Étiquette : Empreinte

  • Oh, la trace !

    Oh, la trace !

    Alors que je viens de fabriquer ma propre peinture (cf. Fabriquer sa peinture à l’eau), une drôle de créature l’a renversée et a laissé sur ma feuille la trace de son passage.

    #trace #empreinte #macule #trainée

    À quoi donc ressemble la feuille après le passage de la créature ? Proposez une réponse en choisissant, mobilisant et adaptant des moyens plastiques variés dans une intention artistique en restant attentif à une part d’inattendu.

    Fabriquer sa peinture à l’eau

    Le port d’un masque antipoussière est indispensable dans la mesure où vous aurez à travailler avec des poudres colorées finement broyées : les pigments.

    1. Versez le pigment coloré brut sur une surface lisse et plane (plaque de plexiglas, de verre, de marbre…). 
    2. Ajoutez quelques gouttes d’eau et utilisez un couteau à palette pour obtenir un mélange sans grumeaux. S’il n’est pas complètement lisse, la peinture peut avoir des grumeaux lorsque vous l’utiliserez plus tard.
    3. Ajoutez le médium à peindre au pigment. Le médium que vous choisirez dépendra du type de peinture que vous souhaitez fabriquer : médium acrylique pour de la peinture acrylique, médium vinylique pour de la peinture vinylique, un jaune d’œuf pour de la tempera.
    4. Mélangez et ajoutez progressivement plus de médium. Vérifiez régulièrement la consistance afin de ne pas en ajouter de trop. Mélangez le médium et le pigment à l’aide d’une spatule ou d’un couteau à palette. Lorsque la peinture a la bonne consistance, elle présentera un aspect lisse et légèrement brillant.

    Notions abordées

    • Le geste : mouvement du corps, des bras, des mains. Ample, rapide, saccadé, violent, minutieux, le geste de l’artiste induit un sentiment, une émotion, un caractère…
    • La trace peut être celle laissée par le geste ou celle laissée par l’outil, même si elles peuvent parfois se confondre.
    • L’empreinte : trace laissée par un élément ou quelqu’un, sous l’action du poids, d’un déplacement ou d’un frottage.
    • L’espace : deux types d’espaces sont à distinguer en arts plastiques. L’espace littéral est l’espace matériel, physique, réel du support. L’espace suggéré est l’espace de la représentation en volume, en profondeur et/ou en perspective sur un support.
    Gyotaku

    Références artistiques possibles

    • Gyotaku (ichtyogramme) est un art japonais consistant à reproduire des empreintes de poissons sur différents supports tels que du papier ou du tissu. Cette méthode était utilisée par les pêcheurs pour immortaliser leurs plus belles prises. Ils pouvaient ainsi prouver leur valeur de pêcheur à leurs pairs.
    • Max ERNST. Les Mœurs des feuilles (The Habit of Leaves) d’Histoire Naturelle, 1926, portfolio de 34 collotypes après frottage.
    • Jackson POLLOCK at work, filmé et photographié dans son atelier par Hans Namuth, 1950
    • Yves KLEIN, Anthropométrie de l’époque bleue (ANT 82), 1960, pigment pur et résine synthétique sur papier monté sur toile, 155 x 281 cm.
    • Henri MICHAUX, Sans titre, 1960, encre de chine sur papier, 75 x 105 cm.
    • Jasper JOHNS, Study for skin, 1962, charbon sur papier, 55,9 x 86,4 cm, Collection de l’artiste, MoMA, NY.
    • Richard LONG, A Line Made by Walking, 1967, photographie, 37,5 x 32,4 cm, MoMA, NY.
    • ARMAN, Ange déchu, 1977, statuette et trace sur papier dans une boîte en Plexiglas, 7,5 x 10,9 x 1 cm.
    • Janine ANTONI, Loving Care, performance, Londres, 1993
    • Judith BRAUN, FINGERING #4, 2010, dessin au charbon avec les doigts sur un mur, 304 x 460 cm.
    • Bryan Nash GILL, Willow (Woodcuts), 2011, empreinte d’une coupe de tronc sur papier, 97,5 x 126 cm. 

    Questionnement(s) :

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation l’autonomie du geste graphique, pictural, sculptural – la narration visuelle.
    • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les qualités physiques des matériaux – les effets du geste et de l’instrument.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

    Empreinte géante de dinosaure, source Reuters/ David Mercado
  • Véronique

    Véronique

    La proposition « Emprunt/ empreint de réalité » invite à se questionner sur le rapport à la réalité que nous entretenons dans nos pratiques artistiques numériques. Elle ouvre au dialogue entre l’image et son référent, source d’expressions poétiques, symboliques, métaphoriques, allégoriques ; elle met en regard la matérialité et la virtualité.

    Remarque : l’image indicielle résulte d’une cause extérieure directe, une empreinte. Elle renvoie à une autre chose avec laquelle elle a un lien direct (: il y a eu dans la réalité un référent analogue).

    • Objets et techniques :
      Empreintes par contact : gravure, moule (idée de matrice), trace (marque), cicatrice,
      Empreintes  » à distance  » : photographie, photogramme, photocopie, scan, ombre, brûlure.
    • Références artistiques possibles :
      Marcel Duchamp, Yves Klein, Claude Viallat, George Segal, Andy Warhol, Jasper Johns, Gina Pane, Man Ray, corps de Pompéï, ombres d’Hiroshima
    • Iconographie :
      Véronique est un personnage dont l’histoire s’est développée entre le VIIe siècle et le VIIIe siècle. Dans sa version la plus connue, il s’agit d’une femme pieuse de Jérusalem qui, poussée par la compassion lorsque Jésus-Christ portait sa croix au Golgotha, lui a donné son voile pour qu’il pût s’essuyer le front. Jésus accepta et, après s’en être servi, le lui rendit avec l’image de son visage qui s’y était miraculeusement imprimée (voile de Véronique). L’iconographie chrétienne représente traditionnellement Véronique tenant un tissu où est imprimé le visage de Jésus.

    L’empreinte au XXe siècle : De la Véronique au « Verre ironique », un livre de Marie-Christine Poirée
    L’auteur propose trois stratégies artistiques autour de la légende de la Véronique, pièce d’étoffe vénérée à Rome portant l’empreinte de la face du Christ. Elle appartient aux légendes d’origine de la peinture comme celle de Narcisse ou moins connue de la Dibutade qui tente de retenir près d’elle son amant en traçant sur un mur le contour de son ombre. Le verre ironique fait référence au conseil de Léonard de Vinci qui recommandait à ses élèves l’utilisation du verre pour reproduire la nature et à propos duquel Duchamp ironisera. La Véronique en tant qu’empreinte est abordée du point de vue de la trace et de l’ombre.


    Lamps, Man Ray, rayographie, env. 1923


    Ombre portée, photographie, Hiroshima, 1945


    Corps moulés des victimes de l’éruption de 79 apr. J.-C., site de Pompéi


    With my Tongue in my Cheek, Marcel Duchamp, plâtre, crayon et papier, 1959


    Study for Skin I, Jasper Johns, fusain sur papier, 55,8×86,3 cm, 1962


    Trademarks, Vito Acconci, performance, 1970