Étiquette : Image double

  • Étrange autoportrait

    Étrange autoportrait

    Proposez un autoportrait modifiant, voire inversant, la perception que le spectateur a de vous en révélant votre Mr Hyde*.
    Votre projet (notes et croquis) et réalisation s’inspireront, à votre gré du physique ou du psychique. 
    _ physique : aspect extérieur général de quelqu’un, 
    _ psychique : relatif à la pensée.

    #autoportrait #ressemblance #écart

    *The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde est une nouvelle écrite par Robert Louis Stevenson et publiée en janvier 1886. Il conte l’histoire d’un avoué, Charles Utterson, qui enquête sur le lien étrange entre le docteur Henry Jekyll et Edward Hyde.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Étrange_Cas_du_docteur_Jekyll_et_de_M._Hyde

    Vous expliquerez votre réalisation, notamment en répondant aux questions suivantes.  
    Dans quelle mesure votre autoportrait interroge-t-il votre rapport au corps, à votre image ?
    En quoi cette réalisation révèle-t-elle une partie invisible de votre être ?
    En quoi l’écart entre le référent et sa représentation peut-il être source d’expression ou de valeur expressive ?

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • réaliser une image en mettant en évidence la notion d’écart
    • comprendre que l’écart peut être source d’expression
    • tirer parti de l’écart entre réalité et fiction.

    Références artistiques possibles

    • Jan VAN EYCK, Les Époux Arnolfini, 1434, huile sur bois, 82,2 × 60 cm, National Gallery, Londres
    • Giuseppe ARCIMBOLDO, L’Homme potager I, 1590, huile sur bois 25,8 × 24,2 cm, Cremone Museo Civico Ala Ponzone
    • Gustave COURBET, Le Désespéré, 1844-1845, huile sur toile, 45 × 55 cm
    • Frida KAHLO, Les Deux Fridas, 1939, huile sur toile, 173 × 173,5 cm, Musée d’art moderne de Mexico
    • Salvador DALÍ, Marché d’Esclaves avec le buste invisible de Voltaire, 1940, huile sur toile, 47 × 66 cm, St Petersburg, États Unis
    • Norman ROCKWELL, Triple autoportrait, 1960, huile sur toile, 113,5 × 87,5 cm
    • Francis BACON, Selfportrait, 1971, huile sur toile, 35,5 × 30,5 cm, Centre Pompidou, Paris
    • Jean-Michel JOURNIAC, Hommage à Freud, 1972, photographies
    • Nancy BURSON, Second composite (Jane Fonda, Jacqueline Bisset, Diane Keaton, Brook Shields and Meryl Streep), photographie numérique, 1982
    • Joel-Peter WITKIN, Woman once a Bird, 1990, photographie
    • Nicole TRAN BA VANG, Collection Printemps/Été, 2001, photographies numériques
    • Cindy SHERMAN, Clowns, 2003-2004, photographies
    • Sascha NORDMEYER, Hyperlip, prothèse de communication, 2009, objet de design en matière plastique rouge
    • Ben HEINE, Pencil vs Camera, depuis 2010, série de photographies. Les œuvres Pencil Vs Camera représentent des dessins réalisés, photographiés et tenus par Ben Heine dans un endroit spécifique. Elles marient la photographie et le dessin et ajoutent à des scènes ordinaires de nouveaux éléments surréels, visionnaires ou romancés.
      https://benheine.com/fr/art/pencil-vs-camera/
    • John STEZAKER, Muse (Film Portrait Collage) XVIII, 2012
    • John STEZAKER, Mariage (Portrait cinématographique – collage) LXXXVIII, 2013
    • Hombre McSTEEZ (@Hombre_McSteez), Napkin eater, oct 2019, GIF animé. Hombre Mc Steez utilise les feuilles de Rhodoïd pour faire entrer le virtuel (ses dessins) dans le réel. Il photographie ses dessins et crée un montage en stop motion afin de donner vie à ses personnages.
    • Cf. bookface ou sleveface (: phénomène internet qui consiste pour une ou plusieurs personnes à être pris en photographie en posant avec une pochette de disque vinyle représentant des parties du corps, de façon à prolonger l’image de la pochette et ainsi créer une illusion)
    John STEZAKER, Lui (Portrait cinématographique – collage) XXV, 2012

    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la ressemblance : le rapport au réel et la valeur expressive de l’écart en art ; les images artistiques et leur rapport à la fiction, notamment la différence entre ressemblance et vraisemblance

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    Détail de l’affiche du film Dr Jekyll and Mr Hyde de 1931

  • Double sens, double lecture

    Double sens, double lecture

    Le Français, comme les autres langues, comporte de nombreuses expressions imagées souvent utilisées, mais dont le sens et l’origine ne sont pas connus. Dans la plupart des cas, ces expressions avaient un sens précis, mais, à force de jouer de la différence entre la signification et le sens, elles ont pris un sens plus abstrait. Par exemple, si l’on dit : « Pierre a cassé sa pipe », la signification est claire, car on comprend « casser » et « pipe », en revanche le sens est tout autre ; puisqu’il veut dire qu’il est mort.

    Le principe du langage est de jouer sur les significations en employant différents niveaux de lecture. Dans la langue française, n’existe-t-il pas de nombreuses expressions imagées pour lesquelles nous pourrions tenter, peut-être par jeu, de combiner la double lecture de leur sens propre et figuré ?

    Exemples de sérigraphies révélant la surimpression par les illustrat·eur·rice·s :
    Amélie FONTAINE, Agata KULCZYK, Morgan GILBERT,
    Kristian JONES, BONNEFRITE, Studio Valistika,
    Hélène GUERTIK, Carnovsky (Francesco RUGI et Silvia QUINTANILLA) et Évelyne MARY

    Proposez un dessin qui mêle le sens propre et le sens figuré d’une expression.

    Le sens propre d’un mot est son sens premier. En général, il renvoie au sens concret.
    Les sens figurés d’un mot sont les sens qui en dérivent. Les sens figurés sont souvent des sens abstraits ou imagés.

    Noma BAR, Pinning Her Down, affiche (source : Dutch Uncle)

    Pas à pas

    a/ Choisissez une expression dans le tableau ci-après. Trouvez sa signification. Définissez le sens propre (si possible, trouvez son origine) puis le sens figuré. Illustrez-les séparément.

    b/ Réfléchissez aux solutions possibles pour mêler les deux dessins préparatoires en un seul. Gardez à l’esprit la compréhension du double sens de lecture de l’expression.

    c/ Réalisez le dessin en utilisant une des solutions envisagées.

    Sauter du coq à l’âne : passer d’un sujet à un autre sans lien.
    Faire d’une pierre deux coups : atteindre deux objectifs en même temps.
    Avoir le diable au corps : déployer une vivacité excessive.
    Couper la poire en deux : choisir une position médiane.
    Mettre la charrue avant les bœufs : se précipiter et ne pas commencer par le commencement.
    Tirer à hue et à dia : agir de manière contradictoire.
    Ne pas être dans son assiette : ne pas se sentir en forme.
    Avoir l’estomac dans les talons : avoir très faim.
    Mettre les points sur les i : apporter des précisions claires.
    Brûler la chandelle par les deux bouts : dépenser sans se soucier de l’avenir.
    Courir deux lièvres à la fois : viser deux buts et risquer de les perdre tous les deux.
    Se mettre en quatre : faire tout son possible.
    Se regarder en chiens de faïence : se regarder avec mépris.
    Ménager la chèvre et le chou : ménager des intérêts contradictoires.
    Ne faire ni une ni deux : ne pas hésiter.
    Vider son sac : dire ce qu’on a sur le cœur.
    Dormir sur ses deux oreilles : dormir profondément.
    Mettre les bouchées doubles : se dépêcher.
    Bayer aux corneilles : avoir l’air absent.
    Être dans ses petits souliers : être très mal à l’aise.
    Déshabiller Pierre pour habiller Paul :  résoudre un problème en aggravant un autre.
    Reprendre du poil de la bête : se ressaisir.
    Prendre son courage à deux mains : faire des efforts.
    À la six-quatre-deux : réalisation bâclée.

    Espace négatif

    Dans la mise en page du dessin, l’espace blanc : la surface du papier non recouvert par les figures ou objets dessinés est souvent appelée espace négatif. L’espace négatif ne doit pas être considéré simplement comme un espace « vide » – c’est un élément important de la conception qui permet l’équilibre avec le positif (ou non blanc. De fait, l’utilisation d’espaces négatifs est la clé de la composition.

    Cependant, une utilisation imprudente des espaces blancs peut donner l’impression qu’une page est incomplète. Lorsque l’espace est limité, comme dans certains types de publicité, l’espace négatif est limité, afin d’obtenir autant d’informations vitales que possible sur la page. Une page remplie de textes et de graphiques avec très peu d’espace blanc risque de paraître surchargée et est généralement difficile à lire.

    À l’inverse, une utilisation judicieuse de l’espace négatif peut donner à une page un aspect classique, élégant, esthétique. Pour les graphistes, cet espace blanc est très important. Les affiches peuvent d’ailleurs être imprimées sur une variété de papiers différents, qui peuvent avoir différentes couleurs, textures, etc., et dans ces cas, un espace blanc est utilisé pour offrir une bonne présentation et pour mettre en valeur les différentes qualités des supports.

    Source : 16 things about white space | Propagandum

    Affiche National Geographic
    Affiche Dirty Harry d’Olly MOSS (Oliver Jonathan)

    Références artistiques possibles

    • Hans HOLBEIN (1497-1543), Les Ambassadeurs, 1533, huile sur bois, 209 x 207 cm, Londres, National Gallery
    • Giuseppe ARCIMBOLDO (1530-1593), L’Homme potager I, 1590, huile sur bois 25,8 x 24,2 cm, Cremone Museo Civico Ala Ponzone
    • Joseph JASTROW, Canard-Lapin, Fact and Fable in Psychology (fig. 19), dessin paru dans la presse vers 1892
    • Cadavre exquis
    • Maurits Cornelis ESCHER (1898-1972), Jour et nuit, gravure sur bois de fil, deux planches, 1938, 36 x 68 cm
    • Salvador DALĺ (1904-1989), Marché d’Esclaves avec le buste invisible de Voltaire, 1940, huile sur toile, 47 x 66 cm, St Petersburg, USA
    • Raetz MARKUS (né en 1941), Métamorphose I, 1990-91, fonte, 32,2 x 27 x 12,5 cm, Genève, Musée d’art et d’histoire
    • Sigmar POLKE,
    • Tim NOBLE (né n 1966) et Sue WEBSTER (née en 1967), British Wildlife, 2000, 88 animaux taxidermisés, projecteur, 150 x 90 x 180 cm, Londres
    • Kumi YAMASHITA (né en 1968), Origami Shadows, 2009, installation, sculpture murale avec jeu d’ombre en fonction de la bonne orientation de la lumière
    • Noma BAR, Little Red Riding Hood, 2009. Les aplats de couleurs, le minimum de détails, l’usage de l’espace négatif pour créer des images à significations doubles caractérisent la série Negative Space.
    • Olly MOSS, Optical Illusion #1 (Wolf) , illustration en bandeau (source : ollymoss.com)

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux – la matérialité et la qualité de la couleur.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Combine Painting

    Combine Painting

    « […] Sédimentations plastiques, nappages figuratifs, épaisseurs symboliques et matérielles, compositions feuilletées, où toute représentation apparente en cache toujours une ou plusieurs autres. »
    Description relative aux Combines Paintings de Robert RAUSCHENBERG, extraite de L’Art est-il (devenu) photographique, de Philippe DUBOIS.

    Robert RAUSCHENBERG, Satellite, 1955,
    201,6 x 109,9 x 14,3 cm, Whitney Museum of American Art, New York

    Comme le nom l’indique, les Combines sont des œuvres hybrides, qui associent à la pratique de la peinture celle du collage et de l’assemblage d’éléments les plus divers prélevés au réel quotidien. Ni peinture ni sculpture mais les deux à la fois, les monumentales Combines de Rauschenberg envahissent l’espace du spectateur et l’interpellent comme des véritables rébus visuels. Des oiseaux empaillés aux bouteilles de Coca-Cola, des journaux aux images de presse, aux tissus, aux papiers peints, aux portes et aux fenêtres, l’univers entier semble entrer dans sa combinatoire pour s’associer à la peinture. (source Centre Pompidou)

    En combinant des images choisies (: prélèvements dans des magazines et journaux, fragments d’affiches, tickets, etc.) , modifiées ou non, sur un support préalablement travaillé, proposez des « sédimentations plastiques […] où toute représentation apparente en cache toujours une ou plusieurs autres ». Expliquez votre réalisation.

    Termes et notions plastiques évoqués lors des échanges : collage*, superposition, juxtaposition, stratification, palimpseste, transparence/ opacité, visible/ invisible, image double.

    *Collage : Œuvre artistique composée d’éléments hétérogènes juxtaposés pour obtenir des rapprochements inattendus.
    « Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage. » 
    _ Max ERNST

    En quoi la multiplication des images (: superposition, juxtaposition, stratification) crée-t-elle du sens ? Dans quelle mesure le collage renforce-t-il la lecture poétique, symbolique ou expressif de l’image ? Quels liens entretiennent les images et le support, la forme et le fond ?

    Références proposées lors de la verbalisation :

    • Giuseppe ARCIMBOLDO, La tête réversible avec corbeille de fruits, 1590, peinture à l’huile sur bois, 56 x 42 cm,
    • Salvador DALÍ, Marché d’esclaves, 1940, huile sur toile, 46,2 x 65,2 cm,
    • Robert RAUSCHENBERG, Sans titre, 1961, report d’imprimés, retouches à la gouache, aquarelle, crayon de couleur sur papier, 58,5 x 73,5 cm,
    • Shinro OHTAKE, Chinese Lips, 1978, technique mixte sur papier,
    • Mike et Doug STARN, Large Christ, 1987, photographie,
    • Sigmar POLKE, Jeux d’enfants, 1988, peinture acrylique et encre d’imprimerie sur tissu synthétique, 225 x 300 cm (détail en bandeau).
    Jean-Michel BASQUIAT et Andy WARHOL, Cops, 1984, peinture acrylique et huile sur toile, 195,2 x 298,7 cm

    Questionnement(s) :

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.
    • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine