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  • Ceci n’est pas…

    Ceci n’est pas…

    Le mot prend la place de l’image, la bouscule ou vient la contredire. Ceci n’est pas... en hommage à René Magritte sera une réalisation photographique, picturale ou même sculpturale dans laquelle le spectateur retrouvera cette tension entre le mot et l’image.

    #mot

    Dans cette séance, vous concevrez (: carte mentale et croquis) puis réaliserez une production questionnant, non sans malice, le rapport entretenu entre le mot et l’image dans les arts plastiques. Pour cela, vous prendrez appui sur les références proposées ci-après.
    Temps estimés : 60 min.

    Questionnement

    Comment changer le statut du mot ? En quoi la lecture du mot change-t-elle la compréhension de votre image ? Comment intégrer le mot à une production d’arts plastiques sans pour autant réaliser une affiche ou une BD ? Devient-il dans ce cas un composant plastique, sémantique ou symbolique ?

    René MAGRITTE, La Trahison des images, 1928

    La Trahison des images (1928–1929), peinture à l’huile sur toile de 59 x 65 cm, est un des tableaux les plus célèbres de René MAGRITTE. Il représente une pipe, accompagnée de la légende suivante : « Ceci n’est pas une pipe. ». L’intention la plus évidente du peintre est de montrer que, même peinte de la manière la plus réaliste qui soit, une pipe représentée dans un tableau n’est pas une pipe. Elle ne reste qu’une image de pipe qu’on ne peut ni bourrer de tabac, ni fumer, comme on le ferait avec une vraie pipe.

    René Magritte a d’ailleurs développé ce discours du rapport entre l’objet, son identification et sa représentation dans plusieurs tableaux de 1928 à 1966, la série commençant avec La Clef des songes et s’achevant sur une mise en abyme de La Trahison des images : Les Deux Mystères.

    Plus précisément à cette époque dans la peinture, mais aussi dans la littérature des écrivains de science-fiction A. E. Van VOGT, Isaac ASIMOV et d’autres, les artistes vont introduire dans l’Art des théories humaines et de sociologie qui seront vulgarisées dans les années 1950-60. Cela fait référence à la sémantique générale (1934) dont la phrase la plus représentative est « une carte n’est pas le territoire qu’elle représente » introduite par Alfred KORZYBSKI.
    Source Wikipédia

    Références artistiques

    • Pablo PICASSO, La Bouteille de vieux marc, printemps 1913, fusain, gouache, papiers collés et épinglés sur papier, 63 x 49 cm. https://www.centrepompidou.fr/
    • Raoul HAUSMANN, ABCD, 1923-1924, encre de Chine, reproduction de photographie et imprimés découpés, collés sur papier, 40,40 x 28,20 cm, MNAM, Paris. https://www.centrepompidou.fr/
    • John HEARTFIELD, Nur keine Angst – Er ist Vegetarier (N’ayez pas peur – il est végétarien), mai 1936, photomontage politique
    • René MAGRITTE, La Clef des songes, 1939, huile sur toile, 81 x 60 cm. Le peintre représente ici l’une de ses grandes convictions : les objets et les mots sont étrangers les uns aux autres. Selon une démarche poétique emblématique du surréalisme, cette certitude favorise l’attribution de nouveaux noms aux choses. Source https://www.fondation-hermitage.ch/
    • Joseph KOSUTH, One and Three Chairs (Une et trois chaises), 1965, chaise en bois, photographie de la chaise et agrandissement photographique de la définition du mot « chaise », 118 x 271 x 44 cm. https://www.centrepompidou.fr/
    • Barbara KRUGER, You Are Not Yourself, 1982, photo, collage, 182.9 x 121.9 cm. Cette œuvre de Barbara Kruger reflète l’état d’esprit de son travail. Il s’agit d’un collage : une image publicitaire que l’artiste a récupérée dans un magazine féminin pour la modifier. L’image, représentant un visage féminin est ainsi déchirée donne l’impression d’un reflet dans un miroir brisé. À cette image Barbara Kruger ajoute un message en lettre noire. YOU ARE not YOURSELF – le « not » étant mêlé à l’image, le reste du texte, lui, bien visible encadré de blanc, comme découpé d’une autre page de magazine, à la façon d’une lettre anonyme. Ainsi le langage et l’image collaborent pour mettre en scène et dénoncer les manipulations des médias et de la publicité. Barbara Kruger dénonce l’image que la publicité et la société nous renvoient de nous-mêmes et le désir qu’elle produit, qui font de nous des simulacres de nous-mêmes, et créer ainsi une perte de l’identité individuelle au profit d’une identité de masse source de mal-être.
    • Christian ROBERT-TISSOT, ECRAN TOTAL, 1998, acrylique sur bois, métal, 311 x 730 x 11 cm
    • Shepard FAIREY, HOPE, 2008, affiche politique soutenant la campagne de Barack Obama
    Ben VAUTIER, Terrain vague, 1961

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.
    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • e-art

    e-art

    Paysage :
    Le mot « paysage » n’apparaît dans la langue française qu’à la fin du XVIe siècle et alors étroitement lié à la représentation du pays.
    Dans les divers dictionnaires, le paysage est défini à la fois comme une étendue géographique, une vue d’ensemble saisie par le regard et comme la représentation de cette ensemble.
    En peinture, le genre du paysage concerne tout autant la campagne, la mer (les marines) ou tout autre élément naturel sans oublier les villes (paysage urbain). Il peut être combiné avec d’autres genres et apparaît dans des scènes dans lesquelles il prend alors le rôle de fond.

    Au sens figuré, le paysage signifie : aspect général, situation globale dans un domaine.

    E-ART :
    L’E-ART propose l’espace virtuel comme un nouveau lieu d’intervention artistique in situ s’inspirant entre autre des formes de la communication publicitaire sur l’internet (définition proposée dans le projet Art Grandeur Nature 2004 n° 15 de la revue Synesthésie).

    À partir de ces deux définitions et en tenant compte de vos connaissances de l’informatique, vous réaliserez le « paysage » de votre ordinateur en respectant les enjeux suivants :

    • tenir compte des spécificités de l’informatique (: ordinateur, interface, écran, programme, fichier, etc.),
    • favoriser l’intrusion de l’art dans cet espace numérique qui n’a pas été conçu pour lui.

    Vocabulaire expliqué : paysage, espace suggéré, espace littéral, espace virtuel, in situ, arborescence, image numérique, pixel, code, copier-coller, capture d’écran, réseau, URL…

    Références artistiques possibles :

    • BAZOOKA – les travaux du groupe participent principalement du collage d’images d’origines diverses (actualité, archive, art, bande dessinée), retravaillées avec diverses techniques (dessin, peinture). Cependant, la technique, poussée à l’extrême et ce foisonnement de signes permettent la création d’œuvres ambigües laissant au lecteur, au spectateur, toute liberté d’interprétation. Bazooka est associé très rapidement au mouvement punk naissant.
    • Jeffrey SHAW, The Legible City, 1989.
    • Nam JUNE PAIK, Electronic Superhighway: Continental U.S., Alaska, Hawaii, 1995, installation vidéo, cinquante et une chaînes (y compris un flux de télévision en circuit fermé), éclairage au néon, acier et bois, env. 4,50 x 12,20 x 1,20 m, Musée d’art américain Smithsonian.
    • COLLECTIF 1.0.3, Voyage en URL, 2006 et projet MISMA, 2003-2019 (arboflash / laptop en bandeau).
    • Art Of Failure Nicolas MONTGERMONT & Nicolas MAIGRET, Internet_Topography, 2006-2011.
    • Claude CLOSKY, La Montagne Sainte-Victoire, 2011.
    • Nicolas BOILLOT, Lambeaux, 2012, vidéo.

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.
    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : le numérique en tant que processus et matériau artistiques (langages, outils, supports).

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • De l’idée dans l’image

    De l’idée dans l’image

    Proposez le projet d’une œuvre tridimensionnelle utilisant « Le poids des mots, le choc de l’image » (cf. slogan de Paris Match). Effectuez sur votre temps libre au CDI des recherches sur les artistes qui utilisent le texte, le langage dans leurs œuvres.

    Vous réaliserez des croquis accompagnés au choix d’une maquette (papier, carton, etc.) ou d’un photomontage ou d’une maquette modélisée en 3D.

    Vocabulaire :

    • Environnement : transposition de l’espace scénique du tableau à celui de la réalité.
    • In situ : œuvre réalisée sur place.
    • Installation : environnement-cadre des actions, happenings et performances ; lieu de réflexion sur le « cadre » où l’art se manifeste.

    Objectif : Distinguer la représentation d’une chose concrète et celle d’une idée.

    En quoi la représentation d’une idée se distingue-t-elle de celle d’une chose concrète ?

    Références possibles :

    • Eugène DELACROIX, La Liberté guidant le peuple, 1830, huile sur toile, 260×325 cm, Musée du Louvre
    • René MAGRITTE, La Trahison des images, 1929, huile sur toile, 59×65 cm
    • Joseph KOSUTH, One and Three Chairs, 1965, chaise en bois, photographie de la chaise et agrandissement photographique de la définition du mot « chaise » dans le dictionnaire, 118x271x44 cm
    • BEN, Je peut tout me permettre, 1971, acrylique sur toile, 97×130 cm
    • Barbara KRUGER, You Are Not Yourself, 1982, photo collage, 182,9×121,9 cm
    • Christian ROBERT-TISSOT, Écran total, 1998, acrylique sur bois, métal, 311x730x11 cm


    Christian ROBERT-TISSOT, Écran total, 1998, acrylique sur bois, métal, 311x730x11 cm


    Barbara KRUGER, Untitled, installation à la galerie Mary Boone Gallery, New York, Janvier 1991


    • Questionnements :
      La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
      La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) : Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
      S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
      Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
      Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
      Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine