Étiquette : OBEY

  • They Live, We Sleep

    They Live, We Sleep

    They Live, We Sleep – extrait du film de John Carpenter, 1988

    They Live (Invasion Los Angeles, titre français) est un film de science-fiction de John Carpenter, d’après la nouvelle Les Fascinateurs (Eight O’Clock in the Morning) de Ray Faraday Nelson.
    Synopsis : John Nada parcourt les routes à la recherche de travail comme ouvrier sur les chantiers. Embauché à Los Angeles, il rejoint un bidonville où il va entrer en possession d’une paire de lunettes hors du commun. Elles permettent de voir la réalité telle qu’elle est : le monde est gouverné par des extra-terrestres.

    Après avoir visionné ce bref extrait de film — la scène où le héros utilise la première fois les lunettes — brièvement et collectivement commenté, concevez puis réalisez une maquette proposant une relecture de l’extrait en jouant sur la dichotomie* de la réalité et de l’illusion.
    Documentez numériquement votre réalisation.

    * Dichotomie : division qui marque l’opposition entre deux éléments.


    Références artistiques possibles

    Projection onto The Hirshhorn Museum, Washington D.C, Krzysztof Wodiczko, 1988
    Projection onto The Hirshhorn Museum, Washington D.C, Krzysztof Wodiczko, 1988

    Between Being Born and Dying, Barbara Kruger, 2009
    Between Being Born and Dying, Barbara Kruger, 2009

    Andre the Giant Has a Posse (André le géant a une bande de potes) est un mouvement Street art, crée par Frank Shepard Fairey en 1989, renommé OBEY Giant en 1998.
    OBEY Giant est né, comme une parodie de propagande associé à une parodie de la marque capitaliste. L’anecdote dit qu’il a été adopté en référence au panneau OBEY qui apparaît dans They Live, film de John Carpenter de 1988 (sorti en France sous le titre Invasion Los Angeles).

    OBEY
    OBEY
    OBEY Giant

    • Questionnement(s) :
      L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production artistique – la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
      Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
    • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
      Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • OBEY – The FIRST AIM OF PHENOMENOLOGY

    OBEY – The FIRST AIM OF PHENOMENOLOGY

    The OBEY sticker campaign can be explained as an experiment in Phenomenology. Heidegger describes Phenomenology as “the process of letting things manifest themselves.” Phenomenology attempts to enable people to see clearly something that is right before their eyes but obscured; things that are so taken for granted that they are muted by abstract observation.

    The FIRST AIM OF PHENOMENOLOGY is to reawaken a sense of wonder about one’s environment. The OBEY sticker attempts to stimulate curiosity and bring people to question both the sticker and their relationship with their surroundings. Because people are not used to seeing advertisements or propaganda for which the product or motive is not obvious, frequent and novel encounters with the sticker provoke thought and possible frustration, nevertheless revitalizing the viewer’s perception and attention to detail. The sticker has no meaning but exists only to cause people to react, to contemplate and search for meaning in the sticker. Because OBEY has no actual meaning, the various reactions and interpretations of those who view it reflect their personality and the nature of their sensibilities.

    Many people who are familiar with the sticker find the image itself amusing, recognizing it as nonsensical, and are able to derive straightforward visual pleasure without burdening themselves with an explanation. The PARANOID OR CONSERVATIVE VIEWER however may be confused by the sticker’s persistent presence and condemn it as an underground cult with subversive intentions. Many stickers have been peeled down by people who were annoyed by them, considering them an eye sore and an act of petty vandalism, which is ironic considering the number of commercial graphic images everyone in American society is assaulted with daily.

    Another phenomenon the sticker has brought to light is the trendy and CONSPICUOUSLY CONSUMPTIVE nature of many members of society. For those who have been surrounded by the sticker, its familiarity and cultural resonance is comforting and owning a sticker provides a souvenir or keepsake, a memento. People have often demanded the sticker merely because they have seen it everywhere and possessing a sticker provides a sense of belonging. The Giant sticker seems mostly to be embraced by those who are (or at least want to seem to be) rebellious. Even though these people may not know the meaning of the sticker, they enjoy its slightly disruptive underground quality and wish to contribute to the furthering of its humorous and absurd presence which seems to somehow be antiestablishment/societal convention. Giant stickers are both embraced and rejected, the reason behind which, upon examination reflects the psyche of the viewer. Whether the reaction be positive or negative, the stickers existence is worthy as long as it causes people to consider the details and meanings of their surroundings. In the name of fun and observation.

    La campagne d’autocollants OBEY peut être expliquée par une expérience en phénoménologie. Heidegger décrit la phénoménologie comme « le fait de laisser les choses se manifester par elles-mêmes ». La phénoménologie vise à rendre les gens capables de voir clairement ce qui est juste devant leurs yeux, mais masquer  les choses qui sont tellement prises pour acquises qu’elles sont voilées par l’observation abstraite.
    Le premier but de la phénoménologie est de réveiller le jugement de chacun sur son environnement. Le sticker OBEY cherche à stimuler la curiosité et à amener les gens à se questionner à la fois sur l’autocollant et sur leur relation avec leur environnement. Parce que les gens n’ont pas l’habitude de voir de la publicité ou de la propagande pour laquelle le produit ou le motif n’est pas évident, les rencontres fréquentes et nouvelles avec l’autocollant provoquent la réflexion et une frustration possible, néanmoins revitalisant la perception du spectateur et son attention pour le détail. Le sticker n’a pas de signification, mais existe uniquement pour pousser les gens à réagir, à contempler et chercher un sens dans l’autocollant. Parce qu’OBEY n’a pas de signification véritable, les diverses réactions et interprétations de ceux qui le voient reflètent leur personnalité et la nature de leurs sensibilités.
    Beaucoup de personnes qui connaissent le sticker trouvent l’image en elle-même amusante, la reconnaissant comme absurde, et sont capables d’en dégager un simple plaisir visuel sans s’encombrer avec des explications. Le paranoïaque ou conservateur qui verrait l’autocollant risque d’être confus par sa présence persistante et de le considérer comme issu d’une secte clandestine ayant des intentions révolutionnaires. Bon nombre d’autocollants ont été arrachés par des gens qui étaient dérangés par eux, les considérant comme une horreur et un acte de vandalisme insignifiant, ce qui est ironique si l’on pense à toutes les images commerciales qui agressent tout le monde chaque jour dans la société américaine.
    Un autre phénomène que l’autocollant a mis en avant est la nature branchée et manifestement consommatrice de nombreux membres de la société. Pour ceux qui ont été entourés par le sticker, sa familiarité et sa résonnance culturelle sont réconfortantes, et le fait d’en posséder un permet un souvenir, une mémoire. Les gens ont souvent demandé l’autocollant simplement parce qu’ils l’avaient vu partout et que le fait de le posséder permettait une sensation d’appartenance. Le sticker The Giant semble principalement être compris par ceux qui sont (ou au moins veulent avoir l’air) révoltés. Même si ces gens peuvent ne pas connaitre le sens de l’autocollant, ils apprécient son caractère légèrement perturbateur et souhaitent encourager sa présence drôle et absurde qui semble en quelque sorte être une convention contestataire/sociétale. Les stickers Giant suscitent à la fois l’adhésion et le rejet, avec raison à l’appui, fondés sur l’examen qui reflète le psychisme de celui qui le voit. Que la réaction soit positive ou négative, l’existence de l’autocollant en vaut la peine, à partir du moment où il pousse les gens à considérer les détails et les significations de leur environnement. Au nom de l’amusement et de l’observation.
    Shepard Fairey, 1990
    http://www.obeygiant.com/about


  • D’André The Giant Has a Posse à HOPE

    D’André The Giant Has a Posse à HOPE

    Le médium n’a pas de sens

    Entre 1989 et 1997, Shepard Fairey a mené à l’échelle mondiale une « expérience sur la phénoménologie (cf. philosophie). » Le jeune de Providence, scolarisé à l’école de design de Rhode Island, skateur, punk et entrepreneur accidentel cherche à élever au rang d’icône, André Roussimmof alias André The Giant regretté champion de la WWF .

    L’objectif de Fairey est alors la quantité, pas la qualité. Après avoir imprimé et distribué plus de 500 000 autocollants d’André (André The Giant Has a Posse) : un autocollant avec tous les défauts d’un dessin trop photocopié, il veut qu’André soit aussi familier que n’importe quel logo. « La publicité me fascine », dit Fairey. « C’est l’avidité pure, sans autre motivation que le profit. Je n’aime pas la publicité, donc ma méthode est d’ouvrir les yeux des gens sur le système en participant au processus. André est tellement ridicule qu’il n’y a rien, mais demeure le processus. »

    Dans la déclaration ironique qu’il envoie à ceux qui ne peuvent pas décider si André est une plaisanterie, un culte, ou un ballon d’essai, Fairey écrit : « La phénoménologie tente de permettre aux gens de voir quelque chose qui est juste devant leurs yeux, mais obscurci. La campagne d’autocollants Obey Giant a pour but de stimuler la curiosité et d’amener les gens à se questionner à la fois sur le sticker et sur leur relation avec leur environnement. L’autocollant n’a pas de sens, mais il n’existe que pour amener les gens à réagir, à contempler et à rechercher du sens. »

    Son travail se sert des gens, des symboles, et des gens comme des symboles pour déconstruire la puissance visuelle et émotionnelle utilisée pour manipuler et endoctriner. Il n’y a pas d’affiliation politique précise derrière ce qu’il fait, rien d’autre que la philosophie du « tout remettre en question ».
    Shepard Fairey utilise aussi le mot OBEY (obéir) comme une forme de psychologie inversée. Bien que la plupart des gens souhaitent être indépendants, nombreux suivent docilement le chemin de la moindre résistance et sont mal à l’aise face au mot . D’autant plus déconcertant que le mot « obéir », lorsqu’il n’est pas rattaché à un autre ordre, ne pose aucune menace au-delà de forcer le spectateur à faire face à leurs sentiments au sujet de l’obéissance.

    Un tel détournement culturel (culture jamming) est une proposition coûteuse, tellement coûteuse que Shepard Fairey a choisi de transformer sa démarche artistique en une entreprise. Avec des centaines de milliers de ses autocollants déjà collés dans la rue sur les panneaux, sur les lampadaires, sur les planches à roulettes et partout dans le monde, Fairey a transformé son André en « marque » pour une ligne de vêtements et de planches à roulettes vendues sous son propre label Giant.

    L’aventure de la start-up aurait été approuvée par Andy Warhol. « Je n’ai jamais réalisé un bénéfice, mais je suis de plus en plus important », dit Fairey de son incursion dans le business de la mode. « Je suis dans une position délicate : je suis assez grand pour soutenir la concurrence, mais pas assez pour obtenir la grande distribution. Et je suis trop gros pour être pris en charge par l’underground. »

    Fairey rit de bon cœur à ce paradoxe. « J’essaie de maintenir un équilibre entre la crédibilité underground et le succès commercial. Mes T-shirts se vendent à 20 dollars dans les magasins où je n’avais jamais mis les pieds. Il existe de nombreux paradoxes qui vont avec André, il hausse les épaules, mais c’est une des raisons pour lesquelles il travaille. »

    L’image d’une campagne présidentielle

    Shepard Fairey a créé une série d’affiches en soutien à la candidature de Barack Obama à l’élection présidentielle de 2008, ainsi qu’un design pour la campagne Rock the Vote. Le 5 novembre 2008, la ville de Chicago a installé des bandeaux avec le portrait HOPE le long des rues ceinturant le quartier des affaires du centre-ville, avec la mention « Félicitations au Chicagoan Barack Obama, président-élu des États-Unis d’Amérique ». Fairey a aussi créé Change et Vote, deux images supplémentaires pour la campagne Obama. Dans de nombreuses interviews, il a indiqué que l’affiche originelle disait PROGRESS mais que l’équipe de campagne l’avait contacté pour le remplacer par un message plus en ligne avec celui de la campagne. Fairey a distribué à ses frais 300 000 autocollants et 500 000 affiches pendant la campagne, se finançant par la vente d’affiches et de dérivés.

    Barack Obama lui a envoyé une lettre de remerciements pour son soutien : « Je veux vous remercier d’avoir utilisé votre talent au service de ma campagne. Vos messages politiques ont encouragé les Américains à croire qu’ils pouvaient changer le statu quo. Vos images ont un effet profond sur les gens, qu’elles soient vues dans une galerie ou sur un panneau indicateur. C’est un privilège pour moi d’avoir été l’objet de votre travail d’artiste et une fierté d’avoir eu votre soutien. »

    TIME Magazine a commandé à Fairey le portrait d’Obama utilisé en couverture du numéro consacré à la « personnalité de l’année 2008 ». Cette image a aussi été utilisée en couverture du numéro de février 2009 d’Esquire Magazine. GQ Magazine a désigné Fairey parmi ses hommes de l’année, pour l’influence qu’il a eue sur l’élection. En janvier 2009, l’US National Portrait Gallery a acheté l’image originale HOPE pour sa collection permanente. Shepard Fairey a réalisé BE THE CHANGE, une affiche officielle de l’investiture du président-élu le 20 janvier 2009.

    PS : Après diverses recherches sur l’origine de la photographie à la base du travail de l’affichiste, on a conclu que l’affiche HOPE était basée sur une photographie prise en avril 2006 par Mannie Garcia.

    Le billet au format pdf : Shepard_Fairey

    Sources :
    http://obeygiant.com/
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Shepard_Fairey