Étiquette : Collage

  • Combine Paintings

    Combine Paintings

    (…) Sédimentations plastiques, nappages figuratifs, épaisseurs symboliques et matérielles, compositions feuilletées, où toute représentation apparente en cache toujours une ou plusieurs autres.
    À propos des Combine Paintings de Robert Rauschenberg

    Représentez une scène de la vie quotidienne en utilisant des matériaux, des objets avant de travailler les parties picturales et graphiques.

    #combine paintings #sédimentation plastique #nappage figuratif

    Méthodologie

    1. Au préalable, analysez la scène retenue. Décrivez (listez) par écrit les sensations, les sentiments que fait naître cette scène…
    2. Préparez un support en assemblant des éléments sélectionnés pour leur signification et leur pertinence au regard de votre ressenti.
    3. Utilisez le support créé pour représenter la scène de vie en privilégiant une approche moins habituelle du travail pictural et graphique.
    4. Aidez-vous des références artistiques proposées, notamment les œuvres de Robert RAUSCHENBERG, Sigmar POLKE ou Shinrō OHTAKE.

    Texture : disposition des fils (d’une chose tissée), disposition (des éléments d’une matière), arrangement de la matière.
    Matière : ce dont une œuvre d’art est faite ; ce quoi l’activité de l’artiste donne forme.

    Sigmar POLKE, Alice in Wonderland (Alice au pays des Merveilles), 1971, technique mixte sur toile imprimée, 300 × 290 cm

    Objectifs pédagogiques

    Les objectifs de la séquence sont d’amener les élèves à :

    • comprendre et découvrir les spécificités plastiques des matériaux à travers la manipulation, l’exploration, l’observation
    • prendre conscience des propriétés et de la diversité des matières et des supports
    • comprendre et utiliser des effets visuels obtenus par la mise en œuvre des interactions entre les matériaux
    • saisir le rôle de la matérialité dans les significations que produisent une œuvre.

    Questions

    En quoi la matérialité d’une œuvre influe-t-elle sur sa réception ? Dans quelle mesure le matériau peut-il faire sens dans la représentation ? En quoi les matériaux constitutifs d’une œuvre tiennent-ils une place centrale dans la pérennité de celle-ci ?

    Références artistiques possibles

    • Robert RAUSCHENBERG, Monogram, 1955-59, huile, papier imprimé, reproductions imprimées, métal, bois, talon en caoutchouc et balle de tennis sur toile, avec huile sur chèvre angora et pneu sur socle en bois monté sur quatre roulettes, 106,6 × 160,6 × 163,8 cm
    • Yves KLEIN, Relief Éponge rose sans titre (RE44), 1960, pigment pur et résine synthétique, éponges naturelles et cailloux sur panneau, 65 × 32 × 7,5 cm, Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes
    • Shiraga KAZUO, Tenkansei Nyuunryu, huile sur toile, 1962, Collection du Musée préfectoral d’Art de Hyōgo
    • Christian JACCARD, Anonyme calciné, Figure 19ème, 1980, combustion sur toile, 61 × 50 cm. L’opération de brûler est caractéristique du travail de Christian Jaccard. Ici, il utilise des tableaux anonymes des 17, 18, 19 et 20e siècles, qu’il enflamme avec des mèches. Ces portraits, peintures d’histoire religieuse ou mythologique, dévernies et marouflées, sont soumises à une combustion lente qui dégrade les pigments colorés.
    • Sigmar POLKE, Jeux d’enfants, 1988, peinture acrylique et encre d’imprimerie sur tissu synthétique, 225 × 300 cm
    • Shinro OHTAKE, Scrapbook #65, 2005 – 2010, livre d’artiste, techniques mixtes, 28,9 kg, 895 pages, 54 × 47 × 80 cm
    • Vic MUNIZ, Marat assassiné, 2008, détritus divers, photographie 231,2 × 180,4 cm. L’un des aspects de l’art de Vik Muniz est de transformer n’importe quel matériau en médium. Il utilise la photographie pour immortaliser les images qu’il crée à partir d’une diversité incalculable de médias : terre, sucre, excrément, ketchup, fil de fer, fil de lin, corde, sang artificiel, jetons de couleurs, pâte à modeler, etc. https://youtu.be/3GQEylmIsB4
    Vik MUNIZ, Medusa Marinara, 1997, Cibachrome, 73,7 × 73,7 cm
    Medusa, after Caravaggio (Pictures of Junk), 2009, Digital C-Print, 126 x 101,6 cm
    • Pip & Pop, The journey in a dream, 2015, installation, Shinsegae Gallery Busan, Korea
    • Sylvie SELIG, Blindfold fall, 2018, feutre et broderie sur lin, 162,5 × 91,5 cm
    • Adel ABDESSEMED, vue de l’installation Shams, 2018, au Mac Lyon
    • Sylvie SELIG, The Waste Land, 2019, feutre et broderie sur gaze de lin, 62,5 × 86,5 cm
    • Ana Teresa BARBOZA, Paraíso, 2019, photographies numériques sur papier de coton, tissu en fil de coton, laine de mouton et d’alpaga, 122 × 92 cm – https://www.anateresabarboza.com

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive

    J’ai du mal à m’engager dans une réflexion artistique personnelle et à établir des liens avec ma propre pratique.

    Je commence à explorer des questions artistiques, mais ai des difficultés à les approfondir de manière réflexive.

    +-

    Je m’approprie des questions artistiques en les reliant à ma pratique et en développant une réflexion personnelle.

    +

    Je fais preuve d’une réflexion approfondie et originale sur mon travail artistique, en m’appropriant des questions artistiques complexes.

    ++

    2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique

    J’ai du mal à faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité et d’engagement dans la conduite de mon projet.

    Je fais preuve d’autonomie, d’initiative et d’engagement dans la conduite de mon projet artistique, mais ai besoin de plus de maturité et d’esprit critique.

    +-

    Je fais preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite de mon projet artistique.

    +

    Je dirige de manière autonome et responsable mon projet artistique, en faisant preuve d’un esprit critique avancé et d’un engagement soutenu.

    ++

    3.2 – Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées

    J’ai des difficultés à établir des liens entre mon travail artistique et les œuvres ou démarches artistiques observées en classe.

    Je commence à percevoir certains liens entre mon travail artistique et les œuvres ou démarches artistiques observées en classe, mais ceux-ci restent évidents ou imprécis.

    +-

    J’établis des liens pertinents entre mon travail et les œuvres ou démarches artistiques observées en classe.

    +

    J’établis des liens complexes et nuancés entre mon travail, les œuvres et les démarches artistiques observées en classe, démontrant une compréhension approfondie.

    ++


    Références au programme du cycle 4


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • le dispositif de représentation : l’espace en deux dimensions (littéral et suggéré), la différence entre organisation et composition

    La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre :

    • la transformation de la matière : les relations entre matières, outils, gestes ; la réalité concrète d’une œuvre ou d’une production plastique ; le pouvoir de représentation ou de signification de la réalité physique globale de l’œuvre
    • les qualités physiques des matériaux : les matériaux et leur potentiel de signification dans une intention artistique, leur nature et leurs caractéristiques, les notions de fini et non fini ; l’agencement de matériaux et de matières de caractéristiques diverses (plastiques, techniques, sémantiques, symboliques)

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • 1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    – Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.4 – Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    – S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité

    • 3.1 – Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
    • 3.2 – Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.4 – Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.
    • 4.5 – Prendre part au débat suscité par le fait artistique.

    *Détail de Suspensión 3 d’Ana Teresa BARBOZA, broderie sur tissu et tricoté sur fil, 60 x 50 cm, 2013

  • Apprenti Frankenstein

    Apprenti Frankenstein

    La créature de Frankenstein est un personnage du roman Frankenstein ou le Prométhée moderne publié en 1818 par la romancière britannique Mary Shelley. Ce roman a connu un succès immédiat et a inspiré de multiples adaptations cinématographiques.

    L’adaptation cinématographique de 1931 produite par Universal, où le monstre est interprété par Boris Karloff, marque considérablement l’imaginaire collectif, au point d’être couramment associée au personnage, qu’il s’agisse de son physique ou de ses traits de personnalité. Pourtant la créature de Frankenstein joué par Boris Karloff diffère particulièrement de son homologue littéraire.

    Voir la page Wikipédia : Monstre de Frankenstein (wikipedia.org)

    Imaginez et réalisez un buste1 ou un médaillon2 de cette créature par assemblage d’objets usés, abandonnés ou mis au rebut.

    #assemblage #cohérence #hétérogénéité

    Vous assemblerez, combinerez, emboiterez… ces objets. Vous pourrez utiliser toutes sortes d’objets (recyclables) offrant des qualités plastiques et permettant de créer aisément des liens plastiques, iconiques, sémantiques, symboliques entre les différents éléments. L’image de la créature de l’apprenti Frankenstein devra être reconnaissable.

    1. Buste : sculpture représentant la tête, le cou et des parties variables des épaules et de la poitrine
    2. Médaillon : petit bas-relief3 arrondi
    3. Bas-relief : sculpture adhérant à un fond dont elle se détache avec une faible saillie

    Qu’est-ce qu’un assemblage ?

    L’assemblage est un mode de création à part entière né au début du 20ème siècle. C’est une technique (et son résultat) consistant à rassembler et fixer entre eux différents éléments (: objets manufacturés, fragments d’objets, éléments naturels).

    Pablo PICASSO réalise ses premiers assemblages avec sa série des Guitares en 1912 ; tandis qu’à la même période Marcel DUCHAMP invente le ready-made avec Roue de bicyclette, 1913. Puis les artistes du mouvement Dada créent des assemblages à partir de 1914, avec Jean ARP et ses Reliefs  : Der Hirsch, 1914 ou Trousse d’un Da, 1920-21, constituée de bois flottés récupérés et en 1919 Marcel JANCO avec ses masques du Cabaret Voltaire ou Kurt SCHWITTERS. Le russe Vladimir TATLINE, créé également des reliefs picturaux et contre-reliefs dès 1914 et Jean POUGNY des Compositions en 1915. Source Wikipédia

    Questions

    Dans quelle mesure l’assemblage d’objets crée-t-il du sens ? Comment percevez-vous l’hétérogénéité des formes et des matières ? Comment définissez-vous la cohérence entre les différents éléments ?

    Niki DE SAINT PHALLE, T-Rex (Study for King Kong), 1963,
    assemblage, peinture, plâtre, objets divers sur bois, 198 x 122 x 25 cm

    Références artistiques possibles

    • Raoul HAUSMANN, L’esprit de notre temps – Tête mécanique, 1919, assemblage, 32,5 x 21 x 20 cm, Musée national d’Art moderne, Paris.
    • Pablo PICASSO, La Guenon et son petit, 1951, céramique, deux petites autos, métal et plâtre, 56 x 34 x 71 cm, Musée Picasso, Paris.
    • Robert RAUSCHENBERG, Monogram, 1955-1959, assemblage, 106,6 x 160,6 x 163,8 cm. Monogram est un des plus célèbres Combines sur lequel Rauschenberg reviendra à plusieurs reprises avant d’arriver à la version définitive. Association incongrue, sur une sorte de tableau abstrait posé horizontalement, d’une chèvre angora au museau peint, ceinte d’un pneu d’automobile, et de différents collages allant d’une balle de tennis à différents papiers imprimés.
    • Niki DE SAINT PHALLE, Tyrannosaurus Rex, 1963
    • Hubert DUPRAT, Sept tubes de Trichoptères, 1980-1997, or, perles, pierres précieuses et semi-précieuses, largeur : 2 cm, diamètre : 0,5 cm, Frac Lorraine.
    • Bill WOODROW, Crow and carrion, 1981, deux parapluies, 75 x 120 x 120 cm.
    • PANAMARENKO, Blauwe Archaeopterix, 1991, dimensions variables.
    • Thomas GRÛNFELD, Misfits – Girafe, autruche, cheval, 2000, assemblage, travail de taxidermie, 210 x 130 x 180 cm.
    • PANAMARENKO, Raven’s Variable Matrix, 2000, 200 x 300 cm.
    • Nicolás LABADIA, Insectario/ Bestiario, depuis 2007, 6 figures de 2 x 3 x 3 cm, série d’assemblages. Le travail de l’artiste consiste à construire des sculptures de petite taille avec des objets inutilisés qui ont été spécifiquement collectés pour représenter des êtres hybrides, des insectes et des bêtes.
    • Vik MUNIZ, Pictures of Garbage Series, Brésil, 2008-2010, photographies.
    • Bernard PRAS, Vénus, 2014, photographie.
    • Freya JOBBINS, Eurydice, 2014, assemblage, fragments de poupées en matière plastique, 50 x 20 x 35 cm.

    Questionnement(s)

    • Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’hétérogénéité et la cohérence plastiques – l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5)

    • Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    *Photographie promotionnelle colorisé du film Son of Frankenstein, (1939) avec Basil Rathbone, Boris Karloff et Bela Lugosi.

  • Étrange machine à dessiner

    Étrange machine à dessiner

    Imaginez une machine* complexe et bizarre sachant dessiner.

    #machine

    Vous réaliserez votre projet sous la forme d’un collage numérique – pour cela, vous prélèverez1 et réurinerez2 des éléments graphiques d’images de machines proposées dans le dossier de partage et d’autres libres de droits trouvées sur l’Internet.

    *Machine : appareil ou ensemble d’appareils capable d’effectuer un certain travail ou de remplir une certaine fonction, soit sous la conduite d’un opérateur, soit d’une manière autonome. L’histoire de l’art abonde en machineries diverses : des statues animées de l’Antiquité grecque, machines de guerre et à voler de Léonard De Vinci, automates de Vaucanson.

    Méthodologie

    1. Ouvrez une première image dans le logiciel GIMP. Utilisez l’outil de sélection « lasso » (sélection à main levée) pour prélever la partie qui vous intéresse puis copiez-la : CTRL+C ou Édition/Couper.
    2. Dans une deuxième image ouverte, collez votre sélection : Édition/Coller comme/ Nouveau calque ou Coller : CTRL+V suivi de Créer un nouveau calque dans la fenêtre des calques. Le fait de travailler sur des calques vous permet de déplacer, tourner, agrandir ou réduire, effacer un élément en particulier sans modifier les autres.

    Guide d’utilisateur de GIMP (gimp.org)

    Jean TINGUELY, Cyclograveur, 1960, ferraille soudée, éléments de vélo (quatre roues, selle), courroies, tôle, 
    tambour et cymbale, livre à l’avant, petite voiture d’enfant rouillée attachée à l’arrière, 225 x 410 x 110 cm.
    Le Cyclograveur produit des dessins abstraits lors de son utilisation.

    Références artistiques possibles

    Henri MAILLARDET, automate dessinateur, 1805, automate à ressorts.

    Raoul HAUSMANN, ABCD, 1923-1924, encre de Chine, reproduction de photographie et imprimés découpés, collés sur papier, 40,4 x 28,2 cm, Centre Pompidou – Musée national d’art moderne, Paris

    Lászlò MOHOLY-NAGY, Modulateur Espace Lumière, 1930, métaux divers, plastique et bois, 151 x 70 x 70 cm.

    Victor BRAUNER, Machine surréaliste, 1937, collage sur papier, posé sur carton, 14,6 x 20,5 cm.

    Jean TINGUELY, Machine à dessiner No. 3, relief Méta-mécanique, 1955, recto : tableau de bois peint en noir, disque métallique tournant, fil métallique/ verso : 3 roues en bois, courroies en caoutchouc, 2 moteurs électriques, dimensions: 54,5 x 106 x 33 cm, musée Tinguely, Bâle.

    Jean TINGUELY, Méta-matic n° 1, 1959, métal, papier, crayon feutre, moteur, 96 x 85 x 44 cm. Les machines à dessiner Méta-Matics sont des « méta-mécaniques formées d’une roue motrice reliée par des courroies à une ou plusieurs roues qui tournent et entraînent un arbre excentré transmettant à une tige un mouvement irrégulier. L’utilisateur fixe à l’extrémité de cette tige un morceau de craie, un crayon, un stylo à bille ou encore un feutre, qui couvre de traits et de griffonnages le papier posé sur le support prévu à cet effet. Quelques instants plus tard apparaît un dessin dont les motifs se répètent à l’infini. Par ses machines à dessiner, Tinguely veut prouver qu’une œuvre d’art, loin d’être une création définie, achevée, peut engendrer sa propre vie et produire elle-même de l’art. De ce fait, les dessins variant selon la manipulation, il n’y a pas deux dessins identiques – d’où l’importance de la pression du traceur sur le papier, de la fluidité de l’agent colorant ou de la qualité du papier. La machine, le constructeur et l’utilisateur participent à parts égales à l’œuvre, à la fois sculpture, happening et dessin.

    Jean TINGUELY, Méta-matic n° 10, 1959, trépied en fer, roues en bois, cadre en tôle moulée, bandes en caoutchouc, tiges en métal, le tout peint en noir, moteur électrique, 104 x 129 x 55 cm, Musée Tinguely, Bâle, Suisse (photographie en bandeau)

    Nam June PAIK et Shuya ABE, Robot K-456, 1960, robot humanoïde télé-opéré pour agir comme performer.

    STELARC, La Troisième main, 1982-2000, performance robotique.

    Damien HIRST, Making Beautiful Drawings, 1994, installation

    François ROCHE et Stéphanie LAVAUX – New Territories, Olzweg (en référence aux Holzwege / Chemins qui ne mènent nul part de Martin Heidegger, 1950), 2006, projet de construction robotique.

    GRAMAZIO & KOHLER, Flight Assembled Architecture, 2011, envisagés comme outils de production évolutifs, plusieurs robots volants sont programmés pour interagir et pour saisir, transporter puis assembler des modules jusqu’à ériger une structure architecturale.

    RobotLAb, The Big Picture (Drawings of Martian Landscape), 2014, performance robotique

    Leonel MOURA, Robot Art, 2017, installation, robots traceurs.

    Patrick TRESSET, Human Study #2, La Grande Vanité au corbeau et au renard, 2017, installation, photo en bandeau.


    Questionnement(s)

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5)

    • Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5)

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3)

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Drôle d’insecte

    Drôle d’insecte

    « Les objets eux-mêmes, leurs formes et leur texture me donnent souvent la clef de ma vision. […] Je trouve une selle et un guidon dans la rue et je pense « Tiens, un taureau ». Tout le monde regarde l’assemblage que j’ai exécuté et remarque « Tiens, un taureau ». Jusqu’au moment où un cycliste passe et se dit « Tiens, une selle ».

    Propos de Pablo PICASSO cités dans Vivre avec Picasso, Paris, Éd. 10/18, 2005

    Élaborez à partir de fragments ou de parties d’objet un assemblage représentant un « drôle d’insecte ».

    Qu’est-ce qu’un assemblage ?

    L’assemblage est un mode de création à part entière né au début du XXème siècle. C’est une technique (et son résultat) consistant à rassembler et fixer entre eux différents éléments (: objets manufacturés, fragments d’objets, éléments naturels).

    Pablo PICASSO réalise ses premiers assemblages avec sa série des Guitares en 1912 ; tandis qu’à la même période Marcel DUCHAMP invente le ready-made avec Roue de bicyclette, 1913. Puis les artistes du mouvement Dada créent des assemblages à partir de 1914, avec Jean ARP et ses Reliefs  : Der Hirsch, 1914 ou Trousse d’un Da, 1920-21, constituée de bois flottés récupérés et en 1919 Marcel JANCO avec ses masques du Cabaret Voltaire ou Kurt SCHWITTERS. Le russe Vladimir TATLINE, créé également des reliefs picturaux et contre-reliefs dès 1914 et Jean POUGNY des Compositions en 1915. Source Wikipédia

    Méthodologie

    Rassembler les éléments hétéroclites de l’assemblage dans l’idée d’obtenir une forme reconnaissable : un insecte peut parfois être difficile. C’est pourquoi dans certains cas, il sera préférable de construire au préalable une structure rigide, en bois ou fil de fer, qui charpentera la forme de votre Drôle d’insecte et que vous utiliserez pour fixer (clipser, emboîter, enchâsser, lier, coller) les objets et fragments.

    Nicolás LABADIA, Insecto, assemblage

    Références artistiques possibles

    • Raoul HAUSMANN, L’esprit de notre temps – Tête mécanique, 1919, assemblage, 32,5 x 21 x 20 cm, Musée national d’Art moderne, Paris.
    • Marcel DUCHAMP, Roue de bicyclette, 1913/ 1964, assemblage d’une roue de bicyclette sur un tabouret, métal, bois, 126,5 x 31,5 x 63,5 cm, Centre Pompidou, Paris.
    • Pablo PICASSO, Tête de taureau, 1924, selle en cuir et guidon métallique, Musée Picasso, Paris.
    • Pablo PICASSO, La Guenon et son petit, 1951, céramique, deux petites autos, métal et plâtre, 56 x 34 x 71 cm, Musée Picasso, Paris.
    • Robert RAUSCHENBERG, Monogram, 1955-1959, assemblage, 106,6 x 160,6 x 163,8 cm. Monogram est un des plus célèbres Combines sur lequel Rauschenberg reviendra à plusieurs reprises avant d’arriver à la version définitive. Association incongrue, sur une sorte de tableau abstrait posé horizontalement, d’une chèvre angora au museau peint, ceinte d’un pneu d’automobile, et de différents collages allant d’une balle de tennis à différents papiers imprimés.
    • Hubert DUPRAT, Sept tubes de Trichoptères, 1980-1997, or, perles, pierres précieuses et semi-précieuses, largeur : 2 cm, diamètre : 0,5 cm, Frac Lorraine.
    • Bill WOODROW, Crow and carrion, 1981, deux parapluies, 75 x 120 x 120 cm.
    • PANAMARENKO, Blauwe Archaeopterix, 1991, dimensions variables.
    • Thomas GRÛNFELD, Misfits – Girafe, autruche, cheval, 2000, assemblage, travail de taxidermie, 210 x 130 x 180 cm.
    • PANAMARENKO, Raven’s Variable Matrix, 2000, 200 x 300 cm.
    • Nicolás LABADIA, Insectario/ Bestiario. depuis 2007, 6 figures de 2 x 3 x 3 cm, série d’assemblages. Le travail de l’artiste consiste à construire des sculptures de petite taille avec des objets inutilisés qui ont été spécifiquement collectés pour représenter des êtres hybrides, des insectes et des bêtes.
    • Bernard PRAS, Vénus, 2014, photographie.
    • Freya JOBBINS, Eurydice, 2014, assemblage, fragments de poupées en matière plastique, 50 x 20 x 35 cm.

    Questionnement(s) :

    • Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace : l’hétérogénéité et la cohérence plastiques – l’invention, la fabrication, les détournements, les mises en scène des objets.
    • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.
    • Se repérer dans les étapes de la réalisation d’une production plastique individuelle ou collective, anticiper les difficultés éventuelles.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Décrire des œuvres d’art, en proposer une compréhension personnelle argumentée.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Ça déchire !

    Ça déchire !

    Représentez, en rapprochant, juxtaposant ou superposant des papiers gouachés et déchirés, un objet qui déchiquette, hache, lacère, coupe, découpe… Fixez votre composition.

    #papiers gouachés

    Lors de cette réalisation, vous vous interrogerez sur comment la couleur dessine la forme. Comment peut-elle suggérer autre chose que ce qu’elle est ? De quelle façon les couleurs interagissent-elles entre elles ? Dans quelle mesure la couleur engendre-t-elle des sensations qui lui sont propres ? En quoi vos choix rendent-ils compte d’une expression artistique ?

    Henri MATISSE, Le Cirque (Jazz), 1947

    Références artistiques

    « La couleur est forme et sujet » »

    Robert DELAUNAY
    • Hans ARP (1886-1966), Sans titre, 1915, collage, carton, papier et tissu collés sur carton, 28,5 × 23 cm, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
    • Henri MATISSE (1869-1954), Icare (Jazz), 1946, papiers gouachés, découpés et collés sur papier marouflé, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
    • Henri MATISSE, Nu bleu II, 1952, papiers gouachés découpés et collés sur papier blanc marouflé sur toile, 116,2 × 88,9 cm, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
    • Henri MATISSE, La tristesse du roi, 1952, papiers gouachés et découpés marouflés sur toile, 292 × 386 cm, Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
    • Walker EVANS,Tin Snips, $1.85, photographie, 1955.
    • Jean-Luc VILMOUTH, Cut out, 2, 1980, installation, fils métal blanc, câbles électriques gainés de plastique coloré, pince, dimensions variables, Collection FRAC, Pays de la Loire. 
    • Annette MESSAGER, Les chimères (paire de ciseaux), 1982, installation, dimensions variables.
    • Damián ORTEGA, Controller of the Universe, 2007, installation, divers outils tranchants, env. 285 × 406 × 455 cm.
    • Beili LIU, The Mending Project / 补缮工程, 2011, installation et performance, 1500 paires de ciseaux en acier, tissu, fil, aiguille, table, chaise, dimensions variables, Women and Their Work Gallery, Austin Texas.
    Beili LIU, The Mending Project, 2011, installation et performance

    Questionnement(s) :

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : la ressemblance.
    • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : la matérialité et la qualité de la couleur.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D5) :

    • Identifier les principaux outils et compétences nécessaires à la réalisation d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.
    • Formuler une expression juste de ses émotions, en prenant appui sur ses propres réalisations plastiques, celles des autres élèves et des œuvres d’art.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


  • Assemblage improbable

    Assemblage improbable

    Le dictionnaire abrégé du Surréalisme définit le cadavre exquis graphique comme un jeu de papier plié qui consiste à faire composer un dessin par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles ne puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes.

    Cadavre exquis : https://fr.wiktionary.org/wiki/cadavre_exquis

    Dessinez minutieusement, en l’observant, un objet usuel sur un papier libre (le dessin recouvre le format A4).
    Proposez à vos proches le même exercice. Vous pouvez également effectuer des échanges de dessins par email avec vos camarades.
    Déchirez ou découpez le support des esquisses obtenues en 3 ou 4 parties.
    Placez le côté crayonné des morceaux sur la table, puis, mélangez-les.
    Tirez au sort un quart des bouts de papier.
    Juxtaposez-les et assemblez-les, afin d’obtenir un ensemble de traits cohérent.
    Reproduisez à l’encre noire le résultat obtenu – l’assemblage improbable des fragments objets.

    #cadavreexquis #hasard

    Lors de cette séance, les élèves se questionnent :
    – sur des notions de dessin d’observation – donner à voir du volume, jouer sur les ombres, appréhender un support ;
    – sur la transformation des images existantes dans une visée poétique ou artistique.

    Le dessin d’observation consiste à reproduire de façon réaliste un sujet donné. Il n’est en aucun cas question d’interprétation ou d’imagination. Votre regard et votre main ne font qu’un dans cet exercice. Il est indispensable de poser un œil neuf sur l’objet d’étude avant de tracer les premiers traits en visualisant notamment sa forme dans l’espace, sa position, en remarquant ses proportions, sa matière, ses ombres et en ne s’attachant pas (dans un premier temps) aux détails.

    Références artistiques

    • Marcel DUCHAMP, Trois Stoppages-étalon, 1913/1964, fil, toile, cuir, verre, bois, métal, 28 x 129 x 23 cm
      Dans Trois Stoppages-étalon Duchamp répète trois fois l’expérience suivante: il laisse tomber horizontalement un fil de un mètre de longueur depuis un mètre de hauteur. Laissant ainsi celui ci se déformer au hasard de sa chute. Puis fixe les trois formes obtenues chacune avec du vernis sur une plaque de verre. Pour enfin reporter ces nouvelles lignes par découpe sur trois mètres ordinaires en bois et les ranger ensemble dans une boîte de croquet.
    • Jean ARP, Collage avec des carrés disposés selon les lois du hasard, 1916, collage, 48,5 x 34,6 cm, MoMA, NY
      https://www.moma.org/learn/moma_learning/jean-hans-arp-untitled-collage-with-squares-arranged-according-to-the-laws-of-chance-1916-17/
      « Dans son atelier du Zeltweg, Arp avait longuement travaillé sur un des- sin. Insatisfait, il finit par déchirer la feuille, en laissant les lambeaux s’éparpiller par terre. Lorsque, après quelque temps, son regard se posa par hasard sur les morceaux gisant au sol, il fut surpris par leur disposition qui traduisait ce qu’il avait vainement essayé d’exprimer auparavant. Combien significatif, combien expressif était cet étalement.Ce qu’il n’avait pas réussi plus tôt, malgré tous ses effort, le hasard, le mouvement de la main et celui des morceaux de papiers flottants s’en était chargés. En effet, l’expression y était. Il considéra cette provocation du hasard comme une providence et se mit à coller soigneusement les morceaux dans l’ordre dicté par le hasard « .
    • Man RAY, Cadeau, 1921, métal, fer à repasser avec quatorze punaises collées sur sa semelle, 17,5 x 10 x 14 cm
    • Simone KAHN, Max MORISE, André BRETON, Cadavre exquis, 19,6 x 15,2 cm , dessin aux crayons de couleur et crayon noir contrecollé sur carton
    • Meret OPENHEIM, Object (Le Déjeuner en fourrure), 1936, assemblage, tasse, soucoupe et petite cuillère recouvertes de fourrure de gazelle, MoMA, NY
    • Salavator DALÍ, Le Téléphone aphrodisiaque (ou Le Téléphone homard), 1936, plastique et métal, 20,96 x 31,12 x 16,5 cm, Minneapolis Institute of Art
    • André BRETON, Jacqueline LAMBA, Yves TANGUY, Cadavre exquis, 1938, collage de gravures et d’illustrations de magazine découpées sur papier, 31 x 42 cm, annotation au revers : Jacqueline Lamba 9 février 1938 Jeannette-André-Yves, reproduction en bandeau
      De la même façon que la première phrase surréaliste construite avec une succession de mots tirés au sort, Le cadavre exquis boira le vin nouveau, les collages ou dessins exécutés à plusieurs mains naissent de la combinaison aléatoire d’une suite d’interventions exécutées sans connaissance des interventions précédentes.
    Max ERNST, reproduction en noir pour l’édition illustrée
    À l’intérieur de la vue. 8 poèmes visibles de Paul ÉLUARD, 1947
    • Max ERNST, Arbres solitaires et arbres conjugaux, 1940, huile sur toile, 81,5 x 100,5 cm, Fondation Beyeler, Suisse
    • La décalcomanie est une technique de transfert qui consiste à reporter à plat sur une toile la couleur encore humide appliquée sur une plaque de verre ou une feuille de papier. Son retrait fait naître des dessins subtils, tracés, bulles et marbrures de couleur. L’artiste retravaille ensuite la structure superficielle complexe ainsi créée.
    • Jackson POLLOCK Number 1, 1949, 160 x 259,1 cm, MOCA, Los Angeles
    • L’artiste américain privilégie l’automatisme : les couleurs sont jetées, déversées, projetées sur la toile, où elles provoquent des coulures et des tâches aléatoires, de sorte que le tableau devient un champ d’action où s’exprime un processus dynamique.
    • Willem De KOONING, Grenier, 1949, huile, émail et transfert de papier journal sur toile, 157,2 x 205,7 cm
    • https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/482491
    • François MORELLET, Régif
    • François MORELLET, Répartition aléatoire de 40 000 carrés suivant les chiffres pairs et impairs d’un annuaire de téléphone, 50% bleu, 50% rouge, 1963, papier mural sérigraphié, ampoule électrique
      En demandant à ses proches de lui dicter les chiffres de l’annuaire, l’artiste coche ses cases selon la fin paire ou impaire du numéro de téléphone. Les cases cochées sont remplies d’une couleur, les cases vides d’une autre. Le principe est simple : partir d’une grille régulière de carrés et d’un choix arbitraire de deux couleurs. L’intention est de brouiller les repères visuels du visiteur. Pour François Morellet, l’intervention du hasard dans la réalisation de l’œuvre per- met d’invalider la croyance selon laquelle une composition réussie serait le fruit du métier, de l’intuition, voire du génie de l’artiste. Pour lui, c’est la contrainte à laquelle est soumis le hasard qui fait la composition. Par ailleurs, l’emploi de l’annuaire téléphonique souligne le fait que l’œuvre pro- duite est un pur objet de télécommunication : elle retransmet aux spectateurs la suite des actions dont elle est le résultat.
    • Jacques CARELMAN, Catalogue des objets introuvables, 1969
    • Simon HANTAÏ, Sans titre, 1973, acrylique sur toile
    • Gerhard RICHTER, 4900 Farben, 2007, peinture émaillée sur Alu-dibond, 680 x 680 cm
    • 4900 Farben (4900 Couleurs) se compose de 196 panneaux, comprenant chacun 25 cases colorées dont le choix chromatique et l’emplacement ont été déterminés de façon aléatoire par un programme informatique. 
    Jacques CARELMAN, Peigne à roulettes, Catalogue d’objets introuvables, 1969

    « Beau comme une rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. » Chants de Maldoror, Comte de Lautréamont, 1869


    Pour faire un poème dadaïste.
    Prenez un journal.
    Prenez des ciseaux. 
    Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
    Découpez l’article.
    Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.

    Agitez doucement.
    Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
    Copiez consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
    Le poème vous ressemblera.
    Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante,
    encore qu’incomprise du vulgaire. 

    Tristan TZARA, Pour faire un poème Dadaïste, 1920

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – la narration visuelle – la conception, la production et la diffusion de l’œuvre plastique à l’ère du numérique.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine


    Maurizio Cattelan, Love saves life (Les animaux musiciens de Brême), 1995, taxidermie, 190 x 120 x 60 cm

    Les animaux musiciens de Brême, d’après le conte des frères Grimm

    C’était il y a bien longtemps…

    Un âne gris, vieux et pelé cherchait un peu d’herbe le long d’un sentier lorsqu’il entendit un jappement auprès de lui. Un chien le regardait à travers une barrière.

    – Qu’as-tu donc, mon pauvre ami ? demanda l’âne. Tu baisses la tête bien tristement !
    – N’ai-je pas raison ? répondit le chien. Je suis devenu vieux, mes pattes sont trop raides pour courir et je n’ai plus de crocs solides. Aussi mon maître a-t-il décidé, hier soir, de m’abattre d’un coup de fusil, car il ne veut pas nourrir une bouche inutile.
    – Ne suis-je pas à plaindre ?…
    – Bah ! dit l’âne. Que te sert de gémir ? Tel que tu me vois, marchant gaiement le long des routes, tu ne te douterais pas que j’ai eu un maître aussi ingrat que le tien !
    – Je n’étais plus assez fort pour porter les paniers au marché et ce méchant homme voulait se débarrasser de moi ; mais je ne l’ai pas attendu. J’ai pris la clef des champs et je vais droit devant moi, croquant les chardons du sentier.
    – Viens avec moi. À nous deux nous ferons peut-être de grandes choses.

    Le chien se glissa à travers la barrière et, tout boitillant, vint rejoindre l’âne.

    Ils marchèrent ainsi pendant plus d’une heure. Comme ils longeaient un petit mur, fleuri de capucines, ils entendirent un miaulement tellement angoissé, qu’ils s’arrêtèrent aussitôt. Ils virent, tapi au milieu des fleurs, un vieux chat maigre.

    – Qu’as-tu, l’ami ? s’exclama l’âne. Tu miaules bien tristement.
    – N’ai-je pas raison ? répondit le chat. Je suis devenu vieux, mes pattes sont trop raides pour courir, mes oreilles n’entendent plus…
    – Les souris, interrompit l’âne d’un air moqueur. Tu ne peux plus faire ton métier de chat et ton maître veut t’abattre d’un coup de fusil.
    – Non, c’est ma maîtresse qui veut me noyer, en m’attachant une pierre au cou, car elle ne veut pas nourrir…
    – une bouche inutile. Je connais cela, dit à son tour le chien.

    Le chat regarda les deux animaux d’un air méfiant.
    – Mais qui êtes-vous, et comment avez-vous deviné mon malheur ?
    – C’est qu’il a été le nôtre, répondit l’âne, d’un air sérieux, mais nous nous sommes enfuis et nous marchons librement sur la route.
    – Viens avec nous. À nous trois nous ferons peut-être de grandes choses !

    Le chat sauta auprès d’eux et ils partirent le long du sentier. Le chat racontait à ses nouveaux camarades ses plus belles chasses, lorsqu’un cocorico désespéré les arrêta tous les trois.

    Perché sur une vieille souche, un coq agitait péniblement ses ailes.
    L’âne lui jeta un coup d’œil.
    – Ou je me trompe fort ou voilà pour nous un autre compagnon. Il me paraît assez vieux et déplumé pour connaître lui aussi les misères de l’ingratitude.
    Les trois animaux s’avancèrent vers la souche.
    – Holà, coq, tu lances ton cri bien tristement, dit l’âne.
    – As-tu les pattes trop raides ? demanda le chien.
    – Ta force s’est-elle enfuie ? ajouta le chat.

    Le coq les fixa de son œil rond.
    – Je suis devenu vieux, dit-il, et, demain, on doit me couper le cou et me faire cuire dans un bouillon d’herbes. Il paraît que je serai encore bon. Mais je n’ai pas du tout envie d’avoir le cou tranché net !
    – Viens avec nous, dit l’âne. À nous quatre nous ferons peut-être de grandes choses.

    Et le coq vola vers eux. Voilà donc nos quatre animaux en route, heureux d’être libres et loin du danger.

    La nuit tomba. L’air frais qui passait au ras des branches fit frissonner les plumes du coq et rebroussa le poil de ses compagnons.
    – Si vous m’en croyez, dit l’âne, nous allons essayer de trouver un abri pour dormir. Le froid ne nous vaudrait rien. Le coq vola vers un chêne et regarda autour de lui. Il découvrit dans le lointain une lumière isolée.
    – Allons vers cette maison, décida l’âne.
    Ils repartirent donc, à la queue leu leu, l’âne en tête comme il se doit. Ils arrivèrent ainsi en vue de l’habitation d’où s’échappaient des chants et des rires.
    – Cachez-vous sous ces arbres, dit l’âne. Je vais voir ce que nous pouvons faire.

    Il se glissa vers une fenêtre et regarda longtemps. Enfin il revint vers ses compagnons qui s impatientaient un peu.
    – J’ai bien écouté, leur dit-il. Ce sont des voleurs qui festoient. Ils fêtent l’un de leurs exploits. J’ai pensé que nous pourrions les chasser et nous installer à leur place.
    – Comment faire ? dit le chien. Mes crocs ne sont plus solides.
    – J’ai une idée. Écoutez-moi…

    Et l’âne parla tout bas à ses amis qui s’approchèrent de la fenêtre.
    L’âne posa ses sabots sur l’appui, le chien sauta sur son dos, le chat sur le dos du chien et le coq se cramponna fortement au dos du chat.
    Ils comptèrent jusqu’à trois et… quel concert ! En même temps, l’âne se mit à braire, le chien à aboyer, le chat à miauler, le coq à coqueriquer.
    – Hi-han, ouap, ouap, miaou, cocorico !…

    C’était à fuir ! et c’est ce que firent les voleurs, en grand tumulte, tant ils furent effrayés par les cris étranges et par l’aspect épouvantable du monstre qui s’agitait derrière la fenêtre.
    Dès qu’ils furent partis, les quatre animaux sautèrent dans la salle, mangèrent et burent, puis se couchèrent, bien à leur aise.
    L’âne s’étendit sur un sommier, le chien trouva un tapis derrière la porte, le chat se fit une place tiède dans les cendres et le coq se percha sur le bras d’un fauteuil.

    Mais, un peu plus tard, l’un des voleurs, plus courageux, se glissa dans la salle où il faisait maintenant très sombre. Le voleur prit à tâtons une chandelle et s’approcha du feu pour l’allumer aux braises qui rougeoyaient encore.

    Le chat, réveillé en sursaut, lui laboura le visage d’un coup de griffe, le chien le mordit à la jambe, l’âne lui donna un coup de pied et le coq le piqua à la tête de son bec acéré.

    L’homme s’enfuit. Il courut, tout tremblant, retrouver ses compagnons.
    – Ah ! Quel malheur est le nôtre ! se lamenta-t-il, la maison est habitée par des sorcières féroces. L’une m’a arraché le visage à coups d’aiguille, la seconde m’a serré la jambe dans une pince aiguë, la troisième m’a donné un coup de marteau et la dernière m’a percé le crâne avec un clou pointu. Sauvons-nous !

    Les voleurs ne revinrent jamais à la maison basse et les quatre animaux s’y installèrent et y vécurent en paix le reste de leur vie.

  • Combine Painting

    Combine Painting

    « […] Sédimentations plastiques, nappages figuratifs, épaisseurs symboliques et matérielles, compositions feuilletées, où toute représentation apparente en cache toujours une ou plusieurs autres. »
    Description relative aux Combines Paintings de Robert RAUSCHENBERG, extraite de L’Art est-il (devenu) photographique, de Philippe DUBOIS.

    Robert RAUSCHENBERG, Satellite, 1955,
    201,6 x 109,9 x 14,3 cm, Whitney Museum of American Art, New York

    Comme le nom l’indique, les Combines sont des œuvres hybrides, qui associent à la pratique de la peinture celle du collage et de l’assemblage d’éléments les plus divers prélevés au réel quotidien. Ni peinture ni sculpture mais les deux à la fois, les monumentales Combines de Rauschenberg envahissent l’espace du spectateur et l’interpellent comme des véritables rébus visuels. Des oiseaux empaillés aux bouteilles de Coca-Cola, des journaux aux images de presse, aux tissus, aux papiers peints, aux portes et aux fenêtres, l’univers entier semble entrer dans sa combinatoire pour s’associer à la peinture. (source Centre Pompidou)

    En combinant des images choisies (: prélèvements dans des magazines et journaux, fragments d’affiches, tickets, etc.) , modifiées ou non, sur un support préalablement travaillé, proposez des « sédimentations plastiques […] où toute représentation apparente en cache toujours une ou plusieurs autres ». Expliquez votre réalisation.

    Termes et notions plastiques évoqués lors des échanges : collage*, superposition, juxtaposition, stratification, palimpseste, transparence/ opacité, visible/ invisible, image double.

    *Collage : Œuvre artistique composée d’éléments hétérogènes juxtaposés pour obtenir des rapprochements inattendus.
    « Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage. » 
    _ Max ERNST

    En quoi la multiplication des images (: superposition, juxtaposition, stratification) crée-t-elle du sens ? Dans quelle mesure le collage renforce-t-il la lecture poétique, symbolique ou expressif de l’image ? Quels liens entretiennent les images et le support, la forme et le fond ?

    Références proposées lors de la verbalisation :

    • Giuseppe ARCIMBOLDO, La tête réversible avec corbeille de fruits, 1590, peinture à l’huile sur bois, 56 x 42 cm,
    • Salvador DALÍ, Marché d’esclaves, 1940, huile sur toile, 46,2 x 65,2 cm,
    • Robert RAUSCHENBERG, Sans titre, 1961, report d’imprimés, retouches à la gouache, aquarelle, crayon de couleur sur papier, 58,5 x 73,5 cm,
    • Shinro OHTAKE, Chinese Lips, 1978, technique mixte sur papier,
    • Mike et Doug STARN, Large Christ, 1987, photographie,
    • Sigmar POLKE, Jeux d’enfants, 1988, peinture acrylique et encre d’imprimerie sur tissu synthétique, 225 x 300 cm (détail en bandeau).
    Jean-Michel BASQUIAT et Andy WARHOL, Cops, 1984, peinture acrylique et huile sur toile, 195,2 x 298,7 cm

    Questionnement(s) :

    • La représentation plastique et les dispositifs de présentation : les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations.
    • La matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Rechercher une expression personnelle en s’éloignant des stéréotypes.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3) :

    • Décrire et interroger à l’aide d’un vocabulaire spécifique ses productions plastiques, celles de ses pairs et des œuvres d’art étudiées en classe.
    • Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    * D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Palimpseste contemporain

    Palimpseste contemporain

    Peut-on empiler du temps comme on empile des briques ?
    Donner à voir la matérialité du temps, restituer ce processus d’agrégation et de désagrégation, œuvrer par séquences, stratifications, dépôts successifs…

    • Éditer un champ lexical (: désigne un ensemble de noms, d’adjectifs et de verbes appartenant à une même catégorie syntaxique et liés de branches par leur sémantique) relevant de l’usure du temps ou des traces du temps.
      Exemple : rouille, oxydation, vermoulure, corrosion, craquelure, fissure, abrasion, patine, etc.
    • Lister des actions qui pourraient reproduire cette usure ou ces traces sur des matériaux habituellement utilisés en arts plastiques (: peinture, vernis, médium, papier, toile, bois, pierre, métal, etc.).
    • Proposer un mode d’emploi détaillé (: croquis, texte, échantillon) permettant de réaliser une œuvre présentant cette usure ou ces traces.

    Références artistiques possibles :

    • Kurt SCHWITTERS, Sans titre, collage signé pour Henry Cowel, 1928
    • Jacques VILLEGLÉ, ABC – 04 mars 1959, affiches lacérées marouflées sur toile 150,4 x 188,7 cm, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne
    • Raymond HAINS, Sans titre, affiches déchirées sur tôle, 1963, collection Frac Nord-Pas-de-Calais (détail ci-dessus)
    • Ernest PIGNON-ERNEST, Naples, sérigraphies d’après dessins originaux au fusain et à la pierre noire, 1988-1995
      « L’histoire de Naples ne s’efface pas ; s’y superposent mythologies grecque, romaine, chrétienne. »
    Ernest PIGNON-ERNEST, Épidémies, Naples, sérigraphie, 1988-1995

    Un palimpseste est un parchemin manuscrit dont la première écriture a été effacée afin d’écrire un nouveau texte. 
    Gérard Genette emploie le mot Palimpsestes comme titre d’un ouvrage de théorie littéraire sur La littérature au second degré (Paris : Seuil, 1982). Il s’agit pour lui d’étudier sous cette catégorie un type de transtextualité qu’il baptise hypertextualité. Il comprend donc le terme palimpseste au sens figuré, métaphorique, pour montrer qu’un texte littéraire peut toujours en cacher un autre, mais que, comme dans les palimpsestes anciens, il le dissimule rarement tout à fait, de sorte que le texte se prête souvent à une double lecture où se superposent, au moins, un hypertexte et son hypotexte.
    Source Wikipédia


    Questionnement(s) :

    • La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : la transformation de la matière – les qualités physiques des matériaux.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre.
    • Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.
    • Expliciter la pratique individuelle ou collective, écouter et accepter les avis divers et contradictoires.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Tisser, tresser, mixer, mêler sans fin

    Tisser, tresser, mixer, mêler sans fin

    À propos de Pénélope
    _ Pénélope est la fille d’Icare et de Péribée, elle est aussi l’épouse d’Ulysse et la mère de Télémaque.
    Après la chute de Troie, Ulysse quitte Ithaque pour exécuter un périple de plus de dix ans en Méditerranée.
    Six ans après son départ, Ulysse est retenu sur l’île Ogypie par Calypso. Persuadés qu’Ulysse est mort, de nombreux prétendants pressent Pénélope de choisir un nouvel époux qui deviendra roi à son tour. Fidèle à son époux dont elle attend le retour, Pénélope repousse les prétendants en usant d’un stratagème :
    Elle s’attacha à tisser un grand voile, en déclarant aux prétendants qu’elle ne pouvait contracter un nouveau mariage avant d’avoir achevé cette tapisserie destinée à envelopper le corps de son beau-père Laërte, quand il viendrait à mourir. Ainsi, pendant trois ans, elle allégua cet ingénieux prétexte, sans que sa tapisserie ne s’achevât jamais ; car elle défaisait la nuit ce qu’elle avait fait le jour.
    De là est venue l’expression « la toile de Pénélope », désignant un ouvrage auquel on travaille sans cesse et que l’on ne termine jamais. (source Wikipédia)

    Tisser, tresser, mixer, mêler vos 2 images préalablement réalisées. Le résultat de ces opérations sera à nouveau tisser, tresser, mixer, mêler, et ainsi de suite…

    Pour votre réalisation :

    • Utiliser des images existantes ou des réalisations plastiques de format identique (dessins, peintures, techniques mixtes).
    • Choisir les images en fonction d’une dominante plastique, d’une thématique, d’une recherche d’effets…
    • Expérimenter des procédés différents. Varier les manipulations.

    Références possibles :
    Pénélope à son métier et Télémaque, Skyphos à figures rouges, 440-435 av. J.-C., Chiusi, Italie (le skyphos est un vase à boire haut de 15 à 20 cm, généralement sans pieds).
    Kitagawa UTAMARO, Le Tissage, XVIIIe siècle, estampe, Musée Guimet, Paris.
    Johannes VERMEER, La dentelière, peinture à l’huile, 24 x 21 cm, 1669-1670, Musée du Louvre, Paris.
    John William WATERHOUSE, Pénélope et les prétendants, huile sur toile, 130×188 cm, 1912, Aberdeen Art Gallery and Museums, United Kingdom.
    Muriel BAUMGARTNER, Pieuvre n°2, 33×33 cm ou Corset rouge n°4, 33 x 33 cm.
    ÉTIENNE-MARTIN (1913-1995), Le Manteau, 1962, tissus, passementeries, cordes, cuir, métal, enveloppe en toile de bâche et cuir, 160 x 200 x 30 cm.
    François ROUAN, Cassone VI, 1980-1981, huile sur toile, 210×360 cm, Centre Pompidou, Paris.

    Sigmar POLKE, Can you always believe your eyes ? 1976, gouache, peinture-émail, peinture acrylique, tabac, sulfite de zinc et oxyde de cadmium sur papier marouflé, 207 × 295 cm, Ludwig Museum, Cologne.


    • Questionnements :
      La représentation ; images, réalité et fiction : la création, la matérialité, le statut, la signification des images.
      La matérialité de l’œuvre ; l’objet et l’œuvre : les qualités physiques des matériaux.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      Choisir, mobiliser et adapter des langages et des moyens plastiques variés en fonction de leurs effets dans une intention artistique en restant attentif à l’inattendu.
      S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Mener à terme une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le professeur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine