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  • Une photo revitalisée

    Une photo revitalisée

    À la fin des années 80, l’allemand Thomas RUFF commence une série de portraits de jeunes gens en reprenant les codes de la photo d’identité, documentaire et objective par vocation. Il ne se livre à aucune manipulation lors de la prise de vue, mais travaille avec un appareil grand format qui lui permet d’obtenir de très grands tirages. Une image très banale parvient ainsi à attirer l’attention, du simple fait de ses dimensions. Ce procédé tend en outre à dévitaliser le portrait, et là où on pouvait s’attendre à de grandes révélations sur le caractère et la psychologie du sujet, c’est au contraire un profond sentiment d’anonymat qui se dégage.

    Thomas RUFF, Portrait (Andrea Knobloch), 1990, épreuve chromogène, 210 × 165 cm, Centre Pompidou, Paris

    À l’inverse du travail artistique de Thomas RUFF décrit ci-dessus, votre travail numérique consistera à revitaliser (dynamiser) la photographie d’identité.

    #photographie #retouche #filtre #réel #fiction

    Objectifs

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • identifier l’écart entre une photographie et son référent
    • comprendre qu’il peut exister un dialogue pertinent entre la représentation et l’écart avec le référent
    • saisir que l’écart dans la représentation peut échapper à l’artiste de manière intentionnelle ou non
    • comprendre que les effet plastiques d’une œuvre d’art expriment les intentions de l’artiste
    • utiliser à bon escient les effets visuels.

    Questions

    Dans quelle mesure la représentation est-elle fidèle au référent ? En quoi l’écart est-il porteur de sens ? En quoi l’écart change-t-il la perception du référent dans la représentation ? Dans quelle limite la représentation du référent change-t-elle la perception de celui-ci ? En quoi la représentation fait-elle œuvre ?

    Références artistiques possible

    • Henri MATISSE, La Raie verte, 1905, huile sur toile, 40,5 × 32,5 cm
    • Andy WARHOL, Shot Sage Blue Marilyn, 1964, encre et acrylique sur toile, 101,6 × 101,6 cm (vente record de $195.000.000 en mai 2022)
    • Andy WARHOL, Debbie Harry (Blondie), 1985, Andy WARHOL peint le portrait de la chanteuse Debbie Harry à l’aide d’un ordinateur Amiga 1000.
    • Arnulf RAINER, Sans titre (Autoportrait), 1969, série Face-farces, acrylique sur photographie en noir et blanc, 43 × 60 cm
    • Bill ARMSTRONG, Portrait #302, 2000, photographie couleur – https://www.billarmstrongphotography.com
    • Valérie BELIN, Série Mannequins, 2003, épreuve gélatino-argentique, 161 × 125 cm – https://valeriebelin.com/works/mannequins
    • ORLAN, détail de Self-hybridation Opéra de Pékin #1, de la série Masques Pékin, Facing designs et réalité augmentée, 2014, photographie numérique couleur
    • Cindy SHERMAN, Goo-Goo Eyes, 2017, autoportrait utilisant de manière excessive les filtres et logiciels de retouche photo pour smartphone – https://www.instagram.com/cindysherman/
    Arnulf RAINER, Sans titre (de la série Face Farces), 1969,
    acrylique sur photographie en noir et blanc, 59,6 × 50 cm,
    Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne
    Bill ARMSTRONG, Portrait #302, 2000, photographie couleur

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.3 – Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes

    Je reproduis simplement des clichés sans apporter de touche personnelle.

    Je commence à explorer une expression personnelle, mais elle reste limitée et peu évidente.

    +-

    Je parviens à m’éloigner des stéréotypes et à exprimer des idées personnelles à travers mon travail.

    +

    J’ai une expression artistique convaincante et personnelle, évitant complètement les stéréotypes.

    ++

    1.4 – Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique

    Je n’utilise pas efficacement les outils informatiques pour soutenir ma pratique artistique.

    Je commence à explorer l’utilisation d’outils informatiques, mais ma pratique est encore limitée.

    +-

    J’intègre de manière fiable l’usage des outils numériques au service de ma pratique artistique.

    +

    J’utilise avec pertinence et de manière innovante les outils numériques et les mets au service de l’amélioration de mon processus créatif et de mes productions artistiques.

    ++

    3.2 – Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation

    J’ai du mal à expliquer les choix artistiques dans mon projet et le cheminement de ma réflexion.

    Je commence à fournir des explications pour justifier mes choix artistiques, mais celles-ci manquent de cohérence et de clarté.

    +-

    Je justifie clairement mes choix artistiques en expliquant le cheminement qui m’a conduit à la réalisation finale.

    +

    Je fournis des justifications convaincantes, approfondies et bien liées à mes choix artistiques, mettant en évidence une réflexion critique et un cheminement réfléchi.

    ++

    4.1 – Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques

    J’ai du mal à reconnaître les a priori et les stéréotypes culturels et artistiques présents dans mon travail et dans les œuvres étudiées.

    J’identifie certains a priori et stéréotypes, mais ai du mal à les dépasser dans ma pratique artistique.

    +-

    J’identifie de manière fiable les a priori et les stéréotypes culturels et artistiques, et fais des efforts pour les dépasser dans ma création artistique.

    +

    Je repère, analyse et dépasse de manière critique les a priori et les stéréotypes culturels et artistiques, en faisant preuve d’une démarche réflexive approfondie.

    ++


    Références au programme du cycle 3


    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • la ressemblance : découverte, prise de conscience et appropriation de la valeur expressive de l’écart dans la représentation,

    Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace :

    • l’hétérogénéité et la cohérence plastiques : les questions de choix et de relations formelles entre constituants plastiques divers, la qualité des effets plastiques induits ; le sens produit par des techniques mixtes dans les pratiques bidimensionnelles.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.3 – Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
    • 1.4 – Intégrer l’usage des outils informatiques de travail de l’image et de recherche d’information, au service de la pratique plastique.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité

    • 3.2 – Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.1 – Repérer, pour les dépasser, certains a priori et stéréotypes culturels et artistiques.

    *Image mise en avant de Alexey Demidov – pexels.com

  • I’m not there

    I’m not there

    Concevez sous la forme d’une carte mentale et de croquis puis réalisez une image photographique d’un sujet qui n’est plus présent.

    #absence #présence

    Objectifs

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • réaliser une image en mettant en évidence la notion d’écart
    • comprendre que l’image de la réalité diffère de la réalité.
    • utiliser et découvrir différents médiums.

    Questions

    En quoi l’écart entre le référent et sa représentation peut-il être source d’expression ou de valeur expressive ? Dans quelle mesure l’interprétation du spectateur peut-elle rendre autonome l’image photographique ? En quoi une représentation photographique peut-elle s’affranchir du monde visible ?

    Références artistiques possibles

    • Panneau des chevaux ponctués, grotte de Pech Merle, 3,60 × 1,65 m, -25000 ans
    • Eugène ATGET, Au Petit Dunkerque, 3 quai Conti, tirage entre 1898 et 1913 d’après négatif entre 1898 et 1900, photographie positive sur papier albuminé, d’après négatif sur verre. {BnF
    • Richard LONG*, A Line Made by Walking, Angleterre, 1967
    • Dennis OPPENHEIM*, Annual Rings, à la frontière États-Unis/Canada à Fort Kent, schéma de cercles d’âge d’arbre sectionnés par une frontière politique, 1968
    • Le photographe espagnol Pol ÚBEDA HERVÀS (http://www.flickr.com/photos/polubeda/) s’est lancé dans un projet intitulé I’m not there (2012). Le concept : des autoportraits dans lesquels n’apparaît que son ombre, ainsi que ses chaussures, seule trace de sa présence réelle. L’artiste explique que l’idée lui est venue après des changements dans sa vie qui l’ont amené à s’interroger sur son identité.
    • Kader ATTIA, Flying rats, installation, grillage (volière), mannequins en graines, pigeons vivants, 2005 – 8e Biennale de Lyon en 2008
    • Philippe RAMETTE, L’ombre (de moi-même), 2007, installation lumineuse, dimensions variables
    • Boushra ALMUTAWAKEL, La disparition, 8 photographies, 2009

    *Le Land Art propose une action à la fois monumentale, minimale et conceptuelle, du traitement artistique du paysage. Les artistes interviennent sur ou dans le paysage et le modifient de manière provisoire ou durable. Ils veulent établir une communication intime avec la nature, éloigner l’art des musées et des galeries. Ils s’inspirent des sites archéologiques et sacrés. Certains ajoutent à leurs œuvres des éléments étrangers, d’autres se contentent d’utiliser les matériaux existants. La photo, la vidéo et le dessin sont employés pour témoigner, pour garder trace, des œuvres réalisées. Cf. Christo, Walter De Maria, Michael Heizer, Richard Long, Robert Smithson.

    Vue du panneau des chevaux ponctués, grotte de Pech Merle
    Richard LONG, A Line Made by Walking, Angleterre, 1967
    Pol ÚBEDA HERVÀS, I’m not there, 2012

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive

    J’ai du mal à m’engager dans une réflexion artistique personnelle et à établir des liens avec ma propre pratique.

    Je commence à explorer des questions artistiques, mais ai des difficultés à les approfondir de manière réflexive.

    +-

    Je m’approprie des questions artistiques en les reliant à ma pratique et en développant une réflexion personnelle.

    +

    Je fais preuve d’une réflexion approfondie et originale sur mon travail artistique, en m’appropriant des questions artistiques complexes.

    ++

    2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique

    J’ai du mal à faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité et d’engagement dans la conduite de mon projet.

    Je fais preuve d’autonomie, d’initiative et d’engagement dans la conduite de mon projet artistique, mais ai besoin de plus de maturité et d’esprit critique.

    +-

    Je fais preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite de mon projet artistique.

    +

    Je dirige de manière autonome et responsable mon projet artistique, en faisant preuve d’un esprit critique avancé et d’un engagement soutenu.

    ++

    2.5 – Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci

    Je ne confronte pas mon projet à ma réalisation et ne parviens pas à l’adapter ou à le réorienter en conséquence.

    Je commence à confronter mon intention artistique avec la réalisation de mon projet, mais ai besoin de plus de pratique pour l’adapter ou le réorienter de manière satisfaisante.

    +-

    Je confronte mon intention artistique avec la réalisation de mon projet et ajuste ou réoriente ma démarche pour assurer la dimension artistique de celui-ci.

    +

    J’articule avec maîtrise la confrontation entre mon intention artistique et la réalisation de mon projet, en adaptant ou en réorientant ma démarche avec justesse pour garantir une dimension artistique convaincante.

    ++


    Références au programme du cycle 4


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la ressemblance : les images artistiques et leur rapport à la fiction, notamment la différence entre ressemblance et vraisemblance
    • l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation : l’autonomie de l’œuvre vis-à-vis du monde visible
    • la création, la matérialité, le statut, la signification des images : l’appréhension et la compréhension de la diversité des images ; leurs propriétés plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques ; les différences d’intention entre expression artistique et communication visuelle, entre œuvre et image d’œuvre

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer

    • 1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • 1.5 – Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • 2.5 – Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.4 – Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    *Photographie mise en avant I’m not there de Pol ÚBEDA HERVÀS

  • Ombres (d’apparence trompeuse)

    Ombres (d’apparence trompeuse)

    Comme pure représentation de l’esprit humain, l’art s’exprimera dans une forme esthétique purifiée, c’est-à-dire abstraite.

    Piet MONDRIAN

    Réalisez une construction en volume en suivant les points suivants :

    1. Collectez des images plates, des silhouettes d’un objet du quotidien par projection de son ombre portée sur un support papier (exemple ci-dessus). Affirmez l’écart entre l’objet référent et son image : expérimentez, en faisant varier les paramètres (: source lumineuse, positionnement de l’objet, positionnement du support, en recherchant la singularité, l’expressivité, le pouvoir de suggestion des formes révélées).
    2. À partir des images obtenues et choisies : formes simples noires sur un support plan blanc :
      • recherchez une forme sculpturale en arrangeant, combinant, juxtaposant les silhouettes précédemment obtenues,
      • imaginez sa construction en volume (son élévation, son développement dans l’espace) qui jouerait de nouveau sur les distorsions possibles, pensez aux matériaux, aux couleurs utilisées,
      • dessinez la sculpture, annotez vos dessins.
    3. Proposez la maquette de votre projet de sculpture.

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • s’approprier une démarche, un projet,
    • utiliser l’ombre pour construire du sens,
    • être attentif aux effets produits par l’expérimentation (déformation, exagération, distorsion, exagération…), être sensible au statut des images, la fabrication des images, leur rapport au réel,
    • saisir que pour une même image, il existe plusieurs représentations et interprétations possibles,
    • comprendre l’écart entre le référent et son image,
    • comprendre les différents niveaux d’interprétation : esthétique, psychologique, symbolique, poétique, historique, ethnologique de l’ombre.

    Questions

    En quoi les objets du quotidien peuvent-ils devenir le matériau principal de l’œuvre d’art ? Comment le plasticien peut-il tirer parti des formes d’objets ? Dans quelle mesure les jeux d’ombre font-ils sens dans une œuvre ? En quoi l’écart entre le référent et sa représentation peut-il être une source d’expression ?

    1- Man RAY, La Femme, 1920, photographie, 38,8 × 29,1 cm, Centre Pompidou, Paris
    2- Markus RAETZ, Nach Man Ray, 2005, objets cylindriques en fonte bleue, mécanisme de rotation, 53 × 28 × 26 cm

    Références artistiques

    • Jean-Baptiste REGNAULT, L’Origine de la Peinture, 1786, huile sur toile, 120 × 140 cm, à voir comme contre-exemple
    • Jean-Léon GÉRÔME, Consummatum est, 1867, peinture à l’huile, 82 × 144,5 cm – https://fr.wikipedia.org/wiki/Consummatum_est
    • Hans ARP, La mise au tombeau des oiseaux et papillons, Portrait de Tristan Tzara, 1916-17, bois peint, 40 × 32, 5 × 9, 5 cm
    • Man RAY, La Femme, 1920, photographie épreuve gélatino-argentique, 38,8 × 29,1 cm, Centre Pompidou, Paris
    • László MOHOLY-NAGY, Modulateur-espace-lumière, 1930, métaux divers, matière plastique, bois, 151 × 70 × 70 cm
    • Pablo PICASSO, La Femme au jardin, 1929-1931, fer soudé par Picasso puis bronze réalisé par Julio González, Madrid, Museo National Centro de Arte Reina Sofia
    • Sergueï EISENSTEIN, Ivan Le Terrible, 1945, première partie
    • Pablo PICASSO, Sans titre, Daley Plaza, Chicago, 1967, sculpture, 15 m de haut, acier corten, 147 tonnes
    • Keith HARING, Boxers, 1987, acier peint, 4,80 m de haut, Postdamer Platz, Berlin
    • Christian BOLTANSKI, Les Ombres, 1987, installation, bougies et figurines sur équerres, dimensions variables
    • Tim NOBLE et Sue WEBSTER, Instant Gratification, 2001, billets américains de 1 $, pinces métalliques, MDF, formica, Perspex (plaques acryliques), 3 ventilateurs électriques, mécanisme de machine à sous, jetons en plastique, projecteur de lumière, 76,3 × 76,3 × 222,5 cm
    • Fred EERDEKENS, Neo Deo, 2002, matériaux synthétiques, projecteur, 1400 × 400 cm
    • Markus RAETZ, Nach Man Ray, 2005, 2 objets cylindriques en fonte bleue, mécanisme de rotation, 53 × 28 × 26 cm
    • Philippe RAMETTE, L’Ombre (de moi-même), 2007, installation lumineuse, technique mixte, dimensions variables
    • Kumi YAMASHITA, Origami, 2011, 99 feuilles de papier froissé révélant le profil individualisé de 99 personnages grâce à une mise en forme du papier et une lumière rasante


    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.6 – Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création

    Je n’exploite ni les informations ni la documentation iconique, pour soutenir mon projet.

    Je commence à recourir aux informations et à la documentation, notamment iconique, mais ai besoin de plus de pratique pour les intégrer de manière cohérente dans mon projet artistique.

    +-

    J’exploite les informations et la documentation, en particulier iconique, pour nourrir et enrichir mon projet de création.

    +

    J’utilise avec attention les informations et la documentation, notamment iconique, en les intégrant de manière perspicace et créative dans mon projet artistique.

    ++

    2.3 – Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles

    J’ai du mal à me repérer dans les différentes étapes de réalisation d’une production plastique et n’anticipe pas les difficultés éventuelles.

    Je commence à me repérer dans les étapes de réalisation d’une production plastique, mais ai besoin de plus de pratique pour anticiper les difficultés.

    +-

    Je me repère dans les étapes de réalisation et anticipe les difficultés éventuelles lors de ma création artistique.

    +

    Je planifie et organise efficacement les étapes de réalisation de ma production plastique, en anticipant habilement les difficultés et en ajustant ma démarche en conséquence.

    ++

    4.2 – Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique

    Je n’identifie pas les caractéristiques permettant de situer une œuvre dans son contexte géographique, culturel ou historique.

    Je repère certaines caractéristiques permettant de situer une œuvre dans son contexte, mais celles-ci restent peu précises.

    +-

    J’identifie de manière fiable les caractéristiques plastiques, culturelles, sémantiques et symboliques situant une œuvre dans un contexte.

    +

    J’identifie avec précision et finesse les caractéristiques inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, démontrant ainsi une connaissance approfondie et nuancée de celle-ci.

    ++


    Références au programme du cycle 4


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la ressemblance : le rapport au réel et la valeur expressive de l’écart en art
    • l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation : l’autonomie de l’œuvre vis-à-vis du monde visible

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer

    • 1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • 1.6 – Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.3 – Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
    • 2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité

    • 3.2 – Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.2 – Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
  • L’ombre au-delà de l’objet

    L’ombre au-delà de l’objet

    — Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière. Ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête. La lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux. Entre le feu et les prisonniers passe une route élevée. Imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.
    — Je vois cela.
    — Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d’hommes et d’animaux, en pierre, en bois et en toute espèce de matière. Naturellement, parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent.
    — Voilà, un étrange tableau et d’étranges prisonniers.
    — Ils nous ressemblent, répondis-je. Penses-tu que dans une telle situation ils n’aient jamais vu autre chose d’eux mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ?

    Extrait de l’Allégorie de la caverne de Platon, livre VII de la République, entre 384 et 377 avant J.-C.

    L’ombre est menteuse. Proposez un dispositif : source lumineuse, objet·s, écran qui donne à voir autre chose d’autre que l’ombre portée de ou des objets.

    #dispositif #image #ombre #écart

    Méthodologie

    1. Collectez quelques objets du quotidien.
    2. Éclairez-les afin d’obtenir leurs ombres portées sur un écran (: support papier, mur, etc.).
    3. Modifiez la source lumineuse, le positionnement des objets, le positionnement du support, afin de rechercher la singularité, l’expressivité, le pouvoir de suggestion de ces ombres.
    4. Fixez la position des objets qui donne à voir une ombre suggestive tout en s’éloignant des formes des objets référents.
    5. Photographiez l’ensemble.

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • utiliser l’ombre et la lumière pour construire du sens,
    • être attentif aux effets produits par l’expérimentation (déformation, exagération, distorsion, exagération…), être sensible au statut des images, la fabrication des images, leur rapport au réel,
    • saisir que pour une même image, il existe plusieurs représentations et interprétations possibles,
    • comprendre les différents niveaux d’interprétation : esthétique, psychologique, symbolique, poétique, historique, ethnologique de l’ombre.

    Questions abordées

    En quoi les objets du quotidien peuvent devenir le matériau principal de l’œuvre d’art ? Comment le plasticien peut-il tirer parti des formes d’objets ? Dans quelle mesure les jeux d’ombre et de lumière créent-ils une image pleine de sens ? Quel effet produit l’utilisation de l’ombre et de la lumière dans l’art ?

    Références artistiques possibles

    • William Henry FOX TALBOT, Rameau d’Asparagus, vers 1840, photogramme, 22,9 × 18,4 cm
    • MAN RAY, Rayogramme – Pistolet, 1923, photogramme signé et numéroté, 29,5 × 24 cm, BnF, Paris,
    • Làszlo MOHOLY-NAGY, Modulateur-espace-lumière, 1922-1930, métaux divers, plastique et bois, 151 × 70 × 70 cm
    • Christian BOLTANSKI, 7 Bougies – Les Ombres, 1987, cuivre oxydé, fil, étain, argile, aluminium, bougies et cire, 7 éléments de 30 × 31 × 4 cm
    • Shigeo FUKUDA, Lunch with a helmet on, 1987, 844 couverts soudés (fourchettes, cuillères et couteaux en acier inoxydable), 186x × 79 × 108 cm
    • Tim NOBLE Tim et Sue WEBSTER Sue, Instant Gratification, 2001, billets américains de 1 $, pinces métalliques, MDF, formica, Perspex (plaques acryliques), 3 ventilateurs électriques, mécanisme de machine à sous, jetons en plastique, projecteur de lumière, 76,3 × 76,3 × 222,5 cm
    • Fred EERDEKENS, Neo Deo, 2002, matériaux synthétiques, projecteur, 1400 × 400 cm
    • Mounir FATMI, Save Manhattan 01, 2003, livres, élastiques, projecteurs, environ 150 × 90 cm
    • Philippe RAMETTE, L’ombre de moi-même, 2007, installation lumineuse, technique mixte, dimensions variables
    • Claude LEVÊQUE, The Diamond Sea, 2010, dispositif in situ, objets, suspensions, profils découpés en inox polimiroir, lumières (projecteurs LED, lumière noire, projecteurs blancs, boule disco, stroboscope…), diffusions sonores (voix, musiques, bruits), murs peints en noir, Centre Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon, Sète
    • Kumi YAMASHITA, Chair, 2010, une forme découpée, fixée au mur, sert de chaise à l’ombre d’un corps humain qu’elle projette
    • Kumi YAMASHITA, Origami, 2011, 99 feuilles de papier froissé révélant le profil individualisé de 99 personnages grâce à une mise en forme du papier et une lumière rasante
    • Samuel ROUSSEAU, L’Arbre et son ombre, 2012, installation vidéo projetant des ombres portées sur un arbre réel et un écran et retraçant le cycle complet de la vie de l’arbre au fil des saisons

    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • la ressemblance : le rapport au réel et la valeur expressive de l’écart en art
    • le dispositif de représentation : l’espace en deux dimensions (littéral et suggéré) ; l’espace en trois dimensions (différence entre structure, construction et installation), l’intervention sur le lieu, l’installation

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • l’objet comme matériau en art : la transformation, les détournements des objets dans une intention artistique ; la sublimation, la citation, les effets de décontextualisation et de recontextualisation des objets dans une démarche artistique
    • les représentations et statuts de l’objet en art : la place de l’objet non artistique dans l’art ; l’œuvre comme objet matériel, objet d’art, objet d’étude

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Composantes théoriques

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photographie de Ron LACH – pexels.com

  • Quel bel arbre !

    Quel bel arbre !

    Après avoir réalisé en extérieur plusieurs croquis d’arbres et participé aux échanges sur les notions d’écart et de ressemblance, représentez un « bel arbre ».

    #dessin #ressemblance #écart

    Questions

    En quoi la représentation à l’identique du réel est-elle une impasse ? Quelle valeur donner à l’écart entre la représentation et son référent ? Dans quelle mesure l’écart entre le référent et sa représentation peut-il être une source d’expression ?

    Objectifs

    Les objectifs de cette séquence sont d’amener les élèves à :

    • s’emparer du réel pour s’exprimer de manière personnelle et singulière
    • prendre conscience de la valeur expressive de l’écart dans la représentation

    Références artistiques possibles

    • Lucas CRANACH l’Ancien, Adam et Ève, 1526, huile sur érable, 117 × 80 cm
    • Vincent Van GOGH, Les Oliviers, 1889, série de peintures
    • Gustav KLIMT, L’Arbre de Vie, Frise Stoclet, 1909, 9 cartons, 102 × 195 cm, Musée des arts appliqués
    • Paul RANSON, La Clairière, 1895, huile sur toile, 60 × 80 cm
    • Piet MONDRIAN, L’arbre argenté, 1911, huile sur toile, 78,50 × 107,5 cm, Musée municipal de La Haye, Pays-Bas
    • Jean DUBUFFET, Arbre biplan, 1969, époxy peint sur polyuréthane, 470 × 510 × 440 cm
    • Choï JEONG-HWA, Flower Tree, 2003, sculpture de 3 m de haut
    • Pierre MALPHETTES, Un Arbre en bois sous un soleil électrique, 2005-2007, bois, acier, tapis, lampe, 300 × 600 × 700 cm
    • Henrique OLIVEIRO, Baitogogo, 2013-2016, sculpture, Palais de Tokyo, Paris

    Questionnement(s)

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance – les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    * Bryan Nash GILL, Woodcuts, 2012, empreinte

  • Me, Myself & I

    Me, Myself & I

    Réalisez votre portrait (autoportrait) avec l’appareil photo numérique ou l’iPad de la classe puis démultipliez-le 3 fois. Retravaillez-le numériquement ou sur impression papier.
    Votre production Me, Myself & I soutient une intention que vous expliquerez et questionnera éventuellement les limites de la ressemblance, les écarts entre le portrait et son modèle.

    Lors de la mise en commun, vous exprimerez à l’oral avec un vocabulaire approprié vos intentions artistiques de votre réalisation et établirez des liens entre votre travail et les œuvres ou démarches rencontrées en classe.

    Vocabulaires : ressemblance, représentation, écart, figuration, dé-figuration, portrait, identité, etc.

    BnF portraits / visages : http://expositions.bnf.fr/portraits/

    Portraits
    Portraits, Léa et Marion

    Références artistiques possibles :

    • Hippolyte BAYARD, Autoportrait en noyé, 1840, photographie.
    • Roman OPALKA, 1965/1 – ∞ – Détail photographique, photographie.
    • Lee FRIEDLANDER, New York City, 1966, photographie.
    • Michel JOURNIAC, Hommage à Freud – Constat critique d’une mythologie travestie, 1972, quatre photographies.
    • Lucas SAMARAS, Photo-Transformation, 1973-1976, Polaroid SX-70.
    • Roman CIESLEWICZ, Fernando Arrabal, 1974, photographie.
    • Cindy SHERMAN, Untitled Film Still, 1975, photographie.
    • Dieter APPELT, Autoportrait au miroir, 1978, photographie.
    • Jeff WALL, Picture for women, 1979, photographie.
    • Nancy BURSON, Second composite (Jane Fonda, Jacqueline Bisset, Diane Keaton, Brook Shields and Meryl Streep), 1982, photographie.
    • Thomas RUFF, Portrait Ralph Müller, 1986, photographie.
    • Yves TRÉMORIN, Jean-Claude, 1986, photographie.
    • Pierre HUYGHE, Chantier à Barbès-Rochechouart, 1994, photographie.
    • Duane MICHALS, Dr Heisenberg’s Magic Mirror of Uncertainty, 1998, photographies.

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

    Duane MICHALS, Andy Warhol, 1972
  • Selfiction

    Selfiction

    Au préalable les élèves sont invités à apporter un selfie maison.
    Présentez (analysez) quelques selfies.
    Quels sont les codes récurrents ? Quels éléments caractéristiques retrouve-t-on ?

    Questions :
    En quoi un selfie n’est-il pas un autoportrait ? Dans quelle mesure un autoportrait peut-il être fictionnel ? Une photographie montre-t-elle toujours le réel, la réalité ?
    Quel écart existe-t-il entre la photographie et la réalité ? Une photographie peut-elle être fictionnelle ?

    Réalisez une photographie qui donne sens au terme : « selfiction ».
    Préalablement, analysez le terme « selfiction » sous la forme d’une carte heuristique et effectuez des recherches sur l’autoportrait. Concevez votre projet sans oublier de l’accompagner de croquis.

    Objectifs d’apprentissage :
    Questionner la réalité de l’image.
    Aborder les codes/ conventions/ normes, la nature, fonctions/ finalités (publication) d’une image.

    George HARRISON, Fisheye self-portrait in India, septembre 1966

    Références possibles :

    • Le CARAVAGE, Narcisse, vers 1597-1599, huile sur toile, 110 x 92 cm, galerie nationale d’art ancien, Rome
    • Hippolyte BAYARD, Autoportrait en noyé, octobre 1840, premier autoportrait exploité comme une fiction
    • Christian BOLTANSKI, Dix portraits de Christian Boltanski, photographies, 1972
    • Cindy SHERMAN, Untitled Film Still, photographies, 1978
    • Gordon DOUGLAS, Monster, diptyque photographique, 1997
    • Philippe RAMETTE, L’ombre de moi-même, installation, 2006
    • Nina KATCHADOURIAN, Lavatory Self-Portraits in the Flemish Style, photographies, 2010
    • Roman OPALKA, Autoportraits 1965/ 1 – ∞,  photographies, 1965-2011
    • Aki HOSHIDE, Space selfie, 5 septembre 2012
    • Barack OBAMA & David CAMERON, Selfie à la cérémonie d’hommage à Nelson MANDELA, 11 décembre 2013
    • Olivia MUUS, Selfie museum, série photographique contemporaine, 2014

    Mots clés :
    cadrage, limite(s), autoportrait, mise en scène, fiction, point de vue, profondeur de champ/champ/hors champ, code/convention/norme/cliché/stéréotype, égo-portrait.

    (Sujet proposé sur le site académique de Grenoble par Chantal Ferrand et Romuald Masset)


    Introduction du portrait dans l’histoire de l’art classique

    Le portrait et ses différents médiums : peinture, dessin, sculpture.
    L’évolution du portrait : le portrait religieux qui représente le divin donc le non visible, les portraits royaux, les portraits bourgeois…
    Les liens avec l’autobiographie et son développement au XIXe siècle en relation avec les sciences humaines.
    Les évolutions technologiques et créatives, la photographie et son principe de reproduction, la vidéo.
    Le portrait questionne l’identité et interroge le concept de la représentation.

    En quête de soi

    Les avant-gardes ont œuvré à l’édification d’un monde nouveau et ont relégué au second plan le sujet : le motif autant que l’individu. Dans l’après-guerre, temps des failles et de la désillusion, on tente de reconstruire le monde autour de l’homme, celui qui s’exprime comme celui qu’on représente. On constate un retour dans les œuvres à des formes qui révèlent un rapport au monde individualisé.
    Photographie et psychanalyse transforment radicalement les enjeux du portrait, interrogent la fonction d’identité et exhibant les conflits internes qui tiraillent l’individu et menacent son intégrité.

    Autoportrait

    Apparu à la fin du Moyen Âge, ce genre obéit pour l’artiste à des motivations diverses : pallier l’absence d’autre modèle, se présenter dans une position sociale, sonder le mystère de son être.
    Dans le prolongement de cette tradition, Picasso multiplie les représentations du peintre au travail face à son modèle, mêlant souvent l’autoportrait professionnel à l’intimité de la relation amoureuse.
    Francis Bacon tente de saisir la matière mouvante de son propre visage.
    Beckmann avec ses 80 autoportraits réalisés entre 1899 et 1950 se situe dans la filiation de Rembrandt : la vision qui se dégage de l’ensemble est celle d’une existence frappée de discontinuité, d’un individu aux prises avec les aléas de l’histoire et avec ses propres troubles.
    En 1948-49 Warhol se dessine avec un doigt dans le nez, corrigeant ironiquement ce visage qu’il n’a pas choisi.  » Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n’avez qu’à regarder la surface de mes peintures, de mes films, de moi. Me voilà. Il n’y a rien dessous. « .
    Orlan et sa pratique artistique : transformation de son corps, prothèses (lien avec la performance et le corps de l’artiste).

    Double  » je « 

    S’inventer un double et s’observer peut fournir un moyen d’assumer les multiples facettes de sa personnalité.
    Chez Ernst dans un cycle de collage au début des années 30, il représente la figure de Loplop alias Hornebom alias Max Ernst. Par ce jeu d’identification, les frontières du sujet s’estompent.
    Le dédoublement, l’artifice seul permet encore le portrait par une mise à distance. L’artiste est dans son œuvre, sans toutefois y être totalement.
    Les artistes Gilbert & George cultivent également l’ambiguïté avec leurs ressemblances vestimentaires et physiques et multiplient les effets de permutation dans leurs compositions photographies fondées sur la répétition et la symétrie.

    Jeux de genres et jeux de rôles

    Duchamp s’invente un double féminin Rrose Sélavy et affuble La Joconde de moustaches.
    Pierre Molinier dans la mouvance surréaliste poursuit avec ses photographies une identité morcelée : il s’y compose un personnage androgyne.
    Dans ce travail sur soi passant par la métamorphose du corps : dès lors ce n’est plus tant l’identité qui est questionnée (quoique le visage soit recouvert de peinture comme chez Bruce Nauman) mais l’existence physique.
    L’œuvre de Cindy Sherman prise dans son ensemble se présente comme une vaste galerie de personnage et de rôle qu’elle-même campe au prix de déguisements qui la rendent plus ou moins méconnaissable. Caméléon, elle arpente les scènes de la peinture ancienne, les films hollywoodiens, suggérant des bribes de narration laissées en suspens. Ce goût du travestissement ramène aux déguisements de l’enfance n’en est pas moins inquiétant par la scission de la personnalité qu’il suggère.
    Bruce Nauman quand il se filme en train de faire des grimaces, se moque autant de lui même que de la croyance dans le pouvoir de transformation de l’art.
    Les vidéos de Pierrick Sorrin le montrent dans des situations inconfortables voir grotesques et dénigrent la figure de l’artiste.

    Mythologies personnelles et enquêtes de soi

    Le nouveau roman est un nouveau type de narration où l’auteur ancre son récit dans le quotidien et se consacre à traduire une réalité psychologique que le personnage classique est devenu incapable de contenir.
    Des artistes s’approchent de cette conception du récit, comme on le voit dans les biographies fictives construites de Boltanski ou d’Annette messager. Ils travaillent sur des données personnelles si communes que chacun peut y reconnaître une part de lui-même (enfance, image sociale de la femme…).
    Valérie Mréjen réalise des films, elle fait des portraits en demandant à des personnes de raconter leurs histoires qui font écho à la sienne (en lien avec ses origines).

    Auto-fictions

    Sophie Calle et son œuvre plus évidemment autobiographique fonctionnent sur des transferts d’intimité (Douleur exquise, No sex last night…).
    La photographe Nan Goldin rassemble depuis 1969 les pièces d’une autobiographie photographique : ses images documentent crûment sa vie intime et celle de son entourage.
    Joel Bartoloméo enregistre en vidéo ses relations avec sa famille et son quotidien.
    La distance entre l’art et le réel s’amenuise jusqu’à disparaître (relation également avec la littérature française actuelle : Angot…)
    Liens également avec les vidéos faites par des amateurs en ligne sur internet (dailymotion, youtube…).

    Le portrait et la réalité

    Le réalisme du portrait interroge ce qui nous nous détermine ? Notre physique, notre nom, l’endroit où nous sommes nés, là où l’on vit ?
    Écart entre ce que nous croyons être, ce que nous voulons être, ce qu’autrui perçoit de nous : histoire de voir et d’être vu.
    Le portrait dans notre société
    Photographie d’identité nécessaire sur nos papiers pour nous  » reconnaître « .
    Le portrait robot.
    L’identité personnelle et collective : aujourd’hui nous vivons dans un système de surveillance : vidéosurveillance avec les caméras dans les espaces publics, le fichage avec les téléphones portables et cartes bancaires.
    Relation au voyeurisme et son retentissement dans les médias (la télé-réalité).


    • Questionnements :
      La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation – la narration visuelle.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
      Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
      Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
      Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
      Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
    • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
      Prendre part au débat suscité par le fait artistique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine