Dessinez sur un grand format (A3+, format raisin) au stylo à bille la barbe de Compère Gredin et tout ce que l’on peut y trouver. Vous n’utiliserez pas votre crayon de papier.
#geste #ecriture #bic #ressemblance
Le dessin englobe une grande pluralité de pratiques. L’usage du stylo à bille aura ici, ainsi que le format et le geste, une incidence sur votre production. C’est pourquoi dans un premier temps, vous devrez expérimenter les variations possibles avec cet outil unique.
Questions
Qu’est-ce que cela change de dessiner au stylo à bille ? Est-ce l’outil que vous auriez choisi représenter la barbe de ce personnage et pour travailler sur ce support ? En quoi l’écart entre le référent et sa représentation peut-il être source de valeur expressive ?
Temps de réalisation : de 60 à 80 minutes
Une barbe dégoûtante
« Tout le monde le sait, un visage sans barbe, comme le vôtre ou le mien, se salit si on ne le lave pas régulièrement. La chose n’a rien d’étonnant. Mais pour un barbu, le problème est différent. Tout reste collé à ses poils, surtout la nourriture. La sauce, par exemple. Vous et moi, nous pouvons nous débarbouiller la figure avec un gant de toilette et avoir vite l’air plus ou moins présentable. Impossible pour les barbus. Nous pouvons aussi, avec un peu d’attention, manger sans nous faire des moustaches. Impossible pour les barbus. Observez bien un barbu manger, et vous verrez que, même s’il ouvre grand la bouche, il lui est difficile d’avaler du ragoût, de la glace ou de la crème au chocolat sans en laisser des traces sur sa barbe. Compère Gredin, lui, ne prenait même pas la peine d’ouvrir grand la bouche quand il mangeait. Et comme il ne se lavait jamais, les restes de ses repas se collaient à sa barbe. Soyons justes, il s’agissait de petits restes, car, en mangeant, il s’essuyait la barbe du revers de la manche ou du plat de la main. Mais si l’on y regardait de plus près (ce qui n’avait rien d’agréable !) on découvrait de petites taches d’œufs brouillés, d’épinards, de ketchup, de poisson, de hachis de foie de volaille. Bref, de toutes les choses dégoûtantes que Compère Gredin aimait ingurgiter. Si l’on s’approchait encore plus près (attention ! attention ! mesdames et messieurs, bouchez-vous le nez !) et si l’on examinait bien sa moustache en bataille, on apercevait des rogatons plus consistants qui avaient échappé au revers de sa manche depuis des mois et des mois : du fromage vert grouillant de vers, un vieux cornflake moisi et même la queue visqueuse d’une sardine à l’huile. Avec cette barbe dégoûtante, Compère Gredin n’était jamais mort de faim. Il lui suffisait d’explorer sa jungle poilue d’un coup de langue pour trouver de quoi grignoter çà et là un morceau de choix. Vous voyez que Compère Gredin était un vieux bonhomme sale et malodorant. Mais ce que vous allez découvrir bientôt, c’est qu’il était aussi affreusement méchant. » Extrait de Les deux gredins de Roald DAHL, Éd. Folio junior
Références artistiques
Alighiero BOETTI, Vice Versa, 1980, stylo à bille sur papier, 70 x 100 cm
Robert MORRIS, The Miyuki Bridge (Firestorm Series), 1982, encre, fusain et graphite sur papier, 224 x 193,5 cm
Jan FABRE, Les années de l’heure bleue, 1977-1992, exposition à Saint-Étienne 2012, détail d’un Bic Art en bandeau
Thomas MÜLLER, Sans titre, 2013, 160 x 115 cm
Il LEE, MBL 1302, 2013, stylo à bille sur papier, 84,5 x 63,5 cm
Karl BEAUDELERE, KXB7, Entité jaune, 2015, stylo-bille sur papier, 29,5 x 21 cm, collection de l’Art Brut, Lausanne
The KID, As water reflects the face, so one life respects the hear, 2015, stylo Bic sur papier, 182 x 182 cm
Emil FERRIS, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, 2018, roman graphique, Éd. Monsieur Toussaint Louverture, Fauve d’or – Prix du Meilleur album 2019, Festival d’Angoulême
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Le bookface est l’art d’intégrer une couverture de livre dans votre portrait photographique : la couverture devenant la continuité du visage ou du corps.
Le terme sleeveface désigne un phénomène internet qui consiste à être pris en photographie en posant avec une pochette de disque vinyle représentant des parties du corps, de façon à prolonger l’image de la pochette et ainsi créer une illusion.
Intégrez la couverture d’un livre (ou d’un magazine ou d’une pochette de disque) dans un cadre particulier pour créer l’illusion de continuité entre l’image et votre visage. Une partie du visage ou du corps prolongent alors la photo du livre. Il s’agit de faire en sorte que ce soit le plus réaliste possible. Pour cela, soyez attentif* à aligner les lignes principales de son corps avec celles de l’image, trouvez un arrière-plan adéquat et tentez de respecter les proportions pour que l’effet fonctionne.
#bookface #sleeveface
*Autres points de vigilance : la lumière, l’angle de vue, le cadrage, la composition, la couleur, la netteté…
@myaplibrary, @booksnmusic
Références possibles
Martial RAYSSE, Soudain l’été dernier, 1963, 3 panneaux assemblage : photographie peinte à l’acrylique et objets, 100 x 225 cm
Markus RAETZ, OUI–NON, 2001, fonte de laiton, 19,5 x 72,5 x 19,3 cm
Ben HEINE, Pencil vs Camera, depuis 2010, série de photographies. Les œuvres Pencil Vs Camera représentent des dessins réalisés, photographiés et tenus par Ben Heine dans un endroit spécifique. Elles marient la photographie et le dessin et ajoutent à des scènes ordinaires de nouveaux éléments surréels, visionnaires ou romancés. https://benheine.com/fr/art/pencil-vs-camera/
Bernard PRAS, Vénus (#162), 2013, photographie sous diasec, 106 x 80 x 3 cm
Hombre McSTEEZ (@Hombre_McSteez), Napkin eater, oct 2019, GIF animé. Hombre Mc Steez utilise les feuilles de Rhodoïd pour faire entrer le virtuel (ses dessins) dans le réel. Il photographie ses dessins et crée un montage en stop motion afin de donner vie à ses personnages.
OCTOBER JONES (@OctoberJones), Where’s Wally?, juil 2014, photographie
Christoph NIEMANN, World Cup, Sunday Sketches, 2019, impression
Loïc APREDA (@apredart), My Home, avril 2020, illustration, peigne
Benjamin HEINE, Pencil vs Camera for Art Official Concept, 2011
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Le BeauxArts Magazine du mois de mars 2020 propose le meilleur de l’art sur le web. Je vous livre dans les lignes suivantes une sélection de sites, jeux et comptes Instagram dédié à l’art relevée leurs rédactrices.
https://www.artic.edu La collection d’art ancien et moderne très complète du Art Institute de Chicago.
https://open.smk.dk 40000 images disponibles dans les collections du SMK de Copenhague.
Prisme7. Réalisé par des artistes du numérique, où des œuvres majeures de la collection du Musée d’Art Moderne se donnent à voir et à jouer, le jeu vidéo du Centre Pompidou propose une plongée dans un univers artistique et poétique.
https://vectronom.arte.tv/ Jeu de plateforme 3D composé d’ondes colorées et de niveaux à géométrie variable qui se modulent au fil des BPM. Le joueur doit caler chacun de ses mouvements en captant le flow des nappes électro hypnotiques pour trouver son chemin (démo gratuite, version complète 4,49 €).
http://www.yurigame.com/ Jeu de plateforme à l’atmosphère unique. Dextérité, curiosité et une dose de lâcher prise te seront nécessaires pour aider Yuri à surmonter tous les obstacles et atteindre le but de son mystérieux voyage. Explore un univers organique et sensible, plein de passages secrets et de souvenirs enfouis (version complète 5,49 €)
@banksy, pas moins de 7 millions d’abonnés pour le fameux street artiste !
@cindysherman, compte permettant de la suivre dans ses délires de selfies.
@martinparrstudio, un regard impitoyable sur notre quotidien.
@olafbreuning, compte clownesque du plasticien contemporain.
@sabinepigalle, maîtres masqués (La Dame au Pangolin en bandeau)
La Révolution industrielle puis le développement de la Société de consommation depuis les années 50 ont influencé de nombreux artistes par la multiplicité des objets produits, par leurs matériaux, par leur emballage, par leur publicité, le désir et le culte qu’ils suscitent, mais également par leur obsolescence, par leur surproduction et la raréfaction des matières premières, par les délocalisations industrielles qu’ils occasionnent, par leur problème de stockage en tant que déchets et de recyclage. Dès lors les artistes ont collecté, classé et présenté des objets du quotidien tels quels, ou parfois, modifiés ou détournés leur octroyant ainsi le statut d’œuvre d’art.
Constituez une collection de petits objets fabriqués ou récoltés par vos soins. Vous exposerez et photographierez cette collection. Mais faites attention : exposer, c’est choisir en fonction d’un propos. C’est prendre parti, construire un discours. Il convient de penser l’exposition en fonction de ce qu’elle est, à savoir une véritable création.
Cabinet de curiosités : lieu où étaient entreposés et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût pour l’hétéroclisme et l’inédit.
Collection : réunion d’objets ayant un intérêt esthétique, scientifique, historique, ou une valeur provenant de leur rareté.
Inventaire : dénombrement, comptage, liste.
Musée : établissement où l’on conserve et expose des objets dignes d’intérêt, notamment des œuvres d’art.
Objet : (du latin objectum, 1361), entité (chose) définie dans un espace à trois dimensions, soit naturelle, soit fabriquée par l’homme (un artefact ou un produit de fabrication industrielle), qui a une fonction précise, désignable par une étiquette verbale (un nom).
Pinacothèque : musée exposant des œuvres picturales (peintures).
Série : ensemble ou suite d’éléments de même nature ou possédant des points communs.
Typologie : démarche méthodique consistant à définir ou étudier un ensemble de types, afin de faciliter l’analyse, la classification et l’étude de réalités complexes.
Références artistiques possibles
Johann Georg HINZ, Le cabinet de curiosités, 1666, 115 x 93 cm, Kunsthalle, Hambourg, Allemagne
Domenico REMPS, Trompe-l’œil (Cabinet de curiosités), 1690, huile sur toile, 98,5 x 135 cm, Optificio delle Pietre Dure, Florence, Italie
Jacques DAGUERRE, Composition avec fossiles et coquillages, daguerréotype : (procédé photographique sur métal), 1837-1839
Alphonse BERTILLON, Tableau synoptique d’oreilles, service d’identification de la Préfecture de Police, photographies, 1880
Catalogue Manufrance (Manufacture française d’armes et cycles de Saint-Étienne), 1885-1985
Marcel DUCHAMP, La boîte-en-valise, 1936-1941/1968, boîte en carton recouverte de cuir rouge contenant des répliques miniatures d’œuvres, 69 photos, fac-similés ou reproductions de tableaux collées sur chemise noire, 40 x 37,5 x 8,2 cm, boîte déployée pour présentation : env. 102 x 90 x 39,5 cm
Ben VAUTIER, Le Magasin de Ben, 1958-1972, matériaux divers, 350 x 500 x 350 cm, Musée National d’Art Moderne, Paris – https://www.centrepompidou.fr/
ARMAN, Home Sweet Home, 1960, accumulation de masques à gaz dans une boîte sous plexiglas, 160 x 140 x 20 cm
Claes OLDENBURG, Pastry Case I, 1961-62, sculptures en plâtre peint, vaisselle en céramique, verre et métal, vitrine au cadre métallique et plaques de verre, 52,7 x 76,5 x 37,3 cm, MoMA, New-York https://www.moma.org/collection/works/81721
Christian BOLTANSKI, Vitrine de référence, 1971, boîte en bois peinte sous plexiglas, bois, plexiglas, photos, cheveux, tissus, papier, terre, fil de fer, 59,6 x 120 x 12,4 cm Christian Boltanski expose des objets personnels comme des reliques ou des éléments issus de fouilles archéologiques témoignant de civilisations perdues. Avec ces œuvres, il parodie notamment le Musée de l’Homme, lequel, dit-il, l’a beaucoup marqué : on y voit, dans des vitrines un peu poussiéreuses, des objets à l’origine sans vocation esthétique, des objets qui sont des documents plutôt que des œuvres, des objets auxquels le musée a retiré leur valeur d’usage.
Hilla et Bernd BECHER, Châteaux d’eau, 1970-1998, 15 photographies noir et blanc, tirages argentiques, 40 x 30 cm
Allan Mc COLLUM, Over Ten Thousand Individual Works, 1987-1989 10 000 objets produits en série mais tous uniques à partir de moules d’objets ménagers en caoutchouc combinés, acrylique sur hydrocal (mélange de plâtre et ciment).
Damien HIRST, Enemy, Medecine Cabinet, 1988-89, verre, bois mélaminé peint, ramin (bois tropical), plastique, aluminium, emballage pharmaceutique, 137,2 x 101,6 x 22,9 cm
Annettes MESSAGER, Mes vœux, 1989, installation murale en ovale de photographies noir et blanc, 263 épreuves gélatino-argentiques encadrées sous verre maintenu par un papier adhésif noir et suspendues au mur par de longues ficelles, 320 x 160 cm, Centre Pompidou, Paris Avec cette œuvre, composée de dizaines de photographies de détails de corps, Annette Messager met en scène une identité fragmentée, qui se décompose et se recompose comme les éclats d’un kaléidoscope. Bien qu’elle fasse référence au vocabulaire du minimalisme, par la forme simple dans laquelle s’inscrit cet ensemble comme par le choix du noir et blanc, l’image qui en résulte, comme suspendue par une multitude de longues ficelles apparentes, rappelle plutôt les ex-voto.
Tony CRAGG, Cumulus, 1998, récipients en verre sablé, sur étagères en verre soutenues par un noyau de briques, 265 x 120 x 120 cm, Tate Britain, Londres
Andreas GURSKY, 99 Cent Store (Magasin), 1999, photographie, épreuve chromogène, 206,5 x 337 x 5,8 cm L’intérieur d’un supermarché américain, dans lequel tout est proposé au prix unique de 99 ¢, est prétexte à restituer la profusion des petites surfaces colorées des produits bien alignés dans un parfait ordonnancement au chatoiement exceptionnel.
Thomas HIRSCHHORN, Outgrowth (Excroissance), 2005, bois, plastique, papier, ruban adhésif, Bulle Pack, 374 x 644 x 46 cm, MNAM, Paris 131 globes terrestres avec excroissances attirent l’attention sur des faits dramatiques d’actualité évoqués par quelques photos, posés sur 7 étagères murales avec coupures de presse.
Jean-Luc VILMOUTH, Masques 3, ustensiles de maison, Fiac 2007, Grand Palais, Paris
Jim GOLDEN, Collection de matériel photographique, (série Arranged Collections), 2012, photographie couleur de collection d’objets prêtés et classés, image en bandeau https://jimgoldenstudio.com
Questionnement(s) :
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les représentations et statuts de l’objet en art.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
We challenge you to recreate a work of art with objects and people in your home.
#gettymuseumchallenge
Recréez en photographie des tableaux de maître avec des bricoles depuis chez soi… C’est le défi que le Getty Museum lance aux internautes. Soyez inventifs !
Le Musée a posté sur les réseaux sociaux quatre exemples où ses employés relèvent le défi, avant d’inviter les internautes à en faire de même et de partager leurs photos sur les réseaux sociaux.
Avant de partager, il suffit de :
se prendre en photo en récréant un tableau célèbre ;
mettre en regard votre photo avec le tableau original (via n’importe quel logiciel de montage gratuit) ;
partager le résultat sur les réseaux sociaux en taguant le compte du musée @GettyMuseum (Twitter ou Instagram) et en mentionnant le hashtag #gettymuseumchallenge.
Dessinez en trois vignettes une histoire de chute.
#bd #comicstrip
Votre bande dessinée se compose donc d’une seule bande de 3 vignettes en noir et blanc. Ce format est celui connu sous le nom de comic strip. Centré sur l’humour, le comic strip a pour vocation de faire rire le lecteur en un minimum de cases.
Quelques questions à se poser pour bien commencer :
Où la scène a-t-elle lieu ?
Qui sont les personnages ?
Dans quel état émotionnel sont-ils ? Que disent-ils ? Aller à l’essentiel.
Comment réagissent-ils ? Décrire les différentes interactions.
Que va-t-il se passer ? Quelle est la chute de votre histoire ?
Questionnement autour du rôle du dessin
Comment raconter une histoire en images ? En quoi le dessin est-il au service de l’histoire ? Dans quelle mesure le cadrage et le point de vue déterminent-ils la lecture de la chute ? Comment le dessin peut-il traduire le mouvement ? Quel rôle le format de la case joue-t-il dans la planche ?
Comic strips
Rudolph DIRKS, The Katzenjammer Kids (Pim Pam Poum), première publication 1897
Winsor McCAY, Little Nemo in Slumberland, première publication 1905
George HERRIMAN, Krazy Cat, première publication 1913
Charles M. SCHULZ, Peanuts (Charlie Brown, Snoopy), première publication 1950
Yves GOT et René PÉTILLON, Le Baron noir, première publication 1976
André FRANKIN, Idées noires, première publication 1977
Jim DAVIS, Gardfield, première publication 1978
L’application BDnF permet de réaliser des BD, des romans graphiques ou tout autre récit mêlant illustration et texte : https://bdnf.bnf.fr/
Références artistiques
Hans BOL, La Chute d’Icare, 1554-1593, aquarelle sur papier, 13,3 x 20,6 cm, Musée Mayer van den Bergh, Anvers
Pieter BRUEGHEL L’Ancien, Paysage avec la chute d’Icare, 1558, huile sur toile montée sur bois, 73,5 x 112 cm, Musées Royaux de Belgique, Bruxelles
Peter Paul RUBENS, La Chute d’Icare, 1636, huile sur bois, 27,4×26,8 cm, Musées Royaux de Belgique, Bruxelles
Carlo SARACENI, La chute d’Icare, 1606-07, huile sur toile, 34×54 cm, Musée de Capodimonte, Naples
Jacob Peter GOWI, La chute d’Icare d’après Rubens, 1636, peinture sur toile, 195 x 180 cm
Paul-Ambroise SLODTZ, La Chute d’Icare, 1743, marbre, 38 x 64 x 54 cm, Musée du Louvre, Paris
Merry-Joseph BLONDEL, Le Soleil, La Chute d’Icare, 1819-1833, 271 x 210 cm, Louvre, plafond de la Rotonde d’Apollon, Paris
Auguste RODIN, L’Illusion, sœur d’Icare, 1894-1896, marbre, 62 x 96 x 51 cm, Musée Rodin, Paris
Henri MATISSE, La Chute d’Icare, 1943, papiers gouachés, découpés et collés sur papier, 36 x 26,5 cm
Anselm KIEFER, Ikarus – märkischer Sand (Icare – Sable de Brandebourg), 1981, huile, émulsion, vernis, sable et photographie sur toile, 290 x 360 cm
Carlo SARACENI, La chute d’Icare, 1606-07, huile sur toile, 34×54 cm, Musée de Capodimonte, Naples
Chute d’Icare Pour enfermer le Minotaure, monstre à tête de taureau, le célèbre architecte Dédale construit pour Minos, le roi de Crète le labyrinthe. Mais à cause de ses trahisons répétées, Dédale fut jeté avec son fils Icare dans ce dernier. Pour fuir sa prison, il eut l’idée de fabriquer des ailes semblables à celles des oiseaux, confectionnées avec de la cire et des plumes. Il mit en garde son fils, lui interdisant de s’approcher trop près de la mer, à cause de l’humidité, et du Soleil, à cause de la chaleur. Mais Icare, grisé par le vol, oublia l’interdit et prit de plus en plus d’altitude. La chaleur fit fondre la cire jusqu’à ce que ses ailes finissent par le trahir. Il mourut précipité dans la mer qui porte désormais son nom : la mer Icarienne. Le mythe d’Icare aborde des thèmes de la transgression dans les relations parents/enfants et, plus généralement, entre nature et culture. L’Humain est confronté à l’effet néfaste que peut avoir un conseil ou une interdiction et son désir de repousser toujours plus loin les frontières de l’exploration et de la connaissance, au risque de soumettre sa condition humaine à une épreuve fatale. Source Wikipédia
Philippe HALSMAN, Portrait de Harold Lloyd (acteur de films muets), 1953, photo extraite du « Jump Book », 1959
Yves KLEIN, Le Saut dans le vide, 23 octobre 1960,5 rue Gentil-Bernard, Fontenay-aux-Roses, Paris, détail en bandeau
Andy WARHOL, Suicide (Purple Jumping Man), Death and Disasters series, 1963, sérigraphie et acrylique sur toile, 230 x 230 cm
Chris BURDEN, Sculpture in Three Parts, 1974, performance réalisée à la galerie Hansen Fuller de San Francisco, il s’assied sur une chaise placée sur un socle, un écriteau indique : « Je serai assis sur cette chaise à partir du 10/09/1974 à 10h30 jusqu’à ce que j’en tombe ». Des photographes se relayent, attendant sa chute. Il tombe au bout de 43 heures, on trace à la craie le contour de son corps, il écrit au centre le mot « Éternellement ». Cette relique reste visible jusqu’à la fin de l’exposition, le 21 septembre.
Philippe RAMETTE, Inversion de pesanteur, 2003, photographie couleur, 150 x 120 cm
Bill VIOLA, The Last Angel, 2002, vidéo couleur sur écran plasma mural, son stéréo amplifié, 9 min.
Li WEI, Falls to the Car, 2003, C-print sur aluminium, 150 x 150 x 2 cm
Kerry SKARBAKKA, Stairs, Chicago, 2002, C-print sur aluminium, 91,4 x 76,2 cm
Sam TAYLOR-WOOD, Bram Stocker Chair series, 2004, cordes et poulies sont effacées grâce à la retouche numérique. Une autre série Suspended (2004) montre cette fois une suspension dans l’air de son corps, dans le même intérieur.
Denis DARZACQ, photographies extraites de la série, La Chute, 2004-2006, réalisées en collaboration avec des danseurs de breakdance.
Gilbert GARCIN, L’espace et le temps, 2006, ses photographies en noir et blanc ne relèvent nullement du numérique mais de petites maquettes, de collages et de photomontages manuelsGilbertPieter BRUEGHEL L’ANCIEN, La Parabole des aveugles, 1568, détrempe sur toile, 86 x 154 cm, Musée Capodimonte, Naples
Philippe HALSMAN, Portrait de Harold Lloyd (acteur de films muets), 1953, photo extraite du « Jump Book », 1959
Yves KLEIN, Le Saut dans le vide, 23 octobre 1960,5 rue Gentil-Bernard, Fontenay-aux-Roses, Paris (détail en bandeau)
Andy WARHOL, Suicide (Purple Jumping Man), Death and Disasters series, 1963, sérigraphie et acrylique sur toile, 230 x 230 cm
Chris BURDEN, Sculpture in Three Parts, 1974, performance réalisée à la galerie Hansen Fuller de San Francisco, il s’assied sur une chaise placée sur un socle, un écriteau indique : « Je serai assis sur cette chaise à partir du 10/09/1974 à 10h30 jusqu’à ce que j’en tombe ». Des photographes se relayent, attendant sa chute. Il tombe au bout de 43 heures, on trace à la craie le contour de son corps, il écrit au centre le mot « Éternellement ». Cette relique reste visible jusqu’à la fin de l’exposition, le 21 septembre.
Philippe RAMETTE, Inversion de pesanteur, 2003, photographie couleur, 150 x 120 cm
Bill VIOLA, The Last Angel, 2002, vidéo couleur sur écran plasma mural, son stéréo amplifié, 9 min.
Li WEI, Falls to the Car, 2003, C-print sur aluminium, 150 x 150 x 2 cm
Kerry SHARBAKKA, Stairs, Chicago, 2002, C-print sur aluminium, 91,4 x 76,2 cm
Sam TAYLOR-WOOD, Bram Stocker Chair series, 2004, cordes et poulies sont effacées grâce à la retouche numérique. Une autre série Suspended (2004) montre cette fois une suspension dans l’air de son corps, dans le même intérieur.
Denis DARZACQ, photographies extraites de la série, La Chute, 2004-2006, réalisées en collaboration avec des danseurs de breakdance.
Gilbert GARCIN, L’espace et le temps, 2006, ses photographies en noir et blanc ne relèvent nullement du numérique mais de petites maquettes et de collages manuels.
Claes OLDENBURG, Shoestring Potatoes Spilling from a Bag, 1966, toile rembourrée de kapok et renforcée avec de la colle, peinture acrylique, 2,74 x 1,32 x 1,01 cm
Ai WEIWEI, Dropping a Han-Dynasty Urn, 1995, triptyque, C-prints, 150 x 166 cm chaque.
Claes OLDENBURG et Coosje VAN BRUGGEN, Dropped Ice Cream Cone, 2001, aciers, plastique et balsa peints, H : 12,1 m, D : 5,8 m, Centre commercial Neumarkt, Cologne. Un cône monumental de crème glacée semble être tombé sur le bord de la terrasse de l’immeuble et la vanille est en train de fondre sur la façade.
Sandro GIORDANO, In Extremis – Bodies with no regret series, depuis 2014, mises en scène photographiques burlesques.
Sandro GIORDANO, Sugar Free Please, 2019, Rome, photographie de la série « In Extremis »
Questionnement(s) :
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la narration visuelle.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).
Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :
Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique..
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.
Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
The Invader from Hell, The Batman Family, 1975, scénario : Elliot S. Maggin, dessin : Jerry Robinson, Mike Grell, Sheldon Moldoff
Le dictionnaire abrégé du Surréalisme définit le cadavre exquis graphique comme un jeu de papier plié qui consiste à faire composer un dessin par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles ne puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes.
Dessinez minutieusement, en l’observant, un objet usuel sur un papier libre (le dessin recouvre le format A4). Proposez à vos proches le même exercice. Vous pouvez également effectuer des échanges de dessins par email avec vos camarades. Déchirez ou découpez le support des esquisses obtenues en 3 ou 4 parties. Placez le côté crayonné des morceaux sur la table, puis, mélangez-les. Tirez au sort un quart des bouts de papier. Juxtaposez-les et assemblez-les, afin d’obtenir un ensemble de traits cohérent. Reproduisez à l’encre noire le résultat obtenu – l’assemblage improbable des fragments objets.
#cadavreexquis #hasard
Lors de cette séance, les élèves se questionnent : – sur des notions de dessin d’observation – donner à voir du volume, jouer sur les ombres, appréhender un support ; – sur la transformation des images existantes dans une visée poétique ou artistique.
Le dessin d’observation consiste à reproduire de façon réaliste un sujet donné. Il n’est en aucun cas question d’interprétation ou d’imagination. Votre regard et votre main ne font qu’un dans cet exercice. Il est indispensable de poser un œil neuf sur l’objet d’étude avant de tracer les premiers traits en visualisant notamment sa forme dans l’espace, sa position, en remarquant ses proportions, sa matière, ses ombres et en ne s’attachant pas (dans un premier temps) aux détails.
Références artistiques
Marcel DUCHAMP, Trois Stoppages-étalon, 1913/1964, fil, toile, cuir, verre, bois, métal, 28 x 129 x 23 cm Dans Trois Stoppages-étalon Duchamp répète trois fois l’expérience suivante: il laisse tomber horizontalement un fil de un mètre de longueur depuis un mètre de hauteur. Laissant ainsi celui ci se déformer au hasard de sa chute. Puis fixe les trois formes obtenues chacune avec du vernis sur une plaque de verre. Pour enfin reporter ces nouvelles lignes par découpe sur trois mètres ordinaires en bois et les ranger ensemble dans une boîte de croquet.
Jean ARP, Collage avec des carrés disposés selon les lois du hasard, 1916, collage, 48,5 x 34,6 cm, MoMA, NY https://www.moma.org/learn/moma_learning/jean-hans-arp-untitled-collage-with-squares-arranged-according-to-the-laws-of-chance-1916-17/ « Dans son atelier du Zeltweg, Arp avait longuement travaillé sur un des- sin. Insatisfait, il finit par déchirer la feuille, en laissant les lambeaux s’éparpiller par terre. Lorsque, après quelque temps, son regard se posa par hasard sur les morceaux gisant au sol, il fut surpris par leur disposition qui traduisait ce qu’il avait vainement essayé d’exprimer auparavant. Combien significatif, combien expressif était cet étalement.Ce qu’il n’avait pas réussi plus tôt, malgré tous ses effort, le hasard, le mouvement de la main et celui des morceaux de papiers flottants s’en était chargés. En effet, l’expression y était. Il considéra cette provocation du hasard comme une providence et se mit à coller soigneusement les morceaux dans l’ordre dicté par le hasard « .
Man RAY, Cadeau, 1921, métal, fer à repasser avec quatorze punaises collées sur sa semelle, 17,5 x 10 x 14 cm
Simone KAHN, Max MORISE, André BRETON, Cadavre exquis, 19,6 x 15,2 cm , dessin aux crayons de couleur et crayon noir contrecollé sur carton
Meret OPENHEIM, Object (Le Déjeuner en fourrure), 1936, assemblage, tasse, soucoupe et petite cuillère recouvertes de fourrure de gazelle, MoMA, NY
Salavator DALÍ, Le Téléphone aphrodisiaque (ou Le Téléphone homard), 1936, plastique et métal, 20,96 x 31,12 x 16,5 cm, Minneapolis Institute of Art
André BRETON, Jacqueline LAMBA, Yves TANGUY, Cadavre exquis, 1938, collage de gravures et d’illustrations de magazine découpées sur papier, 31 x 42 cm, annotation au revers : Jacqueline Lamba 9 février 1938 Jeannette-André-Yves, reproduction en bandeau De la même façon que la première phrase surréaliste construite avec une succession de mots tirés au sort, Le cadavre exquis boira le vin nouveau, les collages ou dessins exécutés à plusieurs mains naissent de la combinaison aléatoire d’une suite d’interventions exécutées sans connaissance des interventions précédentes.
Max ERNST, reproduction en noir pour l’édition illustrée À l’intérieur de la vue. 8 poèmes visibles de Paul ÉLUARD, 1947
Max ERNST, Arbres solitaires et arbres conjugaux, 1940, huile sur toile, 81,5 x 100,5 cm, Fondation Beyeler, Suisse
La décalcomanie est une technique de transfert qui consiste à reporter à plat sur une toile la couleur encore humide appliquée sur une plaque de verre ou une feuille de papier. Son retrait fait naître des dessins subtils, tracés, bulles et marbrures de couleur. L’artiste retravaille ensuite la structure superficielle complexe ainsi créée.
Jackson POLLOCK Number 1, 1949, 160 x 259,1 cm, MOCA, Los Angeles
L’artiste américain privilégie l’automatisme : les couleurs sont jetées, déversées, projetées sur la toile, où elles provoquent des coulures et des tâches aléatoires, de sorte que le tableau devient un champ d’action où s’exprime un processus dynamique.
Willem De KOONING, Grenier, 1949, huile, émail et transfert de papier journal sur toile, 157,2 x 205,7 cm
François MORELLET, Répartition aléatoire de 40 000 carréssuivant les chiffres pairs et impairs d’un annuaire de téléphone,50% bleu, 50% rouge, 1963, papier mural sérigraphié, ampoule électrique En demandant à ses proches de lui dicter les chiffres de l’annuaire, l’artiste coche ses cases selon la fin paire ou impaire du numéro de téléphone. Les cases cochées sont remplies d’une couleur, les cases vides d’une autre. Le principe est simple : partir d’une grille régulière de carrés et d’un choix arbitraire de deux couleurs. L’intention est de brouiller les repères visuels du visiteur. Pour François Morellet, l’intervention du hasard dans la réalisation de l’œuvre per- met d’invalider la croyance selon laquelle une composition réussie serait le fruit du métier, de l’intuition, voire du génie de l’artiste. Pour lui, c’est la contrainte à laquelle est soumis le hasard qui fait la composition. Par ailleurs, l’emploi de l’annuaire téléphonique souligne le fait que l’œuvre pro- duite est un pur objet de télécommunication : elle retransmet aux spectateurs la suite des actions dont elle est le résultat.
Jacques CARELMAN, Catalogue des objets introuvables, 1969
Simon HANTAÏ, Sans titre, 1973, acrylique sur toile
Gerhard RICHTER, 4900 Farben, 2007, peinture émaillée sur Alu-dibond, 680 x 680 cm
4900 Farben (4900 Couleurs) se compose de 196 panneaux, comprenant chacun 25 cases colorées dont le choix chromatique et l’emplacement ont été déterminés de façon aléatoire par un programme informatique.
Jacques CARELMAN, Peigne à roulettes, Catalogue d’objets introuvables, 1969
« Beau comme une rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. » Chants de Maldoror, Comte de Lautréamont, 1869
Pour faire un poème dadaïste. Prenez un journal. Prenez des ciseaux. Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème. Découpez l’article. Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac. Agitez doucement. Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre. Copiez consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac. Le poème vous ressemblera. Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.
Tristan TZARA, Pour faire un poème Dadaïste, 1920
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la narration visuelle – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Maurizio Cattelan, Love saves life (Les animaux musiciens de Brême), 1995, taxidermie, 190 x 120 x 60 cm
Les animaux musiciens de Brême, d’après le conte des frères Grimm
C’était il y a bien longtemps…
Un âne gris, vieux et pelé cherchait un peu d’herbe le long d’un sentier lorsqu’il entendit un jappement auprès de lui. Un chien le regardait à travers une barrière.
– Qu’as-tu donc, mon pauvre ami ? demanda l’âne. Tu baisses la tête bien tristement ! – N’ai-je pas raison ? répondit le chien. Je suis devenu vieux, mes pattes sont trop raides pour courir et je n’ai plus de crocs solides. Aussi mon maître a-t-il décidé, hier soir, de m’abattre d’un coup de fusil, car il ne veut pas nourrir une bouche inutile. – Ne suis-je pas à plaindre ?… – Bah ! dit l’âne. Que te sert de gémir ? Tel que tu me vois, marchant gaiement le long des routes, tu ne te douterais pas que j’ai eu un maître aussi ingrat que le tien ! – Je n’étais plus assez fort pour porter les paniers au marché et ce méchant homme voulait se débarrasser de moi ; mais je ne l’ai pas attendu. J’ai pris la clef des champs et je vais droit devant moi, croquant les chardons du sentier. – Viens avec moi. À nous deux nous ferons peut-être de grandes choses.
Le chien se glissa à travers la barrière et, tout boitillant, vint rejoindre l’âne.
Ils marchèrent ainsi pendant plus d’une heure. Comme ils longeaient un petit mur, fleuri de capucines, ils entendirent un miaulement tellement angoissé, qu’ils s’arrêtèrent aussitôt. Ils virent, tapi au milieu des fleurs, un vieux chat maigre.
– Qu’as-tu, l’ami ? s’exclama l’âne. Tu miaules bien tristement. – N’ai-je pas raison ? répondit le chat. Je suis devenu vieux, mes pattes sont trop raides pour courir, mes oreilles n’entendent plus… – Les souris, interrompit l’âne d’un air moqueur. Tu ne peux plus faire ton métier de chat et ton maître veut t’abattre d’un coup de fusil. – Non, c’est ma maîtresse qui veut me noyer, en m’attachant une pierre au cou, car elle ne veut pas nourrir… – une bouche inutile. Je connais cela, dit à son tour le chien.
Le chat regarda les deux animaux d’un air méfiant. – Mais qui êtes-vous, et comment avez-vous deviné mon malheur ? – C’est qu’il a été le nôtre, répondit l’âne, d’un air sérieux, mais nous nous sommes enfuis et nous marchons librement sur la route. – Viens avec nous. À nous trois nous ferons peut-être de grandes choses !
Le chat sauta auprès d’eux et ils partirent le long du sentier. Le chat racontait à ses nouveaux camarades ses plus belles chasses, lorsqu’un cocorico désespéré les arrêta tous les trois.
Perché sur une vieille souche, un coq agitait péniblement ses ailes. L’âne lui jeta un coup d’œil. – Ou je me trompe fort ou voilà pour nous un autre compagnon. Il me paraît assez vieux et déplumé pour connaître lui aussi les misères de l’ingratitude. Les trois animaux s’avancèrent vers la souche. – Holà, coq, tu lances ton cri bien tristement, dit l’âne. – As-tu les pattes trop raides ? demanda le chien. – Ta force s’est-elle enfuie ? ajouta le chat.
Le coq les fixa de son œil rond. – Je suis devenu vieux, dit-il, et, demain, on doit me couper le cou et me faire cuire dans un bouillon d’herbes. Il paraît que je serai encore bon. Mais je n’ai pas du tout envie d’avoir le cou tranché net ! – Viens avec nous, dit l’âne. À nous quatre nous ferons peut-être de grandes choses.
Et le coq vola vers eux. Voilà donc nos quatre animaux en route, heureux d’être libres et loin du danger.
La nuit tomba. L’air frais qui passait au ras des branches fit frissonner les plumes du coq et rebroussa le poil de ses compagnons. – Si vous m’en croyez, dit l’âne, nous allons essayer de trouver un abri pour dormir. Le froid ne nous vaudrait rien. Le coq vola vers un chêne et regarda autour de lui. Il découvrit dans le lointain une lumière isolée. – Allons vers cette maison, décida l’âne. Ils repartirent donc, à la queue leu leu, l’âne en tête comme il se doit. Ils arrivèrent ainsi en vue de l’habitation d’où s’échappaient des chants et des rires. – Cachez-vous sous ces arbres, dit l’âne. Je vais voir ce que nous pouvons faire.
Il se glissa vers une fenêtre et regarda longtemps. Enfin il revint vers ses compagnons qui s impatientaient un peu. – J’ai bien écouté, leur dit-il. Ce sont des voleurs qui festoient. Ils fêtent l’un de leurs exploits. J’ai pensé que nous pourrions les chasser et nous installer à leur place. – Comment faire ? dit le chien. Mes crocs ne sont plus solides. – J’ai une idée. Écoutez-moi…
Et l’âne parla tout bas à ses amis qui s’approchèrent de la fenêtre. L’âne posa ses sabots sur l’appui, le chien sauta sur son dos, le chat sur le dos du chien et le coq se cramponna fortement au dos du chat. Ils comptèrent jusqu’à trois et… quel concert ! En même temps, l’âne se mit à braire, le chien à aboyer, le chat à miauler, le coq à coqueriquer. – Hi-han, ouap, ouap, miaou, cocorico !…
C’était à fuir ! et c’est ce que firent les voleurs, en grand tumulte, tant ils furent effrayés par les cris étranges et par l’aspect épouvantable du monstre qui s’agitait derrière la fenêtre. Dès qu’ils furent partis, les quatre animaux sautèrent dans la salle, mangèrent et burent, puis se couchèrent, bien à leur aise. L’âne s’étendit sur un sommier, le chien trouva un tapis derrière la porte, le chat se fit une place tiède dans les cendres et le coq se percha sur le bras d’un fauteuil.
Mais, un peu plus tard, l’un des voleurs, plus courageux, se glissa dans la salle où il faisait maintenant très sombre. Le voleur prit à tâtons une chandelle et s’approcha du feu pour l’allumer aux braises qui rougeoyaient encore.
Le chat, réveillé en sursaut, lui laboura le visage d’un coup de griffe, le chien le mordit à la jambe, l’âne lui donna un coup de pied et le coq le piqua à la tête de son bec acéré.
L’homme s’enfuit. Il courut, tout tremblant, retrouver ses compagnons. – Ah ! Quel malheur est le nôtre ! se lamenta-t-il, la maison est habitée par des sorcières féroces. L’une m’a arraché le visage à coups d’aiguille, la seconde m’a serré la jambe dans une pince aiguë, la troisième m’a donné un coup de marteau et la dernière m’a percé le crâne avec un clou pointu. Sauvons-nous !
Les voleurs ne revinrent jamais à la maison basse et les quatre animaux s’y installèrent et y vécurent en paix le reste de leur vie.
Pour échapper à la fermeture des musée, à la désertion des rues et autres lieux habituellement vivants, je lis, je visionne, je surfe sur le Net et c’est ainsi que j’ai découvert, relayées sur les réseaux sociaux comme des symboles du ressenti du public face aux mesures prises pour lutter contre une pandémie, les œuvres de la série Espaces Dissimulés de José Manuel BALLESTER.
C’est entre 2007 et 2010 que le peintre et photographe passionné de restauration de tableaux anciens, a réalisé cette série en photographiant des œuvres de premier plan puis en les retouchant pour en effacer les personnages révélant dès lors ce qui échappe au regard distrait et faisant du vide une source de beauté mélancolique.
José Manuel BALLESTER, Le Palais Royal (d’après VÉLASQUEZ), 2009, 318,4 x 276 cmJosé Manuel BALLESTER, Le Radeau de la Méduse (d’après GÉRICAULT), 2010, 491 x 717 cmJosé Manuel BALLESTER, La Naissance de Venus (d’après BOTTICELLI), 2012, 173 x 277,5 cm
José Manuel BALLESTER, série Espaces dissimulés (Ocultos espacios), impressions numériques sur toile, 2007-2010 *Le Printemps (d’après BOTTICELLI), 2015, impression numérique sur toile, 203 x 314 cm, détail en bandeau