Étiquette : Performance

  • Mon corps et rien d’autre… ou presque

    Mon corps et rien d’autre… ou presque

    Proposez une création centrée sur votre corps : votre corps sera le matériau de la production, tout en intégrant l’espace ou le contexte comme partie prenante de la réalisation.

    #corps #performance #event #body-art

    Questions

    Pourquoi l’auteur fait-il de son corps un médium artistique ? Comment l’artiste pourrait-il l’utiliser ? Dans quelles limites le corps de l’artiste doit-il être actif dans une production plastique ?

    Références possibles

    • GILBERT & GEORGE, The singing sculpture, 1970, performance, galerie Sonnabend à New-York, USA
      Les artistes debout, généralement sur une table, entonnent en playback une chanson populaire connue durant la Seconde Guerre mondiale. Leur visage est peint. Un gant et une canne constituent les accessoires qu’ils s’échangent à la fin de la chanson. Cette œuvre définira les bases de leur vie comme sculpture vivante. Elle permet aux élèves de comprendre l’un des principes de la performance : être dans le même espace, à un instant donné, pour être témoin de l’œuvre en train de se faire. Le corps de l’artiste devient un langage artistique, les limites entre l’art et la vie disparaissent
    • Dennis OPPENHEIM, Parallel stress, mai 1970, deux performances, sur une jetée de béton et sur le sol d’un dépotoir abandonné, Long Island, New York
    • ORLAN, Action ORLAN-CORPS – Le Baiser de l’artiste, performance, 1977

    • Liu BOLIN, Hiding in New York (série), série de photographies, 2011
    • Erwin WURM, One Minute Sculptures, performances, série de photographies, 1997 – 1998
      Erwin Wurm s’est d’abord fait connaître, dans les années 1990, pour son utilisation du vêtement, présenté de façon isolée ou en association avec le corps, selon des configurations inédites et absurdes. Étiré, porté à contresens, superposé à l’excès, il offre autant de nouvelles propositions d’enveloppes pour le corps et suggère d’improbables morphologies. Dans les « One Minute Sculptures », des objets pris dans un environnement immédiat et des modèles faisant preuve d’une certaine « docilité » sont associés sans hiérarchie les uns aux autres ou à des éléments architecturaux (murs, sol…), en intérieur ou en extérieur, pour former autant de sculptures provisoires, reposant sur un équilibre précaire
    • Willi DORNER, Bodies in Urban Space, performances, série de photographies depuis 2004
      S’immiscer dans un interstice, embrasser une colonne, s’imbriquer dans un banc, faire corps avec une porte : Willi Dorner (chorégraphe autrichien) invente de surprenantes sculptures humaines qui transforment la ville en un terrain de jeu.

    Questionnement(s)

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la relation du corps à la production artistique : l’implication du corps de l’auteur ; la lisibilité du processus de production et de son déploiement dans le temps et dans l’espace : traces, performance, théâtralisation, événements, œuvres éphémères, captations, etc.
    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public ; l’exploration des présentations des productions plastiques et des œuvres,
    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : le point de vue de l’auteur et du spectateur dans ses relations à l’espace, au temps de l’œuvre, à l’inscription de son corps dans la relation à l’œuvre ou dans l’œuvre achevée.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photographie de Dennis OPPENHEIM, 1970

  • Extension/ expansion corporelle

    Extension/ expansion corporelle

    Réalisez pour votre corps une extension/ expansion artistique qui obligera le spectateur à s’interroger sur les notions de limite et de dépassement.

    #prothèse #extension #expansion

    Vous présenterez votre réalisation sous la forme d’un défilé.

    Question

    Dans quelle mesure une production artistique peut-elle s’adresser au corps du spectateur ? Le corps de l’artiste peut-il devenir artistique ? Le corps de l’artiste peut-il faire œuvre ?

    Objectifs

    Les objectifs de la séquence sont d’amener les élèves à :

    • comprendre que le corps et la gestuelle de l’auteur sont des signifiants de l’œuvre
    • saisir que le corps de l’artiste peut être un matériau parmi d’autres
    • comprendre que l’espace de présentation est une partie intégrante de l’œuvre et que la place du spectateur devient décisive dans la perception de cette dernière

    Références artistiques possibles

    • Raoul HAUSMANN, L’esprit de notre temps – Tête mécanique, 1920, assemblage, bois et matériaux divers, 32,5 × 21 × 20 cm, MNAM, Paris
    • Piero MANZONI, Magic Base, 1961, bois, feutre et métal, 61 × 79,5 × 79,5 cm
    • Rebecca HORN, Finger Gloves, 1972 ; Pencil Mask, 1972 ; Mechanical Bodyfan, 1973–1974. Après avoir réalisé un ensemble de performances et d’objets en relation au corps, Rebecca Horn construit des machines animées. Son travail mêle allusions littéraires (à Joyce, Beckett ou Willy) et références métaphysiques ou cinématographiques, autobiographiques.
    • Jesús Rafael SOTO, Pénétrables BBL Bleu, 1999, installation, métal, PVC, 400 × 450 × 600 cm
    • Erwin WURM, The Artist who swallowed the world when it was still a disc, 2006, sculpture, résine synthétique, textile, 190 × 140 × 140 cm
    • STELARC, The Third Hand and Extended Arm, 1976-1981, prothèse robotique ; Extra Ear, 2007, implant
    • Michael BURTON et Michiko NITTA, Algaculture, 2010, projet de symbiose entre humain et algues
    • Sun YUAN et Peng YU, Can’t Help Myself, 2016, robot industriel, acier inoxydable et caoutchouc, éther de cellulose dans de l’eau colorée, grille d’éclairage avec capteurs de reconnaissance visuelle et paroi en polycarbonate avec cadre en aluminium, dimensions variables, Solomon R. Guggenheim Museum, NY
    • Heather HANSEN, DrawnInward, 2019, performance, Ochi Gallery Los Angeles

    Questionnement(s)

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • la transformation de la matière : la réalité concrète d’une œuvre ou d’une production plastique ; le pouvoir de représentation ou de signification de la réalité physique globale de l’œuvre
    • l’objet comme matériau en art : la transformation, les détournements des objets dans une intention artistique ; la sublimation, la citation, les effets de décontextualisation et de recontextualisation des objets dans une démarche artistique
    • les représentations et statuts de l’objet en art : la place de l’objet non artistique dans l’art.

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la relation du corps à la production artistique : l’implication du corps de l’auteur ; la lisibilité du processus de production et de son déploiement dans le temps et dans l’espace : traces, performance, théâtralisation, événements, œuvres éphémères, captations, etc.
    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : le rapport d’échelle, l’in situ, les dispositifs de présentation, la dimension éphémère, l’espace public ; l’exploration des présentations des productions plastiques et des œuvres
    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : les rapports entre l’espace perçu, ressenti et l’espace représenté ou construit .

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Vue de l’installation Can’t Help Myself de Sun YUAN et Peng YU, Musée Guggenheim, NY, 2016

  • Corps, vidéo et performance

    Corps, vidéo et performance

    La performance offre un mode d’expression artistique de l’art contemporain, une pratique critique, où l’action réalisée en public par l’artiste constitue l’œuvre.

    S’y croisent de nombreux domaines artistiques : la danse et la chorégraphie, la musique et les pratiques sonores, le langage du geste construit par toutes les possibilités du corps, les dispositifs ouverts d’installations participatives ou immersifs, plaçant au cœur de l’œuvre l’expérience du spectateur.

    Selon les historiens, la performance puise ses racines dans les rituels ancestraux. Plus officiellement, elle s’est construite avec les œuvres du musicien John CAGE, les manifestes des futuristes Italiens et les représentations des dadaïstes (début du 20e siècle), ainsi que les œuvres immatérielles du mouvement Gutaï (Japon), la poésie sonore, les happenings d’Allan KAPROV et les femmes-pinceaux d’Yves KLEIN (fin 1950-début 1960) et les sculptures vivantes de Piero MANZONI (1960-1961).

    Demande

    Réalisez la captation vidéo d’une performance n’excédant pas 55 secondes. Cette dernière répondra à une mise en scène précise interrogeant le geste artistique.

    #vidéo #performance

    Objectifs

    Les objectifs de la séquence sont d’amener les élèves à :

    • comprendre les enjeux et mettre en œuvre les principes élémentaires de la performance
    • expérimenter la vidéo en posant la question du geste artistique, du point de vue de ce qui le motive, de son processus et de sa résultante

    Séance #1

    Échauffement

    1. Choisissez une locution imagée (idiomatique) utilisant de préférence un terme appartenant au champ lexical des arts plastiques (: sortir du cadre, brosser le tableau, mettre en abyme, prendre la pose…)
    2. Définissez-en le sens littéral
    3. Proposez une mise en images (: croquis) du sens défini
    4. Adaptez le projet dessiné à une forme vidéographique d’un unique plan séquence.
    5. Réalisez le storyboard, prévoir la mise en scène, les accessoires, etc.
    6. Expérimentez l’espace, répéter le jeu d’acteur du performeur
    7. Captez la performance

    Séance #2 et #3

    Réalisation de la captation de la performance interrogeant le geste artistique

    1. Choisissez, analysez et définissez votre geste artistique du point de vue sémantique, social, culturel, iconique, symbolique (carte mentale ou brainstorming)
    2. Réalisez des croquis qui vous serviront de support à la mise en scène
    3. Listez le matériel et les accessoires nécessaires à la réalisation de votre performance
    4. Répétez, améliorez votre jeu d’acteur du ou des performeurs
    5. Le jour J, organisez-vous pour la captation de la performance et ne vous précipitez pas.
    6. Prenez soin à la qualité de l’image (cadrage, mise au point, lumière, etc.) et faites attention aux éléments parasites (bruit, bougé, changement de luminosité, etc.)

    Références artistiques possibles

    • Vito ACCONCI, 3 Adaptation Studies (Blindfolded catching, Hand and Mouth, Soap and Eyes), 1970, films en super-8, noir et blanc, 3 min chacun, Coll. MACBA, Barcelone. Dans Three Adaptation Studies, Vito ACCONCI résiste physiquement à trois situations simples, mais inconfortables. Dans le premier film, l’artiste, les yeux bandés, tente d’esquiver une série de balles qui lui sont lancées. Dans le second, il essaie de garder les yeux grands ouverts alors que son visage est recouvert de savon. Et dans le troisième, il essaie d’insérer tout son poing dans sa bouche. Par ces actions impliquant une certaine adversité, il impose aux spectateurs la réaction des sens et du corps.
    • Peter CAMPUS, Three Transitions, 1973, vidéo, 4 min 53, Coll. MoMA. Lien vers Trois transitions – MoMA
    • Mona HATOUM, Performance Still, 1985, 1995, performance, photographie, tirage argentique à la gélatine sur papier, monté sur aluminium, 76 x 113 cm (détail en bandeau), Coll. Tate, Londres. L’artiste s’est fait connaître au début des années 1980 pour une série de performances et de vidéos qui utilisaient son propre corps comme lieu pour explorer la fragilité et la force de la condition humaine sous la contrainte. Performance Still enregistre l’une des trois performances de rue que Mona Hatoum a réalisées à Brixton pour l’exposition Roadworks organisée en 1985. La performance consistait en l’artiste marchant pieds nus dans les rues de Brixton pendant près d’une heure, avec des bottes Doc Marten attachées à ses chevilles par leurs lacets.
    • Pipilotti RIST, I’m not The Girl Who Misses Much, 1986, vidéo, 5 min. Cette vidéo pose les bases des recherches formelles de l’artiste : la combinaison de la musique et de l’image, la manipulation de la bande, l’utilisation des défauts de la vidéo, le montage serré, la dérision… Pour cette vidéo, l’artiste en plan serré et flou s’agite plus rapidement que la normale et chante d’une manière obsessionnelle, jusqu’à l’épuisement, les paroles de la chanson des Beatles Happiness Is a Warm Gun, écrite par John Lennon. Comme dans toutes les œuvres vidéo qui vont suivre, l’artiste ignore toute construction narrative au profit d’un travail plastique de l’image et de recherches sonores plus ou moins dissonantes.
    • Bruce NAUMAN, Anthro/socio, 1992, installation vidéo. Sur trois surfaces de projection et six moniteurs, la tête d’un homme est montrée dans différentes prises. Tout en tournant continuellement autour de son propre axe, dans une variété de tonalités, elle chante « Feed me, eat me, anthropology », « Help me, hurt me, sociology » et « Feed me, help me, eat me, hurt me ».
    • Bill VIOLA, The Greeting, 1995, installation vidéo inspirée de la Visitation du peintre maniériste Jacopo da PONTORMO, 10 min (temps réel dilaté 45 s)
    • Stephanie SMITH/ Edward STEWART, Mouth to Mouth, 1995, vidéo, Coll. Tate, Londres. Mouth to Mouth est une courte vidéo en noir et blanc illustrant une action répétée mise en scène par les artistes, Stephanie Smith et Edward Stewart. La vidéo de deux minutes et demie est bouclée et affichée sur un petit moniteur. La vidéo montre un homme, Edward Stewart, portant une chemise et un pantalon et allongé dans une baignoire sous l’eau. Alors qu’il relâche bruyamment son souffle et que des bulles remontent à la surface de l’eau, une femme, Stephanie Smith, se penche sur lui dans le cadre de la caméra et lui insuffle l’air de ses propres poumons. Elle se retire; il reste immobile en retenant son souffle…

    Questionnement(s)

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production – les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • One minute sculptures

    One minute sculptures

    L’œuvre One Minute Sculptures* d’Erwin WURM devient pour vous un challenge.

    Associez une personne et un ou plusieurs objets courants (quotidiens) placés dans une position surprenante pour une durée extrêmement limitée dans le temps (1 min). 
    Seule subsistera de cette action immobile, qui n’a duré qu’un instant, son image photographique.

    #One Minute Sculptures #performance #sculpture
    Elina BROTHERUS, One Minute Sculpture with Erwin Wurm, 2017, photographie

    À propos des One Minute Sculptures

    Qu’est-ce qu’une sculpture ? Qu’est-ce qu’une œuvre plastique ?

    Souvent ces catégories fondamentales des arts s’utilisent de façon synonyme, alors même qu’elles obéissent à un processus de création différent et différence que nous retrouvons dans leur étymologie. Le grec plastos signifie en effet modelé, mis en forme, tandis que le latin sculptum veut dire taillé, ciselé. L’œuvre plastique apparaît donc d’un procédé de mise en forme par addition, alors que la sculpture d’un acte de soustraction.

    Cette question de la définition est éminemment présente dans l’œuvre One Minute Sculptures d’Erwin Wurm dans la mesure où il travaille à un élargissement de la notion de sculpture et il la confronte à la performance et interroge le volume par delà les formes.

    One Minute Sculptures associent donc une personne et un objet courant dans une position éphémère, et dont l’existence ne doit d’excéder une minute avant de se décomposer et disparaître. Seule subsiste, fait inhabituel pour une sculpture, son image enregistrée. Ces images de situations absurdes suscitent à la fois l’humour et l’autodérision. En dénonçant malicieusement notre quotidien, Erwin Wurm rappelle la contingence de l’existence humaine. 

    À la différence de ce travail, la vidéo One Minute Sculptures montre la genèse de l’œuvre et documente le processus qui mène à cette immobilisation d’une minute, ou à son échec. Ces positions étant en partie périlleuses, voire acrobatiques et même sportives, il est presque vain d’escompter qu’elles puissent être tenues plus d’une minute. C’est pourquoi il peut arriver qu’une tentative de jongler avec les objets échoue en cours de route. Ces actions oscillent entre le succès et l’échec, entre le geste quotidien et la parodie d’une fonction qu’il a perdue, entre l’art et le banal, le vulnérable et l’éphémère. 

    L’instabilité de la position prise pour ses One Minute Sculptures fait naître une tension et apporte un dynamisme à ce qui est en réalité une brève immobilisation. Fasciné par le côté insolite de cette pose, mais sachant également qu’elle ne peut être que de courte durée, le spectateur peut aussitôt, s’embarquer dans la représentation d’une nouvelle sculpture, il est prêt pour le moment où le petit pain se coincera dans le chambranle de la porte, où les crayons et les boîtes de pellicules se planteront dans les orifices du visage, le nez, la bouche et les oreilles, et où un homme, les jambes étendues sur une étagère, s’appuiera sur deux balais. 

    Ces sculptures doivent elles aussi donner l’envie de faire la même chose. Dans certaines expositions, l’artiste invite le visiteur à expérimenter lui-même cette notion de sculpture en lui proposant un protocole – des instructions diverses, drôles et absurdes – et quelques objets incongrus – bananes, stylos ou tasses de thé… Dès lors qu’elles peuvent donner lieu à imitation et à une nouvelle exécution, ces œuvres rendent obsolète la notion d’original.

    One Minute Sculptures

    Références artistiques

    • George SEGAL, Movie House (Entrée de cinéma), 1966-1967, plâtre, bois, plexiglas, lampes électriques, 259 x 376 x 370 cm, Collection du Centre Pompidou, Musée National d’Art Moderne, Paris
    • GILBERT & GEORGE, The Singing Sculpture, 1970, performance, galerie Sonnabend à New-York, USA
    • Marina ABRAMOVIĆ et ULAY, Nightsea Crossing/Conjunction, 1981-1987, série de 22 performances dans 19 endroits à travers le monde. Pendant les représentations, Abramović et Ulay étaient assis face à face silencieux et immobiles à chaque extrémité d’une table.
    • Erwin WURM, One Minute Sculptures, performances, série de photographies, 1997. En bandeau, photographie prise lors de la biennale de Venise 2017.
    Bodies in Urban Space, performance
    • Willi DORNER, Bodies in Urban Space, performances, série de photographies depuis 2004
    • Daniel FIRMAN, Raw, 2018, résine acrylique, mousse polyuréthane, acier, peinture acrylique, vêtements, objets divers, 224 x 131 x 146 cm. « Mes sculptures ne sont pas des arrêts sur image, mais plutôt des mises sur pause d’un moment de suspension qui est lié au mouvement. »
    Bodies in Urban Spaces, 2014, Bienne, Suisse

    Questionnement(s) :

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la mise en regard et en espace – la prise en compte du spectateur, de l’effet recherché.
    • Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets – l’espace en trois dimensions.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

    • Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

    • Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Art de la performance*

    Art de la performance*

    Alors que les termes performance et art de la performance sont largement utilisés dans les années 1970, l’histoire de la performance remonte aux productions futuristes et aux cabarets dada du début du siècle dernier.

    Tout au long du XXe siècle, la performance fut souvent considérée comme une façon non traditionnelle de faire de l’art. Le caractère vivant, le mouvement physique et l’impertinence des performances offrent alors aux artistes des alternatives à la permanence statique de la peinture et de la sculpture.

    Au cours de la période d’après-guerre, l’art de la performance se rapprocha de l’art conceptuel, en raison de sa nature souvent immatérielle.

    Aujourd’hui accepté, le terme peut être également utilisé pour décrire des œuvres d’art filmées, vidéo, photographiques et d’installation par lesquelles les actions des artistes, des artistes ou du public sont transmises.

    Enfin, la performance est comprise comme un moyen de s’attaquer directement à la réalité sociale, aux spécificités de l’espace et à la politique d’identité. En 2016, le théoricien Jonah Westerman a souligné que « la performance n’est pas (et n’a jamais été) un moyen, n’est pas quelque chose qu’une œuvre d’art peut être, mais plutôt une série de questions et de préoccupations sur la façon dont l’art se rapporte aux personnes et au monde social dans son ensemble ».

    What is Performance Art, Marina Abramović, MoMA, vidéo 1’55

    Glossaire (source Wikipédia) :

    • Body Art : ensemble de pratiques et de dispositifs qui placent le langage du corps au centre d’un travail artistique. Dans certains cas, l’artiste fait de son corps une œuvre d’art à part entière. Les concepts entre autres de performance, d’installation, de contextualisation nourrissent ces créations qui transforment profondément l’art contemporain à partir des années 1950.
    • Event : œuvre qui se caractérise par le fait que c’est le spectateur qui la constitue. L’artiste ou le groupe d’artistes dispose et utilise dans un lieu des objets, des peintures, mais aussi des sons, des films que le spectateur va s’approprier pour créer lui-même une œuvre.
    • Happening : performance (au sens anglais du mot : « représentation »), un événement ou une situation qui peuvent être considérés comme un art. Utilisé pour la première fois dans la langue française en 19641, ce substantif est emprunté à l’anglais (participe présent du verbe to happen : arriver, se produire). Une traduction possible serait une « intervention artistique ». Le happening se distingue de la performance par son caractère spontané et le fait qu’il exige la participation active du public, public qui n’est plus considéré tel quel, mais considéré comme intervenant.
    • Performance : action réalisée par l’artiste ou d’autres participants en direct ou enregistrée, spontanée ou scénariste.



    Yard, Allan KAPROW, 1961, environnement, exposition collective « Environments, situations, spaces », NY.

    De la définition du terme environnement, Kaprow reprend le sens littéral « ce qui entoure », et précise que « les choses qui le composent ne sont pas nécessairement organisées avec soin, pour établir une cohérence extérieure. Elles sont plutôt arrangées pour produire une interaction entre la personne qui est entourée et les choses qui l’entourent. » En rendant les éléments dynamiques par l’action du visiteur, l’environnement se présente comme une œuvre non figée, ouverte aux variations. Dans Yard, « les visiteurs étaient encouragés à marcher sur les pneus et à les jeter à leur guise. »

    Références artistiques :

    • Hugo BALL, Allan KAPROW, John CAGE, Yves KLEIN, Joseph BEUYS, Dennis OPPENHEIM, Marina ABRAMOVIĆ, Gina PANE, Chris BURDEN, GILBERT & GEORGE, Hannah WILKE, Yoko ONO, Matthew BARNEY, Maurizio CATTELAN, Vanessa BEECROFT

    ** Photogramme du bandeau : Rythme 0, Marina ABRAMOVIC, 1974, performance.

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  • Action ! Images, corps et mouvements

    Action ! Images, corps et mouvements

    Le corps à l’œuvre

    Disparaissant en tant qu’image, le corps devient perceptible sur la toile comme trace réelle de l’artiste à l’œuvre. Quittant le chevalet pour se poser au sol, ou se dressant à la verticale pour épouser l’espace du mur, la toile est le support d’une création qui repose sur le geste renvoyant à un corps unique, celui de l’artiste. Les Drippings de Pollock, qui marquent toute la génération de l’Expressionnisme abstrait, de De Kooning à Motherwell et à Kline, les tracés brouillés et griffés de Twombly, les empreintes du corps des modèles-pinceaux de Klein, ou celles du corps de l’artiste chez Penone, caractérisent cette nouvelle acception du corps dans l’art du XXe siècle.
    (source Centre Pompidou)

    Comment les mouvements du corps de l’auteur peuvent-ils faire œuvre ?

    Action : Dans l’art contemporain, l’ « action » assimile l’artiste à un « acteur ». Cette conception intervient également dans diverses formes de peinture gestuelle, et plus précisément l’expressionnisme abstrait. Déjà avant la Seconde Guerre mondiale, les futuristes, les dadaïstes et les surréalistes considéraient les actions dans les lieux publics comme des compléments naturels de leurs autres modes d’expression artistique.

    Happening : Forme d’action art proche du pop art qui se développe dans les années 1960 et vise à l’effacement de la frontière entre l’art et la vie de tous les jours, l’artiste et son public, organisant de grandes actions le plus souvent en plein air, dont le déroulement est indiqué dans son ensemble par l’artiste mais laisse place aux interprétations. Le happening ne comporte pas de répétition et n’a lieu en règle générale qu’une fois. Il se fonde sur la vue et le toucher. L’intégration du public est censée amorcer une transformation de ses habitudes visuelles et conceptuelles. Le terme provient des 18 happenings in 6 Parts organisés par Allan Kaprow en 1959 à New York.

    Performance : Le terme de performance emprunté à l’anglais — où il y a le sens du spectacle, représentation, sert aujourd’hui à désigner toutes les activités artistiques qui se déroulent devant un public et font intervenir la musique (art sonore), la danse, la poésie, le théâtre ou la vidéo, ou une quelconque combinaison de ces arts.

    Références artistiques possibles :

    • Jackson POLLOCK, Number 26 A, « Black and White », 1948, peinture glycérophtalique sur toile, 205×121,7 cm
    • Yves KLEIN, Anthropométrie de l’époque bleue (ANT 82), 1960, pigment pur et résine synthétique sur papier monté sur toile, 156,5×282,5 cm
    • GILBERT & GEORGE, The Singing Sculpture, 1970, performance
    • Arnulf RAINER, Müde Pose (Pose fatiguée), 1973, lavis d’encre de Chine, crayon gras et encre de couleur sur épreuve gélatino-argentique 47,2×59,5 cm
    • Joseph BEUYS, I like America and America likes me, 1974, performance
    • ORLAN, Le baiser de l’artiste, 1977 performance
    • Giuseppe PENONE, Souffle 6 [Soffio 6], 1978, terre cuite, 158x75x79 cm
    • Saburo MURAKAMI, Passage, 8 novembre 1994, reconstitution à Paris d’une performance de l’artiste réalisée à Tokyo en 1956 lors de la deuxième exposition Gutai. Sept châssis en bois recouverts sur chaque coté de feuilles de papier craft (14 feuilles) couvert de poudre d’or, 240×240 cm
    • Heather HANSEN, Live Performance at Ochi Gallery – The Value of a Line – group show. Dec. 31, 2013

    • Questionnements :
      L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production artistique – la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
      Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
      Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
      Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
    • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
      Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
      Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
      Prendre part au débat suscité par le fait artistique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Performances

    Performances


    Rebecca HORN, Pencil Mask, 1972, lanières de cuir, métal et crayons

    Fixé autour du visage, ce masque transforme la tête du porteur en instrument de dessin. Rebecca Horn en parle ainsi :
    « Tous les crayons ont environ deux pouces de long et reproduisent le profil de mon visage en trois dimensions… Je bouge mon corps de gauche à droite devant un mur blanc. Les crayons font des marques sur le mur, l’image correspond au rythme de mes mouvements. »
    Les crayons font de l’œuvre de Rebecca Horn, une œuvre menaçante. Cependant, ce masque est lié aux masques de plume de l’artiste – plumes qui ont également été une fois employées pour écrire.

    Utiliser son corps pour dessiner tel est l’approche de ses deux artistes américains : Heather HANSEN et de Tony ORRICO.

    Heather Hansen passionnée de danse chorégraphie ses dessins, série de motifs géométriques et symétriques dont les longues trainées de fusain sur le papier résultent d’un enregistrement permanent de ses mouvements physiques.


    Heather HANSEN, Live Performance at Ochi Gallery – The Value of a Line – group show.rnDec. 31, 2013

    → site : https://www.studioheatherhansen.com/
    → vidéos : https://vimeo.com/hhansen

    Quant à l’artiste Tony Orrico avec sa série Penwald Drawings, il se sert de son corps comme une forme de mesure. Effectuant une série de mouvements avec ses bras tendus créant ainsi des formes et des œuvres géométriques uniques tout en mettant l’accent sur une plus grande notion d’équilibre tout au long de la durée de ses dessins.

    → site : http://tonyorrico.com


    *Photographie mise en avant : Relation in time de Marina Abramović et Ulay