Étiquette : Selfie

  • Vite, un selfie !

    Vite, un selfie !

    Brigitte Gonzalez | Compagnie Lucamoros

    Ce phénomène du selfie, quelle aubaine pour la nouvelle création de cette compagnie qui mêle théâtre et arts plastiques.

    Juchées sur leur échafaudage, quatre performeuses interpellent dans un débordement de rythmes, de chants et de couleurs, jeunes et moins jeunes sur la question de notre image, à l’heure du selfie compulsif. Elles triturent notre image, la captent, la détournent, la volent, la restituent, la réinventent et, surtout, la font voir autrement. Des images peintes, photographiées, filmées aussi, directement sur place. Des images qui se suivent, se bousculent, se croisent, s’effacent, réapparaissent et racontent l’histoire que veut bien produire la rencontre provoquée par les artistes.

    À l’heure où chaque adolescent, voire chaque enfant, porte désormais sur lui, en permanence, son smartphone, la Compagnie Lucamoros suggère, dans la joie du geste créateur, de lui opposer une manière d’exercer ses propres ressources créatives, d’affûter son discernement et son jugement critique.

    Janvier 2023, Théâtre M. Novarina, Thonon-les-Bains

    Réalisez un selfie représentatif de l’image que vous souhaitez donner à votre classe.

    #portrait #vidéo expérimentale

    Objectifs

    Les objectifs de la séance (55 min) sont d’amener les élèves à :

    • reconnaître les constituants plastiques d’une représentation
    • comprendre les usages des différents modes de représentation
    • mieux saisir le sens des selfies en exerçant un regard critique

    Méthodologie

    1. Qu’est-ce qu’un selfie ? Quels en sont les éléments reconnaissables qui le distinguent du portrait ? Au même titre que les mèmes*, le selfie possède des codes spécifiques, listez-les sous la forme d’une carte mentale. Notez les développements possibles.
    2. En petit groupe et en 15 minutes, préparez votre shooting photo pour lequel vous aurez à réaliser plusieurs selfies avant d’en choisir un seul. Attention, prenez soin à changer votre mise en scène, le cadrage, l’éclairage, etc.
    3. Le grand fond vert de la salle de classe vous permet d’incruster facilement derrière vous une image choisie. Pour cela, utilisez sur l’iPad l’application Green Screen ou iMovie comme il vous a été montré au cours de la présentation.

    Après le spectacle

    1. Créez un flux d’images en utilisant les selfies précédemment réalisés par la classe. L’application iMovie sera privilégiée.
    2. Mutualisez les vidéos obtenues en les partageant sur l’espace dédié et sécurisé.

    À propos des « mèmes »

    En 1996, une image informatique représentant un nourrisson dansant sur un fond noir (connu sous les noms de Dancing baby) est rapidement partagée sur le Web. Ce GIF animé est souvent considéré comme l’un des premiers mèmes Internet. Mais qu’est-ce qu’un mème ?

    Un mème, à ne pas confondre avec même, est un élément culturel reconnaissable, reproduit et transmis par l’imitation du comportement d’un individu par d’autres individus. De la même manière, un mème numérique est un élément ou un phénomène repris, décliné et publié en masse sur Internet.

    Le mème Internet répond à un certain nombre de codes spécifiques, avec l’utilisation d’une image explicite et souvent drôle, associée à un mot ou un groupe de mots à police large et blanche. Son ton est généralement humoristique, cynique ou ironique, et le message transmis souvent désabusé. Le mème existe sous de nombreuses formes, et possède l’avantage d’être rapide à lire et à comprendre. Drôle, facile à mettre en place, il marque efficacement et durablement les esprits.

    Cindy SHERMAN, Untitled, 2017, photographie de la série The Art of the Selfie
    https://www.instagram.com/cindysherman/

    Références artistiques possibles

    • REMBRANDT, Autoportrait, 1652, huile sur toile, 112 × 81,5 cm, Vienne, Kunsthitorisches Museum
      REMBRANDT, Autoportrait, 1658, huile sur toile, 133,7 × 103,8 cm, New York, Frick Collection
      REMBRANDT, Autoportrait, 1669, huile sur toile, 63,5 × 57,8 cm, La Haye, Mauritshuis
    • Gustave COURBET, L’Homme blessé, 1844-1854, 82 × 98 cm, Musée d’Orsay, Paris
    • Vincent VAN GOGH, Autoportrait à l’oreille coupée, 1889, huile sur toile, 51 × 45 cm, Kunsthaus, Zurich
    • René MAGRITTE, La Reproduction interdite, 1937, huile sur toile, 81 × 65 cm, Musée Boijmans Van Beuningen, Hollande
    • Frida KAHLO, Autoportrait aux cheveux coupés, 1940, huile sur toile, 40 × 28 cm, New York, The Museum of Modern Art
    • Norman ROCKWELL, Triple autoportrait, 1960, huile sur toile, 113,5 × 87,5 cm, Musée Norman Rockwell, Stockbridge
    • Francis BACON, Selfportrait (Autoportrait), 1971, huile sur toile, 35,5 × 30,5 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Arnulf RAINER, Angst (portrait de l’artiste), 1971, peinture à l’huile sur photographie, 120 × 88 cm
    • Cindy SHERMAN, Untitled #97, 1982, épreuve couleur chromogène, 114.3 × 76.2 cm
      Cindy SHERMAN, Untitled #461, 2007, épreuve chromogène
      Cindy SHERMAN, Untitled #604, 2019, tissage de coton, laine, fil, acrylique, coton mercerisé et Lurex,  290,8 × 226,7 cm

    Questionnement(s)

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
    • Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photogramme du film Thelma & Louise de Ridley Scott, 1991
    Susan Sarandon et Geena Davis

  • Vers une image de soi

    Vers une image de soi

    Réalisez un selfie à l’aide de la tablette mise à votre disposition. Définissez ce qu’est un selfie, un autoportrait, évoquez ses différentes visées :
    – Qu’est-ce qu’un selfie ?
    – Que dire de cette quête d’identité ?
    – Le portrait photographique est-il une simple représentation fidèle des traits d’un visage ?

    Je ne suis pas ce que les contraintes sociales et culturelles veulent faire de moi. Ça, ce n’est pas moi ! Corrigez cette image photographique.

    Il existe actuellement chez un certain nombre de photographes une tendance à déconduire le portrait canonique. C’est ainsi qu’on s’efforce de dé-visager le visage, que ce soit par le flou, par l’agrandissement démesuré du détail, par la lacération de la surface sensible, etc. ; ou alors on se défait du visage comme tel, non pas dans une visée formaliste (par exemple afin de faire ressortir la plasticité du corps), mais pour mettre en avant la corporéité comme chair aux dépens de l’expressivité humaine ; le corps lui-même et souvent morcelé. Mais il ne s’agit là que d’une des tendances du portrait photographique actuel, et non pas d’une évolution qui témoignerait d’une mutation définitive ».

    Remarque :
    L’utilisation de l’intelligence artificielle est de plus en plus commune et nombreuses sont les sociétés digitales à intégrer cette technologie. Le site ThisPersonDoesnotExist.com, proposait sur sa page d’accueil à chaque visite un nouveau visage. Une utilisation banale peut-on penser, mais il faut savoir que chaque visage présenté n’existe pas.

    Procédés envisageables :
    recadrer, coloriser, retoucher, multiplier, changer de point de vue, surimpressionner, maculer, recouvrir, empâter, occulter, ombrer, simplifier, caricaturer, réticuler, postériser, accentuer…

    Notions : représentation, ressemblance, vraisemblance, autoportrait, portrait, identité…

    Références possibles :
    – Marcel DUCHAMP, Rrose Sélavy, 1921
    – Michel JOURNIAC, Piège pour un travesti, Arletty, 1972
    – Cindy SHERMAN, Untitled Film Still, 1975
    – Arnulf RAINER, Van Gogh als Blinder, 1977-80
    – Urs LÜTHI, Tableaux récents, 1977
    – Duane MICHALS, Dr Heisenberg’s Magic Mirror of Uncertainty, 1998
    – ORLAN, Self-Hybridations, 1998 (Art charnel selon ORLAN)

    Verbalisation :
    – L’image de soi est-elle changée ?
    – Perçoit-on mieux votre personnalité ?
    – Le ou les procédés utilisés enrichissent-ils votre démarche ?

    Yves Trémorin

    Jean-Claude d’Yves Trémorin, photographie, 1986


    • Questionnement(s) :
      La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
      Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
      Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
    • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
      Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
      Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Rebours du selfie à l’autoportrait

    Rebours du selfie à l’autoportrait

    Je ne suis pas ce que les contraintes sociales et culturelles veulent faire de moi.

    À une époque où la pratique du selfie est devenue un véritable phénomène de société (caractéristique de l’ère hyper connectée du numérique), l’objectif de cette séquence sera de s’interroger sur la tradition et les usages de l’autoportrait.

    Entre l’autoexhibition extravertie et l’autofiguration intime, vous proposerez un autoportrait questionnant les modalités de l’autoreprésentation.

    Selfie : autoportrait photographique (narcissique) pris dans un contexte social, festif ou touristique avec un smartphone.

    Au milieu des années 2010, des essais explorent la nature de ce phénomène socio-culturel, d’un point de vue sociologique, esthétique, philosophique, psychologue et moral, et mettent en lumière la manifestation d’une stratégie communicationnelle qui vise à compenser la perte du réel dans une société contemporaine où l’écran est miroir du monde. L’essayiste Jean-Paul Brighelli souligne la différence entre l’autoportrait en peinture et le selfie : « la peinture suppose un travail, une réinterprétation — elle fait œuvre — », permise par une éducation du regard et de la main. Brighelli oppose le selfie, expression narcissique d’un « culte hédoniste de l’instant présent » à l’autoportrait peint, expression d’un travail sur soi-même et de l’insertion dans une culture artistique. […] À l’inverse, l’historien André Gunthert rappelle que l’utilisation de daguerréotypes, à l’époque, a été qualifiée également de pratique narcissique. Il rappelle aussi que les selfies réalisés sont souvent collectifs, loin de l’autoportrait, et incorporent couramment de l’humour et de la dérision. La vraie nouveauté pour lui, c’est que ces images ne sont pas classées dans un album ou accrochées au mur, mais communiquées par réseau. C’est une forme d’expression sociale, un « embrayeur de conversation ».
    (source Wikipédia)


    Selfie pris par un macaque ayant volé l’appareil-photo du photographe animalier David Slater, 2011

    Références artistiques possibles :

    • REMBRANDT, Autoportrait, 1652, huile sur toile, 112 x 81,5 cm, Vienne, Kunsthitorisches Museum
      REMBRANDT, Autoportrait, 1658, huile sur toile, 133,7 x 103,8 cm, New York, Frick Collection
      REMBRANDT, Autoportrait, 1669, huile sur toile, 63,5 x 57,8 cm, La Haye, Mauritshuis
    • Gustave COURBET, L’Homme blessé, 1844-1854, 82 cm x 98 cm, Musée d’Orsay, Paris
    • Vincent VAN GOGH, Autoportrait à l’oreille coupée, 1889, huile sur toile, 51 cm x 45 cm, Kunsthaus, Zurich
    • Frida KAHLO, Autoportrait aux cheveux coupés, 1940, huile sur toile, 40 x 28 cm, New York, The Museum of Modern Art
    • Norman ROCKWELL, Triple autoportrait, 1960, huile sur toile, 113,5 x 87,5 cm, Musée Norman Rockwell, Stockbridge
    • Francis BACON, Selfportrait (Autoportrait)1971, huile sur toile, 35,5 x 30,5 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Arnulf RAINER, Angst (portrait de l’artiste), 1971, peinture à l’huile sur photographie, 120 x 88 cm


    René MAGRITTE, La Reproduction interdite, 1937, huile sur toile, 81 x 65 cm, Musée Boijmans Van Beuningen, Hollande


    • Questionnements :
      La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
      S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
      Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
      Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
      Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
    • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
      Prendre part au débat suscité par le fait artistique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Selfiction

    Selfiction

    Au préalable les élèves sont invités à apporter un selfie maison.
    Présentez (analysez) quelques selfies.
    Quels sont les codes récurrents ? Quels éléments caractéristiques retrouve-t-on ?

    Questions :
    En quoi un selfie n’est-il pas un autoportrait ? Dans quelle mesure un autoportrait peut-il être fictionnel ? Une photographie montre-t-elle toujours le réel, la réalité ?
    Quel écart existe-t-il entre la photographie et la réalité ? Une photographie peut-elle être fictionnelle ?

    Réalisez une photographie qui donne sens au terme : « selfiction ».
    Préalablement, analysez le terme « selfiction » sous la forme d’une carte heuristique et effectuez des recherches sur l’autoportrait. Concevez votre projet sans oublier de l’accompagner de croquis.

    Objectifs d’apprentissage :
    Questionner la réalité de l’image.
    Aborder les codes/ conventions/ normes, la nature, fonctions/ finalités (publication) d’une image.

    George HARRISON, Fisheye self-portrait in India, septembre 1966

    Références possibles :

    • Le CARAVAGE, Narcisse, vers 1597-1599, huile sur toile, 110 x 92 cm, galerie nationale d’art ancien, Rome
    • Hippolyte BAYARD, Autoportrait en noyé, octobre 1840, premier autoportrait exploité comme une fiction
    • Christian BOLTANSKI, Dix portraits de Christian Boltanski, photographies, 1972
    • Cindy SHERMAN, Untitled Film Still, photographies, 1978
    • Gordon DOUGLAS, Monster, diptyque photographique, 1997
    • Philippe RAMETTE, L’ombre de moi-même, installation, 2006
    • Nina KATCHADOURIAN, Lavatory Self-Portraits in the Flemish Style, photographies, 2010
    • Roman OPALKA, Autoportraits 1965/ 1 – ∞,  photographies, 1965-2011
    • Aki HOSHIDE, Space selfie, 5 septembre 2012
    • Barack OBAMA & David CAMERON, Selfie à la cérémonie d’hommage à Nelson MANDELA, 11 décembre 2013
    • Olivia MUUS, Selfie museum, série photographique contemporaine, 2014

    Mots clés :
    cadrage, limite(s), autoportrait, mise en scène, fiction, point de vue, profondeur de champ/champ/hors champ, code/convention/norme/cliché/stéréotype, égo-portrait.

    (Sujet proposé sur le site académique de Grenoble par Chantal Ferrand et Romuald Masset)


    Introduction du portrait dans l’histoire de l’art classique

    Le portrait et ses différents médiums : peinture, dessin, sculpture.
    L’évolution du portrait : le portrait religieux qui représente le divin donc le non visible, les portraits royaux, les portraits bourgeois…
    Les liens avec l’autobiographie et son développement au XIXe siècle en relation avec les sciences humaines.
    Les évolutions technologiques et créatives, la photographie et son principe de reproduction, la vidéo.
    Le portrait questionne l’identité et interroge le concept de la représentation.

    En quête de soi

    Les avant-gardes ont œuvré à l’édification d’un monde nouveau et ont relégué au second plan le sujet : le motif autant que l’individu. Dans l’après-guerre, temps des failles et de la désillusion, on tente de reconstruire le monde autour de l’homme, celui qui s’exprime comme celui qu’on représente. On constate un retour dans les œuvres à des formes qui révèlent un rapport au monde individualisé.
    Photographie et psychanalyse transforment radicalement les enjeux du portrait, interrogent la fonction d’identité et exhibant les conflits internes qui tiraillent l’individu et menacent son intégrité.

    Autoportrait

    Apparu à la fin du Moyen Âge, ce genre obéit pour l’artiste à des motivations diverses : pallier l’absence d’autre modèle, se présenter dans une position sociale, sonder le mystère de son être.
    Dans le prolongement de cette tradition, Picasso multiplie les représentations du peintre au travail face à son modèle, mêlant souvent l’autoportrait professionnel à l’intimité de la relation amoureuse.
    Francis Bacon tente de saisir la matière mouvante de son propre visage.
    Beckmann avec ses 80 autoportraits réalisés entre 1899 et 1950 se situe dans la filiation de Rembrandt : la vision qui se dégage de l’ensemble est celle d’une existence frappée de discontinuité, d’un individu aux prises avec les aléas de l’histoire et avec ses propres troubles.
    En 1948-49 Warhol se dessine avec un doigt dans le nez, corrigeant ironiquement ce visage qu’il n’a pas choisi.  » Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n’avez qu’à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà. Il n’y a rien dessous. « .
    Orlan et sa pratique artistique : transformation de son corps, prothèses (lien avec la performance et le corps de l’artiste).

    Double  » je « 

    S’inventer un double et s’observer peut fournir un moyen d’assumer les multiples facettes de sa personnalité.
    Chez Ernst dans un cycle de collage au début des années 30, il représente la figure de Loplop alias Hornebom alias Max Ernst. Par ce jeu d’identification, les frontières du sujet s’estompent.
    Le dédoublement, l’artifice seul permet encore le portrait par une mise à distance. L’artiste est dans son œuvre, sans toutefois y être totalement.
    Les artistes Gilbert & George cultivent également l’ambiguïté avec leurs ressemblances vestimentaires et physiques et multiplient les effets de permutation dans leurs compositions photographies fondées sur la répétition et la symétrie.

    Jeux de genres et jeux de rôles

    Duchamp s’invente un double féminin Rrose Sélavy et affuble La Joconde de moustaches.
    Pierre Molinier dans la mouvance surréaliste poursuit avec ses photographies une identité morcelée : il s’y compose un personnage androgyne.
    Dans ce travail sur soi passant par la métamorphose du corps : dès lors ce n’est plus tant l’identité qui est questionnée (quoique le visage soit recouvert de peinture comme chez Bruce Nauman) mais l’existence physique.
    L’œuvre de Cindy Sherman prise dans son ensemble se présente comme une vaste galerie de personnage et de rôle qu’elle-même campe au prix de déguisements qui la rendent plus ou moins méconnaissable. Caméléon, elle arpente les scènes de la peinture ancienne, les films hollywoodiens, suggérant des bribes de narration laissées en suspens. Ce goût du travestissement ramène aux déguisements de l’enfance n’en est pas moins inquiétant par la scission de la personnalité qu’il suggère.
    Bruce Nauman quand il se filme en train de faire des grimaces, se moque autant de lui même que de la croyance dans le pouvoir de transformation de l’art.
    Les vidéos de Pierrick Sorrin le montrent dans des situations inconfortables voir grotesques et dénigrent la figure de l’artiste.

    Mythologies personnelles et enquêtes de soi

    Le nouveau roman est un nouveau type de narration où l’auteur ancre son récit dans le quotidien et se consacre à traduire une réalité psychologique que le personnage classique est devenu incapable de contenir.
    Des artistes s’approchent de cette conception du récit, comme on le voit dans les biographies fictives construites de Boltanski ou d’Annette messager. Ils travaillent sur des données personnelles si communes que chacun peut y reconnaître une part de lui-même (enfance, image sociale de la femme…).
    Valérie Mréjen réalise des films, elle fait des portraits en demandant à des personnes de raconter leurs histoires qui font écho à la sienne (en lien avec ses origines).

    Auto-fictions

    Sophie Calle et son œuvre plus évidemment autobiographique fonctionnent sur des transferts d’intimité (Douleur exquise, No sex last night…).
    La photographe Nan Goldin rassemble depuis 1969 les pièces d’une autobiographie photographique : ses images documentent crûment sa vie intime et celle de son entourage.
    Joel Bartoloméo enregistre en vidéo ses relations avec sa famille et son quotidien.
    La distance entre l’art et le réel s’amenuise jusqu’à disparaître (relation également avec la littérature française actuelle : Angot…)
    Liens également avec les vidéos faites par des amateurs en ligne sur internet (dailymotion, youtube…).

    Le portrait et la réalité

    Le réalisme du portrait interroge ce qui nous nous détermine ? Notre physique, notre nom, l’endroit où nous sommes nés, là où l’on vit ?
    Écart entre ce que nous croyons être, ce que nous voulons être, ce qu’autrui perçoit de nous : histoire de voir et d’être vu.
    Le portrait dans notre société
    Photographie d’identité nécessaire sur nos papiers pour nous  » reconnaître « .
    Le portrait robot.
    L’identité personnelle et collective : aujourd’hui nous vivons dans un système de surveillance : vidéosurveillance avec les caméras dans les espaces publics, le fichage avec les téléphones portables et cartes bancaires.
    Relation au voyeurisme et son retentissement dans les médias (la télé-réalité).


    • Questionnements :
      La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation – la narration visuelle.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
      Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
      Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
      Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
      Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
    • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
      Prendre part au débat suscité par le fait artistique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine