À l’aide d’un patron (pattern) ou d’un pochoir (stencil), affirmez un système de motifs.
Animation réalisée à partir du travail graphique de M.C. ESCHER
Objectifs
La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :
s’approprier de manière personnelle un motif
anticiper la création en réfléchissant à ses modalités de réalisation.
Questions
En quoi l’abondance d’images peut-elle modifier l’espace perçu par le spectateur ? En quoi l’occupation de l’espace participe-t-il au dispositif de représentation ? Dans quelle mesure le mode de production d’une image peut-il en changer la perception de celle-ci ?
Références artistiques possibles
M.C. ESCHER, Sky and Water I, June 1938, gravure sur bois
Miriam SCHAPIRO, The Beauty of Summer, 1973-74, acrylique et tissu sur toile
Keith HARING, Tokyo Pop Shop, 1988, technique mixte sur bois et containers d’acier, 12 × 5 × 2,20 m
Sandy SKOGLUND, The Cold War, 1999, photographie couleur, env. 40,5×50,8 cm
Yayoi KUSAMA, Obliteration Room, 2011, Brisbane (Australie), Gallery of Modern Art. Une pièce toute blanche et meublée comme un intérieur traditionnel australien est livrée aux enfants chargés de la recouvrir de stickers colorés en forme de pois, les fameux « Polka Dots »
Robert KUSHNER, White Peonies: A Cumulus Accumulation, 2013, huile, acrylique, encre et feuille d’or sur papier imprimé japonais monté sur papier japonais, 45,7 × 325,1 cm
Joyce KOZLOFF, If I Were a Botanist Mediterranean: the Journey, 2014, polyptyque (neuf panneaux), acrylique, impression jet d’encre numérique d’archives et collage sur toile, 137,1 × 914,4 cm
Références au programme du cycle 4
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer
1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)
– Mettre en œuvre un projet artistique
2.5 – Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité
3.3 – Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art
4.2 – Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
À partir d’une des 12 figures géométriques (cf. planche) utilisée dans un dispositif que vous aurez au préalable conçu, vous créerez un vaste espace bi ou tridimensionnel.
#module #pattern #dispositif
Méthodologie
Reproduisez plusieurs fois la figure choisie sur un support cartonné à l’échelle de votre choix puis découpez les formes tracées et assemblez-les afin de donner à voir au spectateur un espace démesuré. Tous les moyens choisis (pour leurs effets) et la manière dont vous présenter la réalisation concourent à la compréhension de votre production plastique. Temps estimé pour la réalisation : 60 min.
Questionnement
Comment construire un espace par répétition d’une unique forme ? Dans quelle mesure, la présentation change-t-elle la perception de l’œuvre ? Quelle est la place donnée au spectateur au sein du dispositif de présentation ?
Dispositif : manière dont estdisposé l’ensemble des éléments en vue d’un objectif précis. En art, le dispositif de présentation est l’ensemble des composantes de toutes natures (spatial, temporelle, matérielle, etc.) choisies dans le but de présenter l’œuvre au regard du spectateur.
Espace en deux dimensions ou bidimensionnel : Ici, on parle de l’espace littéral de la feuille de papier ou d’espace plan. C’est l’espace physique (réel) offert par le support brut. Cet espace limité possède des dimensions et une matérialité propres. Sur ce support, il est possible de donner l’illusion de la tridimensionnalité (espace suggéré) donc de représenter quelque chose en volume. L’espace suggéré est ainsi la profondeur représentée sur un support plan (papier, toile…) par différents moyens comme la perspective ou la succession des plans. Il peut également donner l’illusion que ces volumes (des corps ou des objets) se trouvent à différents endroits dans cet espace suggéré.
Espace en trois dimensions ou tridimensionnel : L’espace en trois dimensions est physiquement bien réel et les sculpteurs sont confrontés aux rapports de leurs œuvres avec cet espace. Il en est de même pour les architectes. Source Comment savoir si c’est de l’art ou pas ? Fabrice Wateau, Éd. Belin
Enjeu
Dans cette séance, vous allez donner à voir un espace vaste élaboré à partir d’une seule forme. L’objectif est d’exploiter des moyens plastiques, afin de créer la vaste étendue de cet espace bi ou tridimensionnel. Grâce aux références proposées, vous aborderez les notions d’espace littéral & d’espace suggéré.
Références artistiques
Josef ALBERS, Preface from the series Graphic Tectonic, 1942, lithographie, 48,2 x 59,9 cm
Frank STELLA, Mas o Menos (Plus ou moins, Running V Paintings), 1964, poudre métallique dans émulsion acrylique sur toile, 300 x 418 cm
Robert MORRIS, Untitled (L-Beams), 1965, à l’origine en contreplaqué, versions ultérieures en fibre de verre et en acier inoxydable, 243 x 243 60 cm
Claude VIALLAT, Sans titre, 1966, empreintes (formes en réserve ou reprises) sur toile métis libre, colorants et gélatine sur toile métis recto-verso, 214 x 257 cm. 1966 est l’année où Claude Viallat décide de travailler systématiquement avec une seule forme – sorte d’osselet – ne faisant référence ni à la géométrie ni à la réalité et qui devient dès lors sa marque.
François ROUAN, Éclatements, collage, blanc, noir et rose, 1967, papiers découpés et collés 110 x 79 cm
Niele TORONI, Empreintes de pinceau n°50 répétées à intervalles réguliers (30 cm), 1973, peinture glycérophtalique sur toile, 100 x 100 cm
Simon HANTAÏ, Tabula, 1980, huile et acrylique sur toile, 285,6 x 454,5 cm. Les Tabulas sont les dernières peintures réalisées par Hantaï, de 1973-74 à 1982. De très grand format, elles sont composées grâce à un pliage orthogonal fixé par un système de nouage. Une fois dépliées, elles présentent un réseaude carrés ou de rectangles d’une seule couleur, imprégnée de manière irrégulière, faisant vibrer la lumière sur la toile. http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Hantai/
Donald JUDD, Untitled, 1980, sculpture, acier inoxydable, aluminium anodisé rouge, 457,2 x 101,6 x 78,7 cm
Sol LEWITT, 1 2 3 4 5 (Vertical), 1981, métal peint, 87,6 x 29,5 x 29,5 cm. L’œuvre fait partie d’un ensemble d’œuvres fondées sur la disposition changeante de cubes modulaires qui s’assemblent pour former des structures géométriques.
Daniel BUREN, La Cabane éclatée deux fois, mars-décembre 1991, travail situé au Musée d’art moderne de Saint-Étienne
Yayoi KUSAMA, Dots Obsession – Infinity Mirrored Room, 1998, installation, peinture, miroirs, ballons, adhésifs, hélium 600 x 600 x 280 cm
Tadashi KAWAMATA, Gandamaison, 2008, installation de 5000 cagettes au Centre Maréchalerie d’art contemporain, Versailles
Willi DORNER, Bodies Urban Space, performance, Berlin, le 22 août 2009
Claire MORGAN,If you go down to the woods today, 2014, cerf (taxidermie), papillons, polyéthylène, nylon, plomb, acrylique, 300 x 300 x 250 cm
Tron: Legacy, réalisateur : Joseph KOSINSKI, producteur Walt Disney, 2010, film
Antony GORMLEY, Matrix II, 2014, sculpture, fer à béton en acier de 6 mm, 5 x 5 x 15 m. Constituée de seize volumes remplissant l’espace de la pièce et disposés autour d’un volume équivalent à la place occupée par deux corps debout côte à côte, la sculpture déstabilise tout à la fois par l’impression de fragilité de son maillage, la force de son gigantisme, la vibration qu’elle impose à l’œil et la confusion créée entre l’avant-plan et l’arrière-plan.
Antony GORMLEY, Matrix II, 2014
Questionnement(s) :
L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la présence matérielle de l’œuvre dans l’espace, la présentation de l’œuvre – l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre.
Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :
Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine