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  • Vite, un selfie !

    Vite, un selfie !

    Brigitte Gonzalez | Compagnie Lucamoros

    Ce phénomène du selfie, quelle aubaine pour la nouvelle création de cette compagnie qui mêle théâtre et arts plastiques.

    Juchées sur leur échafaudage, quatre performeuses interpellent dans un débordement de rythmes, de chants et de couleurs, jeunes et moins jeunes sur la question de notre image, à l’heure du selfie compulsif. Elles triturent notre image, la captent, la détournent, la volent, la restituent, la réinventent et, surtout, la font voir autrement. Des images peintes, photographiées, filmées aussi, directement sur place. Des images qui se suivent, se bousculent, se croisent, s’effacent, réapparaissent et racontent l’histoire que veut bien produire la rencontre provoquée par les artistes.

    À l’heure où chaque adolescent, voire chaque enfant, porte désormais sur lui, en permanence, son smartphone, la Compagnie Lucamoros suggère, dans la joie du geste créateur, de lui opposer une manière d’exercer ses propres ressources créatives, d’affûter son discernement et son jugement critique.

    Janvier 2023, Théâtre M. Novarina, Thonon-les-Bains

    Réalisez un selfie représentatif de l’image que vous souhaitez donner à votre classe.

    #portrait #vidéo expérimentale

    Objectifs

    Les objectifs de la séance (55 min) sont d’amener les élèves à :

    • reconnaître les constituants plastiques d’une représentation
    • comprendre les usages des différents modes de représentation
    • mieux saisir le sens des selfies en exerçant un regard critique

    Méthodologie

    1. Qu’est-ce qu’un selfie ? Quels en sont les éléments reconnaissables qui le distinguent du portrait ? Au même titre que les mèmes*, le selfie possède des codes spécifiques, listez-les sous la forme d’une carte mentale. Notez les développements possibles.
    2. En petit groupe et en 15 minutes, préparez votre shooting photo pour lequel vous aurez à réaliser plusieurs selfies avant d’en choisir un seul. Attention, prenez soin à changer votre mise en scène, le cadrage, l’éclairage, etc.
    3. Le grand fond vert de la salle de classe vous permet d’incruster facilement derrière vous une image choisie. Pour cela, utilisez sur l’iPad l’application Green Screen ou iMovie comme il vous a été montré au cours de la présentation.

    Après le spectacle

    1. Créez un flux d’images en utilisant les selfies précédemment réalisés par la classe. L’application iMovie sera privilégiée.
    2. Mutualisez les vidéos obtenues en les partageant sur l’espace dédié et sécurisé.

    À propos des « mèmes »

    En 1996, une image informatique représentant un nourrisson dansant sur un fond noir (connu sous les noms de Dancing baby) est rapidement partagée sur le Web. Ce GIF animé est souvent considéré comme l’un des premiers mèmes Internet. Mais qu’est-ce qu’un mème ?

    Un mème, à ne pas confondre avec même, est un élément culturel reconnaissable, reproduit et transmis par l’imitation du comportement d’un individu par d’autres individus. De la même manière, un mème numérique est un élément ou un phénomène repris, décliné et publié en masse sur Internet.

    Le mème Internet répond à un certain nombre de codes spécifiques, avec l’utilisation d’une image explicite et souvent drôle, associée à un mot ou un groupe de mots à police large et blanche. Son ton est généralement humoristique, cynique ou ironique, et le message transmis souvent désabusé. Le mème existe sous de nombreuses formes, et possède l’avantage d’être rapide à lire et à comprendre. Drôle, facile à mettre en place, il marque efficacement et durablement les esprits.

    Cindy SHERMAN, Untitled, 2017, photographie de la série The Art of the Selfie
    https://www.instagram.com/cindysherman/

    Références artistiques possibles

    • REMBRANDT, Autoportrait, 1652, huile sur toile, 112 × 81,5 cm, Vienne, Kunsthitorisches Museum
      REMBRANDT, Autoportrait, 1658, huile sur toile, 133,7 × 103,8 cm, New York, Frick Collection
      REMBRANDT, Autoportrait, 1669, huile sur toile, 63,5 × 57,8 cm, La Haye, Mauritshuis
    • Gustave COURBET, L’Homme blessé, 1844-1854, 82 × 98 cm, Musée d’Orsay, Paris
    • Vincent VAN GOGH, Autoportrait à l’oreille coupée, 1889, huile sur toile, 51 × 45 cm, Kunsthaus, Zurich
    • René MAGRITTE, La Reproduction interdite, 1937, huile sur toile, 81 × 65 cm, Musée Boijmans Van Beuningen, Hollande
    • Frida KAHLO, Autoportrait aux cheveux coupés, 1940, huile sur toile, 40 × 28 cm, New York, The Museum of Modern Art
    • Norman ROCKWELL, Triple autoportrait, 1960, huile sur toile, 113,5 × 87,5 cm, Musée Norman Rockwell, Stockbridge
    • Francis BACON, Selfportrait (Autoportrait), 1971, huile sur toile, 35,5 × 30,5 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Arnulf RAINER, Angst (portrait de l’artiste), 1971, peinture à l’huile sur photographie, 120 × 88 cm
    • Cindy SHERMAN, Untitled #97, 1982, épreuve couleur chromogène, 114.3 × 76.2 cm
      Cindy SHERMAN, Untitled #461, 2007, épreuve chromogène
      Cindy SHERMAN, Untitled #604, 2019, tissage de coton, laine, fil, acrylique, coton mercerisé et Lurex,  290,8 × 226,7 cm

    Questionnement(s)

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
    • Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photogramme du film Thelma & Louise de Ridley Scott, 1991
    Susan Sarandon et Geena Davis

  • Postrait

    Postrait

    La séance commence par la présentation de divers objets apportés pour l’occasion par l’enseignant. Sortis d’un sac ou d’une valise, les objets suscitent l’attention de l’ensemble des élèves : une pelle, une guitare sans corde, un maillet, une scie égoïne, un porte-monnaie, un filet de pommes de terre… Les élèves sont amenés à définir rapidement ce qui caractérise chaque objet : fonction, industrialisé, inutilisable, forme, contour, couleur, matière, taille. Vient ensuite le temps de la découverte de la demande :

    « Un objet parmi ceux présentés a son compte Instagram et il vous faut réaliser la photographie de sa prochaine publication ».

    #selfie #story #tag #hashtag #handle

    Sans intervenir ou presque sur l’objet quotidien mis à votre disposition et librement choisi, réalisez une prise de vue (ou une illustration) de celui-ci : portrait ou selfie répondant à une mise en scène que vous imaginerez. Pour que la publication soit crédible, il vous faudra également créer son handle, écrire le contenu du post en utilisant des hashtags, etc. en utilisant la gabarit proposé ci-dessous.

    Gabarit à télécharger
     

    Portrait ou selfie

    Portrait : œuvre picturale, sculpturale, photographique ou littéraire représentant une personne réelle ou fictive, d’un point de vue physique ou psychologique.
    Les portraits ont différentes fonctions, au-delà de la volonté de perpétuer le souvenir d’une personne et de vouloir créer une image historique du commanditaire, le portrait a souvent une fonction immédiate de représentativité. Il exprime souvent le désir d’ubiquité, à usage politique ou religieux. Pendant longtemps, on a pensé que le portrait devait être l’exercice de figuration le plus mimétique, mais l’étude attentive de son histoire a pour le moins modéré ce jugement.

    Pour Étienne Souriau, Vocabulaire esthétique 1990 : Au sens général, représentation d’une personne ; mais la définition du portrait comme concept esthétique appelle quelques précisions.

    Dans les arts plastiques, portrait se dit pour une œuvre en deux dimensions, peinture ou dessin. Le portrait est donc une interprétation et transcription pour rendre l’apparence extérieure d’une personne, quel que soit le degré de réalisme. Bien qu’uniquement visuel, le portrait peut rendre très sensible la personnalité intérieure du modèle, par de nombreux indices tels que la pose, l’expression de la physionomie, etc.

    Selfie : autoportrait photographique (narcissique) pris dans un contexte social, festif ou touristique avec un smartphone.

    _ Les termes utilisés et le mot-valise postrait (: post + portrait) sont expliqués et reformulés par un élève.

    Composition

    La composition est l’organisation des éléments visuels à l’intérieur des limites d’une image. Elle s’envisage comme pratique et réflexion au moment de la réalisation de l’image ou comme sujet de l’analyse d’une image existante.

    Les éléments visuels pris en considération pour composer l’image :

    • la forme du cadre et ses proportions
    • la ligne : le chemin visuel qui permet à l’œil de se déplacer dans le tableau
    • la direction : les itinéraires visuels
    • la forme : un espace géométrique ou organique
    • la couleur et le ton : avec leurs diverses valeurs et intensités
    • les lumières et ombres
    • les dimensions et proportions des formes les unes avec les autres
    • la perspective : l’expression de la profondeur

    Questions

    Qu’est-ce qui montre que votre réalisation répond à la demande ? En quoi ce qui est représenté peut-être considéré comme un portrait ? Dans quelle mesure son statut d’objet n’est plus ? Quels éléments vous permettent de l’affirmer ?

    Références artistiques possibles

    • Giuseppe ARCIMBOLDO, Le Bibliothécaire, 1570, huile sur toile, 97 x 71 cm, Château de Skokloster, Håbo, Suède
    • Pablo PICASSO, Figure (capsule de bouteille en étain), 1943, photographie, 40 x 49 cm,
    • CÉSAR, Petit Déjeuner sur l’herbe, 1957, fer soudé (boites de conserve), tôle, 54 x 64,5 x 2 cm. Collection des Musées de Marseille
    • ARMAN, Violon brûlé, 1970, bois et résine, 72 x 26 x 9 cm
    • Jean-luc VILMOUTH, Foule, 1982, objets divers, dimensions variables. Masque des Hautes Terres du Sud en Nouvelle-Guinée, vallée Mendi, XXe siècle, calebasse, graines, peinture et ficelle, 21,3 x 16,5 x 7,4 cm (source : revue Dada n°88).
    • Patrick TOSANI, Talon réf. 960-38, 1987, photographie couleur Cibachrome, 200 x 112 cm
    • Bernard PRAS, Hommage au Facteur Cheval, 2014, photographie, 158 cm x 118 cm
    • Richard PRINCE, Exposition New Portraits, 2014, 38 captures d’écran de post Instagram, 167 x 123,8 cm, Galerie Gargosian, New York
    • Daniel FIRMAN, RAW, 2018, résine acrylique, mousse polyuréthane, acier, peinture acrylique, vêtements, objets divers, 224 x 131 x 146 cm
  • Collectionneur à l’heure du net

    Collectionneur à l’heure du net

    Choisissez, regroupez, sélectionnez des photographies du Web consacrées à un sujet précis et présentez-les sous une forme dédiée. Ce n’est pas du copier-coller, mais une démarche artistique de récupération d’images en série qui interroge nos usages du réseau et nos rapports au rôle de la photo dans la société contemporaine.

    « Tout collectionneur, par définition, se situe dans l’accumulation. »

    En juillet 2011, s’ouvre aux Rencontres photographiques d’Arles l’exposition From here on. Les cinq commissaires de l’événement signent un très court manifeste offrant une reconnaissance officielle à 36 artistes dont le matériau brut est l’image diffusée sur le Web. Ces derniers agissent comme des « agrégateurs », sorte d’équivalent du collectionneur à l’heure du net.

    Certains artistes – Jon RAFMAN et Doug RiCKARD – utilisent le logiciel Google Street View et d’autres – Penelope UMBRICO et Corinne VIONNET – s’emparent des réalisations photographiques d’amateurs présentes sur la toile.

    C’est le choix dans ce réservoir immense d’images soumises à une circulation sans fin qui donne à la collecte sa valeur artistique.

    Bernd et Hilla BECHER, Wassertürme, Deutschland, Vereinigte Staaten, Frankreich, Belgien, Luxemburg (Water Towers, Germany, United States, France, Belgium, Luxembourg), 1963-1995, photographies, 170,69 x 464,19 cm

    Références artistiques possibles

    • Bernd et Hilla BECHER, Châteaux d’eau, 1970-1998, 15 photographies en noir et blanc, tirages argentiques, 40 x 30 cm, K20K21 Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen.
    • Art KELLER, La Chose, 1992, Collection YOON-JA et Paul DEVAUTOUR, série comprenant : Production idéologique, acrylique sur toile, 65 x 54 cm ; Théorie malheureuse, acrylique sur toile, 65 x 54 cm ; Commodité pratique, acrylique sur toile, 65 x 54 cm ; Champ social, acrylique sur toile, 65 x 100 cm.
    • Corinne VIONNET, Photo Opportunities, depuis 2005, série de photographies superposant des clichés de monuments touristiques – https://www.corinnevionnet.com/
    • Penelope UMBRICO, Suns from Sunsets from Flickr, depuis 2006, série de photographies de couchers de soleil ; Sunset Portraits from Sunset Pictures on Flickr, depuis 2008, série de portrait devant des couchers de soleil (vue de l’exposition à PACE Gallery de NYC en bandeau) –  http://penelopeumbrico.net/
    • Jon RAFMAN, Nine Eyes of Google Street View, 2008, série de photographies – https://9-eyes.com
    • Doug RICKARD, A new american Picture. 2010, série de photographies de scènes de rue provenant de Google Street View – https://dougrickard.com/a-new-american-picture/
    • Dina KELBERMAN, I’m Google, depuis 2011, série de photographies d’exploration de recherche thématique utilisant Google Image – https://dinakelberman.tumblr.com
    • Mishka HENNER Feedlots, 2012-2013, série de photographies réalisées en assemblant des centaines de captures d’écran haute résolution à partir du logiciel d’imagerie par satellite Google Earth – https://mishkahenner.com/Feedlots

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Appropriation

    Appropriation

    Avec Internet, un nombre incalculable d’images est diffusé. La copie, la récupération et l’appropriation*, qui sont des gestes artistiques anciens, se trouvent au cœur de la démarche de beaucoup d’artistes contemporains. Ils interrogent la notion de l’original de l’œuvre d’art ainsi que la valeur et le sens des signes qui composent notre quotidien.

    Emparez-vous de diverses images, appropriez-les-vous et créez une histoire cohérente à partir d’elles.

    #appropriation #démarche #fiction

    Récupérer une ou plusieurs images suffit-il à faire œuvre ? Face à la prolifération des images sur Internet, quelles stratégies artistiques avez-vous adoptées ? Expliquez comment l’appropriation d’images sert votre projet artistique et narratif.

    * Appropriation : adaptation d’une œuvre ou d’une image pour sa propre création, mais tout en conservant l’idée générale.

    Picture Generation

    L’appropriation peut être effectuée avec une intention critique ou comme un hommage. Cette distanciation vient du critique américain Douglas CRIMPS qui présente à l’automne 1977 une exposition intitulée Pictures à l’Artists Space de New York, un concept qu’il nuancera dans son essai, amer et distant, Appropriating Appropriation (1982). Les premiers artistes sélectionnés pour Pictures sont Sherrie LEVINE, Jack GOLDSTEIN, Phillip SMITH, Troy BRAUNTUCH et Robert LONGO. Cindy SHERMAN avait eu droit un an auparavant à une exposition solo à l’Artists Space. Elle est mentionnée dans la version revue et corrigée du texte du catalogue de Douglas CRIMPS, parue en 1979 dans la revue marxiste Octobre.

    Le Whitney Museum of American Art de New York et le Musée d’art contemporain de Los Angeles ont organisé, en 1989, de grandes rétrospectives de la « Picture Generation ».

    Du 29 avril au 2 aout 2009, le Metropolitan Museum of Art présente trente artistes de la scène artistique new-yorkaise des années 1970 dans l’exposition, organisée par Douglas EKLUND, « The Generation Photos, 1974-1984 ».

    Source Wikipédia

    Publicité Marlboro et la photographie de Richard PRINCE, 1989

    Références artistiques possibles

    • Hannah HÖCH, Cut with the Dada Kitchen Knife through the Last Weimar Beer-Belly Cultural Epoch in Germany, 1919, collage, 114 x 90 cm. L’artiste expérimente au début du siècle, le photomontage et le découpage/collage d’images à partir de cartes postales. Elle fait de cette pratique un instrument de critique sociale et politique et témoigne de son engagement féministe.
    • Hans-Peter FELDMANN, Bilder, 1968, ouvrage sans texte composé de photographies personnelles et d’images trouvées dans les magazines, dans les journaux, dans les livres. Pour lui, cette imagerie populaire reflète les désirs de notre société.
    • Christian BOLTANSKI, L’album de la famille D., 1971, installation, 150 tirages noir et blanc encadrés de fer blanc, 220 x 450 cm. Christian Boltanski installe dans cette pièce toutes les photos amateurs qui restent de trois générations d’une même famille française. L’artiste aborde la grande Histoire par la petite histoire individuelle : l’histoire de la famille D. appartient à notre mémoire collective. Tenues vestimentaires, coiffures, voitures, paysages urbains, postures sont le reflet de l’après-guerre en France.
    • Sherrie LEVINE After Walker Evans, 1982, photographie. En photographiant une image iconique du célèbre photographe Walker EVANS, elle remet en jeu la figure de l’auteur et l’originalité de l’œuvre d’art pour révéler que notre connaissance artistique repose sur la circulation des reproductions.
    • Richard PRINCE, Untitled (cowboy), 1989, épreuve chromogène, 127 x 177,8 cm. L’artiste récupère le cow-boy des publicités Marlboro et élève ce symbole de la culture américaine au rang d’œuvre.
    • John BALDESSARI, Fissures (Orange) and Ribbons (Orange, Blue): With Multiple Figures (Red, Green, Yellow), Plus Single Figure (Yellow) in Harness (Violet) and Balloons (Violet, Red, Yellow, Grey), 2004. acrylique sur panneau. 305 x 570 cm.
    • Céline DUVAL, 3 temps en 4 mouvements, 2009, 24 posters, 176 x 120 cm
    Céline DUVAL, 3 temps en 4 mouvements,
    2009, 176 x 120 cm
    • John STEEZAKER, Mask #104, 2011, collage, 25,8 x 20,4 cm. Dans cette série, il superpose deux images, une des années 50 – photos de studio de stars et une autre de cartes postales et entraine le regard du spectateur dans des allers/retours entre les différents plans de lectures des associations créées.
    • Thomas HIRSCHHORN, Collage truth #8, 2012, collage, 46 x 27 cm. L’artiste associe des photos de mode glossy à des photographies ultra violentes de victimes des guerres au Moyen-Orient, pour créer un contraste saisissant et brutal, fondé sur des associations de postures et des répétitions formelles qui questionnent les horreurs de la guerre, de la violence et de la pauvreté, au miroir de structures de contrôle consuméristes comme la publicité.
    • Mishka HENNER, Feedlots, 2013, photographies. La série Feedlots et plus globalement le travail de récupération d’images internet, ont suscité de nombreuses interrogations sur la nature d’artiste. Au fil des entretiens que Mishka Henner accorde depuis 2010, il s’emploie à mettre en valeur son fastidieux travail de collecte et les nombreuses retouches qu’il opère sur les images. S’il ne déclenche pas l’appareil photographique, ses choix sur le fond comme sur la forme des clichés relèvent du geste artistique.
    • Barbara BREITENFELLNER, Untitled (WVZ 323), 2014, collage, 21,2 x 13,4 cm.

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    « Buying Myself Back: A Model for Redistribution »,
    NFT d’Emily RATAJKOWSKI, avril 2021, mannequin et actrice américaine

    À propos de l’œuvre de Richard PRINCE, Emily RATAJKOWSKI déclare : « en posant pour des photos, et il m’a semblé étrange qu’un artiste chic et très estimé puisse m’arracher un de mes posts Instagram et le vendre comme le sien » et poursuit sur Twitter, ce NFT baptisé « Buying Myself Back: A Model for Redistribution »  est avant tout un moyen de se réapproprier son image et de lutter contre son utilisation abusive par des tiers. 

    L’œuvre en question, signée Richard PRINCE et mis en vente à 90 000 dollars à la Gagosian Gallery de Madison Avenue, était simplement le tirage sur grand format d’une publication Instagram de l’actrice, qui était elle-même une capture d’écran d’une photo parue plus tôt dans Sports Illustrated. Elle avait voulu récupérer cette œuvre mais un autre acheteur a finalement eu gain de cause. Finalement, Emily Ratajkowski est parvenue à s’offrir une deuxième œuvre identique en contactant Richard Prince, pour la modique somme de 81 000 dollars.

    Source JDG – journaldugeek.com

  • Topos+graphein

    Topos+graphein

    Topos, terme issu du grec ancien τόπος signifie « lieu » et graphein : « dessiner ». 
    Étymologiquement, la topographie consiste à représenter graphiquement un lieu.

    Concevez un dispositif numérique capable de répondre à cette dernière définition.
    Sa réalisation devra être comprise comme une « création artistique topographique 2.0 » et sera libellée #topographic
    Soyez vigilant à la prise en compte de la partie graphique et à la mise en œuvre de la partie numérique. De plus, il serait souhaitable que la présentation tienne également compte de l’espace de monstration. 
    Enfin, dans le cadre d’une documentation du travail réalisé, filmez avec soin et commentez votre réalisation (ex : expliquez votre intention). 

    À propos de l’installation :
    Le dispositif spatial propre à l’installation se présente comme un espace particulier recréé, un lieu de réflexion sur le « cadre » où l’art se manifeste, le lieu des implications formelles symboliques et idéologiques que cet espace joue dans la réception de l’œuvre, interrogeant ainsi les codes qui conditionnent les relations art et spectateur.

    Festival de la Création Artistique Numérique de l’Académie de Grenoble

    Comment représenter au moyen de lignes, de traits, d’outils numériques un espace géographique ou social, réel ou imaginaire ? Comment en restituer et en partager l’expérience sensible ? Comment le numérique transforme notre expérience du territoire ?
    À ces questions, trouvez des éléments de réponse en développant une carte mentale autour du mot « topographie » puis concevez et réalisez votre projet.

    Collectif 1.0.3, Projet MISMA

    Références artistiques possibles :

    • HOMÈRE, L’Iliade – le mythe du labyrinthe et du fil d’Ariane
    • Charles PERRAULT, Le Petit Poucet (Les Contes de ma mère l’Oye), 1697
    • Étienne-Jules MAREY, chronophotographies
    • Marcel DUCHAMP, Nu descendant un escalier, 1912
    • Jackson POLLOCK, Number 26 A, « Black and White », 1948, peinture glycérophtalique sur toile, 205×121,7 cm
    • Mel BOCHNER, Measurement: Room, 1969, installation
    • Giuseppe PENONE, Souffle 6 [Soffio 6], 1978, terre cuite, 158x75x79 cm
    • Saburo MURAKAMI, Passage, 8 novembre 1994, reconstitution à Paris d’une performance de l’artiste réalisée à Tokyo en 1956 lors de la deuxième exposition Gutai. Sept châssis en bois recouverts sur chaque coté de feuilles de papier craft (14 feuilles) couvert de poudre d’or, 240×240 cm
    • Heather HANSEN, Live Performance at Ochi Gallery – The Value of a Line – group show. Dec. 31, 2013
    • Rafael LOZANO-HEMMER, Voice Tunnel, 2013, installation interactive
    • Michelle TERAN, Life: A User’s Manual, 2003, performance
    • Camille UTTERBACK, Abundance, 2007, installation interactive
    • Marie SESTER, ACCESS, 2003, installation interactive
    • RobotLAb, The Big Picture (Drawings of Martian Landscape), 2014, performance robotique
    • Collectif 1.0.3, Projet MISMA – 2003 — 2018, planiscope DIASEC® contrecollé sur aluminium, 150×100 cm
    • Leonel MOURA, Bebot, 2018, installation robots traceurs, Grand-Palais, Paris
    Leonel Moura Bebot, 2018, Grand-Palais, Paris

    « – Voilà une chose que nous avons apprise de votre pays, dit Mein Herr, faire des cartes. Mais nous en avons poussé l’art beaucoup plus loin que vous. À votre avis, quelle serait la plus grande échelle de carte utile ?
    – Je dirais un centimètre pour un kilomètre.
    – Seulement un centimètre ! s’exclama Mein Herr. Nous avons très vite atteint dix mètres pour un kilomètre. Puis nous avons tenté cent mètres pour un kilomètre. Puis vint l’idée grandiose ! Nous avons réellement fabriqué une carte du pays, à l’échelle d’un kilomètre pour un kilomètre !
    – Vous vous en êtes beaucoup servie ? demandai-je.
    – Elle n’a jamais été déroulée, dit Mein Herr ; les fermiers ont protesté : ils ont dit que ça couvrirait tout le pays et que ça cacherait le soleil ! Aussi utilisons-nous le pays lui-même comme sa propre carte, et je vous assure que ça marche aussi bien. »

    Lewis CARROLL, Sylvie et Bruno, 1893. Traduit de l’anglais par Fanny Deleuze, Édition du Seuil, 1972 (Texte cité par Wim DELVOYE au début de son Atlas.)


    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre – les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    Sur les murs d’une salle obscure, le curseur trace, sans cesse, la silhouette de la ville. Placés au centre de la projection 360°, les spectateurs ressentent le battement imposé du dessin, le pouls de la cité. 

    Réalisation de Julie
  • #tetrischallenge

    #tetrischallenge

    Début septembre, la police de Zurich (Suisse) décide de publier sur son compte Facebook le premier cliché de ce qui va devenir le « Tertris* Challenge ». Le principe consistait initialement à vider les véhicules d’intervention de leurs hommes et de leur matériel, à les disposer au sol méthodiquement de façon à former des motifs géométriques rappelant le jeu vidéo et à faire une photo. Mais le challenge devient désormais viral sur tous les réseaux sociaux où civils et militaires affichent d’étonnants inventaires photographiques.

    #tetrischallenge, police de Zurich (Suisse), sept. 2019
    #tetrischallenge, pompiers volontaires de Zoug (Suisse)

    *Tetris est un jeu vidéo de puzzle conçu par Alekseï Pajitnov.
    Il met le joueur au défi de réaliser des lignes complètes en déplaçant des pièces de formes différentes, les tétrominos, qui défilent depuis le haut jusqu’au bas de l’écran. Les lignes complétées disparaissent tout en rapportant des points et le joueur peut de nouveau remplir les cases libérées. Le jeu n’a pas de fin : le joueur perd la partie lorsqu’un tétromino reste bloqué en haut. Il doit donc résister le plus longtemps à la chute continue des tétrominos, afin de réaliser le meilleur score.
    Source Wikipédia