Étiquette : Diptyque

  • Le collège en 2 ou 3 photos

    Le collège en 2 ou 3 photos

    Vous n’avez que deux ou trois photographies pour raconter votre collège.

    #photographie #cadrage #point de vue #temps #lieu #action

    Méthodologie

    • À l’aide de l’iPad, vous réaliserez donc deux photographies au sein du collège, mais attention, vos prises de vue anticiperont une cohérence plastique ou thématique afin d’instaurer un dialogue, de tisser un lien narratif lors du rapprochement des deux images.
    • Vous mettrez ensuite en page vos photos sans les retoucher en utilisant les applications PicFrame ou ComicBook! afin d’obtenir un polyptyque photographique (: œuvre artistique en plusieurs parties).
    • Enfin, vous légenderez votre réalisation.

    Questions

    En quoi la volonté de raconter – quel que soit le médium – induit-elle une organisation, une syntaxe, des codes ? Comment votre intention initiale devient-elle lisible aux yeux du spectateur ? Le polyptyque photographique propose-t-il de lui-même un ordre de lecture ? La légende dirige-t-elle la compréhension de votre réalisation ?

    « La juxtaposition de deux fragments de film ressemble plus à leur produit qu’à leur somme. »
    _ Sergei EISENSTEIN, Hors-cadre, février 1929 et Les Cahiers de l’Art, 1930.

    Références artistiques possibles

    Piero della FRANCESCA (1412-1492), Double portrait des ducs d’Urbino, vers 1473, tempera et huile sur bois, 47 x 33 cm, Musée des Offices, Florence.

    Le CARAVAGE, Narcisse, 1597-1599, huile sur toile, 110 x 92 cm, Galleria Nazionale d’Arte Antica, Rome.

    James ROSENQUIST, President Elect, 1960-1961, huile sur isorel, 228 x 366 cm, Centre Pompidou, Paris

    Andy WARHOL (1928-1987), Marylin Diptych, 1962, acrylique sur toile, 205 x 145 cm, Tate Gallery, Londres.

    Christian BOLTANSKI, L’Album de la famille D, 1971, installation, 150 tirages noir et blanc encadrés de fer blanc, 220 x 450 cm.
    « Nous n’apprenons rien sur ce qu’a été la vie de la famille pendant vingt-cinq ans, ces images de rituels familiaux nous renvoient à nos propres souvenirs, à nous-mêmes, tous les albums de photos, à l’intérieur d’une société donnée, sont à peu près identiques, ils ne représentent pas la réalité, mais la réalité de l’album de photos. »
    _ Christian Boltanski, les modèles – cinq relations entre texte & image, entretien avec Irmeline Lebeer, 1979.

    Duane MICHALS, Things are queer, suite de neuf photographies, 1973.
    Les jeux entre les espaces perçus et les changements d’échelle lors de la lecture des différentes images font perdre les repères au spectateur, plaçant le spectateur en face des contradictions entre ce qui est vu et ce qu’il pense voir.

    Mac ADAMS, The Mysteries, 1973-1980, série photographique. http://www.macadamsstudio.com

    Sophie CALLE , La filature, 1981, diptyque composé de textes et de photographies, Centre Pompidou, Paris.
    « Selon mes instructions, dans le courant du mois d’avril 1981, ma mère s’est rendue à l’agence Duluc détectives privés. Elle a demandé qu’on me prenne en filature et a réclamé un compte rendu écrit de mon emploi du temps ainsi qu’une série de photographies à titre de preuves. » Le récit à double-voix pose la question de la subjectivité. Qui observe qui ?

    Bill VIOLA, Nantes Triptych, installation vidéo, 1992.
    Nantes Triptych se compose de 3 écrans vidéos : une femme enceinte en train d’accoucher, une femme très âgée qui s’éteint progressivement et au centre un homme qui plonge sous l’eau et se maintient en apnée. Le spectateur est immédiatement plongé au cœur de l’œuvre : le cycle de la naissance, de la mort et de la renaissance, figures archétypales qui sont au centre du travail de l’artiste.

    Jacques MONORY, Robert Aldrich, 1991, acrylique sur toile, 178 x 232 cm
    Wolfgang TILLSMAN, vue de l’exposition 1991-2011: 20 Jahre Gegenwart, MMK, Frankfurt am Main

    Questionnement(s)

    • La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5)

    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5)

    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    Exemples

    Les liens narratifs s’organisent entre deux images, en fonction de données formelles et de traits pertinents sélectionnés dans l’une et l’autre image, par référence au répertoire du lecteur et empruntent aux figures stéréotypées véhiculées par les codes de la société. Orientée par la deuxième image, l’image première admet, dans chaque séquence, une lecture différente comme si elle était légendée différemment.

  • Je regarde le monde

    Je regarde le monde

    « Je regarde le monde »
    Sous la forme d’un diptyque numérique, vous créerez un dialogue entre deux écrans vidéo pour donner à voir ce que nous ne voyons plus à force de le regarder.

    « La juxtaposition de deux fragments de film ressemble plus à leur produit qu’à leur somme. » Sergei EISENSTEIN
    _ Hors-cadre, Postface au Cinéma japonais de Nikolaï Kaufman, Tea-Kino-petchat, février 1929, pp. 72-92 ; Les Cahiers de l’Art, 1930, n°1 et n°2 (sous le titre Le principe cinématographique et la peinture japonaise).

    Remarques :

    Filmer à partir d’un téléphone permet plus que d’autres appareils vidéo de rendre visible des instants fugitifs, pris sur le vif. Une caméra vidéo classique impose la décision de filmer à un moment choisi alors que cet outil permet de filmer des moments spontanés.

    Dans ce projet-là, il n’y a pas spécialement d’écriture, essayez tout de suite de répondre à la demande en faisant de petites séquences dans le genre journal extime* filmé : regarde ce que je vois, regarde ce que je fais, puis analysez-les afin de dégager un élément, une notion ou une idée qui vous serviront de lien sémantique** pour créer le dialogue avec la deuxième vidéo qui vous restera alors à filmer.

    *Extime : relatif à la part d’intimité qui est volontairement rendue publique notamment par l’usage du réseau social.
    ** Sémantique : adj. relatif à l’étude du sens.

    Aspects techniques : les contraintes de l’outil et les défauts du médium : séquence limitée, son d’une qualité moyenne, problème d’export et de postproduction… Problématique des réseaux sociaux.

    Verbalisation : rappel de quelques règles à respecter (lois), téléphone comme outil de création, film en correspondance, extimité, videoblog, vocabulaire lié au cinéma…

    Mots clefs : vidéo numérique, travaux d’élèves, usage du numérique (: créer, produire, traiter, exploiter des données), mise en scène, narration…


    Commentaires audio de Gus Van Sant : les « non moments » dans le cinéma,
    On aura tout vu, émission du 19 octobre 2007 sur France Inter.

    Filmographie de Gus Van Sant : Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot (2018), The Sea of Trees (2015), Promised Land (2012), Restless (2011), Harvey Milk (2008), Paranoid Park (2007), Last Days (2004), Elephant, Palme d’or et Prix de la mise en scène au Festival de Cannes (2003), Gerry (2002), À la rencontre de Forrester (2000), Psycho (1998), Will Hunting (1997).


    • Questionnement(s) :
      La représentation ; images, réalité et fiction : le dispositif de représentation – la narration visuelle.
      L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur : la relation du corps à la production artistique – les métissages entre arts plastiques et technologies numériques.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique. Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
      Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine