La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :
s’engager dans une réalisation en volume
s’éloigner des stéréotypes de l’autoportrait
jouer de l’écart entre réalité et fiction
comprendre que l’œuvre peut être un support ouvert à la perception, à l’interprétation.
Questions
En quoi le dispositif peut-il participer à la compréhension de l’œuvre ? Dans quelle mesure l’interprétation du spectateur peut-elle rendre autonome l’œuvre ? En quoi les interactions entre l’œuvre et le spectateur renouvellent-t-elles les questions artistiques sur la création ?
Références artistiques possibles
Raoul HAUSSMANN (1886-1971), Tête mécanique (Mechanischer Kopf), 1919, marotte de coiffeur en bois et divers objets fixés dessus : gobelet télescopique, un étui en cuir, tuyau de pipe, carton blanc portant le chiffre 22, un morceau de mètre de couturière, un double décimètre, rouage de montre, un rouleau de caractère d’imprimerie, 32,5×21×20 cm, Centre Pompidou, Paris
Marcel DUCHAMP (1887-1968), Boîte-en-valise, 1936-1941, carton, bois, papier, plastique, 40×37,5×8,2 cm, Centre Pompidou, Paris
Joseph CORNELL, Penny Arcade Portrait of Lauren Bacall, 1945-1946, construction de boîte en bois, bois, verre, peinture, verre teinté, miroir, papier d’aluminium, ficelle, fil et collage de papier, 52×17,7×8,8 cm
Robert MORRIS (1931-2018), Untitled, Box for standing, 1961, performance
Piero MANZONI (1933-1963), Merda d’artista (Merde d’artiste), 1961, fer-blanc, papier, 5 cm de diamètre et 6,5 cm de haut
Andy WARHOL (1928-1987), Boîtes de savon Brillo, 1964, boîtes de contre-plaqué avec sérigraphie et acrylique, 43,2×43,2×35,6 cm chacune, installation dimension variables
Robert MORRIS (1931-2018), I-Box, 1962, armoire en contreplaqué peint, porte découpée en « i » majuscule, tirage gélatino-argentique, 48,3×33 ×3,8 cm
Tetsumi KUDO (1935-1990), Sans titre, 1963, boîte peinte avec collage, thermomètre, éléments en plastique enroulés de fils végétaux, 25×25×45 cm
Ben VAUTIER (dit BEN) (1935), Attention cette boîte contient Dieu en tant qu’œuvre d’art, 1966, boîte en bois et toile peinte, 22×18,5×19 cm
Ben VAUTIER (dit BEN) (1935), La jungle de l’art, 1988, boîte en bois peint, jeu sur papier et sérigraphie sur papier intissé, 36×25,5×8,5 cm
Ben VAUTIER, Attention cette boîte contient Dieu en tant qu’œuvre d’art, 1966
Références au programme du cycle 4
Questionnement(s)
La représentation ; images, réalité et fiction :
l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation : l’autonomie de l’œuvre vis-à-vis du monde visible
la création, la matérialité, le statut, la signification des images : leurs propriétés plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques ; les différences d’intention entre expression artistique et communication visuelle, entre œuvre et image d’œuvre
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :
les représentations et statuts de l’objet en art : la place de l’objet non artistique dans l’art.
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer
1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
1.5 – Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)
– Mettre en œuvre un projet artistique
2.1 – Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité
3.3 – Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art
4.2 – Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
4.3 – Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
Proposez un autoportrait modifiant, voire inversant, la perception que le spectateur a de vous en révélant votre Mr Hyde*. Votre projet (notes et croquis) et réalisation s’inspireront, à votre gré du physique ou du psychique. _ physique : aspect extérieur général de quelqu’un, _ psychique : relatif à la pensée.
#autoportrait #ressemblance #écart
*The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde est une nouvelle écrite par Robert Louis Stevenson et publiée en janvier 1886. Il conte l’histoire d’un avoué, Charles Utterson, qui enquête sur le lien étrange entre le docteur Henry Jekyll et Edward Hyde. https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Étrange_Cas_du_docteur_Jekyll_et_de_M._Hyde
Vous expliquerez votre réalisation, notamment en répondant aux questions suivantes. Dans quelle mesure votre autoportrait interroge-t-il votre rapport au corps, à votre image ? En quoi cette réalisation révèle-t-elle une partie invisible de votre être ? En quoi l’écart entre le référent et sa représentation peut-il être source d’expression ou de valeur expressive ?
Objectifs pédagogiques
La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :
réaliser une image en mettant en évidence la notion d’écart
comprendre que l’écart peut être source d’expression
tirer parti de l’écart entre réalité et fiction.
Références artistiques possibles
Jan VAN EYCK, Les Époux Arnolfini, 1434, huile sur bois, 82,2 × 60 cm, National Gallery, Londres
Giuseppe ARCIMBOLDO, L’Homme potager I, 1590, huile sur bois 25,8 × 24,2 cm, Cremone Museo Civico Ala Ponzone
Gustave COURBET, Le Désespéré, 1844-1845, huile sur toile, 45 × 55 cm
Frida KAHLO, Les Deux Fridas, 1939, huile sur toile, 173 × 173,5 cm, Musée d’art moderne de Mexico
Salvador DALÍ, Marché d’Esclaves avec le buste invisible de Voltaire, 1940, huile sur toile, 47 × 66 cm, St Petersburg, États Unis
Norman ROCKWELL, Triple autoportrait,1960, huile sur toile, 113,5 × 87,5 cm
Francis BACON, Selfportrait, 1971, huile sur toile, 35,5 × 30,5 cm, Centre Pompidou, Paris
Jean-Michel JOURNIAC, Hommage à Freud, 1972, photographies
Nancy BURSON, Second composite (Jane Fonda, Jacqueline Bisset, Diane Keaton, Brook Shields and Meryl Streep), photographie numérique, 1982
Joel-Peter WITKIN, Woman once a Bird, 1990, photographie
Nicole TRAN BA VANG, Collection Printemps/Été, 2001, photographies numériques
Cindy SHERMAN, Clowns, 2003-2004, photographies
Sascha NORDMEYER, Hyperlip, prothèse de communication, 2009, objet de design en matière plastique rouge
Ben HEINE, Pencil vs Camera, depuis 2010, série de photographies. Les œuvres Pencil Vs Camera représentent des dessins réalisés, photographiés et tenus par Ben Heine dans un endroit spécifique. Elles marient la photographie et le dessin et ajoutent à des scènes ordinaires de nouveaux éléments surréels, visionnaires ou romancés. https://benheine.com/fr/art/pencil-vs-camera/
John STEZAKER, Muse (Film Portrait Collage) XVIII, 2012
John STEZAKER, Mariage (Portrait cinématographique – collage) LXXXVIII, 2013
Hombre McSTEEZ (@Hombre_McSteez), Napkin eater, oct 2019, GIF animé. Hombre Mc Steez utilise les feuilles de Rhodoïd pour faire entrer le virtuel (ses dessins) dans le réel. Il photographie ses dessins et crée un montage en stop motion afin de donner vie à ses personnages.
