Étiquette : Imbrication

  • Coincé·e

    Coincé·e

    Votre personnage est coincé dans les vignettes d’une bande dessinée.

    #pose #cadre #narration

    Représentez-le en train de se contorsionner cherchant à se libérer de l’espace de sa case. Votre réalisation de 30-40 minutes prendra la forme de 3 ou 4 vignettes au contenu rapidement crayonné mais suffisamment lisible.

    Willi DORNER, Bodies in Urban Space

    Questions

    Dans quelle mesure l’occupation de l’espace participe-t-il au dispositif de représentation ? En quoi la représentation peut-elle être régie par des règles d’organisation ou de composition ?

    Références artistiques possibles

    • Pablo PICASSO, Acrobate, 1930, huile sur toile, 162 x 130 cm, Musée Picasso, Paris
    • Photographies de l’installation à la galerie Leo Castelli, New York, des œuvres de Frank STELLA (1964) présentant exclusivement de châssis découpés (shaped canvases). La particularité de ce support c’est qu’il permet d’adapter le support à la forme représentée, ainsi la forme représentée n’est plus conditionnée par les contraintes plastiques posées par la toile rectangulaire mais elle est réalisée sur un support qui lui est spécifique, la rendant ainsi unique et émancipée des contraintes traditionnelles de la peinture.
    • Jean-Luc VILMOUTH, Cut Out, 4, 1980, adhésifs noir et argent, paire de ciseaux, dimension variable
    • Annette MESSAGER, Chimères, 1982, agrandissements photographiques déchirés et peints, installation de taille variable
    • Annette MESSAGER, Mes vœux, 1989, 263 épreuves gélatino-argentiques encadrées sous verre maintenu par un papier adhésif noir et suspendues au mur par de longues ficelles, 320 cm diamètre : 160 cm
    • Javier VALLHONRAT, The Possessed Space, 1992, album de photographies
    • Willi DORNER, Bodies in Urban Space, performances, série de photographies.
      Depuis 2004, le chorégraphe imbrique des corps dans les architectures du monde entier : Barcelone, Paris, Philadelphie, New-York… Perchés ci et là, imbriqués les uns contre les autres, les danseurs invitent le public à porter un nouveau regard sur les architectures de leur ville. Ils créent de nouvelles perceptions et apportent des présences malicieuses dans des paysages urbains que nous croyons connaître.
    Pablo PICASSO, Acrobate bleu, 1929 et Acrobate, 1930

    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la ressemblance : le rapport au réel et la valeur expressive de l’écart en art
    • le dispositif de représentation : l’espace en deux dimensions (littéral et suggéré), la différence entre organisation et composition.

    L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur :

    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : les rapports entre l’espace perçu, ressenti et l’espace représenté ou construit.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • 1.6 – Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité

    • 3.1 – Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.2 – Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    Dessinateur anonyme Pinterest
  • Things are queer

    Things are queer

    Les séries photographiques de Duane MICHALS racontent des histoires, ironiques et souvent féroces. Le photographe réalise de fait une narration séquentielle. Dans la série Things are Queer (Les choses sont bizarres) de 1973, chaque image vient faire mentir la précédente, dans une mise en abyme construite en neuf prises de vue où l’irrationnel surgit de l’apparente banalité de la scène.

    En apparence, la photographie est banale. Une salle de bains, froide et anonyme, sans signe particulier. La première et la dernière image de la série Things are Queer  sont identiques. Le spectateur ne verra pourtant pas de la même manière l’ultime photographie après avoir regardé les sept intermédiaires. Il revient à l’image de départ, mais après une lecture qui brouille ses repères, en faisant basculer l’espace et ses objets, a priori familiers, dans une autre dimension.

    Things are Queer (Les choses sont bizarres, 1973

    « Les photographes s’imaginent que la photo dit tout simplement ce qu’on voit, et que cette réalité c’est la vérité. Moi je n’y crois pas trop à ça, je pense que la réalité est plutôt faite de contradictions, et c’est quelque chose que j’aime bien montrer dans mes photos. J’aime bien contredire ce que vous croyez voir. Dans Les choses sont étranges chaque photo contredit la précédente. »
    _ Duane MICHALS, Contacts. 2 – Le renouveau de la photographie contemporaine, 1993 reportage vidéo de 12 min 50

    Proposez sous la forme d’une série de photographies une histoire où la première et la dernière image seront identiques.

    #narration, #boucle, #imbrication, #sans fin

    Mise en abyme

    La mise en abyme est un procédé consistant à représenter une œuvre dans une œuvre similaire, par exemple dans les phénomènes de « film dans un film », ou encore en incrustant dans une image cette image elle-même. Ce principe se retrouve dans le phénomène ou le concept d’« autosimilarité », comme dans le principe des figures géométriques fractales ou du principe mathématique de la récursivité. Source Wikipédia

    Références artistiques possibles

    • Jan VAN EYCK, Les époux Arnolfini, 1434, huile sur bois, 82 x 60 cm, National Gallery, Londres.
    • Édouard MANET (1832-1883), Un bar aux Folies-Bergère, 1882, huile sur toile, 96 x 130 cm, Courtauld Gallery, Londres.
    • MAGRITTE René (1898-1967), Éloge de la dialectique, 1937, huile sur toile, 65 x 54 cm, Musée d’Ixelles
    • Storm THOGERSON , photographie de la pochette de l’album, Ummagumma, Pink Floyd, photographie couleur, 1969.
    • Michael SNOW, Autorisation, 1969, épreuves argentiques instantanées (Polaroïd 55) et ruban adhésif sur miroir dans un cadre de métal, 54,5 x 44,5 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.
    • Pauline GREEFHORST, Sarah, vers 2009, portrait photographique en noir et blanc.
    • Gilbert GARCIN, The danger of images, 2009, photographie.
    • Marc-Antoine MATHIEU, 3″, une bande-dessinée qui se déroule en 3 secondes, un zoom, une mise en abyme infinie, 2011, Éd. Delcourt.

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    Duane MICHALS, Alice’s Mirror (Le Miroir d’Alice), 1974, séquence de 7 photographies