Étiquette : Polyptyque

  • Une histoire surprenante

    Une histoire surprenante

    À partir de 5 photographies, réalisez une narration visuelle cohérente dans laquelle vous surprendrez votre spectateur.

    Vous réaliserez votre projet sous la forme d’un polyptyque, plus précisément sous la forme de 5 panneaux, de 5 cadres.

    Questions

    En quoi la volonté de raconter une histoire – quel que soit le médium – induit-elle une organisation, une syntaxe, des codes ? Comment votre intention initiale devient-elle lisible aux yeux du spectateur ? Le polyptyque photographique propose-t-il de lui-même un ordre de lecture ?

    Méthodologie

    1. Écrivez le pitch de votre histoire. La chute doit être surprenante.
    2. Dessinez sous forme de croquis un story-board sommaire.
    3. À l’aide d’ un iPad, vous réaliserez les photographies au sein du collège, à moins que vous ne les ayez apportées sur une clé USB, mais attention, vos prises de vue anticiperont une cohérence plastique ou thématique afin d’instaurer un dialogue, de tisser un lien narratif lors du rapprochement des deux images.
    4. Vous partagerez vos 5 photos non retouchées sur 5 tablettes que vous disposerez sur le mur de la classe, afin de créer le polyptyque.
    5. Pour finir et faciliter l’évaluation, vous réunirez les prises de vue sur une unique planche en utilisant les applications PicFrame ou ComicBook! .

    Références artistiques possibles

    • Jan Van EYCK, Les Époux Arnolfini, 1434, huile sur panneau de chêne, 82,2 x 60 cm
    • Piero della FRANCESCA (1412-1492), Double portrait des ducs d’Urbino, vers 1473, tempera et
    • huile sur bois, 47 x 33 cm, Musée des Offices, Florence
    • Diego VELASQUEZ, Les Ménines, 1657, huile sur toile, 320 x 276 cm
    • James ROSENQUIST, President Elect, 1960-1961, huile sur isorel, 228 x 366 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Duane MICHALS, Things are queer, suite de neuf photographies, 1973.
      Les jeux entre les espaces perçus et les changements d’échelle lors de la lecture des différentes images font perdre les repères au spectateur, plaçant le spectateur en face des contradictions entre ce qui est vu et ce qu’il pense voir.
    • Mac ADAMS, The Mysteries, 1973-1980, série photographique. http://www.macadamsstudio.com
    • Anna et Bernhard BLUME, Kitchen Frenzy, 1986, 5 photographies, 170 x 108 cm, MoMA, NY
    • Bill VIOLA, Catherine’s Room, 2001, vidéo, cinq moniteurs, 38 x 246 x 57 cm, Tate, Londres.
      Les cinq écrans affichent différents moments de la journée – matin, après-midi, coucher du soleil, soir et nuit. Chaque scène montre la protagoniste féminine à une tâche différente, des exercices de yoga le matin à l’allumage de bougies le soir et enfin aller au lit. Dans chaque scène, l’arbre à l’extérieur de la fenêtre est montré à différentes étapes de son cycle annuel, plaçant la routine de la femme dans le contexte plus large des cycles de la nature. L’œuvre est basée sur une prédelle de l’artiste du XIVe siècle Andrea di Bartolo.

    Questionnement(s)

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Vue de Catherine’s Room de Bill VIOLA

  • Vision(s) de l’Apocalypse

    Vision(s) de l’Apocalypse

    Le calendrier maya prétendait que la fin du monde serait pour le 21 décembre 2012… Dix ans après, cette date est tombée dans l’oubli. Pourtant, l’homme rêve toujours sa fin dans diverses apocalypses et les artistes tentent de représenter cette image ultime du monde.

    Et vous, quelle serait votre vision apocalyptique de la fin des temps ?

    Comment aujourd’hui représenteriez-vous l’Apocalypse ? Quelles visions révélerait l’ouverture des Sept Sceaux ? Qui seraient les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse ? Que déclencherait le son des sept Trompettes de l’Apocalypse ? Comment serait la Bête ?

    Étymologiquement, le mot « apocalypse » signifie « dévoilement » ou, dans le vocabulaire religieux, « révélation ». Le terme s’est chargé au fil des siècles d’une série de connotations et de travestissements qui l’ont éloigné de son sens d’origine pour souvent évoquer une catastrophe massive et violente.


    Réalisez un polyptyque qui traduira votre vision contemporaine et personnelle de l’Apocalypse.

    #apocalypse #catastrophe #fin

    Vous vous appuierez sur vos lectures, vos recherches (ex : Rapport du GIEC d’avril 2022) et sur le corpus d’œuvres pour votre création.

    Ces quelques films pourraient vous inspirer :

    • Don’t look up (2021) d’Adam McKay
    • Mad Max: Fury Road (2015) de George Miller
    • Interstellar (2014) de Christopher Nolan
    • Snowpiercer (2013) de Bong Joon Ho d’après la BD Le Transperceneige (1982) de Jacques Lob (scénario) et Jean-Marc Rochette (dessin)
    • 2012 (2009) de Roland Emmerich
    • La Guerre des mondes (2005) de Steven Spielberg d’après le roman The War of the Worlds (1898) de H.G. Wells
    • L’armée des 12 singes (1996) de Terry Gilliam d’après le film expérimental La Jetée (1962) de Chris Marker
    • Terminator (1985) de James Cameron
    • Soleil vert (1974) de Richard Fleischer d’après le roman Make Room! Make Room! (1966) de Harry Harrison
    • La nuit des morts-vivants (1968) de George A. Romero

    Pour réussir votre polyptyque, la compartimentation de vos images s’appuiera sur la notion d’articulation plastique et mettra en évidence les relations assurant la cohérence entre les différents panneaux dont vous choisirez forme (s) et format(s).

    Définitions

    • Diptyque : tableau composé de deux panneaux pouvant ou non se rabattre.
    • Triptyque : ouvrage de trois panneaux mobiles fixés les uns aux autres et superposables.
    • Polyptyque : tableau formé par un ensemble de panneaux (peints ou sculptés) liés entre eux.
    • Retable : partie verticale qui porte des décors peints ou sculptés en arrière de la table d’autel d’un édifice religieux.

    Références artistiques possibles

    • Le Jugement dernier, tympan de la cathédrale d’Autun, 12e siècle
    • La tenture de l’Apocalypse (1373–1382) est une représentation de l’Apocalypse de Jean réalisée à la fin du 14e siècle sur commande du duc Louis Ier d’Anjou. Cette œuvre est le plus important ensemble de tapisseries médiévales subsistant au monde. L’ensemble, composé de six pièces successives découpées chacune en quatorze tableaux, est exécuté d’après des cartons de Hennequin de Bruges et témoigne du prestige de son commanditaire. La tenture est léguée à la cathédrale d’Angers au 15e siècle par le roi René.
      Avant son démantèlement, la tenture mesure environ cent-quarante mètres de long et six mètres de haut, et couvre une surface totale de 850 m2. Elle se compose de six pièces, ou tableaux, mesurant chacun vingt et un mètres de long. Aujourd’hui, seuls cent quatre mètres ont pu être récupérés et sont actuellement exposés, le sixième tableau étant le plus incomplet.
      Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tenture_de_l’Apocalypse
    • Jan VAN ECK, Diptyque de la Crucifixion et du Jugement dernier, 1420-1430, huile sur toile transférée sur bois, 56,5 x 19;7 cm, Metropolitan Museum of Art, NY.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Diptyque_de_la_Crucifixion_et_du_Jugement_dernier
    • Rogier VAN DER WEYDEN, Le retable du jugement dernier, 1445-1449, retable polyptyque recto verso, peinture à l’huile sur bois, 220 x 548 cm, Hospices de Beaune
    • Jérôme BOSCH, Le Jugement dernier, 1482, triptyque, peinture à l’huile sur panneau, 163,7 x 274 cm, Académie de Beaux-arts de Vienne, Autriche.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jugement_dernier_(Bosch,_Vienne)
    • Albrecht DÜRER, Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, série de gravures sur bois L’Apocalypse, 1497–1498
    • MICHEL-ANGE, Le Jugement Dernier, 1536–1541, plafond de la Chapelle Sixtine, Vatican. Après l’Apocalypse vient le Jugement Dernier, où « les morts sont jugés selon leurs œuvres ». Sa représentation la plus célèbre dans l’art chrétien (ce moment ultime est également présent dans les religions juive et musulmane) est sans doute celle peinte par Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine.
    Le Triomphe de la mort de Pieter Bruegel l’Ancien
    • Pieter BRUEGEL l’Ancien, Le Triomphe de la Mort, 1562, Musée du Prado, Madrid
    • John MARTIN, The Great Day of His Wrath, 1853, Tate Britain, Londres
    • William BLAKE, Le Grand Dragon et la Bête de la mer, série Le Grand Dragon rouge, aquarelle, 1805–1810, National Gallery, Washington
    • Arnold BÖCKLIN, La Peste, 1898, Kunstmuseum, Bâle
    • Otto DIX, Triptyque de la Guerre, 1932, Staatliche Kunstsammlungen, Dresde
    • André MARTINS DE BARROS, Apocalypse, 1942, huile sur toile, 61 x 46 cm
    • Jake et Dinos CHAPMAN, Fucking Hell, 2008, collection François Pinault
    • Dustin YELLIN, Ten Parts, 2016, verre, collage, acrylique, résine, acier, 216 x 622 x 43 cm
    2012, film catastrophe de Roland EMMERICH de 2009

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Portefolio 187, Augsburger Wunderzeichenbuch, c. 1550 (en bandeau)

  • Polyptyque numérique

    Polyptyque numérique

    « Séparé·e mais relié·e »

    #polyptyquenumérique #écran #smartphone

    Dans le cadre de l’EPI Smartphone, (r)évolution, vous présenterez un polyptyque numérique (inspiré par, et non calqué sur, les documents fournis) en vous appuyant sur la notion d’articulation plastique et vous mettrez en évidence les relations assurant la cohérence entre les différents écrans des smartphones nécessairement utilisés.

    Définitions

    • Diptyque : tableau composé de deux panneaux pouvant ou non se rabattre.
    • Triptyque : ouvrage de trois panneaux mobiles fixés les uns aux autres et superposables.
    • Polyptyque : tableau formé par un ensemble de panneaux (peints ou sculptés) liés entre eux. 
    • Retable : partie verticale qui porte des décors peints ou sculptés en arrière de la table d’autel d’un édifice religieux.
    • Écran : Étymologie. 1. a) Dernier quart du 13e siècle,  escren – panneau servant à se garantir de l’ardeur d’un foyer ; b) 1538 – tout objet interposé qui dissimule ou protège ; 2. 1857 – châssis tendu de toile dont se servent les peintres pour voiler un excès de lumière ; 3. 1859, optique – tableau blanc sur lequel l’image d’un objet est projetée ; 4. 1895, emprunt au mot néerlandais scherm paravent

    Références

    « La juxtaposition de deux fragments de film ressemble plus à leur produit qu’à leur somme. »
    _ Sergueï EISENSTEIN, Hors-cadre, postface au Cinéma japonais de Nikolaï Kaufman, février 1929 ; Le principe cinématographique et la peinture japonaise, 1930, Les Cahiers de l’Art

    Matthias GRÜNEWALD, Le retable d’Issenheim, tempera et huile sur bois de tilleul, 1512 et 1516,
    Musée Unterlinden, Colmar

    Le retable d’Issenheim, consacré à Saint Antoine, provient du couvent des Antonins à Issenheim, au sud de Colmar, où il ornait le maître-autel de l’église de la préceptorerie. Il est l’œuvre de deux grands maîtres allemands du gothique tardif : le peintre Matthias Grünewald, dont il constitue le chef-d’œuvre, pour les panneaux peints (1512-1516) et Nicolas de Haguenau pour la partie sculptée antérieure (autour de 1490).

    Le retable est constitué d’un ensemble de plusieurs panneaux peints qui s’articulent autour d’une caisse centrale composée de sculptures.

    Ce magnifique et monumental polyptyque se trouve aujourd’hui à Colmar, au musée Unterlinden dont il est la pièce maîtresse et qui lui doit sa renommée internationale. Il est exposé dans une ancienne église, aménagée pour le mettre particulièrement en valeur.

    Le retable d’Issenheim comporte des scènes d’une intensité dramatique peu commune, et tout à fait exceptionnelle pour son époque. Le fantastique n’en est pas exclu — ce qui rapprocherait Grünewald de Jérôme BOSCH — ni un maniérisme qui font de cet artiste un génie isolé et presque inclassable.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Retable_d’Issenheim
    https://www.musee-unterlinden.com/categorie_oeuvre/le-retable-dissenheim/

    President Elect

    James ROSENQUIST mit à profit dans son œuvre son savoir-faire de peintre publicitaire (: son sens de l’échelle, de la simplification et de l’impact propre aux images de grand format), profession qu’il exerça jusqu’au début des années 1960.

    James ROSENQUIST, President Elect, 1960-1961,
    huile sur isorel, 228 x 366 cm, Centre Pompidou, Paris

    Sa méthode, le montage de fragments figuratifs trouvés parmi l’environnement imprimé le plus quotidien, est largement intuitive et ne nécessite parfois même pas de mise au point préparatoire sur la toile. Il en va ainsi dans le cas de President Elect qu’il exécuta directement à partir du collage sommaire d’un détail d’affiche pour la campagne électorale de John F. Kennedy en 1960 et de deux réclames découpées dans Life, l’une datant de 1954 (pour un gâteau instantané), l’autre de 1949 (pour la nouvelle Chevrolet de cette année-là). De façon significative, Rosenquist transposa en couleur la photo en noir et blanc de Kennedy, et rendit en grisaille le gâteau originellement en couleur, comme si l’un et l’autre avaient échangé leur valeur. Hypothèse que confirment les propos désenchantés de l’intéressé : « Que mettre sur une publicité pour quelqu’un ? Allons donc pour son visage. Et sa promesse, c’était la moitié d’une Chevrolet et un morceau de gâteau rassis. »

    Source : extrait du catalogue Collection art contemporain – La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris, Centre Pompidou, 2007

    Three Figures in a Room

    Titre trompeur que celui de ce triptyque, qui pourrait laisser entendre qu’il renvoie à la représentation de « trois personnages » dans une pièce, donnant ainsi à la scène une dimension narrative. Les trois personnages ne font qu’un. Il s’agit de George Dyer.

    Francis BACON, Three Figures in a Room (Trois personnages dans une pièce), 1964,
    huile sur toile, 198 x 441 cm, Centre Pompidou, Paris

    En 1953, avec Three Studies of the Human Head, le triptyque se voit assigner une nouvelle fonction de nature analytique : une mission d’« étude ». Ainsi, il permet la décomposition d’une image perçue selon des angles différents. Dès lors, les trente triptyques peints par Francis Bacon se divisent entre ceux qui restent fidèles à une forme de narration (Tritych Inspired by T. S. Eliot , 1967 ; Triptych in Memory of George Dyer, 1971) et ceux – parmi lesquels la plupart des triptyques de petit format – qui déploient l’image diffractée d’une figure (Three Studies for Portrait of Lucian Freud, 1965 ; Triptych – Studies for the Human Body, 1970). Ces « études » peuvent être vues comme une tentative de redonner poids et consistance à des figures que leur représentation tend à réduire à leur être pictural et pelliculaire.

    Source : extrait du catalogue Collection art moderne – La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris, Centre Pompidou, 2007

    Sculpture

    Pascal KERN mêle les possibilités offertes par la peinture, au moyen d’une pratique photographique, dans l’élaboration d’une œuvre exclusivement orientée vers la problématique du volume et de sa représentation dans l’espace.

    Pascal KERN, Sculpture, 1994, diptyque, tirages Cibachrome, encadrement bois

    À l’aide d’images photographiques étonnamment frontales, sans arrière-plan, marquées par une saturation extrême, il interroge le champ sculptural autour de ses éléments constitutifs essentiels de plein et de creux, de profondeur et de planéité, de masse et de couleur. Il choisit des matrices ou des moules industriels récupérés ; il les photographie à la chambre, la prise de vue s’effectuant systématiquement à l’échelle 1/1. Le tirage ne faisant ensuite l’objet d’aucune intervention de l’artiste est encadré avec le matériau dont est constitué le sujet (bois si l’objet est en bois, bronze s’il est en bronze…), le cadre perdant alors sa fonction première pour devenir élément à part entière de l’œuvre.

    La présentation sous la forme de polyptyque est paradoxalement mise au service d’une réflexion sur la sculpture. Pascal Kern perçoit le moule comme sculpture potentielle, à l’état de latence. Le plein du moule suggère le vide qu’occupera l’objet moulé ; son vide suggérant, à l’inverse, le plein de cet objet en devenir.

    Par la permanence du retournement de la forme, par l’omniprésence de l’empreinte, du moule, du négatif et du positif, le photographe est un sculpteur, un sculpteur du sens plus que de la matière, qui met à profit la séduction des images et les divers héritages légués par l’histoire.

    Source : dossier pédagogique Collection du FRAC Auvergne | CNAP | Musée d’Art et d’Archéologie d’Aurillac, 2016

    Concatenation

    Après l’Académie des Beaux-Arts, Donato SANSONE a fréquenté le Centre expérimental de la Cinématographie de Turin. Il a commencé par la vidéo, avec un intérêt particulier pour la logique de l’animation appliquée à la réalité, toujours entre animation et prise de vue réelle avec une tendance à lier son travail à la vidéo d’art.

    Durant ses années à l’Animation School, il teste les différents potentiels de l’ordinateur afin d’effectuer de réelles manipulations en composition. Il n’avait jamais rien fait de tel avant.

    Donato SANSONE, Concatenation – Super Slowmotion, animation, 1 min, 2020

    Depuis, il a réalisé différents projets comme des clips musicaux, des courts métrages, des pubs, des performances… Notamment le très court-métrage Concatenation* en 2020 où il montre une impressionnante réaction en chaîne** où chaque seconde semble mener directement à la suivante. Le montage de cette vidéo expérimentale coud à la perfection les images apparemment déconnectées comme s’il s’agissait d’un seul plan. Pour rendre le collage « réaliste », l’artiste fait un choix judicieux de la juxtaposition des images et un travail remarquable du son qui donne une texture tactile toute particulière à ce que vous regardez.

    * Concaténation : enchaînement des idées, des causes et des effets, des éléments d’une suite.
    ** Une machine de Rube Goldberg est une machine qui réalise une tâche simple d’une manière délibérément complexe à l’aide d’une réaction en chaine. Elle tire son nom du dessinateur américain Rube Goldberg.

    Autres références



    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    Gali May LUCAS et Karoline HINZ, Absorbed by Light, 2019.
    Installation réalisée pour le Amsterdam Light Festival.