Cf. bookface ou sleveface (: phénomène internet qui consiste pour une ou plusieurs personnes à être pris en photographie en posant avec une pochette de disque vinyle représentant des parties du corps, de façon à prolonger l’image de la pochette et ainsi créer une illusion)
John STEZAKER, Lui (Portrait cinématographique – collage) XXV, 2012
Questionnement(s)
La représentation ; images, réalité et fiction :
la ressemblance : le rapport au réel et la valeur expressive de l’écart en art ; les images artistiques et leur rapport à la fiction, notamment la différence entre ressemblance et vraisemblance
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
Composantes théoriques
– Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Détail de l’affiche du film Dr Jekyll and Mr Hyde de 1931
Ce phénomène du selfie, quelle aubaine pour la nouvelle création de cette compagnie qui mêle théâtre et arts plastiques.
Juchées sur leur échafaudage, quatre performeuses interpellent dans un débordement de rythmes, de chants et de couleurs, jeunes et moins jeunes sur la question de notre image, à l’heure du selfie compulsif. Elles triturent notre image, la captent, la détournent, la volent, la restituent, la réinventent et, surtout, la font voir autrement. Des images peintes, photographiées, filmées aussi, directement sur place. Des images qui se suivent, se bousculent, se croisent, s’effacent, réapparaissent et racontent l’histoire que veut bien produire la rencontre provoquée par les artistes.
À l’heure où chaque adolescent, voire chaque enfant, porte désormais sur lui, en permanence, son smartphone, la Compagnie Lucamoros suggère, dans la joie du geste créateur, de lui opposer une manière d’exercer ses propres ressources créatives, d’affûter son discernement et son jugement critique.
Janvier 2023, Théâtre M. Novarina, Thonon-les-Bains
Réalisez un selfie représentatif de l’image que vous souhaitez donner à votre classe.
#portrait #vidéo expérimentale
Objectifs
Les objectifs de la séance (55 min) sont d’amener les élèves à :
reconnaître les constituants plastiques d’une représentation
comprendre les usages des différents modes de représentation
mieux saisir le sens des selfies en exerçant un regard critique
Méthodologie
Qu’est-ce qu’un selfie ? Quels en sont les éléments reconnaissables qui le distinguent du portrait ? Au même titre que les mèmes*, le selfie possède des codes spécifiques, listez-les sous la forme d’une carte mentale. Notez les développements possibles.
En petit groupe et en 15 minutes, préparez votre shooting photo pour lequel vous aurez à réaliser plusieurs selfies avant d’en choisir un seul. Attention, prenez soin à changer votre mise en scène, le cadrage, l’éclairage, etc.
Le grand fond vert de la salle de classe vous permet d’incruster facilement derrière vous une image choisie. Pour cela, utilisez sur l’iPad l’application Green Screen ou iMovie comme il vous a été montré au cours de la présentation.
Après le spectacle
Créez un flux d’images en utilisant les selfies précédemment réalisés par la classe. L’application iMovie sera privilégiée.
Mutualisez les vidéos obtenues en les partageant sur l’espace dédié et sécurisé.
À propos des « mèmes »
En 1996, une image informatique représentant un nourrisson dansant sur un fond noir (connu sous les noms de Dancing baby) est rapidement partagée sur le Web. Ce GIF animé est souvent considéré comme l’un des premiers mèmes Internet. Mais qu’est-ce qu’un mème ?
Un mème, à ne pas confondre avec même, est un élément culturel reconnaissable, reproduit et transmis par l’imitation du comportement d’un individu par d’autres individus. De la même manière, un mème numérique est un élément ou un phénomène repris, décliné et publié en masse sur Internet.
Le mème Internet répond à un certain nombre de codes spécifiques, avec l’utilisation d’une image explicite et souvent drôle, associée à un mot ou un groupe de mots à police large et blanche. Son ton est généralement humoristique, cynique ou ironique, et le message transmis souvent désabusé. Le mème existe sous de nombreuses formes, et possède l’avantage d’être rapide à lire et à comprendre. Drôle, facile à mettre en place, il marque efficacement et durablement les esprits.
REMBRANDT, Autoportrait, 1652, huile sur toile, 112 × 81,5 cm, Vienne, Kunsthitorisches Museum REMBRANDT, Autoportrait, 1658, huile sur toile, 133,7 × 103,8 cm, New York, Frick Collection REMBRANDT, Autoportrait, 1669, huile sur toile, 63,5 × 57,8 cm, La Haye, Mauritshuis
Gustave COURBET, L’Homme blessé, 1844-1854, 82 × 98 cm, Musée d’Orsay, Paris
Vincent VAN GOGH, Autoportrait à l’oreille coupée, 1889, huile sur toile, 51 × 45 cm, Kunsthaus, Zurich
René MAGRITTE, La Reproduction interdite, 1937, huile sur toile, 81 × 65 cm, Musée Boijmans Van Beuningen, Hollande
Frida KAHLO, Autoportrait aux cheveux coupés, 1940, huile sur toile, 40 × 28 cm, New York, The Museum of Modern Art
Norman ROCKWELL, Triple autoportrait, 1960, huile sur toile, 113,5 × 87,5 cm, Musée Norman Rockwell, Stockbridge
Francis BACON, Selfportrait (Autoportrait), 1971, huile sur toile, 35,5 × 30,5 cm, Centre Pompidou, Paris
Arnulf RAINER, Angst (portrait de l’artiste), 1971, peinture à l’huile sur photographie, 120 × 88 cm
Cindy SHERMAN, Untitled #97, 1982, épreuve couleur chromogène, 114.3 × 76.2 cm Cindy SHERMAN, Untitled #461, 2007, épreuve chromogène Cindy SHERMAN, Untitled #604, 2019, tissage de coton, laine, fil, acrylique, coton mercerisé et Lurex, 290,8 × 226,7 cm
Questionnement(s)
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)
Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)
Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
*Photogramme du film Thelma & Louise de Ridley Scott, 1991 Susan Sarandon et Geena Davis
Réalisez votre portrait (autoportrait) avec l’appareil photo numérique ou l’iPad de la classe puis démultipliez-le 3 fois. Retravaillez-le numériquement ou sur impression papier. Votre production Me, Myself & I soutient une intention que vous expliquerez et questionnera éventuellement les limites de la ressemblance, les écarts entre le portrait et son modèle.
Lors de la mise en commun, vous exprimerez à l’oral avec un vocabulaire approprié vos intentions artistiques de votre réalisation et établirez des liens entre votre travail et les œuvres ou démarches rencontrées en classe.
Vocabulaires : ressemblance, représentation, écart, figuration, dé-figuration, portrait, identité, etc.
Hippolyte BAYARD, Autoportrait en noyé, 1840, photographie.
Roman OPALKA, 1965/1 – ∞– Détail photographique, photographie.
Lee FRIEDLANDER, New York City, 1966, photographie.
Michel JOURNIAC, Hommage à Freud – Constat critique d’une mythologie travestie, 1972, quatre photographies.
Lucas SAMARAS, Photo-Transformation, 1973-1976, Polaroid SX-70.
Roman CIESLEWICZ, Fernando Arrabal, 1974, photographie.
Cindy SHERMAN, Untitled Film Still, 1975, photographie.
Dieter APPELT, Autoportrait au miroir, 1978, photographie.
Jeff WALL,Picture for women, 1979, photographie.
Nancy BURSON, Second composite (Jane Fonda, Jacqueline Bisset, Diane Keaton, Brook Shields and Meryl Streep), 1982, photographie.
Thomas RUFF, Portrait Ralph Müller, 1986, photographie.
Yves TRÉMORIN, Jean-Claude, 1986, photographie.
Pierre HUYGHE, Chantier à Barbès-Rochechouart, 1994, photographie.
Duane MICHALS, Dr Heisenberg’s Magic Mirror of Uncertainty, 1998, photographies.
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
« Il y a du toi et il y a du moi ! » Proposez une image photo numérique qui soit à la fois vous et un autre. Si le travail sur votre propre image vous gêne trop, vous êtes autorisé à travailler à partir de deux portraits photographiques de célébrités (portraits frontaux, plan buste ou serré, fond neutre).
Suivre la présentation et participer à l’échange verbal.
Concevoir votre projet : carte mentale, croquis.
Réaliser vos prises de vue numériques en prenant soin au cadrage, à la lumière, à la mise au point…
être capable de reconnaître différents types de portraits : officiels, d’apparat, psychologiques, mythologiques, d’artistes, autoportraits, caricatures, etc.
connaître différentes œuvres artistiques ayant pour sujet le genre du portrait,
être capable de créer des images diverses de portraits en fonction d’une intention,
être capable de créer des images à l’aide de logiciels.
Illusion n.f. : du latin illusio (« ironie », « illusion, tromperie ») dérivé de illudere (« jouer avec, se jouer », « railler »)
Au XIIIe siècle, erreur de perception causée par une fausse apparence. Aberration. Les illusions de sens. Une illusion de fraîcheur. Donner l’illusion de. Interprétation erronée de la perception sensorielle de faits ou d’objets réels. Illusions visuelles, tactiles. Illusion d’optique, provenant des lois de l’optique ; illusion du bâton brisé, etc. Fig. Illusion d’optique : erreur de point de vue. Apparence dépourvue de réalité. Mirage, vision. « Ce n’est pas une illusion ni des choses qu’on dit en l’air ; c’est une vérité » (Madame de Sévigné). « L’illusion comique » (théâtrale), de Corneille. Illusion due au trucage, à la prestidigitation (illusionnisme).
Portraits génétiques est un travail de recherche photographique d’Ulric Collette sur les ressemblances génétiques entre les membres d’une même famille.
Simple et original, le photographe prend en photo deux membres d’une même famille et à l’aide d’un logiciel de traitement d’image rassemble la moitié gauche d’un des deux portraits avec la moitié droite de l’autre afin d’en reconstituer un seul.
*Portraits génétiques, Catherine-Véronique, en bandeau
À propos des Métaportraits de Friederike VAN LAWICK et Hans MÜLLER
Hohenbüchler – La Folie à Deux, 1992-1996, photographie numérique contre-collée sur PVC, ensemble de seize photographies, 150 x 110 cm.
Depuis 1990, Friederike VAN LAWICK et Hans MÜLLER, deux artistes allemands qui travaillent ensemble, examinent la situation de couple d’artistes qui est la leur. Loin de juxtaposer simplement leurs portraits, ils effectuent une synthèse par ordinateur de ces portraits pour aboutir à une personnalité unique fictive qu’ils baptisent métaportrait.
Le travail se décompose en de nombreuses poses isolées, sur le modèle du photomaton. L’identité du visage de chaque membre du couple aboutit, par imperceptibles glissements, à une fusion qui annihile la personnalité propre de chacun des modèles, à une sorte de synthèse indistincte qui rend leur identité identique et parfaitement semblable.
L’intérêt du travail de van Lawick et Müller consiste à mettre en évidence des différences très subtiles que la répétition donne à voir ; le procédé du photomaton (la répétition de l’image) permet encore mieux de révéler toute la subtilité de ces différences.
