D’ici à là, je parcours le territoire. Le trait, la trace, les indices témoignent de ce trajet…
#trait #territoire #plan #réseau
Objectifs
La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :
comprendre, sélectionner et s’emparer des codes de la cartographie pour les adapter à un projet artistique
solliciter des effets plastiques à des fins d’évocation de territoire, de chemins, de trajets.
Questions
Comment les artistes transforment-ils les données cartographiques en œuvres sensibles ? Dans quelle mesure le cheminement physique de l’auteur peut-il être exploité dans le processus de création et dans le souci de représentation ?
Références artistiques possibles
Guillaume Le TESTU, Cosmographie universelle, manuscrit enluminé, 53×36 cm, 1556, L’Âge d’or des cartes marines, application iOS, Éd {BnF
Piet MONDRIAN, New York Boogie Woogie, 1943, huile sur toile, 127 x127 cm, MoMA. Malgré l’abstraction radicale de ses tableaux, Mondrian a toujours gardé un intérêt très vif pour les structures urbaines et pour la musique et la danse modernes. Les rectangles asymétriques de Broadway Boogie-Woogie correspondent à la mélodie syncopée du boogie-woogie, les petites lignes brisées faisant écho aux cascades d’accords brisés de la base rythmique, mais on peut évidemment ajouter que le plan en damier de New York trouve aussi un écho chez un artiste pour qui le motif de la grille a toujours revêtu une grande importance
Jasper JOHNS, Map, encaustique, huile et collage sur toile, 1961, MoMA
Richard LONG, A Line Made by Walking, 1967, photographie
Pierre ALECHINSKY, Arrondissement, 1983, encre de Chine sur vélin (plan du 10ème arrondissement de Paris), 20,9 x 27 cm, Cabinet d’art graphique, Centre Pompidou, Paris
Jochem HEINDRICKS, Eye Drawings, 1983, encre sur papier. Un dispositif technique permet enregistrer les mouvements de l’œil lorsqu’il regarde les objets, pour les numériser puis pour les imprimer
Hamish FULTON, Dauphiné Mountain, Skyline, Vercors, France, 1995, crayon et encre sur papier, 71×78 cm
Sophie CALLE, Pôle nord, 2008, installation
Julien LEVESQUE, Street Views Patchwork, 2009
Claude CLOSKY, Mont Sainte-Victoire, 2011, sittes.net/sainte-victoire/
Références au programme du cycle 4
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer
1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)
– Mettre en œuvre un projet artistique
2.1 – Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité
3.3 – Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art
4.1 – Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
Les saisons… sont ce qu’une symphonie devrait être : quatre mouvements parfaits en harmonie intime les uns avec les autres.
Arthur RUBINSTEIN (1887-1982)
À chaque saison, la nature éblouit de couleurs ses paysages laissant paraître toute leur splendeur. Sous la forme d’une frise colorée abstraite, d’un ruban de couleurs, vous donnerez à voir aux spectateurs votre ressenti chromatique du passage des quatre saisons.
Sans titre, étudiant anonyme au BAUHAUS, Art de la Couleur, 1985, Éd. Dessain et TolraJohannes ITTEN, planche quatre saisons, Art de la Couleur, 1985, Éd. Dessain et Tolra
Objectifs
La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :
remarquer que les images peuvent se libérer de la volonté figurative
comprendre que les couleurs engendrent des sensations qui leur sont propres : représentative, expressive, symbolique, sensorielle
saisir que les couleurs varient en fonction de leur contexte, de leur qualité, de leur quantité.
Questions
En quoi une image est-elle artistique ? Dans quelle mesure les couleurs peuvent-elles devenir le sujet de l’œuvre ? En quoi les couleurs sont-elles liées à leur contexte et leur qualité et matérialité ?
Références artistiques possible
Pieter BRUEGHEL l’Ancien, Les Moissonneurs, 1565, huile sur panneau de bois, Metropolitan Museum of Art, New York
Giuseppe ARCIMBOLDO, Les quatre saisons, 1572, série de tableaux, 76 × 64 cm
Guglielmo CIARDI, Été, 1879, Museo d’Arte Moderna, Ca’ Pesaro, Venise
Berthe MORISOT, Jour d’été ou Le Lac du bois de Boulogne, 1879, huile sur toile, National Gallery, Londres
Vincent Van GOGH, Champ de blé derrière l’hospice Saint-Paul avec un faucheur (La Moisson), 1889, huile sur toile, Museum Folkwang, Essen
Claude MONET, Les meules, fin de l’été, 1891, huile sur toile, musée d’Orsay
Claude MONET, Les Nymphéas, 1914-1926, ensemble mural, Musée de l’Orangerie, Paris. Le peintre a peint ces compositions pour qu’elles soient suspendues en cercle, comme si une journée ou les quatre saisons s’écoulaient devant les yeux du spectateur.
Nicolas DE STAËL, Paysage Ménerbes(Vaucluse, France), 1953, huile sur toile, 14 × 22 cm
Nicolas DE STAËL, Paysage Agrigente(Sicile, Italie), 1954, huile sur toile, 73 × 82 cm
Aurélie NEMOURS, Fête, Festival violet, 1955, huile sur toile, 100 × 73 cm
Johannes ITTEN, Composition orange et vert-bleu, 1957, aquarelle sur papier, 27 × 37 cm
Olivier DEBRÉ, Composition 2, 1982, lithographie originale sur papier Arches, 14 × 50 cm
Gerhard RICHTER, 4900 Farben, 2007, peinture laquée sur Dibond – 196 panneaux comprenant chacun 25 carrés d’une couleur, 680 × 680 cm
1- Claude MONET, La Pie, 1868-1869, 89 × 130 cm – 2- Vincent VAN GOGH, La Pêche au printemps au pont de Clichy, 1887, 50,5 × 60 cm 3- Paul DERAIN, Collioure, le port de pêche, 1905, 81,5 × 100 cm – 4- Gustave COURBET, Le Vieux chêne à Ornans, 1841, 39,9 × 60,9 cm
Niveaux de maîtrise
Compétences
Maîtrises
1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent
J’ai du mal à faire des choix pertinents pour créer des effets artistiques.
–
Je commence à explorer différents gestes, outils et matériaux, mais le résultat est souvent imprévisible.
+-
Je fais les bons choix et parviens à créer les effets artistiques prévus dans mon projet.
+
Je fais preuve d’une réelle maîtrise dans le choix, l’organisation et l’utilisation de gestes, d’outils et de matériaux pour créer des effets artistiques variés et convaincants.
++
2.4 – Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur
Je ne tiens pas compte des contraintes pratiques et des attentes du spectateur dans mon projet artistique.
–
Je commence à prendre en compte certaines contraintes, mais cela reste partiel.
+-
J’adapte avec succès mon projet en fonction des contraintes de réalisation et des besoins du spectateur.
+
Je prévois, adapte et résous les contraintes de réalisation tout en tenant compte des attentes du spectateur, ce qui conduit à la réussite de mon projet artistique.
++
4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée
Je rencontre des difficultés à décrire les œuvres d’art de manière précise et à exprimer une compréhension personnelle argumentée.
–
Je commence à décrire les œuvres d’art avec plus de détails, mais mon analyse reste superficielle.
+-
Je décris avec précision les œuvres d’art en exprimant ma compréhension personnelle et en fournissant des arguments convaincants.
+
Je réalise des descriptions d’œuvres d’art approfondies, perspicaces et originales, avec une compréhension personnelle solide et étayée par des références artistiques.
++
Références au programme du cycle 3
Questionnement(s)
La représentation plastique et les dispositifs de présentation :
la ressemblance : découverte, prise de conscience et appropriation de la valeur expressive de l’écart dans la représentation.
La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre :
la matérialité et la qualité de la couleur : la découverte des relations entre sensation colorée et qualités physiques de la matière colorée (pigments, substances, liants, siccatifs, etc.), des effets induits par les usages (jus, glacis, empâtement, couverture, aplat, plage, giclure, etc.), les supports, les mélanges avec d’autres médiums ; la compréhension des dimensions sensorielles de la couleur, notamment les interrelations entre quantité (formats, surfaces, étendue, environnement) et qualité (teintes, intensité, nuances, lumière, etc.).
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer
1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)
– Mettre en œuvre un projet artistique
2.4 – Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité
3.2 – Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art
4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.
Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, film réalisé par Jean-Pierre Jeunet avec Audrey Tautou Amélie découvre une vieille boîte en métal
Qu’elle soit vide ou pleine, cette boîte contient tout un monde !
#miniature #mise en scène #espace-lieu
Élaborez en premier lieu une carte mentale, afin d’analyser la proposition. Dessinez ensuite une planche comportant les parties importantes du projet avant de réaliser la « mise en boîte de ce monde »…
Mythologie
Selon la mythologie grecque, Pandore était la première femme créée par le dieu Zeus. Elle a été créée pour punir l’humanité après que Prométhée eut volé le feu.
Zeus offrit la main de Pandore à Épiméthée, frère de Prométhée. Pandore apporta dans ses bagages une boîte mystérieuse que Zeus lui interdit d’ouvrir. Celle-ci contenait tous les maux de l’humanité, notamment la vieillesse, la maladie, la guerre, la famine, la misère, la folie, le vice, la tromperie, la passion, l’orgueil ainsi que l’espérance.
Une fois installée comme épouse, Pandore céda à la curiosité et ouvrit la boîte, libérant ainsi les maux qui y étaient contenus. Elle voulut refermer la boîte pour les retenir ; hélas, il était trop tard. Seule l’espérance, plus lente y resta enfermée.
La boîte, symbole de la curiosité, de la dissimulation et du mystère
Symbole féminin, interprété comme une figure de l’inconscient et du corps maternel , la boîte contient toujours un secret : elle enferme et sépare du monde ce qui est précieux , fragile ou redoutable . Elle protège, mais risque aussi d’étouffer.
La boîte de Pandore est restée le symbole de ce qu’il ne faut pas ouvrir. Cette boîte, au fond de laquelle reste l’espérance, c’est l’inconscient à toutes ces possibilités inattendues, excessives, destructives ou positives, mais irrationnelles, si elles sont laissées à elles-mêmes. Ce symbole peut être relié à l’exaltation imaginative qui prête à l’inconnu, recelé dans la boîte, toutes les richesses de nos désirs et voit en lui le pouvoir illusoire de les réaliser : origine de tant de malheurs !
La boîte est aussi à rapprocher des cassettes de nombreux contes et légendes. Les deux premières contiennent biens et richesses, la troisième tempêtes, ruines, mort. Les trois cassettes correspondent aux trois parts de la vie humaine, deux étant favorable, une adverse.
Bref, que la boîte soit richement ornée ou simple, elle n’a pas de valeur symbolique que par son contenu, et ouvrir une boîte, c’est toujours prendre un risque.
Synonymes de boîte
Ballotin, benne, boîtier, bonbonnière, carton, cartouchière, caissette, cassette, coffre, coffret, conserve, conteneur, étui, flaconnier, minaudière (nécessaire de maquillage), pilulier, poudrier, reliquaire, tabatière, Tetra Pak, tire-lire.
Familier – lieu de travail (entreprise, lycée), bouche, discothèque.
Charles MATTON Charles MATTON, Reconstitution de lieux : atelier de Giacometti, 1987 Damien HIRST, Love Lost, 1999
Références artistiques possibles
Marcel DUCHAMP, Air de Paris – 50cc de Paris, 1919, verre, bois, 14,5 x 8,5 x 8,5 cm, ampoule pharmaceutique vidée de son contenu et ressoudée. C’est en 1919 que Marcel Duchamp offre cette « précieuse ampoule de 50 cm3 d’Air de Paris – visible ici dans sa réplique de 1964 – à des collectionneurs américains, Louise et Walter Arensberg. Dans cette capsule protectrice, l’air de Paris, vital et précieux mais aussi ironique et léger, quitte une Europe marquée par la guerre, passe les frontières, traverse l’océan.
Marcel DUCHAMP, La Boîte-en-valise, 1936-1941, boîte en carton recouverte de cuir rouge contenant des répliques miniatures d’œuvres, 69 photos, fac-similés ou reproductions de tableaux, collées sur chemise noire, 41,7 x 38,5 x 9,7 cm, boîte déployée pour présentation : 102 x 92 x 40 cm, Centre Pompidou, Paris.
Joseph CORNELL, Soap Bubble Set, 1949, verres, pipes, papier imprimé et autres supports dans une boîte en bois vitrée, 37,5 x 47,6 x 10,7 cm, Smithsonian American Art Museum, Washington. Dans ses boîtes, l’artiste élabore des microcosmes où s’entremêlent rêve et réalité. Ces petits lieux ne ressemblent en rien à des lieux réels mais évoquent davantage des théâtres poétiques selon ses propres termes. Nostalgique d’un monde passé, les boîtes qu’il réalise sont constituées d’objets divers (verres, pipes, coquillages, dés à coudre, papillons, cartes du ciel, sphères de bois, oiseaux de papier, etc.) vestiges et témoins d’un passé révolu. https://americanart.si.edu/artwork/soap-bubble-set-41412
Piero MANZONI, Le socle du monde(hommage à Galilée), acier corten, 82 x 100 x 100 cm, 1961, Herning.
Jérôme BASSERODE, Hécatée/Bateau-Mémoire (maquette) ou {création de matière à penser}, PVC, bois, plastique, nylon, acier, aluminium, 244 x 606 x 70 cm, 1988-1995, collection Frac Provence-Alpes-Côte d’AzurHerning Kunstmuseum.
Charles MATTON, Reconstitution de lieux : atelier de Giacometti, 1987, construction composée de bois, résine, papier, plâtre, verre, œuvre présentée sur un socle en métal : 48,5 x 33,5 x 36,5 cm (hors socle).
Damien HIRST, Love Lost, 1999, verre, acier peint, silicone, eau, système d’aquarium, poissons d’eau douce vivants, gravier, chaise de gynécologue, table en acier inoxydable, clavier et moniteur d’ordinateur, tabouret, tasse, montre, lunettes et anneaux en étain, 274 x 213 x 213 cm,
Saâdane AFIF, Power Chords, (vue de l’installation à la Biennale de Lyon, « 11 electrical guitars, 11 amplifiers, 11 automatons, Apple computer, software Unique piece », 2005.
Tomas SARACENO, Flying Garden, 220 cm, 2006, jardin suspendu où croissent des plantes hors sol, alimenté en lumière, eau et air grâce à des câbles reliés à des panneaux solaires. Flying Garden est autosuffisant et permet la survie des plantes subtropicales qu’il accueille. Le système mis en place constitue un étrange laboratoire où la beauté de l’idée de départ – des plantes vivent quasiment de l’air du temps – fait place à la technique qui recrée savamment ce que la nature réalise automatiquement.
Questionnement(s)
La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les représentations et statuts de l’objet en art.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)
Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Alfred KORZYBSKI (fondateur de la sémantique générale)
Comment rendre compte plastiquement de son itinéraire, de son cheminement dans le territoire entre le domicile et le collège ? Votre réalisation en sera une possible réponse artistique.
Cartes routières, cartes abstraites, la carte est une saisie abstraite du réel, une reconstitution codifiée de l’espace, un espace conçu plus que vécu. Dès lors, par votre réalisation, vous vous interrogerez sur la possible confusion entre ses souvenirs personnels, la réalité et la mémoire collective ; si l’on demande à plusieurs personnes de dessiner un lieu identique qu’elles connaissent, leur réalisation en dira moins sur le lieu que sur elles-mêmes. Qu’est-ce qu’une carte ? Est-ce forcément quelque chose qui renvoie à un référent réel ? Est-ce la même notion en art qu’en géographie ?
De plus, votre réalisation abordera la question de la perception du temps de l’auteur, du spectateur. Comment figurer le temps ? Comment le temps, à travers votre réalisation, peut-il être ressenti, vécu par le spectateur ?
D’autre part, n’oubliez pas qu’Internet et les satellites ont modifié la vision du monde : espace et temps deviennent potentiellement des notions à interroger au regard des technologies.
Topos
Du grec τοπογραφία — topos : « lieu » et graphein : « dessiner ». Étymologiquement, la topographie consiste à représenter graphiquement un lieu.
– Voilà une chose que nous avons apprise de votre pays, dit Mein Herr, faire des cartes. Mais nous en avons poussé l’art beaucoup plus loin que vous. À votre avis, quelle serait la plus grande échelle de carte utile ? – Je dirais un centimètre pour un kilomètre. – Seulement un centimètre ! s’exclama Mein Herr. Nous avons très vite atteint dix mètres pour un kilomètre. Puis nous avons tenté cent mètres pour un kilomètre. Puis vint l’idée grandiose ! Nous avons réellement fabriqué une carte du pays, à l’échelle d’un kilomètre pour un kilomètre ! – Vous vous en êtes beaucoup servie ? demandai-je. – Elle n’a jamais été déroulée, dit Mein Herr ; les fermiers ont protesté : ils ont dit que ça couvrirait tout le pays et que ça cacherait le soleil ! Aussi utilisons-nous le pays lui-même comme sa propre carte, et je vous assure que ça marche aussi bien.
Lewis CARROLL, Sylvie et Bruno, 1893, texte traduit de l’anglais par Fanny Deleuze, Édition du Seuil, 1972
Marie-Pierre DUQUOC, chez l’un l’une l’autre_Schéma 4 : structure et développement, 64 x 45 cm, 01/2008
Références artistiques possibles
Piet MONDRIAN, New York Boogie Woogie, 1943, huile sur toile, 127 x127 cm, MoMA (détail en bandeau). Malgré l’abstraction radicale de ses tableaux, Mondrian a toujours gardé un intérêt très vif pour les structures urbaines et pour la musique et la danse modernes. Les rectangles asymétriques de Broadway Boogie-Woogie correspondent à la mélodie syncopée du boogie-woogie, les petites lignes brisées faisant écho aux cascades d’accords brisés de la base rythmique, mais on peut évidemment ajouter que le plan en damier de New York trouve aussi un écho chez un artiste pour qui le motif de la grille a toujours revêtu une grande importance.
Jasper JOHNS, Map, encaustique, huile et collage sur toile, 1961, MoMA
Mel BOCHNER, Measurement room, à partir de 1969, ruban adhésif noir et lettrage sur mur, dimensions variables
Alighero e BOETTI, Mappa, tissage, série initiée en 1971
Thomas HIRSCHHORN and Marcus STEINWEG, The Map of Friendship between Art and Philosophy, 2007, carton, papier, feuille de plastique, scotch transparent, feutre, impressions, stylo à bille, 240 x 400 cm
Marie-Pierre DUQUOC, Retour _ Passer par… (de la passeuse à la passante), 2008, gommettes, stylo à bille, correcteur, 128 x 90 cm. D’expériences vécues (une recherche d’emploi, un voyage dans un pays étranger), l’artiste cherche à en comprendre les enjeux et le fonctionnement en dressant des listes de mots qu’elle classe ou qu’elle range dans des tableaux, qu’elle relie par des flèches, rapprochant la cause à l’effet, le proche et le lointain, fonctionnant par analogies. Elle traduit graphiquement par des réseaux de fils nos relations avec le monde et les autres. Au bout de ces écheveaux de tracés, on peut trouver des mots rassurants comme peut l’être la toponymie d’une carte géographique (on ne connaît pas l’endroit, mais on connaît son nom). Utilisant toute la panoplie des pictogrammes et des graphiques intelligents, Marie-Pierre Duquoc empreinte à la réalité les outils de rationalisation du travail et des relations humaines. Pourtant, tout se mélange, les signes rivalisent d’hermétisme et le spectateur est finalement confronté à l’incompréhension d’un système dans lequel il lui reste encore la possibilité de se laisser aller à la l’errance. Source CNDP, dossier enseignant cARTographie, 2012-2013
Collectif H5, Logorama, animation récompensée à Cannes en 2009 et aux Oscars en 2010. Ce film recrée une ville entièrement peuplée de marques.
Didier BÉQUILLARD, Plans, 2012, crayon de couleurs
Alain BUBLEX, An American Landscape, 2018, projet, Spectateur assidu du célèbre film First Blood – le 1er opus de la série des Rambo – Alain Bublex y voit la mise en scène de deux héros qui symbolisent l’Amérique : Rambo lui-même et le paysage en arrière-plan. Afin de vérifier cette intuition, il décide de redessiner tous les plans du film en les vidant de l’action qui s’y déroule, pour ne conserver que les paysages, les mouvements de caméra, le montage. On découvre un film d’animation composé de travelings poétiques, mélancoliques et pictorialistes à l’esthétique définitivement bublexienne, rappelant de manière surprenante l’histoire de la peinture américaine.
Au début des années 70, Tony Buzan, un psychologue britannique, à la suite de ses recherches sur l’apprentissage et le cerveau humain, crée une méthode d’organisation des idées : le schéma heuristique, encore appelé mind map ou carte mentale. Cette carte est un graphique représentant des idées, des tâches, des mots clés, des concepts liés entre eux autour d’un sujet central. Il s’agit d’une représentation non linéaire permettant d’organiser ses idées de façon plus intuitive autour d’un thème d’étude.
La carte mentale permet de :
faire simultanément travailler l’imagination et la logique,
comprendre plus rapidement une situation, de clarifier un problème complexe,
établir des liens entre des idées,
capter promptement des informations par l’ajout de couleurs, de visuels,
mémoriser et de restituer l’information,
travailler en équipe à l’aide d’un support compris par tous.
La carte est en constante évolution. Sa structure peut à chaque instant être réaménagée et/ou enrichie de nouvelles idées qui viennent constamment à l’esprit.
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation – la narration visuelle.
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
Réalisez un selfie à l’aide de la tablette mise à votre disposition. Définissez ce qu’est un selfie, un autoportrait, évoquez ses différentes visées :
– Qu’est-ce qu’un selfie ?
– Que dire de cette quête d’identité ?
– Le portrait photographique est-il une simple représentation fidèle des traits d’un visage ?
– Je ne suis pas ce que les contraintes sociales et culturelles veulent faire de moi. Ça, ce n’est pas moi ! Corrigez cette image photographique.
Il existe actuellement chez un certain nombre de photographes une tendance à déconduire le portrait canonique. C’est ainsi qu’on s’efforce de dé-visager le visage, que ce soit par le flou, par l’agrandissement démesuré du détail, par la lacération de la surface sensible, etc. ; ou alors on se défait du visage comme tel, non pas dans une visée formaliste (par exemple afin de faire ressortir la plasticité du corps), mais pour mettre en avant la corporéité comme chair aux dépens de l’expressivité humaine ; le corps lui-même et souvent morcelé. Mais il ne s’agit là que d’une des tendances du portrait photographique actuel, et non pas d’une évolution qui témoignerait d’une mutation définitive ».
Remarque :
L’utilisation de l’intelligence artificielle est de plus en plus commune et nombreuses sont les sociétés digitales à intégrer cette technologie. Le site ThisPersonDoesnotExist.com, proposait sur sa page d’accueil à chaque visite un nouveau visage. Une utilisation banale peut-on penser, mais il faut savoir que chaque visage présenté n’existe pas.
Procédés envisageables :
recadrer, coloriser, retoucher, multiplier, changer de point de vue, surimpressionner, maculer, recouvrir, empâter, occulter, ombrer, simplifier, caricaturer, réticuler, postériser, accentuer…
Références possibles :
– Marcel DUCHAMP, Rrose Sélavy, 1921
– Michel JOURNIAC, Piège pour un travesti, Arletty, 1972
– Cindy SHERMAN, Untitled Film Still, 1975
– Arnulf RAINER, Van Gogh als Blinder, 1977-80
– Urs LÜTHI, Tableaux récents, 1977
– Duane MICHALS, Dr Heisenberg’s Magic Mirror of Uncertainty, 1998
– ORLAN, Self-Hybridations, 1998 (Art charnel selon ORLAN)
Verbalisation :
– L’image de soi est-elle changée ?
– Perçoit-on mieux votre personnalité ?
– Le ou les procédés utilisés enrichissent-ils votre démarche ?
Jean-Claude d’Yves Trémorin, photographie, 1986
Questionnement(s) :
La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine
En îlot et en utilisant les tablettes, recherchez des informations et des exemples définissant la nature morte.
Mettez en commun vos recherches sous la forme d’une carte mentale.
Qu’est-ce qu’une nature morte contemporaine ?
Élaborez un projet personnel répondant à une nouvelle définition de la nature morte sous la forme de croquis.
Réalisez-le en deux ou trois dimensions, le choix de la technique est libre.
Comment les objets peuvent-ils nous représenter ? Quelle symbolique accorde-t-on aux objets ? Quelle interprétation donner aux objets représentés dans les œuvres picturales ?
Références possibles :
Jean-Baptiste Siméon CHARDIN : Raisins et grenades, 1763, huile sur toile, 57×47 cm. Musée du Louvre, Paris.
Édouard MANET : Anguille et rouget, 1864, huile sur toile, 38×46,5 cm. Musée d’Orsay, Paris.
Daniel SPOERRI : Mettre le paquet II, 1965, objets divers collés sur panneau de bois, 123×123 cm, dépôt FNAC. Musée d’Art moderne de Saint-Étienne Métropole.
Allan Mc COLLUM : Perfect vehicles, 1988, installation de 30 pots de 50x22x22 cm, acrylique sur plâtre. Musée de Grenoble.
Fabrice HYBERT : Les Fondations, 1992, peinture réfléchissante et fusain sur toile, ballons, boîte en carton avec dés à jouer, cartes postales, livres, fac-similé, chapeau de paille, 320×400 cm. FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Sam TAYLOR-WOOD, Still Life, 2001, vidéo, 3min44.
Questionnements :
La représentation ; images, réalité et fiction : l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les représentations et statuts de l’objet en art.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées. Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine