Étiquette : Lettre

  • Au pied de la lettre

    Au pied de la lettre

    La lettre a pour particularité de n’avoir aucune signification, de même elle n’est pas un son qui fait sens. Graphie sans lien avec le visuel ou l’expérience, au contraire des idéogrammes, elle n’existe que comme élément d’une chaîne. La lettre est liée à l’écriture et non au langage.

    Réalisez une écriture utilisant la lettre comme pur élément visuel et amenant le spectateur à comprendre la signification de votre réalisation sans nécessairement lire le mot écrit.

    #typo #signe #langage

    Questions

    Comment le mot peut-il construire du sens autre que textuel ? Dans quelle mesure l’utilisation de la lettre peut-elle ne pas être une écriture ? En quoi l’œuvre peut-elle induire une implication du spectateur ? Et dans ce cas, en quoi l’implication ou la participation du spectateur modifie-t-elle son statut ?

    Jan MANČUŠKA, Notion in Progress, 2010, bois, peinture, métal, parquet, caisson lumineux, projection,
    dimensions variables
    Tania MOURAUD, Wysiwyg (What you see is what you get), 1989-2007, peinture murale

    Références artistiques possibles

    • Kurt SCHWITTERS, Merzzeichnüng 54. Fallende Werte, 1920, aquarelle, gouache, encre, mine graphite, papiers et tissu collés sur papier, 30 × 22,5 cm
    • Raoul HAUSMANN, ABCD, 1923-1924, encre de Chine, reproduction de photographie et imprimés découpés, collés sur papier, 40,4 × 28,2 cm
    • René MAGRITTE, La Trahison des images, 1928–1929 , huile sur toile, 59 × 65 cm, ou Querelle des universaux, 1928, huile sur toile, 53,5x × 72,5 cm
    • BEN (Ben VAUTIER), Le magasin de Ben, 1958 – 1973, matériaux divers, 402 × 446 × 596 cm, centre Pompidou, Paris
    • Isidore ISOU, Signes fauves, 1961, huile sur toile, 46 × 8 cm
    • Andy WARHOL, Brillo Box, 1964, boîtes de contre-plaqué avec sérigraphie et acrylique, 43.2 × 43.2 × 35.6 cm chacune
    • Joseph KOSUTH, One and Three Chairs, 1965, installation, photographies, chaise
    • Joseph KOSUTH, Five Words in White Neon, 1965 , néon, 150 cm
    • Robert INDIANA, LOVE, 3,66 × 3,66 × 1,83 m, 1970, acier Corten
    • Richard BAQUIÉ, LE TEMPS DE RIEN, 1986, plaques d’impression, structure métallique
    • Tania MOURAUD, Wysiwyg (What you see is what you get), 1989-2007, peinture murale
    • Jesús Rafael SOTO, Pénétrables BBL Bleu, 1999, installation, métal, PVC, 400 × 450 × 600 cm
    • ROUSSE Georges, Irréel, Genève, 2003. Le mot semble barrer l’espace avec des lettres rouge de taille identique. Par l’illusion, l’artiste parvient à créer un second espace. L’artiste avoue que sa propre œuvre n’est pas réelle. L’artiste joue sur le paradoxe de l’illusion qu’incarne l’anamorphose.
    • Christian ROBERT-TISSOT, VOID, 2005, polystyrène, acrylique, câbles, moteurs, 100 × 580 cm, MAMCO, Genève
    • Jean DAVIOT, Vherbe, 2008, intervention éphémère dans l’herbe
    • Jan MANČUŠKA, Notion in Progress, 2010, bois, peinture, métal, parquet, caisson lumineux, projection, dimensions variables
    • Jenny HOLZER, I WOKE UP NAKED, 2019, installation, panneau à LED avec diodes bleues, verts et rouges, 358,1 × 14 × 14 cm
    • Barbara KRUGER, Thinking of You. I Mean Me. I Mean You, 2022-2023, MoMA, NY


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation : l’autonomie de l’œuvre vis-à-vis du monde visible ; art abstrait, informel, concret, etc.
    • la création, la matérialité, le statut, la signification des images : l’appréhension et la compréhension de la diversité des images ; leurs propriétés plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques ; les différences d’intention entre expression artistique et communication visuelle, entre œuvre et image d’œuvre.

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • les représentations et statuts de l’objet en art : la place de l’objet non artistique dans l’art ; l’œuvre comme objet matériel, objet d’art, objet d’étude.

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • la relation du corps à la production artistique : l’implication du corps de l’auteur
    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : le point de vue de l’auteur et du spectateur dans ses relations à l’espace, au temps de l’œuvre, à l’inscription de son corps dans la relation à l’œuvre ou dans l’œuvre achevée

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Joseph KOSUTH, Five Words in White Neon, 1965 , néon, 150 cm

  • Jeu de lettres

    Jeu de lettres

    Sélectionnez une vingtaine de lettres de vos polices préférées dans des revues, des journaux, des livres, etc. ; sortez-les de leur contexte d’origine, avec ou sans arrière-plan coloré ou texturé ; enfin, reformez un mot, en recherchant à donner à voir le sujet, l’objet ou l’idée que ce mot désigne.
    Soyez attentif aux liens plastiques (organisation, ligne, harmonie, etc.) et aux distinctions entre les différents styles typographiques.

    #typographie #collage #jeudelettres

    Comment vous appropriez-vous les lettres et le mot dans votre réalisation ? En quoi votre réalisation quitte-t-elle l’univers de l’écrit pour s’ouvrir au monde des arts plastiques ? Dans quelle mesure l’écriture devient-elle plastique ?

    • Typographie : ensemble des procédés de composition et d’impression en utilisant des caractères et des clichés en relief ; agencement des éléments d’un texte (et d’images) qu’on imprime.
    • Calligraphie : art de bien former les caractères de l’écriture.

    De la lettre à l’image

    La lettre a pour particularité de n’avoir aucune signification, de même elle n’est pas un son qui fait sens. Graphie sans lien avec le visuel ou l’expérience, au contraire des idéogrammes, elle n’existe que comme élément d’une chaîne. La lettre est liée à l’écriture et non au langage.

    Références possibles

    • Joseph KOSUTH, Neon electrical light english glass letters yellow eight, 1965, néon, 295 cm
    • Robert INDIANA, LOVE, 1970, acier Corten peint, 3,66 x 3,66 x 1,83 m, coin de la 6th Avenue et 55th Street, Manhattan, NY. Apparu sur une carte postale réalisée pour le Museum of Modern Art en 1965, LOVE est par la suite surtout repris sous forme de sculptures.
    • Richard BAQUIÉ, Le Temps de rien, 1985, métaux de récupération, 310 x 320 x 55 cm. Message et support sont ici contradictoires : l’annonce est tragique, mais elle est montrée comme une enseigne, théâtralisée comme un message positif ; les lettres elles-mêmes sont découpées dans des plaques d’imprimeur et portent d’autres lettres comme un palimpseste.
    • Alan FLETCHER, Collage of COLLAGE, 2001, 30 x 40 cm. Le collage de COLLAGE à la fois précise ce qu’il est et démontre ce qu’il fait.
    • Christian ROBERT-TISSOT, Stress, 2004, 80 x 490 cm, plexiglas, aluminium, néons, MAMCO, Genève.
    • Ben VAUTIER, Mots ou peinture ? 2018, acrylique sur toile, 50 x 61 cm
    Ben VAUTIER, Mots ou peinture ? 2018

    Dada

    En pleine période de guerre, les artistes dada vont précipiter le décloisonnement des disciplines, intégrant dans leurs œuvres mots et lettres. Marcel Duchamp et Francis Picabia en font le moteur ironique de leurs curieux objets qui remettent en cause les catégories traditionnelles de l’art, Raoul Hausmann et Kurt Schwitters un matériau à la fois visuel et sonore, jetant de nouveaux ponts entre littérature et arts plastiques.


    Autres utilisations de la lettre
     

    • The Force of Typography, illustration du Studio graphique H-57
    • ABCD, collage de Raoul HAUSMANN, 1918
    • Bauhaus Ausstellung, affiche de l’exposition de 1923 réalisée par Joos SCHMIDT
    • Affiche du film russe L’homme à la caméra (D Vertov) réalisée par Vladimir et Georgii STENBERG
    • Dark Vador, affiche typographique de Pete WARE
    • Zelda, image ASCII de Win128 @DeviantArt
    • Bouteille, journal et verre sur une table, Pablo PICASSO, 1912
    • Cheval, calligramme de Guillaume APOLLINAIRE, 1918

    Questionnement(s)

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5)

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Ce mot change tout

    Ce mot change tout

    Vous associerez à l’objet que vous avez choisi et apporté un mot, car ce mot nous donne à voir l’objet autrement, car ce mot change tout.

    Comment le mot peut-il donner une nouvelle perception à un objet ? Comment construire du sens à partir d’éléments hétérogènes notamment textuels ?

    • Marcel DUCHAMP, En prévision du bras cassé, pelle à neige, 1915
    • Marcel DUCHAMP, Readymade aidé (À bruit secret), ficelle, cuivre, boulons, 12,9x13x11,4 cm, The Philadelphia Museum of Art, 1916.
      Le texte gravé dont certaines lettres ont été remplacées par des points est un mélange de français et d’anglais élaboré avec Walter Arensberg et difficile à déchiffrer. Censé révéler le secret, il l’amplifie.
      Sur une face : P.G .ECIDES DEBARRASSE. LE. D.SERT. F.URNIS.ENT .AS HOW.V.R COR.ESPONDS ;
      sur l’autre face : .IR. CAR.E LONGSEA F.NE, HEA., .OSQUE .TE.U S.ARP BAR.AIN
    • René MAGRITTE, La trahison des images, huile sur toile, 59×65 cm, 1928–1929
    • Joseph KOSUTH, One and three chairs, chaise en bois, photographie de la chaise et agrandissement photographique de la définition du mot « chaise » dans le dictionnaire, 118x271x44 cm, 1965
    • Jenny HOLZER, Projections, Paris, 2009 (http://projects.jennyholzer.com/projections)

    Extrait du catalogue Collection art contemporain – La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, sous la direction de Sophie Duplaix, Paris, Centre Pompidou, 2007

    En 1958, Benjamin Vautier crée à Nice son magasin au 32, rue Tondutti de l’Escarène. Proche des idées de Marcel Duchamp, Ben part du postulat que « tout est art ». Armé d’une patente de brocanteur, il vend et achète disques d’occasion, appareils photo et autres objets. Il présente par la suite dans le petit espace de la mezzanine des artistes tels que Robert Filliou ou La Monte Young. Le magasin, appelé le « Laboratoire 32 », puis la « Galerie Ben doute de tout », devient alors le Centre d’art total, un lieu de publications, de rencontres et de discussions, notamment avec des artistes de l’école de Nice, qui se forme à cette époque. S’y retrouvent par exemple des protagonistes du Nouveau Réalisme, du Non-Art ou de Supports/ Surfaces – Ben soulignant l’importance historico-esthétique du lieu. Ben participe aux activités du mouvement Fluxus, qui rassemble depuis le début des années 1960 des artistes dont l’aspiration commune est de renforcer le lien entre l’art et la vie. Partageant les mêmes préoccupations, Ben contribue à faire connaître ces artistes en France. Il intègre lui-même le quotidien à ses propositions artistiques, tout en se souvenant des readymades de Duchamp. Dans son échoppe, il juxtapose de multiples éléments qui transforment l’espace en une sculpture en perpétuelle évolution : il l’appelle « N’importe quoi ». Le Magasin de Ben , après son démontage en 1972, est acquis par le MNAM et réaménagé progressivement par l’artiste pour lui donner une vie propre dans ce nouveau contexte.


    Ben VAUTIER, Le magasin de Ben, 1958-1973, matériaux divers, 350x500x350 cm

  • Christian Robert-Tissot

    Christian Robert-Tissot


    Stress, Christian Robert-Tissot, 2004, 80×490 cm, plexiglas, aluminium, néons, Genève

    Christian Robert-Tissot peint des mots : sur toile, sur bois, parfois sur les murs mêmes du lieu d’exposition, parfois encore il les installe, lettre par lettre, dans l’espace ou sur les façades. Parce qu’ils sont ainsi mis dans le contexte de l’art, le sens de ces mots ou de ces expressions s’étend, se démultiplie, crée des ponts entre la trivialité du réel et l’interrogation culturelle, politique ou métaphysique. Parce qu’ils sont peints, que la typographie, la composition, la couleur en nuancent les champs sémantiques, le sens de ces mots ou de ces expressions s’incarne dans une réalité matérielle plastique.

    http://www.chrt.ch/, le site de Christian Robert-Tissot