La transition et la transformation de l’homme à la femme, ou inversement de la femme à l’homme passent forcément par l’androgynie. La photographie se révèle extrêmement troublante. Les points de repères se brouillent et la confusion devient telle qu’on ne sait plus si on a affaire à une ou deux personnes et s’ils sont hommes ou femmes.
Yach (portraits de Yegya Arman & Christine Hunold) – La folie à deux, 1992-1996, photographie numérique sur cibachrome contre-collée sur aluminium.
MinkoffOlesen – La folie à deux, 1992-1996, photographie numérique sur cibachrome contre-collée sur aluminium.
Questionnement(s) :
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Réalisez une production plastique qui donne sens à la proposition : faites votre « je/ jeu ».
Effectuez préalablement une recherche Internet sur le genre de l’autoportrait ; n’oubliez pas de les accompagner de croquis.
Life is so complex, Martial Raysse, 1966, plexiglas coloré opaque ou transparent découpé et moulé sur contreplaqué, 150,2×250 cm, Musée de Grenoble.
Évaluation
prise en compte du caractère ludique du projet (faites votre je/ jeu) ;
capacité orale à expliquer sa réalisation ;
capacité à élaborer une réponse complexe (existence de plusieurs niveaux de lecture).
Questionnement(s) : La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Guillaume-Benjamin Duchenne de Boulogne et son patient, Analyse électro-physiologique de l’expression des passions des arts plastiques
Repères sur l’art contemporain
Les évolutions technologiques et créatives, le miroir, la photographie (et son principe de reproduction), la vidéo.
Références artistiques possibles
Autoportrait aux gants (représentation distincte de soi, fin XVe), Albrecht DÜRER, peinture sur bois, 1498
L’Homme qui bâille, Franz Xaver MESSERSCHMIDT, buste en bronze, 1771-1781
Stimulation électrique, Guillaume DUCHENNE DE BOULOGNE, photographies, 1854
Autoportrait dans le camp (détail), Felix NUSSBAUM, huile sur toile, 1940
Life is so complex, Martial RAYSSE, plexiglas coloré, 1966
Big self-portrait, Chuck CLOSE, acrylique sur toile, 273×212 cm, 1967-1968
Self-Portrait, Andy WARHOL, acrylique and sérigraphie sur toile, 1966
The Singing Sculpture, GILBERT & GEORGE, performance, 1971
Dix portraits de Christian Boltanski, Christian BOLTANSKI, photographies, 1972
Hommage à Freud, Jean-Michel JOURNIAC, photographies, 1972
Saynètes comiques, La tache d’encre, Christian BOLTANSKI, montage de 5 épreuves et textes à l’encre blanche sur carton noir, 1974
Untitled Film Still, Cindy SHERMAN, photographie, 1978
Autoportrait en travesti, Andy WARHOL, polaroid, 1981
Second composite (Jane Fonda, Jacqueline Bisset, Diane Keaton, Brook Shields and Meryl Streep), Nancy BURSON, photographie, 1982
Self-Portrait, Andy WARHOL, polaroid, 1986
Les réveils, Pierrick SORRIN, vidéo, 1988
La folie à deux, méta-portrait, LAWICK et MÜLLER, photographies, 1992
Monster, Gordon DOUGLAS, diptyque photographique, 1997
Vanité, Gilbert GARCIN, photographie, 1998
Self-hybridation, ORLAN, 1999
Autoportrait de l’artiste, Mask II, Ron MUECK, technique mixte, 77,2×118,1×85,1 cm, 2001
L’ombre de moi-même, Philippe RAMETTE, installation, 2007
Autoportraits 1965/ 1 – ∞, Roman OPALKA, photographies, 1965-2011
Voir aussi la culture du selfie (: autoportrait photographique réalisé avec un appareil photographique numérique, un téléphone mobile puis téléversé sur les réseaux sociaux).
Lavatory Self-Portraits in the Flemish Style, Nina Katchadourian, photographies, 2010
Nina Katchadourian, en mars 2010, lors d’un vol long-courrier, a l’idée de se coiffer de papier hygiénique et de s’enfermer dans les toilettes de l’avion pour se prendre en photo. Le résultat : des autoportraits au style proche des peintures flamandes du XVe siècle. Depuis, Nina Katchadourian a multiplié les autoportraits : http://www.ninakatchadourian.com
Portrait, autoportrait, autobiographie et identité à travers l’art vidéo
imagespassages propose dans le cadre de son action d’éducation à l’image et aux nouveaux médias une initiation à l’art vidéo en classe par la présentation de monobandes d’artistes issues de son centre ressources sur le portrait, l’autoportrait, l’autobiographie et l’identité.
Aujourd’hui, de nombreux artistes continuent de perpétuer la tradition du portrait et de l’autoportrait à travers le médium vidéo, utilisant l’autofiction, l’autodérision ou la narration autobiographique, comme autant d’outils affichés d’une profonde quête identitaire. L’autofiction vidéo leur sert bien souvent à exhiber des fantasmes, des histoires personnelles ou des tragédies, tout en se parant d’un masque romanesque emprunté à la littérature.
Objectif cette intervention
Favoriser l’esprit critique : prise de conscience des différents systèmes médiatiques (monobandes, exposition avec découverte d’une installation), la capacité à distinguer réalité et représentation de cette réalité.
Analyser et décrypter une image :
Développer l’imaginaire et la sensibilité : montrer aux élèves différentes œuvres ou s’expriment des discours différents (contemplatif, narratif, descriptif)
Repères sur l’art contemporain dans l’histoire.
Introduction du portrait dans l’histoire de l’art classique
Le portrait et ses différents médiums : peinture, dessin, sculpture.
L’évolution du portrait : le portrait religieux qui représente le divin donc le non visible, les portraits royaux, les portraits bourgeois.
Les liens avec l’autobiographie et son développement au XIXe siècle en relation avec les sciences humaines.
Les évolutions technologiques et créatives, la photographie et son principe de reproduction, la vidéo.
Le portrait questionne l’identité et interroge le concept de la représentation.
En quête de soi
Les avant-gardes ont œuvré à l’édification d’un monde nouveau et ont relégué au second plan le sujet : le motif autant que l’individu. Dans l’après-guerre, temps des failles et de la désillusion, on tente de reconstruire le monde autour de l’homme, celui qui s’exprime comme celui qu’on représente. On constate un retour dans les œuvres à des formes qui révèlent un rapport au monde individualisé.
Photographie et psychanalyse transforment radicalement les enjeux du portrait, interrogent la fonction d’identité et exhibant les conflits internes qui tiraillent l’individu et menacent son intégrité.
Autoportrait
Apparu à la fin du Moyen-Âge, ce genre obéit pour l’artiste à des motivations diverses : pallier l’absence d’autre modèle, se présenter dans une position sociale, sonder le mystère de son être.
Dans le prolongement de cette tradition, Picasso multiplie les représentations du peintre au travail face à son modèle, mêlant souvent l’autoportrait professionnel à l’intimité de la relation amoureuse.
Francis Bacon tente de saisir la matière mouvante de son propre visage.
Beckmann avec ses 80 autoportraits réalisés entre 1899 et 1950 se situe dans la filiation de Rembrandt : la vision qui se dégage de l’ensemble est celle d’une existence frappée de discontinuité, d’un individu aux prises avec les aléas de l’histoire et avec ses propres troubles.
En 1948-49 Warhol se dessine avec un doigt dans le nez, corrigeant ironiquement ce visage qu’il n’a pas choisi. » Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n’avez qu’à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà. Il n’y a rien dessous. « .
ORLAN et sa pratique artistique : transformation de son corps, prothèses (lien avec la performance et le corps de l’artiste).
Double « je »
S’inventer un double et s’observer peut fournir un moyen d’assumer les multiples facettes de sa personnalité.
Chez Ernst dans un cycle de collage au début des années 30, il représente la figure de Loplop alias Hornebom alias Max Ernst. Par ce jeu d’identification, les frontières du sujet s’estompent.
Le dédoublement, l’artifice seul permet encore le portrait par une mise à distance. L’artiste est dans son œuvre, sans toutefois y être totalement.
Les artistes Gilbert & Georges cultivent également l’ambiguïté avec leurs ressemblances vestimentaires et physiques et multiplient les effets de permutation dans leurs compositions photographies fondées sur la répétition et la symétrie.
Jeux de genres et jeux de rôles
Duchamp s’invente un double féminin Rrose Sélavy et affuble La Joconde de moustaches.
Pierre Molinier dans la mouvance surréaliste poursuit avec ses photographies une identité morcelée : il s’y compose un personnage androgyne.
Dans ce travail sur soi passant par la métamorphose du corps : dès lors ce n’est plus tant l’identité qui est questionnée (quoique le visage soit recouvert de peinture comme chez Bruce Nauman) mais l’existence physique.
L’œuvre de Cindy Sherman prise dans son ensemble se présente comme une vaste galerie de personnage et de rôle qu’elle-même campe au prix de déguisements qui la rendent plus ou moins méconnaissable. Caméléon, elle arpente les scènes de la peinture ancienne, les films hollywoodiens, suggérant des bribes de narration laissées en suspens. Ce goût du travestissement ramène aux déguisements de l’enfance n’en est pas moins inquiétant par la scission de la personnalité qu’il suggère.
Bruce Nauman quand il se filme en train de faire des grimaces, se moque autant de lui même que de la croyance dans le pouvoir de transformation de l’art.
Les vidéos de Pierrick Sorrin le montrent dans des situations inconfortables voir grotesques et dénigrent la figure de l’artiste.
Mythologies personnelles et enquêtes de soi
Le nouveau roman est un nouveau type de narration où l’auteur ancre son récit dans le quotidien et se consacre à traduire une réalité psychologique que le personnage classique est devenu incapable de contenir.
Des artistes s’approchent de cette conception du récit, comme on le voit dans les biographies fictives construites de Boltanski ou d’Annette messager. Ils travaillent sur des données personnelles si communes que chacun peut y reconnaître une part de lui-même (enfance, image sociale de la femme).
Valérie Mréjen réalise des films, elle fait des portraits en demandant à des personnes de raconter leurs histoires qui font écho à la sienne (en lien avec ses origines).
Auto-fictions
Sophie Calle et son œuvre plus évidemment autobiographique fonctionnent sur des transferts d’intimité (Douleur exquise, No sex last night).
La photographe Nan Goldin rassemble depuis 1969 les pièces d’une autobiographie photographique : ses images documentent crûment sa vie intime et celle de son entourage.
Joel Bartoloméo enregistre en vidéo ses relations avec sa famille et son quotidien.
La distance entre l’art et le réel s’amenuise jusqu’à disparaître (relation également avec la littérature française actuelle : Angot)
Liens également avec les vidéos faites par des amateurs en ligne (Dailymotion, YouTube).
Le portrait et la réalité
Le réalisme du portrait interroge ce qui nous nous détermine ? Notre physique, notre nom, l’endroit où nous sommes nés, là où l’on vit ?
Les sérials portraits de Sigrid Coggins (artiste vidéaste d’Annecy).
Écart entre ce que nous croyons être, ce que nous voulons être, ce qu’autrui perçoit de nous : histoire de voir et d’être vu.
Le portrait dans notre société
Photographie d’identité nécessaire sur nos papiers pour nous « reconnaître ».
Le portrait robot.
L’identité personnelle et collective : aujourd’hui nous vivons dans un système de surveillance : vidéosurveillance avec les caméras dans les espaces publics, le fichage avec les téléphones portables et cartes bancaires.
Relation au voyeurisme et son retentissement dans les médias (la télé-réalité).
(Voir également les vidéos de Jans Peters, Carine Doerflinger qui met en scène son corps, les photographies de Valérie Belin, Florence Lambert, Euxyseme, Anne Katrin Dolven…)
Source imagespassage
* Détail de Do it Yourself (Violin) signé et daté au dos Andy WARHOL / 62′
crayon graphite et crayons de couleur sur papier, 76,2 x 101,6 cm, 1962.
– Je ne suis pas ce que les contraintes sociales et culturelles veulent faire de moi.
À une époque où la pratique du selfie est devenue un véritable phénomène de société (caractéristique de l’ère hyper connectée du numérique), l’objectif de cette séquence sera de s’interroger sur la tradition et les usages de l’autoportrait.
Entre l’autoexhibition extravertie et l’autofiguration intime, vous proposerez un autoportrait questionnant les modalités de l’autoreprésentation.
Selfie : autoportrait photographique (narcissique) pris dans un contexte social, festif ou touristique avec un smartphone.
Au milieu des années 2010, des essais explorent la nature de ce phénomène socio-culturel, d’un point de vue sociologique, esthétique, philosophique, psychologue et moral, et mettent en lumière la manifestation d’une stratégie communicationnelle qui vise à compenser la perte du réel dans une société contemporaine où l’écran est miroir du monde. L’essayiste Jean-Paul Brighelli souligne la différence entre l’autoportrait en peinture et le selfie : « la peinture suppose un travail, une réinterprétation — elle fait œuvre — », permise par une éducation du regard et de la main. Brighelli oppose le selfie, expression narcissique d’un « culte hédoniste de l’instant présent » à l’autoportrait peint, expression d’un travail sur soi-même et de l’insertion dans une culture artistique. […] À l’inverse, l’historien André Gunthert rappelle que l’utilisation de daguerréotypes, à l’époque, a été qualifiée également de pratique narcissique. Il rappelle aussi que les selfies réalisés sont souvent collectifs, loin de l’autoportrait, et incorporent couramment de l’humour et de la dérision. La vraie nouveauté pour lui, c’est que ces images ne sont pas classées dans un album ou accrochées au mur, mais communiquées par réseau. C’est une forme d’expression sociale, un « embrayeur de conversation ». (source Wikipédia)
Selfie pris par un macaque ayant volé l’appareil-photo du photographe animalier David Slater, 2011
Références artistiques possibles :
REMBRANDT, Autoportrait, 1652, huile sur toile, 112 x 81,5 cm, Vienne, Kunsthitorisches Museum
REMBRANDT, Autoportrait, 1658, huile sur toile, 133,7 x 103,8 cm, New York, Frick Collection
REMBRANDT, Autoportrait, 1669, huile sur toile, 63,5 x 57,8 cm, La Haye, Mauritshuis
Gustave COURBET, L’Homme blessé, 1844-1854, 82 cm x 98 cm, Musée d’Orsay, Paris
Vincent VAN GOGH, Autoportrait à l’oreille coupée, 1889, huile sur toile, 51 cm x 45 cm, Kunsthaus, Zurich
Frida KAHLO, Autoportrait aux cheveux coupés, 1940, huile sur toile, 40 x 28 cm, New York, The Museum of Modern Art
Norman ROCKWELL, Triple autoportrait, 1960, huile sur toile, 113,5 x 87,5 cm, Musée Norman Rockwell, Stockbridge
Francis BACON, Selfportrait (Autoportrait), 1971, huile sur toile, 35,5 x 30,5 cm, Centre Pompidou, Paris
Arnulf RAINER, Angst (portrait de l’artiste), 1971, peinture à l’huile sur photographie, 120 x 88 cm
René MAGRITTE, La Reproduction interdite, 1937, huile sur toile, 81 x 65 cm, Musée Boijmans Van Beuningen, Hollande
Questionnements :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Au préalable les élèves sont invités à apporter un selfie maison.
Présentez (analysez) quelques selfies.
Quels sont les codes récurrents ? Quels éléments caractéristiques retrouve-t-on ?
Questions :
En quoi un selfie n’est-il pas un autoportrait ? Dans quelle mesure un autoportrait peut-il être fictionnel ? Une photographie montre-t-elle toujours le réel, la réalité ?
Quel écart existe-t-il entre la photographie et la réalité ? Une photographie peut-elle être fictionnelle ?
Réalisez une photographie qui donne sens au terme : « selfiction ».
Préalablement, analysez le terme « selfiction » sous la forme d’une carte heuristique et effectuez des recherches sur l’autoportrait. Concevez votre projet sans oublier de l’accompagner de croquis.
Objectifs d’apprentissage :
Questionner la réalité de l’image.
Aborder les codes/ conventions/ normes, la nature, fonctions/ finalités (publication) d’une image.
George HARRISON, Fisheye self-portrait in India, septembre 1966
Références possibles :
Le CARAVAGE, Narcisse, vers 1597-1599, huile sur toile, 110 x 92 cm, galerie nationale d’art ancien, Rome
Hippolyte BAYARD, Autoportrait en noyé, octobre 1840, premier autoportrait exploité comme une fiction
Christian BOLTANSKI, Dix portraits de Christian Boltanski, photographies, 1972
Cindy SHERMAN, Untitled Film Still, photographies, 1978
Gordon DOUGLAS, Monster, diptyque photographique, 1997
Philippe RAMETTE, L’ombre de moi-même, installation, 2006
Nina KATCHADOURIAN, Lavatory Self-Portraits in the Flemish Style, photographies, 2010
Roman OPALKA, Autoportraits 1965/ 1 – ∞, photographies, 1965-2011
Aki HOSHIDE, Space selfie, 5 septembre 2012
Barack OBAMA & David CAMERON, Selfie à la cérémonie d’hommage à Nelson MANDELA, 11 décembre 2013
Olivia MUUS, Selfie museum, série photographique contemporaine, 2014
Mots clés :
cadrage, limite(s), autoportrait, mise en scène, fiction, point de vue, profondeur de champ/champ/hors champ, code/convention/norme/cliché/stéréotype, égo-portrait.
(Sujet proposé sur le site académique de Grenoble par Chantal Ferrand et Romuald Masset)
Introduction du portrait dans l’histoire de l’art classique
Le portrait et ses différents médiums : peinture, dessin, sculpture.
L’évolution du portrait : le portrait religieux qui représente le divin donc le non visible, les portraits royaux, les portraits bourgeois…
Les liens avec l’autobiographie et son développement au XIXe siècle en relation avec les sciences humaines.
Les évolutions technologiques et créatives, la photographie et son principe de reproduction, la vidéo.
Le portrait questionne l’identité et interroge le concept de la représentation.
En quête de soi
Les avant-gardes ont œuvré à l’édification d’un monde nouveau et ont relégué au second plan le sujet : le motif autant que l’individu. Dans l’après-guerre, temps des failles et de la désillusion, on tente de reconstruire le monde autour de l’homme, celui qui s’exprime comme celui qu’on représente. On constate un retour dans les œuvres à des formes qui révèlent un rapport au monde individualisé.
Photographie et psychanalyse transforment radicalement les enjeux du portrait, interrogent la fonction d’identité et exhibant les conflits internes qui tiraillent l’individu et menacent son intégrité.
Autoportrait
Apparu à la fin du Moyen Âge, ce genre obéit pour l’artiste à des motivations diverses : pallier l’absence d’autre modèle, se présenter dans une position sociale, sonder le mystère de son être.
Dans le prolongement de cette tradition, Picasso multiplie les représentations du peintre au travail face à son modèle, mêlant souvent l’autoportrait professionnel à l’intimité de la relation amoureuse.
Francis Bacon tente de saisir la matière mouvante de son propre visage.
Beckmann avec ses 80 autoportraits réalisés entre 1899 et 1950 se situe dans la filiation de Rembrandt : la vision qui se dégage de l’ensemble est celle d’une existence frappée de discontinuité, d’un individu aux prises avec les aléas de l’histoire et avec ses propres troubles.
En 1948-49 Warhol se dessine avec un doigt dans le nez, corrigeant ironiquement ce visage qu’il n’a pas choisi. » Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n’avez qu’à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà. Il n’y a rien dessous. « .
Orlan et sa pratique artistique : transformation de son corps, prothèses (lien avec la performance et le corps de l’artiste).
Double » je «
S’inventer un double et s’observer peut fournir un moyen d’assumer les multiples facettes de sa personnalité.
Chez Ernst dans un cycle de collage au début des années 30, il représente la figure de Loplop alias Hornebom alias Max Ernst. Par ce jeu d’identification, les frontières du sujet s’estompent.
Le dédoublement, l’artifice seul permet encore le portrait par une mise à distance. L’artiste est dans son œuvre, sans toutefois y être totalement.
Les artistes Gilbert & George cultivent également l’ambiguïté avec leurs ressemblances vestimentaires et physiques et multiplient les effets de permutation dans leurs compositions photographies fondées sur la répétition et la symétrie.
Jeux de genres et jeux de rôles
Duchamp s’invente un double féminin Rrose Sélavy et affuble La Joconde de moustaches.
Pierre Molinier dans la mouvance surréaliste poursuit avec ses photographies une identité morcelée : il s’y compose un personnage androgyne.
Dans ce travail sur soi passant par la métamorphose du corps : dès lors ce n’est plus tant l’identité qui est questionnée (quoique le visage soit recouvert de peinture comme chez Bruce Nauman) mais l’existence physique.
L’œuvre de Cindy Sherman prise dans son ensemble se présente comme une vaste galerie de personnage et de rôle qu’elle-même campe au prix de déguisements qui la rendent plus ou moins méconnaissable. Caméléon, elle arpente les scènes de la peinture ancienne, les films hollywoodiens, suggérant des bribes de narration laissées en suspens. Ce goût du travestissement ramène aux déguisements de l’enfance n’en est pas moins inquiétant par la scission de la personnalité qu’il suggère.
Bruce Nauman quand il se filme en train de faire des grimaces, se moque autant de lui même que de la croyance dans le pouvoir de transformation de l’art.
Les vidéos de Pierrick Sorrin le montrent dans des situations inconfortables voir grotesques et dénigrent la figure de l’artiste.
Mythologies personnelles et enquêtes de soi
Le nouveau roman est un nouveau type de narration où l’auteur ancre son récit dans le quotidien et se consacre à traduire une réalité psychologique que le personnage classique est devenu incapable de contenir.
Des artistes s’approchent de cette conception du récit, comme on le voit dans les biographies fictives construites de Boltanski ou d’Annette messager. Ils travaillent sur des données personnelles si communes que chacun peut y reconnaître une part de lui-même (enfance, image sociale de la femme…).
Valérie Mréjen réalise des films, elle fait des portraits en demandant à des personnes de raconter leurs histoires qui font écho à la sienne (en lien avec ses origines).
Auto-fictions
Sophie Calle et son œuvre plus évidemment autobiographique fonctionnent sur des transferts d’intimité (Douleur exquise, No sex last night…).
La photographe Nan Goldin rassemble depuis 1969 les pièces d’une autobiographie photographique : ses images documentent crûment sa vie intime et celle de son entourage.
Joel Bartoloméo enregistre en vidéo ses relations avec sa famille et son quotidien.
La distance entre l’art et le réel s’amenuise jusqu’à disparaître (relation également avec la littérature française actuelle : Angot…)
Liens également avec les vidéos faites par des amateurs en ligne sur internet (dailymotion, youtube…).
Le portrait et la réalité
Le réalisme du portrait interroge ce qui nous nous détermine ? Notre physique, notre nom, l’endroit où nous sommes nés, là où l’on vit ?
Écart entre ce que nous croyons être, ce que nous voulons être, ce qu’autrui perçoit de nous : histoire de voir et d’être vu.
Le portrait dans notre société
Photographie d’identité nécessaire sur nos papiers pour nous » reconnaître « .
Le portrait robot.
L’identité personnelle et collective : aujourd’hui nous vivons dans un système de surveillance : vidéosurveillance avec les caméras dans les espaces publics, le fichage avec les téléphones portables et cartes bancaires.
Relation au voyeurisme et son retentissement dans les médias (la télé-réalité).
Questionnements :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation – la narration visuelle.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Prendre part au débat suscité par le fait artistique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Représentez une émotion forte dans votre autoportrait.
Liste des émotions fondamentales selon le psychologue américain Robert Plutchik :
– la peur, la colère, la joie, la tristesse, la confiance, le dégoût, l’anticipation et la surprise.
Par combinaisons de deux émotions :
– l’amour, la culpabilité, le ravissement, la soumission, la curiosité, la fadeur, la crainte, le désespoir, la honte, le désappointement, l’horreur, l’indignation, le remords, l’envie, le pessimisme, le mépris, le cynisme, la morbidité, l’agressivité, la fierté, la domination, l’optimisme, le fatalisme et l’anxiété.
Problématiques :
Comment représenter une émotion dans un autoportrait ? En quoi les constituants plastiques d’une œuvre participent-ils à la représentation de l’expression d’une émotion ?
Références artistiques possibles :
Les autoportraits de REMBRANDT, de Vincent VAN GOGH et de Francis BACON.
Vincenzo CAMPI, Les Mangeurs de Ricotta, 1580, Musée des Beaux-Arts de Lyon.
Gustave COURBET, le Désespéré, 1843-1845, huile sur toile, 45×54 cm, Musée d’Orsay, Paris
Otto DIX, Autoportrait en soldat, 1914 et Autoportrait en casque d’artilleur, 1914, huile sur papier, 68×53,5 cm, Galerie municipale, Stuttgart
Groupe du Laocoôn, œuvre des Rhodiens Agésandros, Athénodore et Polydore, vers 40 av. J.-C., musée Pio-Clementino, Vatican
Le groupe du Laocoôn est une sculpture grecque antique conservée au musée Pio-Clementino, au Vatican. Elle est en marbre à grains fins. Le groupe n’est pas issu d’un seul bloc de marbre, mais de 8 blocs. Elle mesure 2,42 m de hauteur et 1,60 de largeur. Elle représente le prêtre troyen Laocoon et ses deux fils attaqués par des serpents, scène décrite notamment dans l’Odyssée et l’Énéide. C’est l’une des œuvres les plus représentatives de l’art hellénistique.
Cette œuvre reflète la grande maîtrise technique des trois sculpteurs rhodiens. La recherche du détail notamment dans l’anatomie et la musculature montre l’héritage grec. La puissance de celle-ci est parfaitement rendue dans l’atmosphère très tendue de la scène. Le goût du pathétique, le pathos, du monde hellénistique trouve ici l’un de ses grands représentants. Les trois Rhodiens choisissent de représenter un moment précis du récit de la prise de Troie. Il s’agit d’une scène comme prise sur le vif, où la tension dramatique est traduite sur les visages des personnages, l’expressivité est rendue par des yeux exorbités, désespérés et éperdus. Laocoon, les muscles tendus, tente de se débarrasser du serpent qui l’enserre. Les sculpteurs se permirent beaucoup de libertés : les trois personnages sont représentés nus, nudité traditionnellement réservée aux dieux, aux héros ou aux athlètes. Laocoôn et ses fils sont tordus, torturés et cela se voit physiquement et moralement. Les serpents qui s’enroulent autour des personnages impuissants assurent un lien logique qui harmonise la lecture de l’œuvre. Laocoôn et un de ses fils sont acculés à l’autel ce qui permet aux Rhodiens d’accentuer la notion de fatalité. C’est un dieu qui a envoyé ces serpents, il n’y a donc pas d’échappatoire possible. Les jambes et les bras des personnages sont emprisonnés. Cependant, les Rhodiens n’ont pas choisi de représenter la mort de Laocoôn, mais le moment précis de sa souffrance et de celle de ses enfants. Comme les sculpteurs de Marsyas ont choisi de le représenter attaché à un arbre, attendant son châtiment.
Il s’agit donc bien de la tension immédiate, prise sur le vif et dramatique qui intéresse les artistes du monde hellénistique pathétique. De plus, on retrouve certains traits des caractéristiques du goût hellénistique. La chevelure abondante, impétueuse aux mèches légèrement bouclées de Laocoôn, rappelle celle des portraits d’Alexandre ou celle du Vieux Centaure en bronze de la Villa d’Hadrien. L’expressivité et les visages torturés traduisent la même force, la même volonté de capter un infime moment, le plus dramatique.
(source Wikipédia)
Franz Xaver Messerschmidt est un sculpteur germano-autrichien né le 6 février 1736 à Wiesensteig (Bavière) et mort le 19 août 1783. Professeur adjoint à l’Académie royale de Vienne, il fut le portraitiste des familles régnantes, des cercles aristocratiques et intellectuels vivant dans la capitale autrichienne et en Bavière. Il est principalement connu pour sa série, les « têtes de caractère ».
La série des 69 « têtes de caractère », en métal (alliage d’étain et de plomb) et en albâtre, est récupérée après le décès de Messerschmidt en 1783 par le frère de l’artiste. Celui-ci se sépare de plusieurs œuvres et vend à un cuisinier un ensemble de quarante-neuf têtes. Elles sont montrées à Vienne en 1793 pour une exposition publique. La série est à nouveau exposée à Vienne en 1835. Un article leur est alors consacré dans le journal Der Adler (no 286 du 30 novembre 1839), avec une lithographie les illustrant toutes.
Avec ces têtes sculptées d’une émotivité exacerbée, au sourire grimaçant, Messerschmidt rompt avec le néoclassicisme. Les rares écrits du sculpteur consacrés à ses têtes ne les qualifient pas : il s’agit pour lui de Kopfstücke (têtes). L’appellation « têtes de caractère » (Charakterköpfe) a été donnée par l’auteur anonyme du livret de la première exposition publique de l’artiste, en 1793, soit dix ans après sa mort. C’est ce même auteur qui inventa en 1793 les titres des œuvres : L’Homme qui pleure comme un enfant, L’Homme souffrant de constipation, ou encore Le Bassoniste incapable… Ceux-ci n’ont été conservés que par commodité, ils sont utilisés dans la bibliographie consacrée au sculpteur.
(source Wikipédia)
Questionnements :
La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance – l’autonomie du geste graphique, pictural, sculptural.
La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les effets du geste et de l’instrument – la matérialité et la qualité de la couleur.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :
Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.
* D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine