« Oppressant, menaçant, sombre, inquiétant, écrasant, déstabilisant, labyrinthique, angoissant… »
Après avoir lu les articles disponibles au CDI concernant l’Expressionnisme allemand (Cf. Otto DIX, Ernst Ludwig KIRCHNER, Emil NOLDE, Erich HECKEL) et visionné des extraits du Cabinet du Dr Caligari de Robert WIENE (1920), réalisez un décor architectural imaginaire du cabinet du maléfique docteur inspiré par la liste de mots ci-dessus (une maquette de 20 cm maximum dans sa plus grande dimension).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cabinet_du_docteur_Caligari

Le Cabinet du docteur Caligari
Film expressionniste* et muet allemand de Robert Wiene sorti en salles en 1920
Dans une fête foraine, vers 1830, le docteur Caligari exhibe Cesare, un somnambule. Celui-ci prédit à un étudiant, Alan, qu’il vivra jusqu’à l’aube. Il est en effet assassiné dans son lit. Son ami Francis soupçonne Caligari. La jeune fille que convoitaient Alan et Francis est enlevée par Cesare. Poursuivi, le somnambule s’écroule après avoir abandonné son fardeau. Francis poursuit Caligari qui se réfugie dans un asile de fous, dont Caligari s’avère être le directeur, et Francis un des patients ainsi que la jeune fille convoitée…
À propos des décors
À Berlin naît en 1910 la revue Der Sturm qui compte parmi ses membres les trois peintres Herman Warm, Walter Röhrig et Walter Reinmann qui seront responsables de la création des décors du Cabinet du Dr Caligari. Le décor du film apparaît comme principal support de la narration. L’ambiance onirique et torturée véhiculée par ces décors traduit visuellement les différents sentiments du narrateur. Décors en trompe-l’œil, perspectives faussées ou déformées, lignes brisées, courbes amplifiées, contrastes exacerbés, toutes ces techniques concourent à dessiner un univers agressif et perturbateur. Le décor prend véritablement vie. De même que Cesare le somnambule vit sous l’emprise du Dr Caligari, les personnages sont dominés par un environnement oppressant et terrifiant où la lumière participe à renforcer cette atmosphère troublante et inquiétante.
* L’Expressionnisme est un mouvement artistique apparu au début du XXe siècle en Europe du Nord, particulièrement en Allemagne. Plutôt que d’un style unique et pictural – défini par un chromatisme intense, une touche marquée et un espace désarticulé, il s’agit d’un climat qui ne touche pas seulement les beaux-arts, mais aussi la danse, le cinéma, la littérature et le théâtre. Pour la génération d’avant-guerre, l’œuvre d’art devient un support sur lequel l’artiste extériorise son inquiétude intérieure face aux tensions morales et politiques engendrées par une société où il se sent déraciné.
Objectifs
La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :
- comprendre qu’un lieu peut agir en résonnance avec l‘artiste, l’œuvre, sa démarche, le spectateur et être source de création
- réaliser que la matérialité d’une œuvre influe sur sa réception par le spectateur
- penser l’espace de présentation et l’espace réel comme une partie de l’œuvre.
Questions
En quoi l’espace de présentation peut-il devenir une partie de la production artistique ? Dans quelle mesure l’espace de présentation peut-il interagir avec l’œuvre ? En quoi la modification d’échelle change-t-elle le sens de la production plastique ? Quelles peuvent-être les incidences des matériaux utilisés ? En quoi la matérialité physique de l’œuvre se donne-t-elle à voir comme un dispositif de représentation ?
Références artistiques possibles
- Joseph CORNELL, Object (Abeilles), boîte, 1940
- Joseph CORNELL, Soap Bubble Set, 1949, verres, pipes, papier imprimé et autres supports dans une boîte en bois vitrée, 37,5×47,6×10,7 cm, Smithsonian American Art Museum, Washington
- Charles MATTON, Reconstitution de lieux : atelier de Giacometti, 1987, construction composée de bois, résine, papier, plâtre, verre, œuvre présentée sur un socle en métal : 48,5×33,5×36,5 cm (hors socle) – https://americanart.si.edu/artwork/soap-bubble-set-41412
- Yayoi KUSAMA, Infinity mirror rooms, 1965-2016, installation
- SLINKACHU, The Little People Project, photographies, depuis 2006
- Richard SERRA, Forty years, 2007, installation
- Franz ACKERMANN, Terminal, 2008, installation
Références au programme du cycle 4
Compétences disciplinaires
Composantes plasticiennes
– Expérimenter, produire, créer
- 1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
- 1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
- 1.3 – Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
- 1.4 – Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
- 1.5 – Prendre en compte les conditions de la réception de sa production dès la démarche de création, en prêtant attention aux modalités de sa présentation, y compris numérique.
- 1.6 – Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)
– Mettre en œuvre un projet artistique
- 2.1 – Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
- 2.2 – Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
- 2.3 – Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique et en anticiper les difficultés éventuelles.
- 2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
- 2.5 – Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
– S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité
- 3.1 – Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
- 3.2 – Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
- 3.3 – Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.
- 3.4 – Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
Composantes culturelles
– Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art
- 4.1 – Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
- 4.2 – Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
- 4.3 – Proposer et soutenir l’analyse et l’interprétation d’une œuvre.
- 4.4 – Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
- 4.5 – Prendre part au débat suscité par le fait artistique.


