Étiquette : Ready-Made

  • Objet(s)

    Objet(s)

    Lorsque Marcel DUCHAMP invente le concept du ready-made*, il remet fondamentalement en cause la nature même de l’œuvre d’art. Depuis nombre d’artistes jouent avec l’objet, se jouent de l’objet, le font entrer dans des espaces d’exposition, en détournent le sens, le mettent en décalage par rapport au réel, en dénoncent la finalité.

    *Un ready-made est un objet manufacturé qu’un artiste s’approprie tel quel, en le privant de sa fonction utilitaire. Il lui ajoute un titre, une date, éventuellement une inscription et opère sur lui une manipulation en général sommaire (retournement, suspension, fixation au sol ou au mur, etc.), avant de le présenter dans un lieu culturel où le statut d’œuvre d’art lui est alors conféré. Source Wikipédia

    1/ Installez le ou les objets que vous avez apportés et éventuellement retravaillés, afin qu’ils deviennent tout autre.
    2/ Objets manufacturés, usinés, utilitaires, objets détournés, récupérés, recyclés, décalés, insolites, précieux, cassés ; les objets usuels perdent ici leur caractère utile. Expliquez en quoi votre proposition fait perdre la fonction initiale de l’objet pour lui donner cette nouvelle dimension.

    Objet(s)
    Anicheval d’Amandine et Colone sans soif (et non sans faim) de Doriane

    Références artistiques possibles :

    • Marcel DUCHAMP, In Advance of the Broken Arm (En prévision du bras cassé), 1915-1964, pelle à neige, bois et fer galvanisé, 132 x 35 cm
    • Bill WOODROW, Hoover Breakdown, 1979, aspirateur et pièces détachées
    • Jean-Luc VILMOUTH, Marteau sans maître, 1980, marteau inséré dans le mur d’exposition
    • Jeff KOONS, New Shelton Wet/Dry Doubledecker, 1981, aspirateurs, plexiglass et tubes fluorescents, 245,4 x 71,1 x 71,1 cm
    • Tony CRAGG, Blue Horn, 1982, installation, objets trouvés bleus, 175 x 360 x 470 cm
    • John ARMLEDER, Furniture Sculpture 189, 1988, acrylique sur toile et batterie muette, 110 x 270 cm (toile), 91 x 86 x 66 cm (batterie) (œuvre en bandeau)
    • Daniel FIRMAN, Gathering, 2000, mannequin et divers objets en plastique
    • Bertrand LAVIER, La Bocca/Bosch, 2005, canapé sur congélateur, 85 x 212 x 87 cm (canapé), 86 x 157 x 70 cm (congélateur)
    Bertrand LAVIER, GIULIETTA, 1993, automobile accidentée sur socle, 166 x 420 x 142 cm

    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : l’objet comme matériau en art – les représentations et statuts de l’objet en art.
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Upgrade

    Upgrade

    Comment l’objet artistique peut-il naître de la présentation d’objets quotidiens ?

    Après avoir choisi un objet usuel et l’avoir éventuellement modifié, vous proposerez un dispositif de présentation qui changera son statut de simple objet en objet artistique.

    Références artistiques possibles :

    • Marcel DUCHAMP, Foutain, 1917, céramique signée R. Mutt, 61 x 36 x 48 cm, Musée d’art moderne de San Francisco
    • André KERTESZ, La fourchette, photographie, 1923
    • Joseph CORNELL, Pharmacy, 1943, bois, papier imprimé, feuilles de métal coloré, soufre, plumes, coquillage, ailes de papillon, feuille d’aluminium, fil de cuivre, fruit, eau, peinture d’or, liège, feuilles séchées et objets trouvés, 38,7 x 30,5 x 7,9 cm
    • CÉSAR, Dauphine, 1959-1970, compression de voiture de couleur rouge vermillon sur socle auto portant, tôle compressée, MAMAC, Nice
    • ARMAN, Home Sweet Home, 1960, accumulation de masques à gaz dans une boîte fermée par un plexiglas, 160 x 140,5 x 20 cm
    • Bertrand LAVIER, Mademoiselle Gauducheau, 1981, placards métalliques peints à l’acrylique, 195 x 91,5 x 50 cm
    • Tony CRAGG, Blue Bottle, 1982, matière plastique
    • Peter FISCHLI et David WEISS, The First Blush of Morning, 1984, photographie
    • Jean-Pierre RAYNAUD, Le Pot doré, 1985, polyester stratifié et acier traité recouvert de feuilles d’or, hauteur : 3,50 m et diamètre : 3,92 m, Fondation Cartier à Jouy-en-Josas
    • Patrick TOSANI, Talon réf 100-40, 1987, photographie couleur cibachrome, 216 x 120 cm


    Photographies de la série des Talons de Patrick Tosani au Musée de la photographie contemporaine à Milan, 2016

    Objet usuel : objet de la vie quotidienne qui est d’un usage courant
    Dispositif de présentation : ensemble des éléments contribuant à la l’exposition de l’œuvre, scénographie : accrochage, éclairage, socle, cartel, etc.
    Piédestal : support assez élevé qui forme le socle d’une statue, d’une colonne, d’un élément décoratif.
    Socle : base supportant une sculpture, une statue.
    Cartel : étiquette portant l’inscription qui identifie l’œuvre.
    Scénographie : art de la mise en espace, technique liée à la mise en scène.

    Dans le domaine de l’art, le terme anglais ready-made fut utilisé pour la première fois par Marcel Duchamp, en janvier 19162, lors de son premier séjour à New York, pour désigner certaines de ses œuvres, réalisées depuis 1913. Cette année-là, Duchamp fixa sur un tabouret de cuisine une Roue de bicyclette, en même temps que, dans ses Notes, il exprimait ses doutes envers l’exercice de l’art au sens habituel du terme (« Peut-on faire des œuvres qui ne soient pas « d’art » ? »). En 1914, à Paris, Duchamp acheta un porte-bouteilles qu’il se contenta de signer. Cet objet est généralement considéré comme le premier véritable ready-made (Roue de bicyclette étant plutôt un assemblage).
    Les ready-mades soulèvent de très nombreuses questions. Par exemple, parce qu’ils n’ont pas été réalisés par l’artiste, ils rendent problématique un certain nombre de concepts, voire de certitudes, concernant la définition de l’art et le rôle de l’artiste, et plus spécifiquement les notions d’original, de savoir-faire, de virtuosité et d’œuvre.
    À partir de la fin des années 1950, certaines implications et interprétations des ready-mades ont donné une impulsion décisive à une grande partie des pratiques artistiques actuelles, qu’elles s’en réclament (comme l’art conceptuel) ou, au contraire, pour s’en défendre.
    L’idée du ready-made est évidemment la principale contribution de Marcel Duchamp à l’art du xxe siècle. Il en était d’ailleurs conscient, déclarant dans un entretien en 1962 : « Je ne suis pas du tout sûr que le concept de ready-made ne soit pas vraiment l’idée la plus importante qui ressorte de mon œuvre. »
    Source Wikipédia


    *Photographie mise en avant de Karolina Grabowska – pexels.com