Étiquette : Contraste

  • Diptyque de la couleur

    Diptyque de la couleur

    Tableau peint composé de deux panneaux pouvant ou non se rabattre.

    #diptyque #polyptyque

    Réalisez deux représentations en couleur des objets posés devant vous :

    • l’une d’elle sera éteinte (terne, sans émotion, sans intensité),
    • l’autre éclatante (vive, voyante, lumineuse).

    Le travail à la gouache est à privilégier.

    Vocabulaire

    Une nature morte est un genre artistique, principalement pictural (: relatif à la peinture artistique) qui représente des éléments inanimés (aliments, gibiers, fruits, fleurs, objets divers) organisés d’une certaine manière dans le cadre défini par l’artiste, souvent dans une intention symbolique.

    Nuance : légère différence de la couleur.
    Ton : couleur considérée du point de vue de son intensité lumineuse et de son degré de saturation ou par rapport à l’impression qu’elle produit.
    Valeur : degré de clarté d’un ton par rapport à un autre ton.
    Contraste : effet produit par la juxtaposition de deux couleurs qui s’opposent ; opposition entre deux ou plusieurs choses, mise en évidence et soulignée par leur rapprochement, leur mise en relation.
    Dégradé : modification progressive d’une couleur, d’un éclairage.
    Camaïeu : qui n’utilise que les diverses nuances d’une même couleur.
    Monochrome : qui comporte une seule couleur.
    Polychrome : qui a plusieurs couleurs.

    Objectifs pédagogiques

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • redécouvrir l’expressivité de la couleur,
    • rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes,
    • exprimer avec plus justesse ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    Questions

    En quoi la couleur est-elle expressive ? Dans quelle mesure la matérialité change-t-elle la perception des œuvres d’art ? Comment les couleurs sont-elles liées à leur contexte et leur qualité et matérialité ? En quoi les couleurs peuvent-elles devenir le sujet de l’œuvre ?

    Références artistiques possibles

    • Édouard MANET, Nature morte au melon et aux pêches, 1866, huile sur toile, 69 x 92 cm, National Gallery of Art, Washington DC, USA
    • Edvard MUNCH, Two Women on the Shore, 1898, estampe
    • Ernst Ludwig KIRCHNER, Maisons à Dresde, 1909, huile sur toile, 56 x 90 cm
    • Vincent VAN GOGH, Le Café de nuit, 1888, huile sur toile, 72 x 92 cm
    • Georges SEURAT, Un dimanche après-midi à l’île la Grande-Jatte, 1884,
      huile sur toile, 207 x 308 cm
    • Paul SIGNAC, Portrait de Félix Fénéon, 1890, huile sur métal, 74 x 93 cm
    • Pablo PICASSO, La Tragédie, 1903, huile sur panneau, 1045 x 69 cm
    • Robert DELAUNAY, Drame politique, 1914, huile et collage sur carton, 87 x 67 cm
    • Henri MATISSE, Les Bêtes de la mer, 1950, papiers collés, 295 x 154 cm
    • Andy WARHOL, Double Self Portrait, 1967, sérigraphie sur toile, 193 x 193 cm (x2) (en bandeau)
    Edvard MUNCH, Two Women on the Shore, 1898, bois gravé, MoMA, NY
    Paul SIGNAC, Portrait de Félix Fénéon, 1890, huile sur métal, 74 x 93 cm, MoMA, NY

    À propos des contrastes

    Johannes Itten, professeur au Bauhaus définit sept effets de contrastes différents :

    1. Le contraste de la couleur en soi :
    Il a lieu lorsque les couleurs pures sont utilisées dans une composition de couleurs. Le blanc et le noir peuvent intensifier l’effet vivace.

    2. Le contraste clair-obscur :
    Il s’applique à l’utilisation des différentes couleurs claires et valeurs de tons. Toutes les couleurs peuvent être éclaircies par le blanc et obscurcies par le noir. Pour commencer, il faut fabriquer des échelles de tons, pour chaque couleur qui correspond à l’échelle clair-obscur.

    3. Le contraste chaud-froid :
    On obtient le plus grand effet avec les couleurs rouge-orangé et vert-bleu. Toutes les autres couleurs apparaissent froides ou chaudes selon qu’elles sont en contraste avec des tons chauds ou froids.

    4. Le contraste des complémentaires :
    Dans son cercle chromatique, les couleurs complémentaires s’opposent. Lorsqu’on mélange des couleurs complémentaires, il en résulte un noir-gris neutre. Les couleurs complémentaires, placées les unes à côté des autres, parviennent à leur plus grande luminosité et, mélangées, se détruisent pour donner un noir-gris.

    5. Le contraste simultané :
    Son effet repose sur la loi des complémentaires, selon laquelle chaque couleur pure attire physiologiquement la couleur opposée. Si cette couleur n’existe pas, l’oeil crée simultanément la couleur complémentaire. Un vert intense transformera un gris neutre situé à côté de lui en un gris rougeâtre, le même gris neutre situé à côté d’un rouge intense apparaîtra gris verdâtre.

    6. Le contraste de qualité :
    Il consiste en une opposition de couleurs brillantes et mates. On les rend opaques avec du noir, du blanc, du gris ou des couleurs complémentaires.

    7. Le contraste de quantité :
    Il repose sur l’opposition de différentes grandes surfaces de couleur.

    Analyses sur la couleur à partir d’études, de cours et de l’Art de la couleur, Johannes Itten (1961).


    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent

    J’ai du mal à faire des choix pertinents pour créer des effets artistiques.

    Je commence à explorer différents gestes, outils et matériaux, mais le résultat est souvent imprévisible.

    +-

    Je fais les bons choix et parviens à créer les effets artistiques prévus dans mon projet.

    +

    Je fais preuve d’une réelle maîtrise dans le choix, l’organisation et l’utilisation de gestes, d’outils et de matériaux pour créer des effets artistiques variés et convaincants.

    ++

    1.3 – Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes

    Je reproduis simplement des clichés sans apporter de touche personnelle.

    Je commence à explorer une expression personnelle, mais elle reste limitée et peu évidente.

    +-

    Je parviens à m’éloigner des stéréotypes et à exprimer des idées personnelles à travers mon travail.

    +

    J’ai une expression artistique convaincante et personnelle, évitant complètement les stéréotypes.

    ++

    3.3 – Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art

    Je ne formule pas clairement l’expression de mes émotions en lien avec mes propres réalisations ou celles des autres.

    Je commence à exprimer mes émotions, mais ma formulation manque de précision et de justesse.

    +-

    Je formule avec justesse l’expression de mes émotions en me référant à mes réalisations plastiques, celles de mes pairs et des œuvres d’art rencontrées.

    +

    J’exprime avec précision et profondeur mes émotions, en m’appuyant de manière pertinente sur mes réalisations plastiques, celles de mes pairs et des œuvres d’art rencontrées.

    ++

    4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée

    Je rencontre des difficultés à décrire les œuvres d’art de manière précise et à exprimer une compréhension personnelle argumentée.

    Je commence à décrire les œuvres d’art avec plus de détails, mais mon analyse reste superficielle.

    +-

    Je décris avec précision les œuvres d’art en exprimant ma compréhension personnelle et en fournissant des arguments convaincants.

    +

    Je réalise des descriptions d’œuvres d’art approfondies, perspicaces et originales, avec une compréhension personnelle solide et étayée par des références artistiques.

    ++

    Références au programme du cycle 3


    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • la ressemblance : découverte, prise de conscience et appropriation de la valeur expressive de l’écart dans la représentation.

    La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre :

    • la matérialité et la qualité de la couleur : la compréhension des dimensions sensorielles de la couleur, notamment les interrelations entre quantité (formats, surfaces, étendue, environnement) et qualité (teintes, intensité, nuances, lumière, etc.).

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • 1.3 – Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité

    • 3.3 – Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.2 – Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
    • 4.3 – Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    *Image mise en avant : Double Self Portrait (1967) d’Andy WARHOL, sérigraphie sur toile, 193 × 193 cm

  • Ça déchire !

    Ça déchire !

    Représentez, en rapprochant, juxtaposant ou superposant des papiers gouachés et déchirés, un objet qui déchiquette, hache, lacère, coupe, découpe… Fixez votre composition.

    #papiers gouachés

    Lors de cette réalisation, vous vous interrogerez sur comment la couleur dessine la forme. Comment peut-elle suggérer autre chose que ce qu’elle est ? De quelle façon les couleurs interagissent-elles entre elles ? Dans quelle mesure la couleur engendre-t-elle des sensations qui lui sont propres ? En quoi vos choix rendent-ils compte d’une expression artistique ?

    Henri MATISSE, Le Cirque (Jazz), 1947

    Références artistiques

    « La couleur est forme et sujet » »

    Robert DELAUNAY
    • Hans ARP (1886-1966), Sans titre, 1915, collage, carton, papier et tissu collés sur carton, 28,5 × 23 cm, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
    • Henri MATISSE (1869-1954), Icare (Jazz), 1946, papiers gouachés, découpés et collés sur papier marouflé, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
    • Henri MATISSE, Nu bleu II, 1952, papiers gouachés découpés et collés sur papier blanc marouflé sur toile, 116,2 × 88,9 cm, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
    • Henri MATISSE, La tristesse du roi, 1952, papiers gouachés et découpés marouflés sur toile, 292 × 386 cm, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
    • Walker EVANS,Tin Snips, $1.85, photographie, 1955.
    • Jean-Luc VILMOUTH, Cut out, 2, 1980, installation, fils métal blanc, câbles électriques gainés de plastique coloré, pince, dimensions variables, Collection FRAC, Pays de la Loire. 
    • Annette MESSAGER, Les chimères (paire de ciseaux), 1982, installation, dimensions variables.
    • Damián ORTEGA, Controller of the Universe, 2007, installation, divers outils tranchants, env. 285 × 406 × 455 cm.
    • Beili LIU, The Mending Project / 补缮工程, 2011, installation et performance, 1500 paires de ciseaux en acier, tissu, fil, aiguille, table, chaise, dimensions variables, Women and Their Work Gallery, Austin Texas.
    Beili LIU, The Mending Project, 2011, installation et performance

    Questionnement(s) :

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance.
    • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
    • Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


  • Couleur de l’expression

    Couleur de l’expression

    Choisissez une couleur/ expression dans la liste accessible à l’adresse suivante : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d’idiotismes_chromatiques_français.

    #expression #couleur

    Élaborez, avec les matériaux et les techniques qui vous paraissent les plus appropriés, une réalisation dans laquelle cette expression va prendre tout son sens.
    Vous ne devez utiliser que la couleur choisie !

    Références artistiques possibles :

    • Yves KLEIN, IKB 3, Monochrome bleu sans titre, 1960, pigment pur et résine synthétique sur toile marouflée sur bois, 199 x 153 cm
    • Louise NEVELSON, Shadow and reflection I, 1966, bois peint noir, 273,5 x 430 x 65 cm
    • Pierre SOULAGES, Peinture 202 x 453 cm, 29 juin 1979, 1979, diptyque, huile sur toile, 202 x 453 cm
    • Tony CRAGG, Blue Horn – Axt, 1982, installation comprenant 40 objets peints, 175 x 360 x 470 cm
    • Daniel FIRMAN, Simply red, sculpture, 2009, plâtre, vêtements objets. 230 x 140 x 120 cm

    Monochrome – dossier pédagogique : http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-monochrome/ENS-monochrome.html

    Pierre SOULAGES, Peinture 202 x 453 cm, 29 juin 1979, 1979

    • Questionnements :
      La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la narration visuelle.
      La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
      Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Haute montagne blanche

    Haute montagne blanche

    « Haute montagne blanche, sapins noirs, petites maisons blanches, prairies vertes avec des vaches noires et blanches. » U Klemm, Berlin, 1926

    #contraste #clair-obscur

    Le contraste du clair-obscur est l’un des moyens d’expression des formes les plus expressifs. Dans la composition proposée, une forme grande et sombre prend plus d’importance quand elle s’oppose à une forme petite et claire. Un ton gris paraît plus clair ou sombre selon qu’il est comparé à un ton plus sombre ou plus clair.

    Mettez en image le court texte « Haute montagne blanche ». Pour cela, vous n’utiliserez qu’un crayon à papier 2B, une estompe et une gomme. Au cours de la réalisation, vous serez attentif aux effets de contrastes. Les contrastes haut-bas, grand-petit et clair-obscur doivent être respectés dans la composition et utilisés judicieusement.

    Références artistiques possibles

    • LE CARAVAGE, Le Martyre de saint Matthieu, 1600, huile sur toile, 323 x 343 cm, Chapelle Contarelli, Église Saint-Louis-des-Français de Rome
    • REMBRANDT, Le philosophe en méditation (ou Intérieur avec Tobie et Anne), 1632, huile sur panneau de bois, 28 x 34 cm, Musée du Louvre, Paris
    • Georges DE LA TOUR, Madeleine à la veilleuse, 1640 – 1645, huile sur toile, 128 x 94 cm, Musée du Louvre, Paris
      Georges de La Tour a traité, à trois reprises au moins, le thème de la Madeleine pénitente comme le prouvent les tableaux conservés au County Museum of Art de Los Angeles, à la National Gallery de Washington et au Metropolitan Museum de New York. Dernier en date, le tableau du Louvre est le plus strictement composé.
    • Edward STEICHEN, Portrait de Rodin, 1900-1903, photogravure dans Camera Work
    • Ansel ADAMS, Winter Sunrise, Sierra Nevada, from Lone Pine, 1944, photographie (en bandeau)
    • Anish KAPOOR, Descent into Limbo (Descente dans les limbes), 1992, installation à l’occasion de la Documenta 9 de Cassel (Allemagne)
      L’installation est abritée dans un bâtiment de forme cubique et éclairée par des ouvertures zénithales. Le visiteur pénètre dans une pièce aux murs blancs et distingue au sol, au milieu de la pièce, un disque noir. Il s’agit en réalité d’une illusion d’optique puisque le disque noir se révèle en fait être un trou, creusé par l’artiste dans le sol et peint en noir.
      Jouant sur un effet d’optique, l’œuvre invite le spectateur à se questionner sur ses perceptions visuelles parfois trompeuses. Source Wikipédia
      En 2016, l’artiste britannique Anish Kapoor dépose le brevet de l’ultranoir : ce noir profond qui absorbe la lumière. Il peut de manière incroyable transformer une surface noire en trou.
    Edward STEICHEN, Portrait de Rodin, 1900-1903

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – le dispositif de représentation.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.
    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Ça pique les yeux !

    Ça pique les yeux !

    L’influence mutuelle des couleurs est tout à fait essentielle pour le coloriste, et les teintes les plus belles, les plus fixes, les plus immatérielles s’obtiennent sans qu’elles soient matériellement exprimées. […] Il ne suffit pas de mettre les couleurs, si belles soient-elles les unes après les autres, il faut encore que ces couleurs réagissent les unes avec les autres, sinon, c’est la catastrophe.

    Henri Matisse, 1905 #fauvisme

    Réalisez un travail à la gouache où les couleurs sont choisies pour « réagir les unes avec les autres » afin de créer un effet maximal entre-elles allant jusqu’à piquer les yeux.

    À propos des contrastes

    Johannes ITTEN, professeur au Bauhaus définit sept effets de contrastes différents :

    1. Le contraste de la couleur en soi : Il a lieu lorsque les couleurs pures sont utilisées dans une composition de couleurs. Le blanc et le noir peuvent intensifier l’effet vivace.
    2. Le contraste clair-obscur : Il s’applique à l’utilisation des différentes couleurs claires et valeurs de tons. Toutes les couleurs peuvent être éclaircies par le blanc et obscurcies par le noir. Pour commencer, il faut fabriquer des échelles de tons, pour chaque couleur qui correspond à l’échelle clair-obscur.
    3. Le contraste chaud-froid : On obtient le plus grand effet avec les couleurs rouge-orangé et vert-bleu. Toutes les autres couleurs apparaissent froides ou chaudes selon qu’elles sont en contraste avec des tons chauds ou froids.
    4. Le contraste des complémentaires : Dans son cercle chromatique, les couleurs complémentaires s’opposent. Lorsqu’on mélange des couleurs complémentaires, il en résulte un noir-gris neutre. Les couleurs complémentaires, placées les unes à côté des autres, parviennent à leur plus grande luminosité et, mélangées, se détruisent pour donner un noir-gris.
    5. Le contraste simultané : Son effet repose sur la loi des complémentaires, selon laquelle chaque couleur pure attire physiologiquement la couleur opposée. Si cette couleur n’existe pas, l’oeil crée simultanément la couleur complémentaire. Un vert intense transformera un gris neutre situé à côté de lui en un gris rougeâtre, le même gris neutre situé à côté d’un rouge intense apparaîtra gris-verdâtre.
    6. Le contraste de qualité : Il consiste en une opposition de couleurs brillantes et mates. On les rend opaques avec du noir, du blanc, du gris ou des couleurs complémentaires.
    7. Le contraste de quantité : Il repose sur l’opposition de différentes grandes surfaces de couleur.

    Source : Analyses sur la couleur à partir d’études, de cours et de l’Art de la couleur, Johannes Itten (1961).

    Méthodologie

    Comment créer une sensation grâce à la couleur ? Comment telle couleur interagit-elle avec telle autre ?
    Vos réponses se trouvent dans l’expérimentation :
    – préparez plusieurs papiers gouachés de couleurs et de tailles différentes ;
    – juxtaposez ou superposez les morceaux deux à deux, jugez de l’effet produit et notez-le dans votre bloc-notes.
    Vos conclusions et les références proposées, vous aideront à réaliser votre gouache.

    Références artistiques

    • Paul SÉRUSIER, Le talisman, l’Aven au Bois d’Amour, 1888, peinture à l’huile, 27 x 21,5 cm, Musée d’Orsay
    • Vincent VAN GOGH, Le Café de nuit, 1888, huile sur toile, 72 x 92 cm. Le tableau représente l’intérieur du Café de la Gare, sur la place Lamartine d’Arles (quartier de la Cavalerie). La scène, comme l’indique le titre du tableau, se passe la nuit, précisément à minuit et quart d’après l’heure affichée sur l’horloge du fond de la salle. Dans cette grande pièce haute de plafond caractéristique des cafés provençaux du 19e siècle, et éclairés par des lampes à gaz, figurent au centre un billard français et, tout autour, des tables et les chaises. Le tableau est organisé en larges bandes colorées rouges, vertes et jaunes, structures auxquelles se rajoute un cercle composé des tables et des chaises centré sur le billard central. Ce billard, éclairé verticalement, projette une ombre imposante au milieu de la salle. Chose étrange, il s’agit de la seule ombre représentée. Cette œuvre illustre les recherches chromatiques du peintre avec l’emploi de couleurs complémentaires, en particulier ici, le rouge et le vert.
    • Paul SIGNAC, Portrait de Félix Fénéon, Opus 217, 1890, huile sur métal, 74 x 93 cm; MoMA, NY
    • Maurice DE VLAMINCK, La cuisine (Intérieur), 1904, huile sur toile, 55 x46 cm, MNAM, Paris
    Henri MATISSE, La Raie verte, 1905, huile sur toile, 40,5 x 32,5 cm
    • Henri MATISSE, La joie de vivre, 1906, huile sur toile, 174 x 238,1 cm
    • André DERAIN, Trois personnages assis dans l’herbe, 1906, huile sur toile, 38 x 55 cm, MNAM, Paris
    • André DERAIN, L’Estaque, Route tournante, 1906, 129,5 x 195 cm
    • Frantisek KUPKA, La Gamme jaune, 1907, peinture à l’huile sur toile, 79 x 79 cm. Le titre du tableau renvoie à la théorie de la couleur d’Eugène Chevreul et, précisément, à la planche « gamme chromatique orangé jaune » de son ouvrage : Des couleurs et de leurs applications aux arts industriels, à l’aide des cercles chromatiques (1864). Soucieux de créer des peintures « synchromes », fondées sur une base scientifique garante d’effets psychologiques, le peintre choisit ici une gamme chaude et saturée de teintes dominantes, presque monochromes, rehaussée par les teintes froides de bleu et de vert qui ponctuent le visage, pour traduire, comme il l’explique dans son livre, La Création dans les arts plastiques (1923), une atmosphère et des états d’âme d’ordre symboliste.
    • Ernst Ludwig KIRCHNER, Maisons à Dresde, 1909, huile sur toile, 56 x 90 cm
    • Vassily KANDINSKY, Composition V, 1913, peinture à l’huile, 200 x 300 cm
    • Robert DELAUNAY, Joie de vivre, 1930, huile sur toile, 200 x 228 cm, MNAM, Paris
    • Friedensreich HUNDERTWASSER, Le Grand Chemin, 1955, 162 x 160 cm. Le peintre a utilisé dans ses peintures des couleurs complémentaires pour donner une plus grande luminosité à ses images. Dans Le Grand Chemin dominent les couleurs rouge, bleu et vert qui forment une spirale. Pour Hundertwasser, cette forme symbolise la loi de la nature ; le chemin entre la naissance et la mort.
    Josef ALBERS, Study for Homage to the Square: Closing, acrylique sur toile, 40,2 x 40,2 cm,
    Solomon R. Guggenheim Museum, New York
    • Josef ALBERS, Interaction of Color, publication, 1963
    • Victor VASARELY, Majus, 1967-1968, acrylique sur toile, 200 x 200 cm

    Questionnement(s) :

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance.
    • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
    • Adapter son projet en fonction des contraintes de réalisation et de la prise en compte du spectateur.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Chocs émotifs !

    Chocs émotifs !

    « Le fauvisme est venu du fait que nous nous placions tout à fait loin des couleurs d’imitation et qu’avec des couleurs pures nous obtenions des réactions plus fortes. »
    « La couleur surtout et peut-être plus encore que le dessin est une libération. » Henri Matisse, Écrits et propos sur l’Art.

    Régulièrement accrochés dans les premières salles du Musée national, les artistes fauves annoncent par la couleur la modernité et les bouleversements artistiques du début du XXe siècle.
    En donnant aux chocs émotifs, selon le mot d’Henri Matisse, une palette franche et pure, le fauvisme prête à la couleur la tonalité d’une émotion et d’une sensation. Il se caractérise par l’audace et la nouveauté de ses recherches chromatiques. Les peintres ont recours à de larges aplats de couleurs violentes, pures et vives, et revendiquent un art fondé sur l’instinct. Ils séparent la couleur de sa référence à l’objet, afin d’accentuer l’expression, et réagissent de manière provocatrice contre les sensations visuelles et la douceur de l’impressionnisme : ce courant est à rattacher à celui de l’expressionnisme.

    Comment interagissent les couleurs ?
    Réalisez une peinture qui provoquera chez le spectateur — en raison du choix des couleurs et de leur agencement — un effet visuel des plus forts.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fauvisme
    http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Fauvisme

    Références artistiques possibles :
    Le talisman, Paul SÉRUSIER, 1888
    La cuisine, 1904, Maurice DE VLAMINCK, 1904
    La joie de vivre, Henri MATISSE, 1906
    Trois personnages assis dans l’herbe, André DERAIN, 1906
    L’Estaque, Route tournante, André DERAIN, 1906
    Joie de vivre, Robert DELAUNAY, 1930
    Interaction of Color, Josef ALBERS, publication, 1963


    Le joie de vivre, Henri MATISSE, 1906, huile sur toile, 176,5 x 240,7 cm.

    * Le port de pêche – Collioure (détail), André DERAIN, 1905, huile sur toile, 81,5 x 100 cm.


    • Questionnements :
      La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance.
      La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
      Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :
      Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Expression des couleurs

    Expression des couleurs

    « Pour chacune des quatre saisons, il faut trouver […] les couleurs qui, par rapport à l’ensemble, appartiennent sans hésiter à l’expression de la saison considérée. » Johannes Itten

    Johannes Itten (1888-1967), peintre et enseignant suisse

    Il commence à dessiner et à peindre à l’âge de seize ans et suit les cours de l’École des Beaux-Arts de Genève, tout en poursuivant des études scientifiques. En 1910 il découvre à Paris le cubisme, Picasso et Cézanne, et en 1911 à Munich le groupe du Blaue Reiter. Il termine sa formation à Stuttgart chez Adolf Hölzel de 1913 à 1916. Il fonde alors une école d’art et participe au Sturm à Berlin.
    De 1919 à 1923, il enseigne au Bauhaus. Il prit dès son arrivée une influence majeure sur l’enseignement de cette institution. Il dirigea les enseignements ayant trait à la forme. Il fut contesté tant par les élèves, dont Josef Albers, que par Walter Gropius et la direction, en raison de ses méthodes d’enseignement empreintes de sectarisme.
    Après un séjour en Suisse, il fonde en 1926 une nouvelle école à Berlin, puis dirige une école professionnelle à Krefeld. En 1938, il émigre à Amsterdam, puis retourne à Zurich où il dirige la Kunstgewerbeschule (école des arts appliqués), qu’il quitte en 1954 pour se consacrer entièrement à la peinture et à l’écriture de ses ouvrages théoriques, dont le plus célèbre est L’art de la couleur, publié en 1967.

    « Les théories sur la couleur de Kandinsky, Klee, Itten, Albers, et par ailleurs Robert et Sonia Delaunay, ne peuvent être séparées de leur œuvre picturale, didactique et artisanale. »
    — Manlio Brusatin (source Wikipédia)

    Vocabulaire :

    • Dégradé (n. m.) : Modification progressive d’une couleur ou d’une valeur. Un dégradé peut être continu ou discontinu (en suivant des bandes par exemple).
    • Harmonie (n. f.) : En décoration et dans le langage courant, on parle d’harmonie lorsque des teintes créent une combinaison agréable à l’œil. En règle générale, ces couleurs comportent une couleur de base commune. Un tel jugement repose essentiellement sur des valeurs subjectives. Mais harmonie signifie surtout « équilibre » et « symétrie des forces », de cette remarque pourrait naître un questionnement – peut-être plus objectif – que certains professeurs du Bauhaus ont relayé.
    • Luminosité (n. f.) : Degré d’éclat d’une couleur, d’une surface colorée.
    • Monochrome (adj. ou n. m.) : D’une seule couleur unie (contraire de polychrome). Klein a peint les premiers tableaux monochromes connus, dont I’IKB (International Klein Blue).
    • Nuance (n. f.) : La nuance d’une couleur résulte du mélange de cette couleur avec une faible quantité de ses voisines du cercle chromatique.
    • Teinte (n. f.) : Synonyme de couleur, la teinte est la qualité qui distingue une couleur d’une autre.
    • Ton (n. m.) : Le ton d’une couleur est le mélange de cette couleur avec du noir ou du blanc. On obtient ainsi des tons plus ou moins foncés ou plus ou moins clairs.
    • Valeur (n. f.) : La valeur, c’est le degré de clair ou d’obscur, de lumière ou d’ombre (variant entre le blanc et le noir), abstraction faite des couleurs.

    Références artistiques possibles :
    La Pie, Claude MONNET, 1868-1869, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris
    La méridienne ou La sieste (d’après Millet), Vincent VAN GOGH, décembre 1889 – janvier 1890, huile sur toile, Musée d’Orsay, Paris
    Einst dem Grau der Nacht enttäuscht, Paul KLEE, 1918, aquarelle, Centre Paul Klee, Berne


    • Questionnement :
      La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
      Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine