Étiquette : Narration visuelle

  • The Six Million Dollar Man

    The Six Million Dollar Man

    Proposez un travail graphique en noir et blanc élaboré à partir de cet extrait sonore où la succession des événements décrits et le rythme jouent un rôle primordial.

    Extrait du générique de la série télé L’Homme qui valait trois milliards.

    The Six Million Dollar Man (L’Homme qui valait trois milliards) est une série télévisée américaine de science-fiction et de fantastique en 99 épisodes de 50 minutes et 6 téléfilms, série créée par Kenneth Johnson d’après le roman Cyborg de Martin Caidin et diffusée entre le 16 janvier 1974 et le 6 mars 1978 sur le réseau ABC.

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • bouleverser, déstructurer, renouveler le schéma narratif de la bande dessinée,
    • comprendre que le gaufrier en bande dessinée n’est pas une fin en soi de la mise en page,
    • penser que la lecture de la mise en page est une source de narration au même titre que l’image,
    • comprendre que le montage, l’association, la collision sont des notions essentielles à la compréhension des images dans un schéma narratif,

    Questions

    Que se passe-t-il dans les cases ? Comment une suite d’images fait-elle sens ? Dans quelle mesure le découpage graphique peut-il créer la continuité narrative ? En quoi la narration modifie-t-elle le dispositif de représentation ?

    La planche, une unité narrative

    La planche se dévoile à l’œil du lecteur dans sa globalité. Celui-ci n’aperçoit pas seulement une case, mais toutes les cases qui composent la page et fragmentant à la fois l’espace et le temps de la narration. Dès lors, seule la compréhension de l’intervalle entre deux cases permettra au lecteur de relier ces instants et de construire mentalement un tout, une unité, une continuité. Dans ces conditions, la construction de la planche doit inévitablement respecter la règle des trois unités, c’est-à-dire, appliquer l’unité de lieu, de temps et d’action.

    • L’unité de lieu implique qu’une planche BD tente idéalement de conserver le même endroit. Dans le cas contraire, l’auteur en multipliant les changements de lieux risque de susciter la confusion chez le lecteur qui passe rapidement d’une case à l’autre. Ce dernier ne comprendra pas forcément qu’il y a déplacement physique et interprétera mal la vignette.
    • L’unité de temps est l’assurance d’une lecture fluide de la page, qui facilite l’estimation par le lecteur du temps qui se passe dans le récit.
      Remarque : Dans les deux cas, quand l’auteur veut changer de lieu ou de moment, il est préférable de changer de page. Le passage d’une planche à l’autre marque une rupture plus nette et elle crée automatiquement un gap qui facilite la lecture d’ellipses plus importantes.
    • L’unité d’action n’est pas aussi nécessaire, mais souhaitable, car il est plus simple et divertissant pour l’esprit et l’œil de (re)sentir qu’une page entière est imprégnée d’une idée, d’un thème, d’un sens précis.
    • Contrairement à la vidéo ou au cinéma, la lecture d’une page BD donne à voir un aperçu fugitif des scènes et des plans qui suivent. Et pour le dessinateur, cette impossibilité de cacher les cases suivantes, génère une contrainte créative : mettre en scène le découpage visuel de la page. Il ne s’agit pas seulement ici d’organiser le meilleur enchaînement ou d’accorder plus de place à la case qui a besoin de plus d’espace. Mais il faut penser la page dans son ensemble, ce qu’elle dévoile de l’action, de l’ambiance, de l’univers…

    Références artistiques

    • Tapisserie de la Reine Mathilde, dite tapisserie de Bayeux,11e siècle, broderie sur toile de lin, 70 mètres de long
    • Winsor McCAY, Little Nemo in Slumberland, première publication 1905
    • George HERRIMAN, Krazy Cat, première publication 1913
    • James ROSENQUIST, President Elect, huile sur panneau, 228 × 366 cm, 1960-1961
    • Roy LICHTENSTEIN, WHAAM !, peinture acrylique sur toile, 170 × 400 cm, 1963, Tate Modern, Londres
    • John BALDESSARI, Two stories, 1987, huile, acrylique et photographies sur panneaux, 243,7 × 128,3 cm
    • Serge BAEKEN, Sugar, 2014, planche dessinée, Éd. Dargaud
    • Pierre ALECHINSKY, Soleil coupé, gravure,1970
    • Jacques MONORY, La vie imaginaire de Jonc’ Erouas, 2002, huile sur toile
    • Yu HONG, Ladder to the sky, 2008, peinture

