin de rendre la photographie « plus riche » ? Comment définir avec les termes spécifiques aux plastiques les qualités d’une image ?
Objectifs
Développer l’attention aux choix, aux relations formelles et aux effets plastiques.
Être capable de mesurer les effets sensibles produits par le médium numérique.
Séance #1 – 20 min
Dans cette première séance, vous photographierez une scène ou un objet insignifiants, transitoires, communs, banals à l’aide d’une tablette, un smartphone ou un appareil photo numérique. Puis vous optimiserez cette photographie numérique en utilisant les réglages tels que : l’exposition, la luminosité, le contraste, la colorimétrie et la saturation de la prise de vue. Vous sauvegarderez cet état de l’image.
Vous êtes dans une phase d’exploration, vous permettant de vous questionner sur la « pauvreté » de l’image photographique réalisée. Notez dans votre bloc-notes vos observations, vos remarques.
En appui sur des références artistiques, cette séance questionne la valeur intrinsèque de votre photographie.
Méthodologie
Optez pour un sujet à photographier. Réalisez les premières prises de vue en tenant compte de l’éclairage, du cadrage, de la mise au point et de la profondeur de champ. Visualisez les photographies en vous questionnant sur laquelle de ces images correspond au mieux à une « image pauvre ». Notez par écrit la justification de ce choix. Si besoin, réalisez une seconde série de prises de vue.
Conseils
Attention, vous ne cherchez pas à faire des photos ratées. Si vous avez du mal à faire votre choix, établissez une carte mentale ou une liste à partir de l’adjectif « pauvre » et « riche ». Changer de sujet (nouvelle scène ou objet différent) permet de faire apparaître d’autres qualités. Notez-les.
Carte mentale
Culture photographique
BRASSAÏ, Sculptures involontaires, 1932 C’est sous ce pseudonyme que Gyula Halász s’impose comme le photographe qui a su capturer l’essence de la ville dans ses clichés, publiant un premier recueil en 1932, intitulé Paris de nuit, qui rencontre un grand succès. « Poursuivant mes recherches sur la thématique des objets trouvés, je me suis intéressé aux objets repêchés de la Seine. J’avais remarqué que ces objets, lorsque présentés sous un certain type de lumière et disposés d’une manière spécifique, se métamorphosaient sous mon regard ainsi que celui du regardeur. En renversant donc ces objets, soigneusement éclairés en studio, j’ai cherché à créer une nouvelle image, une nouvelle sculpture pré-façonné par l’eau (des sculptures involontaires) renaissant sous le jeu de la lumière et de l’ombre. » https://photo.grandpalaisrmn.fr/
Bernd et Hilla BECHER, Typologie, Kuhltürme Beton, 1963-1975 Le travail photographique du couple Becher porte sur des bâtiments industriels (les « typologies ») photographiés selon un protocole extrêmement rigoureux (vue frontale, centrage du sujet, etc.).
Patrick TOSANI, D (cuillère), 1989 Le photographe, à travers la forme simple de la cuillère, analyse le phénomène de la vision : « Je fais une description très concrète de la chose car ce qui m’intéresse c’est sa portée visuelle et métaphorique. Visuellement on ne parle plus ni d’aliment ni de nourriture, mais de lumière pure. Cet ovale capte, reçoit, attire, réceptionne la lumière et nous la renvoie, nous la transmet, nous la restitue comme un miroir diffus et réfléchissant ». https://www.patricktosani.com/projects/photographies/1988/Cuilleres
Yves TRÉMORIN, Natures mortes, 1994 Dans cette série photographique, Yves Trémorin actualise dans une économie qui le caractérise, la représentation de la nature morte*.
Jean-Luc MOULÈNE, Produits de Palestine, 2002-2007 Série de cinquante-huit images de produits fabriqués en Palestine, pour la Palestine – allant de l’huile d’olive, des gaufrettes et du fromage aux cigarettes, aux médicaments et aux sous-vêtements.
*Rappel de la définition de nature morte La nature morte est un genre artistique, principalement en peinture qui représente des éléments inanimés (objets divers, aliments, gibiers, fruits, fleurs, crâne, etc.) organisés par l’artiste souvent dans une intention symbolique.
Prenez des notes sur l’auteur et sur les différentes œuvres vues dans votre bloc-notes d’arts plastiques, afin de mieux comprendre la démarche artistique.
Séance #2 – 30 min
Dans cette seconde séance, vous modifierez la photographie avec les outils numériques de votre choix pour « revaloriser » l’image ou le sujet ou les deux puis vous la sauvegarderez en prenant soin de ne pas effacer l’image originale. La proposition implique nécessairement un jugement de valeur et la norme qui le conditionne, c’est pourquoi vous expliquerez vos choix en présentant sous la forme d’un diptyque les deux photographies.
Conseils
L’utilisation du logiciel GIMP, éditeur d’images multiplateforme (disponible pour Linux, macOS X, Windows 10, est fortement conseillé. Ce logiciel libre vous fournit les outils suffisants pour faire votre travail. Il est à télécharger depuis le site officiel : https://www.gimp.org
Le rendu de votre travail se présentera sous la forme d’un diptyque, c’est-à-dire, une image composée des deux photographies réparties également (tableau ci-dessous).
image 1
image 2
1/ Après avoir ouvert l’image choisie (image 1) dans le logiciel GIMP, doublez la largeur de la surface de travail à partir du menu Image/ Taille du canevas… Dupliquez le calque à partir d’un clic droit sur le calque de l’image 1, afin d’obtenir le calque de l’image 2 puis positionnez ce dernier avec l’Outil de déplacement dans la partie créée lors du doublement de la largeur. Sauvegardez (Fichier/ Enregistrer) votre travail une première fois avant de modifier quoi que ce soit. Le fichier enregistré a pour extension .xcf et ne peut être ouvert qu’avec GIMP. 2/ Maintenant, modifiez l’image 2, afin qu’elle réponde à votre intention de « revalorisation » de l’image. Concrètement vous allez retoucher l’image 2 en utilisant les fonctions proposées dans GIMP déjà vue en classe : les outils Crayon, Pinceau et Aérographe, les réglages dans les menus Couleurs et Filtres. 3/ Les modifications achevées, le diptyque photographique doit maintenant être exporté et transmis au professeur. Commencez par optimiser la taille de la réalisation : cliquez le menu Image/ Échelle et taille de l’image… Saisissez une valeur de 1280 px pour la largeur. Attention, le maillon de chaîne symbolisé à droite des valeurs doit être fermé afin que la hauteur s’adapte proportionnellement à la largeur. Validez la Mise à l’échelle. 4/ Cliquez Fichier/ Exporter sous… puis après avoir nommé votre fichier « prenom-classe » et choisi l’emplacement de l’enregistrement, sélectionnez .jpg ou .png dans le menu Sélectionner le type de fichier (Selon l’extension). Cliquez Exporter et validez à nouveau l’export. Le fichier obtenu peut être transmis.
Culture artistique
Andy WARHOL, Andy2, 1985, image numérique créée sur Amiga 1000 Andy Warhol est un artiste américain du Pop Art connu dans le monde entier par son travail de peintre, de producteur musical, d’auteur, par ses films d’avant- garde, et par ses liens avec les intellectuels, les célébrités d’Hollywood. Ce n’est qu’en 2014 qu’une équipe de la Carnegie Mellon University retrouve sur des disquettes qui se trouvaient dans les archives du Andy Warhol Museum des images numériques créées par Andy Warhol en 1985 pour Amiga Computers. http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Pop_art/ENS-pop_art.htm
Mariko MORI, Pure Land, 1996-1998, photographie numérique Artiste contemporaine japonaise, Mariko MORI propose avec Pure Land une œuvre caractérisée par un univers utopique, un univers fantasmé teinté de chamanisme primitif où l’artiste apparaît comme une gourou omniprésente.
Alain DELORME, Totems, 2009-2011, photographie numérique Grâce au photomontage, le photographe français offre une vision singulière de la Chine de Shanghai où des transporteurs à vélo circulent dans une ville remodelée par la nouvelle société de consommation. https://www.alaindelorme.com
PIERRE & GILLES, Stromae Forever, 2014, photographie et peinture. Depuis 1976, Pierre et Gilles développent une œuvre à quatre mains entre peinture et photographie. Leurs tableaux mettent en scène leurs proches, anonymes ou célèbres, dans des décors sophistiqués construits grandeur nature en atelier. Une fois la photographie tirée sur toile, commence un méticuleux travail de peinture. Ces créateurs d’images ont constitué une iconographie singulière explorant la frontière entre l’histoire de l’art et culture populaire kitsch*.
*Le kitsch est intimement lié à l’idée de l’inauthentique, de la surcharge et du mauvais goût. Désignant au départ la « production artistique et industrielle d’objets bon marché », le concept est indissociable de l’industrie de consommation de masse. Dans le langage courant, le kitsch désigne des objets de mauvais goût, agrémentés de décorations superflues, qui copient le plus souvent des œuvres reconnues comme des classiques. Source Wikipédia
Pour conclure
À partir de ce diptyque, pouvez-vous catégoriser les deux types d’images ? Quelle place prennent l’analyse et l’interprétation ? La valeur expressive et narrative de l’image ? Notez vos réponses dans le cahier d’arts plastiques.
En appui sur des références artistiques, cette séquence vous a permis de questionner les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations. Elle vous a obligé à vous poser quelques questions de ce qui définit la photographie et l’articité (: ce qui fait l’art) même de l’œuvre.
Diptyque de BaptisteDiptyque de Marina
Questionnement(s) :
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations
La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les effets de l’instrument (ici, l’outil numérique).
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :
Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :
Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine