Commentaires audio de Gus Van Sant : les « non moments » dans le cinéma, On aura tout vu, émission du 19 octobre 2007 sur France Inter.
Filmographie récente de Gus Van Sant : Paranoid Park (2007), Last Days (2004), Elephant, Palme d’or et Prix de la mise en scène au Festival de Cannes (2003), Gerry (2002), À la rencontre de Forrester (2000), Psycho (1998), Will Hunting (1997).
eCRAN, le festival de la Céation Artistique Numérique de l’Académie de Grenoble propose cette année comme thème « Top secret ». Vous retrouverez les réalisations numériques – photographies, animations, diaporamas, vidéos, net-art, à partir de cette page.
Le lien vers la page officiel d’eCran : http://www.ac-grenoble.fr/disciplines/artpla/eCRAN/
_Confidence par Roxane, Anaïs et Clément
Semaine du 8 au 12 octobre, la réalisation du story-board
Le story-board (souvent appelé continuité dessinée, scénarimage) est généralement utilisé au cinéma en préproduction afin de planifier l’ensemble des plans qui constitueront le film.
On y décrit l’ensemble des détails du film, avec la plus grande exactitude possible, afin de visualiser et planifier le tournage du dit film. Il constitue donc un outil de référence lors de la production du film.
Les élèves ayant pour projet un plan-séquence* seront amenés à sonoriser la vidéo puis à la mettre en ligne.
* Au cinéma, un plan-séquence est une séquence (ou éventuellement un morceau important de séquence) filmée en un seul plan, et restituée telle quelle dans le film final, c’est-à-dire sans montage ou interruption de point de vue (sans plan de coupe, fondu, volet ni champ-contrechamp). Le plan-séquence a une unité sur le plan narratif (c’est une séquence) et sur le plan technique (c’est un plan), d’où son nom.
Semaine du 22 au 26 octobre, le filmage fini, le montage
La plupart des téléphones mobiles produisent des vidéos 3GP. Ce format a été inventé par Apple. Le 3GP est le nom commun donné à la vidéo tournée avec le téléphone mobile. Il s’agit d’un conteneur, qui contient de la vidéo et du son, qui peuvent être encodés de diverses manières à l’intérieur de ce conteneur. Les fichiers portent l’extension .3gp. Par exemple : mon_film.3gp.
Ce format n’est pas pris en charge par le logiciel de montage vidéo du collège. Vous devrez donc le convertir avec MP4Cam2AVI au format .avi. Avec Windows Movie Maker, vous décomposerez votre travail en cinq étapes :
1/ le montage séquentiel,
2/ l’ajout des enchaînements,
3/ l’ajout des effets,
4/ la finition en montage chronologique,
5/ l’ajout de titres.
Semaine du 12 au 16 octobre, le montage et la mise en ligne
« Je suis le ciné-oeil. Je suis l’oeil mécanique. Moi, machine, je vous montre le monde comme seul je peux le voir. (…) C’est là que nous travaillons, nous maîtres de la vue, organisateurs de la vie visible (…), maîtres des mots et des sons, les virtuoses du montage de la vie. »
Dziga Vertov, l’Homme à la caméra, 1929
L’enseignement des arts plastiques couvre l’ensemble des domaines artistiques où se constituent et se mettent en oeuvre les formes. Peinture, sculpture, dessin, architecture, photographie, vidéo et nouvelles technologies de l’image relèvent du travail des arts plastiques dont le souci est de prendre en compte la pluralité des démarches et la diversité des oeuvres.
À tous les niveaux, l’enseignement des arts plastiques se fonde sur la pratique dans une relation à la création artistique (oeuvres et démarches, connaissances et références).
S’appuyant sur un nombre réduit de notions (espace, lumière, couleur, matière, corps, support), il sollicite les capacités d’invention, incite à l’expression personnelle par des approches diversifiées. Il mobilise chez l’élève perception et action dans une relation étroite à la réflexion.
S’exprimer de manière personnelle et reconnaître la singularité d’autrui, apprécier dans la relation avec les oeuvres la pluralité des points de vue et la diversité des compréhensions, permet à l’élève de se découvrir à la fois singulier, solidaire et responsable envers ses contemporains.
Comme les autres enseignements obligatoires du collège, les arts plastiques, avec les moyens qui les caractérisent, participent à la formation de la personne et du futur citoyen.
Les arts plastiques proposent à l’élève un contrat éducatif dont l’originalité tient à la dimension artistique qui sous-tend et motive cet enseignement :
stimuler et favoriser un intérêt pour la pratique,
développer chez l’élève une dynamique de questionnement,
faire acquérir le vocabulaire propre au champ des arts plastiques et des références artistiques,
amener les élèves à prendre en compte leur environnement artistique et culturel.
Le matériel disponible (collège de Margencel, octobre 2007)
La classe d’arts plastiques dispose du matériel suivant :
un ordinateur récent (fonctionnant sous Windows XP Pro) avec quelques logiciels propres à la discipline : The GIMP, PhotoFiltre, Inkscape, SketchUp, Windows Movie Maker,
une imprimante laser couleur,
un caméscope numérique .mp4,
et ne désespère pas d’obtenir prochainement :
six appareils photo numériques,
deux ordinateurs multimédias suffisamment puissants pour pouvoir travailler la vidéo et les podcasts.
Remarque : les travaux multimédias que vous pouvez découvrir sur le site sont réalisés avec le matériel des élèves.
Dans le cadre de sa politique de diffusion des œuvres de la Collection Frac Rhône-Alpes en direction des publics scolaires, l’Institut d’Art contemporain a mis en place un programme d’expositions et d’interventions d’artistes dans les collèges et lycées de la région Rhône-Alpes. Le programme Réseau Galeries/ Multilangages de l’Art a pour objectif de favoriser la rencontre entre des élèves, des enseignants, des artistes et des œuvres.
Le collège de Saint-Jean d’Aulps bénéficie pour cette année scolaire 2002-2003 de ce programme et expose une œuvre de Xavier Veilhan, la Clairière, 1998 (Xavier Veilhan, né en 1963 à Lyon, vit à Paris).
Montage de la Clairière
Xavier Veilhan fait partie de la génération d’artistes français qui émerge au début des années quatre-vingt-dix.
Avec des dispositifs utilisant la peinture, la photographie et la sculpture, il travaille sur la notion de figuré et d’image (sa nature, sa fonction), sur des modélisations du réel. Il invite le spectateur à se questionner par l’expérience, sur ce qu’est voir, sur les codes de représentation et notre rapport au réel.
Il s’inspire d’éléments génériques immédiatement reconnaissables (personnages, objets, animaux, etc. ) dont il simplifie les formes en utilisant un procédé numérique (le statut de ces images flotte entre celui de la photographie, de l’informatique et de la peinture).
Xavier Veilhan définit ainsi sa démarche : « Mon travail est une tentative de compréhension de la réalité au travers de ses formes génériques. Les peintures murales (ou autre support), la mise en scène la photographie, la sculpture ou toute autre forme en deux ou trois dimensions sont tour à tour utilisées pour définir la surface de cette réalité, en isolant la surface on ne montre que mieux son essence (…) ».
Œuvre panoramique constituée de 19 panneaux disposés en forme de cercle ou d’ellipse avec une entrée.
Photographie couleur retraitée recto/verso selon un procédé numérique, plastifiée, châssis en bois, tendeurs en aluminium et métal.
14 panneaux de 140 x 300 cm
4 panneaux de 136 x 300 cm
1 panneau de 100 x 300 cm
Tirage unique
Le montage des photographies a été réalisé par Laurent Pinon, le tirage numérique par l’Atelier De Broca, Paris.
L’œuvre a été produite dans le cadre de l’exposition :
Côté Sud… Entschuldtigung, Institut d’Art contemporain, Villeurbanne, et l’agencement pour la présentation a été conçu par Stéphane Emptaz, Patrick Ferragne et Pierre-Antoine Héritier.
La scène figure une sorte d’enterrement. Un cow-boy gît à terre dans la forêt. Un corbillard tiré par un cheval et conduit par un squelette approche. D’autres cow-boys semblables au premier assistent à la scène. Plus loin, un groupe de singes s’affaire. Tous ces personnages sont à l’échelle 1 / 1. L’image est constituée d’objets et de personnages réalisés en modèles réduits : corbillard, squelette, et d’objets ou de sujets réels (déguisés) : forêt, cow-boys, singes.
Analyse succincte de l’œuvre
Structure :
Panneaux disposés en forme de cercle avec une entrée :
arène, cirque, cercle, cycle, révolution, pièce ronde, pièce ovale, bulle, panoramique, 360°, horizon, installation, architecture, circulation, cheminement, lecture, confrontation
Médium :
Photographie couleur numérique (retraitée) sur châssis :
photo/ peinture, image numérique, image virtuelle, dématérialisation du médium, TICE
Image :
mise en scène, pose, théâtre, décor, déguisement, artifice, trucage,
image de synthèse, image générique, apparence, vraisemblance, ressemblance, illusion, vrai/faux
figuration, narration, saynète, bande dessinée, photo-roman, praxinoscope, ruban/film.
Références possibles : Lapwing Redwing Fielfare de John Coleman (1992),
les Ombres de Christian Boltanski (1986), Plight de Joseph Beuys (1958-1985), Riot de Tony Cragg (1980), la Ville lisible de Jeffrey Shaw (1989-1991), Lovers de Teji Furuhashi – Dumb Type (1995),
les vidéos de Bill Viola et les peintures hyperréalistes de Gerhard Richter.
L’implication des élèves
En rapport avec la venue de cette œuvre, Arno Piroud, jeune plasticien lyonnais, propose une série d’interventions au sein de l’établissement scolaire.
Présentation du projet des interventions d’Arno Piroud
Le collège Henri Corbet se situe au milieu de la Vallée d’Aulps, assez proche de Morzine. II accueille les élèves venant de la vallée. Cet environnement montagnard favorise les activités physiques et son attrait touristique offre un potentiel culturel. La plupart des élèves sont énergiques et éveillés.
Le collège se compose d’un bâtiment central principal et de plusieurs extensions. Sa hauteur varie de deux à trois étages. La toiture est découpée sur plusieurs niveaux. Ces toits à pentes variables ménagent des ouvertures sur l’extérieur assez singulières et un grand nombre de cadrages sur l’environnement extérieur nous est proposé au travers de fenêtres, velux, baies et autres lucarnes.
Le projet d’Arno Piroud propose aux élèves une prise de recul, une lecture différente du collège au quotidien, une remise en question sur l’espace et l’environnement qu’ils côtoient tous les jours.
Il s’articule sur l’incitation Évasion/ Invasion. Ludique, elle offre une grande liberté d’interprétations, et la possibilité d’intervenir sur le bâtiment même stimule d’autant plus les collégiens.
L’adhésif choisi comme matière première semble un bon parti pris, dans le sens où son utilisation est simple et peu coûteuse pour un résultat qui a toujours de l’éclat.
La création d’une œuvre in situ trouve une justification dans la situation géographique du collège. L’intervention naît avant tout du contexte : la qualité des paysages et les spécificités architecturales du bâtiment (notamment ces ouvertures sur l’extérieur) induisent des formes, des images. Elle souligne les caractéristiques environnementales tout en les mettant en scène. Ici, Arno Piroud envisage l’utilisation de personnages emblématiques (envahisseurs), tels que les super héros de comics. Les élèves peuvent s’identifier à eux, et par ce biais, peuvent réaliser symboliquement des actions perturbatrices et envahissantes.
Visite du collège, repérage des lieux intéressants
Choix d’un super héros induit par le lieu choisi, simplification du personnage, report du dessin sur un adhésif de couleur puis découpage
Mise en place des adhésifs sur les fenêtres et les portes vitrées
Les super héros ont trouvé leurs places, le bilan de l’intervention d’Arnaud Piroud
Ce travail a été mis en place cette année avec une classe de sixième et une classe de troisième sous la direction conjuguée de l’intervenant et de l’enseignant d’arts plastiques.
Il s’est déroulé de février à mars 2003 à raison de 4 séances de 2 heures pour chaque groupe, l’enseignant assurant la continuité des travaux pendant les séances intermédiaires.
L’objectif principal était de proposer une lecture différente du collège au quotidien, de remettre en question l’espace et l’environnement que les élèves côtoient tous les jours, de les sensibiliser à une nouvelle vision que l’on peut avoir d’un espace d’enseignement, d’un environnement montagnard, de créer une perturbation positive.
Déroulement en quatre étapes :
Première phase : exposé de la démarche artistique d’Arno Piroud, proposition de travail, choix d’un super héros induit par un lieu spécifique du collège – une ouverture : fenêtres, velux, baies, lucarnes
deuxième phase : simplification du personnage : réduction à une silhouette, position du corps en rapport avec les spécificités du lieu choisi
troisième phase : report du dessin sur un adhésif de couleur puis découpage
dernière phase : mise en place de la silhouette, prise de vue.
Un plus
L’assiduité des élèves et leur intérêt manifeste ont permis l’aboutissement total du projet grâce au très fort investissement de chacun.
Cette implication personnelle a également créé un climat de confiance dans la classe et favorisé ainsi la découverte interindividuelle, la manifestation et la prise en compte des talents particuliers, la communication avec les adultes responsables du projet.
L’exposition du travail au regard de tous a valorisé les élèves ayant participé au projet.
Cette intervention au sein de l’établissement a facilité la diffusion de l’art actuel et a participé à une meilleure compréhension des démarches artistiques contemporaines.
La fiche
Public concerné : 1 classe de 6e et 1 classe de 3e
Date : de janvier à mars 2003
Lieu : travail in situ en rapport avec les ouvertures (fenêtre, velux, porte, cadre)
Technique : découpe adhésive, collage silhouette (autres techniques possibles)
Notions et questions abordées : travail in situ, installation, figuration, cadre/hors-cadre, détournement
Références artistiques : Ernest Pignon-Ernest, George Rousse, Daniel Buren, Hans Haacke, Krzysztof Wodiczko, Barbara Kruger, Jenny Holzer
Durée : 17 H sur 4 demies journées d’intervention :
rencontre avec les professeurs 1H, premier contact avec les élèves 2H (x2),
mise à plat des recherches, mise en place du projet : forme à donner, photomontage… 2H (x2),
réalisation, choix des couleurs des adhésifs, découpage, problème technique… 2H (x2),
dernières retouches, accrochage, prise de vue 2H (x2),
visite vernissage (parents, professeurs, élèves) 1H.
Mardi 4 février 2003 : arrivée sous la neige de l’œuvre de Xavier Veilhan
Dans le même temps, tous les élèves des classes de troisième réalisent un journal de l’œuvre. Il se compose de trois grandes parties : l’arrivée de l’œuvre, l’exposition au collège, les réactions des visiteurs.
Ils étaient là, bien là, sous nos yeux, dans leurs caisses de protection, les dix-neuf panneaux de la Clairière de Xavier Veilhan. Au collège, nous étions tous impatients de les découvrir d’autant plus que les fortes chutes de neige occasionnèrent de gros retards dans l’organisation de la journée.
Jeudi 6 février 2003 : Médiation de Jean-Marie Boizeau.
Le travail de médiation auprès des classes du collège dura toute la journée. La plupart des élèves visitaient pour la première fois une exposition d’un artiste contemporain et malgré les préjugés concernant l’art d’aujourd’hui, ils étaient tous ravis.
Mardi 11 février 2003 : Vernissage, c’était le carton plein.
Tout le petit monde de la Vallée était au rendez-vous.
Une petite centaine d’invités avait fait le déplacement pour assister au vernissage de l’exposition « Réseau Galeries/ Multilangages de l’Art » dédiée aux deux œuvres de Xavier Veilhan, Sans titre, 1989 et La Clairière, 1998.
En attendant le médiateur de l’IAC perdu sur les routes sinueuses de la Vallée, Olivier Broise, le professeur d’arts plastiques du collège présenta la singularité et l’importance de ces deux œuvres et expliqua la démarche de l’artiste tout en la replaçant dans le contexte artistique contemporain. Madame Lemaire, le principal du collège rappela les forts enjeux culturels de la manifestation et remercia les partenaires institutionnels soutenant le projet et plus particulièrement Monsieur Bouchet, le conseiller régional présent au vernissage. Arno Piroud, jeune artiste designer urbain présenta son projet Évasion/ Invasion, série de quatre interventions en relation avec l’exposition Xavier Veilhan. Jean-Marie Boizeau, le médiateur de l’IAC conclut les discours en soulignant l’importance du partenariat offert par « Réseau Galeries /Multilangages de l’Art ».
Le buffet savoyard était maintenant ouvert et ce fut autour d’un petit blanc que la soirée se poursuivit dans une chaleureuse convivialité.
Jeudi 27 février 2003 : Récit d’expérience, compte-rendu des interventions jusqu’à ce jour.
Ce court texte présente l’expérience « Réseau Galeries/ Multilangages de l’Art » menée avec des élèves de 6e et de 3e au collège. L’œuvre choisi par l’I.A.C. répond à plusieurs objectifs pédagogiques du projet culturel de l’établissement :
la volonté d’ouvrir le collège à l’art d’aujourd’hui,
e travail de perceptions,
l’expression orale,
la rencontre avec une œuvre artistique.
Avant l’arrivée de la Clairière au collège, nous avons voulu préparer en classe l’exposition en travaillant le vocabulaire spécifique à cette œuvre de Xavier Veilhan : figuration, représentation, reproduction, image, illusion, ressemblance, vraisemblance, narration…
Les régisseurs de l’I.A.C. ont amené l’œuvre jusqu’à Saint-Jean d’Aulps le mardi 4 février ; l’installation ayant duré deux jours, les élèves n’ont pu accéder à la salle d’exposition que le jeudi 6 février en présence de Jean-Marie Boizeau, médiateur de l’I.A.C. .
Première approche étonnante que la découverte de la Clairière de Xavier Veilhan. D’autant plus, que pour accéder à l’intérieur de l’œuvre, il faut passer par l’envers du décor : on ne perçoit d’abord que la structure du montage et avant de pénétrer dans la Clairière par une chicane. Après cette première approche, les élèves étaient invités par le médiateur à décrire l’œuvre, à s’interroger sur le sens afin de saisir la démarche artistique de Xavier Veilhan. [ http://www.veilhan.net ]
Enfin, au cours de ce premier mois, les élèves se sont confrontés à la création de leur époque. Ils l’ont perçue, ressentie puis interprétée avec leur propre langage : ils ont ainsi proposé leur vision personnelle de cette Clairière par des images, des mots, des textes ou des articles. Ils l’ont offerte aux regards de l’extérieur, au-delà des murs de la classe, suscitant réactions et discussions.
Ils ont été les acteurs de leurs apprentissages et se sont construit une culture.
Les élèves y exposent leurs recherches sur le musée d’art contemporain, l’artiste, l’œuvre, interviewent les personnes concernées : le régisseur, un médiateur de l’IAC, Arno Piroud, les visiteurs.
Exposition des œuvres de Xavier Veilhan, Sans titre, 1989, Huile sur toile, et, la Clairière, 1998, montage photographique du 4 février au 3 avril 2003 au collège Henri Corbet, Saint-Jean d’Aulps.
Vernissage de l’exposition des travaux d’élèves réalisés lors des interventions d’Arno Piroud, le jeudi 22 mai 2003 à partir de 16 H au collège, Saint-Jean d’Aulps.
Veilhan, c’est fini. Et dire que c’était l’artiste de notre première expo La Clairière, c’est fini. Je ne crois pas que je la reverrai un jour…
Et pourtant, c’était bien
Lorsque le projet « Réseau Galeries/ Multilangages de l’Art » – médiation de l’œuvre de Xavier Veilhan et intervention d’Arno Piroud – a été accepté, l’objectif était de permettre d’élargir les connaissances artistiques des élèves de manière à ce qu’ils ne rejettent plus systématiquement tout ce qu’ils ne comprennent pas, de découvrir des pratiques et des œuvres contemporaines et de créer une perturbation questionnant la culture locale asservie par les sports d’hiver. La proximité d’œuvres et leur utilisation dans un projet pluridisciplinaire répondaient aux enjeux du passeport culturel, axe fort du projet d’établissement.
Aujourd’hui, nous constatons qu’en tous points, le projet porta ses fruits. Les élèves ont su proposer leurs visions personnelles de cette Clairière au travers des textes et des articles écrits à l’occasion de l’édition du recueil Récits d’expériences. L’action menée par Arno Piroud leur a offert la possibilité d’exposer leurs créations plastiques aux regards de l’extérieur, au-delà des murs de la classe, suscitant réactions et discussions fortes intéressantes.
Cependant une telle expérience globalement positive rencontra quelques petites difficultés. Une des difficultés fut de toucher une population périscolaire et extrascolaire dans un pays alpin en plein milieu de la saison de ski. Une autre fut de motiver des équipes enseignantes (les écoles primaires et le collège) déjà fortement engagées dans d’autres projets, afin qu’elles s’investissent pour de l’art contemporain… Mais à coeur Veilhan, rien d’impossible.
La Vallée d’Aulps se niche au coeur du Haut-Chablais, entre le Pays du Mont-Blanc et le bassin lémanique. Elle égrène tout au long de la route des Grandes-Alpes ses villages montagnards dominés par de grands noms : Morzine, Avoriaz et les Gets.
Sa situation entre lacs et montagnes offre une richesse de paysages et de choix permettant à chacun de se composer chaque jour un programme varié.
Le printemps en Vallée d’Aulps, alors que les grisailles hivernales se dissipent à peine dans les villes, éclate, là-haut, en teintes pastel et en parfums sauvages. La neige a libéré les champs, laissant clore une flore généreuse. Mésanges et bergeronnettes emplissent le silence de leurs chants, auxquels répondent plus haut les sifflements des marmottes.
Il y a mille et une façons de découvrir la Vallée d’Aulps au printemps : à pied, pour prendre son temps, et converser, au hasard des rencontres ; en VTT, pour filer à flanc de montagne ; à cheval, pour s’enivrer de l’odeur des sous-bois ; et pourquoi pas en raft, pour goûter aux embruns de la Dranse ou en parapente pour s’offrir une vue panoramique de la vallée.
Mais il est tout aussi bon de goûter au calme et au repos, attablé devant un solide Berthoud, la spécialité locale.
À l’ascension du Roc d’Enfer ou du Pic de la Corne, certains préféreront la visite des hameaux écartés du temps ou la découverte des Gorges du Pont-du-Diable.
L’été est là, et, avec lui, les citadins mus par un besoin d’évasion, de retour à la nature. Les balcons de bois sont parés de géraniums éclatants. Les prairies sont semées de mille fleurs. Les lacs jettent des oeillades à peine déguisées aux randonneurs en quête de fraîcheur.
Les sports sont à l’honneur.
Ici et là se croisent des vacanciers aux allures étonnantes. Quand les uns, solidement chaussés, pliés sous de lourds sacs à dos, marchent vers le haut, les autres, tout juste vêtus de shorts et d’espadrilles, s’élancent gaiement vers la baignade.
Partout la vie locale s’anime.
Fêtes champêtres, Feux du lac, foire aux moutons, festival de musique mécanique, marché aux potiers, cross de montagne…
Les feux de l’été s’éteignent. La montagne, couverte de l’or des forêts, est au sommet de sa gloire. C’est peut-être en automne que la Vallée d’Aulps est la plus belle. De l’aube au couchant, des chemins de lumière conduisent à la découverte d’une nature colorée avec l’audace et la sensibilité d’un peintre. Palette de couleurs, tapis ras des alpages, sombre étoffe des mélèzes, trouée verte d’un sous-bois tapissé de mousse… C’est un cheminement poétique qui s’offre au promeneur.
L’eau d’un lac s’étend, flambante des couleurs qui s’y reflètent. Des abondances, têtes blanches aux yeux doux cernés de marron, grasses d’un été passé sur les pelouses alpines. Leur fameux lait d’alpage est transformé en tomme, sérac et autres fromages de montagne savoureux ; ils rejoignent miels, jambons et saucissons de production locale et côtoient l’artisanat du bois sur les étals des marchés de village.
La neige a jeté son voile de blancheur. Le décor paisible de l’hiver est tout en ombres et lumières subtiles. La neige… Incitation à la rêverie, lors d’une promenade sauvage en raquettes, incitation à la folie, lancé derrière un attelage de huskies, incitations au bonheur, tout simplement. Ses plaisirs sont multiples, et tellement personnels.
En Vallée d’Aulps, ils se déclinent à l’infini : grand ski sur le domaine des Portes du Soleil, descente tranquille des pistes douces en lisière de forêt, envolées silencieuses dans la profonde des grandes combes, découverte de l’espace nordique en bordure du lac…
Chacun éprouvera une émotion singulière, à se remémorer le soir, devant une flambée. Moments rares et sans artifices, où se forgent les souvenirs les plus doux.
L’environnement
Saint Jean d’Aulps est une petite commune du Haut-Chablais enfoncée dans la vallée de la Dranse. Situé à cinq kilomètres de Morzine, c’est un petit bourg rural de 914 habitants qui vit, à l’ombre de cette station, du tourisme saisonnier – avec la construction d’un village de vacances – mais surtout d’activités artisanales traditionnelles, de l’existence d’une maison de repos de la MGEN et de l’implantation de services administratifs tels que la gendarmerie, la trésorerie et, bien sûr, le collège.
La population est très homogène : elle est constituée essentiellement de gens de la vallée qui sont agriculteurs, artisans ou commerçants, mais aussi de fonctionnaires qui, séduits par le site et la qualité de la vie, s’installent malgré les difficultés qu’ils peuvent rencontrer pour se faire adopter dans une vallée empreinte d’un fort particularisme et qui a vécu repliée sur elle-même.
Aucune difficulté d’intégration de la minorité d’origine étrangère n’a été signalée dans cette commune calme, jusque-là préservée de la montée de la délinquance.
L’historique du collège
C’est en octobre 1951 qu’ouvre, à Saint Jean d’Aulps, dans les locaux de l’école élémentaire, un cours complémentaire dont la municipalité de Morzine n’a pas voulu. 18 élèves viennent du canton du Biot en utilisant le car du service régulier.
Le collège naîtra quelques années plus tard de la volonté de son directeur, soutenu par le maire de Saint Jean d’Aulps, mais aussi par le directeur du sanatorium de la MGEN, alors président de l’association des parents d’élèves.
La commune décide donc en 1958 de construire sur les bords de la Dranse, à équidistance de tous les villages intéressés, un groupe scolaire comprenant une école élémentaire et un collège d’enseignement général.
En avril 1960, un arrêté préfectoral crée un syndicat intercommunal de transport pour les élèves et, six mois plus tard, en octobre 1960, la rentrée scolaire s’effectue dans les locaux nouvellement inaugurés pour les 80 élèves des trois classes élémentaires et les 130 élèves du collège d’enseignement général répartis en cinq divisions. Est créé parallèlement le service de l’intendance, chargé notamment d’assurer la demi-pension et géré par l’association des parents d’élèves et son président.
En janvier 1969, cette gestion est prise en charge par le syndicat intercommunal de transport des élèves du CEG, syndicat qui, en octobre 1971, étend ses attributions à la prise en charge des dépenses de fonctionnement et d’investissement du CEG.
Depuis 1960, l’effectif du collège n’ayant cessé d’augmenter, passant de 130 à 300 élèves en 1981, la commune cède le bâtiment au syndicat intercommunal et décide de construire une école élémentaire, tandis que le syndicat procède à un premier agrandissement des locaux, avec la construction d’un préau et de trois salles de classe, dont une spécialisée pour l’enseignement de la biologie.
En 1982, le collège récupère trois salles et un préau jusque-là utilisés par l’école élémentaire, puis le syndicat intercommunal et la commune de Saint Jean d’Aulps construisent entre 1984 et 1985, un gymnase en copropriété.
Après le transfert, en 1985, des compétences en matière scolaire et la mise des biens meubles et immeubles scolaires à disposition du département de Haute-Savoie, ce sera, en 1989 et 1990, l’adjonction, financée par le département et le syndicat intercommunal, de quatre classes supplémentaires, dont une spécialisée pour les sciences expérimentales, et d’un bâtiment dédié aux technologies nouvelles.
En 1994, le conseil général entreprend la construction d’un parking pour les cars scolaires et débute la première tranche de réhabilitation du collège. Cette réhabilitation s’achève en 1996 offrant aux collégiens et aux personnels qui les encadrent, un bel outil de travail fonctionnel et performant.
Henri Corbet (1898-1944)
Il naît le 25 octobre 1898 à Allonzier la Caille et meurt le 2 juillet à Dachau.
Il entre à l’Ecole Normale d’Instituteurs en 1915 (promotion 1915-1918).
Maître d’école, il occupe trois postes :
Saint Jean d’Aulps de 1920 à 1924,
Draillant de 1924 à 1934,
Margencel de 1934 à 1944.
Il développe de nombreuses activités scolaires et périscolaires : création d’une chorale, aménagement d’un terrain à Draillant, plantation d’arbres fruitiers aux bénéfices de la coopérative scolaire, atelier de poteries…
Dès le début de l’année 1942, alors qu’il exerce les fonctions d’instituteur à Margencel, il organise le passage en Suisse de personnalités de la Résistance.
Il fait partie des Mouvements Unis de Résistances à dater de septembre 1943, devient Chef de Centaine, prend part à des parachutages, assure des liaisons… Son activité le signale à la milice.
Il est arrêté le 10 février 1944, torturé, condamné le 2 avril et déporté le 2 juillet 1944.
Il est mort étouffé dans le train qui l’emmène vers Dachau.
Un décret du 24 avril 1946 lui attribue à titre posthume la médaille de la Résistance.
Le Journal Officiel du 8 juin 1949 porte sa citation à l’Ordre de la Nation.
Le 30 août 1949, par décret, il est nommé dans l’Ordre de la Légion d’Honneur au titre de Chevalier.
Ainsi en donnant le nom d’Henri Corbet au collège de la vallée, la Municipalité de Saint Jean d’Aulps rend hommage à un instituteur d’une rare valeur morale et intellectuelle, qui a consacré quatre ans de son activité aux écoliers de Saint Jean d’Aulps.
À l’âge de vingt-cinq ans, après maintes études préparatoires et quelque sept cents dessins dans des carnets, Pablo Picasso commença à peindre les Demoiselles d’Avignon. Conscient de l’importance de sa recherche, il n’ignorait pas la portée déterminante de ses découvertes, mais ne pouvait prévoir que celles-ci travaillaient déjà à constituer l’un des tableaux fondateurs de l’art de notre siècle.
Les œuvres utilisées dans le générique de Desperate Housewives sont :
– Adam et Eve de Lukas Cranach,
– Le Temple de Philae de David Roberts et une reproduction détourée de Nefertari,
– Les Époux Arnolfini de Jan Van Eyck,
– American Gothic de Grant Wood,
– Pin Up certainement de Gil Elvgren,
– Am I Proud de Dick Williams,
– Campbell’s Soup d’Andy Warhol,
– Romantic Couple et Couple Arguing (inspirés de l’oeuvre de Roy Lichtenstein) de Robert Dale.
Le Palais Lumière présente, du 10 février au 13 mai 2007, la première rétrospective Ernest Pignon-Ernest. L’exposition réunira plus de 300 oeuvres (études, dessins, photos) et plusieurs centaines de croquis. Le caractère urbain de ses travaux, leurs liens avec les lieux et les évènements dans lesquels ils s’inscrivent font que nombre d’entre eux n’ont jamais, jusqu’ici, été montrés dans le cadre d’ une exposition. L’ensemble des oeuvres présenté au Palais Lumière rendra compte de la démarche d’Ernest Pignon-Ernest depuis les années 60 jusqu’à son dernier travail sur Jean Genet à Brest en 2006.