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  • De l’œuvre à l’objet

    De l’œuvre à l’objet

    « Partir d’une œuvre d’art pour la revisiter et en faire un objet. « 

    Les arts plastiques, le design, la mode, l’architecture s’influencent, mais surtout peuvent être au même degré de réflexion. Le Bauhaus et le groupe De Stijl en sont, sans doute, les exemples les plus connus.

    #EPI #Design

    Exemples à partir de l’œuvre de Piet MONDRIAN

    En 1965, Yves Saint-Laurent célèbre la peinture de Mondrian à travers ses collections de robes, voulant tisser des liens entre la peinture et le vêtement, persuadé qu’un peintre est toujours de notre époque et peut accompagner la vie de chacun, explique-t-il.

    Gerrit Thomas Rietveld était un designer, architecte et ébéniste néerlandais. La légende veut qu’il ait commencé à imaginer du mobilier dès l’âge de douze ans. En 1911, Rietveld lança sa propre entreprise d’ameublement alors qu’il était encore étudiant en architecture. Rietveld dessina la Chaise rouge et bleue en 1918, sous l’influence du mouvement De Stijl qu’il intégra en 1919. C’est là où il fit la connaissance, entre autres, de Piet Mondrian. C’est aussi l’année où il devint architecte. En 1924 il construisit à Utrecht la Maison Schröder pour Truus Schröder-Schräder, avec qui il collabora. La maison, bien qu’obéissante à des formes radicalement géométriques, se singularise par une forte asymétrie. Rietveld quitta le mouvement De Stijl en 1928 et s’intéressa au Nieuwe Zakelijkheid (Neue Sachlichkeit, Nouvelle Objectivité). La même année il rejoignit les CIAM. En 1932 il commença la conception du musée Van Gogh à Amsterdam.

    Chaise rouge et bleue, 1918

    Avant-gardiste, Rietveld est l’un des premiers à s’intéresser à la production industrielle du meuble et à réaliser des produits en tubes d’acier. En 1932, il conçoit sa fameuse chaise Zig Zag qu’il déclinera dans des formes différentes dans les années 1930 et 1940.

    Maison Schröder, 1924

    Objectifs

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • acquérir une culture de projet
    • développer esprit de synthèse et et d’anticipation utile à la démarche de projet
    • faire preuve de capacités d’organisation et d’autonomie, mais également des dispositions au travail en équipe.

    Questions

    Qu’est-ce qui distingue une œuvre d’art d’un objet quelconque ? Dans quelle limite une œuvre d’art peut-elle être décontextualisée et associée comme composante d’un objet ? En quoi les relations, les interactions, les incidences entre art et artisanat renouvellent-elles les questions artistiques sur la création ?

    Références artistiques possibles

    • Marcel DUCHAMP, L.H.O.O.Q, 1919, mine graphite sur héliogravure, 61,5×49,5 cm. Sur un portrait reproduit de La Joconde de Léonard De VINCI, l’artiste a ajouté une moustache, un bouc et un titre provocateur L.H.O.O.Q.
    • Gerrit RIETVELD, Chaise rouge et bleue, 1918 – https://fr.wikipedia.org/wiki/Chaise_rouge_et_bleue
    • Gerrit RIETVELD, Maison Schröder, 1924 – https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_Schröder_de_Rietveld
    • Yves SAINT LAURENT, La Robe Mondrian, 1965 – https://fr.wikipedia.org/wiki/Robe_Mondrian
    • L’Oréal, Look Cycle, 1980, emballage des produits de la gamme
    • Andy WARHOL, Brillo Boxes, 1964, boîtes en contre-plaqué avec sérigraphie et acrylique, 43,2×43,2×35,6 cm chacune
    • Keith HARING, Mickey Mouse, 1981, vue de l’exposition Mickey: The True Original Exhibition, 2018
    • Jeff KOONS, Rabbit, 1986, acier inoxydable, 105,4×48,3×30,2 cm
    • Bertrand LAVIER, Alfa Romeo Giulietta, 1993, automobile accidentée sur socle, 166×420×142 cm
    • NIKE, SB Dunk Low ‘Piet Mondrian‘, 2008, sneakers
    SB Dunk Low ‘Piet Mondrian‘, 2008

    Références au programme du cycle 4


    Questionnement(s)

    La représentation ; images, réalité et fiction :

    • l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation : l’autonomie de l’œuvre vis-à-vis du monde visible
    • la création, la matérialité, le statut, la signification des images : les différences d’intention entre expression artistique et communication visuelle, entre œuvre et image d’œuvre

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    Expérimenter, produire, créer

    • 1.2 – S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • 1.4 – Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    Mettre en œuvre un projet artistique

    • 2.1 – Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques, individuels ou collectifs.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité

    • 3.2 – Établir des liens entre son propre travail, les œuvres rencontrées ou les démarches observées.

    Composantes culturelles

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.1 – Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.
  • La Vague

    La Vague

    Les vagues ne naissent pas quand elles déferlent sur la plage. Elles roulent longtemps en mer avant de se casser sur un repli de sable.

    Geneviève Dormann (1933-2015), femme de lettres

    La Grande Vague d’Hokusai sort de son plan d’impression.
    Votre réalisation plastique, sous la forme d’un bas-relief ou d’une sculpture, utilise les matériaux et les techniques graphiques ou picturales retranscrivant au mieux la matérialité de la vague, tout en faisant ressortir le volume de cette dernière.

    La Grande Vague de Katsushika HOKUSAI

    L’estampe (ukiyo-e) Sous la grande vague au large de Kanagawa appartient à une série intitulée Trente-six vues du Mont Fuji. Ces estampes représentent le mont Fuji selon différents points de vues et à des saisons différentes. À l’origine, en 1830, Hokusai contacte un éditeur pour lui soumettre le projet d’une série de grandes estampes de paysages. La Grande Vague paraît dans une première série de dix estampes qui comprenait entre autres les célèbres Le Fuji par temps clair et L’Orage sous le sommet.

    Cette série est célèbre car pour la première fois un artiste japonais intègre les techniques occidentales de représentation de la perspective. En outre, les Trente-six vues du mont Fuji sont des paysages, sujet traditionnel, mais Hokusai les traite en grand format, ce qui est inhabituel pour l’époque.

    À l’origine « ukiyo » signifie “bas monde“. Lorsque les guerres se terminent à l’époque d’Edo (1603-1868), ce terme se traduit comme le fait de jouir des plaisirs d’une vie éphémère. Ukiyo-e désigne donc les “peintures” qui représentent avec légèreté les mœurs contemporains du monde dans lequel vivaient les gens de l’époque d’Edo. Elles seront diffusées à une large population grâce aux techniques d’impression. Par ailleurs, elles deviennent polychromes au 18e siècle. Certaines œuvres nécessitaient près de soixante planches de couleurs différentes avec des encres mêlées de poudre d’or ou de mica.

    Exemplaire du Metropolitan Museum of Art (The MET), NY – https://www.metmuseum.org/art/collection/search/45434

    Le paysage marin de La Grande vague a pour thème central une vague démesurée. Sa courbe rappelle celle du mont Fuji que l’on voit en arrière plan. S’élevant à 3 700 mètres, le mont Fuji paraît ici minuscule. Les plans sont juxtaposés verticalement et c’est la différence de taille qui donne une impression de profondeur. Ici, le travail de la perspective traite l’espace à la verticale, de haut en bas, comme dans certaines œuvres de Edgar DEGAS, de Vincent VAN GOGH ou de Georges SEURAT.

    Un contraste très fort existe entre la mer brutale et l’arrière-plan calme. Le bleu intense de la mer s’oppose également à la couleur du ciel, ocre. La présence de l’homme est discrète. Les hommes sur des barques sont ballottés et à la merci des éléments de la nature. Ils semblent se prosterner devant cette immense vague.

    Hokusai utilise le bleu de Prusse, pigment importé par les Hollandais en 1820 au Japon. Cette couleur permet de garantir son intensité dans le temps. D’ailleurs, ce bleu eut un tel succès que l’éditeur d’Hokusai lance une édition de certaines vues en bleu.

    Le blanc du papier apparaît comme une réserve au niveau de l’écume des vagues et de la neige au sommet du mont Fuji.

    Il s’agit d’un jeu de miroir autour du thème de l’eau : tantôt sous forme d’écume, tantôt sous forme neigeuse. Hokusai et ses contemporains jouaient énormément sur l’idée de contraste et de clair-obscur en travaillant l’encre de Chine par opposition au blanc de la feuille qui était apparente à différents endroits et qui était totalement intégrée à la représentation.

    Sources :
    Dossier pédagogique La Grande Vague – Collection Pont d’Art, CRDP de l’académie d’Aix-Marseille
    Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_Vague_de_Kanagawa

    Objectifs

    La séquence a pour objectifs d’amener les élèves à :

    • analyser une image et en retirer l’idée essentielle
    • comprendre les intentions d’un peintre à travers l’analyse de son œuvre
    • adapter en volume une représentation bidimensionnelle.

    Questions

    En quoi la composition de l’image peut-elle suggérer un récit ? Dans quelle mesure l’utilisation d’un motif peut-il suggérer le mouvement ? En quoi le vide peut-il être porteur de sens ? En quoi la technique utilisée détermine-t-elle la forme de l’œuvre ?

    Dans quelle limite une œuvre plane peut-elle évoquer un effet de profondeur ? Comment alors adapter une composition plane en une composition ou organisation spatiale ?

    Références artistiques possible

    • HOKUSAI, Sous la vague au large de Kanagawa (dite La Grande vague / Kanagawa oki namiura ; Trente-six vues du Mont Fuji / Fugaku sanjûrokkei), 1830-1832, impression polychrome (nishiki-e), Musée Guimet, Paris
    • Gustave COURBET, La Vague, 1869, huile sur toile, 65 × 88 cm, Brooklyn Museum, NY
    • Claude DEBUSSY, La Mer, trois esquisses symphoniques pour orchestre, 1905, symphonie en 3 mouvements d’environ 25 min (1. De l’aube à midi sur la mer, 2. Jeux de vagues, 3. Dialogue du vent et de la mer)
    • Tadashi KAWAMATA, Under the Water, 2016, installation in situ au centre Pompidou Metz
    • Chris JORDAN, Gyre, 2009, installation de 2,4 millions de morceaux de plastique, 243 × 335 cm
    • Thierry KUNTZEL, The Wave, 2003, installation interactive avec vidéo, dimensions variables
    • SERSE, Ai sali d’argento, 2004, dessin au graphite sur papier et aluminium, 144 × 200 cm
    • Bernard PRAS, La Vague, 2007, installation, dimensions variables – https://bernardpras.fr/histoire_de_l_art/la-vague/
    • Caterina ROSSATO, Exercize n.7 / Dèja vu, 2014, assemblage, cartes postales, carton plume, pinces à dessin

    Bernard Pras, La Vague, 2007
    Caterina ROSSATO, Exercize n.7 / Dèja vu, 2014
    Javier Jaén BENAVIDES (artiste graphique de Barcelone, Espagne)

    Niveaux de maîtrise

    Compétences

    Maîtrises

    1.2 – Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…)

    J’ai des difficultés à représenter le monde environnant ou à exprimer mon imagination à travers divers médiums artistiques.

    Je commence à explorer différents domaines artistiques, mais j’ai besoin de plus de pratique mon expression restant peu développée.

    +-

    Je représente le monde environnant ou exprime mon imaginaire à travers divers domaines artistiques de manière fiable.

    +

    Je maîtrise avec assurance la représentation du monde environnant et la création d’œuvres imaginatives, en utilisant divers médiums artistiques.

    ++

    3.2 – Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation

    J’ai du mal à expliquer les choix artistiques dans mon projet et le cheminement de ma réflexion.

    Je commence à fournir des explications pour justifier mes choix artistiques, mais celles-ci manquent de cohérence et de clarté.

    +-

    Je justifie clairement mes choix artistiques en expliquant le cheminement qui m’a conduit à la réalisation finale.

    +

    Je fournis des justifications convaincantes, approfondies et bien liées à mes choix artistiques, mettant en évidence une réflexion critique et un cheminement réfléchi.

    ++

    4.2 – Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain

    Je n’identifie pas les caractéristiques permettant de situer une œuvre d’art dans son contexte géographique, culturel ou historique.

    Je repère certaines caractéristiques permettant de situer une œuvre d’art, mais celles-ci restent peu précises.

    +-

    J’identifie avec assurance quelques caractéristiques plastiques, culturelles, sémantiques et symboliques situant une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique donné.

    +

    J’identifie de manière fiable les caractéristiques situant une œuvre d’art dans son contexte géographique, culturel et historique, en faisant preuve d’une analyse approfondie et d’une compréhension contextuelle avancée.

    ++


    Références au programme du cycle 3


    Questionnement(s)

    La représentation plastique et les dispositifs de présentation :

    • les différentes catégories d’images, leurs procédés de fabrication, leurs transformations : la différence entre images à caractère artistique et images scientifiques ou documentaires, l’image dessinée, peinte, photographiée, filmée, la transformation d’images existantes dans une visée poétique ou artistique.

    Les fabrications et la relation entre l’objet et l’espace :

    • l’hétérogénéité et la cohérence plastiques : le sens produit par des techniques mixtes dans les pratiques bidimensionnelles et dans les fabrications en trois dimensions.

    Compétences disciplinaires

    Composantes plasticiennes

    – Expérimenter, produire, créer

    • 1.1 – Choisir, organiser et mobiliser des gestes, des outils et des matériaux en fonction des effets qu’ils produisent.
    • 1.2 – Représenter le monde environnant ou donner forme à son imaginaire en explorant divers domaines (dessin, collage, modelage, sculpture, photographie, vidéo…).

    Composantes théoriques (méthodologiques et sociales)

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité

    • 3.2 – Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de l’intention à la réalisation.

    Composantes culturelles

    – Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art

    • 4.2 – Identifier quelques caractéristiques qui inscrivent une œuvre d’art dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique, contemporain, proche ou lointain.
  • Détournement

    Détournement

    Peindre, dessiner, découper, coller, recomposer, rajouter, supprimer, mettre en scène, rejouer… Faites vôtre l’œuvre en référence !
    Vous détournerez Narcisse du CARAVAGE de son sens premier (le mythe) vers une nouvelle signification plus personnelle.

    LE CARAVAGE, Narcisse, 1598-1599, huile sur toile, 110 x 92 cm, Galerie nationale d’art ancien, Palais Barberini, Rome

    « Un jour, après la chasse, le jeune homme veut se désaltérer à une source d’eau pure, et s’éprend de son propre reflet dans l’eau. Éperdument amoureux de l’être qu’il aperçoit, il tente désespérément de saisir sa propre image, incapable de s’arracher à sa propre contemplation. »

    Ovide, Métamorphoses, livre III (légendes thébaines)

    Narcisse est un jeune homme fou amoureux de son image reflétée dans l’eau, il ne survivra pas à cet amour… Dans cette interprétation picturale, Narcisse se contemple effectivement dans l’eau, à genoux, les bras ouverts marquant les bords droit et gauche du tableau, en une composition formant un cercle avec son reflet en double inversé et dont un genou marque le centre : son genou joue un rôle de pivot dans cette composition élaborée. Bien que le mythe de Narcisse soit très ancien, les habits du personnage correspondent plutôt à l’époque du peintre qu’à l’Antiquité. Caravage s’oppose ainsi à ses prédécesseurs en faisant de Narcisse un contemporain.

    John William Waterhouse, Echo and Narcissus, 1903, huile sur toile, 109,2 cm x 189,2 cm

    Appropriation vs détournement

    L’appropriation, c’est le fait de rendre quelque chose propre à quelqu’un. « Propre », c’est-à-dire à soi, comme dans « propriété », mais aussi « approprié » comme convenable, c’est-à-dire adapté à soi. S’approprier quelque chose, c’est d’abord le prendre puis le faire sien en lui ménageant une place dans son monde, en ayant un usage, souvent exclusif, voire excluant, en le gardant, quelque part avec ou en soi.
    Opérer un détournement est une action encore plus volontaire, qui est souvent réprouvée car jugée illégitime : détournements d’avion, de fonds publics, de mineurs… Il n’y a guère que le détournement d’un cour d’eau ou de la circulation qui puissent paraître légitimes. Mais, quoi qu’il en soit, cette action « détourne du droit chemin », au propre comme au figuré, et dirige ce qui a été détourné dans un sens qui n’était pas prévu, ou souhaité, initialement.
    En art, les termes s’appliquent en général à la démarche d’artistes qui se sont appropriés des objets (ou des idées) et les ont détournés de leur fonctions. Soit pour leur donner une valeur artistique qu’ils n’avaient pas avant. Soit pour faire évoluer leur valeur artistique, par exemple quand un artiste s’appuie sur une œuvre antérieure pour élaborer son œuvre.
    Source Ludovia #12 – Célio Paillard, 2015

    18 propositions inspirées de La Baigneuse de Valpinçon (de gauche à droite, de haut en bas)

    Agrandir l’image
    1. Jean-Auguste-Dominique INGRES, La Baigneuse de Valpinçon, 1808, huile sur toile, 146 x 97 cm, Musée du Louvre, Paris
    2. Jean-Auguste-Dominique INGRES, La petite baigneuse, huile sur toile, 1828, 35 x 27 cm, Musée du Louvre, Paris
    3. Jean-Auguste-Dominique INGRES, Le bain turc, 1862, huile Toile marouflée sur bois, 108 x 108 cm, Musée du Louvre, Paris
    4. Armand Cambon, Galel, 1864, huile sur toile, 189 x 105 cm, Musée Iingres Bourdelle, Montauban
    5. Man RAY, Le Violon d’Ingres, 1924, photographie, Musée national d’Art moderne, Paris
    6. Hans Peter FELDMANN, Untitled (Alte Meister), 1978, lithographie colorée à la main
    7. Jean-Luc, GODARD, Passion, 1982, film français, 88 min
    8. Joel-Peter WITKIN, La Femme qui fut un oiseau, 1990, photographie
      « Je fis la rencontre de celle qui devint la Femme qui fut oiseau à New York. Elle assistait à un congrès d’adorateurs du corps, dénommé : s’habiller pour le plaisir.
      Je me sentais déplacé dans cette réunion puisque je n’étais vêtu ni de vinyle ni de latex. Mais j’oubliai vite mon malaise en voyant cette créature décrocher le prix du concours tailles fines et corsets.
      Lorsqu’elle et moi échangeâmes nos cartes, je lui promis une photographie qui mettrait en évidence sa taille de quarante centimètres. Elle s’engagea à poser nue. En préparant la prise de vue, je réalisai que ce modèle à la taille si fine serait encore plus mystérieux vu de dos. La montrer sans cheveux la rendrait grotesque.
      Le Violon d’Ingres de Man Ray me guida. En notre époque postromantique, ces deux clés de fa que le surréaliste appliqua sur Kiki, son modèle, pourraient devenir deux blessures, traces des ailes de la liberté qu’on lui aurait arrachées. Man Ray montre Kiki coiffée d’un turban de sérail comme un être irréel. Mon modèle est une prison de chair. » JP WITKIN
    9. Dany LERICHE, Ayaba, 1992, impression, diptyque, 186 x 133 and 186 x 30 cm
    10. YVES-SAINT-LAURENT, affiche publicitaire, 1999
    11. Valery KOSHLYAKOV, Baigneuse de Valpincon, 2004-08, plastique, carton et scotch d’emballage
    12. Stéphane LALLEMAND, La Baigneuse, 2007, photographie,
    13. Kristyna and Marek MILDE, Valpinçon Bather after Ingres, 2008, photographie
    14. Miryan KLEIN, Le Violon d’Ingres II, photographie, bulle, résine, 2009
    15. Jean-Luc MOERMAN, Sans titre (Epiphyte), 2011, encre sur papier, 130 x 100 cm
    16. Elizabeth KLEINVELD, Ode to Ingres’ Valpincon Bather, 2012, photographie
    17. MISS TIC, Femmes passives, femmes faciles elles ont bon dos, 2014, street-art, pochoir
    18. @rosesparrow, Remake Violon d’Ingres, tatouage

    Références artistiques

    • Man RAY, Le Violon d’Ingres (d’après La Baigneuse de Valpinçon d’INGRES), 1924, photographie, Musée national d’Art moderne, Paris
      La photographie nous montre Kiki de Montparnasse, alors la maîtresse de Man Ray, avec ses bras croisés si loin devant elle que son dos ressemble à la table d’un violon. Cette association est encore accentuée par les deux ouïes qui ont été rajoutées après coup à l’aide d’un pochoir. Cette photographie qui a été publiée en 1924 dans la revue Littérature était parmi les premières images qui ont apportées la preuve que le procédé photographique, apparemment lié pour toujours au réalisme, était suffisamment souple pour réaliser des images surréalistes.
      Source Centre Pompidou
    • Salvator DALÍ, Métamorphose de Narcisse, 1937, huile sur toile, 51,2 cm x 78,1 cm, Tate Modern, London
    • Joel-Peter WITKIN, Las Meninas (Self-Portrait after Velázquez), 1987, photographie, https://www.museoreinasofia.es/
    • PIERRE et GILLES, Sainte-Agathe, 1989, photographie peinte
    • Cindy SHERMAN, Untitled #224. (Carravaggio’s Sick Bacchus), 1990, photographie, https://www.moma.org/audio/playlist/261/3365
    • Douglas GORDON, 24 Hour Psycho (à partir du film Psycho d’Alfred HITCHCOCK), 1993, installation vidéo, 24h
    • Douglas GORDON, Self Portrait as Kurt Cobain as Andy Warhol as Myra Hindley as Marilyn Monroe, 1996, photographie colorée à la main
    • Vik MUNIZ, Double Mona Lisa after Warhol (Peanut Butter + Jelly), 1999, cibachrome
    • Marcos LÓPEZ, Asado en Mendiolaza, Córdoba (d’après la Cène de Léonard DE VINCI), 2001, photographie
    • Julie HOLCOMBE, Self as Narcissus (d’après LE CARAVAGE) 2003, C-print, 114 x 110 cm
    • Julie HOLCOMBE, Babel Revisited (d’après La Tour de Babel de Brueghel l’Ancien, 1563), 2004, C-print, 110 x 114 cm
    • Idris KHAN, Every… Bernd and Hilla Becher Gable Side Houses, 2004, photographie
    • Vik MUNIZ, Narcissus, after Caravaggio, 2005, cibachrome
      Vik Muniz sonde la nature et les traditions de la création d’images en utilisant des matériaux improbables pour créer des images avant finalement d’être prise en photo. La série Pictures of Junk est construite sur des peintures de dieux ou héros de la mythologie classique des maîtres anciens. Sur cette photographie, inspirée du célèbre tableau du Caravage, le héros grec Narcisse regarde son reflet dans une mare d’eau, absorbé par sa propre beauté. L’image, assemblée sur le sol d’un hangar de la taille d’un terrain de basket à la périphérie de Rio de Janeiro, est composée de décombres industriels tels que des écrous, des boulons, des bouchons de bouteilles, des canettes de soda, des pneus jetés, des brouettes, des panneaux rouillés, une voiture portes et ferraille. Vik Muniz a dirigé ses assistants – des étudiants en art des quartiers pauvres à proximité – à partir d’une plate-forme à quarante pieds au-dessus du sol. Cette traduction fantaisiste d’une image vénérable en matériaux improbables est encore plus compliquée qu’il n’y paraît à première vue.
    • Corinne VIONNET, Photo Opportunities, à partir de 2005, photographies
    • Charle WHITE, David (Everything is American), 2005, photographie
    • Bernard PRAS, La Vague (d’après HOKUSAI), 2007, anamorphose photographique
    • Gérard RANCINAN, The Big Supper (d’après la Cène de Léonard DE VINCI), 2008, photographie
    • Bernard ARCE, Narcissus – Trapped in Carravaggio, 2011, vidéo
    • Marcos VILARIÑO, The Steerage after Alfred Stieglitz 1907, photographie, figurines Lego
    • Richard UNGLIK, Le radeau de la Méduse (d’après Théodore GÉRICAULT, 1819), photographie de figurines Playmobil, exposition « L’Histoire en Playmobil », Espace Richaud, Versailles, 2019, détail en bandeau

    Questionnement(s) :

    • La représentation ; images, réalité et fiction : la narration visuelle – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.

    Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :

    • S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique artistique et réflexive.
    • Recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création artistique.
    • Explorer l’ensemble des champs de la pratique plastique et leurs hybridations, notamment avec les pratiques numériques.
    • Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.

    Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :

    • Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.

    S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir à l’altérité (D1, D3, D5) :

    • Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.

    Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :

    • Interroger et situer œuvres et démarches artistiques du point de vue de l’auteur et de celui du spectateur.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Dans le vif du sujet

    Dans le vif du sujet

    « L’art se nourrit de l’art. »
    André MALRAUX

    Cindy Sherman, Untitled n°224 et n°209, 1990

    Untitled n°224 et n°209, Cindy SHERMAN, 1990

    Au CDI, recherchez ce qui, dans l’histoire de l’art, relève de la citation. Comprenez comment des artistes empruntent à l’art du passé pour nourrir leur démarche plasticienne.
    Puis choisissez une œuvre peinte (œuvre emblématique) d’un artiste connu, procédez à une analyse sur le sens de l’œuvre et la démarche de l’artiste, de situer celle-ci dans son contexte historique et d’effectuer une analyse des composantes plastiques.

    En classe, provoquez un questionnement autour des œuvres trouvées, par exemple, en projetant simultanément la Vénus d’Urbino du TITIEN (1538), l’Olympia d’Édouard MANET (1863) et I Like Olympia in Black Face (1970) de Larry RIVERS.

    « Dans le vif du sujet »
    En s’appuyant sur l’œuvre retenue et sur son analyse, répondez par prise de vue photographique à l’incitation « dans le vif du sujet ».
    La photographie numérique sera privilégiée.

    Notions abordées : modèle, copie, parodie, détournement, citation, emprunt, appropriation et interprétation.

    Artistes référents : Cindy SHERMAN, David BUCKLAND, Alain JACQUET, PIERRE et GILLES, STURTEVANT, Andy WARHOL, Joel-Peter WITKIN, Ernest PIGNON-ERNEST, Gérard RANCINAN, Bernard PRAS, Martial RAYSSE…

    Chloé and Co

    Chloé Raysse, Cécile Warhol, Cécile Magritte,
    Virginie Magritte, Lise Van Gogh et Yannick Bellini.

    *The Destroyed Room, Jeff WALL, 1978, photographie, caisson lumineux, 159 x 234 cm, détail en bandeau.


    • Questionnement(s) :
      La représentation ; images, réalité et fiction : la ressemblance – l’autonomie de l’œuvre d’art, les modalités de son autoréférenciation.
    • Expérimenter, produire, créer (D1, D2, D4, D5) :
      Exploiter des informations et de la documentation, notamment iconique, pour servir un projet de création.
    • Mettre en œuvre un projet artistique (D2, D3, D4, D5) :
      Faire preuve d’autonomie, d’initiative, de responsabilité, d’engagement et d’esprit critique dans la conduite d’un projet artistique.
    • S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses pairs, établir une relation avec celle des artistes, s’ouvrir l’altérité (D1, D3, D5) :
      Porter un regard curieux et avisé sur son environnement artistique et culturel, proche et lointain, notamment sur la diversité des images fixes et animées, analogiques et numériques.
    • Se repérer dans les domaines liés aux arts plastiques, être sensible aux questions de l’art (D1, D3, D5) :
      Reconnaitre et connaitre des œuvres de domaines et d’époques variés appartenant au patrimoine national et mondial, en saisir le sens et l’intérêt.Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique ou culturelle et dans un temps historique.

    D1 Les langages pour penser et communiquer – D2 Les méthodes et outils pour apprendre – D3 La formation de la personne et du citoyen – D4 Les systèmes naturels du monde et l’activité humaine – D5 Les représentations du monde et l’activité humaine

  • Remake, reprise, répétition

    Remake, reprise, répétition

    La Baigneuse Valpinçon, du nom de l’un de ses propriétaires au XIXe siècle, également désignée sous le titre de Grande Baigneuse, est un tableau du peintre français Jean-Auguste-Dominique Ingres, daté de 1808 et conservé au Musée du Louvre à Paris.

    • La Baigneuse de Valpinçon, Jean-Auguste-Dominique Ingres, huile sur toile, 1808
    • Modèle nu de dos, Eugène Durieu, photographie, 1854
    • Galel, Armand Cambon, huile sur toile, 1864
    • Violon d’Ingres, Man Ray, photographie rehaussée à la mine de plomb, 1924
    • Woman once a Bird, Joël Peter Witkin, photographie, 1990
    • Femmes passives femmes faciles elles ont bon dos, Miss Tic, pochoir, 2000
  • Faire du neuf avec du vieux

    Faire du neuf avec du vieux

    « Quiconque n’a pas commencé par imiter ne sera jamais original ». Théophile Gautier

    D’après La Grande Odalisque, Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1814 :


    La Grande Odalisque, dessin réalisé avec un Télécran®, Stéphane Lallemand, 1989-1992


    La Grande Odalisque, Stéphane Lallemand, photographie, 2007

    Les critiques se sont longtemps acharnés sur cette œuvre maîtresse d’Ingres. Elle avait des proportions qui laissaient supposer qu’elle avait des vertèbres en trop.
    Après le sourire de la Joconde, le dos de la Grande Odalisque. Les peintres ont décidément l’art de se jouer de la réalité pour créer d’improbables canons de beauté. Si le corps de cette femme de harem peinte en 1814 par Ingres fascine tant l’œil du spectateur, c’est qu’il est beaucoup trop long : la jeune femme a trois lombaires et deux vertèbres sacrées de trop.
    La position de la Grande Odalisque, son inclinaison, la rotation de son bassin, ne serait pas possible sans ces centimètres supplémentaires. L’un de ses bras a lui aussi été allongé. La volupté du corps contraste ainsi encore plus fortement avec l’expression du visage.