Étiquette : Stylisation

  • De moins en moins jusqu’à ne plus pouvoir

    De moins en moins jusqu’à ne plus pouvoir

    À partir de la projection de la photographie ci-dessous, proposez une simplification en ne laissant aucune place aux détails.

    #détail #contour #épure

    Combinez plusieurs solutions pour simplifier, épurer, rendre essentielle l’image tout en conservant un certain niveau de ressemblance avec le modèle de départ.

    L’objectif de cette proposition sera de s’interroger sur les limites de la ressemblance, de l’évocation.

    Formation de glace sur un plan d’eau, 2017, photographe : Andrea Schettino, photographie libre de droits – pexels.com

    Problèmes abordés

    En quoi les détails interviennent-ils dans la lisibilité de la représentation ? Quel rôle plastique pourriez-vous donner à la simplification ? Dans quelle mesure une image peut-elle s’affranchir du monde visible ?

    Références artistiques possibles

    • Piet MONDRIAN, Composition en rouge, bleu et blanc II (Composition II ; Composition 2 avec rouge et bleu), 1937, huile sur toile, 75 x 60,5 cm, Centre Pompidou, Paris – Les recherches de Mondrian commencent dès le début de sa carrière et s’orientent vers une représentation basée sur l’épuration radicale du tableau. Toute trace de référence au naturel visible est progressivement évacuée au profit d’une vision de l’universel. Mondrian privilégie l’économie de moyens pour tenter d’exprimer l’essence du réel.
    • M. C. ESCHER, Day and Night, 1938, estampe sur bois, 67,7 x 39,1 cm – Les œuvres de M. C. Escher représentent des constructions impossibles, des pavages et des combinaisons de motifs qui se transforment graduellement en des formes totalement différentes, qui défient les modes habituels de représentation du spectateur.
    • Nicolas De STAËL, Compostion, 1949, encre de Chine sur papier, 25,4 x 32 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Henri MATISSE, Nu bleu II, 1952, papiers gouachés, découpés et collés sur papier marouflé sur toile, 103,8 x 86 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Nicolas De STAËL, Agrigente, 1954, huile sur toile, 60 x 81 cm
    • Ellsworth KELLY, Leaves (Feuilles), 1964, lithographie sur papier (appartenant à la série Suite végétale composée de 28 lithographies), 90 x 63,4 cm – Ellsworth Kelly crée par son travail une simplification abstraite du tableau et une mise en volume de la peinture. Sa peinture ne prend alors toute sa dimension qu’avec l’espace qui l’entoure, elle n’existe donc plus en tant qu’objet mais comme motif sur le mur du musée. Plus précisément, il exploite la peinture comme élément architectural, comme si elle avait un poids et crée ainsi un ensemble de liens et de relations entre les formes et les couleurs qui forme un nouvel équilibre visuel caché.
    • René MAGRITTE, La Décalcomanie, 1966, huile sur toile, 81 x 100 cm.
    • Valerio ADAMI, Il gile di Lenine (Le gilet de Lénine), 1972, acrylique sur toile, 239 x 367 cm, Centre Pompidou, Paris – Le peintre développe un style pictural psychologique caractérisé par le dessin élaboré, que la couleur a pour fonction de détourner, modifier ou amplifier. Ses œuvres se singularisent par la saturation des surfaces coloriées où ne subsiste aucun blanc, aucune trace de doute ou d’inachèvement.
    Gérard FROMANGER, La France est-elle coupée en deux ? 1974
    • Gérard FROMANGER, diptyque composé de 2 toiles : La Mort de Caïus Gracchus, août 1975 et La Vie et la mort du peuple, avril-mai 1977 (série : Hommage à François Topino-Lebrun), 1977, huile sur toile, 200 x 300 cm (chaque panneau) – Gérard Fromanger occupe une place importante dans l’histoire de la figuration narrative. Ce mouvement naît en France à la fin des années 1960 dans un climat international tendu et il réunit jusqu’en 1972 des peintres aux pratiques variables, animés d’une volonté commune : rompre avec l’abstraction alors dominante, réinventer la peinture en utilisant les images de masse, rendre à l’œuvre une dimension politique. Ces deux tableaux, qui forment un diptyque, appartiennent à la série de cinq œuvres intitulée Hommage à Topino-Lebrun, en référence au peintre révolutionnaire guillotiné par Bonaparte.
    • Emmanuel CHIEZE, Espaces négatifs, série de photographies en noir et blanc révélant le vide présent dans les environnements urbains artificiels, juillet 2015, NY.

    Questionnements

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.

    Compétences

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Gérard FROMANGER, Quel est le fond de votre pensée ? (de la série Annoncez la couleur ! ) 1973, détail.

  • Saul BASS & associates

    Saul BASS & associates

    « Mon idée de départ était qu’un générique pouvait mettre dans l’ambiance et souligner la trame narrative du film pour évoquer l’histoire de manière métaphorique. Je voyais le générique comme une façon de conditionner le public de façon que, lorsque le film commence, il ait déjà un écho émotionnel chez les spectateurs. J’étais convaincu que le film commence vraiment dès la première image. »

    Saul BASS – https://fr.wikipedia.org/wiki/Saul_Bass

    Demande

    « Less is more! » – Ludwig Mies van der Rohe

    Dessinez à l’aide d’Inkscape ou de GIMP, l’affiche d’un film culte en ne gardant comme visuel qu’un symbole graphique épuré (: des formes simplifiées et peu de couleurs).

    Affiche de Saul BASS

    Questions

    Dans quelle mesure l’économie de moyens peut-elle créer de nouvelles formes ? En quoi simplifier est-il compliqué ? « Less is more! » ne crée-t-il pas une normalité pauvre et ennuyeuse ?

    L’École du BAUHAUS

    En 1919, l’école du Bauhaus est fondée à Weimar en Allemagne par l’architecte Walter Gropius. Elle peut être considérée comme la première école d’arts appliqués.
    Le Bauhaus veut créer en série des objets et des logements beaux, fonctionnels et accessibles à tous. Pour faciliter la production en série, les designers vont créer des objets en utilisant le minimum d’éléments avec des matériaux industriels.
    Les théories du Bauhaus prônent l’emploi de matériaux nouveaux, la simplicité et l’absence d’ornements.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bauhaus

    Méthodologie

    1. Décrivez en quelques mots la scène mémorable de votre film culte préféré. Vous ne retiendrez que celle qui l’évoque le mieux : cette dernière rappellera à coup sûr au spectateur de quelle œuvre cinématographique il s’agit.
    2. Illustrez-la. Vous restituerez la force évocatrice de la scène (thématique visuelle et dramatique du film, caractères des personnages, etc.) en réalisant une composition simple utilisant un graphisme épuré.
    3. Stylisez l’illustration. L’approche très graphique avec une prédominance de lignes, de formes découpées et d’une typographie brisée caractéristique du travail de Saul BASS pourra être privilégiée. D’une manière différente, vous pouvez vous inspirer de l’esthétique des pictogrammes (cf. les affiches de cinéma minimalistes)
    4. Expliquez votre projet à la classe.
    5. Utilisez l’image de votre projet que vous aurez au préalablement scannée comme la base de votre travail sur Inkscape ou GIMP.

    Références possibles

    • Oskar SCHLEMMER, Bauhaus – Ausstellung, sept 1923, affiche exposition Bauhaus
    • Charles LOUPOT, Quinquina – Le rouge et le blanc, 1938, affiche publicitaire St Raphael
    • Henri MATISSE, Nu bleu II, 1952, 103,8 x 86 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Saul BASS, affiche du film Vertigo d’Alfred HITCHCOCK, 1958
    • Saul BASS, affiche du film Anatomy of a murder d’Otto Preminger, 1959
    • Jean WIDMER, logo Centre G. Pompidou, 1977
    • Ruedi BAEUR, signalétique du Centre G. Pompidou, 1997-2001
    • Xavier VEILHAN, Richard Rogers, 2009, résine polyuréthane, peinture époxy, 177 x 56 x 36 cm
    • Olly MOSS, Rolling Roadshow, 2010, affiches des films : Rocky et Dirty Harryhttps://ollymoss.com/
    • TBWA, campagne d’affichage de McDonald’s, 2014

    Questionnement(s)

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Affiche « Running Man » – Bauhaus, 1919