    Niveaux de maîtrise

    CompétencesMaîtrises
    1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu Je choisis et mobilise avec difficultés des langages et moyens plastiques variés pour exprimer mon intention artistique. Je ne parviens pas à exploiter l’inattendu de manière créative.
    Je commence à explorer des langages et moyens plastiques variés, mais j’exploite sans analyse l’impact de mes choix artistiques et l’utilisation de l’inattendu.+-
    Je choisis et adapte à profit des langages et des moyens plastiques variés pour exprimer mon intention artistique et intègre l’inattendu de manière créative dans ma démarche.+
    Je fais preuve d’une bonne maîtrise dans le choix, la mobilisation et l’adaptation des langages artistiques variés, en créant des effets artistiques convaincants et en utilisant l’inattendu de manière novatrice.++
    1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive J’ai du mal à m’engager dans une réflexion artistique personnelle et à établir des liens avec ma propre pratique.
    Je commence à explorer des questions artistiques, mais ai des difficultés à les approfondir de manière réflexive.+-
    Je m’approprie des questions artistiques en les reliant à ma pratique et en développant une réflexion personnelle.+
    Je fais preuve d’une réflexion approfondie et originale sur mon travail artistique, en m’appropriant des questions artistiques complexes.++
    2.5 – Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci Je ne confronte pas mon projet à ma réalisation et ne parviens pas à l’adapter ou à le réorienter en conséquence.
    Je commence à confronter mon intention artistique avec la réalisation de mon projet, mais ai besoin de plus de pratique pour l’adapter ou le réorienter de manière satisfaisante.+-
    Je confronte mon intention artistique avec la réalisation de mon projet et ajuste ou réoriente ma démarche pour assurer la dimension artistique de celui-ci.+
    J’articule avec maîtrise la confrontation entre mon intention artistique et la réalisation de mon projet, en adaptant ou en réorientant ma démarche avec justesse pour garantir une dimension artistique convaincante.++
    4.3 – Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre J’ai du mal à proposer une analyse et une interprétation cohérente d’une œuvre d’art.
    Je commence à formuler des analyses et des interprétations, mais celles-ci manquent de clarté et de précision.+-
    Je propose de manière fiable une analyse et une interprétation de l’œuvre d’art donnée, en fournissant des arguments probants pour soutenir mes propos.+
    Je propose une analyse approfondie et une interprétation de l’œuvre d’art donnée, en apportant des éclairages pertinents et convaincants. Je démontre une réelle compréhension de l’œuvre.++

    Références au programme du cycle 4


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la ressemblance : le rapport au réel et la valeur expressive de l’écart en art
    • la narration visuelle : mouvement et temporalité suggérés ou réels, dispositif séquentiel et dimension temporelle, durée, vitesse, rythme, montage, découpage, ellipse…

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • 1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.5 – Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité

    • 3.4 – Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.3 – Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    *Capture d’écran du générique de The Six Million Dollar Man (L’Homme qui valait trois milliards) – Steve Austin (alias Lee Majors)

  • La Chute

    La Chute

    Chuter : basculer, tomber, verser ;
    [Familier] aller choir, dinguer, prendre un billet de parterre, prendre une bûche, prendre une gamelle, ramasser un gadin, ramasser une bûche, ramasser une pelle, s’allonger, s’étaler, se casser la figure, se casser la gueule, se fiche par terre, se rétamer, valdinguer…

    Évoquez la chute, son mouvement, sa dramaturgie dans une production plastique que vous présenterez en quelques mots.

    #chute #mouvement

    Problèmes

    Dans quelle mesure l’évocation visuelle de la chute intègre-t-elle la dimension temporelle et séquentielle ? En quoi la narration modifie-t-elle le dispositif de représentation ?  De présentation ?

    Objectifs

    Les objectifs de cette séquence sont d’amener les élèves à :

    • bouleverser, déstructurer, renouveler le schéma narratif,
    • comprendre que certains dispositifs de présentation installent le spectateur dans une relation temporelle à l’œuvre, que le montage, l’association, la collision sont des notions essentielles à la compréhension des images dans un schéma narratif,
    • comprendre que l’emprunt, la citation peuvent être source d’expression.
    BRUEGHEL l’Ancien, La chute d’Icare, 1558, huile sur bois, montée sur bois, 74 × 112 cm,
    Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Brussels

    De nombreux historiens d’art se sont penchés sur le sens de ce tableau. Icare est une figure exemplaire du péché d’orgueil, de l’envie. C’est pourquoi une opposition peut être vue entre la figure du laboureur au premier plan du tableau, allégorie de l’espoir ou de l’espérance et celle d’Icare, allégorie de la chute, écho de la chute originelle qui compose l’arrière-plan des souffrances de l’homme déchu, condamné à se racheter par son travail. Mais Icare c’est aussi l’appel de la liberté et le rêve d’évasion. Prisonnier du roi Minos, il s’enfuit avec son père Dédale, dont l’ingéniosité leur fournit le moyen de cette fuite : les ailes.
    Son seul défaut est de succomber à la griserie de la réussite.

    La chute d’Icare d’après Rubens, Jacob Peter GOWY,
    peinture sur toile, 195 × 180 cm, 1636

    Références artistiques possibles

    • Pieter BRUEGHEL l’Ancien, Chute d’Icare, huile sur toile, 73,5x × 112 cm, 1558, Musées Royaux des Beaux-arts, Bruxelles
    • Pieter BRUEGHEL l’Ancien, La Parabole des aveugles, 1568, détrempe sur toile, 86 × 154 cm, Musée Capodimonte, Naples
    • Jacques-Henri LARTIGUE, Bichonnade, 40, rue Cortambert, Paris, photographie, 1905
    • Henri CARTIER-BRESSON, Derrière la gare Saint-Lazare, Paris, photographie, 1932
    • Aaron SISKIND, Pleasures and Terrors of Levitation #37, photographie, 1956
    • Yves KLEIN Saut dans le vide d’Yves Klein, photographie, 16 octobre 1960
    • Bas Jan ADER, Broken Fall, performance, 1971
    • Chris BURDEN, Sculpture in three parts, 1974, photographies
    • Martin KERSELS, Falling, triptyque photographique, 1994 : la cascade d’accidents corporels se poursuit avec les Falling Photos de Martin Kersels qui avant de faire des sculptures a étudié les lois de la gravité avec son propre corps. Prenant la forme d’un triptyque, les photographies sont comme autant d’arrêts sur image d’une chute. Encore suspendu dans les airs, le corps massif de l’artiste se découpe sur fond d’étendue neigeuse.
    • Denis DARZACQ, série La Chute, 2005-2007, photographies. La série La Chute met en scène les corps en apesanteur de danseurs de Breakdance, de Capoeira et de danse contemporaine. Très pures, évitant aussi bien la pose habituelle du genre que la description, ces photographies qui mettent en valeur la performance physique dans sa perfection, mais aussi dans ses déséquilibres, mêlent une incroyable énergie au sentiment de la possible perdition. De fait, ces corps en apesanteur, qui ne sont jamais accompagnés d’ombre portée, deviennent des révélateurs de l’espace urbain (source http://www.laboratoiredugeste.com).
    • Susanna HERTRICH, Chrono Shredder, 2007-2010, déchiqueteur, éphéméride
    • Yu HONG, Ladder to the sky, 2008, acrylique sur toile, 600 × 600 cm
    • Yoann BOURGEOIS, Fugue / Trampoline, musique Metamorphosis II de Philip GLASS. Une danse tout en déséquilibre qui s’attache à faire de la chute un motif chorégraphique.
    • Philippe RAMETTE, Sans Titre (Deauville), 2014, photographie

    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la narration visuelle : mouvement et temporalité suggérés ou réels, dispositif séquentiel et dimension temporelle, durée, vitesse, rythme, montage, découpage, ellipse…

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre : l’in situ, les dispositifs de présentation
    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : les rapports entre l’espace perçu, ressenti et l’espace représenté ou construit ; le point de vue du spectateur dans ses relations à l’espace.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Femme en robe blanche tombant sur le sol, photographie de Tim Grundtner libre d’utilisation – pexels.com

  • Par le trou de la serrure

    Par le trou de la serrure

    Décrivez dans un court texte d’imagination le point de vue d’un personnage caché derrière une porte observant au travers le trou de la serrure une scène particulièrement étrange et intrigante.

    Réalisez un récit graphique en trois parties restituant ce qu’il voit. La scène représentée devra tenir compte de la situation singulière et révéler l’intrigue.

    #triptyque #BD #narration

    Dans un second temps, créez un dispositif de présentation mettant le spectateur dans la même situation que le personnage observateur.

    Questions

    En quoi la volonté de raconter induit-elle une organisation, une syntaxe, des codes ? En quoi la succession des points de vue crée-t-elle une narration ? De quelle façon le choix du cadrage et du point de vue peut-il faire sens ? Comment votre intention initiale devient-elle lisible aux yeux du spectateur ? Le titre de la réalisation dirige-t-il la compréhension de votre réalisation ?

    Objectifs

    Les objectifs de cette séquence sont d’amener les élèves à :

    • créer un récit graphique
    • exploiter avec pertinence le cadrage et les points de vue objectifs et subjectifs dans leur réalisation
    • réaliser une prémisse de perspective
    What? photographie de Brett SAYLES (pexels.com)

    Perspective

    Références artistiques possibles

    • Piero della FRANCESCA, La Flagellation du Christ, 1410-1420, huile et tempera sur panneau de bois, 59 x 82 cm, Galleria Nazionale delle Marche, Urbino.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Flagellation_du_Christ_(Piero_della_Francesca)
    • Jan Van EYCK, Les Époux Arnolfini, 1434, huile sur panneau de chêne, 82 x 60 cm, National Gallery, Londres
    • Carlo CRIVELLI, Annonciation d’Ascoli, 1486, huile et tempera, 207 x 147 cm, National Gallery, Londres. https://fr.wikipedia.org/wiki/Annonciation_d’Ascoli
    • Diego VÉLASQUEZ, Les Ménines, 1656, huile sur toile, 316 x 276 cm, Musée du Prado, Madrid
    • Henri CARTIER-BRESSON, Bruxelle, 1932, cabinet de la photographie, Centre Pompidou, Paris
    • Marcel DUCHAMP, Étant donnés : 1. la chute d’eau 2. le gaz d’éclairage…, 1946-1966, installation, 153 x 111 x 300 cm, Philadelphia Museum of Art
    • Marcel DUCHAMP, Étant donnés : 1° la chute d’eau 2° le gaz d’éclairage…, 1946-1966, installation, 153 x 111 x 300 cm, Philadelphia Museum of Art
    • Alfred HITCHCOCK, Rear Window (Fenêtre sur cour), 1954, avec James Stewart et Grace Kelly, 109 min et Psycho (Psychose), 1960, avec Anthony Perkins et Janet Leigh, 109 min
    • Duane MICHALS, Things are queer, suite de neuf photographies, 1973.
      Les jeux entre les espaces perçus et les changements d’échelle lors de la lecture des différentes images font perdre les repères au spectateur, plaçant le spectateur en face des contradictions entre ce qui est vu et ce qu’il pense voir.
    • Mac ADAMS, The Mysteries, 1973-1980, série photographique. http://www.macadamsstudio.com
    • Jacques MONORY, Antoine no6, 1974, sérigraphie sur papier Vélin, 53 x 73 cm
    • Sophie CALLE, La filature, 1981, diptyque composé de textes et de photographies, Centre Pompidou, Paris.
      « Selon mes instructions, dans le courant du mois d’avril 1981, ma mère s’est rendue à l’agence Duluc détectives privés. Elle a demandé qu’on me prenne en filature et a réclamé un compte rendu écrit de mon emploi du temps ainsi qu’une série de photographies à titre de preuves. » Le récit à double-voix pose la question de la subjectivité. Qui observe qui ?

    Questionnement(s)

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle, la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


  • Loup, y es-tu ?

    Loup, y es-tu ?

    Promenons-nous dans les bois,
    Pendant que le loup n’y est pas.
    Si le loup y était,
    Il nous mangerait,
    Mais comme il y est pas,
    Il nous mangera pas.
    Loup, y es-tu ? Que fais-tu ? M’entends-tu ?

    Le loup : « Je mets ma chemise »
    refrain
    Le loup : « Je mets ma culotte »
    refrain
    Le loup : « Je mets mes chaussettes »
    refrain
    Le loup : « Je mets ma veste »
    refrain
    Le loup : « Je mets mes bottes »
    refrain
    Le loup : « Je mets mon chapeau »
    refrain
    Le loup : « Je prends mon fusil ! J’arrive ! Me voilà ! »

    Comptine française, composée vers le 17e siècle.

    Réalisez sous la forme d’une planche dessinée une suite d’images montrant la transformation du loup caché.

    Questions

    Comment votre suite d’images exprime-t-elle le temps qui passe ? En quoi une suite d’images fait-elle sens ? Comment mettre en scène la transformation du loup ? Dans quelle mesure la composition et le cadrage des images contribuent à construire une narration ?

    Références artistiques possibles

    • Piero della FRANCESCA, La flagellation du Christ, 1455, tempera sur bois de peuplier, 59 x 81,3 cm, Galleria Nazionale delle Marche, Urbino
    • Le BERNIN, Apollon et Daphné, 1622-1625, sculpture, Galerie Borghèse, Rome
    • Eadweard MUYBRIDGE, Le cheval au galop, 1878, photographies (zoopraxographies)
    • James ROSENQUIST, President Elect, 1960-1961, huile sur isorel, 228 x 366 cm, centre Pompidou, Paris
    • Jacques MONORY, Meurtre n°10/2, 1968, huile sur toile et miroir avec impacts de balles, 162 x 425 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Duanes MICHALS, Things Are Queer, 1973, photographies argentiques en noir et blanc
    • Christian BOLTANSKI, Saynètes comiques, Le mariage des parents, 1974, montage de 3 photographies et texte à l’encre blanche sur carton noir, 37,9 x 71 cm, Centre Pompidou, Paris
    • An American Werewolf in London, film de John LANDIS, 1981
    • Anna et Bernhard BLUME, Kitchen Frenzy, 1986, suite de 5 photographies, MoMA, NY
    • Ron MUECK, Boy, 2000, sculpture de 5m de haut, musée d’Åarhus, Danemark
    • Pierrick SORIN, Autoportrait en monstre, 2000, installation vidéo, 7 exemplaires pour collections particulières
    • Cai GUO-QIANG, Head One, 2006, 99 répliques grandeur nature de loups (résine et peau) et mur de verre, dimensions variables, Deutsche Guggenheim, Berlin (en bandeau)

    Vocabulaire spécifique

    Planche dessinée par Osamu TEZUKA, Astro Boy
    • planche : page entière de BD
    • bande : succession horizontale de plusieurs images
    • case ou vignette : image d’une bande dessinée délimitée par un cadre
    • bulle : forme variable qui contient les paroles ou pensées des personnages
    • onomatopée : mot qui imite un son
    • cartouche : encadré rectangulaire contenant des éléments narratifs et descriptifs

    Questionnement(s)

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la narration visuelle.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Filature

    Filature

    Plongez le spectateur de votre récit photographique ou vidéographique dans le suspense d’une filature, en exploitant les points de vue objectifs et subjectifs.

    #mise en scène #point de vue #cadrage #récit
    • Filature : action de filer, de marcher derrière quelqu’un, le suivre pour le surveiller, épier ses faits et gestes. Exemple : un policier qui file un suspect.
    • Suspense : état d’attente anxieuse de la suite de l’action suscité chez le spectateur.

    En quoi la succession des points de vue crée-t-elle une narration ? De quelle façon le choix du cadrage et du point de vue peut-il faire sens ? Dans quelle mesure le point de vue subjectif peut-il accentuer l’effet de tension nécessaire au suspense ? Comment le montage peut-il participer à cet effet ?

    Objectifs

    Les objectifs de cette séquence sont d’amener les élèves à :

    • créer un récit photographique ou vidéographique
    • exploiter avec pertinence le cadrage et les points de vue objectifs et subjectifs dans leur réalisation
    • réaliser un montage adapté au récit

    Le cadrage

    Les échelles de plan

    Point de vue objectif et subjectif

    Point de vue : endroit d’où l’on découvre un espace, une perspective. Au cinéma, le point de vue du spectateur correspond à celui de la caméra, « œil » par lequel les spectateurs verront toutes les images du film.

    Le récit cinématographique utilise pour l’essentiel une succession de points de vue, qui conduit à voir un personnage, puis à prendre sa place, et à voir ce qu’il voit, à entendre ce qu’il entend…

    Ce dernier correspond au point de vue interne de la narration. Il peut-être rapporté au regard d’un personnage, c’est alors un point de vue optique subjectif, du simple raccord sur regard qui nous place brièvement dans le champ de vision du personnage au film entièrement tourné en caméra subjective.

    Dans la peau de John Malkovitch (1999) de Spike JONZE, une jeune femme accède à l’intérieur de la tête de John Malkovitch en train de prendre sa douche ; son regard passe par les orbites des yeux, en amorce, signe du plan subjectif.
    Dans La dame du lac (1947) de Robert MONTGOMERY, après un discours introductif du personnage face au spectateur, la caméra prend la place exacte du personnage, et la suite du film se déroule avec ce point de vue subjectif, accompagné de la voix off ; on parle même de caméra subjective (une distinction est parfois établie entre plan subjectif, qui reproduit le regard du personnage, et caméra subjective, qui reproduit en outre les mouvements du corps du personnage).

    Quand le point de vue n’est pas identifié comme le regard d’un personnage, mais sans être nécessairement omniscient et donne cette impression d’objectivité par rapport au monde de la fiction. C’est le terme de point de vue optique objectif qui est alors utilisé.

    Autres points de vue

    Point de vue psychique
    Il n’est pas nécessaire que les plans soient objectivement vus par un personnage, comme dans le cas des plans subjectifs optiques, pour que le spectateur éprouve globalement que ces plans ou ces scènes relèvent émotionnellement du point de vue de ce personnage. Le point de vue psychique n’est pas le point de vue optique, mais il fonctionne parfaitement en termes d’identification au personnage. Dans les scènes choisies, même s’il est clair que le personnage central ne peut pas voir les plans que nous voyons, il en est pourtant le foyer émotionnel, nous le ressentons à travers lui.

    Dans Le dernier des hommes (1924) de Friedrich W. MURNAU, l’enivrement du personnage sera
    montré par des plans subjectifs ; mais il l’est d’abord par un plan « objectif », avec une caméra qui se balance, comme si elle accompagnait et traduisait l’intériorité du portier d’hôtel.
    Dans Faux coupable ( 1957) d’Alfred HITCHCOCK, la lumière, les ombres tranchées, les cadres, le tournoiement de la caméra traduisent l’angoisse du personnage, alors que l’on reste en point de vue « objectif » ; nous partageons la vision d’un monde tout entier devenu une prison, vision propre au personnage, dont nous sommes proches.

    Point de vue sonore
    Une des spécificités du langage cinématographique est de pouvoir jouer entre le point de vue de l’image et le point de vue du son. De même qu’il y a pour chaque plan un point de vue visuel, il y a aussi un point de vue sonore. Les deux points de vue, sonore et visuel, sont très fréquemment décalés et dissociés. Le hors champ existe souvent, au cinéma, grâce à la présence d’un son, dont la source d’émission n’est pas visible, mais imaginée par le spectateur dans le hors champ.

    Extraits de film, filatures et suspense

    • Alfred HITCHCOCK, Rear Window (Fenêtre sur cour), 1954, 109 min
    • Alfred HITCHCOCK, Vertigo (Sueurs froides), États-Unis, 1958, 128 min (en bandeau)
    • Francis Ford COPPOLA, The Conversation (Conversation secrète), 1974, 113 min.
    • William FRIEDKIN, French Connection, 1971, 104 min
    • Spike JONZE, Being John Malkovich (Dans la peau de John Malkovich), 1999, 112 min

    Sources

    • Le point de vue, de la vision du cinéaste au regard du spectateur, Joël MAGNY, Éd. Cahiers du cinéma, CNDP, 2001
    • Le point de vue, Alain BERGALA, DVD, Éd. SCÉRÉN-CNDP, L’Éden CINÉMA, 2007
    • Le vocabulaire du cinéma, Marie-Thérèse JOURNOT, 2ème édition Armand Colin, Paris, 2008

    Autres références

    • Duane MICHALS, Things are queer, suite de neuf photographies, 1973. Les jeux entre les espaces perçus et les changements d’échelle lors de la lecture des différentes images font perdre les repères au spectateur, plaçant le spectateur en face des contradictions entre ce qui est vu et ce qu’il pense voir.
    • Mac ADAMS, The Mysteries, 1973-1980, série de diptyques (ou triptyques) photographiques
    • Jacques MONORY, Robert Aldrich, 1991, acrylique sur toile, 178 x 232 cm

    Questionnement(s)

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle, la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

    Mac ADAMS, Fury, 1976, photographies
    Mac ADAMS, Smoke condensation, 1975, photographies
  • Le collège en 2 ou 3 photos

    Le collège en 2 ou 3 photos

    Vous n’avez que deux ou trois photographies pour raconter votre collège.

    #photographie #cadrage #point de vue #temps #lieu #action

    Méthodologie

    • À l’aide de l’iPad, vous réaliserez donc deux photographies au sein du collège, mais attention, vos prises de vue anticiperont une cohérence plastique ou thématique afin d’instaurer un dialogue, de tisser un lien narratif lors du rapprochement des deux images.
    • Vous mettrez ensuite en page vos photos sans les retoucher en utilisant les applications PicFrame ou ComicBook! afin d’obtenir un polyptyque photographique (: œuvre artistique en plusieurs parties).
    • Enfin, vous légenderez votre réalisation.

    Questions

    En quoi la volonté de raconter – quel que soit le médium – induit-elle une organisation, une syntaxe, des codes ? Comment votre intention initiale devient-elle lisible aux yeux du spectateur ? Le polyptyque photographique propose-t-il de lui-même un ordre de lecture ? La légende dirige-t-elle la compréhension de votre réalisation ?

    « La juxtaposition de deux fragments de film ressemble plus à leur produit qu’à leur somme. »
    _ Sergei EISENSTEIN, Hors-cadre, février 1929 et Les Cahiers de l’Art, 1930.

    Références artistiques possibles

    Piero della FRANCESCA (1412-1492), Double portrait des ducs d’Urbino, vers 1473, tempera et huile sur bois, 47 x 33 cm, Musée des Offices, Florence.

    Le CARAVAGE, Narcisse, 1597-1599, huile sur toile, 110 x 92 cm, Galleria Nazionale d’Arte Antica, Rome.

    James ROSENQUIST, President Elect, 1960-1961, huile sur isorel, 228 x 366 cm, Centre Pompidou, Paris

    Andy WARHOL (1928-1987), Marylin Diptych, 1962, acrylique sur toile, 205 x 145 cm, Tate Gallery, Londres.

    Christian BOLTANSKI, L’Album de la famille D, 1971, installation, 150 tirages noir et blanc encadrés de fer blanc, 220 x 450 cm.
    « Nous n’apprenons rien sur ce qu’a été la vie de la famille pendant vingt-cinq ans, ces images de rituels familiaux nous renvoient à nos propres souvenirs, à nous-mêmes, tous les albums de photos, à l’intérieur d’une société donnée, sont à peu près identiques, ils ne représentent pas la réalité, mais la réalité de l’album de photos. »
    _ Christian Boltanski, les modèles – cinq relations entre texte & image, entretien avec Irmeline Lebeer, 1979.

    Duane MICHALS, Things are queer, suite de neuf photographies, 1973.
    Les jeux entre les espaces perçus et les changements d’échelle lors de la lecture des différentes images font perdre les repères au spectateur, plaçant le spectateur en face des contradictions entre ce qui est vu et ce qu’il pense voir.

    Mac ADAMS, The Mysteries, 1973-1980, série photographique. http://www.macadamsstudio.com

    Sophie CALLE , La filature, 1981, diptyque composé de textes et de photographies, Centre Pompidou, Paris.
    « Selon mes instructions, dans le courant du mois d’avril 1981, ma mère s’est rendue à l’agence Duluc détectives privés. Elle a demandé qu’on me prenne en filature et a réclamé un compte rendu écrit de mon emploi du temps ainsi qu’une série de photographies à titre de preuves. » Le récit à double-voix pose la question de la subjectivité. Qui observe qui ?

    Bill VIOLA, Nantes Triptych, installation vidéo, 1992.
    Nantes Triptych se compose de 3 écrans vidéos : une femme enceinte en train d’accoucher, une femme très âgée qui s’éteint progressivement et au centre un homme qui plonge sous l’eau et se maintient en apnée. Le spectateur est immédiatement plongé au cœur de l’œuvre : le cycle de la naissance, de la mort et de la renaissance, figures archétypales qui sont au centre du travail de l’artiste.

    Jacques MONORY, Robert Aldrich, 1991, acrylique sur toile, 178 x 232 cm
    Wolfgang TILLSMAN, vue de l’exposition 1991-2011: 20 Jahre Gegenwart, MMK, Frankfurt am Main

    Questionnement(s)

    • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    Exemples

    Les liens narratifs s’organisent entre deux images, en fonction de données formelles et de traits pertinents sélectionnés dans l’une et l’autre image, par référence au répertoire du lecteur et empruntent aux figures stéréotypées véhiculées par les codes de la société. Orientée par la deuxième image, l’image première admet, dans chaque séquence, une lecture différente comme si elle était légendée différemment.

  • Rencontre singulière

    Rencontre singulière

    Dans un montage photographique d’au minimum deux prises de vue, vous révélerez aux spectateurs une rencontre singulière entre vous et vous-même.

    #mise en scène #montage #séquence #récit #planche #polyptyque #portrait

    Méthodologie

    1. Analysez rapidement Chance Meeting de Duane MICHALS (1970) : une suite de 6 photographies nous permettant de regarder deux hommes se croiser dans une rue latérale, et au passage échanger un regard.
    2. Mise en commun : l’intérêt ici est de pointer un vocabulaire inhérent au médium photographique : cadrage, plan, angle de vue, mais aussi de fond, d’arrière-plan. En quoi y a-t-il une possible rencontre ? Qu’est-ce qui crée ce possible ?
    3. Analysez Bonjour, Monsieur Courbet de Gustave COURBET (1854) : tableau mettant en scène l’artiste rencontrant son mécène Alfred Bruyas sur le chemin vers Montpellier, avec son valet et son chien. 
    4. Mise en commun. En quoi y a-t-il une rencontre ? Quels codes sociaux représentés vous permettent de l’affirmer ? En quoi la composition du tableau aide-t-elle à cette lecture ?
    5. Définissez la singularité de la proposition, pour rappel une suite photographique montrant une rencontre entre vous et vous-même. Proposez sous forme de croquis « cette rencontre singulière » et listez vos besoins spécifiques pour la prise de vue et son traitement : accessoires, vêtements, autres photos pour la réalisation d’un photomontage, etc.
    6. À l’aide de l’iPad, réalisez les prises de vue, puis réunissez-les sur une même planche en utilisant une application de type PicFrame. Remarque : il est toujours d’utiliser le logiciel GIMP sur ordinateur si vous avez envisagé un photomontage.
    7. Mise en commun et verbalisation des travaux.
    Duane MICHALS, Chance Meeting, 1970

    Références artistiques possibles

    Le CARAVAGE, Narcisse, 1598, huile sur toile, 110 x 92 cm, Galerie nationale d’art ancien, Rome.

    Louis LE NAIN, La Visite à la grand-mère, 1640, huile sur toile, 58 x 73 cm, musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.

    Gustave COURBET, La Rencontre ou Bonjour Monsieur Courbet, 1854, huile sur toile, 132 x 150,5 cm, Musée Fabre de Montpellier.

    Duane MICHALS, Chance Meeting, 1970, photographies. L’artiste utilise des séquences de photographies pour suggérer un récit. Dans cette séquence, deux hommes passent dans une ruelle, mais la rencontre laisse apparaître une hésitation. Les photographies sont encadrées de manière cohérente, et les figures se déplacent à l’intérieur et à l’extérieur de la prise de vue, comme dans un film.

    Virgil WIDRICH, Copy Shop, 2001, court-métrage expérimental, 12 min. Un homme travaillant dans un magasin de reprographie fait accidentellement une copie de sa main. C’est alors que la machine se met à produire des photocopies montrant le début de journée tel que l’a vécu l’homme en question. Intrigué, il décide de débrancher l’appareil, mais le travail de copie de la réalité est en marche. Lorsqu’il revient le jour suivant, il rencontre des copies de lui-même et celles-ci ont envahi la ville.

    Édouard LÉVÉ, Rugby, 2003, série photographique.

    D’autres références pourront être convoquées en fonction des réalisations.

    Copy Shop de Virgil WIDRICH, 2001

    Questionnement(s) :

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la narration visuelle.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).
    • Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


  • La nuit venait enfin de tomber

    La nuit venait enfin de tomber

    La nuit venait enfin de tomber. Au-dehors, des lumières s’allumaient dans la rue, et l’enseigne au néon du restaurant du coin jetait par saccades, en une série de minuscules explosions, sa lumière rouge dont le reflet adouci envahissait la chambre de Jim.

    John STEINBECK, En un combat douteux, 1936, Éd. Gallimard

    Réalisez un diaporama visuel et animé de la scène en n’utilisant que les outils du logiciel choisi. Vous vous interrogerez sur comment les modifications, les mutations apparaissent d’une diapositive à l’autre dans cette séquence de temps (changements de lumière, d’aspect, déplacements des formes). Comment l’articulation des images peut-elle induire la durée ? Comment le temps s’inscrit-il dans la succession des slides ?

    Le saviez-vous ?

    Dans les principaux logiciels de présentation : Powerpoint, Keynote, Libre Office Impress, vous pouvez animer le texte, les images, les formes et d’autres objets dans votre diaporama. Les effets permettent de faire apparaître un objet, de le faire disparaître ou de le déplacer. Ils peuvent également modifier la taille ou la couleur d’un objet.

    À propos de l’animation

    • Planche de zootrope : jouet optique inventé en 1834 se fondant sur la persistance rétinienne et l’effet phi, le zootrope permet de donner l’illusion de mouvement d’un personnage dessiné.
    • Folioscope (1860) ou flipbook : petit livret de dessins ou de photographies qui représentent une scène en mouvement (par exemple, un personnage ou un animal). Feuilleté rapidement, un folioscope procure à l’œil l’illusion que le sujet représenté est en mouvement
    • Praxinoscope (1876) : jouet optique donnant l’illusion du mouvement et fonctionnant sur le principe de la compensation optique.
    • Dessin animé (1892) : un film d’animation consistant à communiquer aux spectateurs l’illusion du mouvement de personnages ou d’objets en enregistrant image par image une suite de dessins représentant les différentes phases de ce mouvement.
    • Stopmotion (1897) : technique d’animation utilisée avec des objets réels. Différents types d’objets sont utilisés à cette fin : des figurines articulées, des maquettes articulées, du papier plié, de la pâte à modeler, etc.
    • Pixilation : technique d’animation en volume, où des acteurs réels (ou des objets) sont filmés image par image.
    • Rotoscopie (1915) : technique cinématographique qui consiste à relever image par image les contours d’une figure filmée en prise de vue réelle pour en transcrire la forme et les actions dans un film d’animation. Ce procédé permet de reproduire avec réalisme la dynamique des mouvements des sujets filmés.
    • .gif (1987) : format d’image numérique couramment utilisé sur le web.

    Références artistiques possibles

    • Eadweard MUYBRIDGE, Horse in Motion, 1887, photographies.
    • Émile REYNAUD, Pauvre Pierrot, 1892, env. 15 min. Ce métrage utilise le procédé du théâtre optique, permettant à Émile Reynaud de projeter un film peint à la main et en couleur (le cinématographe n’existait pas encore).
    • Émile COHL, Fantasmagorie, 1908, 2 min. Ce film d’animation est considéré comme le premier dessin animé cinématographique réalisé dans le monde.
    • Len LYE, Color Box, 1935, 3 min. Ce film expérimental (les motifs sont directement peints sur la pellicule) connaît une grande diffusion et deviendra un modèle du genre.
    • Norman McLAREN, Dots, 1940, 1 min 38. Film expérimental dans lequel le son et le visuel ont été entièrement créés par Norman McLaren en dessinant directement sur la pellicule avec un stylo et une encre ordinaires. Norman McLAREN est un réalisateur canadien et considéré comme l’un des plus grands maitres du cinéma d’animation. Très créatif, il expérimenta de multiples techniques : le grattage (gratter directement sur la pellicule), la peinture sur pellicule , le stop-motion (animation en volume), la pixilation (animation image par image avec des acteurs réels).
    • Chris MARKER, La Jetée, 1962, 27 min. Ce film expérimental, considéré comme un chef-d’œuvre par nombre de critiques et de réalisateurs, est en fait un « photo-roman » selon le générique, c’est-à-dire un diaporama de photographies en noir et blanc (à l’exception d’un seul plan filmé), commenté par un narrateur unique, et accompagné d’une bande-son.
    • Norman McLAREN, Synchromie, 1971, 7 min. Court métrage d’animation présentant des jeux de couleurs, de formes et de sons. En guise de musique, Norman McLaren a dessiné des sons synthétiques et il les a photographiés sur la bande sonore en conservant un parallélisme absolu entre le son et l’image. Synchromie est un film de « son animé » dans le vrai sens du terme.

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique. 

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine